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00:00Sacha Stroup-Kann, porte-parole du ministère de la Justice.
00:03Monsieur le porte-parole, merci d'être avec nous.
00:05Bonjour, merci pour votre invitation.
00:06C'est une situation aujourd'hui qui interroge beaucoup de Français.
00:10Une décision que nombreux jugent incompréhensible.
00:15D'ailleurs, la famille de Shem Sedin est très en colère.
00:18Deux jeunes mis en examen dans le dossier de la mort du collégien de 15 ans,
00:22tués après un passage à Tabac à Viary-Châtillon en avril 2024,
00:26ont été remis en liberté avant leur procès.
00:31Alors, pour essayer d'y voir un peu plus clair, on va voir le sujet de Nicolas Roger.
00:35Et vous allez nous expliquer comment ces deux individus
00:40sont aujourd'hui, ont pu sortir de prison.
00:45Ils ne sont pas derrière les barreaux en attendant d'être jugés.
00:49Et aujourd'hui, ils sont bien évidemment présumés innocents.
00:54La justice, une nouvelle fois dans la tourmente.
00:57Pour expliquer la remise en liberté des deux hommes poursuivis dans la mort de Shem Sedin,
01:02la cour d'appel s'est fondée sur l'existence d'un vide juridique.
01:06En juin 2025, le Conseil constitutionnel avait en effet censuré
01:10une disposition du Code de la justice pénale des mineurs,
01:13qui permettait notamment leur maintien en détention provisoire.
01:16L'institution avait donné un an au Parlement pour changer la loi,
01:20mais aucun texte n'a été voté.
01:22Laissant ainsi un vide juridique depuis le 1er juillet.
01:25L'avocate de la mère de Shem Sedin dénonce la situation actuelle.
01:29Évidemment, vous imaginez bien que le sentiment d'abandon profond
01:33que ma cliente ressent, que la maman ressent aujourd'hui,
01:36est encore plus alimentée, y compris par la façon de faire et la procédure.
01:42Elle a le sentiment vraiment d'être pas pris en compte, d'être pas considérée.
01:45Le ministère de la justice a également réagi.
01:49Il conteste l'interprétation des magistrats.
01:52L'analyse de la direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la justice
01:56dispose que le vide juridique ne s'applique qu'aux décisions postérieures au 1er juillet 2026
02:02et ne s'applique donc pas aux mineurs en détention provisoire avant cette date.
02:06En plus de leur remise en liberté, l'avocate de la famille signale un contrôle judiciaire insuffisant.
02:12On n'a même pas envisagé, vous voyez par exemple un bracelet électronique,
02:16on n'a même pas envisagé d'obligation de pointage.
02:19En dernière minute, un amendement a été ajouté au projet de loi sur la justice criminelle
02:24adoptée par le Parlement le 9 juillet dernier
02:26afin de combler le vide juridique considéré par la Cour d'appel.
02:30Cette loi doit désormais être validée par le Conseil constitutionnel avant d'entrer en vigueur.
02:35Et je le dis aux auditeurs d'Europe 1, dans ce sujet, vous voyez des images de réseaux sociaux
02:40où on voit un individu qui sort, accueilli, tout sourire
02:45et c'est l'un des deux mises en cause dans ce passage à tabac sauvage, terrible
02:50et on espère que justice sera rendue pour la famille de Shem Sedini comme un héros
02:56et Jules Torres comme surnom par l'un de ses amis qui postent sur Snapchat
03:00La Brute, je t'aime.
03:01La Brute, je t'aime.
03:03Sacha Stropkan, vous êtes avec nous, vous êtes porte-parole du ministère de la Justice.
03:07Ce qui m'a marqué dans le sujet, c'est aussi la parole de l'avocate de la famille de
03:11Shem Sedini
03:12qui dit « la maman se sent abandonnée ».
03:15Que s'est-il passé pour que ces deux mises en cause soient peut-être ce matin
03:19en train de nous regarder, non pas derrière les barreaux, mais à leur domicile ?
03:24Il y a beaucoup de choses dans votre sujet. Effectivement, il y a d'abord la voix de cette maman,
03:29en tout cas de ses parents, et évidemment que personne ne peut considérer que la situation est normale
03:33et c'est un échec dramatique.
03:36Ensuite, sur la situation très précise des deux assassins, ou en tout cas meurtriers présumés,
03:43de Shem Sedini, vous avez effectivement cette question du vide juridique,
03:47mais qui en vérité ne s'applique pas à cette situation-là.
03:50C'est-à-dire que c'est un peu technique, et j'en suis désolé,
03:52mais pour le coup c'est de la technique juridique, mais qui a des conséquences très importantes,
03:56donc je prends 30 secondes pour l'expliquer.
03:58Vous avez donc le Conseil constitutionnel qui censure une disposition, il y a maintenant un an,
04:02et qui laisse un an pour prendre une nouvelle mesure législative,
04:07pour couvrir ce vide qu'il crée.
04:09Sauf que, en fait, la situation des deux personnes que nous évoquons
04:13n'est pas couverte par ce vide juridique.
04:15C'est-à-dire que le Conseil constitutionnel demande juste une chose,
04:18demande au magistrat, quand il maintient des mineurs en détention,
04:21de prendre une ordonnance séparée, c'est-à-dire de rendre une décision séparée
04:24en disant « je maintiens ces jeunes en détention ».
04:27Il ne rend pas ça impossible, et en fait, dans le cas d'Espèce,
04:30la Cour d'appel a juste constaté que le magistrat en charge du dossier
04:33n'a pas rendu une ordonnance séparée, et donc la Cour d'appel a été contrainte de dire
04:36qu'en fait il y avait...
04:37Donc, si je comprends bien, M. Le Parparole,
04:40si ces deux individus sont dehors, c'est d'abord pour un vice de forme ?
04:43C'est une erreur de procédure.
04:45C'est une erreur de procédure.
04:47Vous parlez d'un échec dramatique ?
04:48Oui, après, par ailleurs...
04:49Mais quand vous dites échec dramatique, c'est un échec de qui ?
04:53De fait, là, pour le coup, c'est une erreur procédurale.
04:55C'est-à-dire que vous avez un juge d'instruction
04:57qui a maintenu en détention des mineurs
04:58en ne respectant pas ce que disait le Conseil constitutionnel il y a maintenant un an.
05:02Par ailleurs, vous avez la question du vide juridique, pour le coup,
05:05qui est indépendante et qui traite éventuellement d'autres dossiers,
05:08mais sur l'affaire Shemzeddin,
05:09c'est vraiment, pour le coup, un juge d'instruction,
05:11un magistrat instructeur qui n'a pas rendu
05:13une ordonnance séparée comme lui demandait
05:15le Conseil constitutionnel depuis un an.
05:17On parle beaucoup de la responsabilité
05:19des juges et de la justice
05:21ces derniers temps, et notamment
05:23après le drame de la petite Liana.
05:26Cette erreur, par exemple,
05:28elle aura des conséquences
05:29pour le magistrat, le juge, pardon,
05:31d'instruction qui a pris cette décision
05:33ou qui l'a mal appliquée ?
05:35Je pense que vos téléspectateurs
05:38sont maintenant habitués ces dernières semaines
05:39dans l'affaire Liana,
05:40c'est des débats qu'on a eus.
05:41Ce n'est pas à moi de dire si...
05:43Non, mais techniquement,
05:44est-ce qu'il y a potentiellement des sanctions
05:45qui peuvent être appliquées
05:46contre un juge d'instruction
05:47qui prend une mauvaise décision
05:49à tel point que deux individus
05:52sont dans la nature ?
05:53Tout à fait.
05:53Alors, la difficulté est toujours la même,
05:55c'est qu'à partir du moment
05:56où vous remettez en cause
05:57une décision juridictionnelle,
05:59et là, pour le coup,
05:59c'est une décision juridictionnelle,
06:01la limite est très fine
06:02entre est-ce que vous portez atteinte ou pas
06:04à l'indépendance d'un magistrat ou pas.
06:06Une fois de plus,
06:06ce n'est pas à moi de régler ce problème.
06:09On verra si, éventuellement,
06:11il y a une saisine un jour
06:12du Conseil supérieur de la magistrature
06:14sur ce sujet ou pas.
06:15Mais en tout cas, une chose est sûre,
06:16c'est que les conséquences, effectivement,
06:18sont des conséquences très importantes
06:19puisque vous avez deux personnes
06:21qui ont été remises en liberté,
06:23alors même qu'objectivement,
06:25ça ne relévait pas de ce vide juridique
06:26qui, par ailleurs, est un autre sujet.
06:28J'ai bien compris.
06:29Mais, monsieur le porte-parole,
06:30vous êtes porte-parole
06:31du ministère de la Justice.
06:32Et on a vu un ministre de la Justice
06:33parfois saisir ce Conseil supérieur
06:36de la magistrature.
06:37Est-ce que ce matin,
06:38vous pouvez nous dire
06:38si oui ou non,
06:39il sera saisi
06:40dans une situation
06:41que vous-même
06:42vous qualifiez
06:44d'échec dramatique ?
06:46Oui, bien sûr.
06:47La difficulté est que
06:48vous êtes dans une situation différente
06:50de, par exemple,
06:50ce qui nous a intéressés
06:52ces dernières semaines
06:52sur l'affaire Liana
06:53et l'affaire Rosa.
06:54C'est que là, pour le coup,
06:55c'est un magistrat du siège,
06:56ce n'est pas un magistrat du parquet.
06:57C'est-à-dire que
06:58les magistrats du parquet
06:59sont sous la tutelle directe
07:00du ministre de la Justice.
07:01Donc, pour le coup,
07:02quand il y a des dysfonctionnements,
07:03il peut très rapidement
07:04prendre des mesures
07:05ou, en tout cas,
07:06agir en tant que
07:07chef d'administration,
07:08entre guillemets,
07:09même si c'est
07:09une administration spécifique.
07:10Là, vous avez un magistrat
07:11indépendant au sens
07:12le plus pur du terme,
07:13c'est-à-dire un juge
07:14qui a pris une décision
07:15et, pour le coup,
07:16ça ne relève pas directement
07:17de la compétence
07:18du ministre de la Justice.
07:18Ça, ça relève de qui ?
07:20D'éventuellement
07:21du Conseil supérieur
07:21de la magistrature.
07:22Qui, lui, peut s'auto-saisir ?
07:24Alors, il ne peut pas
07:24s'auto-saisir,
07:25mais, par exemple,
07:26la maire de l'éjusticiable,
07:27depuis la réforme constitutionnelle
07:29de 2008,
07:29peuvent saisir directement
07:30le CSM.
07:31On peut imaginer, par exemple,
07:32la maire de ce jeune garçon
07:34qui est malheureusement décédé
07:35qui saisirait le CSM
07:36en considérant que,
07:38pour le coup,
07:38il y a une difficulté
07:40d'ordre disciplinaire.
07:41J'entends,
07:42et on a bien vu
07:43que lorsque ce sont
07:44des saisines de particuliers
07:45sur ces, je crois,
07:47des dernières années,
07:48les sanctions sont
07:49extrêmement rares.
07:51Tout à fait.
07:51Pour ne pas dire exceptionnelles.
07:54Aucun magistrat
07:55Jules Torres.
07:56a été révoqué
07:57pour une question
07:59soit de lenteur
08:01admise de la procédure
08:02ou soit d'erreur
08:03dans la procédure.
08:05Monsieur le porte-parole,
08:06la question que tout le monde
08:07se pose ce matin,
08:08c'est qu'est-ce qui va être fait
08:09et qu'est-ce qui peut être fait
08:10pour qu'on revoie
08:12ces deux individus
08:13derrière les barreaux
08:15avant que le procès
08:16n'ait lieu ?
08:17Vous avez deux choses
08:18qui sont quand même
08:18importantes à dire.
08:19Vous avez parlé,
08:20avant de vous dire
08:21ce qui va se passer
08:22dans l'attente du procès,
08:23vous avez évoqué
08:24ces images.
08:24C'est qu'indépendamment
08:25de leur placement
08:26ou pas en détention
08:27dans l'attente
08:28de leur comparution
08:28devant une cour d'assise
08:29des mineurs,
08:30je pense que peut-être
08:32que ces deux jeunes gens,
08:33sans préjuger
08:34de la décision
08:34qui sera rendue,
08:36ne mesurent pas que,
08:37je ne suis pas sûr
08:37que ce soit pour utiliser
08:38un euphémisme,
08:40de nature à mettre
08:40une juridiction
08:41dans les meilleures dispositions
08:42que de se pavaner
08:44sur les réseaux sociaux,
08:45alors même qu'on est accusé
08:46de faits extrêmement graves,
08:47ça c'est la première chose,
08:48donc quand même rappeler
08:50aux gens qu'on est jugé
08:50pour des faits
08:51mais on est aussi jugé
08:52sur sa personnalité
08:52et que quand on arrive
08:53devant une juridiction
08:54pour des faits de cette gravité-là
08:55qui sont des faits criminels
08:56puisque quelqu'un est mort
08:57et que visiblement
08:59on ne fait pas
08:59le début du commencement
09:01d'un acte de contrition
09:02ou de regret
09:02par rapport aux faits
09:03qu'on a commis,
09:04je ne suis pas sûr
09:04que les collègues
09:05qui seront amenés
09:06à juger ces deux jeunes garçons
09:07seront de très bonnes dispositions.
09:09La deuxième chose,
09:09c'est qu'ensuite
09:10vous avez un contrôle judiciaire
09:15maintenant par contre
09:16les consignes
09:17qui ont été passées
09:17au parquet
09:18et au parquet généraux
09:19c'est de suivre à la culotte
09:21pour dire les choses
09:22un peu simplement
09:22ces jeunes qui sont libérés
09:24sous contrôle judiciaire
09:24dans ce cadre-là
09:25pour qu'au moindre manquement
09:27vous ayez une demande
09:28de révocation du contrôle judiciaire
09:30et un nouveau placement
09:31en détention
09:31puisque c'est le seul moyen
09:32que nous avons
09:33de les placer à nouveau
09:34en détention
09:34c'est-à-dire une violation
09:35du contrôle judiciaire
09:36et à partir du moment
09:37où ce contrôle judiciaire
09:38est violé
09:38on peut les replacer en détention.
09:39Ça veut dire que
09:40s'ils respectent à la lettre
09:41leur contrôle judiciaire
09:43jamais on ne reverra
09:46ces deux individus
09:47en détention provisoire.
09:48Avant leur date de jugement
09:50en détention provisoire.
09:51Une fois qu'ils seront jugés
09:53potentiellement
09:54ils seront condamnés
09:54mais j'ai rappelé
09:55une chose essentielle
09:56c'est qu'ils sont présumés
09:57innocents
09:58mais moi je pense
09:59à la famille de Shamseddin
10:00aujourd'hui
10:01qui va revoir en boucle
10:03ces images
10:04de potentiellement
10:06les bourreaux
10:06de son enfant
10:07qui se pavanent
10:10en sortie de détention
10:11et de se dire
10:12parce que la justice
10:14finalement
10:15l'arsenal judiciaire
10:15ne permet pas
10:16de les garder
10:18et de les maintenir
10:18en prison
10:19aujourd'hui
10:20on se retrouve
10:20dans cette situation.
10:21C'est ce qui a
10:22heureusement
10:22à beaucoup de familles
10:23de victimes
10:23sur votre plateau
10:24il y a quelques semaines
10:25nous recevions
10:26le père de Benoît Vasselet
10:28qui a été tué à Dax
10:29souvenez-vous
10:30lors de la finale
10:31de la Ligue des Champions
10:32enfin en marge
10:32de la finale
10:33de la Ligue des Champions
10:33de 2025
10:35et il témoignait
10:36que plusieurs
10:37des agresseurs
10:38de son fils
10:39narguaient notamment
10:40la femme de Thierry Vasselet
10:42donc la mère
10:42de Benoît Vasselet
10:43au supermarché
10:44qu'il se mettait
10:45derrière elle
10:45dans la caisse
10:46et qu'il parlait
10:46de leur fils
10:47on peut aussi citer
10:48moi j'ai un exemple
10:49extrêmement frappant
10:51j'ai un gendarme
10:52que j'ai croisé
10:53il y a quelques semaines
10:53dans la Drôme Provençale
10:54et qui un jour
10:55a fait le déplacement
10:56vous savez
10:57des meurtriers présumés
10:58de Thomas Acrépole
10:59je peux vous dire
11:01que c'était
11:02les mêmes images
11:02et c'était
11:03les mêmes ricadements
11:03les mêmes rires goguenards
11:05que on a pu voir
11:07dans la vidéo
11:07de Shem Sedin
11:08qui sort de prison
11:09c'est à dire que
11:10le gendarme était dans la voiture
11:11avec un de ses collègues
11:12et ils avaient
11:12avec eux
11:13deux des meurtriers
11:14présumés
11:15de Thomas
11:15puisqu'on sait encore
11:16que pour l'instant
11:17le procès n'avance pas
11:18et que personne ne veut
11:19se dénoncer dans cette affaire
11:20et bien ils riaient de l'affaire
11:21donc c'est pour vous dire aussi
11:22le niveau d'impunité
11:23de ces jeunes
11:23qui ont commis là aussi
11:24des crimes
11:25et qui finalement
11:26n'en ont rien à faire
11:26et le terme qui me marque le plus
11:28c'est l'abandon
11:28c'est ce qui est au coeur
11:31finalement
11:31de cette colère des français
11:32de cette distance
11:33aujourd'hui
11:34entre la justice
11:35et les français
11:36justice
11:36qui est pourtant rendu
11:37au nom du peuple français
11:38c'est que les victimes
11:39ont ce sentiment d'abandon
11:42qui est tout sauf d'ailleurs
11:43un sentiment
11:43Sabrina
11:44oui il y a en effet
11:45ce sentiment
11:46de dérédiction
11:47d'abandon
11:48comme vous dites
11:48là je vois par exemple
11:49qu'il y a un mouvement
11:50qui s'appelle
11:50les abandonnés
11:51d'ailleurs
11:51qui a été créé
11:52à l'instar
11:53par Claire Géronimie
11:55ainsi que Guilhem Carayon
11:56je regardais encore
11:57une vidéo
11:57de la veuve
11:58du gendarme Comine
11:59qui se joint
12:00à ce mouvement
12:01vous avez en effet
12:02des sursauts
12:03inopinés
12:04des cris organiques
12:06des français
12:06qui justement
12:07décident aujourd'hui
12:08de manifester pacifiquement
12:09devant les institutions
12:11pour réclamer
12:12de manière supplicielle
12:13un geste de la justice
12:14une empathie judiciaire
12:17vous avez en effet
12:17comme le rappelait Jules
12:20parallèlement
12:20des images d'épinal
12:22de cette société
12:23du ricanement
12:24où après le meurtre
12:26le lynchage
12:27de Louis
12:28nous les voyons
12:29en train d'écouter
12:30du rap
12:30dans le métro
12:31de revenir
12:31il y a en réalité
12:33toute une symbolique
12:34de la mort
12:35et paradoxalement
12:36la justice
12:36qui voit
12:37la violence endémique
12:39d'une grande partie
12:39de la jeunesse
12:42se exploser
12:43ou se répandre
12:43n'arrive plus
12:44à justement
12:45répondre à ces questions
12:46cette question cruciale
12:48en tout cas
12:48c'est très préoccupant
12:49la justice
12:50parce que c'est le pilier
12:51de notre démocratie
12:52bien sûr
12:52et en réalité
12:54pour résumer
12:54la situation
12:55vous avez parlé
12:56du mot abandon
12:57ça me fait penser
12:58au film de Samuel Paty
12:59parce que ce mot là
13:00est un révélateur
13:01de tout
13:01on a finalement
13:02et même d'un point de vue
13:04idéologique
13:04de manière globale
13:051. la criminalisation
13:07de la police
13:072. la valorisation
13:09via les réseaux sociaux
13:11de cette délinquance
13:12et de ces crimes
13:13et 3. cet abandon
13:14des victimes
13:15Arnaud ?
13:16c'est évident
13:17que ça a un impact
13:17sur l'opinion
13:18d'ailleurs
13:18toutes les études
13:19d'opinion
13:19montrent aujourd'hui
13:20qu'une majorité
13:21de français
13:21n'ont pas confiance
13:23dans la justice
13:23ils la trouvent
13:24trop laxiste
13:25à tort ou à raison
13:26ils trouvent
13:26qu'elle est trop lente
13:28etc. etc.
13:29mais je voudrais revenir
13:30sur ce que disait
13:30monsieur le porte-parole
13:31parce que c'est très intéressant
13:32on comprend très bien
13:33la mécanique
13:34sur le plan technique
13:35qui a conduit
13:36en effet à ce dysfonctionnement
13:37c'est très clair
13:38vos explications
13:39le problème
13:39c'est que
13:39ce dont on s'aperçoit
13:41c'est que
13:42la procédure
13:43a atteint
13:44un tel niveau
13:45de technicité
13:46qu'elle devient
13:47totalement illisible
13:49et inaudible
13:50pour la plupart
13:50de nos compatriotes
13:52peut-être que vous pouvez
13:53y répondre
13:54donc ça nourrit
13:55la crise
13:55la crise de la justice
13:57c'est la crise des institutions
13:58quand vous avez
13:59une crise de confiance
14:00dans la démocratie
14:00quand vous avez
14:01une crise de confiance
14:02dans la démocratie
14:04représentative
14:04quand vous avez
14:05une crise de confiance
14:06dans l'exécutif
14:06quand vous avez
14:07une crise de confiance
14:08dans la justice
14:09vous alignez
14:10toutes les planètes
14:11pour que
14:12la défiance
14:13ne cesse de s'accroître
14:14et que l'on se rapproche
14:15progressivement
14:16d'un point de rupture
14:17dans notre société
14:17c'est pas seulement
14:18le problème de la justice
14:19c'est l'ensemble
14:20du système institutionnel
14:21à la question
14:22de la justice
14:23il y a quelque chose
14:23qui est sidérant
14:24il y a quelque chose
14:25qui est sidérant
14:26dans ce que vous avez dit
14:26monsieur le part
14:27oui Arnaud
14:28que moi la question
14:29peut-être le plus âgé
14:30sur ce plateau
14:30que la question
14:31de la responsabilité
14:32mais c'est ça
14:33je l'entends
14:34je l'entends
14:35c'est un sujet
14:36dont j'entends parler
14:37depuis près de trois décennies
14:39mais cette question
14:40le problème
14:41le problème des politiques aussi
14:42il y a une responsabilité
14:43les politiques
14:44c'est-à-dire que les politiques
14:45aujourd'hui sont complexées
14:46par rapport à cette question
14:47bien sûr
14:47ils le sont
14:48parce que finalement
14:49en effet
14:49il y a eu pendant des années
14:51et des années
14:52vraisemblablement
14:53des abus
14:53qui ont été commis
14:55mais ils n'osent plus
14:56se saisir de ce sujet
14:57et si vous ne prenez pas
14:58la question
14:58de la responsabilité
15:00personnelle
15:00des magistrats
15:02dans l'exécution
15:03de leur mission
15:04vous êtes face
15:05à un angle mort
15:06qui nourrit évidemment
15:07la défiance
15:08monsieur le porte-parole
15:09c'est ça qui est
15:09le plus intéressant
15:10peut-être
15:12sur la question de fond
15:13c'est non pas
15:15que la justice
15:16ne soit pas indépendante
15:17mais c'est
15:18l'irresponsabilité
15:19vous m'avez
15:20expliqué en substance
15:21que vous ne pouviez
15:23rien faire
15:23face à ce juge
15:25d'instruction
15:26qui n'a pas respecté
15:27finalement
15:28les règles précisément
15:30ce qui fait que
15:31aujourd'hui
15:32on a deux mises en cause
15:33qui sont sorties
15:34de détention provisoire
15:35voilà la situation
15:36et il y a autre chose
15:38qui est particulièrement
15:39intéressante dans la justice
15:40aujourd'hui
15:41c'est que la justice
15:41ça n'est pas un pouvoir
15:42c'est une autorité
15:44mais lorsque vous
15:45multipliez les procédures
15:46vous multipliez les lois
15:48vous avez un tel
15:49niveau de responsabilité
15:50on voit que la justice
15:51devient un pouvoir
15:52et n'est plus une autorité
15:53alors vous avez deux sujets
15:54le premier sujet
15:55c'est effectivement
15:56la crise de confiance
15:57dans l'institution judiciaire
15:58qui de fait
15:59est un sujet majeur
16:00pour cette institution
16:01et comment est-ce
16:02qu'en face d'un
16:03pouvoir
16:03comme vous vous dites
16:04vous mettez une responsabilité
16:05et je pense que
16:06ces dernières semaines
16:08avec l'affaire Liana
16:09ont remis cette question
16:12sur le devant de la scène
16:13et que
16:13effectivement
16:14de plus en plus
16:15nos concitoyens
16:16de par cette rupture de confiance
16:17ne nous laisse
16:18plus rien passer
16:19et à juste titre
16:20puisque la justice
16:21est rendue en leur nom
16:23et je pense que
16:23vraiment le défi
16:24pour l'institution judiciaire
16:25dans les prochaines années
16:26ça va être de répondre
16:27à cette crise de confiance
16:28et ensuite
16:29l'autre sujet
16:29c'est la question
16:31effectivement
16:31comme vous dites
16:32de la responsabilité
16:34en tant que telle
16:35et des procédures
16:35et là aussi
16:36vous avez une responsabilité
16:39du pouvoir politique
16:40et du législateur
16:41par exemple
16:41vous voyez le texte
16:42qui a été voté
16:43sur la justice criminelle
16:44la semaine dernière
16:45a vocation
16:45à simplifier
16:46un certain nombre
16:47de procédures
16:47puisque de fait
16:48sans vouloir
16:49à tout prix
16:50défendre mes collègues
16:51et les magistrats
16:51vous avez aussi
16:52une complexité
16:53de la procédure
16:54qui fait que
16:54même pour des techniciens
16:55du droit
16:56en vérité
16:57les erreurs
16:57les choses trappent
16:58sont possibles
16:59et donc vous avez aussi
16:59une responsabilité politique
17:01c'est ce qu'incarne
17:02le garde des Sceaux
17:02de simplifier les procédures
17:04pour que la procédure
17:05soit certes là
17:05pour nous garantir
17:06nos droits
17:07puisque c'est fait pour ça
17:09c'est le jour
17:09où vous arrive quelque chose
17:10vous êtes bien content
17:11que vous ayez une procédure
17:12pour les garantir
17:12mais qu'en même temps
17:13cette procédure
17:14ne puisse pas être mise à profit
17:16pour des gens
17:17et pour des erreurs
17:19de procédure
17:19et des libérations
17:20comme on le vit
17:20malheureusement
17:21dans ce dossier
17:21et des libérations
17:21et des libérations
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