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  • il y a 23 heures
Ce lundi 13 juillet, dans sa chronique, Annalisa Cappellini s'intéresse à l'interdiction du commerce avec les colonies israéliennes, inscrite à l'ordre du jour de la réunion du Conseil des affaires étrangères de l'Union européenne qui se tient aujourd'hui à Bruxelles. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin sur BFM Business.

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Transcription
00:00Les ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne se réunissent à Bruxelles,
00:03analysent un thème à l'ordre du jour, comment interdire le commerce avec les colonies israéliennes en Cisjordanie.
00:08Et le sujet est explosif évidemment.
00:10Oui, c'est même un sujet de guerre entre Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission Européenne,
00:15et Kaja Kalas, la chef de la diplomatie.
00:18Effectivement, vous avez raison, il y a cette question qui est très compliquée,
00:21qui concerne toutes les marchandises qui viennent des colonies situées en dehors des frontières internationalement reconnues d'Israël.
00:29Comment empêcher ces marchandises-là d'arriver sur le marché européen ?
00:32Ça peut paraître très simple, mais techniquement, c'est plus compliqué que ça,
00:37en sachant qu'évidemment, toute cette question reste purement symbolique,
00:40parce que selon les chiffres de la Commission Européenne cités par Politico,
00:44les échanges avec ces colonies de Cisjordanie ne représentent que 0,5% du total du commerce de l'Union
00:51Européenne avec Israël.
00:52Donc, c'est négligeable du point de vue purement commercial.
00:55Aujourd'hui, ces produits-là sont déjà exclus de l'accord entre les Européens et Israël,
01:00mais de facto, ils arrivent vraiment sur le marché européen,
01:04parce qu'on a un problème d'identification.
01:06Donc, comment arrêter ?
01:08Alors, il y a plusieurs options sur la table.
01:10D'abord, il y a une interdiction d'importation pure et simple.
01:13Il y a plusieurs pays qui militent pour cette option, notamment l'Irlande et l'Espagne.
01:17Il y a la mise en place des licences d'exportation.
01:20Il y a notamment la France qui insiste pour cette option, la France et la Suède.
01:23En réalité, c'est assez compliqué à adapter comme option.
01:27Il y a plusieurs obstacles techniques.
01:29Et puis, il y a une troisième option, c'est celle d'imposer des droits de douane très élevés,
01:33qui deviendraient donc prohibitifs.
01:35Mais en réalité, ils pourraient être très facilement remboursés par Israël,
01:39et donc ça rendrait cette mesure inefficace.
01:41Est-ce qu'ils vont réussir à se mettre d'accord ?
01:43Non, sans doute non, parce que déjà, je vous le disais,
01:46il y a ce différent entre Ursula von der Leyen et Kaja Kalas,
01:49qui est quand même le numéro 2 de la Commission.
01:51La Commission estime que c'est une décision qui relève de la politique étrangère,
01:56donc qu'il faudrait, pour approuver n'importe quelle décision,
01:59l'unanimité des 27 États membres.
02:01On en est très très loin aujourd'hui, surtout sur un sujet aussi épineux.
02:05Il y a une division très profonde en Europe entre deux blocs.
02:08Il y a un groupe de pays, une dizaine à peu près,
02:10dont la Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne notamment,
02:12qui insiste pour arrêter tout commerce avec ses colonies.
02:17Et puis, il y a une partie de pays qui sont beaucoup plus frileux sur le sujet,
02:21l'Allemagne notamment, mais aussi la République tchèque.
02:24Pour von der Leyen, donc, désormais, la balle est dans le camp des États membres.
02:27C'est à eux de décider quoi faire.
02:30Attention, il y a un petit trou de souris technique,
02:32et c'est bien ce trou de souris que Kaja Kalas compte exploiter aujourd'hui.
02:36Elle voudrait en faire une mesure purement commerciale, purement technique,
02:39et donc, ça demanderait un vote uniquement à la majorité qualifiée.
02:43Donc, dans ce cas-là, si elle y arrivait, ça serait un immense succès diplomatique pour Kaja Kalas.
02:48Et surtout, il faudrait regarder ce que font les Italiens,
02:52parce que c'est bien le vote des Italiens qui pourrait permettre de basculer,
02:54dans un sens ou dans l'autre, le vote.
02:56Très vite, on aura la réponse aujourd'hui, Annalisa ?
02:58Non, pas avant l'automne déjà, parce que c'est compliqué de se mettre d'accord.
03:01Ensuite, les Européens ont bien en tête qu'il y a une échéance électorale en Israël
03:06avec les élections législatives prévues fin octobre.
03:08Et les Européens veulent surtout éviter de braquer les Israéliens
03:11qui pourraient voter pour des extrémistes, des nationalistes de droite.
03:14Et c'est pour ça que la prochaine réunion sur le sujet est prévue fin octobre en Europe.
03:19Mais voilà, il faudra bien surveiller ce qui se passe cet été dans les couloirs de Bruxelles,
03:22parce que ça pourrait aussi décider du futur des relations entre les Européens et les Israéliens.
03:27Merci beaucoup, Annalisa Capellini.
03:28Le monde qui bouge est à retrouver évidemment sur notre appli et notre site en replay.
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