- il y a 13 heures
Paul-François Fournier, directeur exécutif chez BpiFrance, et Jean Schmitt, président et fondateur de Jolt Capital, étaient les invités de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce lundi 13 juillet. Ils se sont penchés sur la mission de l'évènement Big, l'enjeu de la tech pour l’événement, l’investissement dans l'innovation, et le potentiel de la deep tech en Europe, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:00Tech & Co, la quotidienne, les invités.
00:06Voilà, et pour débuter donc ce Tech & Co, la quotidienne, ici à Big,
00:10eh bien j'ai le plaisir d'avoir deux invités, vous allez voir, qui sont passionnants
00:13et qui vont nous accompagner durant cette première demi-heure.
00:16Paul-François Fournier est avec nous. Bonsoir Paul-François.
00:18Bonsoir.
00:19Vous êtes le directeur exécutif innovation chez BPI France.
00:21Merci de nous recevoir comme chaque année ici.
00:24Merci d'être là.
00:25Voilà, avec un superbe plateau.
00:27Comme à chaque fois, on va parler chiffres aussi, puisque je sais que l'année dernière,
00:31la dixième édition du Big avait été un énorme succès avec 80 000 participants.
00:35Vous nous direz un petit peu là si vous avez déjà une petite tendance.
00:39Et Jean Schmitt est avec nous aussi ce soir.
00:41Salut Jean.
00:42Bonjour.
00:43Président et fondateur de Jolt Capital, si vous êtes un fidèle de Tech & Co,
00:46vous connaissez Jean, puisqu'il vient nous rendre visite de temps en temps
00:49pour commenter l'actualité.
00:51Bon cher Jean, qu'est-ce que tu fais là d'ailleurs Jean, chez Big ?
00:55Tout le monde, tout le monde va chez Big.
00:58Tout le monde va chez Big, voilà.
00:59Mais on va rentrer dans les détails, parce que, évidemment, tu l'as pour une bonne raison.
01:03Et tu vas nous annoncer aussi, eh bien, cet investissement de 260 millions d'euros
01:09qu'a fait le Fonds européen d'investissement dans le jeu de Capital.
01:11On en parle dans quelques instants.
01:14Donc, onzième édition de cet événement Big, organisé par la BPI.
01:18On est ici à l'Accor Arena, Paul-François.
01:21Un mot déjà sur la mission de ce rendez-vous qui est devenu aujourd'hui incontournable.
01:27Big, de quoi s'agit-il ?
01:29Big, on essaye de garder cette idée, en fait, depuis 11 ans, effectivement,
01:34qui est de dire, il y a un moment, il faut réunir tous les écosystèmes d'entrepreneurs.
01:39Les start-up, les entrepreneurs des PME, des ETI, les patrons des grands groupes,
01:46tout ce qui tourne autour de l'accompagnement de l'économie.
01:49Et il faut qu'il y ait un moment où on décloisonne,
01:52où on vient aussi partager et prendre de l'énergie.
01:56Et puis Big, on ne le voit pas toujours dans cette grande, j'allais dire, fausse.
02:01Mais en fait, c'est un énorme endroit où on peut prendre du recul.
02:05Il y a presque 500 conférences ou interventions.
02:08Il y a plus de 1000 intervenants autour de toutes les thématiques sur l'innovation.
02:12On a oublié un peu Big, parce que petit à petit, on a raccourci,
02:15mais ça veut dire BPI France, innovation, génération.
02:19Et derrière ça, il y a cette idée que, et je crois que ça s'est accentué encore depuis la
02:23création,
02:24l'innovation est en train de s'accélérer, que pour les patrons de PME, de start-up ou de grands
02:29groupes,
02:30en fait, chacun a un bout de la vérité.
02:32Et donc, à un moment, il faut prendre un peu de recul collectivement,
02:34essayer de se parler, essayer de voir où on projette, au fond, l'économie, c'est quoi les tendances.
02:39C'est un endroit où on essaye d'avoir des points de vue, où on veut écouter des gens qui
02:43disent,
02:43voilà, c'est ça, et où on se frotte aux autres pour essayer, encore une fois, de se sortir en
02:48disant,
02:48tiens, je pensais ça, mais peut-être que ça va aller plus vite que je pensais,
02:51ou peut-être que ça va aller plus en Asie qu'aux Etats-Unis.
02:56Et puis, qu'on fasse des rencontres, évidemment.
02:58Alors, le mot fil conducteur de cette année de BIG, c'est vérité.
03:03L'année dernière, c'était optimisme.
03:06Cette année, c'est vérité.
03:08Que veut dire ce mot dans ce contexte ?
03:10D'abord, il y a un premier élément de contexte, j'allais dire temporel,
03:16c'est qu'on a le sentiment qu'il faut faire entendre la vérité des entrepreneurs.
03:20Ils ont un certain nombre de vérités sur la réalité de leurs contraintes,
03:23sur la réalité de leurs ambitions, sur la réalité de ce qu'ils apportent aussi à la société.
03:28Et puis, de façon plus profonde, parce que ce thème, il a été choisi il y a presque un an,
03:33on voit bien que cette question de vérité, avec l'IA, avec les fake news,
03:38avec aussi parfois des bouleversements politiques où on se pose la question de ce que c'est que la vérité,
03:43ça devient une question un peu essentielle.
03:45Et donc, nous, on voudrait participer de se dire, au fond, comment on construit la vérité,
03:50comment les entrepreneurs peuvent construire leur vérité,
03:54et en particulier comment, justement, ce qu'on disait tout à l'heure,
03:58la friction des vérités des uns ou des autres, peut créer du consensus qui permet d'avancer,
04:03de se projeter.
04:04Et donc, c'est un peu ça.
04:05C'est le ballon dans le débat sur le fait que les entrepreneurs ont leur mot à dire,
04:11leur vérité à dire, et que le processus d'un entrepreneur sur la création de sa vérité,
04:16il est probablement intéressant pour le reste de la société.
04:20Alors, le contexte politique, le contexte éponomique, ces rumeurs de taxes,
04:25les entrepreneurs ne sont pas la fête en ce moment.
04:27Ils sont même dans une situation compliquée.
04:30Est-ce que ça se ressent, sincèrement, aujourd'hui, ici ?
04:34Je crois que, oui, ça se ressent, parce que ça reste une forme d'inquiétude, entre guillemets.
04:40J'allais dire, au-delà de la taxe, c'est probablement la façon dont est posé le débat,
04:43d'une certaine façon, qui...
04:45Oui, pointé du doigt.
04:46Qui est pointé du doigt, ou qui est...
04:48En fait, toujours les mêmes, j'ai envie de dire, les entrepreneurs.
04:51Nous, notre conviction qu'on porte, et qui est l'expression du BIC,
04:54c'est de dire que les entrepreneurs sont plutôt une solution qu'un problème.
04:59Et que notre modèle social n'est tenable que si notre entrepreneuriat se développe.
05:06C'est pour ça qu'on fait ça.
05:07C'est pour dire, ces gens-là vont tirer la société, créer de la valeur,
05:10qui va nous permettre d'être ce formidable pays redistributif.
05:13Mais, au fond, l'enjeu derrière ça, une fois qu'on a dit ça,
05:21c'est, malgré tout, une énergie qui reste très forte.
05:23Et donc, il y a cette inquiétude.
05:26Les entrepreneurs, ils savent la gérer, malgré tout,
05:28parce que des inquiétudes, ils en ont plein.
05:30Mais, au fond, on voit quand même qu'il y a beaucoup de monde,
05:33que les gens sont là, que les gens sont aux conférences,
05:35qu'ils se projettent.
05:36On voit, nous...
05:37Il y a une espèce de résilience, vous trouvez, malgré tout.
05:40Parce que le contexte...
05:41Alors, je ne vais pas rajouter une couche de confiture sur la tartine,
05:44mais c'est pesant, quand même.
05:46Oui, oui, c'est pesant, c'est pesant.
05:48Mais, encore une fois, j'ai l'impression,
05:49et c'est ce qu'on voit aujourd'hui,
05:51c'est que les gens ont l'habitude, encore une fois,
05:53un entrepreneur, il a plein de problèmes.
05:55Oui, bien sûr.
05:55Donc, il sait faire la part des choses,
05:56des problèmes très importants,
05:58des problèmes à moyen terme et des problèmes à court terme.
06:02Donc, le sujet, il existe.
06:04C'est un point de préoccupation.
06:06Maintenant, les entrepreneurs, 95% de leur journée,
06:09c'est quand même de faire avancer leur business.
06:11C'est ce qu'ils viennent faire aujourd'hui.
06:12Et quand on regarde quand même les chiffres aujourd'hui de l'emploi,
06:16quand on regarde les chiffres de la croissance,
06:18même nous, quand on regarde un peu sur le terrain,
06:20on a la chance d'avoir un réseau très profond.
06:22Il y a encore beaucoup de gens qui ont des projets.
06:24Il y a beaucoup de gens qui ont envie d'avancer.
06:26Il y a beaucoup de gens qui sont dans des logiques de dynamique.
06:29Et donc, c'est un peu là-dessus qu'on veut souffler,
06:32en disant qu'il y a un débat sociétal.
06:34Et puis, il y a la réalité.
06:35Il faut qu'on reconnaisse que ça, c'est super important.
06:39Et c'est ça qui va nous donner le carburant pour trouver des solutions.
06:43Je vois que Jean, depuis tout à l'heure, me fait coucou comme ça.
06:45Il veut réagir.
06:46Je pense que les entrepreneurs sont des gens qui sont particulièrement optimistes.
06:50Sinon, ils ne feraient pas ce travail.
06:52Et donc, l'optimisme, ça consiste à penser qu'on n'ira pas à fond dans l'absurdité
06:57et que cette taxe, on en parle.
07:00C'est embarrassant.
07:01C'est comme insulter quelqu'un.
07:02On ne peut pas le désinsulter.
07:03C'est fait.
07:04Donc, il y a un petit côté.
07:06Il y a toujours une petite lumière qui clignotera sur le sujet.
07:08Mais en même temps, tous les entrepreneurs que je connais ont confiance dans le fait
07:12que ça ne se fera pas comme ça.
07:14C'est-à-dire que la taxe de l'outil de travail ne se fera pas.
07:16Et c'est l'optimisme de l'entrepreneur.
07:19C'est le fait qu'on ne tremble pas au premier coup de vent.
07:25Après, on voit qu'il y a beaucoup de monde ici, c'est vrai.
07:27Et on ne sent pas une ambiance pesante.
07:29Elle est plutôt souriante et positive.
07:32Qui vient ici, en fait ?
07:33Alors, vous nous l'avez dit un petit peu tout à l'heure, mais on voit beaucoup de jeunes.
07:36Il y a beaucoup d'étudiants qui sont là.
07:39Oui, absolument.
07:40Parce qu'on a pris, il y a quelques années, un pari sur l'entreprenariat.
07:45Que ce soit d'ailleurs l'entreprenariat de la tech ou pas de la tech.
07:49On parlera de la tech après, bien sûr.
07:51Mais on a pris une grande mission qui est quasiment de doubler le nombre d'entrepreneurs.
07:57En particulier aussi dans les quartiers.
07:59On a une trentaine de bus qui vont partout en France expliquer ce que c'est que créer son entreprise.
08:05Qu'est-ce que ça veut dire ?
08:06Encore une fois de la tech, mais plein de choses qui ne sont pas de la tech.
08:10Comment on construit un début de business plan ?
08:11Comment on crée un compte en banque ?
08:13Comment on crée sa société ?
08:15Qu'est-ce que ça veut dire de gérer ?
08:18Vous proposez quoi ? Une espèce de coaching, c'est ça ?
08:20Un coaching absolument, d'ailleurs avec aussi des partenaires, Réseau Entreprendre, tout un tas de partenaires qu'on anime.
08:27Donc ça c'est très présent depuis quelques années.
08:29Et puis je l'ai dit tout à l'heure, c'est de l'essence de big.
08:31C'est ensuite les coques que vous voyez, la tech, la fab, le coque vert du green, le coque blanc
08:39de la French Care.
08:43Et puis le coque orange de la French Touch.
08:46C'est toutes ces communautés autour d'ambitions collectives et qui décloisonnent encore.
08:52Il y a des patrons de start-up, il y a des patrons de PME.
08:54Moi j'ai déjeuné tout à l'heure, il y avait un patron d'une ETI qui était à côté
08:59d'un patron d'une start-up,
09:00qui était à côté d'un patron qui est en train de développer un énorme giga center.
09:06Ben voilà, on en a parlé pendant une heure.
09:08C'est des gens qui ne se rencontreraient pas.
09:10Ils ont échangé leur numéro de portable.
09:12C'est ça, mais j'imagine que le réseau ici est très important parce que je crois que l'année
09:15dernière,
09:15vous aviez comptabilisé plus de 38 000 mises en relation.
09:20C'est ça aussi ce rendez-vous ?
09:21C'est ça, exactement.
09:22C'est un peu la serendipité.
09:23C'est qu'on arrive, on ne sait pas très bien et puis on tombe un moment sur quelqu'un
09:28en participant à une conférence, en regardant notre émission et on regarde le badge.
09:35Et puis ça fait quelque chose qui peut changer la dynamique de votre entreprise.
09:38Alors vous êtes directeur de l'innovation chez BPI France.
09:41La tech dans tout ça, qu'est-ce qu'elle représente aujourd'hui à BIG ?
09:46La tech, elle représente le fer de lance de l'innovation.
09:50Aujourd'hui, la tech, en particulier la deep tech, c'est quand même la nouvelle frontière des technologies
09:57autour de tout ce qui est évidemment de la French Care et des technologies autour de la santé,
10:02des technologies autour des green tech et de toutes les technologies qui vont décarboner
10:08parce que ça se combat, on ne veut pas le lâcher.
10:09Et puis des technologies souveraines, le quantique, le semi-conducteur.
10:14Et donc c'est la nouvelle frontière de la technologie.
10:17Et donc ces start-up de la deep tech, elles sont là pour nous permettre de participer à ce nouveau
10:21monde qui passe
10:23et qui vont aussi entraîner parce que ce n'est pas un monde tout seul.
10:26Tout le sujet, c'est qu'ensuite, ça descende à l'intérieur de notre terreau industriel,
10:30dans les filières traditionnelles, pour que tout ça fasse économie de demain.
10:38Vous comptabilisez le nombre de start-up qui viennent ici, à Big, chaque année ?
10:42On comptabilise tout le monde, nous.
10:44C'est d'ailleurs un sujet, c'est un beau sujet de Big Data qu'on commence à travailler.
10:50Donc oui, on comptabilise tout le monde, on regarde les métriques, on regarde les mises en relation.
10:56Au fond, si on se dit des choses, il y a 600 personnes de BPI France qui travaillent pour faire
11:02ces conférences.
11:03Oui, il faut qu'il y ait un retour sur investissement, j'ai envie de dire.
11:05Il faut qu'il y ait un retour sur investissement, mais c'est un gros investissement de nos collaborateurs
11:10qui organisent toutes ces conférences.
11:12Bien sûr.
11:12Et donc, on veut s'assurer que tout ça produit.
11:15Mais le capillail pour nous, qui fait que la première année, on s'était dit, on va lancer le truc.
11:20Et puis, on a vu qu'on était débordés.
11:22Et puis, la deuxième année, on a lancé ici en se disant, bon là, on ne va pas le remplir.
11:25Puis, on l'a rempli.
11:26Et puis, ça croit d'année en année.
11:28Si on est encore là 11 ans après, ce n'est pas pour se faire plaisir.
11:31C'est parce que c'est plein.
11:32Parce qu'il y a plein de gens qui viennent et on ne les force pas.
11:35Et on ne leur dit pas, si vous ne venez pas, ça sera mal.
11:38Ils viennent parce qu'ils ressentent un besoin, un moment de partage.
11:42Et que c'est un moment de pulsation collective.
11:44Donc, voilà.
11:45Mais derrière ça, évidemment, on met des capillails qui nous permettent de mesurer.
11:49On est au cœur de Paris.
11:51Est-ce que les régions sont bien représentées, sincèrement ?
11:54Oui, oui, oui.
11:55D'abord, il y a des bulles région.
11:56Et puis, on a des wagons qui se créent maintenant historiquement.
12:02D'ailleurs, nos délégués régionaux organisent.
12:05Tout le monde prend son billet de train avec son WhatsApp pour être un peu ensemble.
12:08C'est une question.
12:10On fait des événements en province.
12:11On s'est posé la question de faire big en province.
12:14À chaque fois, on a reculé.
12:16De toute façon, si vous le faites ailleurs, vous impacterez la région parisienne aussi.
12:21Si on va au nord, on va perdre les gens du sud.
12:23Donc, voilà.
12:24C'est notre grand événement parisien.
12:25Après, 70% de nos événements ou 80% de nos événements, ils sont en province.
12:29Parce que c'est là que pulse le pouls de l'entreprise, en fait.
12:33Jean, donc président et fondateur de Jolt Capital.
12:37Avant d'annoncer cet investissement de la part du Fonds européen d'investissement dans Jolt,
12:42est-ce que tu peux nous réexpliquer ce que c'est ?
12:44Et quel est ton job ?
12:46Oui, alors, mon job, c'est de prendre ces sociétés, d'investir dans des entreprises de deep tech.
12:53Donc, des sociétés dont le business est basé sur une propriété intellectuelle originale.
13:00Et ces sociétés dans lesquelles on investit...
13:02Alors, on a un domaine très particulier.
13:05On investit dans des sociétés qui font à peu près entre 10 et 50 millions de chiffres d'affaires.
13:09Donc, des sociétés qui ont déjà pignon sur rue, donc pas tout à fait des start-up.
13:13Qui ont une activité commerciale, qui ont du chiffre d'affaires.
13:16Voilà, qui sont déjà internationales pour certaines, déjà très internationales même pour certaines et qui font...
13:21Exemples ? Tu peux nous donner quelques exemples ?
13:24Moi, j'aime bien parler des sociétés qu'on a vendues parce que c'est les meilleures.
13:28Donc, par exemple, une société grenobloise qui s'appelle Unity SC, qu'on a cédée en juillet l'année dernière.
13:35On était co-investisseurs d'ailleurs avec BPI et qui est une société qui mesure la qualité des puces
13:40qui sortent de la chaîne de production de TSMC pour toutes les puces de NVIDIA.
13:44Donc, société particulièrement utile, qui a été, qu'on a fait grandir et qu'on a cédé à un Allemand,
13:52Merck,
13:52qui agglomère en ce moment des sociétés dans ce domaine-là.
13:55Donc, c'est une belle aventure.
13:56C'est une société qui était plutôt petite quand on a investi, qui a bien grandi et qui a été
14:01cédée à un Allemand.
14:02Tout ça reste en famille en Europe.
14:04Et donc, tu as apporté quoi, la croissance à cette boîte finalement ?
14:07Notre métier, c'est d'investir dans ces sociétés.
14:10C'est une chose, l'argent.
14:11C'est très important puisque ces sociétés ne gagnent pas toujours de l'argent.
14:15Mais le point essentiel, c'est de faire en sorte qu'elles ne s'écrasent pas sous leur propre poids
14:20quand elles grandissent.
14:21Comment on fait pour qu'une entreprise qui marchait très bien de façon informelle quand il y avait 100 personnes
14:26devienne une machine de guerre de croissance quand il passe à 250 personnes ?
14:30Et cette transformation-là, c'est le cœur de notre métier.
14:33C'est d'être capable d'installer des process de croissance qui vont permettre de rendre ces sociétés rentables, en
14:39pleine croissance, mondiales, successfoules.
14:41Et là, on en a plein en Europe.
14:43La raison pour laquelle j'ai créé Jolt, c'est des chiffres.
14:46C'est qu'en Europe, il y a 11 000 sociétés de très grande qualité.
14:51Donc, on peut qualifier leur qualité par un indicateur.
14:55Dans tous les domaines ?
14:56En deep tech.
14:58Il y a 11 000 sociétés deep tech en Europe.
15:01Qui font entre 50 et 500 salariés.
15:03Vraiment, on est dans cette niche.
15:05Donc, c'est des sociétés qui sont des futures ETI, des scale-up.
15:0911 000.
15:10Si on regarde celles qui ont vraiment déposé des brevets de qualité, on en trouve encore 5 700.
15:16Et puis alors, la curiosité, c'est...
15:17Et par rapport aux Etats-Unis, on en est où ?
15:20Il y en a 10 000 aux Etats-Unis.
15:22Et puis, avec des brevets, il y en a 5 400.
15:25Donc, j'ai toujours eu cette sidération de voir que l'Europe ne fait pas confiance à l'Europe
15:31et va penser que les Etats-Américains sont très en avance sur nous,
15:34beaucoup plus puissants, beaucoup plus gros.
15:36C'est faux.
15:37En fait, on a un terreau d'entreprises incroyable en Europe.
15:40Et en France en particulier.
15:41La France, c'est 30% de l'Europe.
15:43Donc, on a un extraordinaire terreau.
15:46À nous de faire confiance à ce terreau et de le financer.
15:48Donc, modestement, Jolt finance certaines de ses entreprises, très peu.
15:53On va en financer 4 ou 5 par an.
15:55Uniquement européennes ?
15:57Uniquement européennes.
15:59D'accord.
15:594 ou 5 ?
16:004 ou 5.
16:01Parce que vous injectez beaucoup d'argent dedans, c'est ça ?
16:04Alors, oui, on injecte beaucoup d'argent dedans.
16:08Entre 15 et 60 millions par société.
16:11Oui, donc c'est des montants conséquents.
16:13Comment faire le choix ?
16:15Alors là, c'est une question, on ne va pas avoir le temps.
16:18Mais je vais quand même répondre rapidement.
16:19Non, mais il y a certains indicateurs, parce que c'est une responsabilité énorme.
16:23Parce que sur ces 11 000 sociétés, il y en a combien qui vont péricliter, disparaître ?
16:27On a un chiffre, d'ailleurs, là-dessus ?
16:29Je n'ai pas calculé ce chiffre, mais je pourrais.
16:31Mais il n'est pas anodin.
16:32Il y en a très peu.
16:33Il y en a très peu ?
16:34Il y en a très peu.
16:34Une fois qu'on a passé ce stade-là, on ne tombe plus.
16:37On peut devenir médiocre, mais mourir, c'est difficile.
16:40Et ce qui va se passer, c'est que ces sociétés-là,
16:43elles vont se faire racheter, d'ailleurs, parce que la qualité de leur technologie
16:46fait en sorte qu'elles se fassent racheter.
16:49Quand on a une technologie de grande qualité, très spéciale,
16:51on ne reste pas sur le marché si longtemps que ça.
16:54OK.
16:55Un autre exemple, parce que c'est intéressant de voir sur quel domaine vous bossez.
17:00Donc cette société que vous avez vendue,
17:04qui surveillait en fait la qualité des composants.
17:06Il y en a d'autres ?
17:07Il y en a plein.
17:08Je vais en donner une qui est pour moi assez exceptionnelle.
17:11C'est une société qui fait les petits modules
17:13qui font la reconnaissance faciale dans les téléphones Apple.
17:16C'est une société qui faisait du service.
17:19Donc ils désignaient ces petits composants.
17:21Et un jour, on leur a dit arrêtez de désigner ça.
17:24Vendez directement à Apple.
17:26Arrêtez d'être une société de service.
17:27En 5 ans, la société est passée de 100 personnes à 10 000 personnes.
17:32On a créé une usine qui a coûté 500 millions de dollars.
17:35Donc on n'a pas tout payé.
17:37Et qui est où cette usine ?
17:38Alors l'usine a été faite pour la première usine pilote en Europe.
17:42Il y en avait deux en fait.
17:43Et la grosse usine de production massive à Singapour.
17:46La question d'Apple était de dire
17:48est-ce que vous pouvez produire un million de composants par jour dans 6 mois ?
17:52Et il y a un pays où on sait faire ça merveilleusement bien, c'est Singapour.
17:57Mais cette société est restée européenne
17:59et a été derrière fusionnée avec une société autrichienne
18:02pour faire un grand groupe.
18:04Et donc c'est une partie du Face ID qu'on a sur les téléphones Apple ?
18:08C'est le module optique.
18:10Donc c'est le petit bout de hardware.
18:12Souvent on dit les startups, ça doit être du software, ça doit être de l'Internet.
18:16Ce n'est pas du tout vrai.
18:17On peut tout à fait avoir des usines et être très profitable.
18:20Il y a prescription maintenant.
18:21Donc à l'époque, on ne le disait pas à Apple
18:23parce qu'on avait peur que ça les énerve.
18:25Mais la société opérait avec 75% de profit brut.
18:29C'est-à-dire plus qu'une société de logiciels.
18:32Bon, maintenant ils vont nous entendre, ça va beaucoup les énerver.
18:35C'est trop tard.
18:36C'est trop tard.
18:36Mais en revanche, sur cette société-là,
18:40c'est des performances exceptionnelles financières qu'on en retire.
18:43Même si c'est du hardware très compliqué
18:45puisque c'est un Vixel qui va passer au travers d'un élément diffractif
18:48récupéré sur une lentille
18:50qui va mettre ça sur un capteur CMOS.
18:51Je dis ça parce que c'est de la coquetterie.
18:55STMicro d'ailleurs travaille sur ce type de composants, je crois.
19:00Tout à fait.
19:01J'avais interviewé le patron d'STMicro
19:02qui me disait qu'il fabriquait aussi des pièces comme ça pour Apple.
19:06Absolument.
19:07Ils étaient d'ailleurs un peu en compétition avec nous,
19:09même si c'est des amis.
19:10C'est intéressant de voir que le Face ID est hautement européen finalement.
19:14Cette technologie qui a changé la vie de millions de gens en fait.
19:18Mais le sensor d'empreinte digitale des iPhones, c'est Thomson CSF qui l'a mis au point.
19:23Donc c'est passé chez STMicro.
19:25STMicro a fait une spin-off, on a financé cette société,
19:28on l'a rentré au Nasdaq et on l'a vendu à Apple.
19:30Le paiement sans contact, c'est une société française qui est une spin-off de Gemalto.
19:36Donc oui, il y a beaucoup de technologies essentielles dans un iPhone qui viennent de France.
19:40Est-ce qu'il ne faudrait pas le dire plus fort tout ça finalement ?
19:43Oui, alors c'est ce qu'on essaye de faire.
19:44Je le savais pour Face ID, mais typiquement pour le paiement sans contact,
19:50on a l'impression qu'on a presque honte d'être bon et on ne le dit pas,
19:56on est trop discret finalement.
19:58Oui, on est trop...
19:59On a presque l'impression d'avoir un sentiment de culpabilité,
20:03d'être au niveau des Américains.
20:06Alors je pense que c'est assez culturel et je pense que c'est ça.
20:09Oui, mais bon, on est en 2025.
20:11Mais on est d'accord et ça commence à poser un vrai problème.
20:14C'est-à-dire que moi, le mot que Jean a cité par rapport à l'état de notre écosystème
20:21et en particulier sur la deep tech, c'est le mot de la confiance.
20:23Je pense qu'on est à un moment, et Jean l'a très bien démontré par les chiffres,
20:28qu'au fond, on voit bien que le potentiel entre les Etats-Unis et l'Europe
20:34est en fait assez proche.
20:36Et tout le monde le sait d'ailleurs, parce que beaucoup de technologies
20:39et beaucoup de savoirs sont partis d'Europe pour aller aux Etats-Unis.
20:42Donc on a réussi, je crois, en une dizaine d'années collectivement en Europe
20:46et ça bouge beaucoup, on a de plus en plus de relations.
20:48Les Allemands, les Belges, tout le monde se bouge
20:50à créer quelque chose qui ressemble à un début.
20:53Le problème, c'est que maintenant, il va falloir qu'on fasse suffisamment confiance
20:55pour mettre notre argent dans ces technologies
20:59versus le mettre dans les technologies des Américains.
21:01parce que ce qu'on fait collectivement aujourd'hui,
21:04c'est que notre argent pour nos retraites,
21:07il part à 80% aux Etats-Unis.
21:10Parce que collectivement, inconsciemment,
21:12on fait plus confiance dans la technologie américaine
21:15pour sortir des moyens que l'Europe.
21:18Donc à un moment, et je pense que c'est tout le débat qu'on a
21:21du rapport Draghi, à quel moment on va se dire
21:24c'est suffisamment mûr maintenant
21:26pour mettre l'argent sur nos technologies
21:29et parier notre avenir en mettant une partie significative
21:34de notre futur sur nos technologies.
21:38Et honnêtement, il y a 10 ans, je pense que c'était difficile à faire
21:41parce qu'on n'avait pas ces chiffres,
21:43on n'avait pas ce terreau de fonds
21:45qui ont réussi à faire grandir ces ETI de Deep Tech.
21:48Maintenant, on commence à l'avoir.
21:50Donc il va falloir qu'à un moment, on se dise
21:51bon, ok, on va basculer une partie progressivement
21:55et ça va permettre de générer tout ce potentiel.
21:58Est-ce qu'il n'y a pas...
21:59Alors on dit, on est bon dans le savoir-faire,
22:02mais j'ai l'impression qu'on n'est pas bon dans le faire savoir.
22:04Non, on n'est pas très bon dans le faire savoir.
22:07Mais est-ce que ça ne serait pas aussi dans cette logique de...
22:09On va dire dans ce marasme économique dans lequel on est,
22:12où on a un moral qui est dans les chaussettes,
22:15est-ce que ce n'est pas le moment aussi
22:17de crier haut et fort tout le savoir-faire
22:19et toutes les compétences qu'on a finalement ?
22:21Est-ce que ça aussi ne motiverait pas tout le monde
22:24à monter d'un cran finalement ?
22:26En se disant, non seulement je suis fier d'être français,
22:29mais regardez, on fait des trucs,
22:30je ne savais pas que l'on faisait.
22:33Et les plus grandes boîtes américaines ou chinoises
22:35utilisent nos technologies.
22:37Quand on voit qu'ASML, personne ne connaît ASML.
22:39C'est une boîte qui est capitale aujourd'hui.
22:42Elle est présente dans tous les produits high-tech qui existent.
22:44C'est dingue !
22:47ASML n'a pas fait son homework,
22:49ses travaux à la maison pour être connus de tous.
22:51C'est une société de scientifiques qui s'est un peu cachée.
22:54Grâce à Mistral, ils viennent de faire un premier pas.
22:56Là, ils viennent de faire un vrai coup.
22:57On est d'accord, mais c'est presque sans le vouloir finalement.
23:00On est d'accord ?
23:01Oui, oui, je pense.
23:02Enfin, en même temps, tu ne mets pas un milliard d'eux
23:04sans le vouloir, je pense.
23:05Non, mais en fait, on parle d'eux
23:07parce qu'ils ont investi de l'argent,
23:08mais pas parce qu'on sait ce qu'ils font.
23:10C'est ça que je veux dire.
23:11Maintenant, il faut voir comment les Américains ont démarré.
23:14Il y a une date.
23:15En les années 70, aux Etats-Unis,
23:18tout d'un coup, les fonds de pension ont le droit d'investir dans la tech.
23:21Et alors là, ça change tout.
23:23Kleiner, Perkins...
23:23On revient toujours au même problème.
23:25Alors nous, quand est-ce que nous, en Europe,
23:27nos fonds de pension feront ça ?
23:29En France, ils le font un petit peu, mais il n'y en a pas beaucoup.
23:32Mais si on prend les fonds de pension danois,
23:34si on prend les fonds de pension néerlandais,
23:36quand est-ce qu'ils vont investir dans des sociétés européennes
23:38plutôt que d'investir dans des sociétés américaines
23:41contre les sociétés européennes ?
23:43Parce qu'il faut bien voir que ces 350 milliards d'épargne
23:46qui partent tous les ans d'Europe vers les Etats-Unis
23:49vont investir contre nos sociétés.
23:51Et puis, il y a aussi...
23:52Pardon.
23:53Excuse-moi, non, mais c'est exactement le point.
23:55C'est qu'il y a un moment, c'est un acte de confiance,
23:57de confiance dans notre avenir.
23:59Et encore une fois, c'est l'argent de notre futur qu'on a là.
24:03Donc, il va falloir qu'on fasse cet acte de foi.
24:06Parce que c'est vrai.
24:07Inversement, il faut dire la vérité.
24:08Notre écosystème n'a pas encore généré autant de plus-values
24:13que l'écosystème américain.
24:14Pour une raison qui est juste que nous n'avons pas assez de moyens.
24:18Et que donc, nous sommes encore sous la jugulaire d'un manque de moyens.
24:22Mais maintenant, c'est mûr.
24:23Ça ne l'était pas il y a dix ans.
24:25La question, maintenant, peut se poser en vrai.
24:27À quel moment on bascule ?
24:29Et Mistral est un premier signal qu'on est en train de passer une nouvelle étape,
24:34qui est l'étape des milliards d'euros
24:36qui arrivent dans ces technologies des Etats-Unis,
24:39qui n'arrivent pas encore en Europe.
24:40On parlait des fonds de pension, mais il y a aussi les milliardaires, en fait,
24:45qui, aux Etats-Unis, investissent des sommes folles pour créer de la valeur.
24:49On a l'impression qu'en Europe, ce n'est pas dans la culture aussi.
24:52Je pense qu'on parle d'un ordre, de deux ordres de grandeur différents.
24:57Des fonds de pension, on parle de 100, 200, 300 milliards d'assets sur le management.
25:03On n'est pas tout à fait dans la même ligne.
25:04Mais déjà, avec quelques milliards de fortunes, on peut distribuer un petit peu aussi.
25:10On peut.
25:11Mais j'ai l'impression que culturellement, en Europe, ce n'est pas tout à fait dans la matrice.
25:16Aujourd'hui, prenons un exemple simple, le semi-conducteur.
25:20On voudrait bien tous avoir des fab à 2 nanomètres capables de faire des fantastiques pubs d'IA.
25:26On n'en fait pas.
25:27Ça coûte 12 milliards, cette fab.
25:28Qui paye ces 12 milliards ?
25:30Au Japon, c'est les corporate qui se sont mis ensemble pour créer cette usine.
25:34Trois ans plus tard, elle marche.
25:36Donc Rapidus sort des puces maintenant à 2 nanomètres.
25:39Pourquoi on ne le fait pas ?
25:40On manque juste un peu d'argent.
25:4112 milliards, c'est presque rien.
25:43Open AI, ils perdent combien ?
25:45600 millions par mois.
25:47Et franchement, c'est juste un LLM.
25:49Après, on a investi des milliards aussi dans les usines de batterie.
25:54Un peu de milliards, pas beaucoup.
25:56Quelques-uns, non, je crois, quand même ?
25:57Oui, quelques-uns, oui.
25:58Mais on n'est pas à 12, je suis d'accord.
26:00Mais il fallait le faire.
26:01Il fallait le faire, bien sûr.
26:02Il faut le faire.
26:03Mais tout à fait.
26:03Il faut faire des paris comme ça.
26:05Et celui-là, je pense, même s'il est difficile, il montre qu'il fallait le faire
26:08et qu'il fallait aussi des moyens publics à un moment pour le faire.
26:10Mais je voudrais juste revenir sur la culture.
26:12Parce qu'il y a des ordres de grandeur.
26:14Mais aujourd'hui, l'écosystème de la tech, sur la phase early,
26:18il est incroyablement financé aussi par tout un tas d'entrepreneurs
26:23qui ont réussi et qui remettent beaucoup d'argent et beaucoup de moyens.
26:26Ça, c'est aussi un combat qu'on a gagné.
26:29Il y a quand même un give-back de beaucoup d'entrepreneurs
26:32qui donnent des moyens, mais qui donnent aussi beaucoup de temps.
26:36Et qui, encore une fois...
26:37Après, il faut se projeter, évidemment.
26:39On a encore 15 ans ou 20 ans de retard.
26:41Mais le système se met en marche.
26:44Et à un moment, il va falloir qu'on mette le système en marche
26:47avec beaucoup plus de moyens.
26:49Et n'ayons pas peur de communiquer sur nos succès.
26:51Absolument.
26:52Et de temps en temps, bomber le torse.
26:54Ça fait du bien.
26:55Grâce à BFM Business.
26:56On essaye, en tout cas.
26:57On essaye.
26:58Et ça fait partie de l'une de nos missions.
27:00Merci beaucoup à tous les deux.
27:02Paul-François Fournier, à l'heure où sera diffusée cette émission,
27:05je pense que le big sera terminé.
27:07Et je pense...
27:08J'espère.
27:08...que ce sera une bonne édition.
27:10On se retrouve avec plaisir l'année prochaine.
27:12Et peut-être avant, Dantec & Co, je le souhaite.
27:14Directeur exécutif innovation chez BPI France.
27:17Jean, à très vite, Dantec & Co, pour débriefer l'actu.
27:19À très bientôt.
27:20Et bravo, donc, pour aussi cet investissement de 260 millions.
27:24C'est bien.
27:25Ça va permettre de créer un fonds d'à peu près 2 milliards dans la Deep Tech.
27:29Et donc, de financer sérieusement un certain nombre de sociétés.
27:32C'est le plus gros fonds de Deep Tech en Europe.
27:35Et il est basé en France.
27:36Merci beaucoup, Jean.
27:37Merci beaucoup, Jean.
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