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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.
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NewsTranscription
00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:03Bonjour Michel.
00:04Bonjour Laurence.
00:04Ravie de cette émission avec vous.
00:06L'actualité de la semaine a été marquée, vous le savez, par l'annonce de la candidature de Marine Le
00:10Pen,
00:11malgré sa seconde condamnation dans l'affaire des parlementaires européens du Rassemblement National.
00:16La décision de se pourvoir en cassation suspend la mise en place d'un bracelet électronique
00:21qui l'aurait empêché de se présenter.
00:23D'après elle, elle est aussi redevenue éligible.
00:25On va revenir avec vous, Michel Onfray, sur cette décision de justice
00:29et les incertitudes qui planent néanmoins sur cette affaire.
00:32Certains estiment qu'il s'agit d'un coup de poker judiciaire.
00:36On reviendra aussi sur les conséquences politiques pour la présidentielle 2027.
00:40In fine, les juges ont décidé que le dernier mot devait revenir aux électeurs et donc au peuple français.
00:46Qu'en pensez-vous ? Je m'en doute un peu, on vous entendra.
00:49Le premier déplacement de Marine Le Pen sur le terrain avec Jordan Bardella dans la Sarthe
00:54a été marqué par une manifestation d'opposants d'extrême gauche
00:57avec de nombreux drapeaux de la France insoumise.
01:00L'affrontement entre le RN et la France insoumise est-il inévitable selon vous ?
01:04Aujourd'hui, les deux parties sont en ordre de marche avec à leur tête des leaders expérimentés
01:09ayant déjà fait chacun trois campagnes présidentielles.
01:11Il s'agira donc de leur quatrième candidature pour l'un et l'autre.
01:16Qu'est-ce qui va caractériser cette élection 2027 selon vous ?
01:19Sur quel thème civilisationnel la campagne va-t-elle s'articuler ?
01:23Qui portera la bannière du camp anti-maastrichtien ?
01:27Pas grand monde à mon avis, c'est ce que vous allez nous dire.
01:29Nous évoquerons aussi, Michel, pour cette dernière émission de la saison,
01:33l'état du monde alors que l'été commence et que les grands équilibres géopolitiques sont en plein mouvement.
01:39Assistons-nous au retour des empires, on l'a déjà évoqué, Chine, Russie, Etats-Unis.
01:44Que pèse l'Europe aujourd'hui ?
01:46Quel avenir pour le vieux continent en panne économique et en panne démographique ?
01:50Vous nous raconterez aussi, Michel, et ça c'est un petit cadeau que vous nous faites,
01:54votre séjour sur le porte-avions Charles de Gaulle.
01:57Une expérience inoubliable de quelques jours qui vous a permis de côtoyer
02:01ceux qui nous défendent, l'armée française,
02:03qui sera bien sûr à l'honneur lors du défilé du 14 juillet.
02:06Enfin, le point philo, vous nous conseillez cette semaine les Essais de Montaigne,
02:10un livre qui les contient tous.
02:12C'est votre recommandation pour l'été.
02:15Et puis quand même, on aura aussi quelques autres livres à recommander à nos auditeurs et téléspectateurs.
02:21Et on va commencer, Michel, par Marine Le Pen, condamnée, mais candidate.
02:24Elle a décidé de se présenter malgré la décision de la Cour d'appel dans l'affaire des parlementaires européens.
02:30Elle a été condamnée à trois ans de prison, dont un an sous bracelet, 100 000 euros d'amende,
02:3345 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis.
02:37Ça veut dire que les 15 mois restants ont déjà été couverts.
02:39Et donc la Cour de cassation, avec ce pourvoi, lui rend son éligibilité.
02:45Est-ce qu'elle joue la montre ?
02:47C'est ce que disent certains de ses détracteurs.
02:48Écoutez ce qu'elle a répondu lors d'un premier déplacement de campagne dans la Sarthe.
02:52Non, je ne joue pas la montre. Je suis une citoyenne qui use de ses droits, des droits que l
02:59'état de droit, que mes adversaires ont souvent à la bouche, offre à tout justiciable.
03:05Et par conséquent, j'effectue un pourvoi, car je suis innocente des faits qui me sont reprochés.
03:11Et que je saisis la Cour de cassation pour lui soumettre un problème juridique qui est un problème juridique extrêmement
03:18sérieux.
03:19Mais je vous rappelle que la Cour d'appel m'a rendu mon éligibilité.
03:24Elle m'a rendu mon éligibilité.
03:26Je suis donc aujourd'hui éligible.
03:29Voilà pour Marine Le Pen. Qu'est-ce que vous en pensez, Michel, sur cette affaire d'éligibilité, de jouer
03:33la montre ?
03:34Et finalement, que ce soit au peuple français de prendre la décision, de savoir si Marine Le Pen peut se
03:39présenter ou pas ?
03:40Oui, il y a plusieurs niveaux de lecture, bien sûr.
03:42C'est-à-dire qu'il y a une vraie culpabilité.
03:43On l'a bien vu avec Mélenchon, on l'a bien vu avec Bayrou.
03:48C'est un peu compliqué quand on fait de la politique, de dire là, quand je fais de la politique,
03:51c'est pour l'Europe.
03:52Là, pour la politique que je fais, c'est pour le Rassemblement National, mais c'est Paris.
03:56Là, c'est pour... etc.
03:57Ce sont des gens qui sont des militants, c'est-à-dire qui travaillent 10 heures par jour.
04:00Tous partis confondus, entendons-nous bien là-dessus.
04:02Et c'est assez difficile de pouvoir dire.
04:04Il y a un ticket de déjeuner, vous avez rencontré quelqu'un, vous avez une facture et vous dites oui,
04:08j'y ai parlé.
04:08Mais vous avez parlé de quel sujet et quand et combien de temps dans la totalité.
04:12On voit bien que là, c'est un peu compliqué d'aller chercher des poux dans la tête de chacun
04:15pour essayer d'en faire un justiciable.
04:19Faire de telle sorte qu'on puisse le tenir.
04:21En disant pour certains, ça va être... c'était pas bien, mais vous pouvez continuer.
04:25Pour d'autres, c'est on n'a rien vu, on siffle en l'air, la tête en l'air.
04:29Et puis pour d'autres, on dit ah mais ça, ça va vous interdire d'être proprement candidat.
04:32Ça, c'est une chose.
04:33Donc on voit bien qu'il y a des traitements différents des justiciables et que le traitement, il est politique.
04:38Mais enfin, ça, c'est pas nouveau.
04:39Je n'accable pas la justice française en le disant.
04:41C'est comme ça depuis que la justice est justice.
04:44Depuis qu'il y a des avocats, depuis qu'il y a Cicéron, depuis qu'en français, comment tout ça
04:48fonctionne,
04:48vous pouvez, avec votre rhétorique, votre sophistique, votre parole, embarquer des affaires, condamner des innocents et puis innocenter des coupables.
04:56Donc ça, c'est aussi vieux que le monde.
04:58Donc il n'y a pas de raison de dire qu'aujourd'hui, ça aurait disparu.
05:00Donc qu'il y ait de la politique politicienne, ça me paraît évident aussi.
05:04Les juges n'en sont pas moins hommes et femmes avec leurs avis, leurs idées.
05:09Il y a eu jadis des gens qui étaient formés à l'ancienne, à la romaine, je dirais, avec le
05:12sens de l'intérêt général et du bien public,
05:14et qui étaient capables de décider d'une chose contre leur intérêt personnel.
05:17Mais simplement, c'était l'intérêt de la France, c'était ainsi.
05:20Ça, le moule est cassé et il n'y a plus beaucoup de gens comme ça.
05:24Donc on voit bien qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel chez Marine Le Pen,
05:27que c'est de la tambouille de politique politicienne où vous avez des fiches de salaire,
05:31où on n'arrive pas forcément à faire la part dans le pâté d'alouette, de l'alouette et du
05:36cheval.
05:37Ça, c'est l'affaire, effectivement, dans le département.
05:39Après, évidemment, c'est « ira, ira pas ».
05:42Il y a des gens qui ont dit « bien sûr qu'elle n'ira pas ».
05:45Et puis, je n'aurai pas la cruauté de donner les noms.
05:48Je n'aurai d'ailleurs pas la cruauté parce que j'aurais fait partie de ceux qui l'auraient dit.
05:53Ah oui, oui, oui.
05:54Et donc, aujourd'hui, on se dit…
05:57Parce qu'il y a un aléa judiciaire, quand même.
05:59C'est-à-dire qu'il y aura quand même une décision de justice
06:02qui interviendra avant la présidentielle avec la Cour de cassation.
06:04Oui, mais la justice est au service de l'idéologie.
06:07Donc, on verra bien qui fera comment et de quelle manière.
06:10Donc, il y a des gens qui ont intérêt.
06:11Parce que, contrairement aux éléments de langage, je l'ai dit sur votre plateau il y a quelques jours,
06:14mais les éléments de langage du Rassemblement National qui nous dit
06:17« non, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de cigarette entre Marine Le Pen et Jordan
06:22Bardella »,
06:22c'est faux.
06:23C'est faux.
06:24Il y a une aile droite et une aile gauche.
06:25Et cette aile droite et cette aile gauche, c'est malin de sa part de dire d'abord
06:28qu'il n'y a pas d'aile droite et il n'y a pas d'aile gauche, qu'il
06:29n'y a pas de courant.
06:30Mais c'est une façon de ratisser l'âge en termes de politique.
06:33Vous avez, on l'a bien vu, le MEDEF était intéressé par Jordan Bardella,
06:37un certain nombre de patrons, d'entrepreneurs.
06:39Ils sont sur cette logique d'une ligne libérale.
06:42Libérer le travail, etc.
06:43C'est une option.
06:44Donc, ce n'est pas la même chose pour pouvoir Jordan Bardella ?
06:47Non, ce n'est pas la même chose.
06:47L'Assemblée Nationale a intérêt à dire que c'est la même chose, mais c'est faux.
06:50C'est la même chose qu'entre Rocard et Chevènement, si vous voulez.
06:53Il y avait dans le Parti Socialiste un Rocard à l'aile droite,
06:57un Chevènement à l'aile gauche, un Mitterrand au centre, etc.
07:00Elle, elle a pris le parti intéressant pour elle, je dirais, de dire
07:04que c'est exactement la même chose.
07:06Sauf que ce n'est pas la même chose.
07:07Et d'ailleurs, on voit bien Éric Zemmour ou quelques autres
07:10qui nous disent qu'elle est socialiste, que son programme est socialiste.
07:13Certains disent que son programme est communiste.
07:15Pour l'économie, en tout cas.
07:17On voit bien que ce n'est pas du tout la même chose.
07:18Donc, évidemment, on a intérêt à choisir,
07:21le système a intérêt à choisir quelqu'un qui s'appelle Le Pen, d'abord.
07:25C'est le nom du diable, Marine Le Pen, depuis 50 ans.
07:27D'accord. Quand vous dites le système, c'est quoi ?
07:30C'est un certain nombre de gens qui ont intérêt à ce que ça continue
07:32comme ça fonctionne actuellement.
07:33Les gens qui sont au pouvoir, de droite et de gauche.
07:35Ceux que j'appelle, et ça vous fait sourire, les Mastriciens.
07:38Ceux qui ont intérêt à ce que le système fonctionne comme il fonctionne.
07:40En disant, l'élection a eu lieu, ce sont les mêmes qui dirigent le service public.
07:44Et il faut que rien ne change.
07:44Il faut que rien ne change pour qu'on puisse continuer à dire,
07:48ben ça va, on a eu, je ne sais pas compter,
07:51mais depuis 1983 que Mitterrand fait son virage libéral.
07:54On est au pouvoir depuis 1983, il faut que ça dure.
07:56Ce sont les apparatchiks d'un régime qui ne veulent pas que ça bouge
07:59et qui se disent, le peuple nous gêne, le peuple nous embête, le peuple nous ennuie.
08:04Donc, Marine Le Pen, elle est intéressante parce qu'elle est clivante.
08:08Elle est clivante par son nom et elle est clivante par son projet politique.
08:11Jordan Bardella l'était moins parce qu'on voyait bien que les sirènes du côté de Retailleau
08:14pouvaient faire une alliance avec Retailleau, cette droite-là.
08:17Puis d'autres individus qui, peut-être, républicains,
08:20peut-être François-Xavier Bellamy, auraient pu dire, après tout,
08:22finissons par s'entendre puisqu'un jour il va falloir qu'on s'entende.
08:24Et on aurait eu peut-être une Marion Maréchal qui, etc.
08:27Peut-être aussi Éric Zemmour, je ne sais pas.
08:28C'est-à-dire que des unions de la droite étaient possibles ou pensables,
08:31peut-être même avant le premier tour, de sorte que la puissance était encore plus forte
08:34et il fallait casser cette puissance.
08:36Donc déjà, agresser le nom en disant « elle est la fille de son père ».
08:40Son père, c'est la FNSS.
08:41On connaît le manque d'intelligence de ceux qui nous disent que
08:43« si ce n'est toi, c'est donc ton père »
08:45et elle a pu changer le nom du parti, changer les options du parti
08:48sur la question de l'homosexualité, sur la question d'Israël,
08:51sur la question de la politique étrangère, etc.
08:52C'est-à-dire exactement le contraire de son père.
08:54Avoir mis son père à la porte du parti, elle est de toute façon coupable de ça.
08:58Et donc, le nom est intéressant.
08:59On va pouvoir ressortir la poupée, les aiguilles en disant
09:02« une Le Pen, encore une Le Pen, une quatrième fois Le Pen,
09:05et puis quatrième fois pour elle, plus le père ».
09:07Donc vous ajoutez, vous dites « mais regardez, ils sont aux élections depuis tant d'années ».
09:11Tout ça, ça va faire partie des arguments.
09:12Et il y a une jeune génération qui est biberonnée à la haine du nom de Le Pen.
09:16Tous ces gens qui ont les cheveux verts, bleus, etc.
09:19et qui ont dansé le jour de la mort de Jean-Marie Le Pen,
09:23pour eux, Le Pen, c'est l'abomination de la désolation.
09:26C'est le nom de Satan, c'est le nom de Belzébuth, etc.
09:30Pour s'arrêter, se calmer en disant « expliquez-nous pourquoi ».
09:33Là, ce serait un peu compliqué.
09:34C'est comme être capable de dire si l'État palestinien est à l'est ou à l'ouest du
09:37Jourdain pour Mme Pannot.
09:38Il ne faut pas demander trop de culture à des gens qui n'en ont pas.
09:41Donc il y a le nom qui va être utile.
09:43Il y a cette idée qu'on va pouvoir taper sur la gauche de Marine Le Pen,
09:47en disant « si cette dame arrive au pouvoir, oh là là, les milieux d'affaires vont s'effondrer, c
09:51'est catastrophique ».
09:52Et donc, il y a un choix politique, c'est-à-dire que vous choisissez vos ennemis.
09:56Moi, je ne donnerai pas le nom de quelques intellectuels connus, qui sont de gauche,
10:01qui étaient allés voter aux primaires de la droite pour choisir leur candidat.
10:07Ils me disent « tu n'y vas pas ».
10:08Je dis « enfin, je ne suis pas de droite, je ne vais pas choisir mon candidat à droite,
10:12mais il faut choisir le meilleur pour la gauche.
10:14Je ne dirai pas qui, je ne dirai pas comment, etc. »
10:16Mais il y a des gens qui se sont trouvés propulsés à droite par les voix de la gauche.
10:21Donc c'est ça le jeu de la politique.
10:23Et c'est de la politique politicienne.
10:24Évidemment, on est loin du général de Gaulle qui nous dit « l'horizon, c'est la France,
10:28l'horizon, c'est l'intérêt général et le bien public ».
10:30Là, on se dit « mais les petites magouilles font que si on peut gratter un demi-point par là,
10:34deux points ici, puis vous verrez arriver les écologistes,
10:36qui vont peut-être aller chez Mélenchon, et puis d'autres qui peut-être, etc. »
10:40Roussel, Salon, Fabien Roussel, qui lui, résiste à cette espèce de déconstructionnisme,
10:45oui, ce déconstructionnisme de Mélenchon, il dit « non, il y a un vieux PC à l'ancienne, etc. »
10:50Lui, il pourrait impulser une espèce de révolution dans ce parti en disant tout ce que les partis ont fait.
10:55Je rappelle que, oui, il y a eu des gens, des militants de la collaboration chez Jean-Marie Le Pen
11:02au départ,
11:03mais il y avait aussi des résistants.
11:04Et puis il y a eu du pacte germano-soviétique chez les communistes.
11:06Et puis il y a eu chez les Verts un René Dumont qui, lui, faisait l'éloge de l'agriculture
11:11productiviste,
11:12des nazis, etc., si on va chercher dans le passé de chacun.
11:14Donc il y aurait tout un travail à faire de mise à plein, parce qu'il y a quand même
11:20beaucoup à voir
11:20entre M. Retailleau qui a été ministre de Macron, M. Attal qui a été Premier ministre de Macron,
11:27M. Édouard Philippe qui a été ministre de Macron, ils ont tous été ministres de Macron,
11:30ils s'en viennent tous nous dire que non, Macron, c'est pas bien, qu'il faut faire autre chose,
11:33autrement.
11:33Les gens qui ont un peu l'esprit gaullien ont compris qu'il y avait beaucoup de tambourine politique dans
11:38cette affaire.
11:39On est en face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
11:41Michel, vous l'avez évoqué, il y a aussi Jean-Luc Mélenchon qui est aujourd'hui un candidat extrêmement sérieux,
11:46redoutable.
11:47Quatrième candidature pour lui comme pour Marine Le Pen.
11:50Tout est en ordre, on l'a déjà évoqué dans son parti, la France insoumise.
11:54Est-ce que l'affrontement est inéluctable selon vous ?
11:56On va écouter un petit extrait des manifestations d'extrême gauche qui se sont déroulées lors du premier déplacement sur
12:01le terrain de Marine Le Pen.
12:02C'était à Flèche dans la Sarthe, un concert de casserole avec des slogans hostiles à Marine Le Pen.
12:08Et puis on se posera la question de à quoi va ressembler cette campagne a priori assez mouvementée.
12:22Voilà, c'était à la Flèche dans la Sarthe.
12:28Il va y avoir ça pendant toute la campagne Michel ?
12:30Oui, bien sûr.
12:31Tout le temps, en fait ?
12:32Oui, c'est pourquoi je n'ai pas...
12:32Mais est-ce qu'on va avoir un débat sur le fond ou on va continuer à lancer des invectives
12:36comme ça ?
12:37D'abord, il y aura des insultes, je vous dis, le nom de Le Pen, vous êtes une voleuse, mais
12:42vous êtes aussi un voleur, vous avez fait ceci, je vous rappelle que dans le camp de... etc. etc. il
12:47va y avoir tout ça.
12:47Et puis les oppositions, regardez, plus ça grimpe, les débats d'entre les deux tours sont des débats hyper techniques.
12:55Vous, je suis très admiratif de vous voir quand vous animez ce genre de débat, ils ont un nombre de
13:01chiffres dans la tête auxquels les Français ne comprennent rien.
13:04Ou alors on finit par dire, mais Mme Royal, combien y a-t-il de sous-marins en France ?
13:09Elle sait, elle ne sait pas, si elle ne sait pas, c'est grave, etc.
13:12Alors elle ne savait pas, elle a donné un chiffre, c'était une erreur.
13:14Elle se dit, mais est-ce que ça se joue là-dessus, véritablement ?
13:17Non, il faut vraiment des projets de société qui sont des projets civilisationnels.
13:20Et il y en a.
13:22Mélenchon a un projet civilisation.
13:23C'en est un.
13:24On va juste l'écouter un instant et justement je vous passe la parole sur ce que dit Jean-Luc
13:27Mélenchon.
13:28Chaque voix compte dès le premier tour.
13:32Et je le dis bien fort, bien net.
13:36Ayant fait ma partie du devoir, ceux-ci ayant fait la leur, vous autres ayant fait la vôtre,
13:44je m'adresse à tous ceux qui s'interrogent comme il est légitime qu'on le fasse avant une élection.
13:50Je leur dis qui que vous soyez, dans quelque partie que vous soyez, surtout si c'est de gauche.
14:00Vous ne pourrez pas dire, si malheur arrive, je ne savais pas.
14:05Voilà pour Jean-Luc Mélenchon, le 7 juin 2026 à Saint-Denis.
14:11Là, il développe un vrai projet, Michel.
14:13Oui, oui, moi j'ai plaisir à voir sur l'image des gens qui voyagent en première classe en avion,
14:17des gens qui se prélassent, se cierrent des voiliers, etc.
14:21Et qui tiennent les discours qu'ils tiennent.
14:25Mélenchon a dit quelque chose de très important.
14:27Il dit premier tour d'abord.
14:28Alors ça paraît une évidence, mais premier tour d'abord.
14:30Ce que font tous ceux qui choisissent les candidats dont nous parlions précédemment.
14:33C'est-à-dire qu'on a intérêt à voir celui-ci plutôt que celui-là.
14:35Dans les jeux d'alliance, on sait très bien qu'une alliance peut se faire ici, elle ne pourra pas
14:39se faire là.
14:39Si elle se fait ici une alliance, elle peut permettre de gagner un point, deux points.
14:43Et Jean-Luc Mélenchon sait qu'il est susceptible d'être au second tour pour une question d'un point
14:47ou deux points.
14:48Donc il va falloir effectivement ratisser l'âge, ramasser.
14:51Il a été extrêmement clivant.
14:53La campagne n'est pas commencée.
14:54Il va y avoir les vacances.
14:55Il va y avoir une rentrée scolaire.
14:58Oui, l'équivalent de la rentrée scolaire, mais enfin une rentrée en septembre.
15:00Et puis à un moment donné, on aura tous les candidats.
15:02Et là, il y aura une véritable campagne.
15:04Et on le verra.
15:05Aller chercher encore un point, encore un point.
15:07Il sait qu'il faut aller les chercher comme ça.
15:09Il sait que globalement, il a perdu le point communiste.
15:12Il sait qu'il peut gagner le point écologiste.
15:14Il sait qu'il a gagné déjà le point du NPA.
15:17Et là, le nouveau parti anticapitaliste n'y va pas.
15:20Donc on sait très bien.
15:21Alors peut-être que d'ailleurs, Nathalie Arthaud, lutte ouvrière, n'ira pas non plus.
15:24Et que là, pour le coup, il gagnerait encore un point.
15:26Quand vous faites un point, un point, un point, etc.
15:28Vous avez les quatre points et vous êtes au second tour.
15:30Et vous êtes au second tour.
15:32C'est pour ça que le choix des candidats est extrêmement important.
15:34Parce que le choix des candidats, c'est le choix des alliances.
15:36Les alliances de Marine Le Pen, d'ailleurs, quelles seraient-elles en dehors de...
15:41De l'UDR d'Éric Cretti et éventuellement de Mario Maréchal.
15:45Et on voit bien que ce jeu d'alliances, il sait, il fait de la politique, c'est son métier.
15:49Il n'a fait que ça dans la vie.
15:50Il sait très bien qu'il faut attirer, il faut détester, attirer, faire le travail en même temps.
15:56Un travail dialectique et dynamique.
15:57Et il fait ça très bien.
15:59Et il sait très bien qu'au second tour, si ça se fait à 200, 300 000 voix,
16:03il aura suffi peut-être de quelques phrases, de quelques appels du pied,
16:08quelques renoncements pour des postes ministériels, pour des nominations ici, là ou ailleurs.
16:12Ça se joue comme ça.
16:13Mais un second tour, Michel Onfray, RN et les filles,
16:16aujourd'hui, les sondages disent que Jean-Luc Mélenchon est battu à pleine couture.
16:20Mais on est très tôt.
16:21Enfin, c'est très tôt par rapport à la présidentielle qui est dans un an.
16:25Est-ce qu'on peut croire à ça ?
16:27Est-ce qu'il n'y a pas quand même une fenêtre de tir pour Jean-Luc Mélenchon ?
16:30Avec le front républicain dont vous avez parlé,
16:32avec l'antagonisation de la campagne,
16:34la bordélisation, pardon du mot, du scrutin.
16:38Oui, mais personne dans la classe politique n'a tiré de leçon du macronisme.
16:42Macron, il s'est constitué des républicains et des socialistes.
16:47Il les a aspirés.
16:48Et ceux qui sont partis ont fait une carrière.
16:51D'ailleurs, on oublie.
16:52Il y a toutes les vedettes du macronisme.
16:54Regardez un peu sur Wikipédia.
16:55D'où ces gens là viennent ?
16:56Pas mal des socialistes et pas mal des républicains.
16:59Puis ceux qui sont restés prétendument pour garder la maison en disant
17:01« ça ne va pas durer » et puis voilà.
17:03Mais ils sont solidaires de ces fuites-là.
17:05C'est-à-dire, il n'y a pas eu d'exclusion.
17:07D'ailleurs, qu'est-ce que ça veut dire une exclusion ?
17:08Et il n'y a surtout pas eu de refondation du parti.
17:11Qu'est-ce que le parti socialiste aujourd'hui ?
17:13Et qu'est-ce que sont les républicains aujourd'hui ?
17:15Est-ce que c'est les républicains ?
17:17Est-ce que c'est Copé ?
17:18Est-ce que c'est Xavier Bertrand qui appelle ?
17:20Ou même M. le maire du Havre qui dit « Édouard Philippe, je vote communiste ».
17:25Est-ce que c'est ça ?
17:26Ou est-ce que c'est autre chose et autrement ?
17:28Alors évidemment, ils nous parlent tous du général de Gaulle.
17:32Donc, il y a un défaut de travail chez les politiciens de profession
17:36parce qu'ils ont juste envie d'avoir des postes
17:39alors qu'on devrait pouvoir créer un corpus.
17:43Jadis, Jacques Chirac, je ne voudrais pas être vulgaire,
17:47mais enfin, un enfant dans le dos au général de Gaulle,
17:48mais il y avait toujours la croix de Lorraine, le général de Gaulle,
17:52il arrivait en faisant des gestes, etc.
17:54Bon, et puis Mitterrand faisait exactement la même chose avec Jaurès
17:56et puis on y avait droit et les gens y croyaient.
17:58Mais il faut recréer des mythologies.
18:01Et là, on a juste des histoires de gens qui ont fait des carrières.
18:04J'ai été un petit peu ministre chez Macron,
18:06mais je l'étais sans l'aide tout en ne l'étant pas.
18:07Ça s'appelait une cohabitation.
18:09Mais j'ai fait un maximum de choses, on ne le dit pas.
18:11J'ai été extrêmement utile, etc.
18:13Non, ça ne peut pas marcher longtemps comme ça.
18:14Les gens, ils ont juste envie d'individus
18:16qui n'auraient pas mis les mains dans le sac depuis longtemps.
18:20Donc, c'est RN et les fils que vous nous décrivez.
18:22Mais avec un projet de rupture pour l'un ou pour l'autre ?
18:25De rupture avec.
18:26Avec le système ?
18:27Oui.
18:29Eux, ils ont un système à remettre en place.
18:31Pensez bien que si Mélenchon arrivait en place,
18:34au pouvoir, la police, l'armée, la justice, etc.
18:39Je ne parle pas de la fiscalité, des impôts.
18:41Je ne parle pas de la presse, de la fermeture d'un certain nombre de médias.
18:45Ils le disent en plus.
18:46Si les gens veulent effectivement une caporalisation ou une maréchalisation de la société
18:50en disant, faisons de telle sorte que nous se disons vraiment...
18:53Lui, ça ne le gênerait pas de dire, nous allons virer machin, machine bidule, intel, etc.
18:57Et nous allons nommer des commissaires politiques.
18:59Il faut imaginer un certain nombre d'individus qu'on voit aujourd'hui faire des émissions pour commenter l'actualité
19:05à la tête de certains organismes.
19:08Vous auriez là des ministres.
19:09Qui serait ministre de l'Intérieur ?
19:11Qui serait ministre des Armées ?
19:13Et avec quel type de propositions ?
19:15Quel type de relations avec le Hamas ?
19:17Avec l'Iran ?
19:18Avec la Syrie d'aujourd'hui, etc.
19:21Qu'est-ce qui se passerait ?
19:22C'est ça qu'il faut penser aussi.
19:24Là, tout le monde nous fait peur avec la Russie.
19:26Mais pourquoi est-ce qu'on n'aurait pas autant peur, voire plus peur avec l'Iran ?
19:30La Russie ne nous menace pas, nous, personnellement.
19:33L'Iran nous menace personnellement, menace l'Occident.
19:36Et donc, à un moment donné, où ces gens-là arrivent en pouvoir,
19:39ils changeraient les têtes, ils changeraient la politique,
19:41et il y aurait, évidemment, un autre projet de société.
19:43Alors après, ça dure le temps que ça dure.
19:44C'est Mitterrand, c'est pas compliqué.
19:45Mai 80, mars 83.
19:47Et en mars 83, il y avait un bon projet, là.
19:49Il est formidable.
19:50C'était le projet de qui ?
19:51Valéry Giscard d'Estaing ?
19:52C'est très bien, et ça va être le nôtre.
19:53Et c'est comme ça depuis 83, la fameuse ouverture de la parenthèse.
19:57Donc ça, c'est la politique.
19:58C'est-à-dire, on annonce des choses, on arrive au pouvoir,
20:00on se dit, je ne savais pas que les caisses étaient autant vides,
20:01je ne savais pas qu'il y avait autant de résistance,
20:04je ne savais pas que le pouvoir, c'était réellement ça, et puis voilà.
20:06Et d'ailleurs, on aura un exemple de ça avec Mélenchon,
20:09qui, d'ici le premier tour, va arrondir les angles,
20:12et va nous jouer le père de la patrie, le sauveur.
20:15D'ailleurs, on voit bien que quand il est à Saint-Denis,
20:17il y a des drapeaux bleu blanc rouge en quantité.
20:20Et il faut un plan large.
20:21Il faut vraiment un plan large
20:23qu'ils perçoivent des drapeaux palestiniens.
20:24Absolument.
20:25Et en tout cas, il n'y a pas de candidat anti-Mastrichtien.
20:27On est d'accord.
20:28Alors, quand on les écoute, ils font tous les malins
20:30en disant, je ne peux pas jouer le candidat anti-Mastrichtien.
20:34Si, il y a M. Dupont-Aignan.
20:36Mais ils savent très bien que ça n'est pas porteur.
20:37Il y a toujours cette espèce d'idéologie
20:39que le Brexit a été une catastrophe.
20:41La preuve reste à faire.
20:42Je ne vois pas pourquoi ce serait une catastrophe,
20:44tout se passe bien.
20:45Sauf que quand vous recouvrez votre souveraineté,
20:48si c'est pour n'en rien faire, ça ne sert à rien de l'avoir.
20:49Si vous étiez tout aussi bien dans la vassalisation précédemment,
20:52ce qui s'est passé avec l'Angleterre.
20:55Mais ils disent tous, oui, mais il y a un mouvement des peuples en Europe
20:59et on va changer l'Europe parce que les peuples voudront
21:02un autre type d'Europe, donc pas besoin de la changer.
21:04Il y a cette hypothèse-là.
21:05Il y a l'hypothèse du bras de fer.
21:08On ne fera rien.
21:09C'est-à-dire, ils nous demanderont, on ne fera pas,
21:10et qu'est-ce qui va se passer ?
21:11Ils ne vont pas nous envoyer leurs troupes, etc.
21:14Mais c'est une façon de contourner le problème.
21:17Il y a des gens qui sont assez anti-maastrichiens,
21:20qui ne le diront pas clairement,
21:21mais qui ont une théorie du contournement de l'Europe.
21:23Je pense qu'on doit pouvoir être plus radicalement anti-maastrichiens,
21:27ce qui n'empêche pas d'avoir des alliances avec les autres nations,
21:30de fabriquer des Europes diverses et multiples.
21:33On peut faire une Europe de la défense,
21:34on peut faire une Europe de l'économie,
21:36on peut faire une Europe de la culture,
21:37sans qu'on soit pieds et poings liés à Mme Ursula von der Leyen
21:41et puis à l'Europe maastrichienne.
21:43L'Europe, c'est une belle idée qui ne doit pas être confisquée par les européistes.
21:47Allez, une petite pause face à Michel Onfray, on se retrouve.
21:49On évoquera les grands thèmes de la campagne 2027,
21:52qu'est-ce qui va arriver en tête selon vous ?
21:55On évoquera aussi votre séjour sur le porte-avions Charles de Gaulle,
21:59une expérience incroyable que vous allez nous raconter.
22:01A tout de suite.
22:01On se retrouve dans Face à Michel Onfray pour la seconde partie sur CNews et sur Europe 1.
22:05On a évoqué les candidats, Michel, pour cette campagne 2027,
22:09les grands thèmes de campagne.
22:10Est-ce que les Français auront le débat de fond qu'ils souhaitent ?
22:14Parce qu'ils souhaitent qu'on leur parle de pouvoir d'achat,
22:17qu'on leur parle de leur vie, de la sécurité des grands thèmes régaliens.
22:21Par exemple, sur le pouvoir d'achat,
22:23est-ce que quelqu'un va prendre le sujet des dépenses publiques à bras-le-corps
22:25et dire, voilà, il va falloir couper là, là ?
22:28Ou est-ce qu'on va encore avoir des tonnes de démagogie ?
22:31Qu'est-ce que vous en pensez ?
22:32Non, il y a des projets politiques.
22:33Il y a des gens comme Jean-Luc Mélenchon
22:35qui nous disent que la dette, ce n'est pas important,
22:38que s'endetter si c'est pour avoir des projets,
22:40financer des projets qui rendent possible des investissements
22:43qui rapporteront de l'argent par la suite,
22:46c'est tout à fait ce qu'on est capable de faire, nous, dans les familles,
22:48quand on investit dans une voiture pour pouvoir, etc.
22:51Donc, il n'est pas contre le fait qu'il y ait la dette.
22:55Après, vous avez des intégristes de la dette
22:56et qui sont des européistes et qui nous disent
22:57non, il faut absolument qu'on arrête tout ça.
23:00Et puis, vous avez les solutions,
23:02elles ne sont pas très nombreuses.
23:03C'est-à-dire que vous avez de l'argent,
23:05on en dépense trop, il faut en économiser.
23:07Voilà, il faut couper.
23:08Et après, vous allez vous poser la question qui fâche,
23:11c'est on coupe où ?
23:12Demandez aux écologistes, ils vous disent on arrête l'armée,
23:14c'est fini, il n'y a plus de dissuasion nucléaire,
23:16et puis on va taxer les avions, on va taxer les voitures,
23:19enfin bon, voilà, on retrouve de l'argent comme on peut.
23:21Vous avez Mélenchon qui dit les riches, les riches, les riches,
23:23on les taxe, etc.
23:24Et puis, vous avez d'autres qui disent on va commencer par taper,
23:26alors ça, c'est plutôt le cercle maastrichtien,
23:28les gens simples et les gens modestes,
23:29donc les gens retraités, les gens qui travaillent,
23:32les gens qui consomment modestement
23:34et qui, quand ils vont faire leur course,
23:36paient des impôts et là, taxe sur ceci,
23:38taxe sur cela, et taxe encore, et taxe encore.
23:41Et vous avez Sarah Knafou qui, elle, dit
23:43ah mais moi, j'ai des chiffres dans la tête, je peux vous dire,
23:45ça, ça coûte tant, ça, ça coûte tant, ça, ça coûte tant,
23:46on enlève ceci, on enlève cela, ça, ceci, etc.
23:49Je trouve la démarche beaucoup plus intelligente
23:50et beaucoup plus intéressante de dire
23:53alors soit on fait rentrer de l'argent
23:54en allant voler les riches,
23:56parce qu'ils le méritent bien puisqu'ils sont riches,
23:58soit effectivement on dit on va...
24:00C'est le projet de la gauche.
24:01Oui, voilà, ça n'est que ça.
24:02La gauche arrive et avec ses taxes,
24:04on va taxer, on va taxer, on va taxer,
24:06d'accord, très bien, mais il y a un moment donné
24:08où l'argent étant ce qu'il est,
24:10on peut aller le placer ailleurs en disant
24:11vous n'avez plus rien taxé parce qu'il est dans des paradis fiscaux,
24:13parce qu'il est investi ailleurs,
24:14et on n'allait pas taper dans ma caisse,
24:16ma caisse n'est plus en France, donc c'est fini.
24:18Donc il faut évidemment entretenir des relations saines
24:23avec les gens qui travaillent à la base,
24:26mais aussi avec les entrepreneurs,
24:27ne pas leur pourrir la vie.
24:28Moi, à chaque fois que je parle à des patrons pêcheurs,
24:30à des paysans, à des commerçants, à des bistrottiers, etc.
24:33Oui, il rencontre l'enfer qu'ils vivent et le calme qu'ils vivent.
24:34Je rentrais dans un resto l'autre jour à 21h10
24:37et on m'a dit est-ce qu'il est possible de dîner ?
24:40Oui, bien sûr, vous allez prendre un dessert.
24:42Je ne sais pas, moi je rentre là, j'ai faim.
24:45Peut-être, je ne sais pas.
24:46Ah mais non, je dois savoir, moi, si vous prenez un dessert,
24:48ça va me ramener au-delà de 22h,
24:50et au-delà de 22h, je change d'équipe,
24:52je ne peux plus vous servir le dessert.
24:53Si vous me dites que vous ne prenez pas de dessert,
24:55je vous prends, mais de toute façon,
24:57vous allez me dire j'en prends pas,
24:58puis après vous allez m'en demander un,
24:59je vais pouvoir vous mettre un port.
24:59Je dis, je rêve ou quoi ?
25:01On est en France et à 21h15,
25:04on ne peut pas rentrer dans un restaurant
25:05sans s'entendre dire allez vous prendre un dessert
25:07parce que moi je ne peux pas assurer une équipe pour un point.
25:10Donc évidemment, il faut détendre le droit du travail,
25:12faire de telle sorte qu'il ne soit pas léonin
25:14et seulement aux avantages de ceux qui emploient,
25:16mais que les employés aussi aient des droits,
25:18mais que les patrons aient aussi des droits.
25:19Et ça, c'est à penser.
25:21C'était jadis le projet de la social-démocratie.
25:23C'était le projet de la flexi-sécurité des modèles scandinaves
25:26où on disait vous allez lâcher ça,
25:27mais on lâche ça aussi.
25:29Peut-être qu'on va être un peu plus souple sur le temps de travail,
25:33mais en même temps, on va être aussi plus souple avec vous
25:35sur la qualité du travail,
25:37sur votre possibilité de choisir, etc.
25:39Mais que fait M. Glucksmann ?
25:41Que fait M. Hollande ?
25:43Que font M. Valo ?
25:46Que fait l'ancien Premier ministre qui dit
25:49« Je suis tellement preneur, aidez-moi,
25:51je ne retrouve pas son nom,
25:52mais l'ancien Premier ministre socialiste,
25:54Cazeneuve, qui dit
25:55« Aimez-moi, je suis partant, j'ai envie,
25:58demandez-moi, etc. »
26:00Ça ne marche plus, ça ne marche pas.
26:01Il y a aussi le régalien,
26:02il y a aussi toute la vie quotidienne des Français,
26:05sécurité, identité, immigration.
26:06Là aussi, il y a des projets qui vont s'affronter
26:08et ça va aller dans le fond.
26:10Sauf que l'Europe ne nous le permettra pas.
26:12L'Europe ne nous permet pas.
26:13L'Europe impose une feuille de route
26:15et le chef de l'État,
26:17soit il téléphone tous les jours
26:18pour demander ce qu'il faut faire,
26:19soit il a intégré et il a été choisi
26:20parce que c'est l'homme de la situation
26:22et on fait des économies de téléphone,
26:23il ne téléphone pas parce qu'il dit
26:24« On va faire ceci, on va faire cela,
26:25on ne peut pas faire ceci, on peut faire cela. »
26:27Sur les retraites, l'Europe nous demande ça.
26:29Sur la défense, on nous demande ça.
26:30À une époque, la défense,
26:32il fallait la partager avec l'Allemagne.
26:33L'Allemagne partage tout avec les États-Unis
26:35et pas avec la France.
26:36Nous voulions tout leur donner, etc.
26:38Donc ça, ce sont des sujets
26:39qu'il faut aborder pendant la campagne.
26:42Mais ça va être perdu dans des invectives,
26:45dans des attaques à Dominem,
26:46dans des trucs sur le passé.
26:48Vous êtes l'héritière de la Waffen-SS.
26:50D'autres diront « Oui, mais le prêt que j'ai ».
26:51Mais les Français veulent ce débat.
26:53Bien sûr, mais en même temps,
26:54les Français ne veulent pas tant d'un débat
26:55qu'un certain nombre de choses.
26:57On n'a pas besoin aujourd'hui
26:58d'aller chercher très loin.
27:00On sait ce qu'ils veulent, les Français.
27:01Ils veulent de la sécurité,
27:02ils veulent de la liberté,
27:03ils veulent de la possibilité d'entreprendre,
27:05ils veulent que leurs enfants puissent sortir
27:07en boîte de nuit et rentrer
27:08sans risquer de se faire violer
27:09par des gens dont on dira
27:10qu'ils ne savaient pas trop
27:11que le viol, ce n'était pas une pratique
27:13habituelle et civilisationnelle ici, etc.
27:17On sait très bien ce que les gens veulent.
27:19On n'a pas besoin de faire des sondages.
27:21Quand Macron dit « Je fais un tour de la France.
27:23Finalement, j'ai compris ce que voulaient les Français. »
27:25Je dis « Mais c'est terrible
27:26que quelqu'un qui est le chef de l'État
27:28ait eu besoin de faire un tour de France
27:31après avoir été élu pour dire
27:32« Je vois ce que la France veut. »
27:34Si tel avait été le cas,
27:36il eût été préférable de n'en parler
27:38et de ne rien dire.
27:39C'était un aveu de « Je n'ai rien compris à la France
27:42jusqu'à aujourd'hui. »
27:42Je ne suis pas sûr d'ailleurs
27:43quand il a dit qu'il avait compris,
27:44il avait véritablement compris.
27:45Mais il y a eu, je vous le rappelle
27:46et je le rappelle à tous ceux
27:47qui le savent déjà,
27:48qu'il y a eu des États généraux
27:49et qu'il y a eu des mobilisations
27:52des Français qui y ont cru,
27:53qui y ont cru vraiment à ça
27:55et qui ont pris leurs papiers,
27:56leurs crayons et qui ont rédigé.
27:58On dit ceci, cela, etc.
27:59Ces cahiers de doléances,
28:00ils sont où ?
28:01On en a fait quoi ?
28:02Il y a un projet dans ce cahier de doléances
28:03ou alors on ne demande pas aux gens.
28:04On sait très bien que Macron demande
28:06et dit « Je vous pose la question,
28:07si vous me faites une bonne réponse,
28:08je la valide.
28:09Si vous me faites une mauvaise réponse,
28:10je la jette à la poubelle. »
28:11Et il a fait ça à chaque fois
28:12qu'il a perdu aux élections,
28:13c'est-à-dire toutes sauf les deux présidentielles.
28:15Et il a dit « Ah, vous avez voté contre moi
28:17aux législatives après la dissolution ? »
28:20Et bien tant pis,
28:21je vais choisir ceux qui sont arrivés
28:22les derniers, etc.
28:23Mais allez chercher ces documents
28:25qui sont formidables
28:26et qui sont les résultats des États généraux
28:28des Français sollicités
28:30et puis faites le programme
28:31si vous voulez être vraiment démocrate,
28:32c'est-à-dire au sens étymologique,
28:34estimez que la souveraineté,
28:35elle est dans le peuple.
28:37Michel Aupré, vous,
28:37vous avez fait un voyage extraordinaire
28:39que vous allez nous compter à présent,
28:41un passage sur le porte-avions Charles de Gaulle.
28:44Incroyable.
28:45Qu'est-ce que vous avez vécu sur place ?
28:47Une expérience extraordinaire.
28:48D'abord, je remercie les deux amis
28:50dont je ne donnerai pas le nom
28:52qui aient rendu possible
28:53cette expérience extraordinaire.
28:56C'est une vraie expérience existentielle.
28:58Vraiment.
28:59C'est-à-dire que c'était il y a deux ou trois ans
29:02avec des amis
29:03avec qui j'avais dit
29:04« Oui, j'adorerais. »
29:05Ils m'ont dit
29:05« On va essayer de mettre ça sur pied. »
29:06Point.
29:07Et puis, il y a 8-10 jours,
29:09on me dit
29:09« Tel jour, telle date, telle heure,
29:11à l'aéroport, tel endroit, en Crète,
29:12on viendra en hélicoptère,
29:14vous cherchez. »
29:14Je dis « D'où ça vient ? »
29:16Ça, c'est l'armée française.
29:17D'abord, les deux amis en question
29:19sont des amis de l'armée française.
29:21C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin
29:22de dire dix fois quelque chose
29:23pour ne pas tenir sa parole.
29:24On l'a dit une fois.
29:25Ça vaut parole donnée.
29:26Voilà.
29:27C'est-à-dire, s'il se passe deux ans,
29:28c'est simplement que pendant deux ans,
29:30ça a été fait.
29:30Ça a travaillé.
29:31Il a fallu le mettre en place.
29:32Donc, on arrive sur un autre monde.
29:33D'abord, on arrive là.
29:35Il y a quelques individus
29:36qui sont au garde-à-vous.
29:37C'est toujours très impressionnant.
29:38Je n'ai pas l'impression
29:38de mériter des garde-à-vous.
29:39Mais enfin, ça m'honore.
29:41Et simplement, je pense que
29:43ces gens qui me saluaient
29:44étaient plus à saluer
29:45que moi-même à être salué.
29:48Et puis, on découvre une république.
29:49Il y a presque 2000 personnes
29:51qui sont là.
29:51On m'a fait tout visiter,
29:52je vous assure,
29:54des cuisines jusqu'aux états-majors
29:56et au PC décisionnel,
29:57des endroits où les guerres se décident,
30:00du lieu même où le contre-amiral dit
30:04« Le chef de l'État a demandé
30:05la bombe atomique, on y va.
30:07Et moi, je mets en place
30:08ce qu'il faut faire
30:09pour que la bombe atomique
30:09explose là où, etc. »
30:11Et donc, on a un fragment
30:13de souveraineté nationale.
30:14D'abord, il y a des...
30:15Je suis très fétichiste
30:17avec le général de Gaulle.
30:17J'aime bien les affiches
30:18du général de Gaulle.
30:19Il y en a partout ?
30:20Pas partout.
30:21Il y en a beaucoup.
30:21Mais au bon endroit.
30:22D'abord, ça s'appelle Charles de Gaulle.
30:24Mais ensuite, effectivement,
30:26dans l'endroit où nous avons
30:27pris nos petits déjeuners,
30:28nos déjeuners, nos dîners, etc.
30:29Il y avait effectivement
30:30statut du général de Gaulle
30:31bleu, blanc, rouge, etc.
30:34Enfin, tout ça me touche beaucoup.
30:35Et je me dis, effectivement,
30:36l'esprit du général est là.
30:37Le contre-amiral me dit
30:38« Je ne fais pas de politique.
30:39Nous ne ferons pas de politique, etc. »
30:41Donc, nous n'avons pas fait de politique.
30:42Mais on a parlé de politique.
30:46Géopolitique, géostratégie,
30:47souveraineté nationale,
30:48engagement de la France
30:49dans les conflits étrangers.
30:50Vous pensez bien qu'ils n'ont rien dit
30:52que je pourrais utiliser contre eux.
30:54Ce sont des gens qui ont le sens
30:56des valeurs perdues,
30:57de l'honneur, la fidélité,
30:58la loyauté, de l'État, bien sûr,
31:00de la France, de la nation, etc.
31:02Et puis, le contre-amiral m'a fait l'amitié.
31:04C'est vraiment très important pour moi
31:06dans ma vie.
31:07On s'est trouvé sur une partie
31:08du porte-avions qui doit avoir un nom.
31:11Mais une espèce de passerelle, probablement.
31:13Et on était tous les deux...
31:14Il y avait quelques militaires, évidemment.
31:16Mais sous la voie lactée,
31:17à assister aux appontages et aux catapultages.
31:19Vous avez des rafales qui,
31:21quand ils sont en post-combustion,
31:22ont des flammes qui font 3 mètres de long
31:24sur chaque tuyère.
31:25Je vous assure que vous avez,
31:27en plus de ça, le système de catapultage.
31:28L'ensemble du porte-avions bouge et tremble.
31:32C'est-à-dire que quand je suis arrivé,
31:33il y portait à 8h du matin,
31:34quelque chose comme ça.
31:35On est allé prendre un petit déjeuner
31:36et d'un seul coup...
31:37On entend quelque chose.
31:38Il se passe quoi ?
31:39Ah là, c'est votre premier appontage.
31:41Donc ne vous inquiétez pas.
31:42C'est un avion qui vient juste de décoller.
31:45Et donc, il m'expliquait que les avions
31:47s'écrasaient plutôt qu'autre chose.
31:49Vous imaginez, ils arrivent à 250 à l'heure
31:50et ils ont l'équivalent de...
31:52Alors d'abord, c'est une tête d'épingle.
31:54Ensuite, c'est un timbre.
31:55Et puis après, quand vous arrivez à 250 à l'heure,
31:57c'est l'équivalent d'un terrain de tennis.
31:59Il faut vous poser là.
32:00Vous arrivez à 250 et il faut freiner tout ça.
32:02Et vous avez des brins.
32:03Et il faut que vous puissiez être arrêté
32:05par le premier, le deuxième ou le troisième brin.
32:07Et donc, quand on se retrouvait sous la voie lactée
32:10et qu'on discutait de Clausewitz, de la guerre, etc.,
32:12il y avait des appontages, réussis ou ratés.
32:14Et il y a des lumières qui vous disent
32:16« Voilà, vous avez un angle extrêmement précis.
32:18Si l'angle est le bon, vous avez des lumières vertes.
32:20Si ce n'est pas bon, vous avez des lumières rouges. »
32:22Et à ce moment-là, ils remettent les gaz.
32:23Ils repartent.
32:24Ils vous passent sur la tête comme ça.
32:25Vous n'imaginez pas dans quel état physique vous êtes.
32:28En philosophie, on appelle ça le sens du sublime.
32:30C'est-à-dire, c'était le sublime naturel.
32:32Vous êtes un petit personnage
32:33et vous avez l'immensité de la voie lactée.
32:35D'abord, on l'avait, le contre-amiral et moi-même.
32:37Vous avez l'immensité de la mer,
32:39vous avez l'immensité du volcan, etc.
32:40Là, c'est un sublime avec des instruments
32:43fabriqués par les hommes.
32:44Je vous assure que quand vous remettez les gaz
32:45et que vous avez peut-être 4, 5 mètres au-dessus de votre tête,
32:48des rafales qui passent
32:49et qui sont des armes de guerre, je le rappelle.
32:51Et on voit là ce qu'est la souveraineté nationale,
32:53ce qu'est la France,
32:54ce qu'étaient les valeurs de la France.
32:56C'est-à-dire, c'est un morceau de France qui reste là,
32:58qui est à toute allure.
32:59Je vous assure qu'ils font 1 000 km par jour.
33:01Le Charles de Gaulle fait 1 000 km par jour.
33:03C'est incroyable.
33:04Quand vous êtes sur les flots comme ça,
33:05le bateau, gîte, tangage, houle, etc.
33:08C'est-à-dire que quand vous arrivez avec votre avion,
33:10il faut que vous vous posiez
33:12sur un terrain de tennis qui bouge
33:13dans tous les sens.
33:15Et vous avez là des pilotes
33:17qui sont des gens extraordinaires
33:19qui garantissent notre sécurité.
33:20Donc l'idée de dire,
33:22et là pour le coin à faire un peu de politique,
33:23mais que tout ça pourrait être offert à l'Allemagne
33:25et partagé avec l'Europe, on s'est dit...
33:27Ça ne vous va pas.
33:27Non.
33:28On est en face à Michel Onfray sur CNews d'Europe.
33:30Michel, on va écouter le général de Gaulle.
33:32On ne va pas terminer cette saison
33:33sans l'écouter, évidemment.
33:35Il parle justement de la dissuasion nucléaire
33:37dont le portavion Charles de Gaulle
33:38est le fer de lance.
33:40Écoutons ce qu'il disait en 1965.
33:44Notre indépendance exige à l'ère atomique
33:48où nous sommes
33:48que nous ayons les moyens
33:51de dissuader nous-mêmes
33:54un éventuel agresseur
33:57sans préjudice de nos alliances,
34:01mais sans que nos alliés tiennent notre destin
34:04dans leurs mains.
34:06Or, ces moyens, nous nous les donnons.
34:10Sans doute nous impose-t-il un méritoire renouveau,
34:14mais il ne nous coûte pas plus cher
34:16que ce qu'il nous faudrait fournir
34:21à l'intégration atlantique
34:24sans être sûrement protégé.
34:27Et pour autant,
34:28si nous continuions de lui appartenir
34:31comme auxiliaire subordonné,
34:37nous en venons
34:39au point
34:41où aucun État du monde
34:45ne pourrait porter la mort chez nous
34:48sans la recevoir chez lui,
34:52ce qui est certainement
34:54la meilleure garantie possible.
34:56Voilà pour le général de Gaulle.
34:58Évidemment, il y a une hauteur de vue
34:59que nous apprécions, Michel,
35:01et surtout quand on voit
35:02l'État du monde aujourd'hui,
35:03on se dit, voilà,
35:04ces équilibres géostratégiques,
35:06ces plaques technologiques
35:07qui bougent entre les empires,
35:09la Russie, la Chine,
35:10les États-Unis, l'Europe,
35:12qu'on aurait besoin de quelqu'un
35:13qui ait une telle hauteur de vue ?
35:14Oui, d'abord,
35:15le général peut reposer en paix
35:17avec les hommes du Charles de Gaulle.
35:19S'il y avait un deuxième porte-avions,
35:22ça a été annoncé par Emmanuel Macron,
35:24et qu'il s'appelle en plus
35:25de sa France libre,
35:26ce serait bien qu'il soit aussi
35:27à la hauteur.
35:29Ce ne sera plus Emmanuel Macron
35:31qui sera chef de l'État
35:32quand ce bâtiment
35:34serait mis à l'eau.
35:37Mais tout est dit
35:37avec le général de Gaulle.
35:38C'est-à-dire que vraiment,
35:39il y a ceux qui, à gauche,
35:40pensent que l'homme
35:41est naturellement bon
35:42et que c'est la société
35:42qui est méchante
35:43et qu'il faut changer la société,
35:44etc.
35:44Et puis,
35:46non, je ne suis pas rousseauiste.
35:48Et ceux qui pensent comme Hobbes,
35:49philosophe anglais du siècle précédent,
35:51le XVIIe,
35:51qui disent
35:53l'homme est un loup pour l'homme.
35:54Et l'homme est un loup pour l'homme.
35:55Et si vraiment tout le monde
35:56était gentil,
35:57bien sûr,
35:57on n'en a pas besoin d'armée,
35:58de police,
35:59de prison,
36:00des dissuasions nucléaires,
36:01etc.
36:02Or là,
36:02on est dans la cage des grands fauves
36:04où vous avez affaire
36:07à des gens qui veulent
36:08votre mort,
36:10votre fin,
36:10votre disparition.
36:11Alors certains,
36:12plus ou moins,
36:12certains avec l'économie,
36:13ils veulent vous vassaliser
36:15comme les Américains
36:15le souhaitaient en 1944
36:16et puis d'autres sont prêts
36:18éventuellement à utiliser
36:19le feu nucléaire.
36:20Je pense justement
36:21que le feu nucléaire iranien
36:23était un danger
36:24pas seulement pour Israël
36:25mais pour tout le monde occidental
36:26et pour tous les autres mondes
36:27qui n'auraient pas été
36:28dans l'obédience religieuse
36:30de cet islam iranien,
36:33de cet islam chiite.
36:34Donc,
36:35il faut effectivement
36:36qu'il y ait une défense
36:37qui soit dissuasive.
36:39Cette façon de dire
36:39nous avons les moyens
36:40de vous détruire
36:42si vous avez décidé
36:42de nous détruire
36:43nous-mêmes.
36:44Alors évidemment,
36:44tout ça suppose
36:45que vous ayez des conducteurs
36:47qui vous permettent
36:47d'être le premier
36:48sur l'objectif,
36:49d'où les fameux métaux rares.
36:51C'est pourquoi d'ailleurs
36:52tout le monde se bat
36:52pour avoir des métaux rares.
36:53Si vous gagnez
36:54quelques nanosecondes...
36:54D'où la puissance
36:55de la Chine aussi.
36:56C'est ce que j'allais vous dire
36:57en disant
36:57si vous gagnez
36:58quelques nanosecondes,
36:59et bien même si votre matériel
37:00est moins performant,
37:01s'il est plus rapide,
37:02c'est vous qui avez gagné.
37:02Donc la Chine est pour l'instant
37:04celle qui gagne
37:05la guerre nucléaire,
37:05six guerres nucléaires
37:06il y a.
37:07Nous l'avons perdu
37:07avec les fameux métaux rares.
37:11Et c'est ce qu'a bien compris Trump
37:12qui lui dit
37:12mais moi je regarde
37:13la carte du monde
37:14et d'abord il fait
37:15de la géologie Trump
37:16avant de faire
37:16de la géopolitique,
37:17de la géostratégie.
37:18Il fait de la géologie
37:18il dit il y a quoi ici là ?
37:19Vous avez des métaux rares,
37:21vous avez du pétrole,
37:22vous avez etc.
37:22Et tous les gens
37:23qui savent comment fonctionne
37:24le pétrole
37:25savent ce que les mystères
37:27de la géopolitique
37:28et de la géostratégie
37:29enseignent ensuite.
37:30Vous avez bien compris
37:31qu'il n'y a aucun souci
37:32des peuples Trump
37:33quand il dit
37:34les Iraniens
37:35continuent à vous faire tuer
37:36nous arrivons
37:36le temps d'amener
37:37le matériel sur place
37:38et puis après qu'il dit
37:39bon poisson d'avril
37:41parce que finalement
37:41on a trouvé un truc
37:42peut-être qu'on va pouvoir
37:43s'entendre avec le pétrole
37:44et ce n'est que ça.
37:46Et il faut effectivement
37:46des bâtiments
37:47quelque part partout
37:48sur la planète
37:49vous avez des sous-marins
37:50nucléaires, lanceurs d'engins,
37:51tactiques etc.
37:52Vous avez des porte-avions
37:53puis vous avez des drones
37:54vous travaillez aussi
37:55avec des drones
37:55pour assurer une politique
37:58nationale française
37:59en disant
37:59ça n'empêche pas
38:00c'est ce que dit
38:00le général de Gaulle
38:01les alliances
38:01mais si on veut
38:02sauver un peuple
38:03sauver une population
38:04sauver une civilisation
38:05il faut tout ça.
38:06Et il faut aussi
38:07un point philo Michel
38:08et cette semaine
38:09vous nous conseillez
38:10Les Essais de Montaigne
38:11alors pour vous
38:12c'est le livre
38:12qui les contient tous
38:13expliquez-nous.
38:14Oui c'est un livre
38:15de vacances
38:16enfin pas les vacances
38:17au sens encore que
38:18on peut dire ça
38:19en mai de main
38:19si on veut
38:20avec une édition
38:21que vous me permettrez
38:22j'y ai contribué
38:23mais parce que
38:24avec une préface
38:25de Michel Lompré
38:25vos éditions
38:26bouquins Robert Laffont
38:27c'est ça
38:27et Mola
38:28et Bernard Combeau
38:30qui était mon ami
38:31qui est décédé
38:31a fait une édition
38:34lisible
38:34c'est-à-dire
38:35le français du 16ème siècle
38:36n'est pas facile à lire
38:37c'est pas simple
38:38là vraiment
38:39ça a été lissé
38:40et ça a été fait
38:41extrêmement intelligemment
38:42il avait fait la même chose
38:43avec Lucrèce
38:43pour une traduction
38:44du latin
38:45notre cher Bernard
38:46qui n'est plus là
38:47mais c'est un livre
38:49que Montaigne écrit
38:49quand il a perdu
38:50son ami de la Boétie
38:51en disant
38:51il me manque
38:52ce compagnon
38:53à qui je parlais
38:54avec lequel je m'entretenais
38:56à qui j'envoyais des lettres
38:57etc.
38:57il est mort, jeune
38:58et une trentaine d'années
38:59et on en a parlé déjà
39:01à l'auteur du discours
39:02sur la servitude volontaire
39:03un livre fameux
39:04et il écrit ce texte
39:05pour lui dire
39:06je continue à te parler
39:07sur tous les sujets
39:08c'est ça qui est intéressant
39:09l'amour, la mort, l'amitié
39:10le sens de l'honneur
39:11la vanité
39:12et il parle de sa vie
39:14il dit
39:14ah mais j'ai une moustache
39:16j'ai une barbe
39:17je mange
39:17mais j'en mets partout
39:18je ne suis pas très doué
39:19à monter un cheval
39:20mais enfin je peux
39:21monter longtemps
39:22mais je ne suis pas doué
39:23de mes mains
39:23il faut qu'on scelle
39:24mon cheval pour moi
39:25etc.
39:26je vois un paysan
39:27qui est en train
39:27de travailler méchant
39:29il a perdu son enfant
39:30la veille au soir
39:31il est là
39:31avec une espèce de sérénité
39:32etc.
39:33il a perdu lui-même
39:34des enfants
39:34il ne sait pas combien
39:35il en a perdu
39:35il nous dit
39:36je ne sais plus
39:36combien j'en ai eu
39:37il y a un portrait
39:38de lui-même
39:38il y a un portrait
39:39de l'époque
39:39il dit
39:40sexuellement je ne suis pas
39:41terrible
39:41j'ai un petit zizi
39:42j'ai perdu de l'efficacité
39:44sexuelle
39:45j'ai 50 ans
39:45je suis un vieux monsieur
39:46donc il y a toutes
39:47ces choses là
39:47c'est vraiment
39:49une autobiographie
39:50une biographie
39:51de son époque
39:51une biographie
39:52de la condition humaine
39:54de partout
39:55de la planète entière
39:56et puis c'est un homme
39:57qui restaure
39:58les romains
39:58les penseurs romains
39:59et les penseurs grecs
40:00mais plutôt les penseurs romains
40:01il a une bibliothèque
40:01de 1000 livres
40:02sa librairie dit-il
40:03et moi j'avais repéré
40:05que trois fois
40:05dans les essais
40:06j'ai lu plusieurs fois
40:07la totalité des essais
40:08mais trois fois
40:08il dicte les essais
40:09il ne les écrit pas
40:11c'est-à-dire
40:11il prend un bouquin
40:12il prend plus tard
40:13qu'il y a une phrase
40:13il commente la phrase
40:14et puis il y a quelqu'un
40:15qui est là
40:15qui transcribe
40:16et c'est le livre
40:18de toute une vie
40:19et c'est un livre
40:19qui évolue
40:20c'est-à-dire
40:21sur la fin
40:21il y a trois livres
40:22le troisième livre
40:24extraordinaire
40:24il y a des fameuses pages
40:25sur l'amitié
40:26des pages sur la mort
40:27il y a des pages
40:28sur la façon de se comporter
40:31sur l'hédonisme
40:31sur la jouissance
40:32et puis c'est surtout
40:33quelqu'un qui laïcise la pensée
40:34et il y a une ligne de fracture
40:36vous avez un peu plus de dix siècles
40:38de philosophie catholique
40:41religieuse
40:41il faut se demander
40:42comment la sainte trinité
40:44est possible
40:44comment la virginité de Marie
40:45était possible
40:46pourquoi est-ce qu'avec une hostie
40:48on a le corps du Christ
40:49etc
40:49et lui d'un seul coup
40:50il dit
40:50on ouvre la fenêtre
40:52oui Dieu existe
40:53mais arrêtez de nous embêter avec ça
40:54et c'est la vie qui est importante
40:55de vivre à propos
40:56il dit
40:56le grand et glorieux
40:58chef d'oeuvre
40:58vivre à propos
40:59c'est-à-dire que
41:00oui d'accord
41:01on croit en Dieu
41:01oui on fait ses prières
41:02oui on va à l'église
41:03d'accord
41:03mais c'est pas ça qui est important
41:04c'est comment vivre dans cette vie
41:06pour ne pas être malheureux
41:08et c'est la première fois que
41:09et là j'ai fait une professe substantielle
41:12enfin quand je dis substantielle
41:13en quantité de textes
41:15où je montre
41:16qu'il invente
41:17presque tout
41:17ce qui va fabriquer
41:19la modernité
41:19sur le rapport aux étrangers
41:21qu'on appelle les barbares
41:22sur le rapport aux femmes
41:23il dit
41:24oui les femmes sont inférieures
41:25mais parce qu'elles sont éduquées comme telles
41:26elles ne sont pas naturellement inférieures
41:28si vous les éduquez autrement
41:29elles seront égales
41:29aux hommes et supérieurs
41:30même s'il le faut
41:31et il le dit
41:33sur le rapport aux enfants
41:36il y a des choses
41:36sur l'éducation
41:37la pédagogie
41:37les enfants ne sont pas
41:39des petits adultes
41:39mais en même temps
41:40voilà comment
41:40il faut travailler
41:42à la tête bien faite
41:43plutôt que bien pleine
41:44et donc
41:46c'est quelque chose
41:47qu'on doit pouvoir lire
41:48toute une vie
41:49c'est pour ça que je dis
41:49démarrez avec les vacances
41:50vous continuerez ensuite
41:52on peut partir en vacances
41:53sur la plainte
41:53puis on peut aussi méditer
41:55et quand on a perdu
41:56quelqu'un qu'on aime
41:57sur les réflexions
41:57sur la mort
41:58c'est utile
41:59quand on veut penser
42:00la question du suicide
42:01c'est utile
42:01la question de la lecture
42:02c'est utile
42:02tous les sujets
42:03sont abordés
42:04avec beaucoup d'humour
42:05on le recommande
42:05et puis on recommande aussi
42:07peut-être vos ouvrages
42:08qui vont venir
42:10mon cher Michel
42:10il y a deux
42:11qu'on va citer
42:12un De Gaulle Malraux
42:14passionnant
42:14qui va sortir
42:15je crois à la fin
42:15de l'année 2026
42:16c'est ça ?
42:17à la rentrée
42:17ça s'appelle
42:19une nouvelle chevalerie
42:20et qui est sous-titrée
42:21De Gaulle Malraux
42:22et la civilisation
42:23et le deuxième
42:24ce sera en 2027
42:26si j'ai bien compris
42:27janvier théoriquement
42:28le peuple providentiel
42:30vous avez co-écrit
42:31avec Maxime Lenagar
42:32et l'IA
42:33l'intelligence artificielle
42:36racontez-nous en un mot
42:37il nous reste une minute
42:38oui j'utilise
42:39l'intelligence artificielle
42:40pour des usages techniques
42:42des usages d'index
42:44par exemple
42:44quel père de l'église
42:46a traité la question
42:47de l'eucharistie
42:47au sixième siècle
42:48là vous demandez
42:49et vous avez une réponse
42:50parfois vous avez passé
42:51un temps fou à chercher
42:51et là vous cherchez
42:52ça ne vous dispense pas de lire
42:55donc un jour
42:56je me suis dit
42:56mais quel serait
42:57le programme politique
42:58des présidentielles
42:59de Michel Onfray
43:01et là j'ai été stupéfait
43:02des résultats
43:03qui sont bons ou pas ?
43:05oui oui
43:06et pas du tout
43:07d'extrême droite
43:08de droite raciste
43:09je ne sais pas quoi
43:09en fait l'espèce de polémique
43:10habituelle
43:11mais juste vraiment
43:12les propositions politiques
43:13que j'ai pu faire
43:13et j'ai dit à Maxime
43:14le nagar
43:15qui est notre rédacteur en chef
43:16qui est un garçon formidable
43:17j'ai dit on pourrait peut-être
43:18faire un projet comme ça
43:19parce que mon éditeur
43:21Alvin Michel
43:21m'avait demandé
43:22un livre de politique
43:23j'ai dit j'en ai de trophées
43:24là-dessus
43:24puis j'ai pas envie
43:25maintenant
43:25Emmanuel Macron s'en va
43:26je ne vais pas refaire
43:27un livre contre lui
43:28c'est terminé tout ça
43:29et je lui ai dit
43:29je préférerais être positif
43:31et j'ai réfléchi
43:31en me disant
43:32mais comment est-ce qu'on pourrait faire
43:33avec l'équipe entière
43:33c'est compliqué
43:34ils veulent bien
43:35ils ne veulent pas
43:36ils voudraient
43:36mais ils ne veulent pas
43:37forcément tous être associés
43:38à mon nom etc
43:38ce que je comprends
43:39ils sont prudents
43:40et là j'ai dit
43:41mais c'est peut-être
43:42une solution
43:42on sollicite
43:43l'intelligence artificielle
43:44on fait une proposition
43:45en disant
43:45sur le principe
43:47de Michel Onfray
43:48que serait un ministère
43:49de la culture
43:49et là on a des options
43:51et puis moi je commente
43:52d'accord pas d'accord
43:53et pour le coup
43:54ce que j'ai vu
43:55c'est assez bluffant
43:56alors évidemment
43:57il y a des endroits
43:58sur lesquels je suis nul
43:59et où l'intelligence artificielle
44:00n'aura rien à dire
44:01c'est Michel Onfray
44:02et le budget
44:04et l'économie
44:05donc on verra bien
44:06et à ce moment-là
44:06je développerai moi des choses
44:07un programme présidentiel
44:08mais c'est un
44:09d'abord moi je suis
44:10contre les gens qui disent
44:11alors il faut y aller
44:12il faut voter pour qui
44:14mais je dis mais arrêtez
44:14avec l'homme providentiel
44:15et je crois au peuple providentiel
44:17donc ça c'est le titre
44:17et puis un projet politique
44:19un programme pour les présidentielles
44:21non pas
44:21je le dis dès à présent
44:22je n'ai pas l'envie d'y aller
44:24je n'ai pas envie
44:25de soutenir un candidat
44:26je n'ai pas envie
44:27j'ai envie que ça puisse être utile
44:28et que ça puisse être utile
44:29à la France
44:30Merci beaucoup Michel Onfray
44:31c'était un bonheur
44:32cette saison passée
44:32en votre compagnie
44:33avec les spectateurs
44:34et nos auditeurs aussi
44:34et on se dit à la rentrée
44:35à la rentrée
44:36Merci à vous tous
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