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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1. Bonjour Michel.
00:05Bonjour Laurence.
00:05Ravi de vous retrouver pour nos échanges sur l'actualité avec votre point de vue de philosophe.
00:10On va revenir Michel sur les aides annoncées par le gouvernement cette semaine pour aider les français à faire face
00:15à la flambée des prix du carburant,
00:16des aides ciblées qui concerneront les gros rouleurs et les travailleurs modestes.
00:21Comment faire face à cette crise de l'énergie qui va s'étirer sur des mois ?
00:25Par quels moyens pouvons-nous retrouver notre souveraineté énergétique ?
00:29Un mot qui vous est cher évidemment Michel.
00:31Et puis jusqu'à quand les français vont supporter de se faire rançonner, raqueter quasiment sur le prix de l
00:36'énergie ?
00:37On évoquera aussi l'hommage national au deuxième soldat français tué au sud Liban dans le cadre de la Finule
00:43lors d'une attaque du Hezbollah.
00:46Anissé Girardin a succombé à ses blessures.
00:48Est-ce que l'on peut encore dire que cette guerre n'est pas celle de la France ?
00:51Et puis il y a eu aussi l'hommage aux policiers qui sont intervenus il y a plus de dix
00:55ans au Bataclan pour stopper les terroristes qui perpétraient un massacre.
00:59L'Elysée a décidé, certes tardivement, mais bon ça a été fait, de leur accorder enfin la Légion d'honneur.
01:06Un moment très important pour ces hommes et ces femmes qui ont risqué leur vie pour en sauver d'autres.
01:10On écoutera leur émotion et on verra que c'est très important ce moment-là, cette récompense, cette Légion d
01:16'honneur qui leur a été accordée.
01:18Mais est-ce qu'on ne l'accorde pas un peu à n'importe qui aujourd'hui ? Quel sens
01:21a cette décoration ? Je vous poserai la question.
01:24L'effondrement du nombre d'élèves en France.
01:26Notre pays devrait perdre 1,7 millions d'élèves d'ici à 2035 selon les projections du ministère de l
01:32'Éducation nationale.
01:33Qu'est-ce que ça veut dire cette chute du nombre d'élèves, de jeunes en réalité pour notre pays,
01:37Michel, au niveau de notre société ?
01:40On évoquera aussi les critiques qui accablent votre ami, notre ami Boalem Sansal, à la lumière de la polémique née
01:46de son départ de chez Gallimard pour aller chez Grasset.
01:49Pourquoi Boalem Sansal, qui a été jeté pendant plus d'un an dans les geôles algériennes, subit un tel sort
01:55aujourd'hui ?
01:56Décryptage avec vous, mon cher Michel.
01:57Enfin, le point philo, nous allons le consacrer à Condorcet, esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit
02:04humain.
02:04Vous allez nous expliquer tout cela, Michel, et pourquoi on lui doit la création du progressisme au XVIIIe siècle.
02:11Le programme est complet. On y va ? C'est prêt ?
02:13On y va.
02:14On commence par ces nouvelles aides, Michel, annoncées par le gouvernement cette semaine pour les Français, les aider à faire
02:20face à la flambée des prix du carburant.
02:22Alors ça concerne les agriculteurs, les pêcheurs, désormais les taxis, le secteur du BTP et puis 3 millions de travailleurs
02:28modestes.
02:28Est-ce qu'on va réussir ou pas à faire face à cette crise qui risque de durer des mois
02:31?
02:32Écoutez d'abord les Français qui sont désabusés, puis on va se poser la question de comment retrouver notre souveraineté
02:36énergétique.
02:37Il n'y a pas que les gens qui sont au SMIC. Il faut penser aux ceux qui ont une
02:42RQTH, qui sont en situation d'handicap, qui ne peuvent pas prendre les transports en commun.
02:45Il y a toujours des oubliés. Je ne vois jamais quelque chose sur les personnes en situation d'handicap.
02:50De toute façon, c'est toujours adressé à la même population.
02:54Je veux bien que le social soit la grande partie de ce pays, mais à un moment donné, il faut
02:59aussi penser aux gens qui travaillent.
03:02C'est encore aux Français de se serrer la ceinture, alors que notre gouvernement, lui, se sert gracieusement.
03:08J'estime que quand on apporte à la France, et je pense que vu ce que je paye, j'en
03:12apporte quand même pas mal,
03:13et bien un petit peu d'aide de temps en temps, ce serait quand même pas négligeable.
03:18Oui, oui, c'est pas simple, parce qu'il faut rentrer dans certains critères, et parfois on ne sait pas
03:23vraiment si on y a droit ou pas.
03:24C'est difficile à suivre parce qu'on ne sait pas qui est concerné, et on ne sait pas si
03:28on va en bénéficier ou pas.
03:29Voilà pour ce que pensent les Français, Michel, de ces aides, qui sont un peu saupoudrées dans une mesure budgétaire
03:34assez limitée et contrainte.
03:36Qu'est-ce que ça vous inspire, encore une fois ?
03:39Ça m'inspire que le chef de l'État est incapable de mener une politique étrangère digne de ce nom.
03:43Parce que ce qui se passe à la pompe, ça suppose qu'on remonte en amont, et en amont, c
03:47'est les endroits où on produit du pétrole,
03:49c'est les endroits où on fait surquiler le pétrole, c'est les endroits où on a la possibilité de
03:52faire passer ou pas de faire passer les bateaux.
03:54C'est-à-dire que quand Emmanuel Macron nous dit qu'en gros, ça n'est pas notre guerre,
03:58qu'il refuse le survol du territoire aérien aux avions américains sous prétexte qu'ils auraient du matériel pour Israël,
04:05eh bien il a choisi son camp.
04:06Donc il a choisi de faire de telle sorte que le prix de l'essence augmente.
04:10Donc si les gens ont des problèmes quand ils sont à la pompe, c'est parce qu'Emmanuel Macron a
04:14décidé de faire une guerre sans la faire,
04:15tout en la faisant, c'est-à-dire en faisant le jeu d'un certain nombre d'autres individus.
04:19Quand on ne choisit pas son camp...
04:20En tout cas, lui, il dit qu'il ne l'a pas choisi, personne ne l'a prévenu de cette
04:23guerre,
04:23il l'a dit depuis le début, Donald Trump ne l'a pas appelé, il n'est pas impliqué.
04:26Et alors, il n'avait qu'à prendre la décision lui-même avant, plutôt que de dire
04:29« Ah, il n'est pas gentil, ils auraient dû me le dire, ils auraient dû me donner un coup
04:31de fil ».
04:32On a entendu d'autres individus, je ne vais pas les impliquer, nous faire savoir que la configuration stratégique est
04:38telle
04:38que ce qui a eu lieu ne pouvait pas se faire sans qu'Emmanuel Macron ne soit véritablement au courant.
04:45Donc il y a lui qui nous dit qu'il n'est pas au courant, et d'autres qui nous
04:47disent que pas du tout,
04:48avec le dispositif tel qu'il a fonctionné, il était évidemment au courant.
04:52Alors évidemment, il peut toujours dire, il y a toujours le désir de ne pas blesser un certain nombre d
04:58'électorats,
04:58aujourd'hui en France, chez Emmanuel Macron.
05:00Donc on ne choisit pas le camp des États-Unis, puisque c'est celui d'Israël,
05:05et que l'Israël, c'est le fascisme, c'est génocidaire, c'est tout ce qu'on raconte du côté
05:08de la France insoumise
05:09et des partis de gauche qui se trouvent associés à cela,
05:12et des partis de droite qui se trouvent associés aux partis de gauche qui se trouvent associés à Mélenchon.
05:16Donc soit on fait de la politique, et on est un grand chef d'État,
05:21et on fait de l'économie en sachant que l'économie, elle est planétaire.
05:23Ce qui se passe là-bas, ça produit des effets ici, le fameux battement d'aile ici,
05:27qui produit un tsunami ailleurs.
05:29Donc quand Trump dit qu'il faut absolument laisser circuler les bateaux dans le Détroit,
05:35Macron dit que ce n'est pas mon affaire.
05:36Si, c'est son affaire, puisque c'est la nôtre.
05:38Et du coup, Trump bloque le Détroit.
05:40Oui, mais il dit, en plus de ça, il ne nous demande rien.
05:43Et quand il demande quelque chose, il dit non.
05:45C'est un petit garçon qui dit que vous n'aviez qu'à me demander d'abord.
05:47Vous m'auriez demandé d'abord ?
05:48Peut-être que j'aurais dit oui, mais peut-être que j'aurais dit non aussi.
05:50Maintenant, on va se venger.
05:51Donc vous n'allez pas pouvoir survoler le territoire aérien français
05:54parce que vous allez donner des armes ou du matériel aux Israéliens.
05:58Qu'est-ce que c'est que cette politique qui consiste à reconnaître l'État palestinien,
06:01qui consiste à donner des leçons à Israël,
06:04qui consiste à faire savoir que ce qui se passe dans le Sud-Liban,
06:06ce n'est pas bien, ce n'est pas gentil.
06:08Mais ce qui n'est pas gentil, c'est ce que le Hezbollah fait en partant du Sud-Liban
06:12pour envoyer des missiles, des bombes, tous les jours, depuis des années et en permanence.
06:17Donc il y a une politique qui n'est pas trouble,
06:20parce que finalement, quand on regarde, elle n'est pas pro-israélienne, ça c'est sûr.
06:24Et elle est pro-arabe, ça c'est certain.
06:26Alors il amène cette politique s'il le souhaite, s'il le veut,
06:29s'il pense que la France est derrière lui.
06:30Mais je ne suis pas sûr que la France soit derrière lui.
06:32Quand on fait de la politique étrangère,
06:34on doit aussi solliciter, pas seulement le gouvernement, mais le peuple français.
06:38Est-ce que vous avez envie ? Oui ou non ?
06:39On peut faire ce genre de choses.
06:40Ça s'appelle un référendum.
06:42Mais comme il sait très bien que...
06:43Tout le monde a peur des référendums, vous savez.
06:45Oui, c'est très bien que s'il fait un référendum, c'est un plébiscite.
06:48Si c'est un plébiscite, il est pour ou il est contre.
06:50Et donc, de toute façon, il resterait.
06:52À chaque fois qu'il a perdu des élections,
06:53et il les a toutes perdues, sauf les deux présidentielles, il est resté.
06:56Et il a fait savoir que puisqu'il les avait perdues,
06:58c'est donc bien la preuve qu'il les avait gagnées.
06:59Mais on voit bien avec ces gens à la pompe,
07:01que les décisions qu'il prend de ne pas intervenir,
07:05de ne pas être aux côtés des États-Unis,
07:06de ne pas être du côté d'Israël,
07:08produisent, ces décisions produisent des effets réels,
07:11dans le concret des gens.
07:11Alors après, on donne des petits chèques ?
07:13Oui, on saupoudre des aides.
07:14Sur la question de la souveraineté énergétique,
07:17est-ce qu'il y a un moment où on va pouvoir la récupérer ?
07:19Il a mis dans un premier temps un coup d'arrêt à la filière nucléaire
07:22avant de la relancer plein gaz,
07:25étant donné que c'est notre seule énergie évidemment à disposition.
07:29On n'a pas de pétrole et on ne recherche pas le gaz qui est sous nos pieds.
07:32Est-ce qu'on peut retrouver cette souveraineté énergétique ou pas ?
07:36Vous avez derrière des écologistes et les alliés des écologistes
07:39qui sont les alliés des gens de gauche, qui sont eux-mêmes les alliés du Hamas,
07:42ou du moins pas les alliés, mais du moins ceux qui trouvent des circonstances atténuantes,
07:46qui s'en viennent nous faire savoir qu'il faut en profiter
07:48pour faire avancer le projet écologique.
07:51Donc de la voiture électrique.
07:52On a entendu Jacques Attali nous faire savoir que cette crise était formidable,
07:55pourvu qu'il y ait une gestion sociale.
07:56Il a quand même ajouté ça, il ne faut pas lui faire dire ce qu'il n'a pas dit.
07:59Le pourvu qu'il y ait une gestion sociale est quand même très important.
08:02Ce n'est pas vivre la crise, point.
08:03C'est pourvu qu'il y ait une gestion sociale.
08:06Mais effectivement, les écologistes voient leur arrivée de la voiture électrique.
08:10Mais c'est la voiture électrique chinoise qui arrive en France.
08:14Ce sont les voitures électriques qui disposent d'une autonomie de 1000 km,
08:17voire de plus de 1000 km, et qui sont beaucoup moins chères
08:20qu'un certain nombre d'autres voitures.
08:21Mais les Français ont du mal à manger pour certains.
08:24Certains sautent des repas.
08:25Vous avez des étudiants qui mangent à peine.
08:28Vous avez des gens qui sont dans une vraie souffrance.
08:30On leur dit changer de voiture, acheter une voiture électrique.
08:33Si vous voulez acheter une voiture électrique, elle va vous coûter très cher.
08:35Elle va être chinoise et elle va faire les affaires de la Chine et pas de la France.
08:39Donc la souveraineté, nous ne l'avons plus.
08:41Évidemment, nous n'avons plus de souveraineté,
08:42quel que soit le qualificatif qui va avec souveraineté,
08:46souveraineté nationale, souveraineté politique,
08:48souveraineté administrative, souveraineté politique,
08:50souveraineté en matière de politique étrangère,
08:52souveraineté en matière de politique énergétique.
08:54Nous n'avons plus de souveraineté.
08:56Les gens ont voté oui à Maastricht en 1992.
08:58Ils ont remis le couvert en 2008, du moins ceux des politiciens
09:01qui ont estimé que les Français qui leur disaient non en 2005 avaient tort.
09:04Et donc nous n'avons pas cette énergie-là.
09:06Donc nous dépendons d'un certain nombre de bons vouloirs.
09:10La politique, ça ne se fait pas avec des sentiments.
09:12Ça se fait avec des intérêts.
09:13On n'a pas à savoir s'il faut aimer les gens qui nous vendent du pétrole ou pas.
09:16S'il faut aimer et embrasser sur la bouche
09:19Poutine ou l'Iran ou je ne sais quoi, ou d'autres pays, ou Trump.
09:23Trump, lui, il fait du gaz de schiste avec la possibilité d'avoir une autonomie.
09:29Et il dit, mais moi j'ai des choses à vendre, si vous voulez acheter.
09:31Il fait ça pour ça aussi d'ailleurs, Trump.
09:33Il a un mépris souverain pour le peuple iranien.
09:38Au départ, c'est allez-y, foncez, on est en mouvement, on arrive, etc.
09:42Pas du tout.
09:43Lui, il a envie de jouer sa carte personnelle, le fameux MAGA,
09:47refaire l'Amérique grande, une grande Amérique,
09:49en disant acheter notre pétrole.
09:51Et il a intérêt à ce qu'il y ait des problèmes avec le pétrole des autres.
09:54Donc c'est une guerre de pétrole.
09:56Et puisque nous n'avons plus de souveraineté ou d'indépendance,
09:59il nous reste juste des associations.
10:01Mais l'association, c'est quoi aujourd'hui ?
10:03La seule association qui tienne, ce n'est pas l'Europe des nations du général.
10:05C'est une Europe maastrichtienne qui, elle, n'a pas non plus le projet
10:10de souveraineté nationale,
10:11et encore moins d'épargner les gens qui sont aux pompes que nous avons vus.
10:16On est sur CNews et sur Europe 1 en face à Michel Onfray.
10:20Michel, Emmanuel Macron était cette semaine à Montluçon
10:23où il a évoqué ces questions d'indépendance énergétique.
10:25On va l'écouter.
10:26Et puis, il voulait présenter sa nouvelle méthode
10:29inspirée de la reconstruction de Notre-Dame de Paris,
10:32rebâtir des projets industriels à la vitesse
10:35à laquelle il a reconstruit la cathédrale de Notre-Dame de Paris,
10:37en passant au-dessus de l'administration et de tous les blocages.
10:40On écoute le président à Montluçon.
10:43Dans le moment où nous sommes en train de voir les conséquences
10:46de la dépendance des hydrocarbures fossiles
10:48liées à nos mobilités ou autres,
10:49on ne doit pas simplement aider, ou si je puis dire,
10:53financer les surcoûts qui viennent du bout du monde
10:55et qui sont le fruit des déstabilisations géopolitiques
10:58ou de nos dépendances.
11:00Il faut qu'on accélère notre politique, là aussi, d'indépendance.
11:03Le plan d'électrification qui va permettre d'ici 2030
11:06de doubler les montants qui sont investis
11:10et des véhicules électriques, aux pompes à chaleur,
11:12à tout ce qui permet d'accélérer dans les collectivités locales,
11:16dans les filières industrielles pour nos compatriotes,
11:18est absolument clé.
11:21indépendance, recouvrir notre indépendance,
11:23tout est là, Michel Oncrette.
11:24Oui, mais moi j'ai regardé sur Internet
11:26quels étaient ces 150 chantiers.
11:28C'est très intéressant.
11:29D'abord, je commençais par aller voir Normandie.
11:31Évidemment, je m'en dotais.
11:32Je commençais par l'Orne, zéro, il n'y a rien dans l'Orne.
11:35Et puis après, je regarde, mange Calvados, etc.
11:37C'est très politiquement correct.
11:39Ce sont des entreprises qui font des biocarburants,
11:42des retraitements de ceci, des retraitements de cela.
11:44Donc, il y a une espèce de signe envoyé à la gauche
11:48en disant, vous avez vu, on en profite pour faire avancer
11:51l'agenda de la transition écologique.
11:55Mais ça ne suffira pas.
11:56Ça ne suffira pas de permettre à une boîte
11:58de travailler à la récupération,
12:01à le recyclage des matériaux qui sont utilisés dans l'espace,
12:04par exemple, formidable.
12:05Ce n'est pas ça qui va permettre aux gens
12:06dont on a vu la douleur tout à l'heure
12:09de faire des pleins d'essence à des tarifs
12:12qui sont dignes de ce nom.
12:13D'une part, d'autre part, quand on nous dit
12:15« Ah, mais j'ai bien compris qu'il y avait
12:17des pesanteurs administratifs et bureaucratiques
12:18qui empêchent la France d'aller de l'avant. »
12:21La preuve, je m'en suis aperçu
12:22quand j'ai décidé avec la reconstruction de Notre-Dame,
12:25où il nous dit « Je libère le travail. »
12:28Et c'est ça, la question.
12:30« Je libère le travail. »
12:32J'allaises toute la bureaucratie.
12:34Je ne sais pas ce qui a été fait sur le droit du travail.
12:35Je ne suis pas un spécialiste,
12:36je n'ai pas fait ma thèse là-dessus.
12:38Mais on voit bien que ce qu'il a fait
12:39pour Notre-Dame de Paris,
12:40il aurait très bien pu dire.
12:41Il a eu 10 ans pour le faire.
12:42Il aurait très bien pu dire
12:43« Je le fais pour la France entière. »
12:45Et on va libérer le travail.
12:47Comme ça, on va libérer des énergies.
12:48Comme ça, on va dégager des bénéfices.
12:49Comme ça, on va pouvoir penser
12:50en termes de répartition.
12:51Comme ça, etc.
12:52Un projet politique.
12:53Ce que le général fait avec Jacques Rueff,
12:55par exemple, en son temps,
12:56quand il hérite d'une situation économique catastrophique.
12:59Là, il y avait un électrochoc
13:00qui était susceptible d'être utilisé
13:02par le chef de l'État.
13:03Il appuyait sur ce bouton-là.
13:04Et il disait
13:05« Maintenant, jurisprudence Notre-Dame,
13:07on va faire ça sur toute la France. »
13:09Pourquoi 150 entreprises ?
13:10Et pourquoi les autres
13:11vont continuer à être ennuyés
13:13avec la bureaucratie, etc.
13:16Donc, c'est effectivement la bonne direction.
13:18Mais pourquoi faire juste un pas
13:19dans la bonne direction
13:20en disant « J'ai fait un pas,
13:21je vais faire un pas en avant,
13:22je vais refaire un pas en arrière
13:24pour être bien juste
13:25de retrouver sa place d'origine. »
13:28Michel Onfray,
13:28on va évoquer maintenant
13:29ces hommages
13:30qui ont été rendus.
13:31L'un, au deuxième,
13:33aux soldats français
13:34qui sont morts au sud-Liban.
13:36Un hommage a été rendu
13:39à Montauban,
13:40à Florian Montorio,
13:41qui est décédé
13:42dans une attaque du Hezbollah
13:44au sud-Liban.
13:45Et puis, on a aussi
13:47l'autre soldat,
13:48le deuxième soldat français
13:49qui a été blessé
13:51et qui a succombé
13:52à ses blessures.
13:53Il s'appelait
13:54Anisset et Gérardin.
13:55Deux hommes, évidemment,
13:58deux soldats français.
13:59On rajoute
13:59le troisième soldat français
14:00qui a été tué
14:01il y a plus d'un mois en Irak.
14:03Et on parlera ensuite
14:04de l'hommage national
14:05aux policiers.
14:07Est-ce que c'est notre guerre ?
14:08Est-ce qu'on peut continuer
14:09à dire plutôt
14:09que ce n'est pas notre guerre,
14:10Michel Onfray,
14:11comme le dit
14:11le président de la République,
14:12quand on a trois soldats français
14:13qui sont morts ?
14:14Bien sûr que c'est notre guerre.
14:15D'abord parce que,
14:16je vous dis,
14:18la guerre du pétrole
14:19est notre guerre.
14:20Dès que vous avez des Français
14:21qui s'en vont
14:22à la pompe à l'essence,
14:23c'est vous, c'est moi,
14:23c'est tout le monde.
14:25Eh bien,
14:26ils sont concernés,
14:27ces Français-là.
14:27Donc,
14:28si les Français sont concernés,
14:29la France l'est.
14:30Si la France l'est,
14:30le chef de l'État
14:31devrait l'être.
14:32Donc,
14:32il n'en fait rien.
14:33Mais nous avons trois soldats
14:34qui ont été tués.
14:36Un,
14:36parce qu'il y a eu
14:37une frappe iranienne
14:39qui est arrivée
14:39et qu'il n'a pas été ciblé
14:41à prendre en valet.
14:43Mais enfin,
14:43tout de même,
14:44il a été tué
14:44parce qu'il était là.
14:45Et il y a eu deux
14:46ciblaissés,
14:46ces soldats blessés.
14:47Bien sûr.
14:48Et il y a eu deux soldats
14:49qui ont été abattus,
14:51semble-t-il,
14:51à bout portant.
14:52Par le Hezbollah.
14:53Oui,
14:53par le Hezbollah.
14:54Et on a un Emmanuel Macron
14:55qui nous dit,
14:55dis donc,
14:56les Libanais,
14:57ce serait peut-être bien
14:57de faire le travail, là.
14:59Enfin, quoi ?
15:01Quelle arrogance,
15:02quelle suffisance,
15:03quelle prétention,
15:04si c'est ça,
15:04la voix de la France.
15:05Qu'est-ce qu'on fait, nous,
15:06pour aider les Libanais
15:07à se débarrasser du Hezbollah ?
15:08Est-ce que les Libanais
15:09peuvent dire,
15:10bon, le Hezbollah,
15:10ce serait bien
15:11que vous rentiez chez vous ?
15:12Le Hezbollah,
15:12c'est le bras armé
15:14de l'Iran.
15:15Ce sont des terroristes,
15:16non pas des combattants,
15:17comme l'a dit
15:17le chef de l'État.
15:18Mais bien sûr.
15:19Pas des combattants.
15:21Et puis,
15:22il y a les gentils
15:23qui ont un costume cravate
15:24et qui sont la voix politique.
15:26Et puis,
15:27il y a les méchants,
15:29qui ont des armes.
15:30Il n'a juste pas imaginé
15:31que les gens puissent avoir
15:32un costume quand ils négocient,
15:33enlever le costume
15:33et prendre la Kalashnikov
15:34juste après.
15:35Et que de toute façon,
15:36c'était les mêmes.
15:37Donc,
15:37on ne peut pas accabler
15:38ce pauvre Liban
15:40en estimant qu'il devrait
15:41faire le travail
15:41puisque nous ne le faisons pas.
15:43Si nous voulons exister
15:44vraiment de manière internationale
15:45plutôt que de faire comme un enfant
15:46en disant
15:46« Ah, mais le président Trump,
15:47il aurait dû nous dire
15:48qu'il avait l'intention
15:49de faire quelque chose.
15:49Il n'a pas fait,
15:50on ne va rien faire. »
15:51Qu'est-ce que c'est
15:51que cette façon de se comporter ?
15:53Donc,
15:53nous avons la possibilité
15:54d'agir.
15:55Il y en a assez de l'ONU.
15:56C'est quoi l'ONU ?
15:57Ce sont des gens
15:59qu'on envoie au casse-pipe.
16:00Ils n'ont pas le droit de tirer.
16:01Ce sont des forces d'interposition.
16:02Ce sont des militaires.
16:03C'est comme le jambon végétal.
16:05C'est comme le foie gras sans foie.
16:07C'est-à-dire,
16:07vous avez des militaires
16:08dont le métier consiste
16:09à ne pas tirer.
16:10Vous êtes armés,
16:11mais on vous demande surtout
16:12de ne pas tirer.
16:12Qu'est-ce que c'est
16:13que cette armée-là ?
16:15Il y a eu un deuxième hommage
16:17cette semaine
16:18aux policiers
16:19qui sont intervenus
16:20lors des attentats
16:21du Bataclan
16:22du 13 novembre 2015.
16:24Il y avait une demande
16:26portée par CNews et Europas
16:27d'ailleurs,
16:28qu'on leur donne
16:29la Légion d'honneur.
16:30Ça nous paraissait tellement évident.
16:31Ça n'avait pas été fait.
16:32Finalement,
16:33dix ans plus tard,
16:34le président Macron
16:34a accédé à cette demande.
16:36On va écouter
16:37ce qu'il a dit,
16:37les mots qu'il a employés.
16:38Puis,
16:38on écoutera ensuite
16:39un policier de la BRI
16:41qui exprime son émotion
16:43et qui dit
16:44à quel point
16:44c'est important
16:45d'avoir été reconnu
16:46à travers cette Légion d'honneur.
16:49Force est de constater
16:50que dans notre mémoire collective,
16:53Denis Péchansky dirait
16:54dans ce moment
16:55de thérapie collective,
16:57le Bataclan
16:58occupe une place singulière.
17:02C'est pourquoi la nation
17:03se devait aujourd'hui
17:04d'honorer les siens.
17:06À l'époque,
17:07les autorités
17:07étaient légitimement concentrées
17:09sur l'immédiateté,
17:10l'ampleur de la tâche
17:11qui était immense.
17:12La France basculait
17:13dans l'état d'urgence
17:14qui allait durer.
17:16Quatre policiers
17:17avaient été décorés.
17:18Et aujourd'hui,
17:20suite à un travail minutieux
17:22en accord entre tous,
17:24ce sont 59 femmes
17:26et hommes policiers
17:27et deux présidents
17:28d'associations,
17:3061 récipiendaires,
17:32mis à l'honneur
17:33et tous élevés
17:34dans l'ordre
17:35de la Légion d'honneur.
17:36On est honoré
17:37que la nation
17:39prenne en compte
17:39ce qui a été fait
17:40ce soir-là.
17:41Ça nous touche particulièrement
17:43d'être là,
17:43présents,
17:44avec le président,
17:45avec nos familles.
17:46C'est vraiment
17:46quelque chose
17:47de très important pour nous.
17:48Ça représente beaucoup
17:49pour nous
17:49d'avoir pu amener
17:50notre famille
17:51à cet événement.
17:52C'est quelque chose
17:53qui restera gravé.
17:54Comme le 13 novembre
17:54restera gravé
17:55dans nos mémoires,
17:56cette journée-là
17:57restera gravée
17:57aussi dans nos mémoires.
17:59Honneur à ces hommes
17:59évidemment
18:00et ces femmes
18:00qui disent
18:02le 13 novembre
18:03ce sera aussi
18:04un jour important
18:05qu'être remise
18:06de la Légion d'honneur.
18:08C'est un sens symbolique
18:09extrêmement fort.
18:10Oui, d'abord
18:11ce sont des héros.
18:12Ce sont des gens
18:13qui ne sont pas forcément
18:14payés des fortunes
18:14mais qui sont prêts
18:15à dire
18:16on ouvre une porte
18:16on y va
18:17et peut-être qu'on va mourir
18:18dans les 10 minutes.
18:19Peut-être qu'on va laisser
18:19une veuve ou un veuve
18:20s'il y a eu des femmes
18:22apparemment décorées.
18:23On va peut-être laisser
18:24des orphelins
18:24mais on y va.
18:25On est payés pour ça.
18:26Il a parlé de la nation.
18:27Voilà des gens
18:27qui ont le sens de l'honneur
18:28le sens de la dignité.
18:30Voilà des gens
18:30qui n'ont rien dit
18:31pendant 10 ans.
18:32Voilà des gens
18:33qui savent ce que ça veut dire
18:35recevoir une décoration.
18:37Mais effectivement
18:37qu'est-ce que c'est
18:38que cette décoration ?
18:38Qu'est-ce qu'elle est devenue ?
18:39Cette Légion d'honneur.
18:40Est-ce qu'on la donne
18:40à n'importe qui aujourd'hui ?
18:41Oui, on la donne à n'importe qui.
18:42Et on a trop tardé
18:43à la donner à ses héros.
18:44Deux fois dans l'année
18:45où je fais des sauts
18:45sur mon fauteuil
18:46c'est même pas une façon
18:47de parler
18:47parce que je ris jaune
18:49en lisant la double page
18:50du Figaro
18:52le 1er janvier
18:53et le 14 juillet
18:54qui sont les nominations
18:55au grade de la Légion d'honneur
18:56et les secteurs.
18:58Vous savez,
18:58vous avez le Premier ministre,
18:59vous avez le ministre de l'Intérieur,
19:00le ministre de l'Intérieur, etc.
19:01Évidemment,
19:02il y a probablement
19:02des vendeurs d'armes
19:03à qui on donne des décorations.
19:05Il y a probablement
19:06des gens qui sautent bien
19:07en hauteur ou en longueur
19:08ou en largeur
19:09à qui on donne des décorations.
19:10Tout ça est formidable.
19:11Et je ne connais pas forcément
19:12ces gens-là.
19:12Donc l'industrie...
19:13Mais quand je regarde
19:14la page Culture,
19:16je ne donnerai pas de nom
19:17mais finalement,
19:18l'honneur aujourd'hui
19:19consiste à ne pas avoir
19:20la Légion d'honneur.
19:23Il y a un certain nombre
19:24de philosophes
19:25qui disent
19:25je l'ai,
19:26mais je ne l'ai pas demandé.
19:27Ce sont des amis.
19:28Mon oeil,
19:28ce n'est pas vrai.
19:29Ça ne se passe jamais comme ça.
19:30Il faut la demander
19:30pour l'avoir.
19:31Mais bien sûr.
19:32Il faut donner son accord.
19:33Il ne faut pas dire
19:33oh, j'ai reçu un coup de fil
19:34ce matin.
19:34C'est pas pareil.
19:36Moi, j'ai eu l'honneur
19:37de ne pas avoir à refuser.
19:39Donc on ne me l'a jamais proposé.
19:41Donc je trouve ça formidable.
19:42C'est ma Légion d'honneur
19:43à moi
19:43de ne pas avoir mérité
19:45des légions
19:46qu'on donne.
19:46Ni le mérite
19:46ni les arzélètes, rien ?
19:47Non, rien.
19:48Je n'ai rien du tout.
19:49Mais c'est très bien.
19:49On ferait non médaillé.
19:50Non, oui,
19:51mais c'est formidable.
19:52C'est mon honneur.
19:53Et je n'ai pas besoin
19:54de ce genre de choses.
19:55Il faut demander.
19:56Je n'aime pas demander.
19:58L'orgueil normand.
19:59Non, ce n'est pas de l'orgueil.
20:00C'est simplement que
20:01moi, je crois comme ces hommes
20:03que cette médaille
20:05devrait signifier quelque chose.
20:06Et à ce moment-là,
20:07on peut la donner vraiment
20:08à eux
20:09qui, eux, ont vraiment fait des choses
20:11qui méritent la Légion d'honneur.
20:13Mais on a fait quoi
20:14quand on a fait un travail
20:15de philosophe ?
20:16Même si on s'est fait cracher dessus
20:17pendant 15 ans,
20:18traiter de nazi, de fasciste,
20:19de pédophil, de refugie...
20:19On a peut-être contribué
20:20à la marge du monde ?
20:21Non, non, non.
20:22Non, il faut que ce soit réduit.
20:24Très peu de gens, etc.
20:24Parce qu'à chaque fois,
20:25vous voyez,
20:26il y a parfois le cuisinier de Matignon
20:27qui a une Légion d'honneur.
20:29On dit qu'il a fait quoi
20:30pour honorer la France
20:30s'il a fait à bouffer
20:31au Premier ministre
20:32à 3h du matin
20:33quand il est rentré.
20:34L'art culinaire
20:35et la gastronomie, Michel.
20:36Oui, oui, oui.
20:37C'est un art.
20:37Oui, oui, je veux bien.
20:38Mais quand on a inventé quelque chose,
20:42quand on invente la nouvelle cuisine,
20:43quand on invente
20:43la cuisine moléculaire,
20:44c'est-à-dire quand on révolutionne
20:46la cuisine planétaire,
20:47ça, oui, ça mérite éventuellement
20:48une distinction
20:48parce qu'on a honoré la France.
20:50C'est-à-dire
20:50quand on a fait à manger,
20:51ça va, quoi.
20:52Bon, écoutez.
20:57Il ne devrait pas y avoir
20:58une double page
20:59petit caractère dans le Figaro
21:00deux fois par an.
21:02Donc, il y a trop,
21:02on donne trop la Légion d'honneur
21:03et pas assez aux vrais héros
21:05qui l'amèrent.
21:06Il n'y a vraiment n'importe qui.
21:06Ce n'est pas de l'esprit,
21:07évidemment,
21:07dans lequel elle a été créée.
21:09Sauver l'esprit.
21:10Sauver l'esprit de cette médaille,
21:12sauver l'esprit de la décoration.
21:13Si on veut que ça signifie
21:15véritablement quelque chose,
21:16il faut arrêter de donner
21:17à n'importe qui.
21:17Parce que quand on a affaire
21:18à des gens comme ça
21:19qui ne sont pas n'importe qui,
21:20qui sont pour le coup
21:21l'honneur de la France,
21:22l'honneur de la nation
21:22et qui viennent vous défendre,
21:24y compris s'il y avait
21:27dans le Bataclan
21:27des électeurs
21:30de la France insoumise
21:31qui estiment que la police tue.
21:33Dans ces cas-là,
21:33on ne demande pas
21:34sa carte d'identité aux gens,
21:35leur carte d'électeur,
21:36savoir si ce sont
21:37des bons électeurs,
21:38des mauvais électeurs,
21:38etc.
21:38On défend la nation.
21:39Il a parlé de la nation.
21:41Et c'est ça, effectivement,
21:42qu'il faut défendre.
21:43Maintenant, 10 ans,
21:44vous vous rendez compte ?
21:4510 ans !
21:46Qu'est-ce que ça veut dire ?
21:47Mieux vaut tard que jamais ?
21:50Pardon ?
21:51Je suis d'accord.
21:51Je ne sais pas.
21:52Moi, j'aurais refusé.
21:54Ah, non, pas pour ces hommes.
21:55Comment ?
21:55Non, ils l'ont expliqué très bien.
21:57C'est important pour eux,
21:58pour leur famille.
21:58Moi, je n'ai pas dit
21:59qu'ils auraient eu peu.
22:01Je leur ai fait savoir.
22:02Il y a 10 ans, oui.
22:03Je serais venu volontiers.
22:05Maintenant, vous êtes gentils,
22:06mais ils ont fait
22:07une opération de com'.
22:08C'est quoi cette formule
22:10de thérapie collective ?
22:11Qui est malade ?
22:13C'est la société qui est malade
22:14et elle est malade
22:14à cause de qui ?
22:15C'est-à-dire, c'est le médecin
22:16qui nous parle d'une thérapie collective
22:17avec une médaille
22:18qu'ils donnent 10 ans après
22:19alors que 10 ans après,
22:21c'est obscène 10 ans après.
22:24C'est 10 jours après.
22:25Il faut faire des études
22:26pour savoir si machin
22:27la méritait, si bidule, etc.
22:29Est-ce qu'il a repris une balle,
22:30deux balles, trois balles ?
22:31Est-ce qu'il a frôlé la mort,
22:32pas frôlé la mort ?
22:33On a besoin de 10 ans
22:33pour savoir ça ?
22:34J'ai trouvé ça très obscène.
22:36Maintenant, salut respectueux
22:39à tous ces gens de la BRI.
22:41Petite pause.
22:42On se retrouve dans un instant
22:43avec vous, mon cher Michel Onfray.
22:44On évoquera l'avenir de l'école
22:45qui se dessine avec de moins en moins d'élèves
22:47et en plus qui s'appelle
22:48de moins en moins bien lire
22:50et compter.
22:51Donc ça, c'est un vrai sujet.
22:52Donc, pour ensuite ?
22:53Oui.
22:54Et Boilem s'en salle.
22:55La valse de critique
22:56et la salve surtout de critique contre lui.
22:58On n'en est pas dans un instant.
22:59A tout de suite.
23:01On se retrouve dans
23:02Face à Michel Onfray
23:03sur CNews et sur Europe.
23:04Michel, à quoi va ressembler
23:05l'école en France en 2035 ?
23:07Il aura près d'un million
23:08sept cent mille élèves en moins.
23:10C'est un véritable séisme
23:12depuis des années.
23:13On fait juste le point sur les chiffres
23:14et puis on va évoquer
23:15cet avenir de l'école.
23:16En France,
23:18la chute démographique
23:19s'annonce brutale
23:19dans le milieu scolaire.
23:21Près d'1,7 million d'élèves en moins
23:22en 2035,
23:24selon les chiffres du ministère,
23:25soit une baisse de 14% en 10 ans.
23:27Une vague sismique
23:29qui touchera tous les territoires
23:30à moyen terme
23:31avec des regroupements
23:32ou des fermetures de classes,
23:34voire d'établissements
23:34et notamment dans les zones rurales,
23:36comme l'explique le ministre
23:37de l'Éducation nationale.
23:39J'ai une centaine de collèges en France
23:40qui font entre 50 et 60 élèves.
23:42Ça veut dire qu'il y a
23:43une classe par niveau.
23:44On essaye de les protéger au maximum.
23:46Dans certains endroits,
23:47les collectivités font le choix
23:48de les fermer,
23:49mais on essaye de les préserver
23:50parce que ça correspond
23:51à un tissu important.
23:52Edouard Giffray
23:53a également annoncé
23:54la suppression de 3200 postes
23:56à la rentrée scolaire.
23:57Mais pour certains syndicats
23:58comme le SNALC
23:59et son vice-président Maxime Repère,
24:01cette baisse serait plutôt l'occasion
24:02de repenser l'encadrement.
24:04Se saisir de ce phénomène
24:08qui, à nos yeux,
24:09constitue une opportunité
24:11pour justement réduire
24:13le nombre d'élèves par classe.
24:14Il est évident
24:15que baisser le nombre
24:17d'élèves par classe
24:19va permettre
24:21de meilleures conditions de travail
24:23pour les collègues
24:24et une meilleure réussite
24:25pour les élèves.
24:25Face à la baisse des naissances,
24:27l'offre scolaire
24:28devrait donc évoluer
24:29à long terme.
24:30Si les fermetures d'écoles
24:31se feront encore
24:32avec l'accord du maire
24:33l'an prochain,
24:34ce principe pourrait ensuite
24:35être amené à disparaître.
24:37Michel Onfret,
24:37c'est vraiment la clé de boute
24:38de notre société de demain.
24:39Il faut repenser à l'architecture
24:41de l'éducation nationale,
24:42à la lumière de la chute
24:44du nombre d'élèves
24:45sur tous les territoires,
24:47urbains et ruraux.
24:49Oui, je sais bien
24:50que les syndicats ne pensent
24:51qu'en termes de quantité d'élèves
24:52et pas de qualité d'enseignement.
24:55Moi, je n'ai pas le souci de ça.
24:56C'est plus simple
24:57de faire cours à 15 élèves
24:58que 34 ?
24:59Ça dépend.
25:00Moi, j'étais prof pendant 20 ans,
25:02j'avais des classes de 38 élèves
25:04et j'étais prof de philo
25:05dans un lycée technique.
25:06Je vous assure que
25:07coefficient 1...
25:09Et il n'y avait pas une mouche
25:10qui volait dans la salle ?
25:11Oui, je peux le dire comme ça.
25:13Je n'ai jamais eu de problème
25:13de discipline ou d'autorité.
25:16Et j'avais 9 classes.
25:17Et donc, ça en faisait
25:18des copies, etc.
25:19Bon, je vais avoir une pensée
25:21pour la mère de mon vieil ami
25:24Gislain Gondouin
25:25qui vivait en délivre ancien
25:26dans mon village
25:26et qui était mon institutrice.
25:27Elle a 94 ans
25:28et Paulette qui nous écoute
25:29régulièrement.
25:31On la salue.
25:31Oui.
25:32Eh bien, elle avait parfois
25:33trois niveaux par classe
25:34et les petits.
25:35Donc, il fallait faire
25:37trois cours
25:38dans un même espace
25:39et dans un même volume.
25:40Je ne suis pas à dire
25:41il faut refaire ça.
25:42Je ne dis pas ça.
25:44Ça arrive dans certains endroits
25:45où il y a plusieurs niveaux
25:46dans la classe.
25:46Dans les écoles de campagne,
25:48oui, bien sûr.
25:49Et donc, je veux bien
25:51qu'on pense en termes
25:52de quantité d'élèves
25:53dans la classe.
25:54Mais quand vous avez
25:55de l'autorité,
25:56il n'y a aucun problème
25:57avec le fait d'avoir
25:57des classes chargées.
25:59Et si vous n'avez pas
26:01d'autorité,
26:01si vous avez 12 élèves,
26:02ce sera le bazar quand même.
26:03Mais je veux bien entendre ça.
26:05Confort intellectuel du professeur.
26:07Mais 1,7 millions d'élèves
26:08en moins,
26:08des natalités.
26:09Oui, mais il y aura
26:11moins d'élèves.
26:11Et puis voilà, simplement,
26:13le problème,
26:13ce n'est pas moins d'élèves,
26:15c'est moins d'intelligence,
26:16c'est moins de conscience
26:16intellectuelle,
26:17c'est moins de culture,
26:18c'est moins de mémoire,
26:18c'est tout ça le problème.
26:20Et en plus,
26:20ils lisent moins.
26:21Et j'allais arriver à ça
26:22en disant que quand on met ça
26:23en perspective
26:24avec l'effondrement des lectures,
26:25ce que moi je dis depuis des années,
26:27on me dit que je suis
26:28un oiseau de mauvaise augure,
26:29un décadentiste.
26:30Et puis maintenant,
26:31il y a des chiffres
26:31qui nous le montrent
26:32et qui nous le disent
26:32très précisément.
26:33Et du Centre national du livre,
26:35la lecture est délaissée
26:36par les jeunes
26:36qui passent 10 fois plus de temps
26:37sur leurs écrans qu'à lire,
26:3918 minutes par jour
26:39à la lecture,
26:40je doute de ce chiffre,
26:423 heures sur les écrans,
26:43ça j'en suis absolument convaincue.
26:44Ça doit être une moyenne.
26:45C'est-à-dire qu'il y a des gens
26:51ou je ne sais quoi.
26:51Donc vous avez une moyenne.
26:52Mais si vous prenez le salaire
26:54du plus riche en France
26:55et de couper en deux,
26:57vous dites le salaire moyen, ça.
26:58Ce sont des chiffres
26:59auxquels je ne crois pas.
27:00Moi, autour de moi,
27:00je vois bien l'effondrement du livre,
27:02l'effondrement de la lecture
27:03et l'incapacité à la concentration.
27:05Sur des textes longs.
27:06Et même sur des textes courts.
27:08Mais sur des livres de 300 pages,
27:09il n'y arrive pas.
27:10C'est mort, ça on est d'accord.
27:11Mais je dirais même
27:12la capacité à se concentrer
27:13sur une page
27:14pour en sortir le sens.
27:16C'est-à-dire que vous dites
27:17il était grand,
27:18il avait les cheveux blonds
27:19et il avait les yeux bleus.
27:20Il est arrivé dans la maison
27:21en ouvrant une porte
27:22dont la couleur était bleue, etc.
27:24Vous faites une lecture du texte
27:25et vous dites
27:25quelle était la couleur des yeux,
27:27quelle était la couleur de la porte,
27:28etc.
27:29Je ne sais pas, etc.
27:30Donc évidemment,
27:30il ne s'agit pas de textes intellectuels
27:32avec des idées,
27:33avec des concepts,
27:34avec des raisonnements,
27:35avec des argumentations,
27:36ce genre de choses.
27:36Des textes descriptifs,
27:38ils sont perdus les enfants.
27:39Un, ils ne lisent pas.
27:39Deux, quand ils lisent,
27:40ils ne retiennent pas.
27:42Et trois, quand ils lisent.
27:42En plus, ils font une chose
27:43en lisant.
27:44Oui.
27:44Et ils ont leur téléphone
27:45de l'autre main.
27:46Donc l'enjeu,
27:46ce n'est pas de dire moins d'élèves,
27:47c'est de dire
27:48quelle nouvelle école.
27:49Moins d'élèves,
27:49plus de profs ou je ne sais quoi.
27:50C'est de dire
27:52moi j'ai un culte pour le livre,
27:53pour la lecture.
27:54Je suis dedans.
27:55Ma maison,
27:56c'est une librairie.
27:57Il n'y a plus de place
27:58pour quoi que ce soit.
27:59Je ne peux même plus
28:00accrocher une carte postale
28:01quelque part.
28:02Et c'est ma vie
28:04et ça m'a construit,
28:05ça m'a constitué.
28:06Mais aujourd'hui,
28:07je vois des jeunes
28:07qui ne sont plus intéressés.
28:09Mais pourquoi faire ?
28:11C'est l'ancien monde.
28:12Ils nous disent
28:12c'est l'ancien monde.
28:13Et vous voyez,
28:14quand vous dites
28:14maintenant on va essayer
28:15de regarder une fable
28:16de La Fontaine,
28:17ce n'est pas facile à comprendre
28:18pour l'un de gens.
28:18Les essais de Montaigne,
28:19c'est devenu illisible.
28:21Donc 16e,
28:22la Montaigne,
28:2217e,
28:23La Fontaine,
28:2418e,
28:25on peut encore lire.
28:26On va parler
28:27de Condorcet tout à l'heure.
28:28C'est une belle langue,
28:30la langue du 18e siècle.
28:31Tout le monde écrit
28:31à peu près bien.
28:32Les Voltaire,
28:32j'enlève-le à peu près bien.
28:34Vous avez Voltaire,
28:35vous avez Rousseau,
28:36vous avez Montesquieu,
28:37vous avez tous ces gens-là
28:37qui écrivent un français magnifique.
28:39Mais ça reste un peu compliqué
28:41encore pour certains.
28:42C'est-à-dire qu'on voit bien
28:43que peu de gens lisent.
28:44Quand ils lisent,
28:45ils lisent peu de choses
28:46vraiment très intéressantes.
28:47Et les choses très intéressantes
28:48elles sont extrêmement réduites.
28:50Parce que finalement,
28:51vous allez lire quoi ?
28:51Des petits livres
28:52écrits par des gens
28:53extrêmement simples d'aujourd'hui
28:54qui nous disent,
28:56qui font du bien-être.
28:58Oui, mais il faut lire.
28:59Même si c'est ces textes simples,
29:01au moins qu'on les lise.
29:02Écoutez, mon père était né en 21.
29:04À l'école,
29:05il y avait un petit livre
29:06que j'ai toujours,
29:06un petit livre de lecture
29:07où on apprenait à lire
29:08quand on avait...
29:09Enfin, pas à lire
29:10quand on avait 6 ans,
29:11mais je veux dire
29:12avec la littérature.
29:13On apprenait Mérimé,
29:15Maupassant,
29:15on apprenait Cervantes,
29:17on apprenait avec Shakespeare,
29:18des traductions de Shakespeare,
29:19de Cervantes, etc.
29:20C'est-à-dire,
29:21on estimait qu'il y avait
29:22des accès possibles
29:23aux grands textes
29:24de la littérature.
29:25Aujourd'hui,
29:25vous avez une catastrophe
29:26qui s'appelle
29:26la littérature pour enfants
29:27ou la littérature pour jeunesse
29:29qui consiste à dire...
29:30À niveler par le bas.
29:31Oui, oui, oui.
29:32Et donc,
29:32on pourrait très bien imaginer
29:33dans l'école
29:34une grande politique
29:34de la lecture
29:35dans laquelle on initierait
29:37au chef-d'œuvre
29:37et pas aux bouquins
29:39qui disent
29:40vous avez des petits problèmes
29:41avec papa,
29:41avec maman,
29:42de divorce,
29:42de je ne sais pas quoi,
29:44de sexualité,
29:45de genre.
29:46Tout ça peut exister très bien,
29:48mais ce n'est pas vraiment
29:49avec ça qu'on peut éduquer
29:50des enfants.
29:51Et je pense qu'à l'école,
29:52il faudrait un grand programme
29:53culturel sur les humanités.
29:55La peinture,
29:55la littérature,
29:56la musique qui vous est chère,
29:57la poésie qui vous est chère aussi.
29:58Enfin,
29:58toutes ces choses
29:59qu'on n'enseigne pas à l'école.
30:00S'il s'agit de savoir
30:02ce que sont les rimes plates
30:02croisées ou embrassées
30:04dans un sonnet de Baudelaire,
30:05on s'ennuie un peu vite.
30:06Mais si on veut dire
30:07nous avons un génie français
30:08qui est le génie de la littérature,
30:10enseigne Rabelais,
30:11enseigne Baudelaire,
30:11enseigne, etc., etc.,
30:13Albert Camus,
30:14ou Kamel Daoud,
30:15ou alors...
30:16Boalem Sansal.
30:17Vous me faites la liaison
30:18pour notre sujet d'après,
30:19qui est notre cher Boalem Sansal,
30:21qui a passé un an,
30:22on le rappelle,
30:23dans les prisons algériennes,
30:24alors qu'il a été malade,
30:25qu'il a plus de 80 ans.
30:26Il a été,
30:27depuis quelques semaines,
30:28Michel,
30:28la cible d'attaques
30:29très virulente
30:30de la part de certains journalistes,
30:31même d'écrivains,
30:32qui ont décrété
30:34qu'il n'était
30:35ni un très bon écrivain,
30:37ni un auteur
30:38qui vendait des livres,
30:39ce qui est totalement faux,
30:40parce que c'est un excellent
30:41et exceptionnel écrivain
30:42qui a vendu
30:43jusqu'à 400 000 livres
30:45sur certains de ses ouvrages.
30:47On l'a même accusé
30:48à la faveur
30:49de son transfert
30:50de la maison Gallimard
30:50vers la maison Grasset
30:51d'être d'extrême droite.
30:53On a tout entendu
30:53sur Boalem Sansal.
30:54On va juste écouter
30:55Noël Lenoir
30:56qui faisait partie
30:56de son comité de soutien.
30:57Vous allez nous dire
30:58à quoi sert en réalité
31:00cette délégitimation
31:01de l'œuvre
31:02et de la personne
31:03de Boalem Sansal.
31:05C'est quelqu'un
31:06sur qui tout ça glisse,
31:07parce qu'il n'est dupe
31:09de rien.
31:10Il sait très bien
31:10que c'est du parisianisme pur.
31:13Il sait très bien,
31:13par exemple,
31:14on parlera de Kamel Daoud,
31:16que ces gens-là
31:17ne font rien.
31:18Et par exemple,
31:18Le Monde,
31:19qui a prétendu
31:20quand le plan de communication
31:22organisé par Gallimard
31:24uniquement dans les organes
31:25de presse
31:25et de médias
31:26qui lui avaient tapé dessus
31:28ou qui ne l'avaient absolument
31:29pas soutenu
31:29pendant son incarcération,
31:31dont Le Monde,
31:32Le Nouvel Obs,
31:33Libé,
31:34France Inter,
31:35France TV,
31:35il a été,
31:36comme vous le savez,
31:37assigné à résidence
31:38pendant trois mois
31:39pour qu'on lui organise
31:41triomphalement ce plan média.
31:43Il n'est absolument pas dupe
31:44de ces gens-là.
31:45Ils sont en train de mordre
31:47parce qu'ils ne comprennent pas
31:48que finalement,
31:49la liberté d'expression,
31:50c'est une liberté
31:51de dire la vérité
31:52et de dire ce qu'ils pensent.
31:53Voilà pour Noël Lenoir
31:55qui faisait partie
31:57du comité de soutien
31:57à Boalem sans salle.
31:58On est en face
31:59à Michel Onfray
32:00sur CNews et sur Europe 1.
32:01Michel,
32:01comment vous expliquez
32:02cette cavale
32:03contre Boalem sans salle ?
32:04D'abord,
32:05je me réjouis
32:05que des arguments
32:06que je défendais
32:07il y a plusieurs mois
32:07sont enfin défendus à nouveau
32:09quand je disais
32:10que Gallimard avait menti
32:11le concernant
32:12et qu'il était mal entouré,
32:14que l'Académie française
32:15s'était mal comportée
32:16avec lui.
32:17Donc moi,
32:17je l'ai fait savoir.
32:19Depuis,
32:19il est devenu académicien ?
32:20Oui, d'accord.
32:21Mais j'ai parlé,
32:23moi,
32:23d'une époque
32:23où il était en prison.
32:25Il était en prison.
32:25Il était en prison.
32:26Absolument, Michel.
32:27Je parlais de cette époque-là
32:28où on a fait savoir
32:29que le faire entrer
32:31à l'Académie française,
32:33n'y a-t-il jamais eu
32:34un portrait
32:35de Boilem sans salle
32:36sur l'Académie française ?
32:37Il n'y en a pas eu.
32:39Son éditeur nous disait
32:39tout se passe bien.
32:40Il relit Victor Hugo.
32:42Je me souviens très bien
32:43qu'Antoine Gallimard
32:43disait ce genre de choses.
32:45Et je faisais savoir
32:45que bon,
32:46tant mieux.
32:47S'il était dans ces conditions-là,
32:50tant mieux.
32:51Si vous êtes dans une prison,
32:52vous avez une bibliothèque,
32:53vous avez des livres
32:53pour un écrivain,
32:54tout va bien.
32:55Je ne croyais pas
32:56que ça se passait comme ça.
32:57Et j'ai bien eu raison
32:58quand on a su par la suite.
33:00Aujourd'hui,
33:01ce qui se passe,
33:02est de dire
33:02qu'ils lui ont lavé le cerveau,
33:04qu'il a changé d'idées.
33:06On essaie de faire son procès.
33:07Oui, c'est le procès
33:08qu'on fait à tous les hommes libres.
33:10Tous les gens
33:10qui ne sont pas assignables.
33:12Tous les gens
33:12qui ne font pas acte d'allégeance.
33:15Au système, donc.
33:16À qui que ce soit.
33:17C'est-à-dire un écrivain.
33:18Moi, je n'aime pas l'allégeance.
33:21Voilà l'idée d'être obligé
33:22d'avoir un roi et seigneur
33:24à qui on dirait
33:25oui, bien sûr,
33:26vous avez raison,
33:26je fais allégeance.
33:27La vassalisation,
33:28la suzeraineté,
33:29ce n'est pas ma logique.
33:30Vous avez compris.
33:30Ce n'est pas comme ça que je...
33:31Oui, je pense que vous avez compris.
33:33Et donc,
33:33je n'en défends
33:34aucune forme d'allégeance.
33:36Et c'est un homme
33:37qui ignore l'allégeance.
33:38Donc, bien sûr,
33:39il n'y a pas d'allégeance
33:40à l'Algérie,
33:41il n'y a pas d'allégeance
33:42au régime algérien,
33:43il n'y a pas d'allégeance
33:44au FLN,
33:45il y a une allégeance
33:45éventuellement affective
33:47et affectueuse
33:47au peuple algérien
33:48que moi, j'ai vu
33:49dans la rue
33:50quand j'y suis allé
33:50et qu'il faut absolument
33:52distinguer
33:59et qu'ils sont extrêmement
34:00subventionnés par leur éditeur
34:01avec des avaloirs conséquents.
34:02L'avaloir, c'est ce qu'on donne
34:03en disant
34:04voilà ce que nous espérons vendre
34:05en sachant très bien
34:06qu'on ne vendra pas
34:07mais l'avaloir, on le garde,
34:08c'est donc un salaire.
34:10Tous ces gens-là
34:10qui estiment que Boilem
34:12ne vend pas
34:12sont eux des gens
34:14qui ne vendent pas beaucoup
34:14pour la plupart.
34:15D'une part, d'autre part,
34:17ne pas vendre,
34:17ce n'est pas un argument littéraire.
34:19Bien sûr.
34:20Parce que...
34:20Combien de chefs-d'oeuvre
34:21ne se sont pas rendus ?
34:22Mais bien sûr.
34:23Ce qu'on appelle
34:23les romances aujourd'hui
34:24qui sont des catastrophes
34:26et qui se vendent très bien,
34:27ça devrait être ça le modèle.
34:28D'ailleurs,
34:29chez Grasset,
34:30ça peut être aussi souvent
34:30le modèle.
34:31Et quand on a dit
34:32il y a un vrai motif,
34:34il y a une vraie raison,
34:35il y en a de multiples,
34:36mais on a dit
34:38le groupe voulait
34:38que le livre paraisse en juin.
34:40Le problème,
34:41c'est que
34:41si vous paraissez en juin,
34:43vous êtes éligible
34:44au jury littéraire.
34:46Ah !
34:46Ça veut dire que
34:47vous pouvez...
34:48On lit, eh oui.
34:49Et en novembre, non.
34:50En septembre, octobre, novembre, non.
34:51Intéressant aussi.
34:52Et voilà.
34:52C'est-à-dire, en gros...
34:54C'est une lecture
34:54qu'on a assez peu faite,
34:55effectivement, des événements.
34:56Je n'ai pas entendu ça.
34:57Il faut connaître un peu
34:59le milieu
34:59pour pouvoir savoir
35:01comment les choses fonctionnent.
35:02Si ça paraît en juin,
35:04vous avez ce qu'on appelle
35:05des épreuves
35:06qui, elles,
35:06existent en amont
35:07un mois au moins avant.
35:09Et ça veut dire
35:09qu'on peut lire
35:09le livre sans la couverture
35:11avant les corrections définitives.
35:14Il y a encore
35:14quatre ou cinq petites fautes.
35:15Mais les journalistes
35:16reçoivent des épreuves,
35:17peuvent juger,
35:17peuvent faire des papiers
35:18et il y a des sélections
35:19qui permettent d'être
35:20au Goncourt,
35:22au Renaudot,
35:24au Fé de l'Académie française,
35:25etc.
35:26Ça veut dire que
35:27vous êtes sélectionné.
35:28Ça veut dire que peut-être
35:28vous n'avez pas le prix.
35:29Ça veut dire que
35:30peut-être que vous pouvez l'avoir.
35:31Mais si vous êtes sélectionné,
35:32on parle de vous.
35:33Ça veut dire que
35:34si vous choisissez novembre,
35:35vous écartez Boilem
35:36de la fiesta
35:37des prix littéraires.
35:39Fiesta dans laquelle
35:40les éditions Grasset
35:41sont très douées.
35:42C'est-à-dire,
35:42vous aviez,
35:43à l'époque où j'étais chez Grasset,
35:45moi j'étais doucement
35:45conduit vers la sortie,
35:47très gentiment,
35:48mais je ne parle pas
35:49du Grasset de Jean-Claude Fasquel,
35:51grande époque.
35:53Mais il y avait des gens
35:54qui étaient dans des jurys littéraires
35:56à qui on faisait
35:57des avaloirs très intéressants
35:58pour des contrats
35:59qui stipulaient
36:00la remise de manuscrits
36:01qui n'étaient jamais remis.
36:02Et puis on disait,
36:02ben là,
36:03tu vas quand même voter pour machin,
36:04pour Budil.
36:05Oui d'accord,
36:05mais toi on va faire pareil.
36:06Oui, mais toi tu votes pour celui-ci.
36:07Moi je vote pour celui-là,
36:08etc.
36:08Il y avait à l'époque
36:09un Galli Grasseuil,
36:11Gallimard Grasset-le-Seuil,
36:12c'était un mot
36:13qui avait été fabriqué
36:14pour dire qu'il trustait
36:15la totalité des prix
36:16et ce n'était pas
36:17la qualité littéraire
36:18qui emportait la décision.
36:20Donc là,
36:21il n'y a pas un truc du genre
36:22il y en a un qui voulait juin,
36:23il y en a un qui voulait septembre,
36:24ils ne se sont pas entendus,
36:25donc non pas du tout.
36:26Il y avait autre chose.
36:26Vous avez un patron de groupe
36:29qui dit je soutiens cet homme
36:30et on va le soutenir
36:31avec la logique habituelle
36:32des prix littéraires,
36:34du bruit médiatique
36:35qu'il y a autour de ça
36:36et d'autres qui disent
36:37vous me l'imposez
36:38mais on en fera le moins possible
36:38ça paraîtra dans un moment
36:40où il ne pourra plus
36:41être dans les sélections.
36:43Donc c'était à bas bruit
36:44une façon de dire
36:45que Olivier Norat
36:46ne soutenait pas Boilem Sansal
36:47pour,
36:48et là c'est le troisième point,
36:49pour des raisons idéologiques
36:50sous prétexte
36:51que quand vous n'êtes pas
36:52aujourd'hui de gauche
36:53c'est-à-dire d'extrême gauche
36:54vous êtes de droite
36:54donc d'extrême droite
36:55ça veut dire que vous êtes fasciste
36:57que vous êtes raciste etc.
36:58Il ne faut pas avoir lu Boilem
37:00pour dire des choses pareilles.
37:01De toute façon
37:02on n'a pas besoin
37:03quand on insulte des gens
37:04d'être soucieux de la réalité
37:06il faut juste insulter
37:07la réalité c'est que
37:07c'est un grand auteur
37:09c'est qu'il vend beaucoup de livres
37:09si on veut prendre
37:10ce critère-là en considération
37:12c'est qu'il y a un ton
37:13et c'est surtout
37:14qu'il ne souscrit pas
37:15à la bouillie islamo-gauchiste
37:17voilà quelqu'un
37:18qui nous dit
37:18nous allons parler
37:19c'est comme Kamel Naoud
37:19qui vient de nous apprendre
37:20et on pense à lui
37:21qui a été conné
37:21il y a 3 ans de prison
37:22ferme et 5 millions de dinars
37:24en Algérie
37:25un roman
37:26un roman
37:27c'est-à-dire
37:28il n'a même pas fait
37:28et encore aurait-il fait
37:29une analyse sociologique
37:31historique
37:31de la question
37:32de la guerre civile
37:34qu'il aurait eu le droit
37:35tout autant
37:36il l'a fait avec son talent
37:37qui est celui
37:38d'un romancier
37:39alors un romancier
37:40c'est pas quelqu'un
37:40qui part de rien
37:41et donc après
37:42on lui a fait un procès
37:43intenté par l'Algérie
37:44repris évidemment après
37:45par un certain nombre
37:46de journalistes en France
37:47et on a trouvé
37:48deux auteurs
37:49écrivent en français
37:50aussi
37:50et ils disent
37:51leur amour de la France
37:52et voilà des franco-algériens
37:54qui ne sont pas
37:56des gens qui détestent
37:57la France
37:57et c'est ça
37:58qui est insupportable
37:59pour toute la caste
38:00qui justement
38:01à Saint-Germain-des-Prés
38:02n'aime pas
38:03ni la France
38:04ni les français
38:04ni les gens
38:05qui développent
38:05un drapeau bleu-blanc-rouge
38:07qui sont tout de suite
38:07traités de fascistes
38:08moi évidemment
38:09je suis un eurosceptique
38:10j'ai voté non à Maastricht
38:12je n'ai jamais soutenu
38:13la gauche libérale
38:14et il a fallu doucement
38:15me conduire vers
38:17la porte de la sortie
38:17ce que j'ai fait
38:19gentiment
38:19et sans grand bruit
38:20mais hommage
38:22je me suis rendu
38:23à Jean-Claude Fasquel
38:24qui était un grand éditeur
38:25Michel
38:26le point philo
38:26on va le consacrer
38:27à Condorcet
38:28esquisse d'un tableau
38:29historique
38:30des progrès
38:30de l'esprit humain
38:32expliquez-nous
38:32pourquoi cet auteur
38:33est indispensable
38:33à lire aujourd'hui
38:35parce que c'est
38:36l'inventeur du progressisme
38:37dans l'antiquité
38:38la conception du temps
38:39elle est circulaire
38:40chez les grecs
38:41et chez les romains
38:41ce qui est vécu
38:43a été vécu
38:44sera vécu
38:44ça revient internellement
38:45donc c'est le fatum
38:47c'est le destin
38:47c'est une conception du temps
38:48autre conception du temps
38:50les chrétiens
38:50qui nous disent
38:51c'est une ligne
38:51et cette ligne là
38:52c'est derrière moi
38:53j'ai le passé
38:53ici le présent
38:54devant le futur
38:55on a déjà parlé de ça
38:56et donc
38:58c'est un progrès linéaire
39:00le temps
39:01c'est une flèche
39:01qui se déplace
39:02et puis vous avez
39:03avec les progressistes
39:04et avec Condorcet
39:05cette idée
39:05qu'on lève la flèche
39:06et on estime
39:07que de là où on part
39:08et là où l'on va
39:09il y a un progrès perpétuel
39:10c'est le progressisme
39:11le progressisme
39:12est une religion
39:14et tous les gens de gauche
39:15sont des progressistes
39:16c'est-à-dire des dévots
39:17du progrès
39:17et ils estiment que
39:19demain
39:19ce sera mieux
39:20qu'hier
39:21et qu'hier
39:22c'était moins bien
39:22qu'avant-hier
39:23ou c'était mieux
39:25qu'avant-hier
39:26et donc ce progressisme
39:28Condorcet
39:28c'est une esquisse
39:29d'un tableau
39:30il aurait fait
39:31un très gros livre
39:31avec ça
39:32mais c'est juste
39:32la préface
39:33qu'il était en train
39:33d'écrire
39:34en 1793
39:36pendant la terreur
39:37et il nous explique
39:37que l'humanité a évolué
39:39des tribus primitives
39:42qui supposent un chef
39:43un chef de famille
39:44et puis le chef
39:45qui est un homme
39:45etc
39:46il dit ça
39:46c'est le début de l'humanité
39:47c'est ainsi que ça se constitue
39:48et puis on passe
39:49du nomadisme
39:50à la sédentarité
39:51c'est-à-dire le nomade
39:52c'est quelqu'un qui chasse
39:53qui pêche
39:53il essaie de récupérer
39:54du poisson
39:55des fois il n'en a pas
39:55il essaie de tuer des animaux
39:56des fois il n'en a pas
39:57et bien il passe
39:58du nomadisme
39:59à la sédentarité
39:59c'est-à-dire de la chasse
40:01de la pêche
40:01de la cueillette
40:02à l'agriculture
40:03et là pour le coup
40:04c'est la propriété
40:05on travaille
40:06on a un bassin
40:07dans lequel on met des poissons
40:08on a un jardin
40:09dans lequel on fait pousser
40:09des légumes
40:10et on change de monde
40:11et il fait ça
40:12avec la totalité
40:13de l'humanité
40:14il dit
40:14il y a le génie grec
40:15et il parle de périodes
40:16il y a dix périodes
40:16dans son livre
40:17et il nous dit
40:18la période des tribus primitives
40:19la période
40:20de l'invention d'écriture
40:22la période des grecs
40:23il fait comme ça
40:25ça c'est le progrès
40:26c'est le progrès
40:26et il dit
40:27quoi qu'il arrive
40:27de toute façon
40:28ce sera toujours mieux demain
40:30il nous dit
40:31il invente cette idée
40:31que le Moyen-Âge
40:32ce serait une catastrophe
40:33et ce serait une régression
40:34c'est une idée
40:34que reprend Michelet
40:37qui est une idée fausse
40:38non
40:39il y a eu un génie
40:40du Moyen-Âge
40:41génie de la scolastique
40:43de la pensée
40:44de l'architecture
40:44de la peinture
40:45et c'est faux
40:46de dire une chose pareille
40:47parce que ce qu'il veut dire
40:48lui c'est que finalement
40:49le grand progrès
40:50c'est 1789
40:51c'est la révolution française
40:52c'est l'abolition des privilèges
40:54et c'est un obsédé
40:55de l'égalité
40:56en ce sens
40:58il est assez précurseur
40:59égalité entre les noirs
41:01et les blancs
41:01par exemple
41:01c'est un anti-esclavagiste
41:03il n'y en a pas beaucoup
41:03à cette époque-là
41:04entre les hommes et les femmes
41:05il nous dit
41:06il n'y a pas une différence
41:07de nature
41:08entre les hommes et les femmes
41:09il y a simplement
41:09une différence d'éducation
41:10si il nous dit
41:11que les femmes
41:11comme les hommes
41:12et bien
41:13elles produiront autant de génies
41:14que les hommes
41:15ce qui est rare au 18ème
41:16c'est une idée aujourd'hui
41:17on apprécie
41:18oui mais ce n'est pas une idée
41:19défendue sur toute la planète
41:21c'est une chose
41:22qu'on ne dit pas beaucoup
41:23mais dans tous les pays
41:25qui ne sont pas judéo-chrétiens
41:26je le dirais comme ça
41:27cette idée que les hommes
41:29égalent les femmes
41:29ce n'est pas une idée courante
41:31ce n'est pas une idée
41:31non plus répandue
41:33et puis il nous dit
41:35l'éducation fait tout
41:36il croit à ce qu'on appelle
41:37l'éducabilité
41:38c'est-à-dire à la possibilité
41:39de rendre raisonnables les gens
41:41donc il n'aime pas les curés
41:42il n'aime pas l'église
41:43il n'aime pas le clergé
41:45voilà pourquoi il n'aime pas
41:46d'ailleurs le Moyen-Âge non plus
41:47il aime la raison
41:48il aime la pédagogie
41:49il aime l'éducation
41:50il a des projets d'éducation
41:52et surtout il invente
41:53la politique scientifique
41:54ça c'est la pire des choses
41:55parce qu'il nous dit
41:56je n'ai pas des idées
41:57parce que je défends une idéologie
41:59je défends des idées
42:01parce que j'ai la science avec moi
42:02et à l'époque
42:04on n'utilise pas la formule
42:05mais la probabilité
42:07les théories de la probabilité
42:08il dit la probabilité
42:09veut que nous allions vers
42:10et là il y a son dixième tableau
42:12et dans le dixième tableau
42:13il y a des trucs absolument incroyables
42:15donc on va supprimer
42:16il n'a pas tort sur tout
42:17il nous dit
42:17on va supprimer la souffrance
42:18la maladie
42:19avec une politique hygiéniste
42:21avec des médicaments
42:22qu'on inventera
42:23avec des maladies
42:23on y est
42:24la mort deviendra
42:26oui
42:26vous avez raison
42:27il y a une grande partie
42:28qui est assez juste
42:29mais il y a simplement
42:32un oubli chez lui
42:33c'est que l'homme
42:34n'est pas bon
42:34naturellement
42:35lui il le pense
42:36mais l'homme n'est pas
42:37naturellement bon
42:38et il y a un progrès
42:39dans le mal aussi
42:39et il n'y a pas de place
42:40pour le progrès dans le mal
42:41chez lui
42:43c'est à dire
42:43qu'aurait-il dit
42:44d'Adolf Hitler
42:47qu'aurait-il dit
42:48de Staline
42:49qu'aurait-il dit
42:50du massacre
42:51du Rwanda
42:52qu'aurait-il dit
42:52etc etc
42:53et ce progressisme
42:55a généré par la suite
42:56le communisme
42:56le marxisme
42:57etc
42:57et un tas de dévots
42:58aujourd'hui
42:59qui estiment que
43:00si on change
43:01si on révolutionne
43:02si du passé
43:02on fait table rase
43:03et qu'on invente
43:04quelque chose de neuf
43:05alors parce que c'est neuf
43:06c'est mieux
43:07c'est problématique
43:08parce que l'homme est ainsi fait
43:10qu'il ne fabrique pas
43:11que du bon
43:11il y a du progrès
43:12dans le bien
43:13c'est formidable
43:13mais dans le mal aussi
43:14il y a aussi hélas
43:15du progrès dans le mal
43:16merci Michel
43:16pour cette analyse
43:17de Condorcès
43:18qui est un tableau historique
43:19des progrès de l'esprit humain
43:20je dois dire juste une chose
43:21c'est que lui qui nous dit
43:22que tout ça est formidable
43:24il démarre la révolution française
43:25comme Girondin
43:26et il se fait persécuter
43:27par les Jacobins
43:28il est poursuivi par eux
43:29et il meurt
43:30certains disent en se suicidant
43:32mais je dirais moi
43:32dépuisement
43:33on n'a pas de thèse
43:34sur le suicide
43:36dépuisement
43:36parce que les gens
43:37qui veulent le progrès
43:38voulaient sa peau
43:38mais c'était notre point philo
43:39merci Michel
43:40on se retrouve la semaine prochaine
43:42sur ces news et sur Europe 1
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