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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel. Bonjour Laurence. Je vous sens impatients de mordre à pleines dents dans l'actualité.
00:08Mordre, mordre. Avec votre prisme de philosophe bien sûr.
00:11On parlera d'ailleurs de votre dernier livre en librairie cette semaine
00:14et consacré à Proudhon, l'anarchie positive du bon usage de Proudhon.
00:19Ça, c'est un ouvrage à lire.
00:21On va parler aussi de cette nouvelle agression d'une professeure de 60 ans
00:24qui a été poignardée en pleine classe à Sanary-sur-Mer par un élève de 3ème,
00:28âgé de 14 ans, un jeune qui était suivi par les services de protection de l'enfance,
00:33un acte prémédité, hélas, par cet adolescent.
00:35Une violence que l'on mettra en parallèle avec celle que subissent chaque jour les policiers et les gendarmes.
00:41En 3 jours, plus de 10 policiers ont été blessés lors de refus d'obtempérer sur le territoire français,
00:46signe d'un effondrement de l'autorité et d'un rejet des règles qui régissent notre vie en société.
00:53Le procès en appel de Marine Le Pen, les réquisitions des procureurs sont tombées cette semaine.
00:57Je rappelle qu'il ne s'agit pas du jugement qui sera rendu avant l'été.
01:00Les 5 ans d'inéligibilité de la triple candidate à la présidentielle ont été confirmés dans ces réquisitions.
01:06Si le tribunal les suit, cela veut dire qu'elle ne pourra pas se présenter en 2027.
01:11Pour vous, Michel, cela s'inscrit dans le projet d'une éviction du peuple démocratique
01:15en le privant d'une candidate qui défend ses intérêts.
01:18Enfin, le point philo, Michel, on va s'intéresser à Jean Grenier et son essai sur l'esprit d'orthodoxie.
01:24Qui était Jean Grenier ? C'était le professeur de philosophie, nous apprenez-vous,
01:29d'Albert Camus, qui a considérablement influencé sa philosophie politique antitotalitaire dès les années 30.
01:36Passionnant. Rendez-vous à la fin de notre émission.
01:39On commence, vous êtes prêt, Michel ?
01:41On commence par ce drame à Saint-Narré-sur-Mer, une enseignante d'art plastique, 60 ans, poignardée en plein cours.
01:47Je sais que ça vous parle parce que vous êtes très proche du corps enseignant.
01:50Le jeune avait déjà été signalé au service de protection de l'enfance
01:53parce qu'il y avait des soupçons de maltraitance familiale à l'intérieur de sa cellule familiale.
01:58On va écouter ce témoignage d'une prof de sport qui était présente sur place
02:02et qui a prodigué les premiers soins à sa collègue grièvement blessée.
02:07Je suis intervenue tout de suite pour porter les gestes de premier secours.
02:10J'avais déjà des collègues qui étaient sur place.
02:13Et puis après, aider les forces de l'ordre, gérer un petit peu tout ce qui se passe.
02:18On ne s'attendait pas à ça.
02:19J'ai travaillé 20 ans en établissement sensible.
02:22Je n'ai jamais eu ça.
02:24Je venais à Saint-Narré pour être dans un établissement tranquille
02:27et être préservée un petit peu de toute cette violence.
02:30Donc on ne s'attendait pas du tout à ça.
02:31Elle a été prise en charge le plus vite possible.
02:34Elle est partie consciente.
02:36Maintenant, on croise les doigts pour elle et on pense à elle, à sa famille.
02:39Est-ce que c'était prémédité ou pas ? On ne sait pas.
02:43On pense évidemment à cette enseignante.
02:45Michel, ça dit quoi pour vous de l'état de notre société ?
02:47Déjà à l'époque, nous, on n'avait même pas l'idée de hausser le ton face à un prof.
02:53Mais de là, à sortir un couteau et le poignarder, il y a toutes les digues qui ont rompu.
02:58Oui, en même temps, c'est très simple.
02:59C'est l'idéologie de mai 68 qui a triomphé, ce qu'on a appelé les 68ards.
03:03Mai 68, c'est une chose, c'est une espèce d'explosion civilisationnelle.
03:06Ça a lieu à Tokyo, ça a lieu sur les campus américains, mais aussi à Paris.
03:09Mais comme Paris, c'est le centre du monde en France, on a cru que c'était juste le boulevard Saint-Germain
03:14et puis le quartier latin.
03:16Mais c'est un effondrement de civilisation que le général de Gaulle a d'ailleurs bien vu
03:19et que d'ailleurs Malraux analyse dans les chaînes qu'on a bas.
03:22La pensée de 68ards, elle a triomphé, il n'y a pas eu de révolution au pouvoir.
03:26C'est-à-dire que le général de Gaulle est resté, et puis après il y a eu Pompidou,
03:28puis après il y a eu Giscard, etc.
03:30Puis après les 68ards, alors les 68ards étaient des fumeurs de pétards,
03:33qui allaient garder des moutons dans le Larzac, qui étaient anti-nucléaires,
03:36contre l'armée, etc.
03:37Et puis ces gens-là, ils ont été en âge de devenir des ministres ou des conseillers de François Mitterrand.
03:43Et cette idéologie, elle est arrivée au pouvoir.
03:45Elle est arrivée au pouvoir avec des gens qui avaient col blanc, cravate, costume,
03:48et qui devenaient inspecteurs d'éducation nationale.
03:50Il y a eu un des anciens sauvageaux, je crois, responsable de mai 68,
03:54qui est devenu inspecteur général de l'éducation nationale.
03:56Vous imaginez bien qu'il y a une idéologie derrière tout ça.
03:59Vous avez l'idéologie également derrière la justice.
04:01où on a commencé avec le syndicat de la magistrature à faire savoir que les coupables étaient des victimes,
04:08et les victimes étaient des coupables.
04:10Et donc, il n'y a pas de structure pour tenir un enfant.
04:12Moi, je vois bien, le grand-père que je suis voit bien comment la famille fonctionne.
04:17On encadre les enfants, donc il y a la famille.
04:19La famille, c'est le père, la mère, le couple, les frères, les sœurs, etc.
04:23Et là, on apprend.
04:23Tu fais ça, tu ne fais pas ça.
04:24D'accord, pas d'accord.
04:26Non, tu vas te coucher.
04:27Non, tu ne coupes pas la parole aux adultes, etc.
04:29C'est-à-dire qu'on ne fait pas violence aux enfants, on les éduque.
04:33L'enfant n'est pas roi.
04:34Et les 68ards, c'est Madame Dolto et c'est l'idéologie de la psychanalyse.
04:37Pas de frustration.
04:38Et encore, la psychanalyse, je le sauverais un petit peu, je dirais, du fredo-marxisme.
04:41C'est-à-dire du mélange de la psychanalyse et du marxisme.
04:44Avec une espèce de soupe, Freud était très anti-sexualité libérée.
04:48Mais les fredo-marxistes, c'est, oh là là, on doit pouvoir tout faire.
04:51C'est la logique d'ailleurs qui conduit ces gens qui défendent la pédophilie.
04:54En 1977, tous les intellectuels qui trouvent ça formidable.
04:56Donc pas de famille.
04:58C'est-à-dire qu'après, vous avez les destructions de la famille.
05:01On divorce, on s'en va, on a un beau-père, on a une belle-mère.
05:04Donc on dit souffrance quand on dit famille recomposée.
05:07Mais une famille recomposée a d'abord été décomposée.
05:09Comment sait-on que la décomposition n'a pas produit des ravages ?
05:13Et puis après, vous avez le beau-père ou la belle-mère.
05:14On dit, oh tais-toi, toi, encore je reste poli.
05:16T'es pas mon père, t'as rien à me dire, etc.
05:19Donc il y a la famille qui s'effondre.
05:21Vous avez après l'école qui s'effondre.
05:23J'ai connu une école dans laquelle il y avait une leçon de morale chaque matin.
05:27Et c'était écrit au tableau.
05:29Et on nous expliquait, on nous racontait.
05:30Et puis voilà, le lendemain, une autre leçon de morale.
05:32Donc on apprenait, en gros, le décalogue judéo-chrétien.
05:36Mais laïcisé et franc-maçonnisé, si on veut.
05:39C'est-à-dire que la Troisième République,
05:40avec les logiques de la franc-maçonnerie, de la laïcité,
05:43disait, bon, on garde le contenu du décalogue.
05:46Tu ne tueras point, tu aimeras ton prochain, etc.
05:48Moi, je me souviens que dans les livres de morale,
05:50il y avait à la fin un dieu triangulaire, l'œil dans le triangle.
05:53Et on nous faisait l'éloge de Benjamin Franklin.
05:54Donc bon, il y avait ça.
05:56Et puis, il y avait l'église.
05:57Vous aviez la famille, vous aviez l'école et vous aviez l'église.
06:00Où le curé, vous apprenez qu'il y avait un enfer,
06:02il y avait un purgatoire, il y avait un paradis.
06:04Une ture à point.
06:05Le fameux tune ture à point qu'on enseignait aussi
06:07dans l'école laïque gratuite et obligatoire.
06:09Et puis, vous aviez une structure, par exemple, villageoise.
06:11Quand la France était paysanne, quand vous sortez dans un village,
06:14tout le monde vous connaît.
06:15Et vous n'allez pas faire des bêtises,
06:16parce que si vous le faites, on le sait, c'est le fils de machin,
06:19c'est le petit-fils de bidule, etc.
06:21Donc il y avait un regard sur les enfants.
06:25Tout ça a explosé.
06:26Ajouté à ça, toujours la logique 68 armes,
06:29on a fait exploser l'école, on a fait exploser la famille,
06:31on a fait exploser l'église.
06:33Et on a fait exploser également la justice.
06:34Et la justice, on vous dit, il y a quelque temps,
06:37sur la chaîne de CNews, des images terribles
06:40d'un jeune homme qui s'est fait tabasser.
06:42Tabasser, oui.
06:43L'État basseur était dans la rue, on les connaît.
06:45On dit, celui-là, il a 15 ans, il a 25 signalisations
06:49sur son casier judiciaire, et on ne fait quoi ?
06:51On ne fait rien.
06:52Il ne faut pas construire de prison.
06:53Qu'est-ce que ça veut dire, ne pas savoir construire une prison en 10 ans ?
06:56Ça fait 10 ans que M. Macron est au pouvoir.
07:00Combien de places de prison a-t-il ?
07:02Donc si vous n'avez pas la crainte d'un châtiment parental,
07:05la crainte d'un châtiment social,
07:07la crainte d'un châtiment éternel, si vous croyez en Dieu,
07:09la crainte d'un châtiment de la justice,
07:12pourquoi est-ce que vous vous interdiriez d'être un petit sauvage ?
07:15Et ça donne des enfants perdus,
07:17des enfants aussi apeurés par cette violence.
07:19On va écouter juste un collégien.
07:20Mais le petit garçon, je vais vous permettre que je vous interrompe,
07:21mais je dirais, à Pau, petit garçon de 7 ans,
07:24il décide qu'il va poignarder...
07:26Non, mais on va en parler, parce que ce qui s'est passé à Pau
07:29est vraiment très symbolique de cette violence des jeunes.
07:33Mais sur Sanary-sur-Mer, j'aimerais donner la parole aux jeunes collégiens,
07:36parce qu'il y a ceux qui ont assisté à cette scène vraiment terrible,
07:40et puis qui sont, eux, traumatisés aussi à vie.
07:42Et on écoute l'un d'entre eux recueillis par nos équipes.
07:45Je suis déjà allée à la cellule psychologique.
07:48Ils m'ont posé plusieurs questions si j'allais un peu mieux,
07:53comment ça s'était passé, comment j'ai vécu ça.
07:57Je me sens déjà éventuellement mieux grâce à la cellule,
08:00mais j'ai toujours mon cerveau qui me remet les images en tête.
08:03Oui, j'ai juste vu la prof à terre par terre en sang.
08:07C'est juste une prof comme une autre et elle ne méritait pas ça.
08:10Elle voulait juste faire son travail et on la poignarde à trois coups de couteau comme ça.
08:16Maintenant que j'ai appris qu'un élève a poignardé une prof à trois coups de couteau,
08:20maintenant je ne me sens plus trop en sécurité dans cet établissement.
08:22Donc le sentiment d'insécurité est là désormais.
08:25Et puis ces gamins se disent, en fait tout est possible.
08:27Ce passage à l'acte est possible en réalité.
08:29Mais tout le monde a peur.
08:30J'imagine que dans une école, le directeur peut craindre le pire
08:35que les enseignants, le personnel encadrant, les petits aussi dans une école.
08:41La crainte elle est partout.
08:42Après ça, elle est dans le train, elle est dans le métro, elle est dans la rue,
08:44elle est dans le fait que vous sortiez un peu tard le soir.
08:47Et même pas forcément.
08:48Si vous avez des quartiers dans les villes qui sont des quartiers toxiques
08:50et on sait très bien qu'y compris par exemple dans une ville de Caen,
08:54il y a des endroits où effectivement à 10h le soir, il vaut mieux ne pas...
08:57A Caen ?
08:57Bien sûr.
08:58C'est dingue.
08:59Mais bien sûr.
08:59Oui, vous avez des...
09:01On n'est pas très loin de Wistreham qui est un lieu où des migrants
09:04essaient de partir en Angleterre.
09:06Donc ils sont vite fait ici et donc ils vont, ils viennent, ils sont...
09:09En même temps je comprends que vous deveniez délinquant.
09:11On ne parlait pas la langue, vous n'avez pas d'argent.
09:12Enfin très peu, on vous en donne.
09:14Et puis vous n'avez pas de travail.
09:15Qu'est-ce que vous faites de vos journées ?
09:16C'est facile de voler.
09:17Vous avez 20 ans, vous avez la libido de quelqu'un de 20 ans.
09:20Qu'est-ce que vous faites ?
09:20C'est facile de violer.
09:21Parce que vous vous dites de toute façon, je vais dire
09:23ah bah c'est ma coutume, c'est ma culture.
09:25Et qu'au tribunal on va donner tort à la personne qui a été violée.
09:29Donc s'il n'y a pas de punition, si on ne punit pas ces gens-là non plus,
09:32on leur dit attendez il y a une règle du jeu.
09:33Vous savez la France ce n'est pas non plus un terrain de jeu.
09:35On peut faire ce qu'on veut quand on veut comme on veut.
09:37Venez si vous voulez mais vous respectez les règles du jeu.
09:39S'ils ne les respectent pas, de toute façon ce sera bien pour eux.
09:42J'ai vu récemment, mon immeuble est juste à côté d'un arrêt de bus, de tram.
09:47J'ai vu un individu qui a insulté 4 ou 5 contrôleurs du tram
09:50qui n'en pouvait mais, qui ne disait rien, qui se laissait insulter.
09:53Parce que je pense que dans la tête de ces contrôleurs,
09:56ils se sont dit si on élève un peu la voix, on va se faire égorger, massacrer ou je ne sais quoi.
10:01Donc le type n'a pas payé, les a insulté.
10:02Je ne vous parle pas des insultes mais c'est très souvent scatologique d'ailleurs ce genre de choses.
10:07Et puis ils sont restés là, les contrôleurs, figure de l'autorité,
10:10en se disant on ne peut pas faire notre métier.
10:12De toute façon on n'est pas défendu par nos supérieurs hiérarchiques.
10:16Un tout petit mot de ce qui s'est passé effectivement avec cet élève de 7 ans
10:20qui était dans sa classe à Pau
10:22et qui a trouvé un couteau visiblement dans un sac d'un camarade.
10:26Et quand il a été convoqué par le directeur et un personnel enseignant,
10:29il les a menacés en leur disant arrêtez de me gronder, je vais vous planter.
10:33À 7 ans, c'est une fabrique de la violence en fait.
10:37C'est l'âge de mon petit fils aîné, Augustin, 7 ans.
10:39Donc je vois bien.
10:40Je l'imagine partir à l'école avec un couteau menacé.
10:43Je me dis il se passe quoi là ?
10:44En fait là il l'a trouvé visiblement dans l'école.
10:46Le couteau ?
10:46Oui.
10:47Qu'est-ce que ça fait dans l'école un couteau ?
10:48Je sais mais je sais pas, je sais bien.
10:49Bah oui.
10:50Non non mais tout ça est injuste.
10:51Oui oui, de toute façon il suffit dans la cuisine.
10:53Tous les gens ont de quoi couper le rôti ou découper un poulet.
10:57Donc il suffit de prendre ça le matin avant de partir à l'école.
10:59Moi je voudrais accabler les parents.
11:02Ça a été la même chose, on n'a pas eu l'occasion d'en parler, mais avec quelques places dans
11:06les wagons réservées à des gens qui ne voulaient pas entendre brailler les enfants.
11:10Mais on a dit oh là là on déteste les enfants, qu'est-ce que c'est que cette civilisation ?
11:12Dans le train oui.
11:13Oui, mais on déteste juste les parents mal élevés.
11:16Mais bien sûr.
11:16On ne déteste pas les enfants mal élevés.
11:18Moi je n'ai rien à reprocher à un enfant mal élevé.
11:20S'il est mal élevé, c'est que des gens ne l'élèvent pas.
11:23Et d'ailleurs élever c'est faire de telle sorte que les petites bêtes dont on hérite
11:27dans la maternité deviennent un humain de plus en plus, de plus en plus.
11:30Et on l'élève vers l'humanité.
11:33D'abord dans un immense train, avoir quelques compartments.
11:35Moi je travaille dans le train, je suis souvent dans le train et j'aime bien travailler.
11:38Et je ne veux pas quand je descends par exemple, j'ai fait trois heures et demie de train,
11:42j'ai de quoi travailler pendant trois heures et demie.
11:44Mais si je dois avoir droit à la leçon de la maman bobo qui va expliquer ce que sont les vaches,
11:50ce que sont les trains, comment ça fonctionne,
11:52et puis qui va faire une lecture de nounours qui fait ceci et de nounours qui fait cela,
11:56et qu'on se dit mais excusez mais où les gens vont le téléphone,
11:58dans le train qui téléphone et je suis dans le train.
12:01Je dis parfois nous aussi.
12:02Ça fait parfois rire le wagon.
12:04Il ne faut pas dire le wagon aujourd'hui, il faut dire le compartiment.
12:06Mais ce sont les parents qui sont à accabler.
12:09Mon petit Augustin ne fera jamais un truc comme ça.
12:12Je peux mettre ma tête à couper qu'il ne fera jamais quelque chose comme ça
12:14parce que ses parents l'éduquent bien, correctement,
12:17et que s'il est énervé, il va calmer son énervement.
12:21Je vois bien sa jolie petite frimousse quand il est énervé.
12:24Mais il n'est pas du genre à sauter sur ses parents avec un couteau.
12:27Et là en l'occurrence le petit de 7 ans avait trouvé ce couteau dans la salle des profs.
12:30Pour être très complet sur ce truc.
12:31Encore mieux, il est plutôt dans la salle des profs.
12:33On est face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
12:36Michel, on va mettre en parallèle cette violence qu'on voit se déchaîner dans les écoles
12:40avec celle que subissent chaque jour les policiers, les policiers et les gendarmes qui sont agressés.
12:44Il y a eu une effrayante succession de refus d'obtempérer avec des policiers blessés,
12:49plus d'une dizaine en quelques jours.
12:51Refus d'obtempérer, on dit ça, on a l'impression...
12:53En fait, c'est juste foncer sur des policiers avec une voiture dans le but de les blesser ou de les tuer.
12:58On va écouter le ras-le-bol d'un policier qui dénonce ces faits.
13:01Il s'appelle Reda Bellage du syndicat Unité.
13:05Moi, ce qui me dérange, c'est qu'à un moment, les policiers vont vraiment craquer.
13:09Et c'est ça qui peut faire peur, je pense à...
13:11Moi aussi, mes collègues, ils veulent passer du temps avec leur famille.
13:14Ils veulent pouvoir poser des congés.
13:15Vous imaginez ?
13:16Moi, ça me touche beaucoup parce que j'ai eu encore 50 textos ce matin.
13:21Les collègues, cet été, ils ne savent même pas comment ils vont partir en vacances, en fait.
13:24Excusez-nous d'avoir le droit, nous aussi, policiers, avec les refus d'obtempérer,
13:29les home-jacking, les violences intrafamiliales.
13:33On a encore vu des féminicides qui n'arrêtent pas depuis ces derniers jours.
13:36C'est qui qui traite tout ça ?
13:37Et dans le judiciaire aussi, mes collègues, ils se sont débordés.
13:40Voilà le ras-le-bol de Reda Bellage, policier.
13:42Il a raison.
13:43Évidemment, il a raison, 100% sur toute la ligne.
13:45Mais oui.
13:46Quelles sont les solutions alors ?
13:47Parce que là, on roule sur les policiers comme...
13:50Comme si c'était une banalité absolue.
13:52En fait, c'est n'importe quoi.
13:53Il faut prendre ça comme un aveu de délinquance.
13:55Ce n'est pas compliqué parce que moi, quand je me fais arrêter par la police, je m'arrête.
13:58Et quand la police ou la gendarmerie, on me demande de couper le contact, je coupe le contact,
14:03de donner mes papiers, je donne mes papiers.
14:05Et les policiers et les gendarmes font ce qu'il y a à faire,
14:07me font parfois même souffler dans le ballon.
14:09Et puis après, ils me font signe, ils coupent la circulation comme ils le font avec tout le monde.
14:13Et puis, on repart.
14:15Et l'affaire est réglée.
14:16Donc, quelqu'un qui refuse de s'arrêter avoue qu'il est coupable.
14:21Alors, de quoi ? Il faut voir.
14:22Certains accumulent.
14:23Ils sont mineurs.
14:24Ils ont une voiture volée.
14:25Ils n'ont pas d'assurance.
14:26Ils n'ont pas de permis de construire.
14:27Ils ont de la drogue de partout.
14:29De construire, vous avez dit.
14:31Ah oui, oui.
14:31De conduire.
14:32Et puis, éventuellement, ils ont de la drogue dans la malle
14:37ou ils ont un copain qui est interdit d'être de séjour, je ne sais quoi, etc.
14:41Il faut considérer que c'est un acte délicteux
14:44et que vous êtes déjà coupable.
14:46Et puis, voilà tout.
14:48Et puis, il faut une justice qui va avec ça.
14:51Donc, il n'y a pas tortillé en se disant.
14:52Oui, mais enfin, on a bien le droit.
14:54La police tue.
14:54Non, la police ne tue pas.
14:55Alors, on a eu l'exemple à Nantes.
14:56La semaine dernière, un jeune de 16 ans
14:59qui avait traîné un policier sur 20 mètres
15:01en revue d'obtempéré.
15:02Vous savez, à combien il a été condamné ?
15:0435 heures de travaux d'intérêt général.
15:06Donc, autant dire rien.
15:08Dont on n'est pas sûr qu'il les fera.
15:09Et moi, j'aimerais qu'il y ait une équipe de CNews
15:11qui suive un petit peu une séance des travaux d'intérêt général.
15:15Vous savez, je ne sais pas quoi ça se dit.
15:15Mais en fait, c'est les mairies qui doivent les mettre en place
15:17et ils n'ont pas les personnels pour mettre en place ces travaux d'intérêt général.
15:19Donc, vous devez signer une feuille, puis vous rentrez chez vous
15:21et puis les travaux ont été effectués.
15:23Donc, oui, bien sûr.
15:25Il faut considérer que, d'abord, il faudrait que l'Assemblée nationale
15:31de M. Macron, les coups d'État des chefs d'État précédents
15:34qui disent à chaque fois, on ne veut pas du peuple, on ne veut pas du peuple.
15:36On veut des partis qui sont des partis de nos copains.
15:38On va s'entendre avec les socialistes, les centristes, etc.
15:41Et donner la parole au peuple, général de Gaulle,
15:44donc à l'Assemblée nationale et aux députés
15:46de décider là-dessus, de légiférer sur ce sujet
15:48en disant que c'est inacceptable.
15:50Quand on voit des jeunes filles de 20 ans qui rentrent dans la police
15:52et qui risquent de rentrer en cercueil chez elles le soir
15:55en laissant des enfants orphelins, simplement parce que
15:58des gamins qui sont vraiment des délinquants
16:00sont supportés ou sans se défendus
16:04par la France Insoumise ou par d'autres parties
16:06qui estiment qu'ils ont le droit pour eux
16:09et que, voilà, c'est toujours la logique
16:11du le coupable est une victime, la victime est un coupable.
16:13Et Michel, c'est un chiffre qui est en augmentation
16:15parce que ça ne fait qu'exploser les chiffres
16:18qui ont été rendus publics cette semaine par le ministère de l'Intérieur.
16:20C'est 28 200 refus d'obtempérer l'an dernier.
16:23C'est 11% de plus qu'en 2024.
16:25Ça fait 77 par jour.
16:2877 par jour.
16:29Et le ministre de l'Intérieur nous dit
16:31non, ce n'est pas un échec, il faut juste constater
16:33qu'il y a une perte d'autorité.
16:34Oui, mais on fait quoi en fait ?
16:36Comment protéger les politiques ?
16:37On change le gouvernement, on change de logiciel politique
16:41en disant l'idéologie 68 art, c'est fini, y compris à gauche.
16:45Ça demande notre ami André Valigny qui a fait un bon papier dans le Figaro
16:49justement pour reprendre en main ces questions-là.
16:51Alors le fait est que quand Jean-Marie Le Pen s'est emparé
16:54d'un certain nombre de problématiques et qu'il était lui vraiment d'extrême droite,
16:57on ne voulait pas défendre des idées qui étaient celles de Jean-Marie Le Pen.
17:01Moyennant quoi, ça cassait la droite en deux.
17:02La gauche trouvait ça formidable, ça lui permettait d'être élu
17:04sur la faiblesse de la droite plutôt que sur la force de la gauche.
17:08Et puis on a dit non, non, ça ce sont des thématiques d'extrême droite.
17:10Donc le drapeau français, il suffisait d'apparaître avec un drapeau français,
17:13on était fasciste.
17:14Dès que vous disiez, mais attendez, les droits de l'homme et les droits de la femme,
17:17qu'est-ce qu'il en est des droits de l'homme et des droits de la femme ?
17:21Qu'est-ce que c'est qu'une femme qui ne peut pas sortir avec une jupe un peu courte
17:25à 11h le soir sans risquer de se faire violer ?
17:28Ça, ce n'est pas un sujet de société, ce n'est pas un sujet civilisationnel.
17:31Il y a des individus de seconde zone, des individus de première zone,
17:35certains qui ont le droit de violer, d'autres qui se font violer,
17:37mais globalement la vieille logique, elle l'avait allumée, quoi.
17:42Les gens n'avaient pas besoin d'avoir une robe aussi courte.
17:45Donc si la gauche dit, mais tant pis pour les victimes,
17:47d'abord c'est une victime blanche, ensuite c'est une victime qui ne porte pas le foulard,
17:50ensuite c'est etc.
17:51Donc ces victimes-là, elles ne comptent pour rien.
17:53Non, la sécurité, c'est l'un des droits de l'homme, je le rappelle,
17:55la sûreté, la sécurité, c'est l'un des droits de l'homme.
17:57Sauf à faire exploser les droits de l'homme en disant,
17:58ce n'est pas notre logique, c'est la mienne, la logique des droits de l'homme,
18:01c'est un texte formidable, et la sûreté, la propriété, en fait partie aussi.
18:06Ce qui fait qu'à partir de la propriété, de cette propriété comme l'un des droits de l'homme,
18:10on peut penser les impôts, autrement que comme ça se trouve pensé aujourd'hui en France.
18:13Relisons la déclaration des droits de l'homme, la sûreté, la sécurité, la propriété,
18:18et puis le droit à la culture, etc.
18:20Enfin reprenons, les droits de l'homiste sont un peu fatigants
18:23parce qu'ils se sont servis de la déclaration des droits de l'homme
18:25pour aller justifier qu'on intervienne en Libye, en Irak, un peu partout.
18:30Mais reprenons au pied de la lettre la déclaration des droits de l'homme
18:34et disons, c'est ni de droite ni de gauche que de réclamer la sûreté,
18:36ça s'appelle, ou la propriété, ou la défense de la propriété,
18:39ça s'appelle la déclaration des droits de l'homme.
18:41Mais en plus, je rebondis sur ce que vous disiez sur la tribune d'André Valény,
18:44qui vient souvent sur nos plateaux.
18:45Il dit, la gauche doit s'emparer à nouveau des thèmes régaliens, sécurité, immigration.
18:50Elle a fait preuve d'un laxisme vraiment coupable.
18:53Mais c'est ça qui est bien.
18:54Moi, je vois apparaître enfin des gens qui ont compris
18:56que l'Europe maastrichtienne, elle fonctionne comme elle fonctionne
18:58et que ce qui advient aujourd'hui, c'est son produit.
19:01Les 68ards ont beaucoup fonctionné.
19:04On a un 68ard célèbre qui est comme Bendit,
19:07qui est un défenseur forcené de l'Europe maastrichtienne.
19:10Tout ça fait sens.
19:11Monsieur Moscovici, enfin tous ces gens qui ont fait carrière dans la gauche,
19:14le macronisme, l'Europe, etc.
19:16Ce sont des gens qui procèdent de cette idéologie 68ards.
19:21Et les gens ne veulent plus de ça.
19:22Ils ont essayé, ils ont testé, ils ne veulent plus.
19:24Ils veulent éventuellement qu'à l'école, s'ils sont même débordés par leurs enfants,
19:28les familles, familles monoparentales, divorcées, problématiques,
19:32d'alcool, de chômage, de misère, de pauvreté, etc.
19:34Qu'au moins à l'école, quelque chose soit fait.
19:37Mais les enseignants font le maximum.
19:39Et puis il y a des enseignants idéologisés aussi.
19:42C'est la faute du capital, c'est la faute des richards, des milliardaires.
19:47Il faut les détruire, il faut les taxer, il faut ceci, il faut cela.
19:49Comme si le vieux logiciel bolchevique réapparaissait.
19:52On va faire une petite pause, Michel Onfray.
19:54On se retrouve dans un instant, évidemment, sur CNews et sur Europe 1.
19:57On a beaucoup de choses encore à voir.
19:59Marine Le Pen, la France Insoumise aussi,
20:01qui s'insurge d'avoir été classée à l'extrême gauche pour les municipales.
20:05Et puis la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
20:07Voilà pour le menu de la seconde partie.
20:08A tout de suite sur CNews et Europe 1.
20:09On se retrouve dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
20:15Michel, évoquons maintenant le sort de Marine Le Pen.
20:18Les réquisitions ont été lourdes dans le procès en appel de Marine Le Pen
20:22dans le cadre de l'affaire des assistants parlementaires européens.
20:24Les procureurs ont demandé 5 ans d'inéligibilité,
20:27mais sans application immédiate.
20:29Il n'y a pas d'exécution provisoire comme il y avait en première instance.
20:324 ans de prison, dont 3 avec sursis.
20:34Et la possibilité d'aménager la partie ferme sous bracelet électronique.
20:38Ainsi que 100 000 euros d'amende.
20:40Je reprécise que les réquisitions, ce n'est pas le jugement,
20:43que ce sont juste les procureurs qui disent ce qu'ils réclament.
20:48Est-ce que dans ce cadre, la Marine Le Pen peut se présenter ou pas ?
20:52Elle avait déjà dit il y a quelques semaines que si ces réquisitions étaient suivies,
20:56elle ne pourrait pas se maintenir candidate.
20:58Écoutons ce qu'elle avait dit à l'époque.
21:01Quelle que soit la situation, je l'ai d'ores et déjà dit,
21:06cet été, c'est-à-dire au moment où la Cour d'appel rendra sa décision,
21:11c'est là que se décidera ma présence ou mon absence à l'élection présidentielle.
21:17Car quel que soit le niveau d'accélération de la Cour de cassation,
21:21vous comprenez bien qu'en septembre, le Rassemblement national
21:24doit pouvoir être représenté à l'Assemblée nationale
21:26et la campagne doit démarrer, quel que soit ce candidat.
21:29Voilà pour Marine Le Pen, ce qui veut dire que si ces réquisitions
21:32qui sont tombées cette semaine sont appliquées par la Cour d'appel,
21:36elle ne se présentera pas.
21:37Oui.
21:38Ça vous inspire Michel ?
21:40La phrase de La Fontaine sur les jugements de cours.
21:43Et effectivement, on sait bien qu'on mélange tout.
21:47C'est-à-dire que si effectivement, et apparemment c'est avéré,
21:51puisqu'elle en convient,
21:52de l'argent européen a été utilisé pour payer des députés européens
21:56qui sont aussi des députés du Rassemblement national,
21:59donc des députés militants qui sont eux aussi sur le terrain, etc.
22:03Ce n'est pas toujours très clair de se dire,
22:05mais oui, cet argent, il aurait fallu,
22:07non, là vous m'avez offert un café,
22:08mais c'était un café qui était à Bruxelles,
22:10donc c'est sur cet argent-là, etc.
22:12Bon, je comprends qu'après, quand on veut vraiment tuer son chien,
22:16on dit qu'il a la rage,
22:17et puis on va chercher et on trouve des fautes.
22:19Il y a des fautes et il faut qu'elles soient punies pour ces fautes-là.
22:21Ça me paraît évident.
22:22Évident.
22:23Et ceci dit, la question de l'inégibilité, c'est autre chose.
22:27C'est-à-dire que des juges disent,
22:29nous allons choisir les candidats des électeurs français.
22:32Nous allons choisir, nous évinçons M. Fillon, par exemple.
22:36Nous évinçons un Nicolas Sarkozy qui ne pourrait pas revenir
22:39au cas où il souhaiterait revenir.
22:41Nous évinçons, etc.
22:42Je pense qu'on aurait pu évincer M. Bayrou et M. Mélenchon
22:45qui souffrent à peu près des mêmes maux.
22:47Ah, mais il n'y a toujours pas de date pour le procès de M. Mélenchon.
22:50Pourquoi je vous dis, selon que vous serez puissants ou miséraux,
22:52je vous demande qu'on vous rendra en blanc ou en noir,
22:53comme disait La Fontaine.
22:55Donc il y a des gens qu'on veut effectivement punir,
22:57et des gens dont on se dit, on vous punira dans 20 ans.
23:00Et le dossier est là, mais là.
23:02Mais sous la pile.
23:03Donc on verra ça.
23:04Et après, M. Bayrou dit,
23:05ah non, je n'étais pas du tout au courant.
23:07En disant, on va punir ceux qui étaient au courant,
23:09mais vous, comme vous n'êtes pas au courant,
23:10évidemment, on ne va pas vous punir.
23:12Etc, etc.
23:13Donc les Français ont bien compris.
23:15Il y aurait presque un petit livre à écrire
23:16sur la façon dont les mastrichiens ont fonctionné
23:19pendant des années pour empêcher la parole du peuple.
23:22Pour guider la parole du peuple.
23:24Pour conduire la parole du peuple.
23:25Vous avez des élections.
23:27De quoi vous plaignez-vous ?
23:28Oui.
23:28Enfin, quand on a effectivement, dans le service public,
23:31des gens qui font de l'idéologie en permanence
23:32et qui, 100 fois sur 100,
23:34matraquent exactement les éléments de langage
23:37qui sont des éléments de mensonge.
23:38Les fake news, c'est eux.
23:39C'est souvent eux.
23:40Et que vous vous retrouvez à dire,
23:42ben oui, vous avez le choix.
23:43Les prochaines élections présidentielles,
23:44je ne sais pas si vous êtes au courant,
23:45c'est Adolf Hitler contre le général de Gaulle.
23:48Enfin, je veux dire, Emmanuel Macron
23:50contre Marine Le Pen.
23:52Donc les gens finissent par dire,
23:53ben oui, quand même.
23:54Et on dit, oui, mais enfin,
23:56elle arriverait au pouvoir.
23:57Vous verriez.
23:58Ce n'est pas du tout ce qu'elle dit qu'elle ferait.
23:59Elle ferait vraiment autre chose.
24:01Le fascisme est là, derrière.
24:02Et vous trouvez un crétin d'un village de 200 habitants
24:05qui a tweeté que, je ne sais pas quoi,
24:09il y avait une photo,
24:10je ne sais même pas si on a le droit de signaler ce dessin
24:12caricaturé.
24:13On dirait à Mme Taubira,
24:14je ne donnerai pas le détail.
24:15Mais une caricature insupportable.
24:17De l'humour.
24:19Eh bien, quand vous vous dites,
24:22ce type, il a dupliqué ça sur son compte.
24:25Donc c'est un raciste.
24:26Donc c'est bien la preuve que Marine Le Pen est une raciste.
24:27Donc, quand on lui interdirait d'être candidat au présidentiel,
24:31on interdirait à la France d'en rentrer dans le racisme.
24:34Autre chose est que, par exemple, un jour,
24:35je crois que c'est Apathy qui m'avait dit,
24:37à l'époque où le service public m'invitait encore,
24:39que j'étais bien un fasciste,
24:40puisque je défendais la préférence nationale.
24:42Et la préférence nationale, c'est juste de dire,
24:45attendez, ça me paraît normal que les gens qui paient des impôts,
24:47qui travaillent, qui sont français,
24:49n'aient pas les droits qu'on donnerait à quelqu'un
24:52qui arriverait du jour au lendemain en disant,
24:53mais moi j'ai bien aussi le droit, etc.
24:54Moi, si je vais au Zimbabwe, je trouve normal qu'au Zimbabwe,
24:57on ne me donne pas les droits d'un citoyen du pays.
25:00Ça ne fait pas un marqueur d'extrême droite.
25:02Donc là, on l'a extrême-droitisé,
25:04et en permanence, c'est ça ?
25:06Marine Le Pen, elle est d'extrême droite quand les élections arrivent.
25:09Avant, ça va encore à peu près.
25:11Elle est gentille, elle aime les chats, elle fait des reportages,
25:13elle est associée aux autres membres du personnel politique
25:16dans des émissions de, on peut donner son nom,
25:18de Karine Le Marchand, qui fait parler tout le monde, dont elle.
25:21Et elle a bien raison d'ailleurs de le faire.
25:23Et quand elle le fait, d'ailleurs, elle le fait bien.
25:25Et on écoute les gens, les hommes politiques nous disent les choses un petit peu autrement.
25:30Donc je me souviens, moi, que le canard enchaîné avait repris l'information en son temps
25:34que François Hollande au pouvoir et Emmanuel Valls, Premier ministre,
25:39avaient réfléchi à ce qu'il fallait faire en cas d'élection de Marine Le Pen au second tour,
25:45pour faire de telle sorte que l'élection ne soit pas validée.
25:48Donc dans la tête d'un certain nombre de gens, il faut empêcher le peuple de s'exprimer.
25:53D'abord, quand la dissolution de l'Assemblée nationale, je ne prendrai qu'un exemple,
25:56mais a lieu la dernière fois et que le vote a lieu, je l'ai fait l'autre jour, vous vous souvenez ?
26:01Oui, on a fait la démonstration, on était implacable.
26:02En disant, le Rassemblement national est arrivé en tête.
26:05Que dit Emmanuel Macron ?
26:06Eh bien, il n'y aura pas de Premier ministre du Rassemblement national.
26:09Et on a des éléments de langage dans les rédactions, disant,
26:11oui, mais de toute façon, ils ne voulaient pas l'être.
26:14Jean-Marie Le Pen ne voulait pas être président de la République.
26:16D'où ça sort, tous ces trucs-là ?
26:17Tout a été fait pour qu'ils ne soient pas candidats, qu'ils ne soient pas élus.
26:21Ou pour qu'ils soient, non pas élus sur ce qu'ils sont, mais sur ce qu'on disait qu'ils étaient, etc.
26:25Moi, je vois mal que les juges puissent, dans leur sagesse, puissent...
26:30Je cherchais un mot, mais je ne voulais pas...
26:32C'est bien, non, mais c'est bien, sagesse. Je prends sagesse.
26:33Vous me retenez.
26:34Sagesse, vous avez raison.
26:35Il y aura de l'ironie. Mais dans leur sagesse, ils feront le nécessaire pour qu'elle ne soit pas au pouvoir.
26:40Puisqu'après, il sera...
26:40En tout cas, il y aura la Cour de cassation.
26:41Oui.
26:42Mais c'est vrai qu'avoir une peine de prison avec un bracelet, c'est impossible pour faire une campagne électorale.
26:47Même s'il n'y a pas d'inéligibilité, puisque la Cour de cassation peut casser l'inéligibilité.
26:51Oui, et puis après, l'élément est trouvé avec Jordan Bardella, en disant, mais Jordan Bardella est trop jeune.
26:56Ce n'est pas possible. Soyez sérieux.
26:58Je vois bien les débats qui auront lieu, sans doute, dans les prochains mois.
27:03Parlons de la France insoumise aussi, parce que...
27:04Jean-Luc Mélenchon s'est indigné d'avoir compris que son mouvement allait être classé à l'extrême-gauche
27:11par le ministère de l'Intérieur, dans une circulaire, pour les prochaines élections municipales.
27:16C'est une circulaire qui attribue des nuances, en fait, aux différentes listes et aux candidats.
27:20Et LFI est classé dans le bloc d'extrême-gauche, comme Lutte Ouvrière et le Nouveau Parti anticapitaliste.
27:24Alors que le PCF, lui, est rangé dans la catégorie bloc de gauche.
27:28Alors, M. Mélenchon dit que M. Nouniez, ministre de l'Intérieur, innove et trouble l'ordre public électoral.
27:33En changeant les étiquettes sur les partis politiques.
27:38Pourquoi, évidemment, ce changement ? Pourquoi maintenant ?
27:41Est-ce qu'on peut avoir confiance pour les élections par quelqu'un qui truque les étiquettes politiques ?
27:47Et les résultats, c'est lui aussi qui les classe.
27:49Ses lettres sont celles d'une république bananière, dit Jean-Luc Mélenchon.
27:52Qui adore, lui, les républiques bananières.
27:56Il préfère, oui, les dictateurs.
27:58Quand il s'agissait des Fidèles Castro, la république bananière, il adore.
28:02Les bananes, pas la république.
28:04Moi, je trouve que c'est un retour de boomerang.
28:07C'est très intéressant tous ces gens qui veulent absolument que Marine Le Pen soit d'extrême droite.
28:11Moi, je me suis...
28:12Enfin, des gens se sont fâchés avec moi parce que j'ai dit, mais historiquement, c'est faux.
28:15Maintenant, je ne dis pas qu'il faut voter pour Marine Le Pen.
28:18Je dis que historiquement, c'est faux.
28:19Moi, j'ai lu de la littérature.
28:21J'ai lu les mémoires d'un fasciste de Rebatté.
28:22J'ai lu les décombres de Rebatté.
28:24J'ai lu les textes de Brasillac.
28:25J'ai lu les articles de journaux monstrueux qu'il a pu écrire.
28:30Ça, c'est l'extrême droite.
28:31Et il y a vraiment un marqueur.
28:33L'extrême droite est antisémite.
28:34Elle est homophobe.
28:35Elle est antidémocratique.
28:37Elle est contre la franc-maçonnerie.
28:38Elle est contre...
28:40J'ai parlé des homosexuelles.
28:41Je ne sais plus si j'en ai parlé déjà.
28:45Est-ce qu'il y a ça chez Marine Le Pen ?
28:47Il y a ça dans d'autres endroits.
28:48Je ne dirai pas où, je ne dirai pas qui.
28:49Mais il y a des chaînes de radio, des émissions sur des chaînes de radio.
28:53Il y a des revues, il y a des livres où ces thèses-là sont défendues.
28:55Ça, c'est l'extrême droite.
28:57Par ailleurs, Marine Le Pen, c'est quoi ?
28:58C'est le Chirac des années 70.
29:00C'est le bruit à l'odeur.
29:01Il y avait même des propos tenus par un certain Alain Juppé à cette époque-là.
29:05Donc, on nous dit, ça, c'est l'extrême droite.
29:08Et puis là, retour de Balancier, on dit,
29:09« Alors, vous, vous êtes d'extrême gauche. »
29:12Moi, sur le fond, historiquement, je pense que Marine Le Pen n'étant pas d'extrême droite,
29:15Mélenchon n'est pas d'extrême gauche.
29:18Mais si vraiment il s'agit d'utiliser des éléments de langage,
29:20utilisons-les.
29:21Il n'est pas d'extrême gauche parce que c'est un bolchevik, Mélenchon.
29:24C'est un néo-bolchevik.
29:26C'est-à-dire que Lénine a écrit un livre qui s'appelle
29:28« Le gauchisme, maladie infantile du communisme ».
29:31Donc, évidemment, il y a une grande opposition entre les communistes.
29:33Voilà pourquoi, d'ailleurs, les communistes ne sont pas présentés
29:35comme des gens d'extrême gauche, des gauchistes.
29:37Et que Mélenchon l'est.
29:38Mélenchon, c'est un parti qui n'existe pas.
29:41Le parti de Mélenchon, c'est un homme qui décide tout seul.
29:44Il y a dix personnes autour de lui.
29:45Il n'y a pas de congrès, il n'y a pas d'adhérents,
29:47il n'y a pas d'adhésion, il n'y a rien du tout.
29:48C'est lui qui décide.
29:49Il y a des proches, puis un jour, il dit,
29:50« Toi, tu étais un proche, tu n'es plus mon proche
29:52parce que tu n'as pas été proche de mon proche. »
29:53C'est l'histoire avec ce garçon qui frappait sa femme
29:56et qu'il a fallu soutenir au sein de la France insoumise.
29:59Et quand des gens ont dit « Non, on ne soutient pas »,
30:00ils sont partis.
30:02Il y a des gens qui, d'ailleurs, aujourd'hui,
30:03se retrouvent une vertu.
30:04Clémentine Autain, Raquel Garrido, Alexis Corbière,
30:08d'un seul coup, ils retrouvent un peu de cerveau.
30:11Mais il n'y avait pas de cerveau à l'époque
30:12où il s'agissait d'obéir à Mélenchon.
30:14Mélenchon, c'est effectivement un marxiste-léniniste.
30:17C'est quelqu'un qui pense qu'il faut réaliser
30:19la dictature du prolétariat via le parti.
30:21Le marxisme, ce n'est pas le marxisme-léninisme,
30:23c'est la théorie de Lénine.
30:24Et Lénine, il dit, le parti,
30:26il prend la totalité du pouvoir en main
30:28et c'est lui qui décide.
30:29Qui est le parti ?
30:30Jean-Luc Mélenchon, qui décide de tout.
30:32À une époque, il est jouressien-gaulliste,
30:34il défend la nation, il y a des drapeaux bleu blanc-rouge.
30:36À une autre époque, il est devenu islamo-gauchiste.
30:38Je rappelle qu'à une précédente époque,
30:39il était défenseur de Maastricht,
30:41pendant 25 ans, un quart de siècle, etc.
30:43Et donc, historiquement,
30:46l'extrême droite, ce n'est pas Marine Le Pen,
30:47l'extrême gauche, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon.
30:49Mais si vraiment ça lui déplait,
30:51ça me plaît que ça lui déplaise.
30:52Et qu'on puisse effectivement dire,
30:54ce monsieur est l'extrême gauche,
30:55même si historiquement, l'extrême gauche,
30:56c'est l'outourrière,
30:58c'est plutôt le nouveau parti anticapitaliste.
31:00Lui, c'est plutôt un néo-bolchevik,
31:01un admirateur de Lédi.
31:02Voilà l'étiquette que vous lui accordez.
31:04Un peu de sémantique politique.
31:05On est en face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
31:08Michel évoquons maintenant cette commission d'enquête
31:09sur l'audiovisuel public,
31:11qui se déroule déjà depuis quelques semaines
31:13à l'Assemblée nationale,
31:14avec des rebondissements chaque jour.
31:16L'idée, c'est de savoir comment l'argent public
31:19des Français est utilisé dans l'audiovisuel public.
31:23Le président de cette commission est un député horizon,
31:25donc proche d'Edouard Philippe.
31:26Il s'appelle Jérémy Patrier-Lettus.
31:29Et le rapporteur est Charles Aloncle,
31:31UDR, proche d'Éric Ciotti,
31:34qui d'ailleurs, je le signale,
31:35fait la une du JD News,
31:37et qui, avec ce titre qui est assez rigolo,
31:40l'homme qui va les 4 milliards,
31:41parce que 4 milliards, c'est l'argent public
31:42qui est donné pour l'audiovisuel public.
31:44On va écouter, il y a eu un accrochage,
31:46cette semaine, entre les deux hommes,
31:47qui devraient pourtant travailler de concert,
31:50à propos d'une société de production,
31:51parce que ce qui est questionné
31:52dans le système de France Télévisions,
31:54c'est le fait qu'un certain nombre d'émissions
31:56soient externalisées,
31:58c'est-à-dire qu'elles soient confiées
31:59à des sociétés de production externes.
32:01Donc là, il y a des questions qui se posaient
32:02sur la société qui s'appelle MediaOne.
32:05Écoutez cet échange, donc,
32:06entre Charles Aloncle et Jérémy Patrier-Lettus.
32:09MediaOne est détenu à plus de 50%
32:14par un fonds d'investissement américain,
32:16un KKR.
32:17Vous voyez un peu l'analogie que je fais.
32:19Pour vous, ancienne ministre de la Culture,
32:21il n'y a pas de problème,
32:23il n'y a pas de problème,
32:24et laissez-moi aller au bout de ma question,
32:25il n'y a aucun problème
32:26à ce que le service public
32:27et l'argent du contribuable
32:28aillent financer des sociétés privées
32:31détenues à l'étranger.
32:32Monsieur le rapporteur, je le dis,
32:33la désinformation, ça va bien deux minutes.
32:35MediaOne, c'est un groupe français
32:36qui a son siège à Paris
32:38et qui a effectivement des actionnaires
32:40divers et variés.
32:41On va les auditionner,
32:42on va leur demander des comptes.
32:43Je le dis, parce que cette audition a regardé.
32:44On va leur demander des comptes
32:46sur leurs liens,
32:47le fonctionnement avec le service public
32:49et notamment avec France Télévisions.
32:50Mais arrêtez de nous faire croire
32:51que MediaOne est un agent de l'étranger,
32:53c'est un champion européen
32:54dont le siège est en France.
32:56J'ai l'impression que vous voulez défendre
32:57à corps et à cri MediaOne.
32:59J'ai l'impression que vous faites
33:00le porte-parole de MediaOne.
33:02Je dis depuis le début
33:03que MediaOne est une société
33:05qui est détenue en majorité
33:07capitalistiquement
33:09par un fonds d'investissement américain,
33:11KKR.
33:11C'était d'ailleurs l'une des révélations
33:13de cette commission d'enquête.
33:14Que vous ayez des liens,
33:15on le verra peut-être,
33:16avec des actionnaires de MediaOne,
33:18vous pourrez en répondre.
33:20Mais MediaOne est détenue en majorité
33:22par un fonds d'investissement américain.
33:23C'est tout ce que je dis
33:24et je ne comprends pas
33:26pourquoi vous expliquez
33:27que ce que j'explique
33:28est factuellement faux.
33:29Merci monsieur le rapporteur.
33:30Vous venez de porter des accusations
33:32très graves contre moi
33:32en disant que j'avais des liens
33:33avec MediaOne,
33:34ce qui est absolument faux.
33:35Donc je suspend cette audition.
33:38Merci messieurs les ministres.
33:39Mais non, mais Jérémy, franchement,
33:43mais qu'est-ce que tu fais là ?
33:44Pourquoi tu t'interromps ?
33:45Monsieur le rapporteur,
33:46je viens de suspendre cette audition.
33:50Je viens de suspendre cette audition.
33:51Monsieur le rapporteur,
33:52je viens de me mettre en cause
33:53en indiquant que j'avais des liens
33:55avec MediaOne,
33:56ce qui est absolument faux.
33:57Et donc je mets fin à cette audition.
33:58Monsieur le Président,
33:58je remercie les ministres de leur présence.
33:59Monsieur le Président,
34:01j'avais des questions importantes.
34:05Suspension de séance.
34:08On voit qu'il y a beaucoup de nervosité
34:09du côté du président de cette commission
34:13qui a été mis en cause par Charles Lalonde.
34:15Le sujet, c'est est-ce que ces sociétés,
34:18qui sont des sociétés privées,
34:19qui produisent des émissions de France Télé,
34:22est-ce qu'on a le droit de savoir,
34:23en réalité, comment ils utilisent l'argent ?
34:26C'est ça la vraie question de fond,
34:27plutôt que ces petites algades.
34:29Notre émission, j'ai regardé tout ça,
34:31c'est long, je vous assure que c'est long.
34:33Et j'ai un papier et un crayon
34:34et je ne note rien,
34:35parce qu'il n'y a rien d'intéressant.
34:37Que madame Léa Salamès soit l'épouse
34:39de monsieur Glicksmann,
34:41et que j'ai d'abord trouvé ça honteux,
34:43je veux dire qu'elle a le droit
34:45d'être mariée avec monsieur Glicksmann,
34:47et elle pense, je ne sais pas quoi,
34:49mais un peu la même chose que son mari
34:51sur les sujets de...
34:52Ils sont européistes tous les deux.
34:53On peut estimer qu'une femme
34:55peut penser indépendamment de son mari.
34:56On est d'accord.
34:57J'ai trouvé que ce n'était pas seulement
34:59du temps perdu,
34:59c'était humiliant pour madame Salamès
35:01d'avoir des comptes à rendre
35:02et de la marier avec Jordan Bardella,
35:06en disant oui, mais enfin,
35:07si c'était le mari du temps perdu,
35:09et c'est honteux.
35:10J'ai trouvé ça honteux.
35:13Le féminisme, c'est quand même ça.
35:14Une femme n'est pas son mari,
35:16elle pense ce qu'elle veut,
35:17et on peut croire ce qu'on veut,
35:19donc ça, c'était du temps perdu.
35:21Moi, je n'ai pas les moyens intellectuels
35:23de départager les deux.
35:24L'un dit, c'est une société étrangère,
35:26l'autre dit, non, pas du tout.
35:28C'est une société française.
35:29Elle est étrangère si le capital est étranger,
35:32etc.
35:33De toute façon, le problème,
35:34ce n'est pas que je ne sache pas trancher,
35:36ce n'est pas que ce soit étranger ou pas étranger,
35:38c'est que ce soit étranger au service public.
35:40C'est ça le problème.
35:41Ce n'est pas étranger et américain
35:43avec des fonds de pension.
35:44Je pense que M. Alloncle
35:45ne dirait pas une chose pareille
35:45si c'était faux.
35:46Donc, s'il le dit,
35:47c'est que ça doit être vrai.
35:49Et si, de fait,
35:49ça doit permettre à des rentiers américains
35:51de faire de l'argent,
35:52on imagine bien que ceux qui font de l'argent,
35:54ils ne font pas de la culture.
35:55Et que dans le service public,
35:56si on fait de l'argent,
35:57on ne fait pas de la culture
35:58et ça ne s'appelle plus le service public.
35:59De sorte qu'on aimerait savoir
36:01plutôt ce genre de choses-là.
36:03Après, il y a effectivement
36:04une insinuation qui est un peu terrible.
36:05C'est-à-dire que si vous êtes
36:06dans le business vous aussi,
36:08on le saura peut-être un jour, etc.
36:10C'est très allusif,
36:11mais je comprends que le président
36:13se sente attaqué.
36:14Mais les questions,
36:16elles ne sont pas vraiment posées.
36:18Elles ne sont pas là.
36:19On se dit,
36:20si vous avez besoin
36:21d'aller demander
36:23à des boîtes privées
36:24de faire le travail
36:25d'une boîte publique
36:26qui a beaucoup d'argent,
36:28une boîte déficitaire
36:30qui permet à la patronne
36:31de se verser 80 000 euros
36:33pour les performances
36:34obtenues dans l'année.
36:35Non, mais c'est formidable.
36:37Donc, les sujets,
36:37ils sont plutôt là.
36:38Moi, je défends le service public,
36:39mais qu'on dise
36:40ce qu'est le service public.
36:41Et quand il y a un mélange
36:42entre le privé et le public,
36:44alors que nous avons
36:45intellectuellement,
36:46la France a intellectuellement
36:47les moyens d'avoir des gens
36:48qui pourraient piloter ça
36:49avec le sens de l'intérêt général,
36:51eh bien, on se dit
36:52que les questions véritables
36:54ne sont pas posées.
36:55Et un dernier mot,
36:55parce qu'ils ont beaucoup défendu
36:57le pluralisme
36:58dans leurs invités.
37:00Vous avez été invité
37:00combien de fois récemment,
37:01Michel Onfray,
37:02sur le service public ?
37:02En écoutant le tout,
37:03la SADAMI a dit
37:05qu'elle avait fait
37:055 000 interviews.
37:06Je n'ai jamais été...
37:08Non, mais en dehors de elle,
37:09le service public vous boycotte.
37:10Depuis 10 ans.
37:11On va être très clair.
37:11Depuis 10 ans.
37:12Donc, le pluralisme,
37:13eh bien, ce n'est pas vrai.
37:15Aucune émission politique,
37:16aucune matinale.
37:17On est d'accord.
37:17Et puis, éventuellement,
37:18une émission d'une heure
37:19entièrement consacrée
37:20à dire que j'étais devenu
37:21un fasciste
37:21depuis la mort de ma compagne
37:22il y a une douzaine d'années.
37:23Très bien.
37:24Et donc, c'est ça le service.
37:25On n'oublie pas.
37:27Michel, j'aimerais absolument
37:28parler de votre livre.
37:29Il nous reste un peu de temps
37:29et il faut qu'on fasse aussi
37:30le point philo.
37:31Parce que ça,
37:31nos téléspectateurs et auditeurs
37:32ne nous le pardonneraient pas.
37:33L'anarchie positive.
37:34Alors, vous nous parlez de Proudhon
37:35qui est un peu la figure de gauche,
37:38le père du socialisme français.
37:39L'anarchie positive
37:40du bon usage de Proudhon
37:42aux éditions Plon.
37:43Alors, peu de gens connaissent
37:44ce penseur.
37:47Beaucoup le citent.
37:48Il y a beaucoup de polémiques
37:49aussi autour de son nom.
37:51Notamment, on entend souvent
37:52que Proudhon était antisémite.
37:54Vous avez voulu réhabiliter Proudhon ?
37:56Michel ?
37:57J'ai voulu expliquer.
37:58Alors, oui,
37:58j'ai voulu réhabiliter Proudhon
37:59dans son ensemble.
38:00Mais sur la question
38:01de l'antisémitisme,
38:02contextualiser en expliquant
38:03ce qu'étaient ces textes.
38:04J'ai eu l'occasion,
38:05je ne vais pas dire avec qui,
38:06quand, comment, etc.
38:07Mais j'étais encore sur le service public
38:08de rencontrer une vedette
38:10du service public
38:11qui me dit
38:11« Ah oui, vous défendez Proudhon,
38:12l'antisémite. »
38:13Je dis « Ah oui, antisémite.
38:14Où et quand ?
38:14Quel texte ? »
38:15Oui, mais enfin, on le sait bien.
38:16Je dis « Si vous le savez bien,
38:17dites-nous où ça se trouve. »
38:19« Dans quel livre ? »
38:20Oui, c'est...
38:20Il sort ses fiches.
38:21Et puis j'ai dit
38:21« Mais excusez-moi,
38:22je vois vos fiches,
38:23c'est Wikipédia. »
38:24Donc, on n'est pas préparé
38:25en lisant Proudhon.
38:26Vous avez fait vite fait
38:27un petit coup d'œil
38:28sur Wikipédia, etc.
38:29Oui, il y a de l'antisémitisme
38:30chez Proudhon.
38:31Il y en a chez Marx,
38:32il y en a chez Louise Michel,
38:33il y en a chez tous les sociétés
38:34du 19e siècle
38:35la plupart du temps.
38:36Il y en a chez Fourier, etc.
38:40Très beau livre,
38:41il y a un très beau livre
38:41de Robert Misraï
38:42sur « Marx et la question juive »
38:43où il faisait une analyse
38:44de tout l'antisémitisme
38:45du 19e siècle,
38:46d'une part.
38:47D'autre part,
38:48Proudhon est un paysan pauvre,
38:50fils d'un paysan pauvre
38:51qui n'a pas fait
38:52d'études universitaires
38:53et il rencontre Marx
38:54qui, lui,
38:55est un avocat célèbre,
38:56etc.
38:57Et il explique,
39:00Marx,
39:00que Proudhon est génial,
39:01qu'il a écrit
39:02des livres extraordinaires
39:03d'économie politique,
39:04que c'est le père
39:04du socialisme, etc.
39:05Et puis,
39:06il vient voir Proudhon
39:07à Paris
39:08et il lui dit
39:09« Voilà,
39:09il faut que tu penses
39:10à partir de Hegel,
39:11philosophe allemand. »
39:12Et il écrit un livre
39:14qui s'appelle
39:14« Le système des contradictions économiques »
39:16qui sous-titre
39:16« Philosophie de la misère ».
39:17Et Marx répond très violemment
39:19à un livre
39:20qui s'appelle
39:20« Misère de la philosophie »
39:21en disant
39:21« Ce pauvre type est un paysan
39:22qui ne comprend rien,
39:23c'est un crétin,
39:24etc. »
39:26Je n'entre pas dans le détail,
39:26mais dans les carnets
39:27de Proudhon.
39:29Il écrit « Marx,
39:30le ténien du socialisme ».
39:31Le ténien,
39:32c'est un animal parasite.
39:34Ce qui voulait dire
39:34que dans les livres de Marx,
39:37la question de la plus-value,
39:38c'est très exactement
39:39la question de l'aubaine
39:40chez Proudhon
39:40dont nous avions l'occasion
39:41de parler, vous et moi.
39:42Et donc,
39:43il dit
39:43« Les antisémites »,
39:45il y en a marre.
39:45D'ailleurs,
39:46j'écrirai un jour
39:46un livre contre eux.
39:47Il ne le fait pas.
39:49Il ne le fait pas.
39:50Au contraire de Marx
39:51qui écrit un livre
39:51qui s'appelle
39:52« La question juive »,
39:52qui est un livre
39:53éminemment antisémite.
39:54Je rappelle que Marx
39:55est d'origine juive,
39:56que son père
39:56s'est converti au protestantisme
39:58et que donc
39:59il n'est pas circoncis,
40:00il n'a pas appris l'hébreu
40:01et que Marx est un protestant
40:02et qu'il est d'origine juive,
40:04mais avec un antisémitisme viscéral.
40:07Je sors dans mon livre aussi
40:08des pages de Louise Michel
40:10d'un antisémitisme forcené.
40:11Ça ne veut pas dire
40:12que parce que Marx l'est,
40:13parce que Louise Michel l'est,
40:14parce que Fourier l'est,
40:15parce que tous les socialistes
40:16français le sont,
40:17Proudhon avait raison de l'être.
40:19Je contextualise.
40:20Je dis simplement
40:20qu'il écrit ça dans des carnets,
40:22pas destinés à être publiés,
40:23donc des choses désagréables,
40:25plus que désagréables
40:26sur les juifs.
40:26Il y a même une phrase
40:27où il appelle
40:27« à les exterminer ».
40:28Évidemment,
40:29après,
40:29ça devient une phrase
40:32qu'on ne peut pas justifier.
40:33Cette phrase est injustifiable.
40:35Je veux juste l'expliquer
40:36en disant
40:37quand on écrit ça
40:38et qu'il n'y a pas eu
40:39les chambres à gaz,
40:42c'est une occasion de dire
40:43« ne lisez pas Proudhon,
40:44il ne le mérite pas ».
40:46Et donc,
40:46je ne dis pas
40:47« justifieux l'antisémitisme ».
40:48Je dis que l'antisémitisme
40:49est dans une logique polémique
40:50du siècle
40:51et du rapport personnel
40:52avec Marx.
40:53Dans le corps du texte,
40:55il n'y a pas de la pensée.
40:57Moi,
40:57j'ai l'œuvre complète,
40:58j'ai la correspondance complète,
40:59j'ai les carnets complets.
41:00Je vous assure
41:01que si vous cherchez
41:02les traces antisémites,
41:03elles existent.
41:04Mais c'est un historien
41:06israélien,
41:08Zell Sternel,
41:09qui a sorti ces textes-là
41:10qu'on ne connaît plus que.
41:11Et d'ailleurs,
41:12quand Bernard-Henri Lévy
41:12écrit « L'idéologie française »,
41:13il ne cite que ces passages-là.
41:15Et c'est difficile
41:16d'arracher Proudhon
41:18à cette réputation.
41:18Michel,
41:19on parlera de l'anarchie positive
41:20de Proudhon
41:21dans la prochaine émission
41:21parce qu'il y a encore
41:22beaucoup de choses à en dire.
41:23Mais le temps passe,
41:24et nous avons notre point philo.
41:25Et je ne veux pas
41:26que nous en prévions
41:27nos téléspectateurs.
41:28Alors là,
41:28vous nous emmenez
41:28découvrir un autre
41:30qui s'appelle
41:30Jean Grenier
41:31et son essai
41:32sur l'esprit d'orthodoxie.
41:34On a un peu de temps,
41:35mais peu de temps,
41:36je veux dire.
41:36Mais qui était-il,
41:37Jean Grenier ?
41:39On connaît le professeur
41:40de Camus,
41:41qui était M. Germain,
41:42l'instituteur.
41:43Il a joué un rôle
41:43extrêmement important,
41:44mais un peu moins
41:44son professeur de philosophie,
41:46qui était Jean Grenier
41:46et qui était spécialiste
41:48en esthétique,
41:49qui a écrit
41:49des très beaux textes
41:50sur la peinture française
41:51de cette époque-là.
41:53Et c'est d'abord
41:54un philosophe français.
41:55Un jour, peut-être,
41:55j'écrirai sur ce qu'est
41:56la spécificité
41:57de la philosophie française.
41:59À part la parenthèse
42:00de fascination
42:01pour l'Allemagne,
42:02qui s'ouvre avec Sartre
42:03et qui se termine
42:04avec Derrida
42:05en passant par
42:05ce qu'on appelle
42:06la French Theory
42:06aujourd'hui,
42:08prenez des gens
42:09comme Bergson
42:09ou prenez des gens
42:10comme Descartes,
42:11c'est d'une extrême lisibilité.
42:12Jean Grenier
42:13est très très lisible.
42:14Et il se pose
42:14des questions
42:15qui sont celles
42:15de notre époque,
42:16de cette époque,
42:171938,
42:18où tous les intellectuels
42:19sont fascinés
42:20par l'Empire soviétique.
42:23Et on a donc bien
42:24massacré Proudhon,
42:25d'abord en disant
42:25qu'il était antisémite,
42:26ensuite en faisant
42:27de telle sorte
42:28que tous les communards
42:29qui ont été proudoniens
42:30se fassent déporter
42:30ou fusillés
42:31au moment de la commune.
42:32Et puis il y a le moment
42:33où le soviétisme arrive
42:34et d'un seul coup
42:34on dit
42:34ça c'est la voie royale
42:36du communisme.
42:37Être de gauche aujourd'hui
42:37c'est être dans
42:38le logiciel marxiste.
42:40Et Jean Grenier dit
42:41le logiciel marxiste
42:42il est allemand
42:43et il n'est pas français.
42:44Il y a un socialisme français
42:45qui n'est pas
42:46le socialisme allemand.
42:47Le socialisme allemand
42:48il s'appuie sur Hegel
42:49et la doctrine
42:50de la philosophie
42:51de l'histoire de Hegel.
42:52Hegel nous dit
42:53tout est dialectique
42:54et il y a un mouvement
42:55progressif de l'histoire
42:56qui fait qu'il y aura
42:57un jour la réalisation
42:58d'une société sans classe.
43:00Ça c'est le vieux schéma chrétien
43:01ce qu'on appelle la parousie
43:02c'est-à-dire le retour
43:03du Christ un jour
43:04et le Christ réalisera
43:05le royaume.
43:06Et bien ce schéma-là
43:07c'est celui de Hegel.
43:09La dialectique nous dit
43:10il y a une chose
43:10il y a une négation
43:11de cette chose
43:12et il y a une réaffirmation
43:13d'une autre chose
43:14et le progrès de l'histoire
43:15se fait en ce sens.
43:16Vous avez une chose
43:17le capitalisme
43:17vous avez une autre chose
43:18il faut détruire le capitalisme
43:19et quand vous aurez détruit
43:20le capitalisme
43:21vous aurez réalisé
43:22la société socialiste.
43:23Dans le moment
43:23de la négativité
43:24vous avez les camps
43:26de concentration
43:26vous avez la police politique
43:28vous avez la terreur
43:29vous avez les fils de fer
43:30barbelés
43:31mais c'est normal
43:32disait Sartre
43:33etc.
43:33parce que bientôt
43:34ce sera l'occasion
43:35de réaliser une société
43:36sans classe.
43:36Et lui dit
43:37réfléchissons à la question
43:38de l'orthodoxie.
43:39Un orthodoxe
43:40c'est quelqu'un
43:40qui pense bien
43:41et qui dit
43:42qu'il pense bien ?
43:43Le chef.
43:44C'est donc la dictature
43:45la question de l'orthodoxie
43:46le remède à l'orthodoxie
43:48c'est l'hétérodoxie
43:49c'est-à-dire le pluralisme
43:49c'est la possibilité
43:51de penser différemment
43:52c'est la possibilité
43:53de diverger
43:54c'est la possibilité
43:54de dialoguer
43:55et Jean Grenier
43:56republie ce livre-là
43:59quelques années plus tard
44:00en disant
44:00ça n'a évidemment
44:01rien perdu de son actualité
44:02j'ajoute qu'aujourd'hui
44:04avec des Mélenchons
44:05des néo-bolchéviques du jour
44:06des Hegéliens
44:07la petite semaine etc.
44:08la lecture de Jean Grenier
44:10n'a perdu
44:10et est à recommander.
44:13Est absolument indispensable.
44:14Merci beaucoup.
44:15Jean Grenier
44:16et c'est sur l'esprit
44:17d'orthodoxie
44:18merci Michel Onfray
44:19on vous retrouve
44:20avec grand plaisir
44:20la semaine prochaine
44:21sur CNews et sur Europe 1
44:22et c'est sur l'esprit
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