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  • il y a 16 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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Transcription
00:00Agnès Ricari, merci d'être avec nous ce soir.
00:02Vous êtes présidente de la Société française de médecine d'urgence.
00:05Dans les régions, en canicule rouge, le plan Orsec, chaleurs extrêmes, a été déclenché.
00:10C'est la première fois qu'il est déclenché en France.
00:13En quoi consiste-t-il et en quoi il est urgent de le mettre en place maintenant ?
00:17C'est un plan de protection des personnes qui se différencie du plan Orsan qui est pour le reste sanitaire.
00:24Le plan Orsec, c'est identifier les personnes fragiles pour leur permettre de venir se reposer dans des zones qui
00:32sont plus fraîches.
00:35Donc c'est aller d'une part les identifier, vérifier qu'ils sont en bonne santé et surtout leur proposer
00:42qu'ils soient accueillis.
00:45C'était déjà le cas en journée et maintenant il y a des ouvertures de nuit pour qu'ils puissent
00:51dormir dans de bonnes conditions.
00:52Cette troisième vague, elle arrive sur des organismes qui sont déjà fragilisés.
00:57Et pour les gens qui ont des pathologies chroniques ou qui sont un peu fragiles,
01:01ils n'ont pas forcément complètement récupéré de la dernière vague avant de subir cette nouvelle vague.
01:07Et donc nous, on a toujours les appels et les afflux aux urgences de façon décalée 3-4 jours.
01:13On s'attend ce week-end à avoir beaucoup plus de patients à prendre en charge
01:17parce que les organismes sont épuisés et ils ont du mal à réguler la température pour la maintenir à 37.
01:25Vous faites face encore à la deuxième vague et il y a cette troisième vague.
01:27On est toujours un temps en décalage.
01:29On est un temps en décalage.
01:32Au niveau de la médecine d'urgence, on est organisé.
01:34La gestion de crise sanitaire, ça fait partie de notre métier.
01:36On sait augmenter les effectifs pour répondre à plus d'appels aux 15 et plus de patients qui arrivent aux
01:43urgences.
01:44Mais les patients qui ont été hospitalisés pour des pathologies chroniques,
01:48les organes, ce qu'on appelle la défaillance multi-organes, ne se restaurent pas.
01:54En quelques jours, ça prend beaucoup plus de temps.
01:57Et donc ces patients sont encore hospitalisés.
01:59Et on a besoin de plus de lits pour accueillir les nouveaux patients.
02:03Et c'est là-dessus qu'on craint un peu.
02:06Et c'est là où les plans hors-sane, les plans hôpital d'intention, voire plans blancs, vont être utiles.
02:11Alors il y a les initiatives publiques, effectivement, avec ce plan hors-sexe à leurs extrêmes.
02:15Et puis il y a celle d'ordre privé.
02:17Chacun, à son niveau, peut offrir un petit peu de...
02:20Un petit îlot de fraîcheur à ceux qui en ont besoin.
02:23C'est le cas de cette agence immobilière des Yvelines, dans laquelle vous vous êtes rendu, Antoine Forestier.
02:29Oui, il fait plus de 35 degrés cet après-midi à Eponne.
02:32On est ici, à l'intérieur de cette agence, 24 degrés grâce à la climatisation.
02:35On en parle avec Martial, vous êtes le directeur de l'agence.
02:38Concrètement, qu'est-ce qui est prévu pour les habitants du coin qui voudraient trouver de la fraîcheur ?
02:42Eh bien, les gens peuvent venir à l'agence, qu'ils soient clients ou pas.
02:44L'agence, elle leur est grand ouverte.
02:45C'est une opération qu'on a faite avec les agences Guy Hockey.
02:47Donc chez Guy Hockey, c'est frais.
02:49C'est frais chez Guy Hockey.
02:50Et donc cette opération permet aux gens de venir se rafraîchir, tout simplement.
02:53Donc à leur disposition, on a de l'eau, des sirops, un café.
02:59Vous êtes les bienvenus, au frais.
03:01Ça ne va pas déranger le travail de vos collaborateurs ?
03:03Non, non.
03:04De toute façon, une agence immobilière, on est là pour recevoir du public, qu'il soit client ou pas d
03:08'ailleurs.
03:08Peu importe quel soit le profil.
03:10On est là pour accueillir les gens.
03:11Vous n'avez pas en profiter pour leur vendre des appartements ?
03:13Non, on offre un verre d'eau.
03:15Effectivement, c'est le but de l'opération, c'est de rafraîchir.
03:19Il fait tellement chaud en ce moment, 10 degrés d'écart entre l'agence.
03:23Quand on pousse la porte, là, c'est « waouh ».
03:25Eh bien, venez, venez vous rafraîchir.
03:26Uniquement en alerte rouge ou alors tout l'été ?
03:28Combien de temps ça va durer ?
03:29Dès qu'il fait chaud, bien entendu.
03:31Mais vous savez, on le fait régulièrement.
03:33Mon agence, elle est ouverte à tous.
03:34Même quand il fait froid l'hiver, si vous voulez venir vous réchauffer, prendre un café, vous êtes les bienvenus.
03:37Merci beaucoup pour ce point.
03:39Il y a près de 450 agences en France, près de la moitié accueilleront les clients ou pas pour venir
03:45se rafraîchir pendant toutes ces périodes de fort chaleur.
03:48Un grand merci à Antoine Forestier.
03:50Ludovic Pingano, sur ce plan hors sec déclenché aujourd'hui, vous êtes assez critique, je crois.
03:55Est-ce que ce n'est que de la communication pour vous ?
03:57C'est un peu votre raisonnement, c'est-à-dire que les communes n'ont pas attendu avant de faire
04:01tout ce que propose le gouvernement ?
04:02C'est ce que vous nous dites ?
04:03Oui, c'est un plan com.
04:05Ah, c'est un plan com, c'est ce que vous nous dites.
04:07Oui, je dis que c'est un plan com.
04:08Pourquoi ?
04:09Alors, il y avait le plan canicule.
04:11Le plan canicule, il ne fonctionne pas très bien.
04:13On l'a vu que quand même, depuis qu'il existe, il n'est pas terrible.
04:17Alors là, du coup, il y a la canicule de 2019, on était censé la prendre.
04:21On n'a pas trop le temps depuis 2019, c'est vrai que ça fait encore quelques années.
04:25Et puis là, cette année, il y a ces canicules qui succèdent.
04:29On a vu quand même des mesures assez intéressantes.
04:31Ne buvez pas d'alcool.
04:32On va interdire des manifestations publiques au tout dernier moment, juste avant que les gens arrivent.
04:38Alors qu'on a tous les éléments en termes de météo.
04:42Donc, on attend quand même la veille pour dire aux gens, non, finalement, on va l'annuler.
04:45Alors que c'est une décision qu'on aurait pu prendre bien en avance.
04:48Et puis donc, on s'aperçoit que le plan canicule, il ne fonctionne pas très bien.
04:51Donc, allez, on y va.
04:53Là, on va faire un plan hors sec chaleur extrême.
04:57S'il ne marche pas cette année, moi, je propose que l'année prochaine, on puisse faire un plan chaleur
05:01très extrême
05:02qui sera encore meilleur que le plan chaleur extrême de cette année.
05:05Ce que je suis en train de vous dire, c'est que tout ça, c'est de la com'.
05:07Que ce plan canicule, s'il méritait d'être révisé, et ça, depuis qu'il existe, c'est comme ça
05:13qu'un plan doit vivre.
05:14Ce plan chaleur extrême, 194 ou 197 pages.
05:17Qui va lire, là, en cette période de canicule, un plan qui fait 194 pages pour le lire ?
05:22Moi, ça me rappelle Coluche.
05:23Alors, je suis d'une génération, on connaissait Coluche.
05:24Mais vous savez, Coluche, il parlait de la lessive.
05:29Il y avait des lessives qui lavenaient plus blanc que blanc.
05:32Et bien là, on a un plan qui fait plus canicule que canicule.
05:36Je voudrais poser une petite question.
05:38Vous disiez tout à l'heure qu'il y avait les patients qui arrivaient,
05:41qui étaient déjà ceux de la deuxième vague et qui viennent d'arriver encore pour la troisième vague.
05:44Qu'est-ce qui risque de manquer le plus ?
05:45Le matériel ou le personnel ?
05:48Je dis ça parce que c'est les vacances aussi pour le personnel soignant
05:51et qu'on redoute, dans les jours à venir, des postes qui pourraient manquer.
05:55Alors, c'est la problématique.
05:58C'est qu'on a besoin de plus de lits d'hospitalisation.
06:02Or, déjà hors période de crise sanitaire, c'est déjà la problématique au quotidien.
06:08Ça fait 15 ans qu'on alerte sur les difficultés d'hospitalisation.
06:12En fait, en médecine d'urgence, on est capable d'augmenter les effectifs
06:16pour gérer une crise sur un temps donné.
06:18Mais quand on peut accueillir plus de patients dans les services d'urgence,
06:23on les diagnostique et on les traite, mais après, il faut les hospitaliser.
06:26Quand ils ne peuvent pas sortir du service des urgences, ils bloquent nos salles d'examen.
06:32Et à ce moment-là, on ne peut plus accueillir les nouveaux patients.
06:35Et c'est ça la problématique de fond.
06:36Ils vont s'aggraver par le fait qu'un certain nombre de chambres ne sont pas climatisées.
06:41Il fait 38.
06:42Et on ne peut clairement pas hospitaliser des personnes fragiles dans des chambres
06:47qui ne sont pas climatisées.
06:48Mais alors justement, sur ces climatiseurs,
06:49vous vous souvenez que Sébastien Lecornu avait prévu 30 000 climatiseurs qu'elle est arrivée.
06:52On en est à 7 500 seulement, selon la ministre de la Santé,
06:56avec des soignants ou des directeurs d'hôpitaux qui nous disent
06:58qu'on doit avancer nous-mêmes l'argent parfois.
07:01Est-ce qu'on n'est pas en retard par rapport au Maroc ou à l'Espagne ?
07:05Je dirais qu'on construit des hôpitaux sans climatisation.
07:09Donc c'est une problématique quand même.
07:1330 000, c'est très bien.
07:14Mais ça ne va pas permettre d'équiper toutes les chambres d'hospitalisation.
07:17C'est ça. Et là, on n'en est qu'à 7 500.
07:18Voilà.
07:20Alors il y a un certain nombre de choses que l'on peut faire.
07:22C'est opérer aujourd'hui une personne fragile d'une prothèse de hanche qui n'est pas urgente
07:27pour qu'elle se retrouve en hospitalisation en canicule.
07:30Ce n'est pas très pertinent.
07:32Il vaut mieux déprogrammer et décaler.
07:34Donc ça, ça nous permet de récupérer des lits,
07:37mais ça permet surtout de protéger la personne qui va se faire opérer.
07:41Donc il y a un certain nombre de choses à faire
07:44pour décaler ces interventions ou ces hospitalisations non urgentes.
07:49Après, dans les plans hôpital en tension, voire plan blanc,
07:54on réaffecte des lits qui n'étaient pas initialement prévus pour la sortie des urgences
07:58et on les réaffecte de façon à avoir plus à personnel constant,
08:02plus de capacité d'hospitalisation,
08:05parce qu'il faut absolument pouvoir hospitaliser.
08:08C'est le curseur entre l'hospitalisation programmée et l'hospitalisation non programmée.
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