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  • il y a 9 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Autre conséquence de ces vagues de chaleur, les noyades se multiplient.
00:03131 personnes sont mortes noyées depuis le début de ces vagues de chaleur.
00:07C'est ce qu'a annoncé aujourd'hui la ministre des Sports, Marina Ferrari.
00:11Et la moitié d'entre elles se sont noyées dans des zones de baignade qui n'étaient pas surveillées.
00:15On va retrouver au bord du canal Saint-Martin à Paris, Lola Baye, bonsoir Lola,
00:19le canal qui est devenu un peu le point de rendez-vous depuis le début de ces vagues de chaleur
00:23pour tous ceux qui souhaitent se rafraîchir.
00:26Mais la baignade théoriquement est autorisée jusqu'à 20h, pas après.
00:30Il peut y avoir parfois des accidents.
00:34Bonsoir Dominique, tout à fait.
00:36On a constaté avec Godor Sommet qu'il y avait encore beaucoup de monde autour de ce canal Saint-Martin.
00:41Plus de baignade, mais quand même quelques personnes qui trempent les pieds dans l'eau.
00:44Et à mesure que la nuit s'installe, la fraîcheur aussi nous rejoint.
00:51Je suis avec Mathieu.
00:54Finalement, ici c'est un peu devenu le lieu incontournable pour avoir un lieu de fraîcheur.
00:58Je ne sais pas, c'est le lieu incontournable, mais en tout cas ça fait plaisir d'être là.
01:01Et on en parlait tout à l'heure, il y a une âme ici, il y a une espèce de
01:05vie où les gens ont l'air heureux.
01:07Il y a la fraîcheur de l'eau qui met les gens bien.
01:11Et c'est cool qu'ils aient enfin libéré l'accès à l'eau à Paris.
01:14Parce que c'est quand même, dans les villes, ça manque quoi.
01:18Paris manque d'arbres de manière générale.
01:20Et d'avoir au moins accès à l'eau, c'est quand même un truc qui fait vraiment plaisir.
01:23Alors je vois que vous avez encore votre maillot de bain, les cheveux légèrement humides en train de décher.
01:28Il y a eu aussi beaucoup de noyade ici au canal Saint-Martin.
01:31Et vous, vous restez vigilant, j'imagine, quand vous vous baignez ?
01:35Oui.
01:37Je ne sais pas, oui, en fait, je sais nager, donc du coup...
01:40Vous faites peut-être plutôt en groupe pour vous jeter un oeil sur votre voisin ?
01:44On ne s'est pas trop posé la question.
01:45En vrai, j'ai l'impression que les gens sont quand même assez prudents.
01:49Ça jump un peu des ponts et tout, mais les gens ont l'air de savoir ce qu'ils font.
01:54Je ne savais même pas qu'il y avait eu des noyades, pour être honnête.
01:56Il y a eu beaucoup de noyades ici ?
01:58Oui, il y en a eu plusieurs.
02:01Là, finalement, vous me disiez que vous vous baignez de manière vigilante.
02:05Il y a aussi le fait qu'il y ait des vagues régulières de chaleur.
02:08Là, c'est la troisième vague, alors qu'on n'est que début juillet.
02:12Est-ce que ça vous préoccupe ?
02:14Évidemment, ça me préoccupe.
02:17Après, on était au courant depuis longtemps.
02:19Moi, ce qui m'inquiète, c'est surtout qu'il n'y ait pas de solution politique qui soit apportée
02:22à ça
02:22et que tout soit de l'esbrouf.
02:26Ça fait des années que c'est de l'esbrouf.
02:27Le gouvernement Macron est une esbrouf de manière générale.
02:32Ce n'est pas suffisant.
02:35Ce n'est clairement pas suffisant.
02:36Ce n'est clairement pas suffisant.
02:38Moi, j'invite les gens à voter la France insoumise parce que je pense que c'est les seuls qui
02:44ont un vrai programme climatique qui est documenté, sourcé,
02:49avec une vraie programmation climatique qui, pour moi, pourrait être une solution, même si on est en retard.
02:55Évidemment, on est en retard.
02:56Mais il y a des solutions politiques qui existent.
02:59Et j'invite les gens à se renseigner dessus.
03:02Merci beaucoup.
03:03On n'est pas encore en période de campagne présidentielle, mais c'est lancé.
03:07En tout cas, on entend vos propos.
03:09En tout cas, il y a beaucoup de monde encore ici au canal Saint-Martin qui viennent chercher un îlot
03:14de fraîcheur.
03:14que vous voyez sur ces images d'Hugo d'Orsemen avec différents profils, des familles, des étudiants et aussi différents
03:21groupes d'amis.
03:23L'eau là-bas est en direct du canal Saint-Martin à Paris avec Hugo d'Orsemen.
03:28Merci à tous les deux.
03:29Ludovic Pingano.
03:30Vous aviez été maître nageur aussi.
03:32Vous étiez jeune il y a très longtemps.
03:34Seriez-vous nous dire pourquoi on se noie autant en France ?
03:37Est-ce qu'on manque de surveillants ?
03:38Est-ce qu'on ne sait pas nager ?
03:39Est-ce qu'on n'apprend plus à nager ?
03:40D'abord, on apprend moins à nager.
03:42Ça, c'est aussi une réalité.
03:43On apprend moins à nager parce qu'il y a moins de créneaux disponibles dans les piscines pour que les
03:47enfants apprennent à nager.
03:48Historiquement, on apprenait à nager à l'école.
03:50Et puis, j'ai une amie également prof d'EPS qui me disait qu'eux ont des créneaux de piscine,
03:55mais ils n'ont pas l'argent pour payer le bus pour emmener les enfants du collège jusqu'à la
03:59piscine.
03:59Donc, c'est encore une raison.
04:02Maintenant, la réalité également, et vous l'avez très bien dit,
04:05c'est que beaucoup de jeunes se noient dans des zones non surveillées
04:09et souvent dans des endroits de baignade naturelle.
04:13Donc, pas en piscine.
04:15Or, quand on apprend à nager en piscine, une piscine, qu'est-ce que c'est ?
04:18C'est un carré ou un rectangle avec de l'eau qui ne bouge pas de mètre nageur autour.
04:21Et on n'apprend pas, quand on apprend à nager, on n'apprend pas à nager
04:26et on n'apprend pas les dangers des baignades en zone naturelle.
04:30Et quand vous êtes au bord d'une rivière, on n'imagine pas que d'un seul coup,
04:32on puisse ne pas avoir pied, on n'imagine pas qu'il y a du courant.
04:34Quand on est au bord de mer, on n'imagine pas qu'il puisse y avoir des baignades.
04:37Et c'est là où les accidents arrivent.
04:40Alors, quand en plus de ça, vous enchaînez d'autres difficultés liées à la température,
04:45avec le risque d'hydrocution, quand vous sortez entre copains ou copines
04:49et que vous décidez de boire un peu de bière, un peu de je ne sais pas quoi,
04:53eh bien, là encore, ça aggrave le risque de noyade.
04:56Et puis, un point extrêmement important, c'est que si vous avez un ami ou une personne,
05:00peu importe, qui commence à faire le bouchon devant vous,
05:03c'est le signe de la noyade, on monte et on descend.
05:06Si vous voulez aller chercher cette personne, si vous n'êtes pas vous-même un très bon nageur
05:09et ça ne suffit pas, vous risquez également de vous noyer.
05:12Et malheureusement, c'est ce qui arrive.
05:15Quand j'apprenais, moi, à des jeunes ou des moins jeunes, d'ailleurs, à être sauveteurs en mer,
05:20on apprenait notamment ce qu'on appelle des prises de dégagement.
05:23C'est-à-dire que le noyer, quand il panique, il va vouloir vous attraper par un membre,
05:27par le coup, vous appuyer sur la tête.
05:29Et donc, on apprend au nageur-sauveteur à se débattre et à contourner le noyer
05:33et le prendre de façon ensuite à le ceinturer, le pouvoir le ramener,
05:37le réconforter, le ramener au bord.
05:38Mais ça encore, c'est de la technique et ça n'est pas donné à tout le monde.
05:42J'ai l'impression qu'on n'apprend plus du tout ça de nos jours, non ?
05:44Alors, ça, c'était vraiment...
05:45On apprenait à faire un petit peu de sauvetage, moi, quand je me souviens.
05:48Alors, il y a vraiment l'heure-là, pour le coup, il y a vraiment très longtemps.
05:51Quand j'étais à l'école, on apprenait...
05:51Parce que moi, j'ai appris à nager sans faire le sauvetage.
05:54Non, mais on apprenait à aller chercher un mannequin, par exemple, au fond de l'eau.
05:57Souvenez-vous, ça fait un mannequin gris qui n'avait pas de bras et quatre jambes.
06:00Moi, je n'ai jamais vu une victime qui n'avait pas de bras et quatre jambes.
06:04Mais on apprenait à aller le chercher et on le ramenait au bord.
06:06Ce n'était pas toujours évident.
06:11Par contre, effectivement, les prises de dégagement,
06:12c'était pour ceux qui ont formé justement au sauvetage en mer
06:14ou au sauvetage aquatique de façon plus générale.
06:17C'est vrai qu'on a tous eu ces mannequins en forme de tronc.
06:19On les cherchait sous l'eau.
06:20C'est toujours des mannequins masculins, ce qui pose un problème
06:23parce qu'on s'est aperçu que pour les massages cardiaques, par exemple,
06:26il y a beaucoup plus de femmes qui restent que d'hommes
06:29parce que beaucoup de gens rechignent à faire des massages
06:33pour diverses raisons,
06:35y compris le fait qu'on entraîne les gens que sur des mannequins
06:37avec des corps d'hommes.
06:38On est de toute façon trop peu formés en France aux gestes de secours en général.
06:42Bonsoir, Yann Amis.
06:44Vous êtes météorologue chez Weather & Co.
06:46Depuis plusieurs semaines, on assiste à des vagues de chaleur successives.
06:50On a l'impression que chaque vague bat la précédente.
06:53Est-ce que c'est un été exceptionnel auquel on assiste
06:55ou alors est-ce qu'il va falloir s'habituer dans les années à venir
06:58à vivre ces vagues de chaleur successives ?
07:02Alors, on n'est pas, d'un point de vue,
07:04effectivement, sur un plan, on va dire, de ressenti,
07:07on est sur de l'exceptionnel puisqu'on enchaîne notre troisième canicule.
07:10Mais d'un autre côté, il n'y a rien de surprenant, je dirais,
07:12dans le scénario que l'on est en train de vivre
07:14et dans la façon dont on arrive, en fait, où s'enchaînent ces canicules.
07:18La première canicule que l'on a vécue, en fait,
07:20a installé un contexte favorable.
07:23Là, sur cette troisième canicule,
07:24cette troisième canicule s'est déjà appuyée sur un contexte
07:27où les températures d'eau de mer sont déjà relativement élevées,
07:29les sols étaient relativement secs.
07:31Donc, finalement, dès qu'on a un contexte météorologique qui s'y prête,
07:34la chaleur radiative va s'accumuler de jour en jour.
07:37En plus, on a quelque chose qui va rentrer en compte
07:39et qu'a très bien expliqué votre journaliste en tout début d'émission.
07:42On a une petite anomalie d'altitude
07:45qui va se caler notamment sur la partie péninsule ibérique.
07:49Donc, cette petite, on va dire, anomalie d'altitude
07:51qui correspond finalement à un petit centre dépressionnaire en altitude
07:54va advecter de l'air encore plus chaud qui vient d'Afrique,
07:57notamment en direction, je dirais, de la France.
08:00Donc, ce que vous parliez notamment tout à l'heure d'un plateau de canicule,
08:03en fait, on va partir sur une extension,
08:05je dis bien une extension, on va effectivement avoir des orages,
08:09mais en fait, ce n'est qu'une petite accalmie
08:10parce que la vague ou le dôme de chaleur va se décaler
08:13sur la partie est-nord-est, voire l'Allemagne.
08:16Et globalement, on est toujours dans ce même contexte.
08:18Donc, quelque part, ce n'est pas surprenant.
08:20Et donc, vous nous dites que ça peut durer quoi ?
08:22Ça, tout l'été jusqu'en septembre ?
08:26Quand on regarde les dernières...
08:28Je ne regarde pas que les modèles français ou les modèles...
08:32Je prends ce qu'on appelle un panier de modèles.
08:34Donc, je regarde notamment le suivi de l'ITN.
08:37L'ITN, c'est le fameux indicateur qui est poursuivi par Météo France
08:40pour suivre un petit peu ces phases de canicule.
08:42Quand on se remet, on retourne un tout petit peu en arrière.
08:45Les éléments de l'ITN...
08:47J'ai sorti une interview, je crois, le 1er juillet
08:49avec des confrères de la presse écrite.
08:53Le 1er juillet, on posait déjà le scénario
08:56de ce qui est en train de nous arriver.
08:57Donc, ce n'est pas une surprise.
08:58Si on vient chercher à regarder ce qui se passe,
09:01non pas que sur des modèles français,
09:03mais sur un ensemble de modèles
09:04qui nous permettent de suivre, d'un point de vue ensemble,
09:07le comportement de l'atmosphère,
09:09non pas sur un seul modèle.
09:10Donc, ça permet d'isoler un scénario chaud.
09:12Et ce scénario chaud, là, aujourd'hui, on le voit très bien.
09:15On le voit aussi un petit peu régresser,
09:17notamment à partir de jeudi.
09:19Mais ce n'est pas une modification, je dirais,
09:21très importante du temps.
09:23On va revenir sur des valeurs au-dessus de la normale,
09:25mais ça reste quand même très chaud.
09:27Et derrière, on sent bien que l'anomalie
09:30qui nous a accompagnés, là, sur cette 3e canicule,
09:33elle est prête pour une 4e. C'est tout.
09:35Amico Bujon-Méret, vous êtes chercheur en géopolitique
09:37de la transition énergétique.
09:39Vous avez déjà eu souvenir d'un été
09:41comme celui qu'on est en train de vivre ?
09:43Nous sommes le 10 juillet et nous affrontons
09:45déjà notre 3e vague de canicule.
09:47Oui, parce que ce n'est pas la 3e vague de canicule
09:49de l'été, c'est en réalité la 3e vague
09:51de canicule du printemps et de l'été.
09:54Rappelons-nous que les 2 premières vagues
09:55de canicule étaient au moment du printemps
09:57et ça paraît anodin, mais ce n'est pas anodin du tout.
10:00C'est-à-dire qu'on n'avait effectivement
10:02jamais vu des canicules
10:04avec des vagues de chaleur
10:05de ce type-là dès le mois de mai.
10:07Et ensuite, évidemment, il y a la question de la répétition,
10:09la question de la magnitude, la question de la fatigue
10:12et évidemment tout ce qui rentre derrière.
10:13Ça a été très très bien décrit, notamment,
10:15alors pas directement l'épisode qu'on vit là maintenant,
10:17mais le système que nous sommes en train de vivre
10:19a été parfaitement décrit par la littérature
10:22en sciences climatiques depuis très longtemps déjà.
10:24A été reconnu comme des
10:27bouleversements massifs
10:27par notamment les rapports du GIEC
10:29ou encore les rapports du Haut Conseil sur le climat.
10:32Donc si vous voulez, ce n'est pas quelque chose
10:33encore une fois de surprenant pour reprendre ce qui a été dit plus tôt.
10:35Et effectivement, si je n'ai pas souvenir d'un été comme ça,
10:38ce n'est pas parce que je suis jeune,
10:39c'est plutôt parce qu'effectivement, ça n'a pas encore eu lieu.
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