00:00Le point sur le sommet de l'OTAN qui s'est terminé hier à Ankara avec notre invité, c'est
00:05Roland Gillet qui nous a rejoint.
00:07Bonjour Roland, on a eu un sommet de l'OTAN qui finalement, finalement s'est bien passé.
00:12Il y avait des inquiétudes autour du comportement de Donald Trump, beaucoup de déclarations hors réunion.
00:17Et puis finalement, en interne, quand ils se sont vus avec les autres chefs d'État, il a dit qu
00:21'il y avait beaucoup d'amour.
00:23C'est du Trump quoi, il fait toujours la même chose.
00:25Je pense que les Européens sont plus naïfs non plus, ils ont compris quand même comment il fonctionne.
00:29Par contre, vous avez vu, il y a quand même eu un léger hasard de circonstance qui à mon avis
00:36n'en est pas.
00:37C'est que justement en plein sommet, c'est la nuit avant qu'il décide de nouveau de frapper l
00:42'Iran.
00:42Alors je veux bien que le militaire ne se décide pas uniquement avec le politique, mais je pense qu'il
00:46a joué une carte qui est la sienne comme toujours.
00:49C'est d'arriver là-bas fort.
00:50Fort parce que c'est lui évidemment qui va.
00:52Le détroit d'Ormous c'est notre problème plus que le sien.
00:54Même si lui, il a fait de ricochet un problème d'inflation sur les prix du pétrole, il est quand
01:00même en train de dégager un endroit qui gêne surtout les Chinois et les Européens.
01:03Peut-être un peu moins, mais quand même tout autant au bout du compte.
01:06Et donc clairement, il venait avec un élément fort.
01:08C'est de dire qu'est-ce qui intervient maintenant, c'est moi, qu'est-ce qui fait le travail,
01:11qu'il a mal peut-être commencé, c'est encore moi.
01:14Et deux, il a Marc Rutte qui vient devant en citant des chiffres et les chiffres sont très clairs.
01:18Et il obtient quand même au bout de ce sommet hier soir, d'abord de continuer les frappes, d'achever
01:25le travail et de dire que de toute façon ça ira vite, mais ça il le dit chaque fois.
01:28Et si vous avez les réactions des Européens, ils sont presque tous contents, même Sanchez.
01:33Donc ça veut dire, il a quand même réussi à dire, écoutez, je pense qu'on est plus forts ensemble.
01:38Deux, je n'ai jamais dit que je ne participerais pas à l'effort si on veut le faire intelligemment
01:43au niveau de l'Ukraine.
01:44Et donc, de nouveau, il revient avec les mêmes arguments et il surprend.
01:48Alors, je veux dire, est-ce qu'il nous surprend encore en arrivant de façon très dure et en sortant
01:52tout s'est très bien passé, on est tous contents.
01:54Annalisa, tout le monde est content de ce sommet, dont Volodymyr Zelensky quand même.
01:59Oui, il y a des avancées effectivement sur l'Ukraine.
02:03Ce qu'on souligne quand même, c'est que oui, Donald Trump autorise les Ukrainiens à fabriquer les patriotes.
02:07En réalité, pour l'instant, il n'y a pas d'avancée concrète, dans le sens où il faudra des
02:12années pour mettre en place cette nouvelle ligne de production.
02:15Finalement, on est contents, on est rassurés quand ça se passe sans accroc, même s'il n'y a pas
02:20d'avancée tangible tout de suite.
02:22Oui, mais de nouveau, quel que soit le sommet, il y a tout encore une série de gens qui pensent
02:27que les États-Unis, c'est Trump, et Trump, c'est les États-Unis.
02:31Non, il y a les États-Unis dirigés par Trump.
02:33Et quand on vient sur les chiffres, c'est pour ça que Mark Rutte, avec son côté hollandais très classique,
02:38très clair,
02:38qui n'est pas nécessairement au départ pro-Trump, il doit regarder les chiffres, il dit quand même aux Européens,
02:42regardez quand même.
02:43Plus de 70% encore l'un dans l'autre vient des États-Unis, ça fait depuis 2014 qu'on
02:48doit faire les choses, et pour pouvoir plonger dans ce qui est plus positif,
02:51il dit en 2035 qu'on arrive à même 5% globalement, tout en sachant quand même que des deux
02:56côtés, il faut quand même regarder où les conflits se trouvent,
02:58en Ukraine, c'est en Europe, et le détroit d'Hormuz, c'est quand même essentiellement les Européens et les
03:02Chinois qui sont embêtés avec.
03:03Donc, on a effectivement toujours besoin de la force américaine, de la force des États-Unis, avec un président qui
03:10s'appelle quand même Donald Trump.
03:11Donc, l'un dans l'autre aussi, pourquoi on fait les choses ? Et je crois qu'aujourd'hui, ce
03:15qui a fait de ce sommet, à mon avis, une réussite,
03:17et que des deux côtés ça se passe, c'est que l'ego est resté un peu de côté. L
03:20'ego européen, en tous les cas, c'est de dire,
03:22bon, on s'est quand même mis d'accord, on a besoin d'aller dans la même direction, et vous
03:26avez vu qu'ils ont remis la chose la plus importante pour les Européens,
03:29et pour tous les membres de l'OTAN, c'est de dire, le principe qui consiste à dire, quand on
03:33en touche un, on touche tous les autres, on le redit,
03:36et vous doutez que ça c'est un message qui n'est pas pour les Iraniens, mais surtout pour les
03:39Russes.
03:39– Russie qui a répondu qu'on se mettait en ordre de bataille contre elle.
03:42– Oui, mais ils peuvent le dire comme ils veulent, je ne suis pas sûr que c'est ce qu
03:46'ils souhaiteraient.
03:47Je pense que Vladimir Poutine a cru au début que le fonctionnement avec Trump,
03:51ça allait être un accord entre deux, entre guillemets, vu par lui des spots,
03:55qu'ils allaient se mettre d'accord sur l'agenda, et ainsi de suite.
03:57Maintenant, on voit que Trump, à partir du moment où les Européens comprennent quand même qu'il n'est pas
04:01content,
04:01il l'a répété, de ce qui s'est passé sur deux points, l'aide au moment du détroit d
04:06'Hormuz quand il avait le sécurisé,
04:08qu'on a dit tu le feras toi-même, deux, de voir un dément, l'Espagne,
04:12de dire on ne peut même pas laisser atterrir les avions alors que c'est quand même des bases de
04:15l'OTAN,
04:16mais après il dit derrière, bon, vous pouvez me faire plaisir en achetant du matériel américain,
04:20et pas 50 milliards, c'est pour ça qu'il en a proposé beaucoup plus.
04:22Donc il est toujours dans le même type de négociation,
04:24mais je pense que les Européens ici, et surtout l'OTAN,
04:27a remonté comme un effet où on est beaucoup plus soudé,
04:30et vous avez vu aussi que ce qui a été dit,
04:32et c'est un élément qui avait déjà été dit par les services de sécurité,
04:34c'est que les Polonais se sentent quand même réellement menacés,
04:37et les Américains ont des informations aussi là-dessus.
04:39Donc je pense que le sommet a fait un peu un tour de la question,
04:42surtout pour les Européens et les dangers qu'ils comportent aujourd'hui.
04:45Il y a un consensus sur un sujet, c'est celui qu'il faut européaniser l'OTAN,
04:49est-ce que vous pensez qu'on est en bon ordre de marche pour arriver à un OTAN plus européen,
04:54et est-ce que vous pensez que ça va suffire à calmer Donald Trump ?
04:57Oui, parce que ce qu'il veut, c'est qu'on monte un engagement plus solidaire,
05:01ça il l'a rappelé hier, il faut quand même reconnaître que je peux comprendre
05:04qu'il n'a pas été très content sur les deux points que j'ai cités,
05:07et je pense que de l'autre côté, si on met plus de moyens,
05:09et on va être sans doute, parce que vous avez vu qu'il nous traite un peu de la même
05:11manière,
05:12sachant que les Canadiens n'ont pas le même problème de conflit tout près d'eux,
05:15c'est de dire si les Canadiens et les Européens mettaient déjà la même chose que nous,
05:19finalement, au bout du compte en milliards,
05:20ce qui est quand même beaucoup aujourd'hui que les Américains mettent sur la table,
05:23je pense que ça va le calmer, et vous avez vu qu'il est dans la vision d'une audite,
05:27il ne nous fait plus confiance, est-ce que c'est les Etats-Unis, est-ce que c'est uniquement
05:31Trump ?
05:31Souvenez-vous quand même depuis 2014, on a fait beaucoup de promesses,
05:34quand on est membre d'un club généralement, et qu'on fait des promesses,
05:37on est censé s'y tenir, et c'est malheureusement, l'histoire, on nous dira la suite,
05:42quand Trump a été tout à fait désagréable, tout à fait sur le fait,
05:45« je vais me retirer », qu'on a fini par faire les efforts militaires,
05:48qui étaient quand même prévus initialement.
05:50Et vous avez vu, l'idée maintenant, ça arrive en 2035 à 5%,
05:53et je pense qu'il doit le dire, comme les Américains nous l'ont souvent dit,
05:58les ennuis pour le moment, les risques, ne sont pas une invasion des Etats-Unis,
06:01ni du Canada, c'est sur le territoire européen ou le Moyen-Orient,
06:06où pour l'énergie, vous êtes bien plus concerné que nous,
06:08donc il faut quand même regarder les choses en face,
06:10et regarder le géopolitique et le militaire, en fonction d'où sont les risques.
06:13Merci beaucoup Roland Gillet d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie,
06:16professeur d'économie financière à l'Université Parisien,
06:18Panthéon-Sorbonne et à l'Université Libre de Bruxelles.