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  • il y a 4 heures
Ce jeudi 2 juillet, le contexte tendu entre les États-Unis et les alliés, et les préparations de l'Europe au sommet de l'Otan ont été abordés par Annalisa Cappellini dans sa chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00On voit qu'il y a un sommet qui se prépare, sommet de l'OTAN, prévu en Ankara la semaine
00:03prochaine.
00:04Le contexte est tendu entre les Etats-Unis et les Alliés.
00:07Les Européens, nous, on se prépare comment à ça ?
00:10On essaye pour l'instant d'apaiser les tensions avec Donald Trump, de calmer le jeu au maximum,
00:14pour essayer de le convaincre que l'Alliance Atlantique est encore nécessaire
00:17et que protéger l'Europe, finalement, est dans l'intérêt des Etats-Unis,
00:22surtout du point de vue économique.
00:24Alors, Marc Roteux, qui est le chef de l'OTAN, a accordé une interview hier au Financial Times,
00:29une interview qui était, en réalité, un message envoyé à Donald Trump,
00:33dans lequel il explique que le programme de réarmement européen est une très bonne nouvelle,
00:37surtout pour les Etats-Unis, puisqu'il y a un carnet de commandes de 300 milliards de dollars,
00:42carnet de commandes qui va soutenir les emplois américains.
00:45On parle de près de 200 000 emplois soutenus dans le secteur de la défense américain.
00:50Et d'ailleurs, Marc Roteux, il ne s'en cache pas.
00:53En réalité, toutes ces commandes sont là aussi pour montrer au peuple américain
00:57et au président américain, bien sûr, que l'Europe et le Canada intensifient leurs efforts en matière de défense.
01:04Alors, c'est vrai, les Européens et les alliés de l'OTAN, en général,
01:07n'achètent pas leurs armes uniquement à des alliés de l'OTAN.
01:11Ils en achètent, par exemple, à la Corée.
01:13Marc Roteux parle des armes achetées à la Corée.
01:15Mais il y a une seule raison.
01:16Pour lui, ce n'est pas du tout un choix volontaire.
01:21C'est presque un choix obligé.
01:22Il y a, en ce moment, un problème de capacité.
01:25En gros, les usines, l'industrie en Europe et aux États-Unis
01:28ne suivent pas encore dans un monde qui a besoin de plus en plus d'armes.
01:31Pourtant, les Allemands ont une solution à proposer à Donald Trump
01:34pour augmenter, justement, ses capacités de production, Annalisa.
01:36Oui, alors, c'est étonnant, puisque les Allemands,
01:38ils ont été, eux aussi, la cible de la colère de Donald Trump,
01:41qui estime qu'en général, les Européens n'en font pas assez en matière de défense,
01:45et qui a annoncé vouloir retirer 5 000 soldats américains d'Allemagne.
01:49Eh bien, aujourd'hui, les Allemands essayent de trouver un compromis.
01:52Ils lui proposent une solution.
01:53Ils veulent devenir, en quelque sorte, l'usine des Américains.
01:57En fait, ils proposent aux États-Unis de fabriquer, sous licence en Allemagne,
02:01des systèmes d'armes américaines.
02:03Et ça serait une coproduction qui permettrait, donc, d'un côté, à l'Allemagne
02:06d'avancer dans des domaines stratégiques.
02:08On parle des missiles Tomahawk, par exemple,
02:10ou des systèmes de défense aérienne patriotes.
02:12Le ministre de la Défense allemand, Boris Pistorius,
02:14le dit très clairement.
02:16Il y a des systèmes que nous n'avons, tout simplement, pas encore,
02:18et dont on va avoir besoin d'ici 5 à 10 ans.
02:22Et donc, cette coproduction leur permettrait
02:24d'avancer aussi, du point de vue technologique.
02:26Les Européens, pourtant, semblent vouloir
02:28devenir plus indépendants,
02:30malgré tout, vis-à-vis des Américains dans le domaine de la défense.
02:33Cette proposition de coproduction,
02:35c'est un peu contradictoire,
02:37avec cette volonté, non ?
02:38Oui, là, vous mettez le doigt sur une contradiction évidente.
02:40Comment on fait pour être plus indépendant
02:42vis-à-vis des Américains,
02:43si on continue de rester très dépendant
02:45vis-à-vis de leur système,
02:46et même qu'on les produit pour eux ?
02:48Eh bien non, selon le gouvernement allemand,
02:50ce n'est pas du tout le cas.
02:51Pour le chancelier Friedrich Merz,
02:53c'est même le contraire.
02:54En fait, cette coproduction
02:55permettrait de réduire les déséquilibres atlantiques
02:58et d'aller davantage dans le sens de l'Europe.
03:00Puisque, pour une fois,
03:01ce sont les Américains qui s'appuieraient sur le zéro.
03:03C'est vrai.
03:04Pour leur capacité de production.
03:06Lui dit que si on veut rendre l'OTAN
03:08plus européenne dans son ensemble,
03:10eh bien il faut assumer plus de responsabilités
03:12aussi en tant qu'Européens au sein de l'OTAN,
03:14et donc réduire les dépendances transatlantiques unilatérales.
03:17Unilatérales est évidemment le mot-clé
03:19dans les déclarations du chancelier allemand.
03:21Ce qu'il faut lire aussi derrière les déclarations,
03:23c'est une volonté de la part de Berlin
03:25de reprendre un rôle de premier plan
03:27et au sein de l'Alliance Atlantique.
03:28Et en Europe,
03:30c'est un effort d'ailleurs qui a été déjà remarqué
03:32par Marc Rutte,
03:33selon qui l'Allemagne montre l'exemple
03:35et tient ses promesses.
03:37Il faut le rappeler,
03:38Berlin a décidé d'une augmentation
03:40des dépenses de défense
03:41de 3,5% du PIB d'ici 2029.
03:45Ça va évidemment dans le sens de Donald Trump,
03:48donc l'Allemagne la nouvelle bonne élève.
03:50Pour Marc Rutte,
03:51c'est une réussite extraordinaire,
03:52cet exemple allemand.
03:53Eh bien c'est un message à peine voilé,
03:55adressé à tous les autres membres
03:57de l'Alliance Atlantique
03:58qui n'en font pas autant.
03:59Merci beaucoup Annalisa Capellini.
04:01On vous retrouve dans 25 minutes
04:03avec Romuald Sciorra.
04:04On parlera des Etats-Unis
04:06et des petits revers
04:06que rencontre en ce moment Donald Trump.
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