00:00Franklin Pichard, en enjoint, directeur général de Kipling Finance. Bonjour Franklin.
00:03Bonjour Guillaume.
00:04Face au marché, vous allez rendre votre verdict, ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre
00:07ensemble.
00:08Est-ce que vous l'assumez ?
00:09Oui, je l'assume.
00:11On vous écoute.
00:12Oui, j'assume le fait que la correction des valeurs de l'IA va continuer de profiter aux valeurs européennes.
00:19D'accord.
00:20Et je ne suis pas le seul à partager ce sentiment.
00:23La correction des valeurs de l'IA va profiter, encore profiter à l'Europe, c'est votre message.
00:27Le malheur de l'IA en bourse ferait le bonheur de l'Europe boursière.
00:31Oui, tout à fait.
00:32Ça a fait notre malheur pendant certaines périodes.
00:35Et là, effectivement, on a l'impression d'avoir un retour de balancier et non des moindres.
00:40Quand vous voyez les analystes et les stratégistes de Bank of America, de Morgan Stanley, de Barclays,
00:46des grandes maisons s'il en est, qui toutes s'accordent à mettre sur le podium l'Europe pour les
00:53mois à venir,
00:54considérant qu'elles bénéficient et qu'elles profitent d'un environnement très vertueux,
00:59baisse du prix du pétrole, des banques centrales qui sont plus en adéquation avec l'environnement économique.
01:08On a également des révisions bénéficiaires qui sont importantes.
01:12On a le soutien budgétaire de l'Allemagne, qui va participer activement à cet attrait que représente l'Europe.
01:20Et puis, on a le ralentissement de l'inflation.
01:23Donc, tous ces éléments sont plutôt favorables.
01:27Alors que du côté de l'IA, la messe n'est pas dite.
01:30La correction n'est peut-être pas terminée.
01:32Ça va être très bousculé.
01:33Vous écoutez à l'instant.
01:35On parlait des premiers jours de cotation sur le Nasdaq de SpaceX.
01:42On va avoir dans le courant de la semaine l'introduction sur le Nasdaq américain de SK Inix.
01:53Oui, fin de semaine.
01:54Fin de semaine.
01:55Et donc, un environnement plus tendu avec des valorisations très élevées,
02:01alors qu'on bénéficie d'un environnement européen qui est plutôt historiquement élevé,
02:07des marges bénéficiaires importantes et une prime de marché, une des plus basses depuis 20 ans.
02:13Donc, on se dit, pourquoi pas ?
02:15Pourquoi pas ?
02:16Alors, comment on fait ?
02:17Si on mise sur l'Europe en se disant que les flux vont un peu moins aller mécaniquement vers la
02:21tech
02:21et peut-être l'Europe en profitera-t-elle, comment revient-on aujourd'hui sur l'Europe ?
02:26Sachant que le stock sur Europe 600 est déjà sur des records et plusieurs indices aussi.
02:29Le cas qui n'est pas très loin non plus de son record d'ailleurs.
02:31Oui, alors c'est intéressant votre remarque parce qu'effectivement, le stock 600 est sur des records.
02:35Mais quand vous le regardez dans le détail, vous voyez que sur les 20 plus fortes progressions,
02:4047% de la performance est réalisée par trois valeurs, Infineon, SML et j'ai oublié la troisième.
02:48Donc, vous avez une très très forte concentration de la performance
02:51qui masque un petit peu le côté très modéré et raisonnable des autres valorisations des entreprises.
02:58Sinon, pour répondre à votre question, quand on regarde un petit peu, ça a été également abordé
03:08et puis on le voit aujourd'hui dans les performances des valeurs,
03:13on voit cette rotation qui continue de s'accentuer.
03:18On voit aussi que les investisseurs lâchent toujours un petit peu l'IA
03:23et vont sur des valeurs défensives, reviennent sur les valeurs de santé,
03:28sur des valeurs avec de la visibilité.
03:31Et pour ne pas les citer, mais vous avez Morgan Stanley qui mettent en avant des valeurs européennes
03:37comme Airbus, Saint-Gobain, Inditex, Richemont, etc.
03:42Donc, on est véritablement dans un environnement qui est porté par les grandes capilles européennes
03:49sur lesquelles on a de la visibilité et avec des perspectives qui sont moins risquées
03:55que sur les risques attendus de l'IA au cours des prochaines semaines.
03:59Donc, on reste sur ces valeurs déjà identifiées ?
04:01Oui, parfaitement identifiées.
04:02On ne vient pas chercher, par exemple, à contre-courant, les valeurs les plus en retard,
04:05des Stellantis, en se disant que c'est là, justement, si on va chercher du potentiel en Europe,
04:08qu'on va le trouver en osant aller dans ce qui sous-performe.
04:10Non, il faut aller dans ce qui est déjà sous la lumière.
04:13Oui, on va déjà sur ce qui a des preuves.
04:15Et puis, surtout que certaines ont quand même corrigé et ne sont pas sur leurs plus hauts.
04:19Et par conséquent, on a un véritable potentiel d'appréciation sur des secteurs,
04:24défenses aéronautiques, biens de consommation,
04:27qui peuvent encore délivrer pour les investisseurs de la plus-value.
04:31On va parler des fusions-acquisitions dans un instant,
04:33parce que Voyageurs du Monde, c'est l'objet d'une OPA.
04:35Et donc, on va quitter la cote dans quelques mois.
04:37Avant, plus largement, le deuxième semestre qui s'ouvre sur les marchés,
04:41quels seront les principaux rendez-vous qu'il faudra suivre ?
04:44Quels sont les jalons à avoir dans le scope pour ce deuxième semestre
04:48qui démarre à peine en bourse ?
04:50Écoutez, ils ne sont pas très originaux.
04:53On attaque et on est dans une saison de publication.
04:56Après, on va recommencer au mois d'octobre.
05:00Donc ça, ce sont deux marqueurs importants.
05:02Ces fameuses publications, savoir si les marges continuent d'être préservées
05:07et voire améliorées pour les entreprises.
05:09On va avoir un élément marquant qui va être les élections mid-term aux États-Unis
05:15au mois de novembre.
05:15Ça va être également, là encore, un élément important
05:22des points qui seront observés et surveillés par les marchés
05:25et qui ne manqueront pas à chaque fois d'avoir une incidence sur les indices.
05:29Et donc, ces fusions-acquisitions, dont on va surveiller aussi au deuxième semestre
05:33si elles continuent d'accélérer, sont nombreuses.
05:34Voyageurs du Monde, aujourd'hui, est en hausse à la Bourse de Paris de 22%
05:38parce qu'il y a une OPA.
05:39Une OPA à 180 euros par action.
05:41Le titre en forte hausse, on le disait, s'aligne à 177.
05:46Donc on est presque au niveau de l'OPA à 180 euros par action.
05:49C'est une prime de 24% sur la clôture d'hier.
05:51Et on s'attend donc à ce retrait de la cote de Voyageurs du Monde.
05:54Une valeur de plus qui va quitter la cote.
05:56Alors on parlera justement de ce mouvement global,
05:57mais Voyageurs du Monde, quel signal envoie cette OPA sur le titre ?
06:01Ça envoie le signal parfois évoqué, souvent rappelé par vos intervenants.
06:08On a différents facteurs qui rentrent en ligne de compte.
06:11On voit que déjà le private equity s'intéresse de plus en plus à des sociétés cotées.
06:15C'est plus simple.
06:16C'est une visibilité plus intéressante sur des opérations à mener et il y a un gain de temps.
06:23Vous avez un autre élément.
06:25Pour les plus petites d'entre elles, finalement quand ils voient le retour sur investissement
06:29de ce que leur apportent les marchés, avec bien souvent des décotes par rapport à leur actif net réévalué,
06:35ils se disent finalement je prends plus de coûts que je n'ai davantage acquis à être présent sur les
06:42marchés.
06:43Donc ça, ce sont des éléments très factuels qui militent aussi en faveur de sociétés,
06:50comme je le disais, décotées, qui sont plutôt bon marché
06:53et qui justifient de la part des investisseurs institutionnels, fonds d'investissement et autres,
06:59de se lancer, d'ouvrir et d'appuyer le trait sur ce type d'investissement.
07:04Est-ce que vous ne trouvez pas aussi que la période est assez paradoxale en fait,
07:08parce qu'on a d'une part des mouvements de fusion-acquisition dans certains secteurs
07:12qui sont très très très valorisés, comme la défense, comme la tech, l'intelligence artificielle, etc.
07:18Et parallèlement, effectivement, des petites boîtes qui sont pourtant profitables et bien gérées,
07:23qui préfèrent le private equity.
07:24Est-ce qu'il n'y a pas une sorte d'effet miroir en se disant,
07:28et en regardant par exemple les anthropiques,
07:30alors là on parle des hyperscalers de l'IA,
07:32mais qui, avec des entreprises de plus petite taille,
07:35qui se disent, le soleil brille peut-être plus du côté du private equity,
07:38les rendements, l'actionnariat est plus stable, etc.
07:42Est-ce que vous pensez que c'est aussi le fruit de cette période un petit peu bizarre ?
07:47Je pense qu'effectivement l'effet miroir doit jouer,
07:49et effectivement c'est se mettre entre les mains de talents
07:53qui vont vous aider et participer à votre développement,
07:56et par conséquent c'est vrai qu'on a vu autrefois souvent des refus,
08:02des batailles qui s'opéraient,
08:03et là on voit que les candidats sont beaucoup plus volontaires
08:07pour passer sur le giron de front private equity.
08:11Oui, même EasyJet ouvre la voie effectivement à un rachat par Castle Lake finalement.
08:16EasyJet hier s'était envolé,
08:18on a aussi Pierre et Vacances, on a Eden Red,
08:20et puis ce rapprochement aussi dans la défense à venir,
08:23dont on parle beaucoup entre Exail et Thalès.
08:25Donc des fusions acquisitions, il y en a beaucoup.
08:27Thalès va prendre le pouvoir sur Exail, va prendre le contrôle d'Exail.
08:30Comment vous la regardez cette opération ?
08:31Pour l'avenir Thalès, parce qu'à la fin on parlera de Thalès
08:33plus que d'Exail en bourse j'imagine.
08:35Écoute, je la regarde un petit peu comme le regard que posent les analystes sur le secteur,
08:40c'est une très belle opération.
08:42Le grand perdant de l'affaire c'est Safran, bien évidemment,
08:44mais Exail possède des drones navals, des robotiques sous-marines,
08:51des centrales inertielles, une guerre des mines, etc.
08:54Thalès vient renforcer des poules dans lesquelles il était présent, voire absent.
08:59Et par conséquent, tous les analystes saluent cette opération
09:04et voient pour Thalès un formidable axe de développement
09:07et de, pas parachevé parce que c'est jamais fini,
09:11mais en tout cas un beau complément de lignes de produits au sein du groupe.
09:16Oui, c'est un bel alliage, il y a beaucoup de synergies attendues effectivement
09:20et c'est vrai que ce type Thalès a plutôt bénéficié de l'annonce.
09:22Alors même si aujourd'hui il est en baisse, moins 0,9 Thalès,
09:24après sa hausse du début de deux semaines,
09:27ça signifie que dans la défense on aura d'autres opérations de ce type.
09:30Hier Antoine nous disait, il y a le même genre d'opération aux Etats-Unis de rapprochement.
09:34Ça pourrait être l'étencelle qui permettra au secteur de redémarrer
09:37après un premier semestre un peu décevant pour la défense ?
09:39Oui, c'est ce qu'on lit beaucoup dans les analyses sectorielles.
09:43On voit que, alors je ne pourrais pas vous les citer,
09:45mais que beaucoup de petites entreprises font l'objet d'attention de la part des gros groupes.
09:49La croissance externe dans ce domaine est un véritable levier pour aller vite
09:54à un moment où justement ce secteur va être sollicité
09:57par l'ensemble de nos gouvernants européens et voire mondiaux.
10:00Notre CAC, il est 15h51,
10:02une gain péniblement, 0,1%.
10:04On est à 8485 points.
10:06On n'est pas aidé par Wall Street qui est en baisse,
10:07sauf le Dow Jones, à nouveau, c'est sur les indices les plus traditionnels
10:11que la surperformance se voit, se manifeste.
10:13Le Dow Jones gagne 0,2% là où le Nasdaq perd 0,8% aujourd'hui
10:16et le S&P moins 0,2%.
10:17Un petit mot SpaceX, parce que SpaceX fait ses premiers pas dans le Nasdaq aujourd'hui.
10:21Ça n'empêche pas SpaceX de reculer.
10:22On pensait qu'il y aurait un gros soutien justement des fonds passifs
10:25dès que l'intro sur le Nasdaq serait faite.
10:27Ben non, pour sa première séance, donc SpaceX perd 4% en ce moment.
10:30Je vais vous répondre par un appalicède.
10:32Effectivement, aujourd'hui, il y a plus de vendeurs que d'acheteurs
10:34et effectivement, le fait de rendre sur l'indice
10:37ne permet pas de contrebalancer les ventes massives
10:41d'investisseurs initiaux qui prennent leurs bénéfices.
10:44On le voit, ça se fait dans des volumes importants, conséquents,
10:47et beaucoup profitent quand même des prix attractifs
10:50dont ils avaient pu bénéficier au préalable
10:52pour vendre le titre.
10:54Donc, le titre a eu, depuis qu'il cote, une variation chaotique
10:59et beaucoup attendaient l'entrée sur le Nasdaq
11:02pour arbitrer leur position.
11:05Eh bien, on voit qu'aujourd'hui, ça se fait par des sorties de papier.
11:08Et pendant ce temps, nos finances publiques,
11:11ici en France, parce qu'on parle beaucoup du marché actions
11:13et puis le marché obligataire reste sur des niveaux élevés,
11:15le problème, c'est qu'on s'y acclimate.
11:16Ça finit par nous sembler normal.
11:17Ça ne l'est pas forcément.
11:1810 ans français à 3,7% aujourd'hui,
11:2010 ans allemand à 3%, 2,98 pour être précis.
11:23Sébastien Lecornu préside aujourd'hui un comité d'alerte
11:26pour donner un cap aux finances publiques,
11:27autrement dit, pour essayer de trouver de nouvelles économies.
11:30Comment vous voyez, à maintenant moins d'un an,
11:31la présidentielle d'ailleurs, la trajectoire française
11:34et puis la trajectoire à venir du marché obligataire s'ouvre ?
11:37Le marché obligataire va continuer d'être
11:39sous les aléas des décisions des politiques.
11:42Pour le moment, il n'y a pas de drame,
11:44mais quand je discute avec les gérants obligataires
11:47chez nous, aux actuaires,
11:48effectivement, il y a beaucoup de tensions
11:50par rapport aux prochaines semaines à venir
11:52sur l'évolution des taux,
11:54les risques de pépins qui, pour le moment,
11:56ont été complètement jugulés et on n'en a pas eu.
11:58Et dans ce contexte-là,
12:00c'est vraiment une classe d'actifs
12:01qui va être et qui va rester très, très volatile.
12:04D'accord, mais il faut s'habituer à ces niveaux de taux,
12:06ça ne redescendra plus.
12:07On est à 3,6, on peut dire qu'à chaque moment
12:10où les taux obligataires souverains,
12:11que ce soit en Europe ou aux États-Unis,
12:13se stabilisent, c'est le nouveau plancher
12:14à partir duquel, par la suite,
12:16ils rebondiront à la hausse ?
12:17Et fait cliquer, en quelque sorte ?
12:19Si on duplique ce qu'on a connu,
12:22imaginons que c'est comme ça que ça se passera.
12:23Oui, mais ça peut quand même être bien absorbé
12:26sur le marché actions.
12:27Les taux obligataires peuvent monter ?
12:29Je pense qu'aujourd'hui,
12:30on va avoir un petit décrochage
12:32entre le marché obligataire et le marché actions.
12:34Et je pense que le marché actions
12:35a d'autres focus sur lesquels
12:37il est beaucoup plus fixé
12:39que l'évolution qui se ferait quand même
12:41à l'épaisseur du trait sur les taux obligataires.
12:43Et puis attention aussi aux Japonais
12:45qui risquent de moins acheter d'obligations,
12:46qu'elles soient américaines ou européennes.
12:48Les taux montent encore au Japon.
12:50Le Yen est proche encore aujourd'hui
12:51d'un nouveau plus bas de 40 ans
12:52face au dollar.
12:53Ça, ce sera surveillé le Japon
12:54comme chaque été,
12:55mais encore plus cette année
12:56parce que pour l'instant,
12:57il n'y a pas de dégâts collatéraux
12:58sur les marchés,
12:59mais le Yen est un plus bas
13:00de 40 ans face au dollar.
13:01Oui, c'est ça.
13:02Et effectivement,
13:03on se rend compte que la crise de 2024
13:05sur le KITRAIN
13:06n'est pas totalement réglée,
13:07qu'aujourd'hui,
13:08c'est toujours très intéressant.
13:10On a un énorme écart
13:11entre les taux US et taux japonais,
13:14même si on les voit caracoler.
13:16Mais tout ça,
13:17ça continue de peser sur le Yen.
13:19Et on est dans cet environnement
13:20qui, même si on n'a pas
13:22de catastrophes annoncées,
13:24une tendance de marché
13:27qui justifie cette chose
13:29qui est totalement illogique,
13:31de voir des taux qui montent
13:33et un Yen qui continue de baisser.
13:35Merci beaucoup Franklin
13:36de nous avoir accompagné
13:37cet après-midi.
Commentaires