Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 jours
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jeff Winttenberg revient sur les questions qui font l’actualité avec Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00– En effet, bonjour Marine Tondelier.
00:04– Bonjour et bonjour à toutes celles et ceux qui nous regardent.
00:06– Merci d'être avec nous ce matin.
00:07On va parler du budget de la France parce que c'est important
00:10pour tous ceux qui nous regardent.
00:11Hier, sitôt, les motions de censure rejetées,
00:15le Premier ministre Sébastien Lecornu a actionné un nouvel article 49.3
00:18et vous les écologistes, avec le reste de la gauche hors les socialistes,
00:21vous avez déposé une nouvelle motion de censure.
00:23Est-ce que vous pouvez nous dire en quoi vous espérez
00:25que le vote de la semaine prochaine sera différent de celui d'hier,
00:28c'est-à-dire que les motions de censure seront rejetées ?
00:30– Je comprends parfaitement que celles et ceux qui nous regardent ce matin
00:32se disent, tiens, maintenant, quand on nous annonce une motion de censure,
00:35c'est comme si on nous disait, il va pleuvoir demain.
00:37Ça devient assez récurrent et c'est logique puisqu'on a un Premier ministre
00:40qui n'a rien à faire là et qui fait partie d'un parti
00:42qui avait perdu les élections législatives.
00:45Donc on est dans une situation terrible et ces motions de censure,
00:47finalement, ce qu'elles cachent, c'est des contenus inacceptables,
00:50des textes qui sont même plus votés.
00:52– Pourquoi c'est inacceptable ? Excusez-moi, il y a eu un infléchissement,
00:54d'ailleurs salué par le Parti Socialiste, sur le repas universitaire à 1 euro,
00:58la prime d'activité dont le ministre du Travail parlait à votre place hier.
01:02Pourquoi c'est inacceptable ?
01:03– Vous parlez des deux éléments que les socialistes vont nous raconter
01:06pendant des mois et qui sont l'arbre qui cache la forêt
01:08des reculs sociaux terribles que comporte ce texte.
01:114 000 postes supprimés dans l'éducation nationale.
01:14L'année dernière, les socialistes et le ministre de l'Éducation
01:16à la même place que moi sûrement se félicitaient d'avoir sauvé 4 000 postes.
01:18– Avec une démographie qui baisse ?
01:19– Oui, mais avec les classes les plus chargées d'Europe.
01:21Et donc on devrait profiter de ce moment pour rétablir un peu ça.
01:26On voit aussi par exemple qu'il y a des personnes dans ce pays
01:28qui sont au RSA, qui sont au chômage de longue durée,
01:30qui sont en situation de handicap, qui ont accès à des emplois d'insertion
01:33grâce à l'ESS, à un secteur associatif qui se bat pour proposer des emplois d'insertion.
01:37Eh bien, 60 000 personnes vont perdre ce poste d'insertion l'année prochaine sur 200 000.
01:43Parallèlement, on va supprimer la prime de Noël aux gens qui touchent le RSA
01:46qui n'ont pas d'enfants.
01:47C'est-à-dire que c'est 152 euros à 228 euros.
01:50Et on fait ça en disant que c'est pour les inciter à travailler.
01:53Ah bah oui, mais les gens au RSA qui avaient un emploi d'insertion,
01:56on leur retire.
01:56Tout ça n'a pas de sens.
01:57Et je vais vous le dire comme je le pense.
01:58– Donc c'est pour ça que vous voulez censurer.
01:59– Mais je vais vous le dire comme je le pense.
02:01Un gouvernement voudrait livrer ce péri aux mains du Rassemblement national
02:04qui ne s'y prendrait pas autrement.
02:06– Je vais vous poser la question autrement.
02:06– Qui ne s'y prendrait pas autrement.
02:07– Lorsque vous déposez une motion de censure,
02:09c'est dans le but de faire tomber le gouvernement.
02:11Et s'il y a une censure qui passe,
02:14le Premier ministre a prévenu qu'il y aura de nouvelles élections législatives.
02:17Est-ce que ça réglerait le problème selon vous
02:19qu'il y ait des élections législatives en même temps que les municipales en mars ?
02:23– Mais votre question montre bien la crise démocratique
02:25dans laquelle on est tombé.
02:27C'est-à-dire qu'on a un gouvernement illégitime,
02:29mais ce serait aussi illégitime de le faire tomber.
02:31– Non, je vous demande si ce serait mieux.
02:33– Je vais au bout.
02:34Et puis il y a des électeurs sûrement qui vont me dire
02:36mais ça sert à quoi de voter ?
02:37Puisque l'année dernière, on a voté,
02:39plus de 70% du pays a souhaité un changement de cap politique
02:42et ils ne l'ont pas mis en place.
02:43Donc tout ça, on continue à mener la bataille pied à pied.
02:46– Oui mais répondez à ma question.
02:47– Mais est-ce que ça serait bien qu'il y ait des élections législatives ?
02:49– Nous n'avons pas peur des urnes,
02:51on ne peut pas avoir peur des urnes quand on fait de la politique.
02:54Et on n'a sûrement pas peur du vote des Français quand on est écologiste.
02:57Mais je vais vous dire, moi quand je dis à longueur de semaine
02:59aux personnes que je rencontre qui tiennent ce pays à bout de bras,
03:02les fonctionnaires, les assauts, le milieu de l'ESS,
03:04je leur dis tenez bon, nous arrivons.
03:06Un, parce qu'il faut tenir bon.
03:07Et deux, parce que ce qu'il faut préparer en même temps, c'est 2027.
03:10Parce qu'on voit bien que tant qu'on aura ce président
03:12ou moins de son camp, ça n'ira pas mieux.
03:14– Alors avant 2027, il y a les municipales.
03:16Tenez bon, nous arrivons, venez-vous de dire.
03:18Mais vous arrivez avec qui ?
03:19Puisque donc à Paris, vous êtes plutôt associé à la France insoumise,
03:22aux communistes en déposant…
03:24– Non, à Paris, je pense aux municipales à Paris.
03:27– Eh bien précisément, on va voir si les téléspectateurs comprennent,
03:34puisque au national, vous êtes plutôt avec cette partie de la gauche radicale,
03:37mais au municipal, et notamment à Paris, et notamment à Marseille,
03:40vous êtes avec les socialistes.
03:41Donc expliquez-nous votre stratégie.
03:42– Mais monsieur Vutterberg, on est écologiste.
03:43Et donc on prend nos choix en fonction de l'écologie.
03:45Un gouvernement qui nous explique qu'il va encore suspendre la prime Rénov'
03:50pour rénover les logements, qu'il va diviser par quatre le fond vert
03:55qui permet aux collectivités de préparer les futures inondations
03:58et les futurs chocs climatiques des villes.
04:00C'est inacceptable, on le censure.
04:02– Mais pas par les socialistes.
04:03Donc les socialistes ont tort à Paris et raison dans les régions.
04:05– Oui, ils ont tort de ne pas censurer ce gouvernement,
04:06et je trouve que leur stratégie est incompréhensible
04:09et qu'ils constituent en cela une béquille du gouvernement.
04:12Au niveau national, je le dis, ils le savent, on n'est pas d'accord.
04:14– Mais par contre, vous êtes amis au municipal.
04:15– Au niveau municipal, notre stratégie est claire,
04:17il faut que les villes de gauche restent à gauche,
04:19que les villes écologistes restent écologistes
04:21et qu'un maximum de villes de droite et du centre basculent à la gauche.
04:24Et c'est ce que nos groupes locaux font partout en France
04:27avec les stratégies qui leur paraît appropriées.
04:29– Donc vous assumez cette différence de stratégie
04:32entre la politique nationale et les scrutins locaux.
04:34– Mais la stratégie est toujours la même, c'est la stratégie de l'écologie.
04:36Et vous parliez de Marseille par exemple, j'y étais cette semaine,
04:39ainsi qu'à Limoges.
04:39– Et là vous avez fustigé Sébastien Delogu,
04:42le candidat insoumis qui risque de faire perdre la gauche.
04:44– Écoutez, les insoumis ont leur stratégie, j'ai la mienne.
04:46Les insoumis ont leur stratégie et les écologistes ont la leur.
04:49Quand j'entends un candidat insoumis à Marseille
04:52où le Rassemblement national guette très très fortement
04:54dans la troisième ville de France nous dire
04:56« Moi, mon but c'est que Benoît Payan ne soit plus maire »,
04:59comme les sondages montrent qu'il n'en est pas capable lui-même,
05:01ça veut dire que du coup, si ce n'est pas Benoît Payan,
05:03le maire sortant socialiste soutenu par les écolos,
05:05ce sera le Rassemblement national.
05:06C'est incompréhensible, nous n'avons qu'une seule ligne.
05:08– Marine Tondelier, vous aviez fait un très bon scrutin en 2020,
05:12vous aviez réalisé que de nombreuses grandes villes
05:14sont désormais dirigées par un maire écologie,
05:17Lyon, Strasbourg, Poitiers, pour ne citer qu'elles, Grenoble aussi.
05:21À Lyon, par exemple, il y a un changement quand même de stratégie.
05:23Le maire sortant, Grégory Doucet, qui est candidat à sa réélection,
05:27propose aujourd'hui 400 policiers municipaux,
05:2990 caméras de surveillance s'il est réélu.
05:32Or, M. Doucet, le même M. Doucet, disait
05:35qu'il y a largement assez de caméras
05:36lorsqu'il en parlait au début de son mandat.
05:39Est-ce qu'il y a aujourd'hui une prise en compte
05:41des problèmes de sécurité ?
05:42– Ce que vous dites n'est pas vrai,
05:43alors je sais que le service public allait genre
05:45inviter M. Olaz à une heure de grande écoute,
05:46inviter Grégory Doucet, il vous expliquera.
05:48Il faut arrêter de raconter n'importe quoi.
05:50M. Doucet, quand il est arrivé,
05:52il y avait 571 caméras de vidéosurveillance.
05:54Il y en a aujourd'hui 634.
05:56Donc il a augmenté, il continuera de le faire dans le prochain mandat.
05:59Il a augmenté massivement.
06:00– Il n'a pas changé de stratégie.
06:01– Il a augmenté massivement les effectifs de police municipale.
06:04– Il a mis en place des brigades à pied.
06:06Il met en place une brigade anti-incivilité.
06:09Il a augmenté aussi la rémunération des policiers municipaux.
06:12– Mais au-delà de M. Doucet, c'est un problème.
06:13– En fait, moi je ne prends plus de leçons.
06:15– On vous reproche parfois une certaine naïveté sur les problèmes de sécurité.
06:17– Oui, mais il faut arrêter de raconter n'importe quoi.
06:18Je ne prends pas de leçons sur la sécurité de la part de personnes.
06:21M. Sarkozy, la droite, qui ont supprimé 12 000 postes
06:23de policiers nationaux quand ils étaient au gouvernement.
06:25– Les écologistes sur le terrain, mais c'est valable à Besançon,
06:28à Strasbourg, partout, ont pris ce sujet à Bralcan.
06:30Et vous verrez que les statistiques de sécurité
06:31se sont améliorées dans les villes écologistes,
06:34contrairement à beaucoup de villes de droite.
06:35– Allez voir Abéziers, allez voir au Havre,
06:37vous n'allez pas être déçu du voyage.
06:37– On vérifiera tout cela.
06:38– Avec grand plaisir.
06:39– Une dernière question, il nous reste peu de temps, je suis désolé.
06:40C'est un sujet qui vous tient à cœur,
06:42la journée mondiale des solitudes qui avait lieu hier.
06:44C'est un sujet, la solitude que vous voulez porter à Bralcan.
06:47Je suis désolé, on a peu de temps,
06:48mais pouvez-vous nous dire quels sont les chiffres aujourd'hui
06:51et ce que vous préconisez, en peu de temps, si vous voulez.
06:53– Un Français sur quatre souffre de solitude aujourd'hui dans ce pays
06:56et en politique ou dans les médias, on n'en parle jamais.
06:58Donc je ne supporte plus cela.
07:00J'en ai beaucoup parlé dans mon livre en disant
07:01que j'en ferai un sujet majeur de l'élection présidentielle,
07:04que je le mettrai sur la table et que je m'assurais qu'il y reste.
07:07Je constate depuis que Gabriel Attal a commencé un peu à parler,
07:09que Jean-Luc Mélenchon a commencé à en parler,
07:11que Rachida Dattim a commencé un peu à en parler.
07:13Donc je vois que je suis en train de parvenir à le mettre sur la table
07:16et je vais lire l'essai parce que je ne supporte pas
07:19que cette injustice qui s'ajoute à toutes ces autres injustices,
07:22vous n'êtes plus seul si vous êtes monoparental,
07:24si vous êtes en ruralité, si vous êtes handicapé,
07:25si vous êtes malade, si vous êtes jeune.
07:27Les personnes âgées, aussi 750 000 personnes âgées
07:29en situation de mort sociale qui n'ont plus de contact avec personne
07:33et donc les propositions, elles existent.
07:34Il y a des ministres de la solitude au Royaume-Uni, au Japon,
07:37nous sommes en train de regarder ce qu'ils font
07:38pour proposer un grand plan en France,
07:40des prescriptions sociales par exemple pour un médecin
07:42qui…
07:43On ne peut jamais en parler.
07:44Ah mais si vous en avez parlé, non pas du tout,
07:47je vous avais prévenu qu'on avait beau temps.
07:48Mais en tout cas merci d'avoir proposé ce sujet absolument
07:52et c'est la suite de Télématin.
07:53Merci beaucoup Marine Tondelier.
07:54Bonne journée, merci.
Commentaires

Recommandations