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  • il y a 8 heures
Le ministre du Travail et des Solidarités annonce un nombre record d'inspections dans les entreprises pendant la canicule pour vérifier qu'elles respectent leurs "obligations" envers leurs salariés.

Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien

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Transcription
00:00Et l'invité du grand entretien ce matin est le ministre du Travail et des Solidarités.
00:03Bonjour Jean-Pierre Farandeau.
00:04Bonjour.
00:05Vous pouvez lui poser vos questions, chers auditeurs.
00:07On les attend en 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France.
00:11On va parler, monsieur le ministre, avec vous de la question des retraites
00:15qui revient très fort dans le débat à quelques mois de la présidentielle, des salaires.
00:18Mais d'abord, la canicule de la fin juin a fait, on vient de la prendre,
00:222025 morts au moins sur mortalité estimée par Santé publique France
00:27et dévoilée ce matin par votre consoeur, ministre de la Santé.
00:30C'est une estimation provisoire.
00:32Ces chiffres sont plus élevés que ceux de 2025,
00:35moins élevés que les 10 000 avancés par les écologistes.
00:40Est-ce que cette fois-ci, alors qu'une nouvelle vague de chaleur se profile dimanche,
00:44le gouvernement est prêt ?
00:46Le gouvernement, bien sûr, s'est préparé.
00:49D'abord, il faut rappeler que la première action du gouvernement,
00:52c'est de faire en sorte qu'on évite que ces températures s'accroissent tout le temps, considérablement.
00:58Ça, c'est l'atténuation.
01:00C'est l'atténuation, c'est fondamental.
01:02Là, c'est les grands choix stratégiques qu'a fait le président de la République et le gouvernement
01:05autour du nucléaire, par exemple.
01:07Oui, on veut sortir des énergies fossiles,
01:09parce que c'est le CO2 qui provoque l'augmentation de la température.
01:11Et là-dessus, la France est exemplaire dans son engagement.
01:14Et la dernière programmation pluriannuelle de l'énergie confirme,
01:18avec construction de nouvelles centrales nucléaires,
01:20dont, d'ailleurs, au passage, beaucoup d'emplois, et c'est très bien en tant que ministre du travail.
01:24500 000 ?
01:24Oui, je suis absolument ravi, parce qu'effectivement,
01:26la filière énergie nucléaire et transition écologique,
01:28c'est 500 000 emplois créés en France.
01:30Donc, très bonne nouvelle pour les jeunes, pour les seniors, pour les femmes.
01:33Voilà, tous les gens qui cherchent du travail peuvent trouver des débouchés dans cette filière-là.
01:37Donc, ça, c'est un choix qui est fait, c'est un choix central.
01:39Et là-dessus, on se distingue par rapport aux autres pays.
01:41Je pense qu'on est plutôt bon élève dans cette volonté de décarboner notre industrie,
01:45décarboner notre manière de vivre.
01:47Les voitures électriques aussi.
01:48Vous savez que le gouvernement essaie d'inciter les Français à basculer vers des voitures électriques.
01:52Sur l'adaptation, il y a des plans qui ont été lancés.
01:55On rappelle le fonds vert, par exemple.
01:56Le fonds vert, c'est quand même ses gouvernements.
01:58C'est Madame Borne qui a créé le fonds vert en 2023.
02:01Il a été diminué, le fonds vert.
02:02Il a été un peu diminué, mais parce que c'est les votes au budget.
02:05Vous savez que le budget, on n'a pas la majorité au budget.
02:07Il y a des votes qui se font.
02:09Et la majorité au Parlement a ajusté légèrement le budget de ce fonds vert.
02:14Mais la création du fonds vert, c'est quand même le gouvernement de notre camp qui l'a inventé.
02:18Madame Borne, il faut la remercier.
02:204 milliards et demi d'engagés depuis 2023.
02:22Ce que vous dites, c'est qu'on était prêts même avant cette vague, en fait.
02:25En tout cas, on avait vraiment sur l'atténuation, c'est-à-dire la réduction du CO2.
02:29On était vraiment prêts.
02:30On est lancés et on est les meilleurs élèves quasiment dans le monde.
02:33Et sur l'adaptation, oui, il y a des projets puissants qui sont engagés.
02:36Vous savez que le budget, la transition écologique depuis 2017, il a doublé par rapport à ce qu'il était
02:40avant.
02:41– Mais attendez, vous nous dites que la motion de censure qui va être présentée à l'Assemblée
02:47par notamment les écologistes, les insoumis également,
02:51qui dit que le gouvernement était à rebours des alertes du GIEC,
02:54qu'il a aggravé méthodiquement la vulnérabilité du pays en coupant les budgets de l'adaptation.
02:59Là, on parle du fonds vert notamment.
03:00En affaiblissant les opérateurs publics, ça, il se trompe complètement.
03:03– Vous comprenez qu'on n'est pas d'accord.
03:05Après, on respecte le ravi, c'est la démocratie.
03:07Mais je dis que le fonds vert, c'est nous qui l'avons inventé.
03:08C'est quand même marrant de voir que c'est notre opposition maintenant qui est en question le fonds vert.
03:13– On l'invente, on le crée, on le diminue.
03:14– Deuxièmement, ces gens-là, notamment les écolos,
03:17mais je pense que la France insoumise, c'est la même chose,
03:19c'est quand même des gens qui ont failli nous faire rater le virage du nucléaire.
03:23Si on les avait écoutés, on serait dans quelle situation aujourd'hui ?
03:25On serait très mal.
03:26On ferait comment de l'électricité dans ce pays ?
03:28Avec du charbon, avec du pétrole, avec du gaz ?
03:31– Avec des renouvelables, parce qu'ils prônent eux en tout cas.
03:32– On a fait le renouvelable, il fait partie de la programmation pluriannuelle de l'énergie,
03:36donc l'éolien et le solaire,
03:37mais vous ne remplacez pas quand même des dizaines et des dizaines de centrales nucléaires aussi facilement.
03:41Donc ces gens-là, c'est ces mêmes personnes qui nous expliquent maintenant qu'on n'est pas à la
03:45hauteur.
03:45Moi je pense que leur motion de censure, elle a un côté motion d'auto-censure,
03:50parce que quand on regarde les choix qu'ils ont faits sur le nucléaire, moi ça m'interroge.
03:53– Il y a eu pendant cette vague de chaleur, fin juin, début juillet,
03:56des morts au travail, notamment probablement dues à la chaleur.
04:00Plusieurs ouvriers à Besançon, à Auxerre, qui ont fait des malaises, des malaises cardiaques, des coups de chaud.
04:05Qu'est-ce que vous, ministre du Travail, vous pouvez proposer pour éviter,
04:09parce qu'il y a l'atténuation mais il y a aussi le court terme,
04:12pour éviter demain, après demain, à partir de dimanche, en tout cas la semaine prochaine,
04:16que ce genre d'accidents se produisent ?
04:18– On a en France un plan solide, on a un des meilleurs plans en Europe
04:21sur la prévention des accidents liés à la chaleur et le temps au moment du travail.
04:25– On a un décret, l'air tout neuf entre guillemets, il y a un an, ce décret, il est
04:29très puissant.
04:30Il donne des obligations aux entreprises, il est graduel par rapport au niveau de vigilance,
04:35jaune, orange, rouge, et les obligations, on les comprend bien,
04:37c'est ne pas travailler dans les heures les plus chaudes
04:39et aménager les horaires de travail pour travailler pendant les horaires plus frais.
04:44C'est bien sûr des pauses plus régulières parce que c'est fatigant, on le voit bien dans la durée,
04:48donc il faut alléger le rythme de travail pour que les salariés puissent se reposer plus régulièrement.
04:52Et puis c'est l'hydratation bien évidemment, 3 litres d'eau par jour et si possible de l'eau
04:56fraîche bien sûr.
04:57Donc ça ce sont des obligations, ces obligations, on les boucle par du contrôle,
05:00on n'a jamais fait autant de contrôles, on est à plus de 3600 contrôles en un mois.
05:04– 3600 ?
05:04– Oui, c'est plus que tout ce qu'on a fait l'année dernière en un mois pour s
05:07'assurer que les règles sont respectées.
05:08Et enfin j'ai une boucle supplémentaire, il y a une bonne semaine maintenant,
05:12j'ai demandé aux préfets notamment dans les départements en vigilance rouge
05:15de ne pas hésiter à prendre des arrêtés départementaux pour arrêter les chantiers pendant les heures chaudes
05:21si c'est la situation, l'imposer.
05:23Et bien sûr en contrepartie, annuler les arrêtés municipaux qui interdiraient de commencer les chantiers à 5h ou 6h du
05:29matin.
05:29– Alors plusieurs choses dans ce que vous dites, d'abord la question des contrôles.
05:32Moi les derniers chiffres que j'avais c'était 2600, donc ils ont fortement augmenté.
05:36Il y avait eu en gros 10% de mise en demeure.
05:39Est-ce qu'il y a eu des sanctions depuis ?
05:41Est-ce qu'il y a des employeurs qui ont été sanctionnés ?
05:42Parce que c'est à l'employeur d'assurer la sécurité de ses salariés.
05:45– Oui, c'est important, vous le rappelez, la base de la santé au travail c'est le chef d
05:49'entreprise,
05:49c'est la loi qui le dit, le code du travail.
05:51Et c'est normal, le chef d'entreprise doit s'assurer que la prévention des risques est parfaite,
05:56et pour tout type de risque, y compris des risques de canicule.
05:58C'est ça la base, le fondement même de la santé au travail.
06:01Et c'est bien normal, puisque ça se passe dans les entreprises.
06:04Bon, sur la mise en demeure c'est un coup de semence.
06:06Les inspecteurs du travail arrivent dans une entreprise,
06:09se rendent compte que les obligations qui sont faites aux entreprises de par ce fameux décret ne sont pas respectées,
06:14c'est une mise en demeure de très rapidement mettre en oeuvre les mesures.
06:17Si au bout d'un moment ce n'est pas le cas, là on passe aux sanctions,
06:19on peut même passer à l'arrêt de l'exploitation si on ne respecte pas les termes de la mise
06:24en demeure.
06:24– Mais donc il n'y a pas encore eu de sanctions à ce jour ?
06:26– Alors les sanctions, la meilleure des réactions c'est que les mises en demeure aient pour effet,
06:30que les mesures soient prises, c'est la prévention.
06:33Voilà, c'est très très important de faire en sorte que les risques soient traités
06:36pour qu'on n'ait pas d'accident lié à la canicule dans nos entreprises.
06:40– Et vous parliez des employeurs qui doivent aider,
06:43enfin qui doivent créer un environnement de travail sûr
06:46pour que les salariés travaillent en sécurité.
06:48Mais pour les auto-entrepreneurs par exemple, je pense aux livreurs à domicile,
06:52Quid ?
06:52– Oui, alors ça c'est plus compliqué pour le ministre du Travail,
06:55parce que les auto-entrepreneurs sont des travailleurs indépendants,
06:57donc ce n'est pas des salariés.
06:59Donc ils ne rentrent pas par exemple dans l'application de ce fameux décret,
07:01puisqu'ils ne sont pas salariés.
07:02– Donc ils s'échappent totalement alors qu'ils sont en plein soleil.
07:04– De point de vue législatif, c'est plus compliqué.
07:06Bon pour autant, moi je les ai convoqués hier,
07:08j'ai convoqué les plateformes, les grandes plateformes,
07:11on ne va pas les citer pour ne pas faire de publicité,
07:13mais les grandes plateformes, vous savez que ces plateformes,
07:16elles font l'intermédiaire entre le client final,
07:17le restaurateur qui veut envoyer son repas,
07:19ou le consommateur de ce repas,
07:21et de l'autre côté, les travailleurs indépendants qui vont livrer,
07:24par exemple, ces repas, dans cet exemple-là.
07:26Bon, moi j'ai convoqué les grandes plateformes qui organisent tout ça,
07:29j'ai convoqué aussi les syndicats qui représentent
07:33tous ces travailleurs indépendants et ces livreurs,
07:35et je leur ai dit en gros, il faut vraiment prendre des mesures.
07:38Voilà, ce n'est pas parce que le Code du Travail ne s'applique pas
07:40que pour autant, vous avez des mesures à prendre.
07:42Alors ça tombait bien, puisque aujourd'hui, ce matin même,
07:44il y a une réunion.
07:45Je leur ai dit, vous allez mettre à l'ordre du jour de ces réunions
07:47les décisions concrètes que vous allez prendre
07:49pour mieux protéger ces livreurs.
07:51Alors, on les connaît bien, d'abord, c'est là encore,
07:53éviter au maximum les courses pendant ces heures qui sont les plus chaudes,
07:57des courses plus courtes,
07:58pas la peine de faire 15 kilomètres sur un bitume chaud,
08:01des poids peut-être de courses raisonnables,
08:02j'ai entendu parler parfois de packs d'eau.
08:04Là aussi, pour les consommateurs finaux,
08:06faites attention, quand vous commandez à 14 heures
08:08deux packs d'eau, ça fait 12 kilos à transporter
08:10par un livreur en vélo,
08:11prenez conscience quand même de ce que vous demandez.
08:14Il y a une forme de solidarité aussi qu'on peut demander à tout le monde.
08:16C'est une capacité pour ces livreurs en vélo
08:18d'être abrités peut-être par un restaurateur
08:20qui peut lui donner accès à la salle
08:22pour avoir un peu de fraîcheur,
08:23un verre d'eau, accès aux toilettes par exemple.
08:24C'est du bon sens là encore,
08:26c'est la volonté de les protéger,
08:27il faut les protéger,
08:28ils sont maillons essentiels de cette économie.
08:30Et je leur ai dit que si vous ne le faites pas,
08:32je prendrai moi mes mesures.
08:33Voilà, donc c'est très clair,
08:34je fais confiance au dialogue social
08:35parce que c'est ma nature profonde,
08:36je fais confiance au sens des responsabilités
08:39de ces plateformes et des syndicats
08:40pour trouver les bonnes mesures,
08:42je serai très attentif aux résultats de ces discussions
08:43et s'il le faut, on prendra des décisions.
08:46Vous pouvez l'imposer ?
08:47On les imposera.
08:48Dans un rapport qui a été publié l'été dernier,
08:50l'OMS estimait que le stress thermique
08:52était source d'erreurs, d'accidents,
08:53qu'il impactait la productivité aussi
08:56avec une baisse de 2 à 3% par degré,
08:59au-delà de 20 degrés.
09:00Autant dire qu'à 40 degrés,
09:01il ne reste quand même pas beaucoup de productivité.
09:04Est-ce que ce n'est pas la preuve
09:05qu'il faut quand même,
09:06je vous ai entendu,
09:08plutôt vous y opposer,
09:09au-delà d'un certain seuil,
09:11d'une certaine température, dire stop ?
09:12Mais non, parce qu'on ne s'en sort pas
09:14sur la température.
09:15C'est laquelle la température ?
09:16Vous voyez, quand vous regardez les Sachants,
09:18on a un institut spécialisé
09:20dans la santé au travail, l'INRS,
09:22et elle dit deux choses.
09:24Elle dit qu'il y a un sujet de chaleur
09:26et de santé au travail.
09:27Elle dit que 28 degrés,
09:28si vous faites un travail physique,
09:30jusqu'à 28 degrés, en gros,
09:32il n'y a pas trop de problèmes,
09:32à partir de 28 degrés,
09:33il faut des plans d'action.
09:34Et on en a, puisqu'on a notre décret.
09:3730 degrés quand vous n'avez pas
09:38une activité physique.
09:38Mais après, au-delà,
09:39si vous dites qu'on s'arrête à 30,
09:42mais on connaît ça en France depuis toujours,
09:44moi, je suis originaire du Sud-Ouest,
09:45je peux vous dire que 30 degrés,
09:46on connaît ça par cœur,
09:48à Pau, à Tarbes ou à Bayonne.
09:49C'est de mai à septembre.
09:50Bon, si on arrête à 30 degrés,
09:51on va arrêter, bon.
09:52Et si vous dites 40 degrés,
09:53c'est une incitation aux entreprises
09:55à monter jusqu'à 40 degrés,
09:56qui peut être beaucoup trop.
09:57Donc, il n'y a pas vraiment de seuil.
09:58Et là encore, les médecins vous disent,
10:00en plus de la température,
10:01ce n'est pas le seul paramètre.
10:02Vous avez aussi l'humidité, par exemple.
10:03Vous voyez, donc, c'est très compliqué.
10:04Donc, il faut vraiment dire,
10:06ce qui compte, c'est...
10:07On connaît les mesures à prendre.
10:08Vous avez parlé du repos, c'est important.
10:10Les pauses sont importantes.
10:11L'hydratation est importante.
10:12Et bien sûr, au bout d'un moment,
10:14notamment les chantiers
10:14ou des activités à l'extérieur,
10:16oui, là, on voit bien qu'aux heures
10:17les plus chaudes, en vigilance rouge,
10:19il n'y a pas de température absolue.
10:20C'est un écart de température,
10:22la vigilance rouge.
10:23Là, il faut savoir arrêter les chantiers,
10:25bien sûr.
10:25Vous parliez tout à l'heure
10:26des consignes données au préfet
10:27d'arrêter les chantiers au cas par cas,
10:29justement, en période de vigilance rouge.
10:32Est-ce que ça, ce n'est pas quand même
10:34aussi l'idée que, finalement,
10:36le congé climatique qui a été créé
10:38à Valence, alors c'était après
10:39les inondations, vous l'avez expliqué,
10:41non pas à cause de la chaleur,
10:42mais qui a été créée en Espagne
10:44en 2025, il aurait sa justification ?
10:47Est-ce que ça doit rester du cas par cas
10:48ou est-ce qu'au fond,
10:49on peut réguler de façon nationale ?
10:52Alors, on va y aller en Espagne.
10:53D'ailleurs, vous parlez de l'Espagne.
10:54Oui, avec les partenaires sociaux.
10:55Voilà.
10:55Donc, j'ai décidé d'y aller
10:56parce qu'effectivement, ce pays,
10:57alors d'abord, il a une tradition de chaleur.
10:59On le sait bien, l'Andalousie, mais pas que.
11:00Madrid, c'est un plateau.
11:01Il fait très, très chaud à Madrid l'été
11:03et il fonctionne, ce pays, l'Espagne.
11:05Moi, je suis allé souvent en Espagne.
11:06Le pays n'est pas arrêté
11:07parce qu'il fait chaud.
11:08Donc, ça veut dire que la société
11:09s'est même organisée en amont du travail.
11:11Les rythmes se sont organisés.
11:13La manière des services publics, etc.
11:15Il y a une organisation profonde,
11:17structurante.
11:17C'est ça qui m'intéresse.
11:19On va aller voir les mesures,
11:19bien sûr, qu'ils ont prises.
11:21Qu'est-ce qui marche ?
11:21Qu'est-ce qui ne marche pas ?
11:22Par exemple, la ministre du Travail espagnol
11:24que j'ai au téléphone,
11:24a bien rappelé que ce fameux congé intempéry,
11:27ce n'était pas pour la canicule.
11:28C'est parce qu'il y avait des inondations à Valence.
11:29Mais ça peut servir aussi pour la canicule, finalement.
11:31Mais non, ça ne marche pas
11:32parce qu'à Valence, les routes étaient détruites.
11:37Les gens ne pouvaient plus travailler.
11:38Donc, forcément, on les a couverts
11:39par un congé
11:40parce qu'ils ne pouvaient plus sortir de chez eux
11:41pour aller travailler.
11:42Ça n'a rien à voir avec la canicule.
11:43Ça pourrait s'appliquer à certains métiers,
11:45par exemple ceux du bâtiment,
11:46qui sont très pénibles par 40 degrés.
11:47Je vous ai répondu, là, sur le bâtiment,
11:48qu'est-ce que font les Espagnols ?
11:50Et que ça, ça marche.
11:51Dans leurs conventions collectives
11:52dans le secteur du bâtiment,
11:53oui, ils sont allés au bout.
11:54Et dans la convention collective du bâtiment,
11:56ils se sont tous mis d'accord
11:58entreprise et organisation syndicale
11:59pour effectivement dire
12:00sur une période de l'été,
12:02on ne travaillera pas de telle heure à telle heure.
12:04Ça, c'est intéressant
12:05parce qu'on rentre dans le dur.
12:06Mais le matin, ils travaillent,
12:07le soir, ils travaillent.
12:08Vous voyez, on ne peut pas non plus arrêter le pays.
12:10Ce qu'il faut, c'est bien sûr
12:11ménager la santé des salariés,
12:12bien évidemment,
12:13mais il faut essayer de trouver la manière
12:14de continuer l'activité.
12:16Les Espagnols l'ont su le faire.
12:17On va y arriver, nous aussi,
12:18en s'inspirant de ce qui marche chez eux.
12:20Alors, Jean-Pierre Ferrandou,
12:21vous parliez des partenaires sociaux
12:22et justement avec vous,
12:23j'imagine dans ce voyage,
12:24il y aura Marie-Lise Léon
12:25qui est la numéro 1 de la CFDT,
12:26le premier syndicat dans le privé.
12:29Elle a donné un entretien hier
12:30où elle disait notamment
12:32que pour une partie des entreprises,
12:34l'enjeu économique prime
12:36sur la santé des salariés.
12:38Est-ce que vous êtes d'accord
12:38avec ce propos ?
12:40Non, moi, je connais bien
12:41les chefs d'entreprise.
12:43Alors, l'enjeu économique,
12:43il compte pour une entreprise,
12:44bien évidemment.
12:45Mais il faut être clair,
12:46la très, très grande majorité
12:48des chefs d'entreprise,
12:49petite ou grande,
12:51ils sont parfaitement conscients
12:52que c'est leur devoir,
12:53leur responsabilité
12:53de faire attention
12:55à la santé de leurs salariés,
12:56bien évidemment.
12:57Voilà, donc il n'y a pas
12:58de doute là-dessus.
12:58Alors, ça ne veut pas dire
12:59qu'il ne faut pas vérifier,
13:00qu'il ne faut pas contrôler
13:01et on le fait, je vous l'ai dit.
13:02Voilà, il faut une incitation
13:04à ce que toutes les règles
13:05soient respectées.
13:06Mais là-dessus, moi,
13:07j'ai confiance dans les chefs d'entreprise.
13:09Regardez côté du bâtiment,
13:11ils ont mis en place
13:11des choses spécifiques.
13:12C'était potentiellement dangereux.
13:13Le bâtiment, ça allait toujours.
13:14Pour gérer ces risques-là,
13:16qu'est-ce qu'ils ont fait ?
13:16D'abord, ils ont un organisme
13:18spécialisé dans la santé au travail.
13:19L'OPP-BTP.
13:20C'est une très bonne idée.
13:22Vous voyez, c'est un sigle.
13:26Un gros sigle.
13:42Qu'est-il pas de ces réalisations faites en France ?
13:44Là, ce n'est pas l'Espagne,
13:45c'est chez nous.
13:45Vous voyez, il y a aussi
13:46des bonnes idées en France.
13:47Je pense qu'il faut les élargir
13:48à d'autres secteurs d'activité.
13:49Donc, vous allez commencer
13:50à discuter de ce sujet
13:51avec les partenaires sociaux
13:52à la rentrée.
13:53Est-ce que ça a une chance
13:54d'aboutir au printemps 2027
13:55avec la présidentielle ?
13:56Parce que c'est ce que souhaite
13:57la CFDT, notamment.
13:58Je pense que ça va aboutir avant.
14:00Alors que nous, en septembre,
14:01on va aller en Espagne.
14:02Ça va être un peu le top départ
14:03des discussions de fond.
14:05Il y aura une partie
14:06cadrage national très, très vite.
14:08Ça peut durer un mois.
14:09Fin octobre, tout ça doit descendre
14:11dans les secteurs
14:12parce qu'on voit bien
14:12qu'il y a une réalité
14:13de chacun des métiers.
14:14Vous voyez, chaque métier
14:15doit regarder et j'espère
14:16qu'en quelques mois,
14:17les partenaires sociaux
14:18arriveront à se mettre d'accord.
14:19Donc, l'idée, c'est de mettre en place
14:20des accords d'entreprise.
14:21Ça ne va pas être décrété
14:22depuis le niveau national.
14:23Il y aura des accords de branche.
14:24Alors là aussi, faisons confiance
14:25au dialogue social
14:26dans les accords de branche.
14:27On verra si l'État se rend compte
14:28que telle ou telle branche
14:29n'y arrive pas.
14:30Là encore, peut-être
14:31qu'il faudra faire
14:31une décision plus nationale
14:34pour englober
14:35l'ensemble des secteurs.
14:36Mais moi, une fois de plus,
14:37j'ai confiance au dialogue social.
14:38On a une tradition
14:39de dialogue social dans ce pays,
14:40de démocratie sociale d'ailleurs,
14:42qui, de vous à moi,
14:43marche mieux parfois
14:43que la démocratie parlementaire.
14:45Donc, je pense qu'ils n'ont pas
14:46de leçon à recevoir
14:47des politiques,
14:49une capacité d'écoute,
14:50une capacité de négociation
14:51parce que ce qui les rassemble,
14:53c'est l'entreprise au fond.
14:54Voilà, je connais bien ça.
14:54Vous savez que j'étais chef d'entreprise.
14:56Donc, je connais bien
14:56ce qui se passe dans les entreprises.
14:57Moi, ma première posture,
14:59mais réfléchis,
15:00ce n'est pas une posture
15:00comme ça en l'air,
15:01faisons confiance
15:02dans les partenaires sociaux.
15:03Ils ont la capacité
15:04d'apporter des solutions
15:05qui vont bien à leur secteur,
15:06qui vont bien à leurs entreprises.
15:07Donc, on aurait des mesures
15:09avant l'été 2027.
15:11Je pense, oui.
15:11Il faut, il faut.
15:12Et d'autre part, il faut.
15:13On aura des mesures
15:14avant la prochaine vague
15:16de canicule 2027
15:17qui pourrait démarrer
15:18peut-être en juin
15:19l'année prochaine.
15:20Alors, vous êtes aussi,
15:21Jean-Pierre Farandou,
15:22ministre des Solidarités,
15:23donc responsable
15:25des personnes qui sont en EHPAD,
15:26par exemple.
15:26Il y en a 700 000 aujourd'hui.
15:28L'EHPAD, je ne suis pas responsable
15:29des EHPAD.
15:29Je veux bien en parler,
15:30mais voilà.
15:31Non, je vous dis ça
15:31parce qu'il y a déjà
15:32une discussion autour de ça.
15:33Oui.
15:34Et même la ministre
15:34en charge des EHPAD
15:35m'a presque reproché
15:36d'avoir parlé des EHPAD.
15:37Donc, voilà.
15:37Donc, vous ne voulez pas en parler ?
15:38Je veux bien, non, je veux bien.
15:39Mais que ce soit clair,
15:40quand vous dites
15:40que vous êtes responsable des EHPAD,
15:42ce n'est pas vrai.
15:43Donc, je préfère le dire tout de suite,
15:44mais je veux bien répondre
15:44à vos questions sur les EHPAD.
15:45Le Premier ministre a dit
15:47que des premiers climatiseurs
15:48allaient arriver dans les hôpitaux
15:50ce vendredi
15:50et en début de semaine prochaine,
15:52mais dans les maisons de retraite
15:53parce que normalement,
15:54il y avait une journée de solidarité.
15:56Et ça, ça vous concerne directement.
15:57Qui devait financer
15:59avec plusieurs milliards par an
16:01de journée de travailler
16:03et non rémunérés pour les salariés.
16:05Qui devait financer des mesures
16:07pour protéger les aînés.
16:10Et aujourd'hui,
16:10dans les maisons de retraite,
16:11les chambres 9 sur 10,
16:12les chambres ne sont pas climatisées.
16:13Il y a une pièce en général
16:14qui est obligatoire,
16:15qui est rafraîchie, climatisée,
16:17mais les chambres ne le sont pas.
16:19Oui, alors sur les EHPAD,
16:21d'abord d'un point de vue statistique,
16:25ça se passe mieux.
16:26Cette canicule est supérieure
16:27à celle de 2003.
16:28Il faut quand même savoir
16:29de quoi on parle.
16:33Globalement, les choses se passent mieux
16:34d'un point de vue sanitaire
16:35qu'en 2003.
16:36Et heureusement,
16:37si ce n'était pas le cas,
16:38ça serait grave.
16:38Mais il faut quand même le dire.
16:40Bon, sur les EHPAD,
16:40le gouvernement, là aussi,
16:42d'abord a tendu la main
16:43aux départements
16:44parce qu'ils sont souvent gérés
16:45avec les départements.
16:46Il y a des publics,
16:46il y a des privés.
16:47La vie est toujours
16:48un peu plus compliquée.
16:49C'est pour ça que le gouvernement
16:50n'est pas directement en ligne
16:52parfois sur la gestion des EHPAD.
16:53Mais bon, ce n'est pas grave.
16:54On assume nos responsabilités
16:55et on veut bien le faire.
16:56On a tendu la main
16:56notamment aux départements
16:57pour financer sur 10 ans
16:59un plan d'accélération
17:00effectivement de l'installation
17:01de la climatisation
17:01dans les EHPAD.
17:02Et tout de suite,
17:03en mesure de change,
17:04on a débloqué 100 millions
17:04pour les cas les plus criants,
17:06les plus urgents.
17:07Donc on se bouge.
17:08Voilà, on se bouge.
17:09Et là-dessus,
17:10les choses avancent
17:11et on voit que les résultats
17:12sont meilleurs
17:13et heureusement
17:13que ce qu'ils ont pu être
17:14par le passé.
17:15Alors Jean-Pierre Farandou,
17:15puisqu'on parle de nos aînés justement,
17:17je voulais vous parler
17:18du sujet des retraites
17:19qui revient dans le débat.
17:21Notamment chez un de nos voisins
17:22en Allemagne
17:23dont le chancelier
17:24Friedrich Merz,
17:25je n'arrive pas à prononcer son nom,
17:26veut mettre en place
17:27toutes les préconisations
17:28de son groupe d'experts
17:29sur le sujet des retraites.
17:31Ça veut dire
17:31des départs à la retraite
17:33à 67 ans en 2031.
17:36Ça veut dire
17:36des retraites
17:37qui seraient indexées
17:37sur la progression
17:39de l'espérance de vie.
17:41L'âge minimal
17:41qui serait à 3 ans de moins,
17:42les départs anticipés
17:43qui seraient limités,
17:44une part de capitalisation
17:46obligatoire.
17:46Quel regard vous portez
17:47sur cette réforme ?
17:48Vous, ministre du Travail ?
17:50D'abord,
17:50il faut qu'on trouve
17:51notre solution à la française.
17:52C'est toujours intéressant
17:53de voir ce qui se fait hier,
17:54bien évidemment,
17:54mais chacun a son histoire,
17:55chacun a son chemin,
17:56chacun a son poteau de départ,
17:57chacun a son climat social,
17:59chacun a sa réalité sociale.
18:03C'est la mère
18:03de toutes les batailles
18:04comme dit Edouard Philippe ?
18:05Oui, c'est important
18:06pour les finances publiques,
18:07c'est très important.
18:08Bien évidemment,
18:08c'est la part de PIB
18:09qui est consommée par le social,
18:10donc pour les retraites,
18:11ce qui est un vrai sujet.
18:12L'argent qu'on met là,
18:13vous ne le mettez pas ailleurs,
18:13par exemple,
18:14pour climatiser les EHPAD.
18:15Vous voyez,
18:15l'argent n'est pas infini.
18:16Donc quand vous consommez
18:17de l'argent pour les dépenses sociales,
18:19y compris les retraites,
18:19c'est autant d'argent
18:20que vous avez en moins
18:21pour d'autres politiques publiques.
18:22C'est ça que la vie
18:23n'est pas simple
18:24et qu'il faut y faire face.
18:25Moi, ce que j'ai fait
18:26par rapport à ça,
18:27c'est,
18:28vous savez,
18:28il y a eu la suspension
18:29de la réforme des retraites,
18:30c'est une décision forte
18:31qui a été prise
18:31par les parlementaires,
18:32qui a été votée
18:33dans le cadre du budget
18:34qui a été voté.
18:36Pour éviter la censure
18:36du Parti Socialiste,
18:37du budget 2026,
18:39on a renoncé à cette réforme
18:40votée en 2023.
18:41Pendant ce temps-là,
18:41donc on a du temps.
18:42Vous le regrettez, du coup ?
18:43Non, non, non,
18:44je voulais vous dire,
18:46comme on a du temps,
18:47j'ai convaincu
18:48les partenaires sociaux
18:49de se lancer
18:50dans une grande conférence sociale,
18:51travail, emploi, retraite,
18:53qui va permettre
18:54de se reposer la question,
18:55en fait,
18:55pourquoi d'abord
18:56les Français,
18:56arrivés à 60, 61 ans,
18:57ils ont autant envie de partir ?
18:59Qu'est-ce qui se passe ?
19:00Ça, c'est peut-être
19:00une singularité française
19:01par rapport à d'autres pays.
19:02Ça, ça ne renvoie pas
19:03aux retraites,
19:03ça renvoie au travail.
19:04C'est ces 40 ans de travail
19:05que vous avez fait,
19:06dans quel état
19:07il vous amène ?
19:08C'est-à-dire,
19:08si vous êtes en forme
19:09et que vous avez envie
19:10de travailler,
19:10c'est moins une difficulté
19:11d'envisager de travailler
19:12plus longtemps.
19:12Si à l'inverse,
19:13vous en avez ras-le-bol,
19:14à la fois d'un point de vue physique
19:15ou même mental,
19:16on voit bien que là,
19:16vous n'avez qu'une idée,
19:17c'est de partir.
19:18Donc si je vous écoute,
19:18vous êtes d'accord
19:19avec Gabriel Attal,
19:20le patron de Renaissance
19:21candidat à la présidentielle
19:22qui lui dit,
19:23au fond,
19:23il faut supprimer
19:24l'âge légal de départ.
19:25Parce que ça n'a pas
19:25beaucoup de sens,
19:26si on vous entend bien.
19:29Il ne faut pas rentrer
19:29par les solutions,
19:30il faut rentrer par le problème.
19:31Le problème,
19:31c'est qu'il faut arriver
19:31à équilibrer les comptes quand même.
19:33Parce qu'on fait tout ça
19:33pour équilibrer les comptes.
19:35Donc il faudra regarder
19:35les montages qui permettent
19:36d'équilibrer les comptes.
19:37Parce que vous savez
19:38que si vous n'avez pas
19:39d'âge de départ,
19:40ça veut dire que vous ne pouvez
19:40partir plus tôt,
19:41mais avec quel niveau de retraite ?
19:43Parce que si vous partez très tôt,
19:44il y a des comptes
19:44qui vont être énormes.
19:45Donc vous allez vous retrouver
19:46avec des gens
19:46qui ont des très petites retraites.
19:48Est-ce qu'ils vont arriver
19:48à survivre ?
19:49Donc ce n'est pas si simple
19:50que ça là aussi.
19:51Il faut regarder les sujets
19:52un par un.
19:52Et surtout,
19:53il faudra répondre
19:53quittera faire une réforme.
19:54Cette réforme doit être soutenable
19:56dans la durée
19:56d'un point de vue financier.
19:57Donc il faudra être sûr
19:58que les composants de la réforme
20:00permettent d'assurer durablement
20:01l'équilibre du régime de retraite.
20:03Mais vous parliez
20:04des partenaires sociaux.
20:04Le MEDEF présente son plan d'économie
20:07aujourd'hui pour l'État.
20:09Et il dit qu'il faut relever
20:09l'âge de départ à 65 ans.
20:11Je rappelle qu'on a arrêté
20:13la réforme qui devait être
20:15un départ à 64 ans
20:16face aux manifestations
20:17qui étaient très nombreuses.
20:19Geler les pensions en 2027,
20:21les sous-indexées,
20:21ça vous semble réaliste
20:22comme position
20:23où ils jettent un pavé dans la main ?
20:24Chacun peut y aller
20:25de sa proposition.
20:27C'est ce qui se passe.
20:28Et pourquoi pas ?
20:28Moi, je crois beaucoup
20:30à la discussion sérieuse
20:32et approfondie
20:33de chacun de ces sujets.
20:34On voit bien
20:34que le sujet fondamental
20:35c'est travailler plus longtemps.
20:36Alors, à combien plus longtemps ?
20:38Sous quelle modalité ?
20:39A discuter.
20:40Mais il y a ce premier principe
20:41qu'il faut d'ailleurs faire accepter.
20:42Ce qui renvoie au travail.
20:44Pour travailler plus longtemps,
20:45il faut que les conditions de travail
20:46tout au long de son parcours professionnel
20:48soient les meilleures possibles.
20:49Deuxièmement,
20:49on voit bien
20:50qu'il y a une forme de contrepartie
20:51qui apparaît.
20:51Oui, mais alors les métiers usants
20:53parce qu'il y a quand même
20:53des métiers qui usent plus que d'autres.
20:54Qu'est-ce qu'on fait ?
20:55Ah, c'est une bonne question.
20:56Vous voyez,
20:56donc il y a ces équilibres à trouver,
20:58ces mécanismes à trouver.
20:59Il faut les discuter.
21:01Moi, je crois beaucoup à la discussion.
21:02Moi, je vous le dis,
21:03je n'aime pas trop rentrer
21:04par les solutions de toute faite.
21:05J'aime bien rentrer
21:05par un processus qui consiste
21:06c'est quoi le problème
21:07qu'on doit résoudre ?
21:08Quelles sont les options ?
21:09Quels sont les scénarios ?
21:10On les pèse,
21:11on les sous-pèse.
21:11Et petit à petit,
21:12par la discussion,
21:13les synthèses apparaissent
21:14et les convergences se font.
21:15Mais vous voyez bien
21:15qu'il y a des mesures chocs
21:16quand même
21:16qui sont présentées
21:17dans le cadre de la pré-campagne
21:18ou de la campagne présidentielle.
21:20C'est une campagne,
21:21les gens y vont de leur sujet.
21:22Mais vous savez,
21:22après, vous avez l'acceptabilité sociale
21:24qui est importante
21:25et il faudra avoir le mode d'emploi
21:27et notamment la démocratie sociale
21:28qui accompagnera ces réformes.
21:30Moi, en tout cas,
21:31je suis très attentif
21:32parce que moi,
21:32je ne suis pas pour brutaliser les Français.
21:35Il faut accompagner tout ça.
21:36Il n'y a qu'une manière d'accompagner,
21:38c'est le dialogue,
21:38y compris avec des gens
21:39qui ne sont pas d'accord avec vous.
21:40Mais ça s'appelle le dialogue social,
21:42ça s'appelle la démocratie sociale.
21:43Dernière question,
21:44Jean-Pierre Farrandou.
21:45Vous êtes l'ancien patron de la SNCF.
21:46Vous êtes un pur produit de la SNCF.
21:48Vous y avez travaillé pendant des années.
21:50Alors, on a entendu cette semaine
21:52Jean Castex,
21:53le patron de la SNCF
21:54au micro de Benjamin Duhamel
21:55qui disait,
21:56qui donnait son avis
21:58en tant qu'ancien Premier ministre.
22:00Moi, je vous demande
22:00votre avis d'ancien patron
22:02de notre opérateur ferroviaire.
22:041 200 000 voyageurs attendus
22:05ce week-end de grand départ.
22:062 000 TGV, 500 intercités.
22:08Vous qui êtes un expert du dossier
22:10avec la chaleur qu'on attend.
22:12Est-ce que vous croyez
22:13que ça peut se faire sans souci majeur ?
22:15Non, mais d'abord,
22:16je ne suis plus patron de la SNCF.
22:17Oui, mais vous y avez travaillé
22:18tellement longtemps.
22:19Je vais vous répondre.
22:21Deuxièmement, j'ai confiance.
22:22Moi, les cheminots, je les connais.
22:22Ils sont excellents.
22:23Ils sont engagés.
22:24Ils sont super techniciens.
22:25Donc, ils vont faire
22:26tout ce qu'il faut pour que ça marche.
22:28On est aux limites.
22:28C'est sûr que c'est un stress test
22:30quand vous avez fait rouler
22:32plus de 2 000 trains
22:33qui se suivent toutes les 3 minutes.
22:34Il faut bien voir
22:35sur les lignes à grande vitesse.
22:36Ça veut dire que de 3 minutes,
22:37c'est l'espace minimal.
22:38Vous avez énormément de trains.
22:40Vous avez l'impression
22:40que vous êtes tout seul sur la ligne.
22:41En fait, vous avez plein de trains
22:42devant vous,
22:43plein de trains derrière vous.
22:441 000 personnes à chaque fois
22:45quand les trains sont doubles.
22:46Il faut bien voir
22:47le carousel des trains.
22:48Donc, c'est une performance incroyable.
22:49Et on sait que la chaleur,
22:50c'est un peu l'ennemi
22:51de l'exploitation ferroviaire
22:52à partir de certains seuils.
22:53C'est de la physique de base,
22:55dilatation des rails,
22:56dilatation du clif des cathédères
22:57et les matériels roulants
22:58sont soumis à des contraintes fortes,
23:00la climatisation en particulier.
23:01Voilà.
23:02Et sous-financés ?
23:03Sous-financés,
23:04c'est le réseau classique.
23:05Le réseau TGV,
23:06il est suffisamment financé.
23:08Mais moi, j'ai confiance
23:08dans la préparation des cheminots.
23:10Ils sont prêts.
23:11Ils vont y arriver.
23:11Voilà.
23:12C'est leur Jeux Olympiques à eux.
23:13Ils l'ont fait en 2024.
23:14Là, chaque grand départ,
23:15c'est un peu une épreuve olympique.
23:16Ils sont prêts.
23:17Ils vont y arriver.
23:17J'en suis convaincu.
23:18Un message rassurant
23:19pour ceux qui partent en vacances.
23:20Donc, Jean-Pierre Farandou,
23:21ministre du Travail et des Solidarités.
23:23Merci d'être venu
23:24sur France Inter ce matin.
23:25Merci.
23:26Merci.
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