00:00Puis t'es face à vous Benjamin Duhamel, un député Rassemblement National du Nord.
00:05Bonjour Sébastien Chenu.
00:06Bonjour Monsieur.
00:06Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:08J'aimerais ce matin qu'on parle de votre rapport aux faits sur la question du climat.
00:12Pour commencer, je voudrais rebondir sur une déclaration de votre collègue Jean-Philippe Tanguy.
00:16Il a affirmé il y a deux jours que le RN n'avait jamais été climato-sceptique.
00:20Écoutez pourtant ce que disait votre autre collègue, le député RN Julien Audoul.
00:24C'était le 25 juin 2019 sur LCI en pleine vague de chaleur.
00:27Nous sommes fin juin, c'est le début de l'été, il fait chaud, c'est tout à fait normal.
00:32On a une communication hystérique qui vise à faire peur aux français.
00:36Moi je préférais que le gouvernement s'intéresse à d'autres sujets comme le réchauffement islamiste.
00:42Voilà le réchauffement islamiste, je rappelle qu'on était fin juin 2019 en pleine canicule.
00:47Ça s'appelle comment ça Sébastien Chenu si c'est pas une forme de climato-scepticisme ?
00:51Non c'est pas ça du climato-scepticisme.
00:53Ah bon ?
00:53Non c'est pas ça.
00:55Dire que le gouvernement en fait trop, qu'au fond on est fin juin, il fait chaud c'est normal
00:58et qu'il faudrait mieux s'attaquer au réchauffement islamiste d'Ixit Julien Audoul.
01:03Donc je vais essayer de vous répondre si vous laissez aller au bout d'une phrase.
01:06Non le climato-scepticisme ce serait remettre en cause un certain nombre d'analyses scientifiques
01:10qui disent qu'effectivement il y a un réchauffement climatique.
01:13ce n'est pas ce que dit Julien Audoul, il dit cependant que souvent ça a été utilisé.
01:18Ces données, ces rapports etc. ont été utilisés politiquement pour essayer de tendre les relations entre les Français.
01:25Il dit il fait chaud c'est normal.
01:27Oui il dit il fait chaud c'est normal.
01:29Quelle meilleure autre définition que de mauvaise prise en compte du réchauffement climatique ?
01:33Vous regardez les choses par le petit bout de la lorgnette et ce n'est pas exactement à la hauteur
01:38du débat qui nous intéresse.
01:39Moi j'ai eu l'occasion de le dire, y compris sur votre antenne, que nous ne remettions pas en
01:46cause les analyses du GIEC quant au réchauffement climatique.
01:50Je parle du GIEC parce que c'est l'organe qui fait froid.
01:53Après les avoir traité de propagandistes, d'Ayatollah Vert.
01:57J'y viens.
01:57En revanche, dans les propositions, les portes de sortie, les résolutions qui émanent du GIEC, il peut y avoir un
02:06débat.
02:07Et il y a effectivement au sein du GIEC des gens qui eux-mêmes font débat entre eux.
02:12On peut quand même débattre des solutions.
02:15On peut tout à fait débattre des solutions.
02:16Simplement on vient d'entendre...
02:17Ils sont passés tout de suite pour un climato-sceptique.
02:20On vient d'entendre ce qu'a pu dire Julien Audoul.
02:22Encore une fois je ne vais pas citer la litanie des qualificatifs utilisés pour parler du GIEC.
02:26Est-ce que ce ne serait pas plus simple de dire on s'est trompé, on a été à côté
02:30de la plaque sur la question du climat et maintenant on a changé ?
02:32Puisque désormais vous expliquez qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique, que vous n'êtes pas climato-sceptique.
02:37Est-ce que ce ne serait pas plus simple d'assumer une forme d'agernamento politique ?
02:40Non, ceux qui devraient plutôt reconnaître cette trompée, c'est ceux qui font croire aux Français que la France a
02:48un rôle excessivement important dans le réchauffement climatique.
02:52On l'a déjà dit, la France est plutôt un bon élève en la matière.
02:57C'est je crois 1% des émissions de gaz.
02:59Donc on importe, nous, notre CO2, 50% est dû aux importations.
03:05Et donc c'est plutôt ceux qui développent une logique qui a été souvent vendue comme la mondialisation heureuse,
03:11qui devrait aujourd'hui regarder les choses en place.
03:13La réalité, c'est que l'ensemble des échanges internationaux, des importations de produits fabriqués au bout du monde, c
03:19'est ça qui coûte largement.
03:20La France, par rapport à des pays comme la Chine, est plutôt un pays qui se tient bien.
03:32Moi, ce qui me gêne, c'est qu'on essaye toujours de faire culpabiliser les Français, alors que ça ne
03:38veut pas dire qu'il ne faut rien faire.
03:39Il y a quand même une différence entre faire culpabiliser les Français et ne rien faire, alors que la réalité,
03:44et là encore un certain nombre de scientifiques du GIEC le disent,
03:47la France n'est pas un pays particulièrement coupable en la matière.
03:51Toujours pour essayer de bien comprendre vos prises de position, Sébastien Chenu, vous défendez au RN un plan massif de
03:56climatisation.
03:57Question simple, est-ce que vous pouvez me dire si les maires Rassemblement National Élu en 2014 ou en 2020
04:03ont installé la clim dans leur commune, et si oui, lesquelles ?
04:06Alors là, je suis absolument incapable de vous dire si les maires... Je ne connais pas la politique municipale des
04:11maires.
04:12Ce que je peux vous dire, par exemple, c'est que j'en vois deux tout de suite, un partenaire
04:16et l'autre un maire RN.
04:17Le maire de Carpentras a une démarche, là, tout de suite, sur les rafraîchisseurs.
04:22Mais je vous parle de 2014 ou 2020, puisque...
04:26Vous parlez de la question de l'adaptation et vous reprochez au gouvernement de ne pas avoir suffisamment agi.
04:31Est-ce que vos maires Rassemblement National ont agi ?
04:33Écoutez, je n'ai pas fait le tour des maires pour savoir s'ils avaient climatisé leurs bâtiments publics.
04:37Mais simplement, beaucoup de collectivités, pourquoi ne l'ont pas fait ?
04:41Parce qu'elles ne sont pas aidées, parce que ça coûte très cher.
04:43Mais prenons les choses dans l'ordre.
04:44Pourquoi la clim, d'abord ?
04:46Parce que la clim, ça coûte des vies et ça coûte un demi-point de PIB.
04:50Donc ça veut dire qu'en fait, on est perdant de tous les côtés.
04:52C'est-à-dire qu'économiquement, ça a des effets.
04:55Et puis humainement, évidemment, vous voyez, par rapport au nombre de décès, c'est important.
04:58De l'autre côté, il n'y a pas eu, et je rebondis sur les propos du Premier ministre que
05:02j'ai entendu ce matin,
05:03qui dit qu'on va construire un plan hors sec.
05:06Très bien.
05:07Moi, je trouve ça très bien.
05:09Mais on va construire demain.
05:11C'est-à-dire que l'anticipation, puisque vous parlez d'anticipation,
05:15en fait, l'impulsion, elle devrait venir.
05:17L'État, elle devrait venir.
05:19Là encore, on peut débattre.
05:22Vous êtes en train de faire reposer ça sur les épaules des pauvres maires RN de France,
05:26comme s'ils étaient responsables du fait qu'il n'y ait pas de plan clim dans le pays.
05:31À votre place, hier, il y avait la porte-parole du gouvernement.
05:33Il n'y avait pas Monique Barbu, en tous les cas.
05:34Non, Monique Barbu, c'était la semaine d'avant.
05:36Elle est venue quand même.
05:36Maude Bréjean, que j'ai interrogé sur les 30 000 climatiseurs qui avaient été commandés,
05:39et sur le retard.
05:40Mais simplement, puisqu'on parlait des maires RN,
05:42je voudrais juste vous citer cette phrase,
05:44moi qui m'a interpellé, peut-être que vous allez trouver qui l'a prononcée.
05:47Ouvrez les guillemets.
05:48Mais sur cette question de la climatisation, les avis sont partagés.
05:50Certains la réclament, d'autres non.
05:52Quand d'autres encore questionnent le coût énergétique.
05:55Si nous devions installer la clim partout,
05:57imaginez la facture pour la municipalité,
05:58sans parler du coût énergétique.
06:00Qui a bien pu dire ça ?
06:01Alors, je l'ignore, mais vous n'avez pas laissé d'ailleurs aller au bout de ma phrase tout à
06:05l'heure.
06:05Je ne sais pas.
06:06C'est un drôle de jeu de divinette.
06:08C'est Louis Alliot, maire de Perpignan, qui disait ça en septembre 2025,
06:10et qui parlait du coût énergétique de la climatisation.
06:13Est-ce que là encore, attendez Sébastien Chenu,
06:14Est-ce qu'on peut reprocher au gouvernement
06:19de ne pas avoir anticipé
06:20et de ne pas avoir lancé de grands plans clim
06:21quand vos propres élus eux-mêmes
06:23semblaient douter de l'opportunité
06:26d'installer des clims dans les écoles ?
06:27Deux choses. Il y a le fond et la forme, si j'ose dire.
06:30Sur le fond,
06:31effectivement, il y a débat,
06:32puisqu'il y a même débat au GIEC.
06:34Je vous renvoie sur le propos de François Gemmène,
06:36qui est un des responsables des groupes de travail,
06:38qui dit qu'il y a débat,
06:39et qu'au GIEC, la climatisation est un débat.
06:42Je reprends ces propos enquistés,
06:43qui se fait sur des analyses qui ont 10 ou 15 ans.
06:45Donc, le fait qu'il y ait débat, qu'on en discute.
06:47Et d'ailleurs, si on en discute ce matin,
06:48c'est qu'il y a débat.
06:50Et que les choses sont parfois moins simples
06:51et moins univoques que vous ne pouvez le dire.
06:54De l'autre côté, que ça coûte quelque chose,
06:56évidemment que ça coûte cher.
06:58Évidemment qu'il faut pour cela avoir une vision d'ensemble.
07:00Évidemment que ça se construit,
07:01non pas sur un an, non pas sur cinq ans,
07:03pour reprendre un mandat municipal.
07:04Mais en tous les cas, nous, nous considérons,
07:06et c'est le plan clim que présentera Jean-Philippe Tanguy ce matin,
07:08que ça se construit sur dix ans.
07:10Mais je vais, au bout de tout à l'heure,
07:11vous avez parlé des maires RN,
07:13en tous les cas, je pensais au maire de Nice,
07:14qui n'est pas RN, mais qui est UDR,
07:16Éric Ciotti,
07:16qui a lancé immédiatement en arrivant,
07:18et avant donc la canicule,
07:20un plan de climatisation de ces écoles,
07:21qui sera efficient,
07:23pour l'année prochaine, pour 2027.
07:26Qui n'avait pas été fait par le précédent Christian Estrosi.
07:29Et je ne vais pas faire porter à Christian Estrosi,
07:31sur ses épaules,
07:32le fait que l'autre maire RN aurait pu le faire avant.
07:34C'est-à-dire que tout le monde peut le faire avant.
07:36Mais certains l'ont fait il y a très longtemps,
07:38certains sont en train de le faire,
07:39certains vont le faire demain,
07:41mais l'impulsion au niveau de l'État
07:42n'a jamais été donnée.
07:44Il n'y a pas de capitaine à bord en matière d'écologie.
07:46Je crois que c'était aussi une priorité,
07:48l'écologie, pour ce gouvernement.
07:49Un tout dernier mot, Sébastien Chenu,
07:51on saura dans une semaine
07:51qui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella
07:53sera le candidat du RN.
07:55C'est quoi le plus gros défaut de Jordan Bardella,
07:56s'il est candidat ?
07:57Pourquoi voulez-vous que je lui trouve un défaut ?
07:59Parce qu'une qualité, c'est plus facile pour vous.
08:01Oui, mais non, je n'ai pas de défaut particulier à lui trouver.
08:04Il a probablement, comme vous et moi, des défauts.
08:06Mais en tous les cas, pour la mission qui est la sienne,
08:09qui serait, si Marine Le Pen était privée
08:11de ses rendez-vous avec les Français,
08:13je pense qu'il a plutôt les qualités.
08:16Non, je pense qu'il vaut mieux être perfectionniste.
08:18Bon, en tout cas, on voit qu'il est difficile
08:20de trouver des défauts à Jordan Bardella
08:21au RN.
08:22Pour la fonction qu'il veut occuper,
08:22je trouve qu'il est plutôt bien capé.
08:24Merci Sébastien Chenu d'être venu ce matin au micro d'enfer.
08:26Et merci Benjamin Duhamel.
08:27A tout à l'heure, il est 7h57.
08:29Sous-titrage Société Radio-Canada
08:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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