00:00Il est 7h48 et c'est le maire LR de Maux qui est votre invité, Benjamin Duhamel.
00:05Bonjour Jean-François Copé.
00:06Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:08On va essayer de comprendre avec vous ce qui se passe à droite en vue de 2027 et qui vous
00:13soutenez.
00:14Je voudrais commencer par prendre des nouvelles de vos relations avec Bruno Retailleau.
00:17Je rappelle le contexte à nos auditeurs.
00:18Après vos propos élogieux sur Edouard Philippe, selon vous candidat le mieux placé,
00:22il y a un mois le patron et candidat des Républicains a exigé de vous une clarification
00:27en faisant même planer la menace d'une exclusion du parti sur le thème
00:30« on ne peut pas être à LR et ne pas soutenir son candidat désigné ».
00:34Alors il s'avère que vous avez vu, enfin, Bruno Retailleau avant-hier.
00:38Ça y est, vous vous êtes expliqué, tout est pardonné, vous allez partir en vacances ensemble ?
00:42Partir en vacances, je ne sais pas, mais en tout cas, oui, on s'est parlé, c'était bien qu
00:45'on le fasse.
00:45On a évidemment des points de convergence, notamment par exemple sur les questions de sécurité.
00:49Après, moi je lui ai redit que moi j'ai deux vrais sujets.
00:53Le premier, c'est que moi je mets un signe égal entre le Rassemblement National et LFI.
01:00Nous, on est des partis de gouvernement, on n'est pas des partis extrémistes.
01:03Et donc, on doit être capable d'assumer une droite décomplexée par rapport à ça.
01:07Mais en même temps, sans se compromettre avec des gens qui racontent parfois n'importe quoi.
01:11Je pense aussi bien au RN qu'à LFI.
01:13Et puis la deuxième chose, c'est que je lui ai dit, comme beaucoup d'autres,
01:18que je pense qu'il est capital que la droite et le centre-droite présentent un seul candidat à la
01:23présidentielle, le mieux placé.
01:24Voilà, on verra ce qu'il en est le moment venu.
01:26Qu'est-ce qu'il en est le moment venu ?
01:27On ne croyez pas à sa candidature.
01:30En tout cas, tout le monde est légitime à être candidat en juin,
01:35mais que lorsqu'arrivera l'automne, il faudra absolument que chacun prenne ses responsabilités.
01:40Parce que le pire du pire, et c'est notre objectif, c'est de tout faire pour éviter aux Français
01:46de tomber dans le piège mortel d'une finale LFI-RN.
01:49Mais donc, la clarification qu'il vous demandait, vous ne la lui avez pas donnée ?
01:55Non, la question n'était pas d'être...
01:56Oui, on n'est pas à l'école non plus, on n'est pas aux ordres.
01:59Lui, vous avez écrit, Jean-François Copé, en disant,
02:01on ne peut pas être membre d'un parti qui a désigné un candidat dont les adhérents ont désigné un
02:06candidat
02:06et, en réalité, donner l'impression qu'on ne le soutient pas, voire qu'on soutient un autre candidat.
02:10Et moi, je lui ai répondu qu'à date, je n'en étais pas là,
02:14et que mon sujet, il était surtout de lui rappeler, pour avoir moi-même dirigé un grand parti politique,
02:19que ce qui compte, ce n'est pas d'exclure ou de séparer, mais plutôt de rassembler.
02:24Et c'est vrai que moi, mon sentiment, je l'ai partagé avec lui,
02:28c'est qu'il a une conception qui est respectable, mais qui est assez monocolore.
02:31Alors que moi, je pense qu'au contraire, il faut que, puisqu'on se dit gaulliste,
02:35tout le monde se dit gaulliste, je rappelle que...
02:36Mais vous lui avez dit ça ?
02:37Le Gaulle, il a rassemblé, il n'a pas séparé.
02:40Et je pense que c'est ça l'enjeu.
02:41Sinon, il n'y a pas d'espace pour prétendre réussir une campagne présentielle.
02:46Et il ne va pas vous exclure, puisque c'était au fond la menace qu'il laissait planer.
02:49On n'a pas du tout parlé de ça, mais de toute façon, le sujet ne se pose pas.
02:52Je suis membre de droit, parce que j'ai été président de notre famille politique.
02:55Donc ça protège.
02:56Jean-François Copé, votre dernier livre, il s'appelle
02:58« Quand les populistes trahissent le peuple ».
03:00Vous ciblez notamment le Rassemblement national.
03:03Quand on entend Bruno Retailleau, hier, qui se dit favorable à la suppression du droit du sol.
03:09Au fond, qu'est-ce qui, sur les mesures, sur le programme, le différencie encore du Rassemblement national ?
03:14Ça, vous le lui demanderez à lui.
03:15Mais d'abord, je voudrais quand même rappeler que le livre que j'ai écrit sur ce thème,
03:19c'est aussi bien sur le RN que sur LFI.
03:21Car en réalité, moi, je distingue, je décortique le mécanisme du populisme dans ce livre
03:26avec le regard d'un politique, pas celui d'un universitaire,
03:30parce que je le vis en tant que maire de mots, parce que je le vois,
03:33et parce qu'en réalité, nous n'avons rien à faire avec ces gens-là.
03:36Mais est-ce que vous voyez des différences entre la ligne de Bruno Retailleau et celle du Rassemblement national ?
03:40Pour l'instant, il n'a pas déroulé son programme.
03:42Ah, mais c'est que comme... Non, pour l'instant, il...
03:43Ah, écoutez, il a proposé un référendum sur l'immigration,
03:45il propose de supprimer le droit du sol,
03:48il considère que l'état de droit n'est pas intangible ni sacré.
03:50Il y a quand même des éléments assez précis.
03:52Il y a beaucoup de sujets dans ce que vous dites.
03:53S'il s'agit de faire un référendum sur l'immigration,
03:56oui, pourquoi pas ?
03:57Ça n'a rien de tabou de parler d'immigration avec les Français.
04:00Au contraire, il y a une attente très forte.
04:02En revanche, sur l'état de droit, nous avons d'ailleurs eu cet échange.
04:05Moi, je considère que ce qui fait la différence entre un parti de gouvernement et un parti extrémiste,
04:10c'est le rapport à l'état de droit, justement.
04:11Et on mélange trop souvent, et je le lui ai dit,
04:13l'état de droit, qui est l'essence même de la République,
04:17c'est-à-dire la séparation des pouvoirs
04:19et la lutte contre le danger de l'arbitraire,
04:21et l'état du droit.
04:23Qu'on modifie le droit par la loi, voire par la Constitution,
04:27ça c'est très bien.
04:27Mais on respecte les juges,
04:29on respecte la séparation des pouvoirs.
04:31Si nous ne le faisons pas, nous rentrons dans l'arbitraire.
04:33Et ça donne le désastre de la Hongrie avec Orban,
04:38des Etats-Unis avec Trump,
04:39ou de l'autre côté, du Venezuela avec Maduros.
04:43Bruno Retailleau, qui a un autre problème,
04:44qui s'appelle Laurent Wauquiez,
04:46hier dans les colonnes du Figaro,
04:47il a tendu la main, Laurent Wauquiez,
04:48au candidat MR du Havre Edouard Philippe,
04:50en affirmant qu'il pouvait, je cite,
04:52« incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France ».
04:55Ceux qui se souviennent des déclarations de Laurent Wauquiez
04:57ont pu hausser les sourcils.
04:58Je rappelle, le 7 mai 2025, et il y en a d'autres,
05:00il disait « avec moi, il n'y aura jamais d'alliance avec Edouard Philippe ».
05:05Franchement, Jean-François Copé, la politique, c'est parfois désespérant.
05:08Écoutez, en tout cas,
05:09moi je ne suis pas là pour faire l'exégèse des commentaires et des autres,
05:11mais ce qui est sûr, c'est que moi je me suis pris une lettre
05:14me demandant de clarifier,
05:15parce que j'ai eu le malheur de constater
05:16qu'Edouard Philippe était en tête dans les sondages, factuellement.
05:19Donc lui, je ne sais pas s'il prend un avertissement
05:21ou je ne sais pas ce qui va lui arriver.
05:22Mais en tout cas, au-delà de ça,
05:24nous sommes un certain nombre aujourd'hui
05:26à exprimer une inquiétude
05:29sur le risque de la multiplicité des candidats à droite.
05:31Le sujet, il est l'avenir de la France.
05:34Est-ce qu'on peut permettre d'éviter aux Français
05:37de tomber dans le piège mortel
05:40d'être gouvernés par des populistes,
05:43c'est-à-dire des gens qui en réalité surfent sur les émotions
05:46sans jamais apporter de solutions concrètes,
05:48alors que nous, notre rôle est de reconstituer un parti de droite,
05:51de gouvernement,
05:52pour être efficace et courageux
05:54et s'occuper de l'avenir de nos enfants.
05:56Voilà.
05:56Si on va au bout de la logique
05:58et ça rejoint aussi ce que dit Laurent Wauquiez,
05:59vous considérez qu'Édouard Philippe étant l'État le mieux placé,
06:03est-ce que ce ne serait pas un peu moins hypocrite,
06:04Jean-François Copé,
06:05que d'assumer, notamment de dire ce matin
06:07en micro de France Inter,
06:07ben oui, je soutiens Édouard Philippe
06:09et d'ailleurs je serai au premier rang de son meeting dimanche.
06:12Est-ce que ça n'irait pas plus vite de le dire ?
06:13Puisqu'au fond, c'est à peu près ce que vous pensez.
06:15On n'en est pas encore là.
06:16La réalité, c'est que moi j'attends,
06:17comme je crois beaucoup,
06:19ce que va dire Édouard Philippe dimanche.
06:21Qu'est-ce que vous attendez ?
06:22Moi j'attends de savoir
06:24s'il va être ce qu'il est, je crois, fondamentalement,
06:28parce que nous sommes de la même famille,
06:29c'est-à-dire un homme de droite moderne,
06:32c'est-à-dire, ce que j'attends,
06:33c'est qu'il porte un discours de droite
06:34que j'ai appelé moi la droite décomplexée,
06:36c'est-à-dire totalement hermétique
06:38avec le Rassemblement National,
06:39et là je n'ai pas de doute le concernant,
06:41et deuxièmement,
06:42qu'il porte des réformes courageuses,
06:43c'est-à-dire à la fois le rétablissement de l'ordre
06:46dans les comptes,
06:46dans la rue,
06:48aux frontières, à l'école,
06:49et de l'autre de progrès,
06:51parce qu'on n'est pas des réacs.
06:52Je veux dire, la droite,
06:53elle doit être...
06:53Et Bruno Rotailleau, c'est un réac ?
06:54Le progrès social,
06:55le progrès économique,
06:56le progrès environnemental,
06:58voilà, donc le progrès scientifique,
07:00on n'est pas des anti-vax quand même.
07:01Donc ces sujets-là,
07:02la droite de gouvernement,
07:03elle doit le porter
07:04pour l'avenir des enfants.
07:05Et pour être tout à fait clair là-dessus,
07:07ces réformes qu'on doit faire,
07:08c'est pas, je veux dire,
07:09ras-le-bol d'entendre du sang,
07:10la sueur et des larmes,
07:11ça c'était du temps de Churchill,
07:12de la guerre et de la déportation.
07:14C'est juste pour l'avenir de nos enfants,
07:15c'est-à-dire pour les protéger,
07:17pour les rassurer
07:17sur les décisions qu'on prend maintenant,
07:19pour eux.
07:20Voilà.
07:20Et pour aller jusqu'au bout de ce que je pense,
07:21moi j'en ai marre
07:22d'entendre toute la journée
07:23taper la France.
07:25J'attends qu'il y ait un sursaut
07:26et qu'une bonne fois pour toutes,
07:27on rappelle qu'on est français
07:28et qu'on a envie de s'en sortir par le haut.
07:30Donc dimanche,
07:31vous seriez devant votre télé
07:32pour regarder ce meeting,
07:33mais je ne serais pas.
07:34Je ne sais pas où je serais,
07:35mais j'écouterais en tout cas,
07:36ça c'est sûr son discours,
07:37parce que j'ai besoin véritablement
07:40de m'assurer que le candidat
07:42qui est le plus en pointe aujourd'hui
07:44pour nous faire échapper au populisme,
07:47il porte un discours de droite décomplexé.
07:49Un dernier mot Jean-François Copé,
07:50dans six jours,
07:51même un peu moins,
07:52dans cinq,
07:52on saura qui de Marine Le Pen
07:53ou de Jordan Bardella
07:54sera le candidat du RN
07:55puisque ce sera le jugement
07:56de la Cour d'appel
07:57dans l'affaire des assistants parlementaires
07:59du Front National.
08:00Quel est le candidat
08:00le plus dangereux entre les deux ?
08:01Je ne sais rien.
08:02Dans tous les cas de figure,
08:03ce sont des candidats
08:04qui sont aussi bien ouérennes
08:06que LFI très hauts dans les sondages
08:09et donc constituent un danger.
08:10Et donc nous, notre boulot...
08:11Vous ne faites pas de différence
08:12quand vous voyez Jordan Bardella
08:13qui tente une sorte d'ajornamento
08:15sur l'économie, non ?
08:16Ils ont leur différence.
08:17La vérité, c'est que tout ce qui les entoure,
08:19ce sont des gens qui sont dans la logique
08:23de ce qu'on appelle le populisme.
08:26C'est-à-dire, en réalité,
08:27c'est ce qui oppose les charlatans aux médecins.
08:28Ils vous disent qu'ils vont tout régler.
08:29Regardez le plan climatisation,
08:31ils ont annoncé 200 milliards,
08:33puis après, ils sont descendus.
08:35Maintenant, ils sont à 20 milliards fois 2
08:36avec des frais...
08:37Benjamin Duhamel, en 48 heures,
08:40moi, je dois vous le rappeler à nouveau,
08:42quand j'ai fait l'erreur sur un prix
08:44d'un produit célèbre qui est le pain au chocolat,
08:46on m'en a parlé pendant des mois.
08:48En 24 heures, il passe de 200 milliards à 40 milliards.
08:50Il n'y avait pas que le prix dans le cas d'espèces.
08:52Non, si, si, il y a deux sujets.
08:53Non, non, mais je vous assure,
08:53vous étiez très jeunes,
08:54mais je vous assure, je me souviens un peu.
08:56Bon, exactement.
08:57Non, non.
08:58C'est une interview participative.
08:59Voilà.
09:00Donc, pour finir juste là-dessus,
09:02ils sont passés de 200 milliards à 40
09:03pour ensuite nous expliquer
09:05que ce seraient des prêts
09:06de la Banque Centrale Européenne
09:07qui ne prêtent jamais rien.
09:09C'est ça que dit le Rassemblement National
09:10sur les climatiseurs.
09:11Donc, après avoir dit
09:12qu'il n'y avait pas de problème
09:13de réchauffement climatique.
09:13C'est ça le danger.
09:14Et c'est là-dessus
09:15qu'il faut qu'on dise maintenant
09:16ça suffit, la France est un grand pays.
09:18Elle doit absolument
09:19être réformée sérieusement.
09:20Merci beaucoup Jean-François Copé
09:21qui sera donc dimanche devant sa télé
09:23pour écouter Edore Philippe.
09:24Et merci Benjamin Duhamel.
09:26On se retrouve tout à l'heure
09:26pour le grand entretien avec qui ?
09:28Avec Mick Jagger.
09:29Mais oui, il est 7h57.
Commentaires