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  • il y a 32 minutes
"Une reprise d'un épisode caniculaire est possible", a rappelé le Premier ministre lundi lors d'une nouvelle cellule interministérielle de crise, à l'heure de faire le bilan de la gestion par son gouvernement de cette première vague de chaleur historique. Les accusations d'impréparation sont-elles fondées ? Faut-il encourager et planifier la climatisation ? Yannick Jadot, sénateur écologiste de Paris et ex-candidat à la présidentielle, est l'invité de Thomas Sotto dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 30 juin 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est sénateur de Paris, il a été le candidat des écologistes lors de la dernière élection présidentielle en 2022.
00:08Yannick Jadot est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Yannick Jadot.
00:12Bonjour.
00:12Dites-moi, il y a la clim chez les Jadots ou pas ? Il y a la clim à la
00:14maison ?
00:15Malheureusement non, mais je suis comme tous les Françaises et les Français.
00:20Il y a quelques jours, on aurait beaucoup donné pour avoir une clim à la maison,
00:25parce que quand il fait 40 degrés dehors et que la nuit il fait une trentaine de degrés à la
00:30maison,
00:31et bien oui, on aurait...
00:33Donc vous avez passé, vous êtes aussi dans l'équipe clim ?
00:36Non, ce que je veux dire c'est que moi je ne veux absolument pas culpabiliser les Français
00:42sur leur envie de climatisation quand on souffoque.
00:49On a évidemment une urgence absolue, c'est d'avoir des climatisations dans les espaces où il y a des
00:57personnes vulnérables.
00:58On pense évidemment à l'hôpital, on pense aux écoles.
01:02Et puis il y a des personnes qui ont besoin de pouvoir se rafraîchir, d'avoir le droit à la
01:08fraîcheur.
01:09Après, on a compris que la climatisation ne pouvait pas être la solution magique au dérèglement climatique,
01:16que ce soit en matière d'adaptation comme en matière de réduction de nos émissions de gaz à effet de
01:21serre.
01:21On va pas... On parlait du champagne, il y a toute une série de maisons qui commencent à acheter des
01:27terrains en Angleterre,
01:28parce qu'on a un dérèglement...
01:29Parce que le climat maintenant pour le champagne c'est l'Angleterre.
01:31On est en train de changer, vous avez les forêts qui sont en train de s'asphyxier également,
01:38vous avez les cultures, vous avez les rues.
01:40On va pas faire de notre pays Dubaï, avec des déserts autour et puis des rues qu'on climatise.
01:45Est-ce qu'on a une autre solution aujourd'hui ?
01:47Bien sûr.
01:47Oui ?
01:49On a une solution qui est à la fois dans l'urgence, évidemment climatisée, où c'est nécessaire.
01:55Vous avez entendu Monique Barbu, la ministre de la Transition écologique,
01:59qui se dit horrifiée par la climatisation.
02:01Pour elle, la climatisation n'empêchera aucun désastre.
02:04Elle a raison, la ministre, ou elle est trop radicale sur ses positions ?
02:07Je l'ai dit, moi je vais certainement pas culpabiliser les Français,
02:12parce qu'ils ont envie de climatisation, et il y a plein d'endroits, plein d'endroits.
02:16Et pour beaucoup de personnes, c'est nécessaire, voire indispensable.
02:20Donc elle est trop radicale ?
02:21Non, maintenant, climatisée.
02:23Je sais pas, peut-être qu'à un moment donné,
02:25si vous voyez, moi aussi, à un moment donné,
02:27quand le débat dans cette canicule n'a été que la climatisation,
02:31ça m'a saoulé.
02:32Ça m'a saoulé, ça fait 30 ans qu'on se bat pour isoler,
02:36pour rénover les logements,
02:38pour qu'il soit moins froid l'hiver, moins chaud l'été.
02:41Ça fait 30 ans qu'on se bat pour électrifier nos usages,
02:45qu'on ait des énergies renouvelables,
02:47donc de l'électricité disponible,
02:49pour qu'on végétalise nos villes,
02:52pour qu'il fasse moins chaud,
02:53qu'on installe des volets sur les maisons.
02:57C'est parfois le cas.
02:58Et résultat, aujourd'hui, on a une canicule, il fait 42, 43 degrés.
03:01Et donc, à un moment donné, ça vous saoule
03:03que ce soit une proposition du Rassemblement National,
03:06ce sont des climato-sceptiques
03:08qui, à un moment donné, fassent le seul débat.
03:11Parce qu'ils ont proposé un plan clim
03:13qu'ils vont détailler aujourd'hui,
03:1418 milliards sur 10 ans, un prévert.
03:16Vous pourriez voter ça ou pas ?
03:17Mais on verra ce qu'il y a dedans.
03:19Moi, je ne vais pas prendre des leçons du Rassemblement National
03:21sur l'écologie.
03:23Encore une fois, nous, ce qu'il nous faut aujourd'hui,
03:26c'est investir dans les écoles.
03:28Si vous ne rénovez pas les écoles
03:30et vous avez des milliers,
03:32des milliers d'établissements scolaires
03:34qui ne peuvent pas recevoir des enfants
03:36en période de canicule.
03:37Donc, il faut les rénover.
03:39Il faut des brasseurs d'air.
03:42Il faut pouvoir mettre des volets,
03:43des protections solaires.
03:45Il faut végétaliser.
03:46Vous allez installer des climatiseurs
03:48dans des appartements
03:50avec des personnes qui ont les moyens.
03:52Ça va bien se passer.
03:53Parce que, parfois, leur logement est déjà un peu isolé
03:56et qu'ils vont avoir les moyens de payer l'électricité.
03:59Qu'est-ce que vous allez faire
04:00dans les quartiers populaires ?
04:01Vous allez avoir des climatiseurs
04:03qui vont être d'aussi mauvaise qualité
04:05que vous avez, parfois,
04:06les radiateurs électriques
04:07qu'on appelle des grilles-pains
04:09qui tournent.
04:10Ça veut dire qu'ils vous consomment.
04:11Est-ce qu'il faut un dispositif ?
04:13Vous bouffez votre budget
04:14sans chauffer parce que ce n'est pas isolé.
04:16Est-ce qu'il faut un dispositif
04:17pour aider à l'installation et la rénovation
04:19et également à l'installation de la clim ?
04:21Mais moi, je n'ai pas de problème
04:23à ce que ça rentre dedans
04:24pour les personnes qui en ont besoin.
04:26Pour les personnes qui en ont besoin.
04:28Mais si, un, on ne protège pas
04:31les Françaises et les Français,
04:32je l'ai dit, par l'isolation,
04:34par la végétalisation,
04:35par les protections solaires,
04:36par les brasseurs d'air,
04:37si on ne fait pas ça,
04:39la climatisation ne servira à rien.
04:42Et le congé climatique ?
04:43Ça coûtera extrêmement cher.
04:44Et puis, deuxième chose,
04:46M. Soto, si vous me permettez.
04:47Là, on subit des canicules
04:49liées à un réchauffement
04:51dans notre pays
04:52d'un peu plus de degrés.
04:54si on n'agit pas
04:55pour réduire nos émissions
04:57de gaz à effet de serre,
04:58on ira vers 4 degrés.
05:00C'est-à-dire que tout ce dont on parle
05:02aujourd'hui,
05:03ça sera juste un apéritif
05:04par rapport au chaos.
05:05Et puis, ça tombe bien.
05:06Les Françaises et les Français,
05:08ils payent encore 2 euros
05:09le litre
05:10pour faire leur plein.
05:12On a eu le choc pétrolier
05:13dont on ne parle plus,
05:14mais c'est le même problème.
05:16Les énergies fossiles.
05:17Et je vais vous dire la bonne nouvelle,
05:19c'est qu'en fait,
05:20on a les solutions.
05:21On a les solutions
05:22pour se passer
05:23des énergies fossiles.
05:24On a les solutions
05:25pour nous adapter.
05:27Et la bonne nouvelle aussi,
05:28c'est que ça va mettre
05:29des usines
05:30sur tous nos territoires.
05:31Ça va faire bosser
05:33des artisans.
05:34Ça va réduire,
05:35ça va améliorer
05:36le pouvoir d'achat
05:36des Françaises et des Français.
05:37C'est quelque chose
05:37que je ne comprends pas.
05:38C'est ça qui est bon.
05:39C'est un bon projet pour ce pays.
05:40Pourquoi, avec un contexte
05:41comme celui-là,
05:41avec un climat
05:42qui s'échauffe comme on le voit,
05:43pourquoi vous êtes aussi faible
05:44politiquement,
05:45alors que le réchauffement
05:46et toutes les catastrophes
05:47qui l'accompagnent
05:48devraient être porteurs pour vous ?
05:50Pourquoi les Français
05:50ne disent pas
05:51que les écolos
05:52ce n'est pas notre truc ?
05:53Écoutez,
05:55il y a quelques années,
05:57quand je portais
05:58les campagnes écologiques,
06:00je pense qu'on a fait
06:00des bons scores.
06:01Oui, aujourd'hui,
06:02vous ne faites pas
06:02des bons scores.
06:03En 2019,
06:04on a fait près de 14%.
06:06On a gagné des villes derrière.
06:07En européenne.
06:07Donc, je pense que
06:10ce qu'il faut,
06:11c'est que,
06:12encore une fois,
06:13on ne culpabilise pas
06:14les Françaises et les Français.
06:15Il y a un enjeu du climat,
06:17c'est évident.
06:17Ça prendra du temps
06:18à le résoudre,
06:19c'est une évidence.
06:20Mais agir maintenant,
06:22je l'ai dit,
06:23c'est réduire
06:24les dépenses contraintes
06:25des Français.
06:26Les premières priorités
06:27des Français,
06:27leur pouvoir d'achat.
06:28Est-ce que vous voterez
06:29écolo à la prochaine présidente ?
06:30Il y a une candidate
06:31qui est Marine Tondelier,
06:32est-ce que pour vous,
06:32c'est la candidate évidente
06:33pour prendre à bras-le-corps
06:35ces sujets-là ?
06:36Je voterai pour
06:37la meilleure candidature
06:39sociale-écologiste,
06:40républicaine et européenne
06:42qui sera devant nous.
06:45Eh bien,
06:45ma responsabilité,
06:46c'est de travailler,
06:48on le fait,
06:49avec Valo,
06:51Rossignol,
06:52Linman et plein de gens.
06:53Vous étiez au meeting
06:54de Glucksmann,
06:55il n'y a pas longtemps ?
06:55Oui,
06:56avec des gens
06:58du Parti communiste
06:59jusqu'à des gens
06:59de place publique,
07:00des socialistes,
07:01des écologistes,
07:02pour nous dire,
07:03il nous faut une candidature
07:05commune sur cet espace-là,
07:06de la gauche républicaine
07:08Mais qui porte le mieux
07:09aujourd'hui ces couleurs ?
07:10Eh bien,
07:11on verra en septembre.
07:12Vous n'avez pas échappé
07:13que Raphaël Glucksmann
07:14n'est pas officiellement candidat.
07:15Vous avez envie qu'il soit ?
07:16On verra en septembre
07:17quelle est la candidature
07:18la mieux placée.
07:20Mais il nous faut pour ça
07:21pas une primaire,
07:22parce qu'on voit bien
07:23qu'elle est dans un cul-de-sac
07:25cette primaire.
07:25Il nous faut à la fois
07:27nous mettre d'accord
07:28sur une plateforme minimale.
07:30Comment on fait
07:31ce grand projet
07:32de sortie des énergies fossiles,
07:33de rénovation de notre bâti,
07:35de voitures électriques,
07:36comment on met des usines
07:37sur tous nos territoires ?
07:38Parce que l'usine
07:39sur nos territoires,
07:40c'est la fierté.
07:41On a besoin de fierté.
07:42Et comment on a
07:44un accord législatif ?
07:45Parce que franchement,
07:45si on change de président
07:46de la République
07:47et que c'est le même bordel
07:48à l'Assemblée nationale,
07:49reconnaissez qu'on n'aura
07:50pas beaucoup avancé.
07:51Donc il n'y aura pas d'accord législatif
07:52avec LFI pour vous ?
07:53Ce n'est pas possible ?
07:54Ah non.
07:55Mais moi, je suis pour que
07:56l'écologie politique clarifie
08:00ce qu'elle veut en fait
08:02pour elle-même.
08:02Est-ce qu'elle est forcément
08:03de gauche aujourd'hui
08:04l'écologie politique ?
08:06Ah oui.
08:06L'écologie politique,
08:07elle est de gauche.
08:08Ça ne veut pas dire
08:08qu'il n'y a pas des gens de droite
08:09qui sont en faveur
08:11de la protection de l'environnement.
08:12Et je rencontre
08:13beaucoup de maires,
08:13y compris de droite,
08:14qui changent leurs écoles,
08:16qui font des cours au Asis
08:17pour que les gamins...
08:18Donc tout ça...
08:20Pourquoi ?
08:21Parce qu'encore une fois,
08:23c'est probablement aujourd'hui,
08:24entre le choc pétrolier,
08:26la canicule,
08:27c'est probablement aujourd'hui
08:29le projet de société
08:30le plus enthousiasmant,
08:33le plus important
08:34et le plus mobilisateur.
08:36Oui, mais l'angoisse,
08:37on la contourne
08:37si on agit,
08:39qu'on a les solutions
08:40et qu'on voit justement
08:41une perspective
08:42qui ne sont pas simplement
08:43des perspectives
08:44pour nos enfants,
08:45pour nos petits-enfants,
08:46pour notre pouvoir d'achat aujourd'hui,
08:47pour les usines
08:49de voitures électriques
08:50sur nos territoires,
08:51pour des mobilités
08:52qui nous coûtent moins cher,
08:54pour des villes végétalisées,
08:56pour une agriculture,
08:58pour une agriculture
08:59qui continue
09:00à être vive
09:01sur nos territoires.
09:02L'agriculture.
09:03Le texte sur l'urgence agricole
09:05est arrivé au Sénat hier,
09:06les sénateurs
09:06qui ont réautorisé
09:07il y a quelques heures
09:08l'utilisation de certains pesticides
09:09dans des cas précis
09:10pour aider certains secteurs
09:12en difficulté.
09:13Est-ce que c'est un compromis raisonnable
09:14où vous dites c'est dingue ?
09:15Mais c'est complètement dingue.
09:16Vous avez une vingtaine
09:18de sociétés savantes
09:19de médecine,
09:20d'expertise.
09:21Vous avez l'Ordre national
09:22des médecins.
09:23Vous avez l'Académie des sciences
09:25qui dit
09:26ne réautorisez pas
09:28des néonicotinoïdes.
09:29Ils sont dangereux
09:30pour tous les pollinisateurs.
09:32Et 80% de nos cultures végétales
09:35ont besoin de pollinisateurs.
09:36C'est dangereux
09:37pour l'ensemble de la biodiversité.
09:39C'est dangereux
09:40pour notre santé.
09:42Vous vous rendez compte
09:42que des molécules
09:44qu'on a interdites
09:44parce qu'elles sont dangereuses,
09:46on est en train
09:47de les réautoriser
09:49contre tous les avis certifiés.
09:51Sauf que, pardon,
09:53votre collègue sénateur
09:53Laurent Duplon
09:54qui porte ce texte,
09:55qui portait le texte à l'origine,
09:56dit en fait
09:57on est les couillons de la farce.
09:58On tue notre production française
09:59de fruits
10:00pour finir par importer en masse
10:02ces mêmes fruits
10:03produits
10:03avec ces mêmes molécules
10:05qu'on interdit.
10:05Donc on interdit chez nous,
10:06on ne sait plus produire.
10:08Thomas Soto,
10:09dans son discours hier,
10:11Laurent Duplon,
10:12il a contesté
10:12le dérèglement climatique.
10:14Il a contesté
10:15dans son discours
10:16d'introduction.
10:17Mais c'est un discours
10:18de déni environnemental
10:20et sanitaire.
10:21Il a contesté
10:22le dérèglement climatique.
10:23Voilà où on en est
10:24dans notre pays.
10:25C'est-à-dire qu'on est
10:26le pays de Pasteur,
10:27on est le pays de Descartes,
10:29on est le pays
10:29où on a des ingénieurs
10:31et des chercheurs
10:31incroyables
10:32sur tous ces sujets.
10:33Et on conteste
10:34la science aujourd'hui
10:35pour des intérêts économiques.
10:37C'est inacceptable.
10:38Les Français,
10:40leur santé,
10:41leur environnement
10:42ne sont pas à vendre
10:44pour quelques intérêts
10:45industriels.
10:46Merci Yannick Jadot.
10:47Je note que vous n'avez pas
10:47du tout cité Marine Tondelier
10:49tout à l'heure.
10:50C'est un hasard ?
10:50C'est un oubli ?
10:51Mais je n'ai cité
10:54que les Françaises
10:54et les Français
10:55parce que s'il y a un truc...
10:56Non, vous avez cité
10:56Glitzman, Valot...
10:58Non, c'est vous qui en a...
10:58Non, non, non, c'est vous.
10:59On peut faire la barre
11:00si vous voulez.
11:01Non, non, très bien.
11:02S'il y a un truc
11:03que je crois ne supportent plus
11:04les Françaises et les Français,
11:05c'est une gauche
11:06qui ne se parle
11:07qu'à elle-même.
11:08Elle veut que la gauche
11:09et l'écologie
11:11répondent
11:11à leurs angoisses,
11:12trouvent des solutions
11:13pour les quotidiens,
11:15pour leur quotidien.
11:16C'est ça, à chaque fois
11:16que je vous parle de Marine Tondelier,
11:17je retombe sur votre répondeur.
11:18Et nous trouvent
11:19un beau projet
11:20enthousiasmant
11:21pour les Français.
11:21Merci beaucoup.
11:22On n'est pas condamnés
11:23au déclinisme, franchement.
11:24Merci Yannick Jadot.
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