- il y a 12 heures
Présidentielle 2027 : face à la multiplication des candidatures, un ancien Premier ministre réclame un « conclave » et propose les bases d'une plateforme commune pour la droite et le centre. Michel Barnier, député LR de Paris, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 10 avril 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 10 avril 2026.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h42, c'est donc l'ancien Premier ministre et actuel député de Paris, Michel Barnier, qui est l
00:07'invité d'RTL Matin.
00:08Bonjour et bienvenue sur RTL.
00:09Bonjour M. Soto.
00:10Abémousse Papam, voilà donc ce que vous rêveriez d'entendre, Michel Barnier, au moment où votre famille politique aura choisi
00:15son champion, son candidat pour 2027,
00:17car vous proposez non pas une primaire, mais un conclave.
00:21Comment ça pourrait fonctionner, votre affaire ? Vous enfermez tout le monde et vous attendez la fumée blanche ?
00:25Non mais M. Soto, vous débutez cet entretien par le débat de personnes, c'est pas le moment.
00:33C'est pas le moment. Les Français viennent de voter partout en France, pas seulement dans les grandes villes, aux
00:38élections municipales.
00:39Qu'est-ce qu'ils nous ont dit partout ? Entendez-vous et occupez-vous de nos problèmes, nos problèmes
00:45quotidiens, c'est ça.
00:46C'est comme ça qu'on a gagné. On n'a pas toujours gagné quand on était unis, mais on
00:50a souvent perdu quand on était désunis.
00:52Et les Français attendent qu'on traite leurs problèmes, les problèmes de sécurité.
00:56Ce matin, j'entendais sur votre antenne ce couple de restaurateurs de Saint-Etienne qui est désespéré,
01:01qui arrête à cause des deals, des problèmes d'immigration qu'on ne contrôle pas.
01:06Il y a tellement de problèmes et en même temps tellement d'énergie positive et tellement de talent dans ce
01:12pays qu'on doit s'occuper des problèmes.
01:14Vous êtes gaulliste, il faut une incarnation forte pour prendre un projet fort.
01:18Mais je pense que le temps où nous sommes, et pour quelques mois encore, c'est le temps des projets,
01:25le temps des idées, le temps d'un programme commun.
01:27C'est ce que j'ai essayé de faire avec cette plateforme qui s'appelle Bâtir Ensemble.
01:31Bâtir Ensemble et tous ceux qui nous écoutent, tous les élus et d'autres, les citoyens peuvent contribuer à cette
01:36plateforme parce que je vais la faire vivre.
01:37C'est quoi exactement ? C'est la démocratie participative de Ségolène Roya de 20 ans après ?
01:41C'est un exercice que j'ai fait avec toute l'équipe qui m'entoure, de mettre ensemble les bonnes
01:45idées de la droite républicaine et du centre,
01:48parce que c'est ça dont il s'agit, et de montrer qu'on peut travailler ensemble, comme d'ailleurs
01:51tous ces partis politiques,
01:53on appelle ça le socle commun, à travailler avec moi lorsque j'étais premier ministre.
01:56Vous y croyez encore au socle commun ?
01:58Oui, je crois toujours.
01:58C'est ça que vous voulez reconstituer ?
01:59Je crois toujours à l'esprit commun.
02:01Je répète que dans toutes les municipalités que nous avons gagnées, à Annecy, à Bordeaux, à Clermont-Ferrand, et je
02:06pourrais multiplier les exemples,
02:07ça a été l'union des familles du centre et des familles de la droite républicaine qui est la mienne.
02:13Donc la prochaine génération plutôt que la prochaine élection, voilà où j'en suis.
02:17Donc j'ai fait ce travail avec mes équipes et je le mets en débat.
02:20Il n'est pas parfait, il peut être complété.
02:22C'est une base ?
02:23C'est une base.
02:24Par exemple, sur l'immigration, qu'est-ce que vous proposez vous sur le sujet ?
02:27Sur l'immigration, je propose qu'on traite les questions, sinon ce seront d'autres qui les traiteront et beaucoup
02:31plus brutalement.
02:32Ça tout le monde sera d'accord pour dire qu'il faut traiter les questions.
02:34C'est une base républicaine, qu'on maîtrise l'immigration. J'avais proposé à l'époque, ça avait suscité beaucoup
02:37de débats, un moratoire sur l'immigration.
02:39Je propose que sur certaines questions, on puisse saisir les Français par référendum.
02:43Je ne vais pas laisser cette question à l'extrême droite parce qu'elle la tratera mal.
02:47Il faut la traiter de manière républicaine et ferme.
02:49Il y a sur les questions de quotas, d'immigration choisie, d'immigration du travail.
02:54Il y a sur la question du regroupement familial, des questions qui peuvent être posées aux Français.
02:57C'est une des propositions que nous faisons dans ce document.
03:00Mais qui est donc amendable ?
03:01Ce document est amendable, tous ceux qui veulent y participer.
03:04Il y a même un site, Bâtir Ensemble 2027, qui est ouvert ce matin, je l'annonce sur votre antenne,
03:10auquel les gens peuvent participer et apporter leur contribution, leurs critiques et leurs idées.
03:14Donc on a bien compris, c'est le quoi avant le qui.
03:17Mais qui va pouvoir participer à ça ?
03:19La prochaine génération avant la prochaine élection.
03:21Oui.
03:22La zémoriste Sarah Knafou, est-ce qu'on aura le droit de venir contribuer par exemple ?
03:25Laurent Wauquiez la juge très fréquentable, il y a même une primaire avec elle.
03:28Elle est la bienvenue pour bâtir ensemble ?
03:29Ce n'est pas mon opinion. Elle a choisi d'être à l'extrême.
03:33Elle est dans un groupe au Parlement européen qui n'est pas le mien,
03:36qui est un groupe où se trouvent les néo-nazis, certains néo-nazis allemands à l'AFD.
03:41Et surtout, c'est un parti nationaliste.
03:45La ligne bleue, je dis démarcation, c'est la question européenne.
03:51L'Europe ne fonctionne pas bien. Il y a plein de choses à changer. Je suis bien placé pour en
03:55parler, puisque je suis, je crois, le seul homme politique français qui est passé 15 ans à Bruxelles, dans différentes
03:59fonctions, notamment le Brexit.
04:01Mais on ne va pas jeter le bébé avec l'eau du bain.
04:04Si on est seul, si on se recroqueville comme Mme Knafo, Mme Le Pen, M. Bardella ou M. Mélenchon, qui
04:10disent la même chose d'ailleurs.
04:12Comme ils ont voté la même chose contre moi au moment de la censure.
04:15Si on laisse ces gens prendre le pouvoir, notre pays se recroqueville et nous sommes foutus.
04:18Nous serons définitivement sous-traitants des Américains et des Chinois. Jamais.
04:21Moi, je ne me suis pas engagé dans le parti gaulliste, il y a quelques années, pour que mon pays
04:26soit sous-traitant.
04:26Il y en a un autre qui s'est engagé dans la famille gaulliste, c'est Dominique de Villepin.
04:29Est-ce qu'il fait encore partie de la famille pour vous ? Est-ce qu'il peut participer à
04:32Bâtir Ensemble ou il est de l'autre côté ?
04:34Non, je le connais bien, nous avons été ministres ensemble et je trouve que ces idées ressemblent davantage à celles
04:38de M. Mélenchon qu'à celles que je défends.
04:40M. Mélenchon ? Oui.
04:41Vous le classez chez LFI, quasiment ?
04:42Quelque part, on a le sentiment qu'il fait beaucoup de proximité avec cette famille politique.
04:46Mais je n'ai pas trop l'envie de parler des uns et des autres ce matin, ce n'est
04:50pas le sujet.
04:50Parlons des problèmes.
04:51Par exemple, j'entendais hier le patron de Thalès évoquer le niveau en mathématiques.
04:57Voilà un sujet.
04:58Et dans ce programme, dans cette plateforme, vous verrez l'idée d'un plan pour doubler le nombre d'ingénieurs,
05:03notamment de femmes ingénieurs.
05:05Il y a des potentiels, il y a des énergies, il y a des intelligences un peu partout.
05:08Il faut les détecter, les soutenir.
05:11Voilà les sujets qui intéressent les Français.
05:12L'intention est louable, Michel Barnier.
05:14Il n'y a pas seulement une question d'attention.
05:15Je regarde les problèmes, je les ai essayés de les traiter quand j'étais Premier ministre.
05:19Nous devons retrouver une fierté d'être Français, une France forte et en même temps une Europe indépendante.
05:23Quand on veut essayer de mettre tout le monde d'accord, ce qui était un peu le socle commun,
05:26le risque, et ça débouche sur un programme à minima, une synthèse molle pour reprendre les mots de Bruno Rotaillot.
05:32Est-ce que vous préparez une nouvelle version du en même temps macroniste ou pas ?
05:35Non, je prépare un programme qui sera mis à disposition de celui ou de celle que nous choisirons ensemble le
05:42moment venu pour porter ces idées de la droite républicaine et du centre,
05:45qui traite les problèmes et pas de manière molle.
05:48Il ne s'agit pas de dire qu'on a toujours raison, il s'agit de travailler ensemble.
05:51Puisque tous ces hommes et ces femmes dont je parle, ceux qui sont candidats aujourd'hui au centre et à
05:56la droite...
05:56Il y en a beaucoup, trop. Je ne vais pas en rajouter aujourd'hui, monsieur Soto, au risque de vous
06:01décevoir.
06:02Là, vous faites la question et la réponse tout seul.
06:04Je préfère faire la réponse à cette question que vous n'avez pas encore posée, parce que ce n'est
06:08pas le sujet, je viens de vous le dire.
06:11Tous ces hommes et ces femmes, il y a une réalité que je vous dis, c'est qu'ils seront
06:14obligés de travailler ensemble.
06:15Oui, mais ils ne sont pas d'accord sur grand-chose. Qu'est-ce qui reste commun aujourd'hui entre
06:18les uns ?
06:18Prenons le sujet des retraites que vous abordez dans Bâtir Ensemble. C'est quoi votre projet ?
06:22C'est la retraite à 64 ans, à 65 ans, à 67 ans, comme l'avait dit Edouard Philippe.
06:26C'est la retraite par répartition, c'est la retraite par foin.
06:29Mais la réalité, c'est quoi, à propos du retraite ?
06:31C'est qu'on n'a pas l'argent. On n'aura pas l'argent pour payer la retraite des
06:34jeunes qui nous écoutent en ce moment sur RTL.
06:36Il n'y aura pas les financements pour payer les retraites dans 20 ou 30 ans.
06:40Donc, il faut dire la vérité, le courage de la vérité, parfois la rupture, le courage de dire la vérité.
06:45J'ai essayé de l'avoir quand j'étais Premier ministre, et les Français me l'ont dit.
06:48« On devra faire une réforme des retraites, mais peut-être d'une autre manière, plus rapidement, avec une réforme
06:54de retraite à point,
06:55comme cela avait été proposé par M. Berger, et une partie de capitalisation. »
07:02Je pense que ce sujet-là doit être un sujet d'intelligence nationale, comme d'autres d'ailleurs...
07:06C'est quoi le calendrier de Bâtir Ensemble ? C'est jusqu'à quand cette contribution ?
07:10Moi, ce débat est ouvert sur un site Bâtir Ensemble 2027, auquel chacun peut apporter sa contribution jusqu'à la
07:16fin de l'année.
07:17Et tous les mois, je vais actualiser, avec un certain nombre de parlementaires,
07:21nous allons actualiser le contenu de ce programme pour tenir compte des remarques et des suggestions.
07:26Vous êtes toujours chez LR, Michel Barnier ?
07:27Ah, j'ai toujours été chez LR.
07:28Vous n'avez pas échappé que Bruno Retaille, le président de LR, va vous consulter la semaine prochaine,
07:32vous les militants et les membres du parti, pour choisir qui sera le candidat.
07:36Je suis chez LR, depuis le premier jour de mon engagement, libre et loyale.
07:41Libre et loyale.
07:42Vous allez participer à cette primaire qui n'y passe au moment ?
07:44Oui, je vais participer, même si je la trouve un peu biaisée.
07:47Je pense que ça aurait été mieux, comme les statuts le prévoient, d'ouvrir le jeu,
07:51sans prédisposer un candidat, fait-il le président du parti,
07:55en l'imposant, en quelque sorte, en ouvrant le jeu, comme les statuts le prévoient,
07:59à tous ceux qui auraient voulu être candidats, dans une primaire un peu plus ouverte,
08:01à tous les adhérents et même à tous les sympathisants.
08:04Bon, on voit que la bataille des ambitions et des égaux est lancée.
08:07C'est quand même une bataille de bonhommes.
08:09Pourquoi il n'y a pas de femmes parmi les candidats possibles, à droite et au centre ?
08:11Oui, je le regrette.
08:12Bah oui ?
08:12Je le regrette, mais vous n'allez pas me demander de régler cette question comme ça,
08:16sur le micro de RTL le matin.
08:18Moi, je veux bien que vous veniez régler les questions.
08:20Il n'y a pas de problème.
08:20Oui, mais je suis prêt à les régler.
08:21Je suis prêt à les régler.
08:24Je trouve que partout où il y a des femmes, dans les municipalités,
08:26où la loi l'y oblige, l'ambiance est meilleure,
08:29l'approche est plus concrète, plus humaniste, plus simple,
08:32et qui est une bonne chose.
08:34Bon, question aux députés.
08:35Vous êtes député de Paris.
08:36Il y a un projet de loi qui va être voté ou pas, d'ailleurs, aujourd'hui à l'Assemblée.
08:39Faut-il permettre le travail à certains professionnels le 1er mai ?
08:42Vous avez voté quoi, là-dessus ?
08:43Je vais voter.
08:43Je vais d'ailleurs vous quitter pour aller à l'Assemblée nationale
08:46et soutenir ce texte qui, d'ailleurs, a été très, très tôt proposé par les Républicains
08:51et par d'autres aujourd'hui,
08:52pour permettre à cette France qui veut travailler de le faire.
08:56Et donc, il ne s'agit pas de remettre en cause le 1er mai.
08:58Ça a une valeur symbolique très importante.
09:00Mais certaines professions doivent pouvoir travailler s'ils le souhaitent.
09:03On a parlé des fleuristes ou des boulangers.
09:05Et je voterai ce texte.
09:06Donc, vous votez aussi.
09:07Comme d'ailleurs, puisque vous parlez de ce que nous faisons à l'Assemblée nationale,
09:09lundi soir, il y aura un débat sur une proposition de loi
09:11que j'ai présentée avec un jeune député Renaissance.
09:14Donc, on peut travailler ensemble, M. Charles Hotwell,
09:18pour éloigner ou mettre en rétention des OQTF dangereux.
09:21C'est l'affaire Philippines.
09:22Je me permets de le rappeler.
09:23J'étais Premier ministre quand cette jeune femme a été assassinée.
09:26Et il faut en tirer les leçons
09:27et assurer la sécurité au quotidien des Français.
09:29Bon, sinon, vous avez acheté Paris Match cette semaine ou pas, Michel Barnier ?
09:32Non, je n'ai pas acheté Paris Match,
09:33mais j'ai vu cette une, si vous voulez.
09:35Ça vous touche ?
09:36Non, ça m'est égal.
09:37Vous êtes égal ?
09:38Ce n'est pas là-dessus qu'on va juger les Français.
09:40Moi, je jugerai M. Bardella ou Mme Le Pen
09:42sur leurs idées qui sont des idées populistes,
09:46simplificatrices et nationalistes.
09:47Et ce ne sont pas les miennes.
09:48Merci beaucoup, Michel Barnier, d'être venu sur RTL.
09:50Vous êtes en pleine forme, dis donc.
09:51Ça vous réussit d'être député ?
09:52Eh bien, je suis en pleine forme
09:53parce que le pays mérite qu'on se batte pour lui.
09:54Ce pays vaut le coup, voilà.
09:56Et on doit se battre pour lui.
09:57Merci.
09:57Merci à vous d'être venu.
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