00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est le président du Sénat, deuxième personnage de l'État, Gérard Larcher, l'invité d'RTL Matin.
00:06Bonjour et bienvenue sur RTL Matin.
00:07Bonjour.
00:084 ans de prison, dont 18 mois fermes pour votre ancien collègue du Sénat, Joël Guerriot,
00:12reconnu coupable de soumission chimique envers la députée Sandrine Jossot.
00:15Précisons qu'il a immédiatement annoncé qu'il ferait appel de ce jugement.
00:18Avec le recul, est-ce que vous pensez avoir assez soutenu la victime, Gérard Larcher ?
00:23Écoutez, les faits sont d'une extrême gravité.
00:25Et je dois dire que, dès novembre 2023, j'ai demandé à la procureure l'ensemble des éléments.
00:35Nous avons facilité tous les éléments de l'enquête, la perquisition.
00:39Mais je ne pouvais pas démissionner de moi-même ce sénateur.
00:45Seul le Conseil constitutionnel peut, j'allais dire, démissionner un parlementaire.
00:52Est-ce qu'il faut changer la loi ? Est-ce qu'il faut se poser la question ?
00:55Le principe, c'est que jusqu'au jugement, la présomption d'innocence existe.
01:00Je pense que, simplement, il est important qu'entre une assemblée,
01:06le président d'une assemblée et les procureurs qui instruisent,
01:09dans le respect de la présomption d'innocence, s'il y ait plus d'échanges d'informations,
01:12je n'ai eu la première réponse du procureur qu'un an après mon courrier,
01:16qui datait du 23 novembre 2023.
01:19Mais vous, vous aviez annoncé saisir la commission de déontologie du Sénat.
01:22Oui, je l'ai saisi.
01:22C'était en juillet dernier.
01:24Oui, mais parce que je n'avais pas l'ordonnance de renvoi.
01:29Je ne peux le faire que sur des faits.
01:32Et la procureure m'a envoyé l'ordonnance de renvoi.
01:35J'ai immédiatement saisi le comité de déontologie.
01:38Entre temps, je dois rappeler que j'avais demandé au sénateur de démissionner.
01:42Ce qu'il n'a pas fait.
01:42Ce qu'il n'a pas fait.
01:43Il est parti le 6 octobre dernier.
01:46Vous avez entendu, j'imagine, les déclarations cette nuit de Victor Wemba Niaman,
01:49notre champion de basket devenu la star de NBA aux Etats-Unis.
01:52Il s'est dit horrifié par les méthodes de la police anti-immigration de Donald Trump.
01:55Son club lui est pourtant demandé de se taire sur le sujet.
01:58Il a eu raison de parler Wemba Niaman.
02:00Vous le soutenez ce matin ?
02:01Oui, parce que cette police anti-immigration fait non pas un contrôle de l'immigration,
02:06mais une chasse aux migrants.
02:08Et ça me semble tellement contraire aux valeurs que nous défendons.
02:13Enfin, les valeurs que nous défendons de démocratie, de respect des droits de l'homme,
02:19quelle que soit la situation.
02:21Et je dois dire que ça tourne le dos tellement à Washington et Jefferson.
02:25A ce qui fait que notre relation avec les Etats-Unis
02:28s'inscrit dans l'histoire aussi d'un certain nombre de valeurs,
02:32notamment les valeurs de respect des droits humains.
02:36Donald Trump et l'Amérique de Donald Trump piétinent les droits de l'homme aujourd'hui ?
02:39C'est votre conviction ?
02:40En tous les cas, je pense que ce que nous voyons,
02:43une police de l'immigration,
02:45en 15 jours, deux morts,
02:47un enfant en bas âge, en prison,
02:49tout ceci démontre que les méthodes ne me paraissent pas,
02:52à l'aune des valeurs que nous avons en partage,
02:54être des méthodes acceptables.
02:56Est-ce qu'on est trop conciliant face à Trump ?
02:58Est-ce qu'on lui passe trop de choses ?
02:59Vous-même, en avril dernier, vous disiez
03:00il faut être cool, il faut être calme avec lui.
03:02Non, je pense qu'il faut être calme,
03:03mais je soutiens totalement l'attitude du président de la République
03:06la semaine dernière.
03:08À chaque fois que nos intérêts,
03:11que notre concept même de valeur
03:13sont menacés,
03:16eh bien il faut répondre avec fermeté
03:17dans l'intérêt de la France
03:20et de l'Union Européenne.
03:21Le budget, Gérard Larcher,
03:22il poursuit son très long chemin institutionnel et chaotique
03:25après avoir survécu à quatre motions de censure désormais.
03:27Et le voilà qui arrive au Sénat.
03:29Monsieur le Président,
03:29est-ce que vous souhaitez qu'on en finisse au plus vite
03:31avec ce budget ?
03:31Autrement dit,
03:32est-ce que vous souhaitez que le Sénat
03:33soulève ce qu'on appelle la question préalable
03:35qui est une procédure, pour faire simple,
03:37qui fait, on n'ouvre pas le texte,
03:38on le renvoie direct à l'Assemblée ?
03:39Vous le souhaitez ou pas ?
03:40Non, d'abord je vais vous rapprocher
03:41que le seul Assemblée qui a examiné le budget,
03:44c'est le Sénat.
03:45L'Assemblée nationale n'a jamais été capable
03:47d'examiner la totalité du budget.
03:50Nous l'avons examiné.
03:51Et vous n'êtes pas du tout d'accord.
03:52C'est une recette en dépense
03:53et nous le connaissons bien, ce budget.
03:56Nous pensons aujourd'hui que le budget,
04:00il faut mettre une conclusion,
04:02car nous avons besoin d'un budget pour le pays
04:05et notamment pour la défense,
04:07des sujets très d'actualité,
04:09pour les collectivités territoriales.
04:11Nous pensons qu'il n'y a pas lieu
04:13à réouvrir le débat.
04:15Voilà pourquoi la Commission des Finances
04:16se réunit ce matin,
04:18examinera le budget et proposera,
04:20j'ai rencontré le rapporteur général hier,
04:23Jean-François Husson,
04:24une question préalable
04:25qui n'est pas satisfaite sur le budget.
04:28Et vous êtes favorable à cette question préalable ?
04:30Oui, c'est un mauvais budget.
04:32C'est un mauvais budget
04:34qui ne répond pas aux défis
04:36que François Langlais vient de nous donner.
04:38Comment on restaure la compétitivité ?
04:41Comment on n'est pas les derniers de la classe
04:43en matière de déficit budgétaire ?
04:46Toutes les questions de François Langlais,
04:47il n'y en a aucune réponse dans ce budget.
04:50Pourquoi vous abdiquez tous ?
04:52Vous êtes tous à dire
04:53c'est un mauvais budget,
04:54il ne nous va pas,
04:55le déficit ça va être 5% minimum,
04:56vous étiez très attaché vous au 4,7%
04:58que c'est la barre fixée par le gouvernement.
05:00Pourquoi vous vous résignez ?
05:01Pourquoi faire avec ?
05:03Parce que dans la situation
05:05qui a été créée
05:06par la décision malheureuse,
05:08irrationnelle du Président de la République,
05:09il n'y a pas de majorité
05:11à l'Assemblée nationale.
05:13Et il faut quand même permettre
05:14à ce pays de continuer à avancer,
05:16même dans de mauvaises conditions.
05:18Voilà pourquoi,
05:19après avoir négocié la semaine dernière
05:21sur des éléments budgétaires,
05:22moi j'ai deux préoccupations dans ce budget.
05:25La situation faite aux entreprises,
05:27avec par exemple
05:28des milliards d'impositions en plus,
05:32et puis il faut permettre
05:33aux collectivités territoriales,
05:35dont je rappelle qu'elles sont 70%
05:37de l'investissement public,
05:38vous savez l'État n'arrive qu'en deuxième rideau
05:40dans l'investissement public,
05:4130%,
05:42et bien il faut leur permettre
05:43de fonctionner,
05:45notamment dans une année
05:46où les assemblées municipales
05:48vont être renouvelées
05:49dans un mois et demi.
05:50Gérard Larcher,
05:50est-ce qu'il faut maintenant,
05:51au nom de la stabilité,
05:52qui semble être le tout dernier,
05:54tout petit dénominateur commun
05:55à tous ceux qui ont décidé
05:56d'avaler la pile de ce budget,
05:58que ce gouvernement reste en plage
05:59jusqu'en 2027 ?
05:59Il faut de la stabilité
06:00jusqu'à la présidentielle ?
06:01Écoutez, ça c'est une décision
06:02qui appartient au Président de la République.
06:05Les députés peuvent,
06:07à un moment ou à un autre,
06:08le censurer.
06:08Je crois que le sujet,
06:10demain,
06:11c'est de préparer
06:11l'échéance présidentielle
06:13dans les meilleures conditions possibles
06:14pour proposer
06:15une alternative au pays.
06:17On va y venir.
06:18Le Sénat va se prononcer
06:18par ailleurs aujourd'hui
06:19par un vote
06:19sur deux propositions de loi
06:20sur la fin de vie.
06:21Personne n'est d'accord.
06:22La fin de vie,
06:23on le sait,
06:24c'est un sujet intime,
06:25c'est un sujet qui divise,
06:26qui...
06:27par-delà les clivages politiques,
06:29est-ce que ce n'est pas typiquement
06:30un sujet de référendum,
06:31un sujet sur lequel
06:32il faudrait demander
06:32leur avis aux Français ?
06:33Écoutez,
06:34ça a d'abord été
06:35le Parlement qui est saisi
06:36et de toute façon,
06:37même s'il y a référendum,
06:39le Parlement doit être saisi.
06:41C'est vrai que c'est un sujet
06:42qui relève de l'intime.
06:44Il y a deux textes
06:44et je suis de ceux
06:46qui ont demandé
06:47qu'il y ait deux textes.
06:48Il y a déjà longtemps.
06:48Un sur la d'amourée,
06:49un sur les soins palliatifs.
06:50Parce que les soins palliatifs,
06:51c'est essentiel.
06:52Aujourd'hui,
06:53près d'un Français sur deux
06:55n'a pas accès
06:56à des soins palliatifs
06:57dans des conditions,
06:59j'allais dire,
07:00acceptables.
07:03Il y a une grande détresse
07:04du soin palliatif en France.
07:05Il y a de nombreux départements
07:06où il n'y a pas de service
07:07de soins palliatifs.
07:08Mais est-ce qu'il faut
07:09un référendum, juste ?
07:10Attendez.
07:11Et sur les soins palliatifs,
07:12on s'est penché
07:12sur un sujet douloureux,
07:14heureusement assez rare,
07:15mais le soin palliatif aux enfants.
07:17Et donc,
07:18ça va être le vote
07:20sur la fin de vie.
07:22Sur la fin de vie,
07:24c'est vrai qu'au Sénat,
07:25il y a eu la conjonction
07:26entre ceux qui trouvaient
07:27qu'on allait trop loin,
07:29avec le texte
07:30issu de l'Assemblée nationale
07:31de Falordi,
07:32et ceux qui considéraient
07:34qu'on n'allait pas assez loin.
07:36Et donc,
07:37ça explique ce vote.
07:38On votera aujourd'hui.
07:40Est-ce que le président de la République
07:41doit soumettre un référendum ?
07:42Je crois qu'il doit laisser aller
07:43le débat,
07:44puisqu'il a été décidé
07:45qu'il n'y avait pas
07:46une procédure d'urgence.
07:47Le texte doit être examiné
07:48à l'Assemblée nationale
07:50et au Sénat.
07:50Pas de référendum pour l'instant.
07:51La politique,
07:52ce sont des mots
07:52de plus en plus forts,
07:53c'est l'époque qui veut ça,
07:54mais aussi des faits,
07:54des résultats.
07:55Ce matin,
07:55le Figaro est implacable
07:56dans sa une.
07:57En 2025,
07:58l'immigration a atteint
07:59un niveau record en France.
08:01Avez-vous échoué
08:02sur cette question ?
08:03Puisque rappelons
08:03que c'est le bilan
08:04de Bruno Retailleau,
08:05ministre de l'Intérieur,
08:06LR comme vous.
08:07Est-ce que c'est un échec ?
08:08D'abord,
08:08notons
08:09que le nombre
08:11de naturalisations,
08:12par exemple,
08:13le nombre de régularisations
08:14a singulièrement baissé.
08:17et que le nombre,
08:20j'allais dire,
08:21d'éloignements
08:21et d'inclusions
08:22a augmenté.
08:23Nous n'avons pas
08:24eu aujourd'hui
08:26la capacité
08:26d'avoir une vraie
08:27politique migratoire.
08:29Puisque tous les textes
08:29qui ont été proposés,
08:30notamment par le Sénat,
08:32sur le regroupe
08:33en France,
08:33donc c'est pas un échec ?
08:34385 000
08:35sites de séjour
08:36accordés plus 10% ?
08:37C'est la loi
08:37qui ne propose pas
08:40aujourd'hui
08:40une véritable politique migratoire.
08:42Voilà pourquoi
08:43la directive retour,
08:44qui est en cours
08:45de négociation
08:46entre le Parlement européen,
08:48le Conseil
08:48et les chefs d'État
08:50de gouvernement,
08:51qui devraient adopter
08:52en juin prochain
08:53quelque chose d'essentiel.
08:54Mais ça nécessitera
08:55chez nous,
08:56sans doute,
08:57une réforme de la Constitution
08:58pour avoir
08:59une vraie politique migratoire.
09:00Pour une réforme de la Constitution,
09:01il faut une majorité
09:01des deux tiers,
09:02donc on en est loin aujourd'hui.
09:03Il faut savoir ce qu'on veut.
09:04Il nous reste une minute.
09:06Je voudrais qu'on se parle
09:06de la présidentielle 2027.
09:07Vous êtes de quelle équipe ?
09:08Vous, primaire,
09:08pas primaire,
09:09primaire ouverte,
09:10primaire de Knafois,
09:11d'Armanin ?
09:11Je suis dans l'équipe
09:13qui dit que si nous avons
09:14plus d'un candidat
09:16issu des familles politiques
09:18de la droite
09:19et du centre,
09:21nous ne serons pas
09:22au second tour.
09:22Et comment vous le sélectionnez alors ?
09:24Eh bien,
09:24c'est ce à quoi
09:25nous réfléchissons actuellement.
09:27J'appartiens
09:27au groupe de travail
09:28qui,
09:29à l'intérieur de LR,
09:31réfléchit à faire
09:32une proposition
09:32d'ici
09:33la fin du mois de février
09:35pour choisir
09:35le ou la candidat de LR.
09:37Et après,
09:38il faudra aller au-delà.
09:39Écoutez,
09:39moi j'ai vécu tout,
09:41j'ai été déjà
09:41dans deux comités
09:42qui ont géré
09:43les primaires.
09:45Peu m'importe la méthode,
09:45il ne nous faut
09:46qu'un seul candidat,
09:48si nous voulons être
09:48au deuxième tour
09:49de l'élection présidentielle.
09:50Et moi,
09:51ce qui m'intéresse vraiment,
09:52c'est l'intérêt du pays
09:53et de la proposition
09:54qu'on fera au front.
09:55Vous pourriez être
09:55ce candidat
09:56ou vous l'excluez ?
09:56Écoutez,
09:57je ne suis candidat
09:58absolument pas à cela.
10:00Donc vous l'excluez ?
10:01Écoutez,
10:01je ne suis pas candidat.
10:02Non mais vous l'excluez ou pas ?
10:03Non mais,
10:04exclure c'est clair.
10:05Je ne suis pas candidat.
10:06Point.
10:06D'accord,
10:06vous n'êtes pas candidat.
10:08Merci beaucoup à vous.
10:09Juste,
10:09vous souhaitez que Marine Le Pen
10:10soit candidate,
10:10elle ou pas,
10:11qu'elle puisse l'être ?
10:12Écoutez,
10:12ça appartient à la justice
10:13et laissons faire la justice.
10:17Je me suis déjà exprimé
10:18sur l'exécution provisoire.
10:20Je pense qu'il y a un sujet
10:21mais en l'état des textes,
10:24laissons faire la justice
10:25et nous verrons.
10:26Merci beaucoup Gérald.
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