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  • il y a 14 heures
Il a fait face comme Premier ministre aux émeutes de 2005 quand les banlieues françaises se sont embrasées. Après les violences qui ont suivi la victoire du PSG ce week-end, et le lourd bilan qui en découle, quelle réponse pénale pour les casseurs ? Y a-t-il une exception française ? Guerre au Moyen-Orient : un accord est-il encore possible ? L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 03 juin 2026.

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Transcription
00:0042.
00:01Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il a été le premier ministre de Jacques Chirac, il est aujourd'hui le candidat potentiel à la présidentielle de
00:07l'an prochain.
00:07Dominique de Villepin est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Dominique de Villepin.
00:11Bonjour Thomas Soto.
00:12Alors ce matin, j'ai envie de savoir à qui je parle. J'ai envie d'essayer de vous cerner.
00:15Alors on va se projeter, si vous voulez bien. Là on est le 3 juin 2026.
00:18Où est-ce que vous vous imaginez, vous ? Est-ce que vous vous rêvez dans un an, le 3
00:22juin 2027 ?
00:23Et je vous préviens, la réponse langue de bois du genre, là où je serais utile, ça ne fonctionne pas.
00:27Alors, dites-nous.
00:29Je suis d'autant moins pressé de vous répondre qu'entre les deux grands blocs de granit que sont les
00:37deux extrêmes dans notre pays,
00:39c'est-à-dire la France Insoumise et le Rassemblement National, le moins qu'on puisse dire, c'est que
00:44le paysage est glissant.
00:46Pour ne pas faire une rafarinade, la pente est savonneuse.
00:50Et on le voit bien du côté de tous ceux qui ont été candidats.
00:53Donc nous avons aujourd'hui les candidats de juin, nous aurons d'autres candidats en septembre.
00:58Et vous serez candidat de quand ?
00:59Ils sont dans les starting blocks, Michel Barnier, Xavier Bertrand et beaucoup d'autres.
01:04Nous aurons les candidats de décembre, François Hollande a déjà réservé sa place.
01:09Et puis nous aurons le tableau final qui se dressera autour de janvier-février, plus vraisemblablement d'ailleurs février.
01:15Donc c'est ça que vous visez, vous ?
01:16Ce que je vise, moi, c'est de préparer ce tableau final.
01:19Pourquoi ? Parce qu'on peut, et c'est ce que font la plupart des candidats aujourd'hui, s'exercer
01:25à sa différence, s'exercer à moi, moi, moi.
01:28Ou alors on peut essayer de construire un « nous » pour défendre la position de la France aujourd'hui
01:35menacée et dans le monde,
01:36et la société française aujourd'hui menacée de fragmentation.
01:39Et toute mon ambition, moi, c'est nous, le peuple, comment on fait pour créer cet esprit de rassemblement,
01:47préparer la capacité de la France à se redresser après tant de dégâts ?
01:51Vous avez envie d'être président de la République ? Ça c'est par oui ou par non ?
01:53Non, j'ai envie que la France redevienne la France.
01:56Et après dix ans, pour ne pas dire vingt ans, j'estime que les Français ont droit de retrouver leur
02:01pays.
02:01Nous sommes orphelins de la politique, d'une politique qui n'a jamais cessé de conduire à la division et
02:07qui doit retrouver sa capacité à agir.
02:10Quand on écoute François Langlais, on voit bien les défis aujourd'hui, les défis du numérique, les défis technologiques, les
02:16défis en matière de souveraineté.
02:18Les défis de la société aujourd'hui, depuis plusieurs jours, on ne parle que d'une chose,
02:22c'est des incidents qui ont suivi la finale du Paris Saint-Germain dans les rues de Paris et parfois
02:27même ailleurs.
02:28Alors, qui est responsable de ce qui s'est passé ce week-end ? Qui ?
02:32Alors, d'abord, la difficulté que nous avons a fêté collectivement et sereinement de grands événements,
02:39et en particulier dans le monde du football et en particulier à Paris,
02:42parce qu'on a vu que la victoire de Lens n'a pas provoqué la même catastrophe.
02:47Zéro interpellation.
02:48Dans le cas de Paris, le représentant des forces de l'ordre que vous receviez ce matin a tout dit.
02:54On a eu le sentiment de subir.
02:55Eh bien, il ne faut plus subir...
02:58Mais à la faute à qui ?
02:59Alors, justement, la faute, d'abord, à un manque d'encadrement de ces grandes manifestations.
03:03On a été capable d'encadrer les Jeux Olympiques.
03:05Pourquoi ? Parce qu'on a été capable de les préparer, de quadriller Paris, de structurer...
03:10On a mis Paris sous cloche pour les Jeux Olympiques.
03:12Oui, mais de structurer la fête.
03:15Ce qui s'est passé là, c'est que nous avons laissé faire des bandes structurées, parfois très organisées,
03:22qui ne voient pas d'autre possibilité que de faire la fête en cassant tout.
03:27Ça, c'est quelque chose qui doit être profondément...
03:29Donc, attendez, si je comprends bien ce que vous dites, vous pointez la responsabilité du ministère de l'Intérieur ou
03:33de la préfecture de police ?
03:34Mais aussi du PSG, mais oui, et aussi de la ville de Paris.
03:38Je pense que la préparation, c'est une préparation collective.
03:42Ça concerne la ville, ça concerne les associations sportives,
03:47ça concerne tous les passionnés de football qui doivent aussi être mobilisés pour que cette fête ne dérape pas.
03:52Donc, je pense que c'est une responsabilité collective encadrée.
03:54Pourquoi le PSG ? Quel est le rôle du club de foot ?
03:56Parce que l'événement se fait autour du PSG,
04:00se fait à partir de gens qui, souvent, soutiennent le PSG,
04:04et donc, il y a une responsabilité dans l'organisation.
04:07Je ne dis pas que c'est eux qui sont responsables de ceux qui cassent,
04:10mais je dis dans la préparation de l'événement, nous devons encadrer ces événements.
04:14Et nous devons, lors de ces manifestations, mieux isoler.
04:18Aujourd'hui, il y a toute une série de techniques,
04:20notamment l'intelligence artificielle,
04:22qui permet de repérer très en amont ces groupes qui veulent en découdre.
04:28Donc, il faut être capable de les isoler et éviter qu'ils ne se mêlent au reste de ceux qui
04:33veulent très tranquillement.
04:34Manque de moyens humains et manque de moyens technologiques pour faire face aujourd'hui ?
04:38Manque d'anticipation.
04:39Je dis, nous sommes dans la situation d'un pays qui sait ce qui va se produire.
04:44Nous savons que lors de la Coupe du Monde, nous aurons des débordements.
04:49Et il faut donc anticiper et adopter les bonnes pratiques
04:52qui permettent d'éviter que cela ne se produise.
04:55Avec la surprise, devant les tribunaux, de constater que ceux qui passent devant les tribunaux
05:00ne sont pas des multirécidivistes, ce sont souvent des primo-délinquants.
05:04Beaucoup disent qu'il n'y a pas assez de fermeté de la part des tribunaux.
05:06Il n'y a pas assez de ces délinquants qui vont en prison.
05:08Vous êtes d'accord avec ça ou pas ?
05:09Mais il faut de la fermeté.
05:11Mais la fermeté ne peut pas être la seule réponse.
05:14S'il suffisait de tourner le bouton de la surenchère pour tout régler dans notre pays,
05:18ça se saurait.
05:19Ce n'est pas si simple.
05:20Et c'est pour cela que, anticiper, mettre en place des dispositifs,
05:24mettre en place des spécialistes capables de mobiliser et structurer une manifestation,
05:31je pense que c'est un travail qui doit être...
05:32Sur la réponse pénale, vous ne faites pas partie de ceux qui disent
05:34que la justice ne fait pas son travail ?
05:36La justice, elle traite ceux qui sont déférés devant la justice
05:41et qui, une fois de plus, vous n'allez pas traiter un primo-délinquant
05:44comme vous traiterez un multirécidiviste.
05:46Donc la réponse pénale, elle est assez attendue dans ces circonstances-là.
05:50Reste que nous devons faire en sorte que ceux qui, peut-être,
05:55sont venus dans cette manifestation et se sont retrouvés dans le rôle du casseur,
05:59eh bien, bien sûr, soient sanctionnés.
06:01Mais soient empêchés d'agir comme ils le font
06:06et donc structurés, organisés autrement.
06:10Jordan Bardella a accusé des jeunes issus de l'immigration
06:12et qu'ils ne ratent jamais une occasion pour exprimer leur rejet des institutions.
06:15On le sait statistiquement.
06:17Quand on regarde les comparutions immédiates, il suffit de regarder
06:19ceux qui sont passés en comparution immédiate.
06:22On se rend compte que ce que dit Jordan Bardella est faux.
06:25Et j'apprécierais qu'il puisse le constater, le vérifier et s'excuser.
06:29Ce sont des simplismes qui contribuent à faire ce que le Rassemblement national fermé fait merveilleusement,
06:37c'est-à-dire à cliver la société française, à monter une partie de la société contre une autre
06:42et à nous empêcher de trouver les vraies réponses qui doivent passer par une vision pragmatique de la situation.
06:48Vous êtes très très critique sur ce qui s'est passé.
06:49Est-ce que vous demandez, puisque c'est la mode d'une commission d'enquête parlementaire par exemple,
06:52ou quelque chose comme ça ?
06:53Je pense que Laurent Nunez, le préfet de police, sont des gens assez expérimentés
06:58pour se mettre autour d'une table et pour réfléchir de façon très sereine
07:03pour organiser des schémas de prévention qui doublent la nécessité d'être fermes et répressifs
07:11face à la bande de ceux qui veulent casser les choses.
07:14Donc il y a un travail que la police est capable de faire de son côté
07:19et changer la doctrine de maintien de l'ordre, c'est une nécessité.
07:22Il risque d'y avoir un caillou judiciaire sur votre chemin présidentiel,
07:25Dominique de Villepin, et vous le savez, puisque vous êtes sous le coup
07:27d'une enquête préliminaire du parquet national financier
07:30pour avoir reçu et gardé deux statuettes de valeur offertes par le président du Burkina
07:34quand vous étiez ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004.
07:37Vous avez reconnu une erreur, vous les avez rendues, ça y est, ces statuettes ?
07:40Oui, il y a longtemps, oui.
07:41Bon, mais c'est quand même bizarre de reconnaître une erreur
07:43une fois qu'on ait pris le doigt dans le pot de confiture, non ?
07:46Tout simplement parce qu'il faut être informé de la chose.
07:48J'ai d'ailleurs constaté que M. Bourgi avait en 2011 évoqué cette situation,
07:55donc ce n'est pas une situation nouvelle.
07:57Vous étiez au courant depuis 2011 ?
07:58Non, j'ai constaté a posteriori qu'il avait évoqué devant Jean-Pierre Elkabach
08:03cette question de statuette.
08:05Mais il a évoqué tout et son contraire,
08:07donc il est difficile de donner quelques crédits à ce qu'il dit.
08:10Il n'y a pas une petite présomption d'embrouille chez vous, là,
08:12dire bon, ça passe, je les garde, elles sont jolies, puis non ?
08:14Non, d'ailleurs, elles étaient remisées dans un coin,
08:16donc j'étais ravi de me débarrasser de ces statuts,
08:20et elles sont très bien aujourd'hui au Cédercet.
08:22Vous vous souvenez de la phrase de François Fillon,
08:24devenu célèbre, imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ?
08:26Est-ce que si vous étiez mis en examen dans cette affaire,
08:28cela mettrait fin à vos projets présidentiels ?
08:31Je connais un tout petit peu la justice,
08:33je ne suis pas sûr que ce soit un scénario qui soit envisageable.
08:37Et si ça arrive ?
08:38Mais en tout état de cause, ma détermination à participer à l'élection présidentielle est entière,
08:42et en même temps à répondre entièrement à la justice.
08:46Oui, pardon, vous n'avez pas répondu.
08:47C'est avec beaucoup de sérénité que...
08:48Si vous êtes mis en examen, c'est une hypothèse,
08:51comme il y en a d'autres,
08:52si vous êtes mis en examen, ça ne vous empêchera pas d'aller au bout ?
08:54Ma détermination est entière.
08:56Votre détermination est entière.
08:57Je voudrais qu'on se dise quelques mots de Donald Trump,
09:00de la situation en Iran.
09:01Qu'est-ce qu'il faut faire avec Donald Trump ?
09:02On voit que la situation est totalement bloquée.
09:05La première chose, c'est ouvrir les yeux de Donald Trump sur la situation de la région.
09:09Nous sommes dans une impasse.
09:11La politique qui a été menée par Benjamin Netanyahou et lui n'a pas porté les fruits espérés par eux.
09:17La logique de guerre n'a pas permis de régler la situation de l'Iran,
09:22et au contraire a permis de découvrir qu'il y avait un nouveau problème,
09:25qui est celui du détroit d'Ormuz.
09:26Vous savez qu'il se fout complètement de ce qu'on peut lui dire, nous.
09:28Bien sûr, mais il ne se fout pas de la réalité, il ne se fout pas des marchés.
09:32Et aujourd'hui, les Etats-Unis, l'armada américaine est empêtrée dans cette région,
09:36et on voit bien, avec les limites qu'il est en train d'essayer de mettre à Benjamin Netanyahou,
09:41qu'il souhaiterait malgré tout essayer de sortir par le haut de cette situation.
09:45Il se trouve que l'expertise sur le dossier principal, la question nucléaire,
09:48c'est les Européens qui l'ont.
09:50Donc il faut que les Européens reviennent dans cette négociation,
09:54apportent une main secourable à Donald Trump,
09:56pour essayer de sortir...
09:57Donc il faut lui tendre la main, là ?
09:58Oui, tendre la main, montrer le chemin surtout.
10:01Parce qu'il y a un chemin pour reprendre la négociation nucléaire sur les missiles
10:05et sur la question des proxys, du Hezbollah et du Hamas,
10:10pour ouvrir une perspective de paix en tirant les leçons de ce qui s'est passé.
10:14Et on voit le drame que cela est pour les Etats du Golfe
10:17et pour l'économie mondiale, quand on voit les conséquences en matière énergétique.
10:22Merci beaucoup, Dominique de Villemin, d'être venu ce matin sur RTL.
10:24Restez avec nous dans un instant, c'est Philippe...
10:25Merci beaucoup.
10:25Merci beaucoup.
10:25Merci beaucoup.
10:26Merci beaucoup.
10:26Merci beaucoup.
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