00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h41 et c'est donc le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui est l'invité d'RTL
00:07Matin.
00:07Bonjour et bienvenue sur RTL, Emmanuel Grégoire.
00:09Les violences sexuelles dans le périscolaire parisien, les derniers chiffres sont effrayants, effarants, insupportables.
00:15Et ils ont été révélés hier par la procureure de Paris, qui était l'invité du grand jury ici sur
00:19RTL.
00:19Écoutez bien, on les répète, le parquet enquête sur 84 écoles maternelles parisiennes,
00:24une vingtaine d'écoles alimentaires et une dizaine de crèches.
00:27Ces derniers jours encore, un animateur a été placé en détention provisoire.
00:30Je vais renverser la table, ça c'est ce que vous disiez ici même, juste avant d'être élu maire
00:34de Paris.
00:35Alors, on fait quoi maintenant ?
00:36On avance beaucoup. D'abord, je suis très content que la procureure ait communiqué sur ces chiffres.
00:41Je travaille très régulièrement avec elle et avec ses services.
00:45On est dans le cadre d'instructions de la brigade des mineurs, des services de la procureure de la République.
00:51Et moi, je suis très heureux qu'il y ait une accélération de ces enquêtes.
00:54Parce que ce qui est le plus insupportable pour les parents, c'est l'incertitude, c'est l'ignorance.
00:59Et c'est ensuite l'attente.
01:00Elle est insupportable d'attendre, quand on soupçonne son enfant d'avoir été victime,
01:06les très longs délais, trop longs délais qui concernent l'audition des enfants, l'audition des adultes.
01:11On y a beaucoup de travail avec le préfet de police, avec la procureure de Paris.
01:15Et je tiens à les remercier d'avoir, d'une certaine manière, accéléré ce travail nous permettant aujourd'hui d
01:21'avancer dans la manifestation de la vérité.
01:23Qu'est-ce que vous dites aux parents qui tiennent leurs enfants par la main dans un quart d'heure,
01:25qui vont les déposer à l'école ?
01:26Je rappelle, 84 maternelles sur 273 à Paris.
01:30Monsieur Soto, on connaît ces chiffres.
01:32Moi, je les ai rendus publics.
01:33On ne connaissait pas leur ampleur.
01:34Non, mais si, puisqu'on connaît le nombre de suspensions.
01:37Je donne ça tous les trois mois.
01:39Et fin juin, je vais revenir.
01:40Donc, ça montre juste le sérieux du travail de la procureure de la République sur le fait qu'il y
01:45a des investigations qui sont menées.
01:47Parce qu'il y avait un doute, chers un certain nombre de parents, dans lequel...
01:50Nous, il y a des signalements qui nous sont faits, soit nous directement, soit parfois à la police et ensuite
01:54qui nous les...
01:55Et des incertitudes sur le fait que derrière, le travail de la justice est à vente.
01:59Ce que dit la procureure de Paris, et j'en suis très heureux, c'est que les enquêtes à vente,
02:02qu'elles vont être vraiment minutieusement organisées.
02:05Donc ça, on peut être rassuré sur ce qui s'est déjà passé, mais pour éviter que ça continue.
02:08Alors, on a pris énormément de mesures depuis.
02:11On a changé les procédures de recrutement, on a changé les procédures de contrôle.
02:15On fait des inspections extérieures.
02:16Ce soir, je lance la Convention sur les temps de l'enfant.
02:20La Convention citoyenne.
02:21La Convention citoyenne, exactement.
02:22Nous avons également la Commission indépendante.
02:24Mais pardon, face à l'urgence, on parle de crime de pédophilie.
02:28Est-ce qu'une Convention citoyenne est la bonne réponse ?
02:31Non, parce que d'abord, ce n'est pas la seule réponse.
02:32Ce n'est pas la réponse d'urgence.
02:34L'urgence à la pédocriminalité, c'est la justice et la police.
02:38Voilà.
02:38Donc, ce ne sont pas deux sujets qui ne se confondent pas.
02:40Et deuxièmement, toutes les investigations de la procureure ne concernent pas uniquement de la pédocriminalité.
02:46Donc, il faut faire attention aussi.
02:47Et je le dis moi-même avec prudence, puisque s'agissant du secret de l'instruction,
02:51je n'ai pas à connaître le détail.
02:53Mais ce que je sais, c'est que la procureure de Paris, ces services, s'en sont saisis avec célérité,
02:59avec efficacité et avec rigueur.
03:02Et les parents demandaient cela.
03:03Et nous demandions cela également.
03:06Donc, il y a en matière...
03:07Et puis, je pense qu'il y a deux sujets différents.
03:10Les deux sont importants, mais il ne faut pas les traiter avec le même niveau.
03:13Il y a la prévention de la pédocriminalité et arrêter les pédocriminels.
03:17Et il y a le sujet plus vaste, plus vague, de celui de la qualité d'accueil des enfants dans
03:22le périscolaire,
03:23de la formation, de l'encadrement, de la rigueur, de ce qu'on organise pour accompagner l'éducation de nos
03:30enfants.
03:30Et je veux prendre les deux thèmes, mais sans qu'ils se confondent, parce que ce ne sont pas les
03:34mêmes.
03:34Parce qu'aujourd'hui, ces activités périscolaires, elles sont déléguées aux communes.
03:38À Paris et ailleurs, parce que c'est un problème national.
03:40Est-ce qu'il ne faut pas que l'éducation nationale reprenne le dossier et la responsabilité qui va avec
03:45?
03:45Est-ce que les villes sont capables de gérer ça aujourd'hui ?
03:48Oui, et ce serait absurde de ma part de me dire, de vous dire, de vous répondre
03:52« Ah mais non, je ne veux pas de cette compétence, c'est à l'état de la reprendre ».
03:54Ce n'est pas vrai, ça existe depuis toujours, c'est organisé de façon très différente en fonction des villes.
03:59Je rappelle, dans l'immense, à peu près une majorité de communes, il n'y a pas de périscolaire.
04:03Parce qu'elles sont trop petites, elles n'organisent pas de périscolaire, ça n'existe pas.
04:06C'est un sujet qui touche les villes plutôt de taille importante et évidemment...
04:10Oui, mais vous connaissez le problème du périscolaire.
04:11Je vous pose la question de l'éducation nationale, parce qu'aujourd'hui, il y a 14 000 à peu
04:14près animateurs de périscolaire à Paris.
04:16Une majorité de précaires, recrutés à la va-vite, ils sont mal payés, ils ont des horaires qui sont saucissonnés.
04:22Donc ce poste n'intéresse pas beaucoup les gens, donc vous galérez pour les recruter.
04:26Comment régler ce problème ?
04:27Alors, ça dépend. D'abord, il n'y a pas que des vacataires, il y a beaucoup de...
04:30Non, je n'ai pas dit que, j'ai dit une majorité.
04:32Oui, nous avons à Paris, c'est la ville qui a de loin le plus de titulaires dans la prise
04:37en charge du périscolaire.
04:38Pas assez, on va progresser.
04:40Et d'ailleurs, c'est l'une des mesures sur lesquelles j'ai fait des annonces et qu'on a
04:43commencé à engager,
04:43qui est la déprécarisation et la mise en place de temps continu.
04:48La vraie question, c'est comment on organise la semaine ?
04:51Et c'est l'objet de la convention.
04:52C'est pour ça qu'on doit avoir des mesures d'urgence sur les temps scolaires et périscolaires.
04:56Alors, à Paris, il faut bien comprendre que moi, je suis papa, mes enfants sont allés à l'école.
05:01On ne raisonne pas exactement en temps scolaire et périscolaire.
05:04On va au boulot le matin, ils vont à l'école à 8h30.
05:06Et quand on peut les récupérer à 16h30, on est heureux.
05:09Ce n'était pas mon cas.
05:10Ils allaient au périscolaire.
05:11Et dans l'organisation de la famille, ça s'appelle l'école.
05:14Et ce que vous soulignez est un sujet qui me préoccupe.
05:17Quel est le statut de prise en charge des enfants ?
05:20Et je trouve que la clarification, effectivement, de la responsabilité de la prise en charge,
05:24j'en ai discuté avec le ministre de l'éducation nationale,
05:27avec la rectrice avec laquelle je travaille extrêmement bien.
05:30Je souhaite qu'on réfléchisse à l'organisation de la semaine.
05:34Attendez, vous êtes en train de me perdre.
05:35Pour dire les choses clairement, est-ce que vous voulez qu'on passe à la semaine de 4 jours ?
05:38Parce que ce qui se passe aujourd'hui, je vais expliquer à nos auditeurs,
05:40c'est que le périscolaire, l'animateur, il travaille à la cantine.
05:43Il travaille le jeudi de 15h à 16h30 et le mardi de 15h à 16h30.
05:47Mardi et vendredi de 15h à 16h30 en plus, oui.
05:49Voilà.
05:51Vous êtes perdus, mais tous les parents sont perdus.
05:53Et moi aussi, on n'y pense pas.
05:55Je pense que les parents qui nous écoutent sont inquiets.
05:57Est-ce que, par exemple, vous pouvez garantir qu'à la rentrée prochaine,
06:00les enfants ne seront plus jamais seuls avec un seul animateur ?
06:03Alors oui, c'est un principe qui est acté.
06:07Maintenant, il faut le mettre en place.
06:08Est-ce que vous l'aurez mis en place pour la rentrée de septembre ?
06:11On va le faire, mais simplement, il y a un principe de réalité.
06:14C'est quoi la circonstance qui parfois justifie qu'il y ait des séparations ?
06:18On parle de petits, c'est notamment quand il y a des accidents.
06:20Non, il y en a un qui vomit, il y en a un qui fait ses besoins sur lui, etc.
06:23La vie est ainsi faite que dans la mise en œuvre pratique
06:26d'un certain nombre de principes que l'on pose,
06:27il faut vraiment s'organiser avec rigueur.
06:31Et donc ça, c'est la même chose.
06:32Mais vous avez raison de dire que je veux qu'on réfléchisse à l'organisation de la semaine.
06:36Vous me posiez la question sur les 4 jours, 4 jours et demi.
06:39Je ne suis pas le plus compétent pour cela.
06:41Je ne suis pas pédagogue, je ne suis pas enseignant, je ne suis pas médecin.
06:43pour évaluer quelle est la qualité de l'organisation de la semaine scolaire ou non.
06:47Je considère que ça relève de la décision nationale.
06:50C'est une décision, l'organisation des temps scolaires, qui relève de l'État.
06:53Mais en revanche, à Paris, ce système ne me satisfait pas,
06:57où on a en plus de d'habitude le mardi de 15h à 16h30
07:01et le vendredi de 15h à 16h30,
07:03parce que je considère effectivement que ça rajoute un risque en plus de confusion
07:07où on est d'abord à l'école,
07:09ensuite en temps d'activité périscolaire,
07:12ensuite le vrai périscolaire au sens où on l'entend, la garde.
07:15Et donc la convention aura toute liberté.
07:17Vous êtes plutôt favorable.
07:18Vous êtes maire, vous êtes en responsabilité,
07:20on est face à un scandale majeur.
07:22Vous êtes donc favorable à titre personnel à ce qu'on simplifie
07:25quand on revient de la semaine de 4 jours ?
07:26Non, je suis favorable à ce qu'on fasse sur 4 jours et demi,
07:28c'est-à-dire le sens des recommandations des scientifiques,
07:31mais organisé de façon différente
07:32pour ne plus avoir cette charge de 2 fois 1h30 qui est séparée.
07:35C'est-à-dire que le mercredi pourrait ne consister qu'à avoir les activités périscolaires ?
07:38Non, je ne suis pas pour, parce que ça, ce n'est pas respecter l'esprit.
07:41L'esprit de la réforme, c'est quoi ?
07:42C'est avoir plus de jours d'enseignement
07:45et moins d'heures d'enseignement par jour
07:47pour apprendre mieux, parce que c'est le matin
07:49qu'on est plus frais intellectuellement, qu'on apprend mieux.
07:51Ce n'est pas moi qui le dis, moi je n'y connais rien à titre personnel.
07:53Mais je veux dire à la convention
07:55que la condition de s'interroger
07:58sur la qualité d'enseignement,
07:59c'est d'abord d'avoir la sécurité des enfants.
08:01Et quoi le calendrier de la convention ?
08:02Quand est-ce qu'elle devra remettre ses conclusions ?
08:04Elle devra remettre ses conclusions fin juin, le 22 juin,
08:07de façon à ce que nous puissions mettre en oeuvre durant l'été
08:09les mesures pour le 1er septembre.
08:11Je veux dire aux parents qu'ils doivent avoir confiance.
08:13Il y a eu des erreurs de commise.
08:15Il ne faut pas mettre tous les professionnels
08:17dans le même panier.
08:19L'immense majorité d'entre eux sont de très grands professionnels
08:21dans la qualité d'accompagnement, etc.
08:23Nous avons mis des verrous maintenant d'urgence
08:25qui sont extrêmement efficaces.
08:27Je veux dire aux parents qu'ils doivent avoir confiance dans leur école.
08:30Autre sujet, Emmanuel Grégoire.
08:32Le foot, contrairement à ce que vous souhaitiez,
08:33il n'y aura pas de fanzone à Paris le soir de la finale
08:35de la Ligue des Champions entre le PSG et Arsenal.
08:37Il y a eu des incidents nombreux.
08:39127 interpellations, 23 policiers blessés,
08:4195 gardes à vue après la qualification pour cette finale.
08:44Comment éviter que ça dégénère une nouvelle fois ?
08:46Est-ce que la retransmission du match au Parc des Princes
08:49vous inquiète par exemple ?
08:50D'abord, les chiffres que vous citez sont pas si énormes que ça.
08:54Je suis désolé de le dire, mais la vie est ainsi faite
08:57qu'il y a des incidents et qu'à Paris, tous les soirs...
08:59Il faut se résoudre à avoir 23 policiers blessés...
09:02Il faut se résoudre quand on vit en société
09:05à savoir gérer les problèmes tels qu'ils se présentent
09:07et pas les nier ou les minimiser
09:09ou au contraire les maximiser.
09:11Et à Paris, on sait ça mieux que partout
09:13parce que c'est une densité d'événements en permanence.
09:17Moi d'abord, j'ai fait part de mon souhait d'avoir une fanzone.
09:19Je le disais pour des raisons populaires et aussi festives.
09:25Et après, je suis quelqu'un de pragmatique et de raisonnable.
09:27Le préfet de police et le ministre de l'Intérieur m'ont dit
09:29« On sait pas faire, il y a trop d'événements, etc. »
09:31J'ai dit « C'est dommage qu'il n'y ait que des événements privés
09:33qui nous privent d'une fanzone publique. »
09:35Mais c'est ainsi, on y travaillera pour l'avenir.
09:37Et on va organiser les choses le mieux possible.
09:40D'abord, je serai très mobilisé ce soir-là
09:42sur la question de la sécurité publique
09:44aux côtés des autorités qui en ont la charge.
09:46Je veux qu'on puisse faire la fête,
09:48mais je veux aussi que ce soit l'ordre
09:50entre guillemets dans la ville
09:51et qu'il n'y ait pas des problèmes.
09:52En tout cas, tout faire pour que ce soit le moins possible.
09:55On aura, je l'espère, une très belle fanzone de fête
09:59organisée par le PSG au Parc des Princes.
10:02J'espère qu'on saura tous faire la fête.
10:03Vous n'irez pas à Budapest ?
10:04Vous y serez ?
10:04Non, je n'irai pas parce que je serai à Paris parmi les miens.
10:08Petite question rapidement.
10:09La vente du Parc des Princes au Qatar, c'est fait ?
10:10C'est acquis ?
10:11Non, il n'y a rien d'acquis dans la vie.
10:12On y travaille, sérieusement.
10:13Mais vous êtes favorable ?
10:15Si c'est une condition pour que le PSG reste,
10:17oui, je suis favorable.
10:18Combien il coûte ?
10:18Pendant la campagne.
10:19Combien il coûte le Parc des Princes ?
10:20Alors ça, soyez sûr d'un truc,
10:22je ne le dirai pas à la radio pour deux raisons.
10:24C'est de l'argent public ?
10:24La première, oui bien sûr,
10:25mais ce sera tout, c'est transparent.
10:27Vous ne vous inquiétez pas,
10:28de toute façon, tout sera public.
10:29Mais un, quand on négocie,
10:30on ne le fait pas par médias interposés.
10:32Et deuxièmement,
10:33ce n'est pas moi qui en fixe la valeur,
10:34c'est contrôlé par l'administration fiscale de Bercy.
10:37Et donc, laissons les gens sérieux et travailler.
10:39Mais que tout le monde sache que ce sera transparent,
10:41puisque tous les chiffres seront publics,
10:42votés au Conseil de Paris,
10:44validés par l'administration fiscale.
10:46Il y a encore un peu de travail.
10:47Vous étiez hier soir au Stade Jambouin
10:48pour le match entre le Paris FC et le PSG.
10:50Est-ce que vous pourriez envisager
10:51de vendre le Stade Jambouin
10:52ou le Stade Charletti aux dirigeants du Paris FC ?
10:53Est-ce que cette règle pour le PSG et le Qatar
10:55sera la même pour tout le monde ?
10:56En tout cas, il n'y aurait pas une règle pour les uns
10:58et qui ne s'appliquerait pas pour les autres, etc.
11:00Tout est possible.
11:01Mais honnêtement, je n'ai pas le sentiment
11:03que ce soit aujourd'hui une demande de l'actionnaire.
11:05Ce qui est certain, c'est que le PFC
11:06est en train de s'installer
11:08comme un club de Ligue 1
11:10de façon durable,
11:11qui va aller vers son ambition européenne.
11:15Il aura besoin d'un Stade à un moment donné.
11:18Merci beaucoup à vous, Emmanuel Grégoire,
11:20d'être venu ce matin sur RTL.
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