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  • il y a 12 minutes
L’enseigne d’équipements sportifs Decathlon s’est fixé l’objectif de réduire ses émissions de CO₂ de 40 % entre 2021 et 2030. L’un des leviers essentiels pour y arriver est de réduire l’impact énergétique des magasins. L’entreprise collabore avec Eficia pour mesurer et piloter sa consommation d’énergie et la décarboner.

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Transcription
00:06Comment les entreprises peuvent-elles mieux piloter leur consommation d'énergie ?
00:10On en parle tout de suite avec Pierre Fahy, bonjour.
00:12Bonjour.
00:13Bienvenue, vous êtes le responsable développement du Rabritail France de Decathlon.
00:16Et Julien Bélingues, bonjour.
00:17Bonjour.
00:18Bienvenue, vous êtes le directeur général d'Efficia.
00:20Vous êtes déjà venu dans l'émission, mais il y a quelques années,
00:22vous allez nous présenter Efficia en quelques mots pour démarrer.
00:25Ok, Efficia en quelques mots, c'est une entreprise de pilotage énergétique des bâtiments.
00:29On est spécialisé dans le pilotage énergétique des bâtiments tertiaires.
00:33On pilote les consommations d'énergie pour consommer le moins possible et le mieux possible au bon moment,
00:39en fonction des prix et l'impact carbone de l'électricité en particulier.
00:44Ça commence par des capteurs qu'il faut installer ? Comment ça marche ?
00:47Oui, c'est ça. C'est des capteurs, des actionneurs.
00:48Donc, comme un système de domotique, mais appliqué au bâtiment professionnel,
00:52donc un peu plus robuste et complexe.
00:54Et puis, ce système, une fois installé, on le pilote à distance 24-7 avec des algorithmes et des humains
01:01pour optimiser la consommation en permanence.
01:03Bon, et puis, on va voir comment ça fonctionne ce Decathlon.
01:04Parce que ça fait quoi ? Vous disiez juste avant qu'on démarre une douzaine d'années
01:07que vous appliquez la stratégie avec Efficia, c'est ça ?
01:12Oui, absolument. Je crois qu'on était un peu précurseur dans la mise en place
01:14de ces systèmes de gestion de nos bâtiments,
01:17évidemment pour une meilleure maîtrise de nos consommations
01:20et du confort de nos équipes dans nos magasins.
01:22Alors, on va voir dans quelle stratégie déjà globale de décarbonation on s'inscrit ?
01:26Quels sont les objectifs affichés par Decathlon et où vous en êtes ?
01:31Les objectifs, ils sont évidemment en lien avec les accords de Paris.
01:35Ça veut dire quand même changer fondamentalement notre business model.
01:38Donc, chez Decathlon, les enjeux sur l'énergie, ils sont en amont beaucoup de la chaîne de valeur.
01:43Plus de 80% de notre empreinte CO2 est liée à la fabrication de nos produits.
01:47Et donc, on a de très fortes actions de décarbonation de notre chaîne de valeur
01:51sur nos produits, sur l'utilisation de l'énergie renouvelable par nos fournisseurs industriels
01:57et l'utilisation notamment de matières recyclées.
01:59Ça, c'est sur la partie amont, process.
02:02Après, moi, la responsabilité, elle touche plus à l'énergie management,
02:07à l'immobilier durable.
02:09Et évidemment, on accompagne opérationnellement dans nos activités,
02:13l'exploitation de nos sites, ces démarches de décarbonation
02:15en baissant nos consommations.
02:17Oui, je voyais un objectif de baisse de plus de 40% des émissions de CO2 d'ici 2030.
02:21C'était avec quelle année de départ ?
02:23Avec 2021, je crois, l'année de démarrage.
02:252021, l'année de départ, et vous en êtes à 30 et quelques, etc.
02:27Oui, tout à fait. Aujourd'hui, on tient cette trajectoire qui est très exigeante,
02:30qui est très forte, mais aujourd'hui, oui, on tient cet objectif.
02:33Alors, on va rentrer dans... On va ouvrir le capot.
02:35Qu'est-ce que vous avez mis en place pour aider Decathlon à remplir ces objectifs ?
02:39Alors, premièrement, en 2014, début de notre collaboration,
02:43on a équipé les magasins de système de GTB, système de domotique dont je parlais tout à l'heure.
02:49Et puis ensuite, on s'est mis à les piloter 24-7.
02:52Et donc, au début, on a commencé à chasser les gaspillages,
02:54les consommations inutiles, les consommations quand le bâtiment est fermé, la nuit, etc.
02:58Et puis, en journée, on a amélioré petit à petit la façon dont on pilote,
03:03en particulier le chauffage ou la climatisation,
03:05pour comprendre le comportement thermique du bâtiment,
03:09intégrer les données météo, la prévision,
03:11pour aller chercher chaque kilowattheure inutile.
03:16Et puis, aujourd'hui, on arrive à un moment où il y a un certain nombre d'évolutions
03:21sur le mix électrique et puis l'impact carbone de notre consommation d'électricité.
03:27Il y a le projet d'électrification qui amène des nouveaux consommateurs.
03:33Il y a des projets d'installation massive d'ENR et de panneaux solaires
03:37qui, structurellement, modifient l'équilibre électrique en France.
03:41Et donc, on est de plus en plus en train de déplacer...
03:44D'anticiper et déjà de déplacer les consommations vers plus d'électricité, c'est ça ?
03:49On déplace les consommations.
03:50Alors, ça, c'est plutôt l'ambition de Décathlon de remplacer les consommations de fossiles vers l'électricité,
03:58donc le changement de système de chauffage en particulier dans les bâtiments.
04:01Et nous, notre rôle, c'est de déplacer les consommations à l'intérieur de la journée.
04:05D'accord.
04:05Consommer au moment où l'électricité est la plus disponible et la moins carbonée.
04:09Donc, la nuit et en plein milieu de la journée, aujourd'hui, le midi à 15h,
04:15c'est le moment où l'électricité la plus disponible et qui est moins carbonée.
04:18Tiens, d'ailleurs, les tarifeurs creux, ça y est, ça a changé ou pas ?
04:21Parce que...
04:22C'est exactement dans la même veine.
04:23Toujours pas ?
04:24Si, si.
04:24Le décret est passé, ça y est, c'est...
04:26C'est en cours pour les particuliers.
04:27Oh, oui, oui, c'est en cours.
04:28OK, parce que j'attends ça avec un qu'intérêt depuis le temps qu'on nous l'a annoncé.
04:32Bon, bref, le décret est toujours pas là.
04:35Est-ce que les premiers gains sont les plus faciles ?
04:38Je veux bien que vous, puisqu'on a une douzaine d'années d'expérience, de communes,
04:42comment ça s'est passé dans le temps ?
04:44Vous voyez ce que je veux dire ?
04:45Oui, alors, dans le temps, ça s'est passé.
04:48Je dirais que nous, on a engagé ces démarches.
04:49Je pense qu'on était assez précurseurs quand même dans l'engagement de ces démarches,
04:52notamment par des certifications environnementales de nos projets.
04:56Et toutes ces démarches, elles coûtent quand même beaucoup d'argent.
04:58Et donc, quelque part, pour arriver à retrouver des équilibres économiques,
05:01il faut qu'on fasse des économies.
05:02Et donc, l'énergie a été quand même à levier pour permettre de mener des politiques environnementales,
05:08dans nos projets immobiliers.
05:10Donc, effectivement, les premiers gains sont les plus faciles.
05:12On a travaillé, donc on a parlé de la GTB.
05:15Un gros levier d'économie, c'est tout ce qui touche à l'éclairage.
05:20Évidemment, nos magasins sont éclairés en permanence.
05:23Voilà, donc on a des précurseurs sur les technologies de LED.
05:26Aujourd'hui, on a des nouvelles technologies aussi qui arrivent,
05:29qui permettent de grader l'éclairage,
05:32qui permettent de réagir à la présence du public, à la présence de la lumière.
05:35Donc, ça nous permet d'aller chercher des gains significatifs.
05:38On a travaillé sur l'apport de lumière naturelle sur nos nouveaux sites.
05:41Et voilà, avant de consommer de l'énergie, essayons déjà d'éviter d'en consommer.
05:46On a bien entendu travaillé sur l'isolation de nos bâtiments.
05:49Et on le fait aussi sur nos sites existants.
05:51Quand on fait des réflexions d'étanchéité, on essaye non seulement d'améliorer l'isolation,
05:56mais aussi de les rendre compatibles pour recevoir du photovoltaïque.
05:58On a travaillé, je crois, une quarantaine de centrales photovoltaïques en production,
06:03aujourd'hui, sur le parc de nos magasins.
06:05Voilà, je pense avoir décrit les principaux leviers.
06:10Les gains sont importants.
06:12Après, on est aussi lié, on travaille de plus en plus sur le parc existant.
06:15On a moins de développement qu'on a pu en avoir.
06:17Donc, on est lié aussi aux périodes de renouvellement, d'amortissement, etc.
06:21pour mettre en place ces différentes stratégies.
06:23Donc, elles se passent dans le temps, avec une certaine durée.
06:28Avec une question liée à cette période caniculaire,
06:31on y est encore au moment où on enregistre cette émission.
06:35C'est vrai qu'on a...
06:35Alors, ça vaut pour nos appartements, nos maisons,
06:38mais peut-être aussi pour des magasins ou des entrepôts.
06:43On a pensé d'abord, passoire thermique, c'est-à-dire réussir à consommer moins d'énergie, etc.
06:50Peut-être pas bouilloire thermique.
06:51Vous voyez ce que je veux dire ?
06:52Oui.
06:53Quand on isole très très bien un bâtiment,
06:55peut-être qu'il va garder la chaleur et que ça va être plus compliqué
06:57de le rafraîchir quand on est en phase caniculaire.
07:00Est-ce que vous vivez ça ou pas, d'ailleurs ?
07:02Non.
07:02Alors, nous, on ne vit pas la bouilloire thermique.
07:05Malheureusement, parce que, ben voilà, quand même,
07:07beaucoup de nos magasins sont de conception assez ancienne.
07:11On vit plus la problématique aujourd'hui de la passoire thermique,
07:13c'est-à-dire des magasins.
07:14Le matin, on va arriver à tenir des consignes,
07:17à faire en sorte de pouvoir garantir le confort de nos magasins.
07:22Par contre, quand on arrive vraiment sur les heures les plus chaudes,
07:25à partir de 14h et sur l'après-midi,
07:28c'est là où on atteint vraiment les limites,
07:30à la fois de nos équipements,
07:31qui, à force d'être sursollicités,
07:34finissent par se mettre en défaut.
07:35Donc, voilà, pas de matériel.
07:37Les climatisations sont au taquet.
07:39Sont vraiment au taquet.
07:40Et puis, des isolations qui s'avèrent aujourd'hui insuffisantes,
07:43où on a, je parlais d'anticiper, je pense qu'on l'a fait,
07:46mais aussi, c'est une réalité,
07:48on a une part de notre parc
07:50qui n'a pas des niveaux d'isolation suffisants
07:52au regard des conditions.
07:54Donc, ça doit aussi nous faire réfléchir
07:56à la façon de faire évoluer nos bâtiments
07:59pour être beaucoup plus résilients aux épisodes
08:01que l'on connaît actuellement.
08:02Julien Bélac, est-ce qu'on peut associer les deux,
08:06c'est-à-dire rendre un bâtiment mieux isolé,
08:09plus efficace en matière de consommation d'énergie,
08:12mais aussi plus résilients
08:16aux chocs thermiques caniculaires ?
08:19Moi, j'ai entendu depuis quelques jours,
08:21dans plusieurs de mes émissions,
08:23des architectes ou des représentants de propriétaires
08:26nous dire qu'il y a des appartements
08:27qui sont classés A au DPE,
08:29au diagnostic de performance énergétique,
08:31et qui, aujourd'hui, sont des bouillards thermiques.
08:32On les a tellement bien isolés
08:34qu'ils gardent la chaleur et ils sont invivables.
08:39Vous avez raison.
08:41Notre travail, nous, c'est de maîtriser la température,
08:45mais également le renouvellement d'air.
08:47Ce qu'on fait généralement dans les bâtiments tertiaires,
08:50et en particulier des magasins,
08:51c'est le rafraîchissement la nuit.
08:53C'est-à-dire qu'on fait tourner les systèmes de ventilation
08:55pour renouveler l'air,
08:56pour profiter de la fraîcheur nocturne,
08:59pour rafraîchir le magasin ou le bâtiment.
09:02Et quand bien même ils soient extrêmement bien isolés,
09:04on est obligés de faire du free cooling,
09:06c'est l'opération, pour rafraîchir.
09:09Et donc, j'imagine que dans les appartements
09:11ou les résidences,
09:13cette opération n'est pas tout à fait bien maîtrisée.
09:15Le renouvellement d'air forcé la nuit n'est pas bien maîtrisé.
09:18Et ça donne l'effet que vous décrivez.
09:20Oui, alors je reviens sur la progressivité
09:23et peut-être la difficulté dans laquelle vous êtes maintenant.
09:27C'est-à-dire que quand ça fait une douzaine d'années
09:29qu'on a engagé, en étant pionnier,
09:32une démarche de performance énergétique,
09:34est-ce que les gains sont de plus en plus difficiles à obtenir ?
09:37Alors, ils sont de plus en plus difficiles à obtenir, c'est vrai.
09:40Donc, c'est pour ça qu'on améliore nos algorithmes
09:42et notre maîtrise des données.
09:44Mais ils sont aussi différents.
09:46Autant, il y a 12 ans,
09:48on se focalisait absolument sur les économies d'énergie strictes,
09:51autant aujourd'hui, c'est plus le cas.
09:53Ou c'est moins le cas.
09:54Donc, il faut continuer de faire des économies
09:56ou en tout cas chercher à consommer moins,
09:57parce que c'est le premier gain, évidemment.
10:00Moins on consomme, moins on a d'impact CO2.
10:02Mais il faut aussi et surtout consommer mieux, au bon moment.
10:05Et ça, c'est le défi d'aujourd'hui.
10:07On a toujours l'effet météo, la prévision météo
10:11qui impacte significativement nos façons de piloter énergétiquement les bâtiments.
10:15Mais on a aussi l'effet prix de marché de l'électricité,
10:19l'effet poids carbone de l'électricité heure par heure
10:24qui évolue de plus en plus avec des amplitudes de plus en plus élevées
10:28au fil des journées et au fil des saisons.
10:29Donc, on a une complexité et des gains complémentaires.
10:33Qu'est-ce que vous prévoyez de faire encore
10:36pour continuer d'améliorer le pilotage de votre consommation d'énergie ?
10:41Alors, on a encore, je pense, certains leviers sur les équipements.
10:44Je pense qu'il ne faut pas les oublier.
10:46On commence à réfléchir au système adiabatique, par exemple.
10:49C'est quoi ça ?
10:49Adiabatique, c'est de rafraîchir non plus en rafraîchissant l'air,
10:53mais en humidifiant l'air,
10:54ce qui donne une notion de confort qui est beaucoup plus importante.
10:58La géothermie est un sujet nouveau.
11:00Il y a des aides aujourd'hui, des incitations,
11:01notamment à travers les C2E,
11:02qui rendent ces sujets qui, historiquement,
11:05étaient économiquement pas du tout viables,
11:08potentiellement intéressants.
11:09Donc, il y a encore cette notion de continuer à progresser sur des équipements.
11:13Et après, effectivement, je rejoins ce que disait Julien,
11:15c'est vraiment passer plutôt, je dirais globalement,
11:18au sujet de la flexibilité, mieux consommer,
11:21moins consommer, mais aussi mieux consommer.
11:23Donc, voilà, on parle de stockage.
11:24Alors, on a des usages, donc comment on pilote nos usages ?
11:27L'éclairage, je parlais de l'aide qu'on peut réguler,
11:30la CVC qu'on régule,
11:32mais aussi des fonctionnalités additionnelles
11:36qu'on va pouvoir réguler,
11:39stockage, photovoltaïque, etc.
11:41Et la clé de ces systèmes-là,
11:43c'est un peu ce qu'on travaille justement,
11:45la GTB qui nous permet d'intégrer tous ces enjeux.
11:48Est-ce que ça a supposé aussi de former une partie de vos salariés ?
11:53Non.
11:53Changer les comportements ?
11:55Changer les comportements, oui.
11:56Il y a quand même une nécessité de sensibiliser
11:58et d'accompagner quand même nos équipes là-dessus.
12:02En termes de compétences, non,
12:04parce que notre parti pris,
12:06c'est de libérer nos utilisateurs de cette contrainte.
12:10Et donc, en fait, nous, on n'a aucune interface
12:12dans le pilotage de nos magasins en local.
12:14Tout est géré justement par notre partenaire Efficia
12:19qui a la main sur nos équipements,
12:21mais sans avoir cette interface localement
12:24auprès de nos équipes.
12:25C'est ce qu'il y a de plus efficace ?
12:27D'avoir une gestion globale,
12:30de ne pas être trop pointilliste ?
12:32Oui, forcément, je prêche pour ma paroisse.
12:35Oui, c'est ce qu'il y a de plus efficace
12:36à l'échelle d'un parc immobilier.
12:38À l'échelle d'un site unique pris isolément,
12:40peut-être pas,
12:41mais à l'échelle d'un parc immobilier
12:43comme Decathlon où il y a 300 magasins
12:45à peu près en France
12:46pour piloter 300 sites
12:48répartis un peu partout sur le territoire,
12:50oui, c'est le plus efficace de centraliser
12:52et d'avoir une harmonie sur le pilotage.
12:54Merci beaucoup à tous les deux
12:55et à bientôt sur BeSmart4Channel.
12:58C'est l'heure du grand entretien
12:59de ce Smart Impact
13:01avec le fondateur des crèches,
13:02les Petits Chaperons Rouges.
13:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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