Passer au playerPasser au contenu principal
Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Il est quasiment 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Mathieu Beaucoté.
00:04Cher Mathieu, bonsoir.
00:05Bonsoir.
00:06Bonsoir Arthur de Vatrigan.
00:08Bonsoir Elio.
00:08A la une de Face à Mathieu Beaucoté, les restrictions se multiplient pour lutter contre la canicule.
00:15A Paris, le préfet a d'ailleurs décidé de prendre des mesures d'interdiction de vente et de consommation d
00:20'alcool sur la voie publique ce week-end.
00:22Des mesures qui nous renvoient parfois aux injonctions contradictoires du confinement sanitaire.
00:27Puisque interdiction il y a à Paris, mais pas forcément dans toute la région parisienne.
00:33Éclairage avec Mathieu Beaucoté dans un instant.
00:37A la une également, vous souhaitez parler cinéma avec le diptyque La bataille de Gaulle.
00:41Le premier volet effectue une remontada spectaculaire en salle.
00:45Alors que le second est à découvrir au cinéma depuis hier.
00:49De Gaulle a l'honneur le regard de Mathieu Beaucoté.
00:53Enfin, cher Mathieu, vous recevez l'un des journalistes les plus brillants de sa génération.
00:58Tug Duhal-Denis, directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles et auteur du livre La Cendre et le Feu.
01:04Enquête intime au cœur de la droite française aux éditions Fire.
01:09Mathieu Beaucoté, la canicule exciterait-elle le désir de contrôle de nos dirigeants ?
01:15C'est ce qu'on peut croire avec la décision de la préfecture de Paris d'interdire la vente d
01:20'alcool en boutique et la consommation sur la voie publique avec la canicule.
01:25Décision de santé publique ou dérive vers ce qui est appelé parfois l'état nounou.
01:31Ou le gouverne-maman.
01:32Le gouverne-maman, c'est bien dit.
01:34Ou Big Mother.
01:35Alors, j'avoue ne pas avoir cru en faire un fake au début quand on nous a dit interdiction de
01:42la vente d'alcool chez les cavistes, par exemple.
01:46On se dit, ce n'est pas sérieux.
01:47Qui pourrait véritablement avoir une idée aussi sotte, une idée aussi autoritaire, une idée aussi délirante ?
01:54Et là, on se dit, sot, autoritaire et délirant, c'est bien évidemment possible de la part de nos dirigeants.
02:00Donc, il faut en ces matières toujours croire qu'ils sont capables du pire.
02:05Donc, je me suis demandé, le premier réflexe, ce sont les termes qu'on a évoqués, le gouverne-maman, l
02:10'état nounou, l'état thérapeute.
02:13On se dit, est-ce qu'on nous prend pour des enfants ?
02:15Parce que fondamentalement, l'état se dit, ces gens sont incapables de se réguler minimalement par eux-mêmes.
02:21Il est donc nécessaire, il est donc possible, il est donc indispensable de structurer leur vie à leur place
02:27et de les traiter comme des grands gamins qui seraient égarés dans la cité
02:30et qui ont besoin d'une règle et de sanctions pour ne pas commettre de mauvais comportements.
02:35Alors, le point de départ, on l'a dit, et c'est important, c'est évidemment l'incapacité qu'a
02:39eu l'état
02:40de planifier correctement, de se préparer aux canicules à venir.
02:45Donc, ils vont se multiplier dans les années à venir, nous le savons.
02:48Donc, des canicules de plus en plus nombreuses auxquelles il faut se préparer.
02:51Et là, ce qu'on a vu se dégager dans cette querelle, c'est presque une gauche et une droite
02:56nouvelle.
02:57À droite, c'est le parti de la clim. À gauche, c'est le parti du canal Saint-Martin.
03:02C'est-à-dire, sautez, s'il vous plaît, à l'eau dans les immondices, sautez à l'eau avec
03:07les tessons de bouteilles,
03:09sautez à l'eau avec les matières fécales qui vous accueilleront.
03:11C'est quand même vrai, désolé.
03:13Donc, sautez à l'eau et trouvez grand bonheur ainsi à vous plonger dans la version parisienne du Gange.
03:20Bon, j'exagère un peu, mais pas tant que ça.
03:22Donc, et là, qu'est-ce qu'on voit?
03:24On voit tellement de journalistes du régime s'enthousiasmer pour cela,
03:28comme si on nous écrivait la fête des blés sous l'Union soviétique, quelque chose de semblable à ça.
03:33Et de l'autre côté, il y a ce parti consensuel qui est le parti de,
03:37puisqu'on est appelé à vivre avec des calicules de plus en plus lourdes,
03:41vive la clim et pour en faire un bon usage.
03:44On note, soit dit en passant, que le pouvoir a tout fait pour empêcher la climatisation du pays
03:49ou encore présente la clim comme une arme de destruction anticlimatique, ce qui est assez singulier.
03:55Mais revenons à l'alcool parce que c'est quand même un élément intéressant là-dedans.
03:58La première chose qu'on peut se dire, c'est puisque l'État ne contrôle pas les paramètres,
04:04globalement, de la climatisation, d'un refroidissement relatif de nos cités,
04:07eh bien, il va décider de multiplier les mesures vexatoires au quotidien
04:11qui témoignent de sa capacité de nuisance et d'action néanmoins.
04:15Et la première chose que je note, c'est que lorsque l'État décide d'interdire l'achat d'alcool,
04:20le premier signal qu'il veut nous envoyer, c'est qu'il en est capable.
04:24Il en est capable. C'est-à-dire, il se donne le droit de frapper s'il le souhaite.
04:29Il se donne le droit d'interdire s'il le souhaite.
04:32Il se donne le droit de frapper de manière arbitraire.
04:35Et vous noterez la stupéfaction du commun des mortels
04:38qui découvrent chaque fois que l'État se donne les pleins pouvoirs
04:42pour suspendre ce que j'appellerais les petites libertés.
04:45On ne parlait pas ici, évidemment, liberté majusculaire.
04:48On parle des petites libertés au quotidien.
04:50Alors là, j'imagine la réplique de mes amis d'extrême centre qui diront
04:54« On se calme les poivreaux. Vous êtes capables de ne pas boire pendant 48 heures.
04:59Calmez-vous un peu. C'est quand même possible. »
05:02Et moi, j'y reviens.
05:03Donc, ce sont les petites libertés qui me semblent plus importantes que toutes
05:06parce qu'on aime dans nos sociétés défendre les mots à majuscules.
05:09La culture, la liberté, l'identité.
05:13Et là, on tombe sur un comportement qui relève de la simple vie quotidienne.
05:17Soit du temps passant qu'un délire administratif particulier, je parle d'un caviste aujourd'hui
05:20qui m'expliquait d'une grande chaîne, qui m'expliquait qu'il ne peut pas vendre
05:25de produits alcoolisés, donc les gens ne vont pas chez lui, mais il doit quand même
05:27garder le magasin ouvert et même à des heures déraisonnables pour qu'il puisse vendre
05:32ses produits non alcoolisés.
05:33Brillant. Malin.
05:35Le génie administratif est sans fin.
05:37Donc là, on a une espèce de double logique qui s'installe ici.
05:39D'un côté, les comportements proscrits se multiplient.
05:42Et d'un autre côté, les incitations thérapeutiques se multiplient aussi.
05:46Là, on peut avoir presque...
05:47On se met en tête, on a vu l'affiche, on nous explique comment boire de l'eau.
05:51Comment boire de l'eau, c'est quand même...
05:52J'espère que vous savez.
05:53Moi, je sais comment boire du vin, de la bière, de l'eau et du whisky.
05:57Avec modération.
05:58Je bois de l'eau avec modération, vous avez raison.
06:02Ensuite, c'est une blague, ami de l'ARCOM.
06:05Deuxième élément, on nous explique comment fermer les volets.
06:07De quelle manière...
06:08Comme si on était trop crétins pour savoir comment fermer les volets.
06:11Mais rappelez-vous l'ADEME qui nous avait expliqué à quel rythme laver nos caleçons.
06:15Parce qu'apparemment, on n'est pas capable de constater que quand il y a une forme de vie autonome
06:18qui se développe dans nos caleçons, ça commence à se sentir très mauvais.
06:21Et peut-être même avant, peut-être on va les laver.
06:23Non, nous dit l'État, nous dit à quel rythme laver nos caleçons, à quel rythme laver nos jeans, et
06:26ainsi de suite.
06:27Et moi, ce que je crains à travers cela, c'est que nous passions
06:30de la logique du confinement sanitaire des dernières années
06:33à la logique du confinement climatique demain.
06:35Et ça, j'en parle depuis des années.
06:37Je dis que la matrice du confinement sera utilisée pour d'autres crises.
06:43Et le confinement climatique me semble être la tentation forte de nos autorités.
06:47J'ajoute, par ailleurs, que je vois le monde de demain s'est dessiné devant nous
06:50où des gens vont aller se dénoncer les uns les autres.
06:52Vous savez, les délateurs de la clim.
06:53« Ah ah, mon voisin, une clim, c'est pas permis, il faut que la flicaille débarque chez lui. »
06:59Et pendant ce temps-là, bien évidemment, ça va brûler.
07:02Dans certains quartiers, ce sera le règne des bandes et des voyous.
07:04Mais le type ordinaire de classe moyenne qui a une clim pour sa famille,
07:09lui, lui, il va y passer.
07:11Lui, on ne lui pardonnera pas ce geste écocidaire.
07:13Vous le suggérez ici, cette interdiction ne s'inscrit-elle pas dans une tendance plus lourde ?
07:18Oui, et ce n'est pas seulement la multiplication des interdits.
07:21En fait, c'est l'aseptisation progressive de l'existence.
07:25Moi, je suis frappé de voir le monde dans lequel on nous invite à vivre.
07:30Ça a commencé il y a des années, et là, je vais aller avec un truc
07:33qui va probablement en choquer certains, avec la cigarette.
07:35Alors, je ne suis pas fumeur moi-même, premier élément.
07:37Deuxième, je trouve que ça sent plutôt mauvais.
07:39Donc, on ne me voit pas chez moi, quelqu'un qui défend ses intérêts ici.
07:42Mais dès lors que l'État s'est permis non seulement d'interdire dans les lieux,
07:45évidemment, il fallait l'interdire,
07:46mais détendre sans cesse l'extension de l'interdit,
07:49avec la proposition chez certains de l'interdire demain sur les terrasses.
07:53C'est déjà le cas au Québec, soit dit en passant.
07:55Cette idée qu'il faudrait interdire toujours davantage.
07:57La cigarette, ça a presque servi en quelque sorte de point de départ
08:01pour multiplier les interdictions ensuite.
08:03L'argument valait, on nous disait,
08:05si la fumée secondaire, que les autres en souffrent.
08:08OK.
08:09Mais à partir de là, on voit que la logique de l'interdiction
08:10se multiplie, l'aseptisation s'étend.
08:12Par exemple, l'alcool.
08:14Alors, je ne sais pas si vous avez l'occasion de parler,
08:17justement, des spécialistes du monde du vin, de l'alcool, des cavistes.
08:20La consommation de l'alcool baisse significativement en France aujourd'hui.
08:24Alors, on va nous dire, victoire contre l'alcoolisme.
08:26Mais pas vraiment.
08:27En fait, c'est toute une sociabilité,
08:30c'est toute une manière de vivre,
08:31une manière d'agrémenter ses repas,
08:33une manière de vivre en société,
08:35une manière de faire la fête qui disparaît avec cela.
08:38On présente de plus en plus le vin,
08:39par exemple, comme une illusion toxique,
08:41quelque chose de dangereux.
08:43Mais au même moment,
08:44comme le disaient nos invités récemment,
08:45je pense que c'est Jonathan Sicsou,
08:47si on...
08:47Oui, c'est Jonathan Sicsou qui nous disait,
08:49on balie le vin,
08:50mais au même moment,
08:51eh bien, la consommation de drogue augmente,
08:53de médicaments augmente,
08:54et je ne m'interdis pas de faire un lien
08:56entre le passage d'un régulateur émotionnel à un autre.
08:59Et puisque l'être humain n'est pas un être parfait,
09:01il a besoin de béquilles pour traverser l'existence,
09:03il a besoin quelquefois d'un petit coup de main
09:05pour traverser l'existence et des coups de blouse,
09:06eh bien, je me désole du passage du vin
09:09aux différents médicaments
09:11qui apparemment nous permettent
09:12de traverser l'existence.
09:14On rêve, je l'ai dit aussi,
09:15d'une existence,
09:17donc sans lubrifiance sociale,
09:19sans débordement,
09:20d'une existence normée,
09:21réglée, encadrée.
09:22Vous savez, le plaisir est fini
09:23de se coucher à 21 heures.
09:24Je crois que c'est dans le rêve
09:26de nos dirigeants aujourd'hui.
09:27Il y a aussi cette guerre menée à la viande,
09:30vous le nommeriez au nom de cette mouvance végane,
09:33la véganisation des repas,
09:35cette guerre faite aux banquets,
09:37cette guerre faite aux desserts,
09:38cette guerre faite aux pâtisseries.
09:40Il y a quelque chose là-dedans
09:41au nom d'une forme d'esthétique et d'éthique,
09:44non pas de la saise,
09:45mais de l'existence dénudée.
09:47De la même manière,
09:48la récession sexuelle chez les plus jeunes,
09:50on en parle beaucoup,
09:51la crise du désir chez les jeunes hommes
09:53et les jeunes femmes,
09:54ça ne veut plus dire qu'ils ne se rencontrent plus du tout,
09:56mais il y a une crise du désir,
09:57il y a une crise dans la capacité
09:59qu'on a de se projeter vers l'autre sexe.
10:00Il y a aujourd'hui cette récession sexuelle réelle
10:03dans les jeunes générations,
10:04l'incapacité au flirt,
10:05l'incapacité à la séduction,
10:07et il y a un effet véritablement
10:08sur la vitalité sociale avec ça.
10:10Et à quoi ressemble l'existence aujourd'hui ?
10:12Globalement, on nous commande des plats
10:14aux saveurs uniformisés
10:15par les différentes plateformes disponibles,
10:17qui fonctionnent par ailleurs
10:18grâce à l'immigration illégale,
10:20on regarde à peu près tous en même temps
10:21les mêmes séries Netflix,
10:22on passe nos vies sur nos écrans,
10:24et quand on désire,
10:25ils passent par le modèle porno ou only fan.
10:27À travers cela,
10:27c'est une existence bien aseptisée
10:29qu'on nous prépare.
10:30On dit quelquefois
10:31que nous sommes passés
10:31d'une société de liberté
10:33à une société d'autorisation.
10:35Est-ce votre avis ?
10:36Je pense que c'est exactement
10:37le modèle qui s'impose à nous.
10:39Le disautorisation,
10:40c'est on va vous donner la permission.
10:41Et ce qui est très particulier
10:42dans la psychologie de l'homme contemporain,
10:44c'est qu'il est tellement heureux
10:45d'avoir la possibilité
10:46de demander une permission d'autorisation.
10:48Ah, j'ai l'autorisation, c'est permis.
10:50On n'a pas l'instinct de la liberté
10:53tant à s'émousser.
10:54Et ça s'applique dans tous les domaines de la vie.
10:56Vous avez une maison,
10:56vous voulez faire des rénovations,
10:59c'est combien de permis pour être capable
11:00de faire des rénovations chez vous.
11:02Si vous voulez une piscine,
11:03faites la liste de tout.
11:04Donc, votre vie est une perpétuelle quête
11:06d'autorisation administrative.
11:08Il y a quelque chose là-dedans
11:08d'absolument insupportable.
11:10Par ailleurs, se met en place un dispositif,
11:12je ne dis pas qu'il est pensé,
11:13je dis que c'est un processus,
11:15qui cherche à virtualiser, on le sait,
11:18numériser tout ce qui relève de l'argent.
11:20Vous savez, la guerre contre le cash,
11:22la guerre contre l'argent liquide,
11:24la promesse de main de l'euro numérique,
11:26la promesse de main d'une existence
11:27intégralement virtualisée.
11:28Et là, qu'est-ce qu'on rêve là-dedans?
11:30Une traçabilité intégrale de vos dépenses,
11:33de vos choix, pour identifier les délinquants
11:35qui ne feraient pas les bons choix moraux,
11:37alimentaires, sociaux,
11:38pour être capable ensuite de limiter vos choix
11:41selon la définition qu'auront décidée,
11:43la vision du bien commun qu'auront les aristocrates
11:46du moment.
11:47Et à travers cela,
11:49donc ce que vous devez prendre,
11:50ce que vous ne devez pas abuser,
11:52à travers cela, l'État prend toujours davantage
11:54votre argent pour vous expliquer
11:55de quelle manière vivre,
11:56parce qu'il sait mieux que vous
11:58quoi faire avec vos ressources.
11:59Quoi qu'il en soit,
12:00devant cet État qui a la tentation aujourd'hui
12:02de nous transformer en asséché du gosier,
12:06eh bien, j'ai pris hier,
12:07je prendrai ce soir,
12:08entre amis bien évidemment,
12:09dans les lieux autorisés,
12:10parce que je respecte la loi,
12:11je prendrai un verre,
12:12j'en prendrai deux,
12:13j'en prendrai trois,
12:13et le quatrième sera le meilleur.
12:16Toujours avec modération.
12:17Arthur Delatrigan,
12:20sur l'alcool et effectivement l'interdiction,
12:25cette société d'interdits,
12:26j'ai vu Mathieu Bocoté parler
12:28de confinement caniculaire.
12:30Voilà une formule intéressante.
12:32Une formule assez juste.
12:35En France, quand on découvre qu'il fait chaud
12:37ou quand il y a un imprévu,
12:39ou quelque chose de prévu,
12:40que l'État n'avait pas prévu,
12:41ce qui arrive souvent,
12:42s'il y a bien un service public
12:44qui fonctionne à plein régime,
12:45qui fonctionne très bien,
12:46mais alors vraiment très très bien,
12:48c'est l'arrêté préfectoral.
12:50Alors là, l'hôpital manque de lits,
12:52la police manque d'effectifs,
12:54la justice manque de moyens,
12:55l'école manque de tout.
12:56En revanche, les idées brillantes de l'État
12:59et l'imprimante de la préfecture,
13:01là, ça tourne à plein régime.
13:02Donc au nom d'une soi-disant protection,
13:04en effet, on finit par organiser
13:06une société de la permission.
13:07Alors beaucoup s'en réjouissent,
13:09moi pas.
13:09Là, on va nous rétorquer que oui,
13:11mais il y a des gens qui boivent
13:12plus que de raison sous 40 degrés,
13:14d'autres qui font des footings
13:15à 15h en plein soleil.
13:17Mais si on commence à vouloir réguler
13:19la bêtise à coup d'interdit,
13:20on va vite finir avec une prison géante
13:22vu le nombre d'idiots
13:22qui plouvent le mètre carré.
13:24Mais le pire dans tout ça,
13:26c'est que l'État prouve jour après jour
13:29qu'il est incapable
13:31de protéger nos enfants,
13:33comme l'ont montré
13:33les ignobles drames et tragédies
13:36qu'on a vues et vécues,
13:37malheureusement,
13:39ces derniers jours.
13:40Donc l'État schizophrène,
13:41ça va deux minutes.
13:42L'État nounou avec les sages
13:44et l'État paillasson avec les barbares,
13:46j'en ai un peu ras la casquette.
13:48Donc moins l'État assume le régalien,
13:50plus il compense
13:51par des règles absurdes
13:53imposées à ceux
13:54qui ne posent aucun problème.
13:55Donc on appelle ça en fait
13:56l'autorité des faibles.
13:57Mais vous savez,
13:58la légitimité des faibles,
13:59ça ne dure jamais très longtemps.
14:01Et juste un petit mot
14:01sur le canal Saint-Martin,
14:02parce que ça défile
14:03sur les réseaux sociaux,
14:04les images,
14:04où on voit, vous voyez,
14:05les petites racaillettes
14:06qui passent leur temps
14:07à emmerder les passants,
14:09pour reprendre l'expression
14:10d'Emmanuel Macron,
14:14emmerder ceux qui habitent
14:15les riverains.
14:17Mais je me rappelle
14:18de la carte électorale
14:19du 10e et du 11e arrondissement
14:21de Paris
14:21au moment des élections.
14:23Alors comme pour citer Audiard,
14:24je ne dis pas
14:25que ce n'est pas injuste,
14:26mais je dis que ça soulage.
14:27Ils vont découvrir
14:28de vivre ensemble,
14:28ça va leur faire du bien.
14:30Autre sujet à présent,
14:31on va parler cinéma
14:33avant de recevoir
14:34Thuc Duhal-Denis,
14:35Mathieu Bocoté,
14:36puisque vous souhaitez parler
14:37de De Gaulle,
14:38le général De Gaulle
14:39est sur grand écran
14:39ces jours-ci.
14:40Vous avez vu les deux films,
14:42puisque c'est un diptyque,
14:44et vous avez aimé ou non ?
14:46J'ai adoré.
14:47Très franchement,
14:48j'ai trouvé ça
14:49absolument remarquable,
14:50émouvant.
14:51La vérité,
14:51je vous donne mon état d'esprit
14:52regardant le film,
14:54j'ai envie,
14:55c'est un moment
14:55de prendre le maquis,
14:56je rêve d'une guerre
14:58pour être résistant,
14:59ensuite,
14:59cela dit,
14:59si on n'en passe,
15:00on veut ensuite retourner
15:00chez soi tranquille.
15:02J'ai le cœur rempli d'espoir
15:04quand je vois De Gaulle
15:05réussir à l'emporter.
15:07C'est un film absolument remarquable
15:09qui a été,
15:10il faut le dire,
15:10bien mal servi
15:11par sa promotion au début.
15:12J'avais une méfiance,
15:13je vous avouerai.
15:14Parce qu'au début,
15:15je vois l'acteur principal
15:16qui est remarquable par ailleurs,
15:17Simon Abkarian,
15:18je ne sais pas.
15:19Absolument remarquable,
15:20mais puisqu'il fait la promo
15:21en expliquant qu'il est très éloigné
15:22des idées du général De Gaulle
15:23à sa manière
15:24en disant qu'il ne votera
15:25certainement pas à droite,
15:26on se dit,
15:26bon, est-ce qu'on est vraiment
15:27obligé d'aller voir un film
15:29où le principal acteur
15:30nous décourage
15:31du sujet,
15:33de la valeur du sujet
15:34qu'il porte?
15:34Et là,
15:35on laisse ça de côté,
15:35on se dit que le propre
15:36d'un grand comédien,
15:37c'est souvent d'être
15:38un citoyen un peu bizarre,
15:40un peu désorienté,
15:41mais d'être un grand comédien
15:42qui est capable
15:42d'incarner quelque chose.
15:45Et franchement,
15:45c'est exceptionnel.
15:46Le bouche à oreille
15:47a fonctionné,
15:47soit dit en passant.
15:48Je m'étais dit,
15:49je ne suis pas certain
15:49d'aller le voir.
15:50Et là,
15:50j'ai vu plein de gens
15:55et je m'y suis retrouvé.
15:56Deuxième élément,
15:57pourquoi j'avais
15:58une petite réserve au début?
15:59Parce que de Gaulle
16:00au cinéma,
16:00c'est rarement une réussite.
16:02Franchement,
16:03alors moi,
16:03c'est une réussite
16:04une fois à mon avis.
16:05C'est un téléfilm
16:06des années 2000
16:07que vous avez peut-être vu
16:08ou peut-être pas
16:08qui s'appelle
16:09Le Grand Charles.
16:10Le Grand Charles
16:11avec Bernard Farsi.
16:12Bernard Farsi,
16:13je précise,
16:13c'est le comédier principal
16:15de Taxi.
16:16Donc,
16:16c'est un comédier,
16:19mais c'est vraiment
16:19sur le mode de la rigolade.
16:21Et là,
16:21il joue son de Gaulle,
16:22Bernard Farsi,
16:23et il est exceptionnel
16:24et ça raconte
16:24surtout Le Grand Charles
16:25les années de ce qu'on appelle
16:26la traversée du désert
16:27du général.
16:28Donc,
16:29ça ne s'interdit pas
16:30de revenir sur la période
16:31de la guerre,
16:32mais ça nous raconte
16:33en fait de Gaulle
16:34globalement de 45 à 58,
16:35de 46 à 58
16:37au moment où il a quitté
16:37le pouvoir
16:38et il cherche à y revenir
16:39tout en prétendant
16:40ne pas le faire.
16:41Donc,
16:41quoi qu'il en soit,
16:42j'avais mon grand Charles
16:43à moi,
16:44j'avais mon de Gaulle à moi
16:45dans la fiction,
16:47en fait dans le cinéma.
16:48Et là,
16:49je viens de trouver
16:49un nouveau de Gaulle
16:50qui est absolument remarquable,
16:51santé sur la période
16:52de la guerre.
16:53On visite,
16:54on explore,
16:55on redécouvre
16:56le mythe de la France libre.
16:57Le mythe de la France libre
16:58qui est un mythe,
16:59je précise,
16:59c'est une vision
17:00de la Deuxième Guerre mondiale
17:01telle que la voyaient
17:02les acteurs en temps réel.
17:04Pas la Deuxième Guerre mondiale
17:05réécrite
17:06telle qu'on l'a connue
17:06ces dernières décennies
17:08ou qui devient
17:09où les patries disparaissent
17:10pour n'être qu'un conflit
17:11idéologique.
17:12Là,
17:12on redécouvre,
17:13par exemple,
17:13des affects fondamentaux.
17:15On redécouvre le,
17:16j'utilise le mot
17:17en sachant qu'il ne fait pas
17:18consensus,
17:19mais le nationalisme
17:22de ceux qui ne tolèrent pas
17:23de voir leur pays
17:25occupé.
17:26Donc,
17:26je ferai une lecture politique
17:27du film,
17:28bien évidemment,
17:28ne serait-ce que parce que
17:29je n'ai pas le talent
17:29cinématographique d'Arthur
17:30qui a une culture immense
17:31en ces matières.
17:32Premier élément
17:33que je retiens de ce film,
17:34ce qui est mis en scène
17:35dans le mythe de la France libre,
17:37c'est le refus viscéral
17:38de la défaite
17:39et de la soumission
17:40à un ennemi
17:41qui s'installe chez nous
17:42et qui doit repartir
17:43chez lui.
17:44Alors,
17:44chez De Gaulle,
17:45ce n'est pas compliqué.
17:46La vocation,
17:47on connaît la formule,
17:48je pense,
17:48de Jeanne d'Arc,
17:48j'aime les Anglais,
17:49j'aime les Anglais chez eux,
17:51eh bien,
17:51De Gaulle aime les Allemands
17:52mais les aime chez eux
17:53et débarrassé par ailleurs
17:55du tyran Hitler
17:56pour qu'il redevienne
17:57un peuple civilisé,
17:58ce qui est arrivé
17:59quand ils se sont débarrassés
17:59évidemment d'Hitler.
18:00En fait,
18:00quand le monde occidental
18:02a dit les Russes
18:03dans les circonstances,
18:04a réussi à se débarrasser
18:04d'Hitler.
18:05Donc,
18:05un refus viscéral
18:07de la défaite.
18:07Premier élément.
18:09Deuxièmement,
18:10c'est une idée simple,
18:11il ne faut jamais
18:12s'avouer vaincu.
18:14Même lorsque vous êtes faible,
18:15si vous avez une résolution
18:17existentielle absolue,
18:18vous êtes peut-être capable
18:20de tenir et de renaître.
18:22Autre élément
18:23qui est central,
18:24l'intransigeance
18:25dans la condamnation
18:26des dirigeants
18:26qui ont conduit
18:27le pays à la ruine.
18:29Là,
18:29c'est intéressant
18:29parce que la critique
18:30des vichistes
18:31qui est faite dans le film,
18:32parce que les vichistes,
18:33c'est le moins qu'on peut se dire,
18:33ils ne sont pas aimés,
18:34mais ils ne sont pas critiqués
18:35sur le mode idéologique
18:36du genre le programme
18:38de la Révolution nationale
18:39ou ils ne sont pas critiqués
18:40sur le mode idéologique
18:40quand même,
18:41c'est l'extrême droite,
18:42ils sont terribles,
18:43ils sont réactionnaires.
18:44Non, non, non, non,
18:44je ne dis pas
18:44que ce n'est pas
18:45un élément important.
18:46À l'échelle de l'histoire,
18:47je dis que dans le film,
18:49les vichistes sont condamnés
18:50parce que ce sont ceux
18:51qui ont rendu possible
18:52la capitulation
18:53ou qui ont consenti
18:54à la capitulation,
18:55ils sont attaqués
18:56sur la base politique.
18:57Presque vous êtes des gens
18:59qui vous couchez
19:00devant l'ennemi.
19:01Quelle que soit votre idéologie,
19:02vous vous couchez
19:02devant l'ennemi.
19:03Et vous noterez d'ailleurs
19:04qu'à Vichy,
19:04comme dans la collaboration,
19:05il y avait des gens
19:06de toutes les tendances idéologiques
19:07d'anciens socialistes,
19:08des centristes,
19:13des gens qui sont devenus nazis ensuite.
19:14Donc c'est une drôle,
19:15l'histoire de la Deuxième Guerre
19:17est une histoire
19:17d'étranges synthèses.
19:19Par ailleurs,
19:19un autre élément
19:19qui est essentiel
19:20dans le film,
19:21pardonnez-moi,
19:22c'est l'appel à l'histoire
19:23pour fonder l'action
19:24au temps présent.
19:25De Gaulle,
19:26il fait référence par exemple
19:28à Clovis.
19:29Il fait référence
19:30à Jeanne d'Arc.
19:31Il fait référence
19:32à plusieurs figures
19:33historiques importantes.
19:34Donc quand on voit
19:34des historiens contemporains
19:35nous expliquer
19:36que l'histoire
19:37est un construit social
19:38qui ne devrait pas avoir
19:39une dimension existentielle
19:40parce qu'il s'agit
19:41d'un savoir reconstruit
19:42en laboratoire universitaire,
19:43ces gens n'ont rien compris
19:45à ce que veut dire
19:45l'histoire
19:46comme matière première
19:47qui forge
19:48l'identité d'un peuple.
19:50Autre élément fondamental
19:51dans le film,
19:52et on le voit,
19:54le camp national,
19:56en fait le gaullisme
19:57dans sa définition
19:58la plus exigeante,
20:00trouve son acte de naissance
20:01avec des gens
20:02qui viennent de partout.
20:03Il y a des gens
20:03qui viennent de l'action française,
20:05il y a des gens
20:06qui viennent de la gauche,
20:07il y a des militaires,
20:08il y a des politiques
20:08qui se mettent au service
20:09de leur pays,
20:10il y a des gens ordinaires
20:11qui ne veulent pas voir
20:12leur pays occupé
20:12par une puissance étrangère.
20:14Autrement dit,
20:15dans un moment
20:15où la patrie
20:16est menacée
20:17de délitement,
20:18eh bien vous êtes capable
20:19de voir des gens
20:19qui viennent de tous
20:20les horizons
20:21se rassembler
20:22autour d'une cause
20:23existentielle.
20:24Ça ne veut pas dire,
20:26ça ne veut pas dire
20:27que dans ce conflit,
20:28dans ce combat,
20:29ils mettent de côté
20:30ce qui les divise,
20:31ils continuent d'avoir
20:31des visions sociales
20:32différentes,
20:33mais ils sont réunis
20:35autour de quelque chose
20:36d'absolument fondamental,
20:37la liberté
20:38et l'existence
20:38de la patrie.
20:39Et regardez la beauté
20:40des personnages
20:40qui nous sont présentés.
20:42Leclerc,
20:42surtout dans le deuxième,
20:43il est exceptionnel,
20:44Leclerc,
20:45franchement,
20:46c'est quand même,
20:47c'est pas un homme de gauche,
20:49Leclerc,
20:49disons ça ainsi.
20:50Et il est splendide,
20:51il incarne en fait
20:52la France libre combattante.
20:54Koenig,
20:55magnifique aussi
20:56comme personnage.
20:57Moulin,
20:57Jean Moulin,
20:57franchement,
20:59son rôle d'organisateur
21:00de la résistance,
21:00la dignité absolue,
21:01le patriotisme
21:04résolu
21:04et sans emphase
21:05d'un homme
21:06qui était pris
21:06au plus grand sacrifice
21:07pour ne pas parler.
21:09Et Fernand Bonnier
21:10de La Chapelle,
21:10dans le premier,
21:12qui incarne
21:12ce petit français ordinaire
21:14qui ne tolère pas
21:14l'occupation de son pays
21:15et qui se bat véritablement,
21:17qui entre en résistance
21:18et qui va d'ailleurs
21:19contribuer à mobiliser
21:20les Français
21:20en novembre 1940
21:21pour protester justement
21:23à l'arc de triomphe
21:24contre la présence
21:24des Allemands à Paris.
21:25Je devine que selon vous,
21:27ces vertus dépassent
21:28la simple aventure
21:29de la France libre,
21:30Mathieu.
21:30Vous devinez très bien,
21:31cher ami.
21:32Alors, je ne crois pas
21:33qu'on puisse évidemment
21:33plaquer une époque
21:34sur une autre.
21:35Ça, je pense que c'est
21:36la première chose
21:36qu'on doit dire.
21:37Je suis exaspéré
21:39par ceux qui,
21:40notamment par ailleurs,
21:41réduisent les catégories
21:42politiques des temps présents
21:44aux catégories politiques
21:45héritées de la Deuxième
21:47Guerre mondiale.
21:48Nous ne sommes plus
21:49aujourd'hui dans un combat
21:50fasciste-antifasciste.
21:52Nous ne sommes pas non plus
21:53dans un combat,
21:54le combat éternel
21:55des nations européennes
21:56entre elles.
21:56Nous ne sommes pas...
21:57Donc, il faut savoir
21:58que nous ne sommes plus
21:59dans la même époque.
22:00et quand on se retrouve
22:01avec trop de politiques
22:02qui décident de...
22:04non pas d'éclairer
22:06le présent
22:06à la lumière de l'histoire,
22:07mais de dissoudre
22:08le présent
22:09dans une forme
22:09de passé éternel,
22:11eh bien,
22:11ceux-là ne nous permettent
22:13pas de comprendre
22:14notre situation.
22:16Ensuite, cela dit,
22:17il y a dans ce film
22:18une illustration
22:19des vertus éternelles
22:20de la politique.
22:22Premièrement,
22:22le patriotisme.
22:24Le patriotisme,
22:24ou je dis le nationalisme
22:25dans le bon sens du terme,
22:27cette idée
22:27que plus important
22:28que nos divisions,
22:30que nos divisions
22:30qui sont inévitablement
22:31nombreuses,
22:32il y a l'idée
22:33de la liberté de la patrie,
22:34de la souveraineté
22:34de la patrie,
22:35et j'ajouterai aujourd'hui
22:36de l'identité de la patrie.
22:38Probablement que le passage
22:39de la France libre
22:40à aujourd'hui,
22:40c'est que l'idée à l'époque
22:41c'était que la France
22:42demeure libre,
22:42alors qu'aujourd'hui
22:43l'essentiel,
22:43c'est que la France
22:44demeure française.
22:45Deuxième élément,
22:48entre alliés,
22:49il peut y avoir
22:50des tensions.
22:50Il ne faut pas se coucher
22:51devant l'allié
22:52le plus puissant.
22:53Vous regarderez,
22:54si vous allez voir le film,
22:55le personnage de Roosevelt.
22:56Alors Roosevelt,
22:56c'est le personnage
22:57apprécié dans l'histoire
22:58du XXe siècle.
22:59Mais Roosevelt,
23:00voilà,
23:01se comporte comme
23:01un ennemi des Français.
23:02Les Américains
23:03cherchent à casser
23:04les Français.
23:05Et il faut le comprendre.
23:06Et est-ce qu'on peut
23:07véritablement croire
23:07que c'est terminé
23:08à l'échelle de l'histoire ?
23:09Est-ce que cette idée
23:10que les Américains
23:10veulent soumettre
23:12leurs alliés,
23:13les vassaliser,
23:14en toutes circonstances,
23:15est-ce qu'on peut penser
23:16que c'est une idée
23:17si bizarre que celle-là ?
23:18J'ai quelquefois
23:19l'impression,
23:20quand je vois Roosevelt
23:20dans ce film,
23:21d'avoir une forme
23:21de pré-Trump
23:23plus aristocratique
23:24dans son rapport
23:24à ses alliés.
23:25Dans cette idée,
23:26nous allons finalement
23:27vous indiquer
23:28les paramètres
23:29de votre existence.
23:30Autre élément,
23:31l'honneur.
23:32L'honneur,
23:33vertu fondamentale,
23:34s'il en est une,
23:34c'est ce qui empêche
23:35les hommes de capituler
23:36quelquefois devant
23:36plus fort que soi.
23:38Autre élément,
23:39la fidélité
23:40aux grands ancêtres.
23:41Ça, c'est essentiel,
23:42la fidélité
23:42aux grands ancêtres.
23:43C'est cette capacité
23:44justement à se dire
23:45s'ils n'ont pas
23:46renoncé autrefois
23:47s'ils n'ont pas capitulé.
23:49Mais nous aussi,
23:49nous allons tenir,
23:50soit dit en passant,
23:51ceux qui ont cherché
23:52à comprendre Marc Bloch.
23:53On en a beaucoup parlé
23:54cette semaine de Marc Bloch.
23:55Eh bien, je pense
23:56que ce film permet
23:57de comprendre Marc Bloch
23:58parce qu'il existe
23:58une telle chose
23:59chez l'homme
23:59que le refus viscéral
24:01de la défaite,
24:02le refus viscéral
24:03de la capitulation.
24:04Je note par ailleurs
24:05que devant la défaite,
24:06certains sont toujours
24:07très heureux de se coucher.
24:08Il y a les appels,
24:09on pourrait dire,
24:10les spécialistes
24:10de l'appel à ventre
24:11professionnel.
24:12Mais ça existe.
24:14Mais cela dit,
24:14on voit que des hommes,
24:16quelques hommes,
24:16peu d'hommes,
24:17peuvent être capables
24:18de tenir un pays,
24:19de le sauver.
24:20Et dernier élément,
24:21au cœur de la guerre,
24:22il y a aussi la capacité
24:23d'identifier ceux
24:24qui sont fidèles
24:24à leur pays
24:25et quelquefois
24:26ceux qui le trahissent
24:27et avec plus de tristesse
24:28souvent ceux qui savent
24:30avouer leur devoir
24:30mais ils sont incapables
24:31de l'accomplir
24:32parce qu'ils sont d'abord
24:33et avant tout soucieux
24:34de maintenir leurs privilèges.
24:36Disant cela,
24:37est-ce que je pense
24:37un peu au temps présent?
24:38La fidélité
24:39aux grands ancêtres.
24:40Bien sûr.
24:41Je vous serai toujours fidèle.
24:43Monsieur l'ancêtre du présent.
24:46Arthur de Matrigan.
24:48Alors là,
24:49on a eu l'aspect social,
24:51la réflexion sociétale
24:52mais vous,
24:53vous êtes aussi
24:54un féru de cinéma.
24:55Peut-être que vous allez
24:56être aussi critique
24:56du film.
24:58Il y a quelque temps,
24:59nous avions titré
25:00en une de l'incorrect
25:01« Cinéma français
25:02qu'as-tu fait
25:03de tes héros »
25:04avec un grand dossier
25:05sur le sujet.
25:06Parce qu'en effet,
25:07notre histoire en regorge,
25:08elle déborde de figures,
25:10de défaites glorieuses,
25:11de victoires impossibles
25:12et de panaches.
25:13Et pourtant,
25:14notre cinéma,
25:14le cinéma français,
25:16patine depuis le Covid,
25:17en tout cas,
25:17en nombre d'entrées
25:18et ne va rarement chercher
25:20dans ce trésor national
25:22ce qui lui manque souvent,
25:24à savoir du commun,
25:25de l'ampleur
25:26et de l'émerveillement.
25:27Alors,
25:27quand on annonce
25:28un film sur De Gaulle,
25:29période Seconde Guerre mondiale,
25:30en deux parties,
25:31ambitieux,
25:32avec le budget
25:32qu'il va avec
25:33et Antonin Baudry
25:35à la réalisation,
25:35je rappelle celui
25:36qui avait fait
25:36le « Chant du loup »,
25:37thriller géopolitique
25:39anxiosienne,
25:40très maîtrisé
25:40et tendu,
25:41forcément,
25:42on se dit
25:42« Chouette,
25:42bonne nouvelle,
25:43on a envie d'y croire ».
25:45Alors,
25:45c'est vrai que le premier volet,
25:46je dois dire,
25:47m'avait un peu déçu,
25:48non pas parce qu'il était raté,
25:50mais parce qu'il était trop plein.
25:52Il y avait trop de personnages,
25:53trop d'intrigues,
25:54trop de fronts,
25:55trop de tout,
25:56et à force de vouloir
25:57tout raconter,
25:58on finit
25:58à ne plus rien faire exister.
26:00Et pourtant,
26:01il y avait un regard,
26:02c'est comme le principe du cinéma,
26:03c'est qu'on avait un De Gaulle
26:04un peu pied-niquelé,
26:05un peu parfois fou,
26:06parfois maladroit,
26:08parfois seul jusqu'au ridicule,
26:09mais porté en effet
26:11par quelque chose
26:11de plus grand que lui,
26:12à savoir l'âme française,
26:14donc hautaine,
26:15noble,
26:16excessive,
26:17théâtrale,
26:18bref,
26:18la France.
26:19Et il y avait aussi
26:20dans cette écriture,
26:21une écriture très bande dessinée,
26:22parce qu'Antonin Baudry,
26:23c'est celui qui a écrit
26:25la bande dessinée
26:26Quai d'Orsay.
26:26Et donc,
26:27on retrouvait ce découpage
26:28de bande dessinée
26:28avec de l'humour.
26:30Et enfin,
26:31il y avait aussi l'idée
26:32que la politique,
26:32comme le cinéma,
26:33ça reste un art de l'illusion,
26:36évidemment,
26:36donc le panache se fabrique aussi,
26:38mais il est peiné,
26:39je trouvais,
26:39à exister à l'écran.
26:40Et le problème,
26:41c'est qu'en effet,
26:41la fresque ne prenait pas toujours.
26:43Début de la résistance à Paris,
26:45Londres,
26:45les intrigues secondaires,
26:46tout ça,
26:47tout cela patinait un peu,
26:48même Birakem,
26:48qui était la scène finale
26:49au point d'orgue,
26:51j'ai trouvé manqué de souffle,
26:52surtout lisibilité
26:53et de puissance.
26:54Alors après,
26:55en effet,
26:55au niveau des entrées,
26:56ça a démarré péniblement.
26:58Alors je pense qu'en effet,
26:58qu'il y a eu une campagne
26:59de communication
26:59qui était peu réussie.
27:01Il y a peu d'affiches de cinéma,
27:02celles qui n'avaient
27:03n'étaient pas très réussies,
27:05je trouvais.
27:05Il y avait une bande-annonce
27:06un peu boursouflée
27:07et puis une promo,
27:08en effet,
27:08un peu polémique,
27:09ce qui est dommage.
27:10Résultat,
27:10les spectateurs ne sont pas rués
27:11dans les salles
27:12et certains s'en sont même réjouis
27:14avec ce petit plaisir
27:15de communiquer,
27:17un petit plaisir mauvais
27:19de communiquer
27:19sur des chiffres
27:21pas exceptionnels,
27:22ce qui est assez minable.
27:23Et en plus,
27:24ils ont tort
27:24parce qu'une ambition,
27:25même à moitié réussie
27:27ou à moitié ratée,
27:28on ne lui crache pas dessus,
27:29on l'encourage.
27:30Manicule a permis au film,
27:32ou en tout cas au premier volet,
27:34de s'offrir une seconde vie
27:35parce que,
27:36oui,
27:36la salle de cinéma
27:37étant climatisée,
27:38c'est un bon refuge
27:39quand il fait 40 degrés
27:40et au prix de la place de cinéma,
27:42autant prendre un film
27:42qui dure trois heures.
27:44Et justement,
27:44là,
27:45le second volet arrive
27:46et change la donne.
27:47Plus resserré,
27:48plus incarné,
27:49plus fort,
27:50il y a trois lignes claires,
27:51vous avez Moulin,
27:52De Gaulle
27:52et l'immense Leclerc.
27:53Et cette fois-ci,
27:54les personnages
27:55ont de la chair,
27:56ont une âme
27:57et ont du cœur
27:58ce que manquaient
27:58les personnages précédents
27:59et ce petit plaisir aristocratique
28:02de toujours se chercher
28:02plus de devoirs
28:03comme par exemple
28:04charger en voiture
28:05les Panzer de Rommel,
28:06ce qui est assez jouissif.
28:08Et l'écriture se révèle
28:09donc plus franche,
28:10la caméra tient mieux
28:11ses scènes
28:11et Baudry maîtrise l'espace,
28:13la tension dramatique,
28:14j'avais vraiment les poils
28:15qui se hérissaient
28:15et on retrouve
28:16ce qu'on était venu chercher,
28:18ce qu'on aime
28:18quand on est enfant,
28:19c'est-à-dire de la fierté,
28:20de l'émerveillement
28:20et des héros
28:21et un peu notre histoire.
28:22C'est-à-dire en fait
28:23des hommes
28:23qui ont fait des choix
28:24avec l'une d'horizons
28:25qui dépassent le nombril,
28:26ce qui est assez rare,
28:27qui sont prêts
28:27à tout sacrifier,
28:28leur petite notoriété,
28:29leur petit précaré
28:30et parce que comme le répète
28:32souvent Général de Gaulle
28:33dans le film,
28:33en fait il n'y a pas
28:34de liberté sans force morale
28:35et dans un final
28:37plus profond
28:37qu'il n'y paraît,
28:38on dit alors
28:39que même au plus bas
28:40de l'espoir,
28:41jamais on retrouvera
28:42un patriotisme
28:43de substitution
28:44ou un secours
28:45sous un autre drapeau,
28:47que ce drapeau
28:48vienne de l'ouest
28:48ou qu'il vienne de l'est.
28:50C'est à méditer
28:51en ce moment.
28:53Merci cher Arthur
28:54de Vatrigan.
28:55Il est 19h30 quasiment
28:57et nous sommes ravis
28:59de recevoir
28:59sur ce plateau
29:00Tugduel Denis.
29:01Bonsoir Eliott.
29:03Tugduel, bonsoir.
29:04Je rappelle que vous êtes
29:05directeur de la rédaction
29:06de Valeurs Actuelles.
29:07Tout à fait.
29:08Que vous êtes également
29:09un homme de lettres
29:10puisque vous avez pris
29:10la plume pour écrire
29:11La Cendre et le Feu,
29:12enquête intime
29:14au cœur de la droite française.
29:16C'était aux éditions Fayard.
29:19Pourquoi cher Mathieu
29:21avoir invité
29:21Tugduel Denis ce soir ?
29:23Alors l'histoire de la droite
29:24est en tant que tel
29:24un sujet passionnant
29:25et ici on l'aborde
29:26de l'intérieur
29:27et pas à partir
29:28de n'importe quelle droite
29:29comme dirait l'autre.
29:30C'est de cette part
29:31de la droite
29:31qui probablement
29:32est victime
29:33d'une malédiction
29:34et qui pourtant
29:35ne renie pas
29:36ses convictions premières
29:37mais se demande
29:37comment s'insérer
29:38dans la cité
29:39tout en sachant
29:40qu'on ne lui laissera
29:40jamais qu'une petite place,
29:42souvent la place
29:42du proscrit.
29:43Et c'est à partir
29:44de cette intuition
29:45que nous interviewerons
29:46de Tugduel Denis.
29:47Tugduel Denis, bonsoir.
29:49Bonsoir Mathieu.
29:49Alors question première
29:50parce que c'est l'objet
29:52de l'ouvrage,
29:52comment définiriez-vous
29:53la droite ?
29:54C'est la droite dont vous parlez ?
29:55Au-delà des catégories
29:56qu'on connaît,
29:57René Raymond,
29:58et ainsi de suite,
29:58quelle est la droite
29:59telle que vous l'entendez ?
30:00Effectivement,
30:01moi je n'ai pas fait
30:01un livre politologique,
30:02je n'ai pas vos capacités
30:05universitaires.
30:06En revanche,
30:07j'ai essayé de faire
30:08le roman de la droite française
30:09et pour cela,
30:10je me suis concentré
30:11sur une chose,
30:13enfin sur deux choses,
30:14pardon,
30:15c'est ses fidélités,
30:16ses grandeurs
30:17et de l'autre côté,
30:18ses stigmates.
30:19Et pour moi,
30:19c'est ça qui définit
30:20la droite sur les,
30:22on va dire,
30:2250, 60 dernières années
30:24en France.
30:24Les fidélités de la droite,
30:26ce sont la manière
30:28dont nous continuons
30:29à éduquer nos enfants
30:31ou dont nous avons été éduqués
30:33par nos parents
30:33un peu à contre-courant
30:35d'une partie de la société,
30:37la manière dont nous prolongeons
30:38l'héritage historique
30:40qui est le nôtre,
30:41la manière dont nous défendons
30:43nos paysages,
30:44la manière dont nous revendiquons
30:46notre esthétisme.
30:47Mais la droite,
30:48ce sont aussi des stigmates
30:49et dans ce livre
30:50qui picore de l'après-guerre
30:51jusqu'à nos jours,
30:52les blessures ne manquent pas.
30:53Il y a eu l'épuration
30:54sauvage qui a quand même
30:56évidemment concerné
30:57plutôt des personnalités
30:58de droite dans ce pays
30:59qui à la libération
31:00ont été accusées
31:00par des communistes triomphants,
31:03par la gauche déjà
31:04bien pensante
31:05d'avoir collaboré.
31:05Ce n'était souvent pas le cas
31:06et quand ce n'était pas le cas,
31:07c'était très injuste.
31:09Il y a eu la guerre d'Algérie
31:10avec la blessure
31:11que ça a constitué,
31:12une partie de la droite
31:13qui pensait
31:14qu'il ne fallait pas
31:16partir de l'autre côté
31:17de la Méditerranée
31:18et ça a fracturé
31:20évidemment
31:20notre famille politique.
31:22Il y a eu la diabolisation.
31:23Alors la diabolisation,
31:24c'est une diabolisation générale
31:26du persona de droite
31:28dans ce pays.
31:28C'est la diabolisation
31:29de la famille Le Pen,
31:30évidemment.
31:31Il y a eu la falsification
31:32de la campagne Fillon
31:33en 2017
31:34par la justice
31:35et une partie des médias.
31:37Il y a la manière
31:37dont est traité
31:38parfois Nicolas Sarkozy.
31:40Il y a aussi nos divisions
31:41parce que c'est aussi
31:42ce qui fait
31:43entre guillemets
31:44le charme de la droite
31:45mais parfois
31:45son impossibilité
31:46à aller plus loin.
31:48C'est que sur le palier
31:48de nos convictions communes,
31:50nombreux sont les voisins
31:51qui ne se parlent pas.
31:52Et j'ai voulu,
31:53par souci d'authenticité,
31:55d'honnêteté intellectuelle,
31:57ne pas mettre
31:58un voile pudique
31:59effectivement
31:59sur les blessures
32:00qui sont les nôtres
32:00parce que par ailleurs
32:01je pense aussi
32:02que nos souffrances
32:03font partie de nos grandeurs.
32:05J'ai l'impression
32:06en vous lisant
32:07que la droite
32:07dont vous nous parlez finalement
32:08c'est ce qui reste
32:10de la France
32:10d'avant la mystique révolutionnaire.
32:12Et elle rassemble
32:14et vous me direz
32:15si je me trompe,
32:16c'est finalement
32:16une fédération de vaincus.
32:18C'est-à-dire
32:18il y a un parti perdant
32:20à différentes étapes
32:20de l'histoire de France
32:21et ces différents perdants
32:23pas au sens moral
32:24mais au sens historique
32:26se rassemblent
32:27dans une forme
32:27de confédération
32:30un peu lâche
32:31mais finalement
32:31de gens qui se retrouvent.
32:32Ce sont ceux
32:32finalement
32:33qui ont été laissés de côté
32:34par la mystique républicaine,
32:35la mystique révolutionnaire
32:36telle qu'elle se déploie
32:37et se déploiera encore demain.
32:39Effectivement,
32:39il y a une malédiction
32:41de la droite
32:42et si on prend
32:43effectivement
32:43la période
32:44qui part de la révolution
32:45on retrouve
32:46cette malédiction
32:47et en même temps
32:48ce qui me fascine
32:49et ce qui me perturbe
32:51à la fois
32:51c'est que la droite
32:53cette malédiction
32:53elle l'a trop souvent subie
32:56que ce soit
32:56dans le jugement
32:57qu'elle a accepté
32:58de ses adversaires
32:58que ce soit
32:59dans son incapacité
33:00à la dépasser
33:01et je pense
33:02qu'une manière
33:03de la dépasser
33:03c'est de se mettre en scène.
33:04ce qui fait la grandeur
33:06de la gauche
33:06ou la grandeur
33:08de la mystique républicaine
33:09c'est d'avoir su
33:11construire son propre
33:11son propre récit.
33:13Alors il y a eu
33:14le roman national
33:15de Jacques Bainville
33:15il y a eu
33:16des écrivains
33:17qui ont essayé
33:18de redonner
33:19de l'allant à tout ça
33:19mais c'était toujours
33:22souvent enfoui
33:23ensuite
33:23sous des pelletés
33:24de sable
33:25par des historiens
33:26de l'autre bord
33:27et là où la gauche
33:28dans une période
33:29plus contemporaine
33:30moi je suis en 1981
33:32c'est la période
33:33triomphante
33:33de la gauche caviar
33:36savait rendre compte
33:37de sa propre mythologie
33:39glorifier ses représentations
33:40du monde
33:40ses codes sociaux
33:41la droite
33:42baissait la tête
33:43oublié d'écrire son roman
33:46s'excuser
33:46d'être là
33:47à l'université
33:48s'excuser
33:48d'être là
33:49dans les salons du pouvoir
33:50et c'est un peu ça
33:51que j'ai essayé de faire
33:52c'est de modestement
33:53d'essayer de contrecarrer
33:55cette incapacité
33:56de la droite
33:57à créer
33:58sa propre mise en scène
33:59et sa propre mythologie
34:00alors j'ai eu l'impression
34:01en vous lisant
34:02qu'il y a une forme
34:02de tension
34:03entre d'un côté
34:04une volonté
34:04de ne pas céder
34:05d'être fidèle
34:06à ce que vous avez
34:07toujours été
34:07et de l'autre côté
34:08la tentation
34:09d'intégrer la société
34:10telle qu'elle est
34:11où vous n'auriez plus
34:12le rôle du proscrit
34:13vous le décrivez
34:13de manière très incarnée
34:14en racontant une scène
34:15donc vous êtes avec votre épouse
34:16et vous allez à la fête
34:17de Louis Jubelin
34:18qui est un conseiller
34:19de Gabriel Attal
34:19et là dans cette fête
34:21où finalement
34:21les vrais branchés
34:22sont là
34:23où dans cette fête
34:24où finalement
34:24les vrais élites culturelles
34:25tous ceux qui appartiennent
34:27à la république
34:28des favoris
34:29mais là
34:29votre épouse vous dit
34:31voilà une fête
34:31où j'ai envie d'être
34:32un peu sur le mode
34:33du contraste
34:34peut-être un concert
34:35de Jean-Pax Méfray
34:35qu'elle aime probablement
34:36à sa manière
34:37mais elle n'a pas l'impression
34:38d'appartenir aux pétillants
34:39du moment
34:41lorsqu'elle sera
34:42dans un tel concert
34:43non effectivement
34:44alors concernant mon épouse
34:45elle ne vient pas
34:45du même milieu que moi
34:46moi c'est vrai
34:47que je viens d'un milieu
34:47très archétypal
34:49je suis né
34:50dans la banlieue ouest
34:51famille de six enfants
34:52on allait à la messe en latin
34:53je vous vois à mes parents
34:54un ancrage politique
34:57religieux
34:57extrêmement solide
34:58et ce n'est pas exactement
34:59le cas de mon épouse
35:00bien qu'elle ne vienne pas
35:01de l'extrême gauche
35:02loin de là
35:02et c'est vrai que
35:04si vous voulez
35:05depuis son prisme
35:07elle voit ma droite
35:08comme une droite
35:09sous la mitraille
35:10je suis directeur
35:11de la rédaction
35:12de Valeurs Actuelles
35:12elle a vu un certain
35:13nombre de polémiques
35:14qui ont émaillé
35:15ma modeste carrière
35:16elle voit la manière
35:18dont sont traités
35:20les gens comme moi
35:21comme nous
35:21dans la vie sociale
35:23d'ailleurs il y a une autre scène
35:24où j'explique
35:25que le boss
35:26de ma femme
35:27va à un mariage
35:28et en disant
35:29qu'il est le boss
35:31du mari
35:34de ma femme
35:35qui travaille pour lui
35:36il y a quelqu'un
35:37qui quitte la table
35:38quand même
35:38je ne suis même pas là
35:39ma femme n'est même pas là
35:40donc si vous voulez
35:40cette opprobre sociale
35:42on la vit quand même
35:44au quotidien
35:44et je comprends
35:45que mon épouse
35:46en l'occurrence
35:46effectivement
35:47dans cette fête
35:48chez un conseiller
35:49de Gabriel Attal
35:50où il y avait quand même
35:50quelques personnes
35:51du groupe aussi
35:52donc c'était assez divers
35:53sur le plan
35:53sur le plan sociologique
35:55et médiatique
35:56mais lui plaise plus
35:58que des endroits
35:59où on est obligé
35:59de se cacher
36:00ou des endroits
36:00dont elle ne pourra pas
36:02ensuite faire le récit
36:04parce que peur
36:05du jugement
36:06des autres
36:06après je dois dire
36:07que moi-même
36:08je cède parfois
36:09à cette tentation
36:10de la reconnaissance sociale
36:11qui peut parfois noyer
36:12je raconte des scènes
36:13assez humiliantes
36:14me concernant
36:15dans le livre
36:16j'étais à l'enterrement
36:17de Thierry Ardisson
36:17auxquelles je n'étais pas invité
36:18et j'ai fini par me faire refouler
36:20je connaissais Thierry Ardisson
36:21j'avais une relation avec lui
36:22mais bon
36:23je n'avais rien à faire
36:24à son enterrement
36:24puisque je n'étais pas invité
36:25et effectivement
36:26j'avais envie d'y aller
36:27et là j'ai vécu
36:29dans ma chaire
36:29entre guillemets
36:31les endroits
36:32qui vous sont interdits
36:34parce que vraiment
36:35ça ne faisait pas bon genre
36:35d'avoir un journaliste
36:36de valeur actuelle
36:37j'imagine
36:37à cet enterrement
36:38mais en même temps
36:39j'ai eu ma période
36:40d'émancipation
36:41en même temps
36:42j'ai besoin
36:43de côtoyer des gens
36:44qui ne sont pas exactement
36:45de mon milieu
36:45qui ne sont pas exactement
36:46de mes idées
36:48pour les séduire
36:49pour les convaincre
36:49pour aussi respirer
36:51tout simplement
36:52parce que
36:53la gauche
36:53dans son entre-soi
36:54ne nous donne pas toujours
36:55un bon exemple
36:57d'espèce de wokisme
36:59entre guillemets
37:00relationnel
37:01et moi je veux montrer
37:02que la droite
37:02elle n'a pas peur
37:03de sortir de chez elle
37:04elle n'a pas peur
37:05de se mélanger
37:05et ça n'empêche pas
37:06qu'on garde nos convictions
37:08à la fin
37:08mais effectivement
37:10si vous voulez
37:10moi je pense que
37:11dans la vie normale
37:12Pascal Praud
37:13devrait faire la une de Télérama
37:14pour ses goûts
37:15sur le cinéma français
37:16des années 70
37:17je veux dire
37:18dans un monde normal
37:20Télérama devrait
37:20faire une une comme ça
37:22pour dire
37:22tiens Pascal Praud
37:23c'est une figure médiatique
37:24connue aujourd'hui
37:25apparemment il a des goûts
37:26assez pointus
37:27dans le cinéma
37:27ou en littérature
37:28je veux dire
37:29pourquoi ça lui est interdit
37:30alors peut-être que
37:31Pascal Praud vous dirait
37:32mais je vis très bien
37:33sans ça
37:33mais moi j'aimerais
37:35qu'on arrive
37:35parce qu'on parle souvent
37:36de batailles culturelles
37:38alors évidemment
37:39grâce à des chaînes
37:39comme la vôtre
37:40grâce à des personnalités
37:41comme vous
37:41et sans vouloir vous flatter
37:43il y a quelque chose
37:44qui se retourne un peu
37:46on est en allant général
37:47de la droite
37:48dans le débat public
37:48mais pour autant
37:49je ne crois pas du tout
37:49qu'on soit arrivé au bout du chemin
37:50et on sera arrivé au bout du chemin
37:52le jour où Pascal Praud
37:53fera la une de Télérama
37:54Arthur Le Batrigan
37:55le soleil est correct
37:56j'espère pas pour lui
37:58c'est tel mépris pour ce journal
38:00bref
38:00c'est un livre qui est très personnel
38:02mais qui est donc très éclairant
38:04et courageux
38:05parce que vous vous mettez à nu
38:06et honnêtement
38:07et ce qui est toujours risqué
38:09est-ce qu'on peut être respecté
38:10quand on veut absolument
38:11être respectable
38:12parce qu'il y a une différence
38:13entre vouloir être adoubé
38:15par la gauche
38:15qui a toujours voulu faire la droite
38:17et j'ai le sentiment
38:18qu'à une période
38:18et ça revient peut-être
38:19aujourd'hui
38:19c'est pas l'adoubement
38:20qui cherche
38:20c'est d'être aimé par la gauche
38:22ou parce qu'il n'est pas de droite
38:24écoutez
38:24je raconte quand même
38:25dans ce livre
38:26et je pense que c'est un peu baroque
38:27pour des journalistes politiques
38:28en 2026
38:29que j'ai collé des autocollants
38:31pour Jean-Marie Le Pen
38:31toute ma jeunesse
38:33à Saint-Cloud
38:34que j'ai fait du scoutisme
38:35quasiment paramilitaire
38:37que nous chantions
38:38des chansons
38:40parachutistes
38:40dans la voiture
38:41avec mes frères et soeurs
38:43je raconte aussi
38:44des éléments
38:45que j'ai vécu
38:46en tant que journaliste
38:47à valeur actuelle
38:47que ce soit l'affaire Obono
38:48la tribune des militaires
38:49je raconte une scène
38:50notamment
38:50où je suis à la remise
38:52de Légion d'honneur
38:53de l'ancien directeur
38:54de cabinet d'Edouard Philippe
38:55Benoît Ribédeau-Dumas
38:56et là
38:56un parterre de gens
38:57tout à fait
38:58honorables et intéressants
38:59qui vont du général Le Cointre
39:01l'ancien chef d'état-major
39:02des armées
39:03en passant par
39:04Bruno Le Maire
39:05Xavier Niel
39:06ou qui sais-je
39:07et en fait
39:08maître après maître
39:09les gens viennent
39:10me voir
39:11en me disant
39:12ah vous avez écrit
39:13tel papier
39:13ça c'était pas bien
39:14vous avez fait telle tribune
39:15ça c'était pas bien
39:16il y a Alexis Collère
39:17le secrétaire général
39:18de l'idée de l'époque
39:19qui était quand même
39:20le chef de l'état
39:20numéro bis
39:21qui me dit
39:21pour moi
39:22vous êtes sortis
39:23du journalisme
39:23et honnêtement
39:24je crois pas
39:25ni dans le récit
39:26que je fais
39:27de cette scène
39:27ni même dans la manière
39:28dont je l'ai vécu
39:29que j'étais là
39:30en m'excusant
39:30d'être moi-même
39:31au contraire
39:32j'ai essayé
39:33de prêcher
39:34la bonne parole
39:35de ma droite
39:36entre guillemets
39:38maintenant effectivement
39:39je...
39:40Je parlais pas de vous
39:40particulièrement
39:41c'est surtout
39:42la droite politique
39:43celle qui doit défendre
39:44les idées
39:44j'ai le sentiment
39:45qu'elle veut tellement
39:46être respectable
39:47qu'elle n'est plus respectée
39:48Écoutez
39:48ça je pense
39:49que c'était quand même
39:50la droite
39:50plutôt des années 80-90
39:52le chiracisme
39:53a été une négation
39:54de ce qu'est la droite
39:55alors évidemment
39:56dans la campagne
39:57de Nicolas Sarkozy
39:57très sur la rupture
39:58ensuite
39:59il y a l'ouverture
40:00avec des ministres de gauche
40:01qui arrivent
40:02et puis finalement
40:03il y a un quinquennat
40:03qui penche
40:04plutôt à droite
40:05mais je crois
40:06qu'aujourd'hui
40:06honnêtement
40:07quand je lis des interviews
40:08de Bruno Rotaillou
40:09et même d'ailleurs
40:09Edouard Philippe
40:10qui revendique lui-même
40:11d'être de droite
40:11plus souvent que Marine Le Pen
40:13j'ai l'impression
40:14qu'il y a quelque chose
40:15qui s'est un peu décapsulé
40:16maintenant
40:17comme dit Alain Fickelkraut
40:18un auteur favori de Mathieu
40:21le camp du bien
40:22se porte à merveille
40:22donc effectivement
40:23il y a ce chat de plomb
40:25au-dessus de nous
40:26et moi ma stratégie
40:28que je conseille
40:29modestement
40:29aux hommes politiques
40:30aux journalistes
40:31à tous ceux
40:31qui ont des idées
40:32un peu anticonformistes
40:33c'est quand même
40:34d'y aller aussi
40:36par la séduction
40:37aussi par la conviction
40:38tout simplement
40:39plutôt qu'enfoncer
40:42une porte au bélier
40:42alors qu'il y a une porte
40:44de service peut-être
40:46ouverte à côté
40:47dans laquelle
40:48il est plus facile
40:49de pénétrer
40:49alors vous avez évoqué
40:50un des personnages
40:51de la droite
40:51dans la deuxième moitié
40:52du XXe et début XXIe
40:53Jean-Marie Le Pen
40:54vous avez collé
40:55des autocollants
40:57pour lui
40:58ensuite vous en êtes éloigné
40:59vous l'avez vu souvent
41:00cherchant quelquefois
41:01chez lui peut-être
41:02une rédemption
41:02cherchant la faiblesse
41:03chez lui
41:04vous racontez ça
41:04à quelques reprises
41:05vous espérez voir
41:06chez lui
41:06l'homme blessé
41:07qui confesserait sa blessure
41:08et lui il refuse
41:10d'aucune manière
41:10j'ai fait ce que j'avais à faire
41:12est-ce que selon vous
41:14Le Pen cachait sa blessure
41:16ou finalement
41:17est-ce que c'est un homme
41:17qui était tout simplement
41:18indifférent au désir
41:19de respectabilité sociale
41:20qui pouvait en habiter d'autres
41:21je pose une question
41:24au début du livre
41:25qui est un peu terrible
41:26mais je lui ai dit
41:27à Jean-Marie Le Pen
41:28dont je relate
41:30cette conversation
41:31je lui ai dit
41:31mais au fond
41:32le système
41:32vous lui faisiez peur
41:34ce qui est évidemment
41:35la conviction je pense
41:35de Jean-Marie Le Pen
41:36qui pensait faire peur
41:37au système
41:37avec des idées
41:41qui circumvenaient
41:43à la doxa
41:45acceptée
41:45et acceptable
41:45mais ce système
41:47vous lui faisiez peur
41:47ou vous lui faisiez honte
41:48parce qu'il y avait évidemment
41:49aussi les outrances
41:51moi je ne me résolvais pas
41:53à l'idée
41:54que le testament politique
41:55de Jean-Marie Le Pen
41:56puisse être
41:57uniquement la caricature
41:58qu'il était parfois
42:00de lui-même
42:00et j'avais trop interrogé
42:02Jean-Marie Le Pen
42:03trop lu Jean-Marie Le Pen
42:04trop côtoyé
42:05entre guillemets
42:05Jean-Marie Le Pen
42:06pour savoir qu'il était
42:07évidemment bien d'autres choses
42:08que ça
42:08je viens du même coin
42:10de Bretagne que lui
42:11et il raconte mieux que moi
42:12la Trinité sur mer
42:13Carnac
42:14cet endroit
42:15où la terre
42:15et la mer s'entremêlent
42:16quand il me dit
42:17mais vous voyez
42:17moi je ne viens pas
42:18d'une commune
42:18qui s'appelle Saint-Jacques
42:19ou Saint-Vincent
42:20moi ma commune
42:21c'est Dieu
42:21c'est la Trinité
42:22bon il y avait une mythologie
42:23chez lui
42:24une manière de verbaliser
42:25cette mythologie
42:26qui était absolument
42:27extraordinaire
42:28il y avait aussi
42:29évidemment des lettres
42:29il y avait aussi
42:30un courage politique
42:32et donc
42:32vous n'avez jamais voté pour lui
42:34en 2007
42:35vous votez
42:35Bérou et Royal
42:37alors en 2017
42:39je vote Fillon
42:39et si j'avais pu voter Fillon
42:40il ne se présente pas
42:41en 2017
42:42en 2017
42:44en 2007
42:44je vote
42:45Bérou au premier tour
42:46et Royal au second
42:47et non mais j'ai fait pire que ça
42:49j'ai voté Eva Joly
42:50en 2012
42:50au premier tour
42:51c'était
42:52une petite crise d'adolescence
42:53selon moi
42:54nécessaire
42:54sur le plan
42:56sur le plan
42:56sur le plan politique
42:57vous la regrettez ?
42:59non je ne regrette pas
43:00parce que si vous voulez
43:00la beauté d'un retour aux sources
43:02il tient sur l'émancipation
43:04effectivement
43:05j'ai fait mon chemin de Damas
43:06Le Figaro et Eugénie Bastia
43:07ont eu la gentillesse
43:08de titrer son papier
43:09en disant que j'étais
43:10un enfant prodigue de la droite
43:12j'ai aussi des frères
43:13dans ma famille
43:13qui eux n'ont jamais été
43:14des enfants prodigues
43:15et c'est très bien comme ça
43:17moi j'ai eu besoin
43:18de faire quelques détours
43:20ça ne m'empêche pas
43:21aujourd'hui
43:21vous voyez
43:22d'écrire ce livre
43:22et d'essayer de rendre
43:24une ode à la droite française
43:25peut-être que je suis
43:25d'ailleurs tributaire
43:27à son égard
43:28mais en tout cas
43:28pour conclure sur Jean-Marie Le Pen
43:30effectivement
43:30je l'ai interviewé
43:3130 fois dans ma vie
43:32et notamment
43:33à la fin de sa vie
43:34et dans des scènes
43:35que je raconte
43:35dans ce livre
43:36où j'ai essayé
43:38de lui faire dire
43:39des choses
43:39qui pourraient éventuellement
43:41servir à sa postérité
43:42ça ne veut pas dire
43:42l'inverse de ce qu'il pensait
43:44mais peut-être avoir
43:45certains agendamentos
43:46et puis il y a eu
43:47le moment de son décès
43:48où là
43:49j'ai vécu des scènes
43:50extraordinaires
43:50honnêtement
43:51fallait aller à la Trinité-sur-Mer
43:53en dehors de l'église
43:54qui était réservée à la famille
43:55mais voir les trois sœurs Le Pen
43:57sortir de la petite église
43:58Saint-Joseph
43:59de la Trinité-sur-Mer
44:00marcher les 550 mètres
44:02qui se séparent
44:03du cimetière
44:03de la Trinité
44:04habillée en noir
44:06picturale
44:07cinématographique au possible
44:08c'était une scène
44:09honnêtement de film
44:10et puis le Val-de-Grâce
44:11avec des discours très beaux
44:12Arthur Levatrigan
44:13ce qu'on perçoit aussi
44:14dans votre ouvrage
44:15c'est une analyse aussi sociologique
44:17qui est intéressant
44:18et c'est vrai qu'aujourd'hui
44:19alors c'est vrai qu'Edouard Philippe
44:21se dit de droite
44:21Marine Le Pen se dit pas de droite
44:22on peut être un peu perdu
44:24et aujourd'hui
44:25pour vous
44:26est-ce que la droite
44:27a changé de matrice
44:28ou est-ce qu'elle a changé
44:29d'électeur ?
44:30Alors je pense quand même
44:32qu'elle a changé de matrice
44:33parce que
44:33mais sous les coups de boutoir
44:34de ses électeurs
44:36elle est devenue
44:37quand même plus conservatrice
44:39et évidemment
44:40sur le régalien
44:42alors vous me direz
44:43les états généraux du RPR
44:44à la fin des années 80
44:47le RN d'aujourd'hui
44:48on ne retirerait pas
44:49une ligne à ça
44:50mais c'est vrai qu'elle s'était
44:51Aussi je le trouverais
44:51un peu excessif
44:52peut-être
44:53elle s'était perdue
44:54elle s'était perdue en chemin
44:56un peu comme moi
44:57donc je pense qu'aujourd'hui
44:59la matrice de la droite
45:00elle est assez
45:02assez objectivement délimitable
45:04c'est effectivement
45:06c'est la rupture sarkozy
45:07c'est même la droite décomplexée
45:08quand on voit la campagne
45:09qu'a fait François Fillon
45:11en 2016
45:12pendant la primaire
45:13en 2017
45:13après quand même
45:14une carrière plus conventionnelle
45:16comme ministre de l'éducation
45:17ministre des affaires sociales
45:18et évidemment
45:18premier ministre
45:19pendant 5 ans
45:19est là qui arrive avec un projet radical
45:22rationnel certes
45:23mais radical
45:23donc je pense que la matrice de la droite
45:25aujourd'hui
45:26c'est la radicalité
45:27et tous les personnages de mon livre
45:29sont traversés par la radicalité
45:30même François Bayrou
45:31d'une certaine manière
45:32même François Fillon
45:33enfin François Fillon
45:34c'est moins une surprise
45:35mais même Édouard Philippe
45:36pardon
45:38mais tout ça
45:39ça vient du réel
45:40et le réel
45:41ce sont les électeurs
45:42alors
45:42c'est un champ d'amour
45:43trouble
45:44mais réel
45:45à la droite
45:45de vos origines
45:46de temps en temps
45:47on se demande
45:48mais vous me direz
45:48si j'ai mal compris
45:49que vous auriez peut-être aimé
45:50être de gauche
45:52est-ce que c'est le cas
45:53ça aurait été plus reposant
45:54mais ça je paraphrase
45:55Fabrice Pukini
45:56mais qu'est-ce qui vous plaît
45:57dans la gauche
45:57le fait qu'elle soit au pouvoir
45:58et que vous seriez
45:59cette fois du côté
46:00de ceux qui ne doutent pas
46:01de leur position
46:02ou est-ce qu'il y a quelque chose
46:03en elle
46:04une petite musique
46:04qui vous plaît aussi ?
46:05Non mais ça
46:06ça a pu me traverser l'esprit
46:07effectivement
46:08à certaines périodes de ma vie
46:08aujourd'hui je suis très bien
46:10dans mes baskets
46:10en étant directeur
46:11de la rédaction de Valeurs Actuelles
46:12en étant de
46:13Vous ne rêvez pas
46:13de diriger l'Obs
46:14en auteur de droite
46:15je ne crois malheureusement pas
46:17qu'il penserait à moi
46:18pour un tel poste
46:20en revanche
46:21je vous dis
46:22que la gauche
46:23a pu être un modèle
46:24dans sa manière
46:25de se mettre en scène
46:26dans sa manière
46:26de rendre compte
46:27de son ététisme
46:28dans sa manière
46:29de gagner en influence
46:30moi j'aimerais
46:31que la droite
46:33truste les prix littéraires
46:34les jurys des prix littéraires
46:36que la publicité
46:37soit de droite
46:38que le cinéma
46:38soit de droite
46:39ça ne veut pas dire
46:39qu'il n'y aurait pas
46:40un cinéma de gauche
46:41je suis moins sectaire
46:42que nos amis d'en face
46:43mais je pense
46:45qu'on a à apprendre
46:46de la gauche
46:46et je pense aussi
46:47à titre plus personnel
46:48que la gauche
46:50m'a permis une forme
46:50de respiration
46:51côtoyer des gens de gauche
46:52m'a permis une forme
46:53de respiration
46:54je raconte dans le livre
46:55que j'ai aimé trois femmes
46:56dans ma vie
46:56dont une qui m'a emmené
46:58à Cuba pendant 40 jours
47:00sa grand-mère était monteuse
47:01dans le cinéma
47:01elle avait monté
47:02tous les films
47:02d'Henri Verneuil
47:03elle s'était remariée
47:04à un acteur cubain
47:05et on était dans sa maison
47:06du Vedado
47:07qui est un quartier
47:08de la Havane
47:08et puis des boules
47:09Angela Davis
47:10qui est une sorte de
47:11Malcolm X au féminin
47:12et puis elle me raconte
47:13sa vie
47:15qui a été
47:17comment dire
47:17toute sa vie
47:18cette grand-mère
47:19toute sa vie
47:20comment dire
47:20consacrée à la déconstruction
47:22du monde
47:23d'où je venais
47:23parce qu'elle était
47:24à l'avant-garde du féminisme
47:25à l'avant-garde
47:25de la gauche culturelle
47:27et on avait ces débats
47:27très animés
47:29parce que moi quand même
47:30je défendais aussi
47:30le milieu dont je venais
47:32je défendais
47:34comment dire
47:35la légitimité
47:36de la droite
47:37conservatrice
47:38voire réactionnaire
47:39et en même temps
47:39c'était passionnant
47:40justement
47:41de pouvoir avoir
47:42cette discussion
47:42avec quelqu'un
47:43d'aussi différent
47:44que moi
47:44vous êtes à la tête
47:46d'un excellent journal
47:47d'un valoir actuel
47:48historique
47:49à droite
47:51conservateur
47:52libéral
47:53et c'est intéressant
47:55c'est que vous avez
47:55vous êtes journaliste
47:56et moi Mathieu
47:57vous demandez
47:57est-ce que vous auriez
47:58aimé être de gauche
47:59à une époque
48:00j'ai sorti de votre livre
48:01je me dis
48:01est-ce que vous auriez
48:02envie de faire de la politique
48:03parce que vous avez
48:03un rapport à l'homme politique
48:05qui est une admiration
48:07beaucoup ont envie
48:08d'être proche
48:10des politiques
48:10pour être proche du pouvoir
48:11vous vous êtes proche
48:13parce que vous les admirez
48:14alors je pense que c'est
48:15une déformation professionnelle
48:16qu'on a aujourd'hui
48:17de penser que le journaliste
48:19politique
48:19est forcément dans un rapport
48:21de répulsion
48:21voire de haine
48:22vis-à-vis du politique
48:24je confesse
48:24adorer la compagnie
48:26des hommes politiques
48:27et des femmes politiques
48:27je trouve qu'il y a
48:29là dans ce milieu
48:30des personnages
48:30à la qualité inégalée
48:32et que passer un quart d'heure
48:34ou une heure et demie
48:34avec Marine Le Pen
48:36honnêtement
48:36c'est quelque chose
48:37je raconte
48:38avoir rencontré
48:38eu la chance de rencontrer
48:39deux fois dans ma vie
48:40Nicolas Sarkozy en privé
48:42franchement
48:42j'estimerais que ma vie
48:44professionnelle serait
48:44totalement ratée
48:45si je n'avais pas vécu
48:46ces scènes
48:47avec un animal pareil
48:48qui se levait
48:49qui se rassayait
48:50qui était capable
48:50de tant de convictions
48:51qui vous expliquait
48:52que la politique
48:52c'était quelque chose
48:53de viscéral
48:53et j'ai l'impression
48:54que ses tripes
48:54allaient sortir
48:55de lui-même
48:56donc oui
48:56j'aime les hommes politiques
48:57mais en tant que narrateur
48:59pour autant
48:59je n'ai pas du tout
49:00envie d'y participer
49:01de manière active
49:01il nous reste 10 secondes
49:02le temps d'avoir une réponse
49:03simple
49:03votre chanson préférée
49:04de Jean-Pax Méfray
49:05le journaliste
49:06parce que justement
49:07elle résume un peu tout
49:07c'est-à-dire qu'il raconte
49:08dans cette chanson
49:09il était journaliste
49:10du Figaro Magazine
49:10que quand même
49:11à son enterrement
49:11il aimerait bien
49:12qu'il y ait le plus
49:12de cartes de presse possible
49:13y compris de Jean-Pax
49:14du Figaro Magazine
49:15pour qu'enfin soit réparée
49:17l'espèce d'injustice sociale
49:19qui lui avait été faite
49:19un grand merci
49:21Thuguel Denis
49:22le cendre et le feu
49:24chez Robert Lafonte
49:25mais oui
49:25j'allais le dire
49:26mais c'est le bleu
49:27le Fayard est une excellente
49:28maison d'édition
49:29vous avez bien fait
49:30de le rappeler
49:30voilà mais je me permets
49:31je n'aurais même pu dire
49:32la meilleure
49:32mais ça je sais
49:33en tout cas
49:37on revient dans un instant
49:38avec l'heure des pros
49:40c'était un plaisir
49:41de vous recevoir
49:42Merci à vous
49:42à tous les trois
49:43et de vous écouter
49:46Mathieu
49:46Arthur de Vatrigan
49:47un grand merci
49:48puisque c'est la dernière
49:49de la saison pour moi
49:50Mathieu Bocoté
49:51oui
49:51le week-end prochain
49:53J'ai une égagation
49:54Flemard
49:54alors contrairement à vous
49:56qui allez sillonner l'Europe
49:57en juillet
49:58moi je travaillerai
49:59pas du tout
49:59je ne veux pas sillonner l'Europe
50:00je vais tout au Québec
50:02c'est presque l'Europe
50:03oui
50:04une bulle de France
50:05en dehors du continent
50:07donc un grand merci
50:08chers amis
50:08et dans un instant
50:10c'est l'heure des pros
50:12c'est l'heure des pros
50:12c'est l'heure des pros
50:13c'est l'heure des pros
Commentaires

Recommandations