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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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Transcription
00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour face à Mathieu Bock-Côté,
00:04un invité exceptionnel, émission exceptionnelle bien sûr, Alain Finkielkraut.
00:08Bonsoir.
00:09Bonsoir.
00:09Ravi de vous retrouver sur le plateau de CNews.
00:12Merci beaucoup.
00:13Et de Mathieu Bock-Côté, vous allez être interrogé par les deux experts,
00:17Arthur Devatrigan et Mathieu Bock-Côté.
00:19Préparez-vous bien sûr, soyez prêts.
00:22Mathieu, cher Mathieu, bonsoir.
00:23Bonsoir.
00:24Arthur Devatrigan, bonsoir.
00:25Bonsoir.
00:25Avant de décortiquer le cœur lourd, ce n'est pas le mien, c'est l'œuvre d'Alain Finkielkraut.
00:33Le point sur l'information puisqu'il est 19h.
00:36Isabelle Picou.
00:39Bonsoir, Elliot, bonsoir à tous.
00:40À la une, la tempête Oriana approche et avec elle, les perturbations dans les aéroports parisiens.
00:46Demain, les compagnies aériennes sont appelées à réduire leur programme de vol de 30% pour Paris-Charles-de-Gaulle
00:52et de 20% pour l'aéroport d'Orly.
00:55Dès 8h du matin, 15 départements du nord seront placés en vigilance orange neige verglas.
01:00Quatre autres du côté des Pyrénées seront en vigilance avalanche à partir de 17h.
01:05La Gironde, elle est sous les eaux.
01:07Les secours surveillent de près les digues alors que les crues continuent.
01:10Certains villages le long de la Garonne sont totalement isolés.
01:14Des missions d'évacuation ont été organisées.
01:17Après la tempête meurtrière Nils, la Gironde et le Lot-et-Garonne sont maintenus ce week-end en vigilance rouge.
01:23Quinze autres départements sont en vigilance orange, également pour crues.
01:27Un brevet national des métiers d'art sera proposé dès la rentrée scolaire de septembre
01:32avec quatre spécialités, ébénisterie, bijouterie, maroquinerie et horlogerie.
01:36Un cursus en trois ans ouvert aux élèves dès la sortie de troisième
01:40et qui permettra une poursuite d'études dans l'enseignement supérieur.
01:45Le ministère de l'Éducation nationale entend pérenniser les savoir-faire
01:48et répondre à une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée dans le secteur.
01:53L'actualité internationale, l'opposant russe Alexei Navalny, mort en 2024,
01:58a été empoisonné en prison avec une toxine létale rare par Moscou.
02:02Cinq pays, dont la France, en sont convaincus après les résultats d'une enquête.
02:07Selon le chef de la diplomatie française, cela montre que Vladimir Poutine
02:11est prêt à utiliser l'arme bactériologique contre son propre peuple
02:16pour se maintenir au pouvoir.
02:18Aux États-Unis, le ministère américain de la Sécurité intérieure
02:21entre en paralysie budgétaire, un shutdown partiel,
02:25parti pour durer en raison du différent entre démocrate et républicain
02:29sur les pratiques de l'ICE, la police de l'immigration.
02:33Conséquence, des milliers de fonctionnaires vont être mis au chômage technique,
02:36d'autres continueront de travailler, mais leur salaire ne sera pas versé
02:40juste à ce que le Congrès s'entende sur un budget pour le ministère dont dépend l'ICE.
02:45Et puis l'horreur au Nigeria.
02:47Trois villages de l'État du Niger ont été attaqués par des hommes armés
02:51dans le centre-ouest du pays.
02:53Au moins 46 personnes ont été tuées par balles ou égorgées.
02:56Les attaques meurtrières et les enlèvements de masse se multiplient
03:00en raison d'une insurrection djihadiste.
03:02Les États-Unis pointent l'incapacité du Nigeria à endiguer ces violences.
03:07Merci chère Isabelle Pivoulot pour le point sur l'information.
03:12Et c'est le cœur lourd que nous venons d'apprendre.
03:15La disparition de Quentin, 23 ans, grièvement blessé lors d'une agression sauvage et barbare,
03:21jeudi soir à Lyon.
03:23Nous traitons cette actualité depuis hier avec beaucoup de prudence
03:27puisque l'enquête est en cours.
03:29Mais le parquet vient de l'annoncer.
03:31Quentin, 23 ans, et donc mort des suites de ses blessures.
03:36Le portrait que vous voyez est un portrait qui nous a été transmis,
03:40un dessin qui nous a été transmis cet après-midi par l'entourage amical de Quentin.
03:47Pensons bien sûr à Quentin, à ses proches et à tous ceux qui sont sidérés
03:53et vous êtes des millions de Français à l'être par cette agression barbare.
03:57Mathieu Bocoté, vous ne ferez qu'un éditorial ce soir
04:00justement pour donner toute la place à votre invité dans un instant,
04:04Alain Finkielkraut, mais vous teniez quand même à revenir,
04:07même brièvement, sur le terrible sort de Quentin,
04:11victime d'une milice d'extrême-gauche.
04:15Alors, vous avez dit il y a quelques instants, on en parle beaucoup depuis hier,
04:19mais on en parle beaucoup sur cette antenne et très peu ailleurs.
04:23C'est-à-dire qu'une partie du pays, s'il ne regarde pas ces news,
04:27n'est pas au courant du fait qu'un jeune homme a été lynché, a été massacré et est finalement mort
04:34parce qu'une milice d'ultra-gauche, de jeunes hommes manifestement avec une psychologie milicienne
04:41se sont permis de le battre à mort.
04:44Et c'est une scène de rage, c'est une scène de violence extrême.
04:48Et comment ne pas y voir ?
04:49Vous savez, de temps en temps, chez l'être humain, il y a le désir de franchir un cap.
04:52De temps en temps, il y a le désir de donner le dernier coup, de faire l'ultime transgression.
04:57Comment ne pas voir dans ce qui, dans les faits, était une mise à mort ?
05:01On aura tous les détails ensuite, mais manifestement c'était ça.
05:03Comment ne pas y voir un acte de la plus terrible violence politique qui revient ?
05:09Alors, ce qu'on doit chercher à comprendre, c'est ce qui a rendu la chose possible.
05:13Le premier élément, c'est le délire antifa.
05:17Par définition, si vous vous présentez comme un antifasciste
05:19et que vous avez devant vous des gens que vous assimilez au fascisme ou au nazisme qui reviennent,
05:24dès lors que vous collez l'étiquette de fasciste à quelqu'un, ou de nazi plus encore,
05:28vous vous donnez le droit d'amener la lutte jusqu'à mort.
05:31Dès lors que vous êtes devant des nazis, on ne discute pas avec les nazis.
05:34On les combat, on fait tout ce qu'il faut pour les éliminer.
05:37À l'échelle de l'histoire, c'est ça.
05:38Lorsque vous collez à quelqu'un l'étiquette de fasciste ou de nazi,
05:41c'est un permis de tuer mentalement que vous vous donnez.
05:45La mort sociale, la plupart du temps, mais il arrive qu'on se franchisse un seuil,
05:50et là, c'est la mort physique.
05:51Rappelez-vous l'histoire de Charlie Kirk aux États-Unis, il y a quelques mois à peine.
05:56Eh bien, aujourd'hui, il y a un Charlie Kirk français, et c'est Quentin,
05:59qui, dans les circonstances, se présentait, si j'ai bien compris, les détails restent à venir,
06:03mais protégeaient les jeunes femmes de Némésis qui protestaient contre la venue d'Eurima Hassan
06:09pour une conférence à Lyon.
06:11Deuxième élément, les antifas sont des miliciens.
06:15Il faut nommer les choses comme telles, ce sont des miliciens.
06:17Les antifas, en général, se comportent, en fait, comme une milice qui a pour vocation de semer la terreur.
06:25Semer la terreur en laissant la possibilité, chaque fois, d'intervenir sur un événement,
06:30de frapper, de passer à la violence physique.
06:33Je note, par exemple, qu'un historien qui est très célébré à gauche aujourd'hui, Marc Bré,
06:37avait écrit un livre sur la mouvance antifas,
06:39et légitimait la violence physique comme instrument d'intimidation
06:43pour être capable de rendre le coût social de certaines idées tellement élevé
06:47que certains s'auto-censuront par peur de la violence physique.
06:51On voit jusqu'où la violence physique est arrivée.
06:53L'époque était à la violence.
06:55J'ai souvent dit qu'il y a une forme de réchauffement global des passions politiques.
06:58À l'échelle de l'histoire, la politique se conjugue davantage avec la violence qu'avec la conversation.
07:03Eh bien, nous y sommes de retour.
07:05Dernier élément sur lequel je voudrais revenir avant de passer la parole à notre ami Arthur Devatrigan.
07:09Je voudrais parler du système médiatique, de sa manière de traiter cet acte absolument atroce.
07:16Soit on n'en parle pas.
07:17On l'a dit sur plusieurs chaînes d'infos, dans certains journaux.
07:21C'est un non-événement.
07:22La mise à mort de Quentin est un non-événement.
07:24Le fait de le battre à mort, que les milices d'extrême-gauche le battent à mort, c'est un non-événement.
07:29Ou alors, on en parle comme un événement de violence générique.
07:32Des violences auraient eu lieu.
07:34Des violences qui sortent de nulle part.
07:36Des violences qu'on refuse de caractériser.
07:38Mais demandez-vous un instant si les miliciens en question étaient d'ultra-droite.
07:41Pensez-vous un seul instant qu'il y aurait un tel silence.
07:45À certains égards, ça fait penser à l'événement de Crépolle.
07:48Rappelez-vous qu'il répond qu'on avait refusé de nommer le racisme anti-blanc parce qu'il n'entrait pas dans le narratif médiatique global.
07:55Soit encore, on lui présente ça comme une rixe entre bandes rivales.
07:59Donc là, l'agresseur et l'agressé sont mis dans le même sac, dans un même événement.
08:04C'est d'ailleurs le traitement qu'a proposé l'AFP, si j'ai bien compris, pendant un temps tout le moins.
08:09On peut même nous dire quelquefois, entre des militants d'extrême droite identitaire et des militants antifascistes.
08:19Finalement, encore une fois, l'agressé devient l'agresseur.
08:23Je note que chez certains, il y a une légitimation de la violence.
08:25J'ai vu un député de LFI dire pourquoi il y a-t-il de ces bandes antifas.
08:31Parce qu'il considère que la police ne va pas assez loin dans la protection des militants de gauche
08:36contre les bandes apparemment identitaires radicales d'ultra-droite.
08:39Donc, il y a une forme d'appel à l'autodéfense dans une partie de la gauche radicale
08:42qui légitime dès lors une privatisation de la violence.
08:46Soit, ça va encore plus loin, et ça je l'ai vu, des gens non seulement disent que Quentin l'a bien cherché,
08:52et par ailleurs, avec les idées qui sont les siennes, est-ce qu'il faut vraiment pleurer sa mort ?
08:56Avec les idées qu'on lui prête, est-ce qu'on ne doit pas plutôt simplement dire « bon débarras »,
09:00je l'ai lu sur les fameux réseaux sociaux.
09:02Et la gauche radicale, dans les circonstances actuelles, vous noterez, ne recule en rien,
09:06d'aucune manière ne s'excuse, d'aucune manière ne remet en question la violence politique,
09:11et à travers le récit actuel, c'est encore l'extrême droite qui est coupable.
09:13L'extrême droite est coupable en tout, même quand elle est battue à mort.
09:17Cette violence militienne d'ultra-gauche relève d'une forme de terreur intérieure
09:20qu'il nous faut nommer aujourd'hui.
09:22Il nous faut d'autant plus la nommer que le récit médiatique dominant fait tout pour l'occulter.
09:27Je pense que notre ami Arthur a aussi quelque chose à dire sur cela.
09:30Et nous en parlerons...
09:31Avec Alain Finkielkraut.
09:31Avec Alain Finkielkraut, bien sûr, et vous aurez tous les témoignages dans l'Or des pros ce soir,
09:37avec notamment des amis de Quentin qui ont témoigné au micro de CNews.
09:41Je vous donne la dernière information si vous nous rejoignez.
09:44Quentin, 23 ans, a donc succombé à ses blessures.
09:47Il est mort après avoir été lynché jeudi soir dans les rues de Lyon.
09:53L'enquête est en cours actuellement.
09:56Peut-être un mot, Arthur, et puis vous souhaitez présenter notre invité exceptionnel ce soir, Alain Finkielkraut.
10:03Oui, parce que nous vivons depuis quelque temps dans une brume qui s'épaissit chaque jour.
10:08Et lorsque les grands sujets de débat ne sont plus le taux de CSG mais une nation en péril,
10:12soudain la nuance ou la morale se révèlent complexes et plus rapidement suspectes.
10:19Plus le sujet est vital et plus la polarisation s'intensifie et plus nous sommes sommés de choisir un camp.
10:25Alors c'est vrai qu'à force d'avoir dévoré l'héritage gaullien, nos dirigeants successifs ont dénudé la France.
10:31Et donc nous voici relégués au rôle de commentateurs.
10:34Mais néanmoins, commenter n'oblige pas à se fourvoyer dans un patriotisme de substitution,
10:41qu'il soit russe, qu'il soit américain ou dans le rêve dorénamment assumé d'une France grand remplacée.
10:48Alors je reconnais la force et séduisante, mais l'héritage des uns nettement moins.
10:54Et c'est pourquoi nous avons besoin peut-être encore plus aujourd'hui de phares, de vigies.
10:58On appelle ça aussi des philosophes.
11:00Alain Finkielkraut en fait partie, des artisans de la pensée, parce que leurs outils s'appellent les mots.
11:06Alors tâche difficile et périlleuse, parce que quand elle est mal exécutée,
11:09ça ajoute du malheur au monde selon la Maxime Camusienne.
11:13En matière de genre, je suis totalement binaire.
11:16En matière intellectuelle, je suis non binaire.
11:18Avait-il malicieusement glissé Alain de Vecchio dans un portrait magnifique du Figaro ?
11:25Et donc voici peut-être la leçon qu'on peut retenir de ce très beau livre,
11:28Le cœur lourd, c'est que les idées ne se développent pas sur une autoroute rectiligne.
11:33Tout comme l'honnêteté et la droiture ne s'amarreront jamais à une étiquette,
11:36et peut-être encore moins politique.
11:38Et donc le garde-fou, le doute, pardon, apparaît comme un garde-fou bougrement sérieux.
11:44Et lorsqu'on découvre dans une magnifique préface de Vincent Trémolet,
11:48qu'un type se retrouve à la fois heureux et soulagé d'avoir tapé le bon code de sa carte bleue,
11:53on se dit alors qu'on peut lui faire confiance.
11:55Parce qu'aujourd'hui, encore plus que jamais, nous avons besoin de sa voix, de ses voix,
12:00parce que lorsque la parole disparaît, lorsque l'adversaire devient un ennemi,
12:04lorsqu'on ne débat plus, lorsqu'on n'interpalle plus,
12:06eh bien on lynche, on tue, et c'est ce qui s'est passé malheureusement jeudi.
12:10Alain Finkielkraut est l'invité de Face à Mathieu Boccoté.
12:14Le cœur lourd, voilà le dernier ouvrage d'Alain Finkielkraut.
12:18Mathieu Boccoté.
12:18Alors, Alain Finkielkraut, vous avez connu les années 60-70 où il y avait une grande violence politique,
12:24une certaine, l'ultra-gauche de l'époque revendiquait la violence politique.
12:28Elle revient aujourd'hui dans nos sociétés dans sa forme la plus barbare,
12:31elle peut pousser à la mise à mort.
12:33Que vous inspire la mise à mort, enfin le massacre de Quentin, qu'on va prendre direct ?
12:39Alors, 68, que je ne revendique pas, c'était le moment grégaire de ma vie,
12:46mais 68, l'un des slogans, c'était « assez d'actes des mots ».
12:51C'était une véritable débauche verbale, donc ne pas tout confondre.
12:58Il y a eu ensuite, effectivement, notamment en Italie, en Allemagne,
13:02et un peu en France, des années de plomb.
13:04Et bien, justement, je commencerai par là.
13:08Pasolini, qui n'a rien d'un militant identitaire, vous en conviendrez,
13:14a dit, il y a quelques décennies,
13:18« Les fascistes d'aujourd'hui, ce sont les antifascistes ».
13:24Et il avait raison.
13:28Parce que, comme vous l'avez dit tout à l'heure, Mathieu Bocoté,
13:31en me coupant méticuleusement l'herbe sous le pied, c'est vrai.
13:39Les fascistes, vous voyez, après ce qui s'est passé,
13:45après la guerre, ce sont les ennemis du genre humain.
13:50Donc, ils ne font pas partie de l'humanité.
13:54Il est donc normal de les exclure, de les faire taire,
13:59et cela peut aller jusqu'à les tuer.
14:04Alors, vous ne suivrez pas tout à fait quand vous dites qu'on n'en parle pas.
14:11On en parle aussi sur d'autres chaînes,
14:13de cet horrible lynchage.
14:16Mais, il est vrai que l'on dénonce souvent une rixe
14:24entre gens d'extrême droite et d'extrême gauche.
14:28Mais on en parle pour ne pas en parler.
14:29Quand on dit rixe sans caractériser les faits,
14:32c'est une manière de nommer tout en laissant de côté.
14:34Oui, c'est vrai.
14:35Mais, il y a eu quand même un grand article dans le Figaro aujourd'hui
14:39qui n'allait pas dans ce sens.
14:40Bref, on dit militants d'extrême droite et d'extrême gauche.
14:47Revenons aux faits.
14:49Il y avait une conférence, et je m'y attarderai tout à l'heure,
14:53de Rima Hassan à l'université de Lyon 2.
14:57Des militantes, des femmes donc, de Némésis,
15:02ont voulu protester en disant
15:04« islamo-gauchistes hors de nos facs ».
15:07Elles ont été attaquées, molestées, frappées, jetées à terre.
15:13Et l'une d'entre elles a été blessée.
15:15Qu'est-ce que c'est ? C'est quoi ?
15:17C'est l'extrême droite ?
15:18Némésis est un collectif féministe
15:21qui proteste notamment
15:25contre les viols commis le 7 octobre
15:30par les miliciens du Hamas.
15:33Parce que pour le féminisme d'extrême gauche,
15:37le 7 octobre est un acte de résistance.
15:39Donc voilà.
15:40Où est l'extrême droite ?
15:41En outre, il n'y a pas eu de rixe.
15:45Ce pauvre Quentin était avec d'autres
15:47chargé de protéger les femmes.
15:51Je répète, c'était des femmes.
15:52Il s'est éloigné.
15:56Il a été poursuivé par un certain nombre de gens.
16:02Et c'est là qu'il a été frappé
16:04et finalement à mort.
16:07À mort.
16:08Donc c'est un véritable lynchage
16:11commis très vraisemblablement
16:14par des militants de la Jeune Garde,
16:18organismes dissous
16:19par Bruno Retailleau.
16:23Et il faut vous dire
16:25que certaines associations
16:27ont déposé
16:29une plainte
16:32auprès du Conseil d'État
16:34pour protester
16:35contre cette dissolution
16:37et notamment
16:39la Ligue des droits de l'homme.
16:41L'évolution de la Ligue des droits de l'homme
16:42depuis sa création
16:44au moment de l'affaire Dreyfus
16:46donne infiniment à penser.
16:49Mais à l'échelle de...
16:50Une chose me frappe.
16:51La violence de l'ultra-gauche
16:53est une violence tolérée.
16:55Une violence excusée.
16:56Comme si à l'échelle de l'histoire
16:57on avait fait le bilan
16:58du fascisme et du nazisme
17:01et on savait le mal qu'il pouvait faire.
17:03Mais la violence d'ultra-gauche
17:04est encore excusée aujourd'hui.
17:06On la traite quelquefois
17:07on va même la célébrer
17:08en disant
17:08si vous n'êtes pas antifasciste
17:10qu'êtes-vous donc ?
17:11Non, je n'irai pas
17:12qu'elle est excusée
17:13mais je m'inquiète
17:15de notre avenir.
17:17C'est-à-dire
17:17que va-t-il se passer
17:19en France
17:20si un candidat
17:22ou une candidate
17:23du Rassemblement national
17:24est élu en 2027
17:26à la présidence
17:28de la République ?
17:30Un déchaînement
17:31des antifas.
17:35Nous courons ce risque-là.
17:36non pas une résurgence
17:38du fascisme
17:39mais
17:40une violence
17:41antifa
17:42sans limite.
17:45Voilà ce qui
17:45peut nous attendre.
17:46Alors,
17:47je le dis tout de suite
17:48peut-être contrairement
17:49à d'autres
17:50et notamment
17:51des spectateurs
17:52de ces news,
17:54je ne souhaite pas
17:55une victoire
17:56d'un candidat
17:57et d'une candidate
17:58du Rassemblement national.
17:59Je voudrais bien
18:00qu'en 2027
18:02s'oppose
18:03un candidat
18:04de la droite
18:04réveillé
18:05et un candidat
18:06de la gauche
18:08républicaine
18:09et social-démocrate.
18:10On n'en prend pas
18:10le chemin.
18:11On n'en prend pas
18:12le chemin.
18:13Je le crois.
18:13Ces candidats
18:13rêvés portent un nom ?
18:15Comment ?
18:16Les candidats
18:16auxquels vous rêvez
18:17portent un nom
18:18et portent un visage ?
18:19Vous dites
18:20le candidat
18:20de la droite
18:21réveillé
18:21contre la gauche
18:22républicaine.
18:23À qui pensez-vous ?
18:24Vous me tirez
18:26les vers du nez,
18:26Mathieu Bocoté.
18:27La droite réveillée,
18:28c'est Bruno Retailleau.
18:29À la gauche,
18:32digne de ce nom,
18:34c'est soit
18:35Raphaël Gruxmann,
18:37soit Jérôme Gage.
18:39Leurs chances
18:39sont très minces.
18:42Nous sommes menacés
18:43d'un deuxième tour
18:45Bardella-Mélenchon,
18:48ce qui serait
18:48pour moi
18:49un cauchemar.
18:51Et j'ajoute
18:51que dans ce cas,
18:55les antisémites
18:56de France,
18:57ceux qui sont
18:58habitées par la passion
18:59antisémite.
19:00Vraiment.
19:01D'où qu'ils viennent
19:02de Rivarol
19:05à l'extrême-rouge
19:08pro-palestinienne,
19:09voteront
19:10comme un seul homme
19:11Mélenchon.
19:13Bardella
19:13et Marine Le Pen
19:14sont traînés
19:15dans la boue
19:16par Rivarol.
19:17Donc ça,
19:18j'en ai tout à fait
19:19confiance.
19:21Mais revenons
19:22à nos moutons.
19:22nous aurons
19:25une frénésie,
19:27une fureur
19:28antifa
19:29en cas
19:32de succès
19:33du Rassemblement
19:34National
19:34en 2027.
19:36Alors,
19:36un autre mot,
19:38si vous voulez.
19:39C'est à l'occasion
19:40d'une
19:42venue
19:44de Rima Hassan
19:46à l'université
19:48Lyon 2
19:48que ces violences
19:51se sont déchaînées.
19:53Mais que faisait
19:54Rima Hassan
19:56à l'université
19:57de Lyon 2 ?
19:58Parce que
19:59le propos
19:59de Rima Hassan
20:00est simple.
20:02Israël
20:03est une monstruosité
20:04sans nom.
20:05Et,
20:06j'ajoute
20:06ce tweet
20:07tout à fait révélateur
20:09aux sionistes
20:11qui me lisent,
20:12je veux dire
20:13vous êtes pour nous
20:14ce que les nazis
20:15étaient pour vous
20:16et cela vous suivra
20:18jusqu'à la fin des temps
20:19jusqu'à la dernière
20:20guide de sang
20:21nous résisterons.
20:25Ce n'est pas
20:25les sionistes
20:26que visaient
20:28les nazis
20:28tout le monde le sait.
20:30Les juifs assimilés
20:31les juifs antisionistes
20:32allaient
20:32dans les chambres à gaz.
20:34Donc par sioniste
20:34elle entend
20:35très clairement
20:36juifs
20:37et c'est ça
20:38c'est cet antisémitisme
20:40débridé
20:41qui est aujourd'hui
20:42invité
20:43dans une grande
20:44université française.
20:46C'est absolument
20:46terrible.
20:47elle mériterait
20:48des poursuites judiciaires
20:49Emmanuel Macron
20:50a dit que
20:51des hommes politiques
20:53ou des femmes politiques
20:54prises en flagrant délit
20:55d'antisémitisme
20:58devraient être inéligibles
21:00ou de racisme
21:00ou de propos discriminatoires
21:02et bien j'attends
21:02que cela se produise.
21:04Il nous reste
21:05en deuxième partie
21:05on parlera de votre livre
21:06évidemment
21:06mais une question
21:07vous venez de référer
21:08à cette déclaration
21:09d'Emmanuel Macron
21:09qui dit
21:10rendre inéligibles
21:11les gens qui tiennent
21:12des propos racistes
21:13ou ainsi de suite
21:13est-ce que dans les faits
21:14ça ne sert pas
21:15quand on comprend
21:15la définition
21:16qu'on a
21:17du mot racisme
21:18aujourd'hui
21:18est-ce qu'il ne s'agit
21:19pas de rendre inéligibles
21:20tout simplement
21:20les critiques
21:20de l'immigration massive ?
21:22Non, je ne crois pas
21:22je ne crois pas
21:23que c'était cela
21:24dans son esprit
21:25d'autant plus
21:26que c'était à l'occasion
21:27d'une conférence
21:29sur l'antisémitisme
21:31il a planté un chêne
21:33à l'Elysée
21:34en hommage
21:35en honneur
21:36de Ilan Halimi
21:38donc
21:39il ne pouvait pas
21:40s'en tenir
21:41exclusivement
21:43à l'antisémitisme
21:44mais c'était cela
21:46qu'il avait en tête
21:47et je pense
21:48que ce sera
21:48très difficile
21:49puisqu'aujourd'hui
21:51l'antisémitisme
21:52a changé de nature
21:54Bernanos disait
21:56en 1945
21:57Hitler a déshonoré
21:59l'antisémitisme
22:00une phrase difficile
22:02à comprendre
22:02mais très profonde
22:03il avait raison
22:04pour l'antisémitisme raciste
22:06celui-ci
22:08survit vraiment
22:09au marge
22:10de la société
22:11mais depuis 1967
22:12c'est-à-dire
22:14la guerre des six jours
22:15un antisémitisme
22:17antiraciste
22:18se développe
22:19autour d'Israël
22:21pays non plus
22:21de pionniers
22:22des survivants
22:23mais de conquérants
22:24de colonialistes
22:26et maintenant
22:27depuis le 7 octobre
22:28de génocidaires
22:30donc
22:30juifs
22:31nous sommes traités
22:32de sionistes
22:33dès lors que nous avons
22:34un lien avec Israël
22:35et sionistes
22:36veut dire génocidaires
22:38donc si vous voulez
22:38si
22:39c'est les antifas
22:41c'est contre
22:42ceux qu'on appelle
22:43les fascistes
22:44mais
22:45nous aussi
22:46nous tous les juifs
22:47ont avec
22:48cette accusation
22:49de génocidaire
22:50une cible dans le dos
22:51Alain Finkielkraut
22:52invité exceptionnel
22:54de face
22:55à Mathieu Bocoté
22:56nous revenons
22:56cher Alain
22:57dans quelques instants
22:58pour la deuxième partie
22:59de cette émission
23:00à tout de suite
23:01il est 19h30
23:05sur CNews
23:06notre invité exceptionnel
23:07pour face
23:08à Mathieu Bocoté
23:09Alain Finkielkraut
23:11pour son dernier livre
23:12Le coeur lourd
23:14Mathieu Bocoté
23:16c'est à vous
23:16Le coeur lourd
23:18parce que c'est un livre
23:18absolument magnifique
23:19donc effectivement
23:20il fallait prendre le temps
23:20pour en parler
23:21vraiment
23:21donc c'est un livre
23:22d'entretien
23:23que vous avez fait
23:24avec Vincent Trémolet
23:25Vincent Trémolet
23:26de Villers
23:27qui est au Figaro
23:29et ce qui est tout à fait
23:30intéressant dans ce livre
23:31c'est que dans votre histoire
23:32vous avez souvent été
23:33en débat
23:34avec différentes tendances
23:36de la
23:37on pourrait dire
23:37de la gauche apostate
23:38c'est à dire
23:39vous parliez
23:40de différentes tendances
23:41de l'ancienne gauche
23:42et là
23:43Vincent Trémolet
23:43vient de la droite
23:45il se présente
23:46la droite
23:47c'est quoi le terme exact
23:48la droite affirmée
23:49je crois
23:49il dit à l'époque
23:50où certains se demandaient
23:51est-ce qu'il faut choisir
23:52entre Camus
23:53et Sartre
23:54il choisit Limier
23:55bon oui
23:56donc la première question
23:57sur ce livre
23:58qu'est-ce qui est à l'origine
23:59de cette conversation
24:00entre vous
24:01et qu'est-ce que ça fait
24:02de discuter aussi longuement
24:03avec un homme de droite
24:04alors à l'origine
24:06il y a une conférence
24:08que j'ai prononcée
24:09pour le 80e anniversaire
24:12de la libération
24:13d'Auschwitz
24:14pour le CRIF
24:17et c'est Vincent Trémolet
24:20de Villers
24:20qui m'interrogeait
24:21j'ai trouvé ces questions
24:23très pertinentes
24:24j'en avais gardé
24:25un excellent souvenir
24:26j'ai donc pris mon courage
24:29à deux mains
24:29appelé Vincent Trémolet de Villers
24:32et je lui ai demandé
24:32est-ce qu'on ne peut pas
24:34continuer
24:34élargir
24:36vous me posez des questions
24:38vous me les envoyez
24:38j'écris
24:39et on fait ça
24:40il a
24:42il a accepté
24:43il était dubitatif
24:45et moi aussi
24:46pourquoi ?
24:47moi parce que
24:48j'avais déjà donné
24:49des livres d'entretien
24:50et je lui ai
24:51qu'est-ce que ça apportera
24:52de plus ?
24:53est-ce que je ne fais pas
24:54le livre de trop
24:55pour me masquer
24:57mon manque d'inspiration
24:58et lui se demandait
25:00où on allait
25:01je me félicite
25:02maintenant
25:03de cette décision
25:05commune
25:06non pas simplement
25:08parce que je parlais
25:10avec un homme de droite
25:11mais parce que je parlais
25:13avec Vincent Trémolet de Villers
25:14et c'est l'individu
25:16qui compte
25:17alors cela étant
25:19il m'a entraîné
25:20sur son terrain
25:22mais son terrain
25:22ce n'était pas forcément
25:23la droite
25:24non non bien sûr que non
25:25c'était par exemple
25:26la question de la prière
25:28est-ce que je prie ?
25:32mes parents priaient-ils ?
25:33donc j'ai réfléchi
25:35je me suis interrogé
25:36j'ai répondu
25:38que
25:38en effet
25:39mes parents
25:40ne priaient jamais
25:41mon père
25:43ne cessait de dire
25:44il faut être fou
25:46après Auschwitz
25:47pour croire encore en Dieu
25:48etc
25:49donc
25:51et
25:52en revanche
25:53j'en parle
25:55Pénélévy
25:56intellectuel
25:57que j'ai beaucoup aimé
25:59a fait son retour
26:00au judaïsme
26:01et lui disait
26:02ben non
26:03Dieu ne s'est pas absenté
26:04à Auschwitz
26:05et il dit ceci
26:06nous prenons
26:08les coups pleuvent sur nous
26:10quand on a foulé
26:11au pied de la Torah
26:12comme si justement
26:14Auschwitz
26:15enfin
26:16Hitler était une punition divine
26:18c'est malheureusement
26:20j'ai lu ça
26:21dans un
26:22livre posthume
26:23je ne peux donc pas
26:24lui répondre aujourd'hui
26:25mais j'étais atterré
26:26et là évidemment
26:27je pense à mon père
26:28et
26:29à tout ce qui est arrivé
26:31et donc
26:32voilà
26:32je suis du côté
26:35de mon père
26:36mais il est vrai aussi
26:37qu'il m'arrive
26:38il m'arrive
26:40de prier
26:41non pas pour demander
26:42quelque chose
26:43sauf peut-être
26:44quand un proche
26:45est très malade
26:46donc là tout d'un coup
26:47je dis
26:47Dieu
26:48Dieu
26:48Dieu fait quelque chose
26:50et je croirai en toi
26:50définitivement
26:51sinon
26:53j'ai envie de prier
26:54pour rendre grâce
26:55un beau moment
26:56est-ce que votre art
26:58de la citation
26:59n'est pas votre manière
27:00de prier
27:00parce qu'on note
27:01dans vos livres
27:02la citation est toujours présente
27:03j'ai l'impression
27:04que votre manière
27:04de prier
27:05c'est le citer
27:05en tout cas
27:07c'est une manière
27:09d'honorer
27:09la citation
27:10la culture
27:12c'est un héritage
27:14c'est un patrimoine
27:15c'est la voix des morts
27:17Auguste Comte disait
27:19la société est composée
27:20de plus de morts
27:21que de vivants
27:22j'aime entendre
27:24et faire entendre
27:25la voix des morts
27:26ah oui
27:26il y a peut-être
27:28une forme de religiosité
27:30là-dedans
27:31ce qui me manque
27:32c'est évidemment
27:33la foi
27:34et l'espérance
27:36dans une vie
27:38après la mort
27:38pour moi
27:40la mort
27:41c'est le néant
27:42et ce n'est
27:43et je vis cela
27:45malheureusement
27:46inconsolablement
27:48comme une évidence
27:49Arthur Levatrigan
27:51justement
27:52continuons sur
27:53des thèmes très heureux
27:56j'ai une citation de vous
27:57dans ce très beau livre
27:58je n'ai pas peur
27:59de l'effacement
28:00et de l'oubli
28:00de toute façon inéluctable
28:02à plus ou moins
28:02longue échéance
28:03j'ai peur de me survivre
28:05ça veut dire quoi
28:05que j'ai peur de me survivre
28:07alors ça peut vouloir dire
28:09deux choses
28:10la première
28:11voilà
28:13je m'aperçois
28:15à ma table
28:17que
28:19je n'ai plus rien à dire
28:20et
28:22j'ai encore
28:24des années
28:24à vivre
28:25alors
28:26Philippe Roth
28:27a connu
28:29ce tourment
28:31c'est-à-dire
28:32il a fini Némésis
28:33et il ne trouvait plus d'idées
28:35mais
28:36il avait une oeuvre
28:37très abondante
28:38donc
28:38la même année
28:39que
28:41Ratzinger
28:41il a annoncé
28:43sa retraite
28:43c'est les deux
28:45grandes abdications
28:46et il l'a fait
28:48avec une extraordinaire
28:50sérénité
28:50moi
28:51je sais que je ne suis pas
28:54Philippe Roth
28:54donc
28:55je n'aurai pas
28:56cette sérénité
28:57et
28:58j'ai peur de cela
29:00j'ai peur
29:01d'une vie
29:03qui n'aurait plus de sens
29:04parce que
29:06je n'aurai plus rien à dire
29:07et alors j'ai une autre peur
29:08plus commune
29:10celle
29:12non pas
29:14de la fin de la vie
29:15qui certes
29:17m'angoisse
29:18mais de la fin de vie
29:20de la mort dans la vie
29:22c'est-à-dire
29:23des maladies
29:24neurodégénératives
29:25ça
29:26c'est une obsession
29:27chez moi
29:28c'est pour cela
29:29que
29:29je
29:31je
29:31je
29:32je ne pense pas
29:33que
29:34la loi
29:34toute loi
29:36de suicide
29:38assisté
29:38ou d'éthanasie
29:39soit comme le dit
29:40Philippe de Villiers
29:42la légalisation du meurtre
29:44je pense que c'est
29:45tout autre chose
29:46mais
29:46ne rentrons pas
29:48dans ce débat ce soir
29:49voilà
29:50la peur
29:51que j'ai
29:52à mon âge
29:52de me survivre
29:54alors
29:54une des grandes questions
29:55qui vous habite
29:56et auquel vous conduit
29:57encore une fois
29:58Vincent Trémolet
29:59dans ces très belles questions
30:00c'est la question
30:02Péguis
30:02quelle heure est-il ?
30:03alors
30:04dans les années 90
30:05quelle heure est-il ?
30:06c'était pour vous
30:07l'émancipation
30:08des petites nations
30:09qui se délivraient
30:10notamment
30:10de la Yougoslavie
30:11devenue Serbostavie
30:12dans les années 90
30:14pour vous
30:15c'était aussi
30:16je pense
30:16l'espoir
30:17d'une société
30:18apaisée
30:18dans son débat démocratique
30:20et là manifestement
30:21on a changé l'époque
30:21alors aujourd'hui
30:22quelle heure est-il ?
30:24quelle heure est-il
30:25aujourd'hui ?
30:27euh
30:28les preuves
30:31disait
30:31François Mauriac
30:33euh
30:35l'épreuve
30:38à laquelle nous sommes soumis
30:40n'a jamais le visage
30:42que nous attendons
30:42donc
30:44oui
30:45il se passe
30:47quelque chose
30:48d'inquiétant
30:50et
30:51d'inattendu
30:53c'est peut-être
30:56euh
30:57d'ailleurs
30:58évidemment
30:59Huntington
31:01a eu raison
31:01contre Fukuyama
31:03nous ne vivons pas
31:05la fin de l'histoire
31:05c'est-à-dire
31:06l'adhésion
31:07du monde entier
31:09aux valeurs
31:11de la démocratie libérale
31:12nous vivons
31:14le choc
31:15des civilisations
31:16nous vivons
31:18depuis
31:18on le sait
31:19depuis l'11 septembre
31:20il y a des séparations
31:22intraitables
31:23à l'intérieur
31:24de l'humanité
31:25et ce qui est étonnant
31:26c'est que l'11 septembre
31:27c'était vraiment
31:28le symbole
31:29de la communication
31:31planétaire
31:32et ce symbole
31:32a été détruit
31:33parce que même si
31:35la technique
31:36nous permet
31:37de franchir
31:38les distances
31:38il y a des séparations
31:40comme je le disais
31:41intraitables
31:42et c'est cela
31:43à quoi
31:44nous sommes
31:45confrontés
31:46comment réagir
31:48et notamment
31:49comment se défendre
31:51en France
31:52contre ce phénomène
31:55que leur est-il
31:56c'est-à-dire
31:57la France
31:58veut persévérer
32:00dans son être
32:01la majorité
32:02des français
32:03ils proclament
32:06leur droit
32:09fondamental
32:10à la continuité
32:11historique
32:12pour reprendre
32:13une expression
32:14de Ortega et Gasset
32:15et ils savent
32:17d'où
32:18c'est leur angoisse
32:18existentielle
32:19que ce droit
32:20est menacé
32:21cette menace
32:23c'est l'heure
32:23d'aujourd'hui
32:25mais l'heure
32:25d'aujourd'hui
32:25est-ce que c'est pas
32:26aussi
32:27on reconnait le titre
32:28du livre
32:29de Diampoli
32:29l'heure des prédateurs
32:30est-ce que c'est pas
32:31aussi le retour
32:32inattendu
32:33des empires
32:34à travers
32:35les états
32:35civilisationnels
32:36et vous
32:37qui avez
32:37dans les années 90
32:38j'y reviens
32:39autant du messager
32:40européen
32:40dans votre livre
32:41l'ingratitude
32:41un livre d'entretien
32:42avec Antoine Robitaille
32:44vous étiez
32:45le philosophe
32:45des petites nations
32:46les petites nations
32:47qui sont
32:48finalement
32:49leur projet
32:50c'est de survivre
32:51dans l'histoire
32:51elles sont conscientes
32:53de leur précarité
32:53est-ce qu'on vient
32:54pas de basculer
32:55dans un tout autre monde
32:56avec les empires
32:57prédateurs
32:57que nous connaissons
32:58aujourd'hui
32:58et non
32:59parce que
33:00dans les années
33:0180-90
33:02où je publiais
33:04le message
33:05européen
33:06il y avait
33:06un empire
33:07qui était
33:08l'empire
33:09soviétique
33:10et des petites
33:11nations
33:12qui
33:13à travers
33:14leurs
33:14intellectuels
33:17essayaient
33:18de survivre
33:19alors ce que nous
33:20constatons
33:20aujourd'hui
33:21c'est que même
33:23les grandes nations
33:24sont en passe
33:26de devenir
33:26des petites nations
33:27Milan Kundera
33:28justement
33:30qui définissait
33:30la petite nation
33:31comme celle
33:33dont l'existence
33:34est en question
33:35rappelait
33:36le premier vers
33:38de l'hymne polonais
33:40la Pologne
33:41n'a pas encore péri
33:42il disait
33:42ni en Espagne
33:43ni en France
33:44un hymne
33:47pourrait commencer
33:48comme cela
33:49mais on peut
33:50se poser la question
33:51oui la France
33:52n'a pas encore péri
33:53mais peut-être
33:54dans 50 ans
33:55aura-t-elle
33:57ou dans 100 ans
33:59aura-t-elle
33:59quasiment disparu
34:01donc nous vivons
34:02à l'heure
34:03des petites nations
34:05et pour ce qui est
34:06de la Russie
34:07nous vivons
34:08le retour
34:09de l'empire
34:10la volonté
34:11manifestée
34:12par Poutine
34:13de
34:14de
34:14de récupérer
34:15justement
34:16un certain nombre
34:18de territoires
34:18perdus
34:19et nous retrouvons
34:20justement
34:21le risque
34:22de la guerre
34:22parce que certes
34:23Poutine
34:24ne veut pas faire
34:25la guerre
34:26à l'Europe
34:26même si
34:27ses propagandistes
34:28à la télévision
34:29ne cessent
34:30de menacer
34:30la France
34:31et l'Allemagne
34:32de bombardements
34:34nucléaires
34:35même s'il y a
34:35une guerre hybride
34:36jusqu'en Allemagne
34:39mais
34:39les pays
34:40les pays baltes
34:41sont menacés
34:42et les pays baltes
34:43sont dans le temps
34:43donc l'heure
34:44d'aujourd'hui
34:45c'est également
34:47le retour
34:48de la guerre
34:49en Europe
34:50du fait
34:51d'un empire
34:52redevenu
34:53prédateur
34:54Arthur
34:54de Batrigan
34:55je vous parlais
34:56des petites nations
34:57justement
34:57et à l'intérieur
34:58de ces petites nations
34:59les peuples
35:00on observe quand même
35:01une rupture
35:02dans certains pays
35:04en tout cas en France
35:05entre le peuple
35:05et ses élites
35:06et vous qui aimez
35:07beaucoup les citations
35:09je vais vous en proposer
35:09une que je n'ai pas
35:10trouvée dans votre livre
35:11c'est une citation
35:12de Joseph de Mestre
35:13dans les soirées
35:14de Saint-Pétersbourg
35:15les souverains
35:16ne commandent efficacement
35:17que dans le cercle
35:18des choses
35:19approuvées par l'opinion
35:20et ce cercle
35:21ce n'est pas eux
35:22qui le tracent
35:23est-ce que justement
35:24le problème
35:25notamment en France
35:26c'est que les souverains
35:26tracent le cercle
35:28à la place des peuples
35:29oui je comprends
35:35c'est une très belle citation
35:37mais le problème français
35:41c'est me semble-t-il
35:44aujourd'hui
35:45non plus tant
35:48l'idéologie
35:49du souverain
35:50que
35:52l'impuissance
35:55des politiques
35:56je dirais
35:58les choses autrement
35:59pour moi
36:01par-delà
36:03la droite
36:05et la gauche
36:06il devrait y avoir
36:07aujourd'hui
36:08en France
36:09deux grandes causes
36:11nationales
36:12c'est-à-dire
36:12transpartisanes
36:14la refondation
36:17de l'école
36:18qui s'effondre
36:20sous nos yeux
36:20et
36:22le droit
36:24à la continuité
36:25historique
36:26le droit
36:27des peuples historiques
36:28pour prendre une fortule
36:29une formule
36:29de mettre un côté
36:30de demeurer eux-mêmes
36:32ce droit
36:33de plus en plus
36:35d'hommes politiques
36:36ont conscience
36:37de son existence
36:41de sa précurité
36:42et veulent le défendre
36:44et ils sont
36:45barrés
36:46par les cours
36:48suprêmes
36:49notamment
36:50cette décision
36:51du conseil
36:52constitutionnel
36:53de ne plus
36:54pénaliser
36:54l'aide
36:56aux étrangers
36:57en situation
36:59régulière
36:59d'être à la circulation
37:00des étrangers
37:01en situation
37:01régulière
37:02dès lors
37:02qu'elle est
37:03désintéressée
37:03et à chaque fois
37:04qu'il y a une loi
37:05sur l'immigration
37:06le conseil
37:07constitutionnel
37:08la vide
37:09de sa substance
37:11quand ce n'est pas
37:12le conseil constitutionnel
37:13c'est la cour
37:13européenne
37:14des droits
37:14de l'homme
37:15c'est le conseil
37:16d'état
37:16etc
37:17quant à l'école
37:20c'est très simple
37:22les hommes politiques
37:24par exemple
37:24décident
37:25c'est marginal
37:27par rapport
37:27au problème
37:28mais ils décident
37:29d'interdire
37:30le portable
37:31au collège
37:33et au lycée
37:33ben oui
37:34ce portage
37:34c'est la communication
37:35horizontale
37:36c'est la fin des cours
37:37c'est la fin du monde
37:38à mon avis
37:38bon
37:39et ben
37:39qui proteste
37:40mais qui proteste
37:42les syndicats
37:43d'enseignants
37:43ce que sont devenus
37:45les syndicats
37:46d'enseignants
37:46aujourd'hui
37:47c'est quelque chose
37:48de terrible
37:49donc si vous voulez
37:49les hommes politiques
37:51même quand ils sont
37:52pleins de bonne volonté
37:53se heurtent
37:55soit
37:55au pouvoir
37:57judiciaire
37:58ivre de lui-même
37:59soit
38:00à une fraction
38:01de l'opinion
38:02qui n'a
38:03véritablement
38:05pas conscience
38:06de la tragédie
38:07dans laquelle
38:08nous sommes plongés
38:08Alaphine Calcroft
38:10dans votre ouvrage
38:10vous citez à trois reprises
38:12le grand infréquentable
38:13de l'époque
38:14Renaud Camus
38:15vous le citez à trois reprises
38:16et je note qu'en ce moment
38:18il y a une très grande promotion
38:20autour d'une biographie
38:21de Renaud Camus
38:22qui ont fait paraître
38:23deux journalistes
38:24de je pense
38:25le monde magazine
38:26et avec ce paradoxe
38:28donc partout
38:28on peut trouver
38:29la biographie
38:29de Renaud Camus
38:30mais nulle part
38:31on ne peut trouver
38:32ses livres
38:33vous avez déjà reçu
38:34une fois Renaud Camus
38:35ou plus d'une fois
38:36d'ailleurs
38:36mais récemment
38:37à France Culture
38:38à Réplique
38:39et on vous l'a reproché
38:40quelle est la place
38:41de Renaud Camus
38:42dans votre livre ?
38:43maintenant je ne pourrai plus
38:45le recevoir
38:46alors que les choses
38:47soient claires
38:48je considère
38:50que Renaud Camus
38:51est le plus grand
38:53prosateur contemporain
38:55son journal
38:56démentiel
38:57est aussi
38:59génial
39:00mais
39:01je suis fatigué
39:04de ces surenchères
39:05conceptuelles
39:07et notamment
39:08de l'une des
39:09ces dernières trouvailles
39:11le génocide
39:13par substitution
39:14et le sigle
39:15GPS
39:16que la France
39:19soit peut-être
39:19en train de se suicider
39:21je peux l'entendre
39:21ce terme de génocide
39:23me paraît
39:25absurde
39:26et même
39:27révoltant
39:28donc
39:29que les choses
39:30je dis
39:31il faut clarifier
39:32les choses
39:33mais ce livre
39:34que j'ai lu
39:36j'avais même reçu
39:37les deux auteurs
39:38est une abomination
39:40ils sont reçus
39:42en majesté
39:43par des journalistes
39:44qui n'ont jamais
39:45ouvert
39:46un livre
39:47de Renaud Camus
39:48de peur d'être
39:49contaminé par lui
39:50et tout au long
39:51du livre
39:52il ne lui impute
39:53que des motifs
39:55bas
39:56mesquins
39:57mesquins
39:58intéressés
40:00et surtout
40:01le titre
40:02le titre
40:04Renaud Camus
40:06l'homme par qui
40:07la peste est arrivée
40:08ça ne vous rappelle rien
40:10ça ?
40:10qui était porteur
40:11du bacille de la peste
40:12dans les sombres temps ?
40:15qui était porteur
40:16du bacille de la peste ?
40:17les juifs
40:17ils étaient les hommes
40:19par qui la peste
40:20arrivait
40:20c'est ça
40:21et donc
40:22on utilise
40:23contre Renaud Camus
40:25exactement
40:26la même
40:27image
40:28Renaud Camus
40:29l'homme par qui
40:30la peste arrive
40:30qui n'a
40:31plus d'éditeur
40:33qui ne
40:33qui
40:34dont les libraires
40:35ne vendent jamais
40:36les livres
40:37qui sont publiés
40:38à compte d'auteur
40:39jamais un compte rendu
40:40dans aucun journal
40:41jamais aucune invitation
40:43médiatique
40:44et voilà
40:45et c'est
40:45la peste
40:46en plus
40:48en plus
40:48l'ironie
40:49ultime
40:50c'est que
40:51les ennuis
40:52lui sont venus
40:53du jour
40:54où il a parlé
40:55de grands remplacements
40:56or aujourd'hui
40:58tout le monde
40:59parle de grands remplacements
41:00même Jean-Luc Mélenchon
41:01qui l'appelle
41:02de ses voeux
41:03il veut une nouvelle France
41:04un nouveau peuple
41:05pour
41:06en finir
41:07avec les français de chouches
41:09et pour lui-même
41:10accéder au pouvoir
41:11et il n'y a pas que Mélenchon
41:12Marie d'Ariosec
41:14les habitants
41:15des partis
41:15inhabitables
41:16de la terre
41:17se déplacent aussi mécaniquement
41:18que les marais
41:19et il faut faciliter
41:21ce déplacement
41:21à moins d'une catastrophe globale
41:23l'humain du futur
41:25sera bêche foncé
41:26avec des chevaux bruns
41:27et Léonora Miano
41:28prix féminin
41:29vous avez peur
41:31d'être minoritaire
41:32culturellement
41:33n'ayez pas peur
41:34de quelque chose
41:35qui va se passer
41:36cette mutination
41:38peut-être
41:38cette mutation
41:39pardon
41:40peut-être effrayante
41:41pour certains
41:42mais ils ne seront pas là
41:44pour voir l'aboutissement
41:45il nous reste
41:46le grand emplacement
41:47quand on l'exalte
41:48c'est très bien
41:49quand on le dénonce
41:51c'est
41:52on est le paria ultime
41:54il nous reste 15 secondes
41:55avez-vous encore
41:56la peur de la page blanche
41:57ou portez-vous encore
41:58en vous quelques livres
41:59est-ce que j'ai peur
42:01de la page blanche
42:01mais tout le temps
42:03mais tout le temps
42:04d'ailleurs même
42:05même
42:05mais tout le temps
42:06c'est d'ailleurs
42:06même quand je
42:08je dois rédiger
42:09des entretiens
42:10parce que je demande toujours
42:11qu'on m'envoie
42:12les questions à l'avance
42:13j'ai tellement peur
42:15que je l'ai fait vite
42:15pour me délivrer
42:17de l'angoisse
42:18j'ai peur
42:19j'ai peur aussi
42:20que l'angoisse prime
42:22et que je ne trouve
42:24plus rien
42:25donc
42:26voilà
42:26comment vais-je faire
42:27pour me survivre
42:29Mathieu Bocoté
42:29nous vous recevrons
42:30pour votre prochain livre
42:31avec bonheur
42:32merci Alain Finkielkraut
42:33d'être venu
42:34le coeur lourd
42:34donc
42:35Mathieu Bocoté
42:36Arthur Devatrigan
42:37revient dans un instant
42:38dans l'heure des pros
42:39édition spéciale
42:40consacrée
42:41au décès du jeune
42:42Quentin
42:4323 ans
42:44mort des suites
42:46de ses blessures
42:47après son agression
42:48barbare
42:48jeudi soir
42:49à Lyon
42:50restez avec nous
42:50vous découvrirez
42:51toutes les déclarations
42:52dans un instant
42:5220 ans
42:562
42:562
42:573
42:583
42:582
42:583
42:584
42:584
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