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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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Transcription
00:00Il est quasiment 19h sur CNews, merci, merci d'être avec nous pour Face à Mathieu Bocoté.
00:04Cher Mathieu, bonsoir.
00:05Bonsoir.
00:05Heureux de vous retrouver, cher Mathieu.
00:07Arthur de Vatrigan est avec nous.
00:09Arthur, bonsoir.
00:10Bonsoir.
00:11Elle me manquait cette une.
00:12Moi aussi.
00:13Cette une de l'incorrect.
00:14Curtis Yarvin, gourou trumpiste ou vrai prophète.
00:18L'entretien exclusif donc d'un homme que les téléspectateurs vont redécouvrir ou découvrir,
00:25Curtis Yarvin, mais nous en parlerons dans cette émission, je crois.
00:28D'ailleurs.
00:28A la une de face à Mathieu Bocoté, drôle de semaine en terre de France quand un banquet gastronomique
00:34où la culture française est à l'honneur devient un problème majeur quand une exposition sur
00:38le vivre ensemble est mise à sac par des racailles à Paris au soir de la victoire du Paris Saint
00:43-Germain.
00:44Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez nous ?
00:46Eh bien, on va en parler dans quelques instants avec vous, cher Mathieu.
00:49A la une également, vous avez peut-être entendu parler de Curtis Yarvin.
00:53Une vague de néo-réactionnaires touche les Etats-Unis, la Grande-Bretagne.
00:59Qui sont-ils ?
01:00Que pense cette nouvelle droite réac, élément de réponse dans cette émission ?
01:04Enfin, vous recevez France-Olivier Gisbert et non Gorbatchev.
01:08Et pourtant, partagerait-il la même idée de la France ?
01:11À savoir, seul pays, la France communiste qui a réussi ?
01:15C'est la question que vous allez poser dans cette émission à France-Olivier Gisbert.
01:20Entretien passionnant à suivre dans quelques instants.
01:23Mathieu Boccoté, la semaine qui se termine, a vu plusieurs événements se croiser
01:27et converger pour dessiner la France de demain.
01:30Du ravage de l'exposition sur le vivre ensemble de la place de la Concorde,
01:34à la campagne de diffamation contre le canon français,
01:37en allant jusqu'à la loi sur l'entrisme islamiste,
01:41tous ces événements doivent être pensés ensemble ?
01:45Et si oui, pourquoi ?
01:46Alors, point de départ, non pas de la semaine, mais point de départ de cette réflexion.
01:52Ce qui s'est passé, place de la Concorde, suite au match de foot,
01:56donc les supporters, les partisans, comme on dit,
01:59qui décident de déferler place de la Concorde pour tout saccager,
02:04notamment pour saccager cette exposition de Yann Arthus Bertrand,
02:08c'est pas une exposition, une exposition de photographie, sur le vivre ensemble.
02:11Alors, point de départ, pourquoi j'y reviens ?
02:13Et je précise, j'y reviens non pas pour reprendre la déploration que tous avons pu exprimer cette semaine,
02:18non pas pour faire le procès des émeutiers, même s'il va de soi,
02:22mais pour comprendre ce qui s'est passé devant nous.
02:25Alors, il y avait, place de la Concorde, cette exposition de photos censées représenter le vivre ensemble,
02:32donc la diversité des visages de la France d'aujourd'hui.
02:35Donc, diversité des visages sur le plan ethnique, religieux, culturel, social, et ainsi de suite.
02:41Donc, censé mettre en scène une diversité nécessairement rayonnante,
02:46un vivre ensemble nécessairement harmonieux,
02:49donc une exposition qui s'empare d'un espace public
02:52pour matraquer ce qui relève à bien les égards d'une propagande,
02:57la propagande vivre ensembleiste telle qu'on la connaît aujourd'hui.
03:00Parce que, soit dit en passant, propagande, en fait, exposition portée par Yann Arthus Bertrand
03:05et Hervé Lebrasse, Hervé Lebrasse qui est le démographe,
03:09qui nous explique globalement qu'il n'y a pas de grand changement de population,
03:14de changement démographique majeur en France aujourd'hui,
03:17qui conteste à certains égards jusqu'à l'idée d'un peuple historique français.
03:22Donc, on nous dit la diversité est merveilleuse, le vivre ensemble est merveilleux,
03:26la diversité est exceptionnelle.
03:27Cette exposition, Place de la Concorde, elle est sur le mode Potemkin,
03:31vous savez, c'est-à-dire une forme de représentation idéalisée du régime.
03:34Et j'ajouterais une chose, il y a un lien fondamental dans la politique qui est esthétique.
03:39On ne doit jamais se tromper, la politique a besoin aussi de...
03:42Toute cité a besoin de magnifier l'image qu'elle se fait d'elle-même,
03:45a besoin de projeter une image fantasmée et désirée de ce qu'elle est.
03:48Qu'est-ce qu'on a vu Place de la Concorde cette semaine?
03:51On a vu la diversité réelle fracasser, la diversité fantasmée.
03:56On a vu le réel détruire l'utopie devant nous.
04:01On a vu tout ce que le régime refoule à l'extérieur de l'espace public.
04:08Il y a le récit de la diversité est une richesse, la diversité est heureuse de vivre ensemble, c'est
04:12merveilleux.
04:12Le réel est repoussé à l'extérieur du récit public,
04:16mais de temps en temps, le réel déborde, le réel frappe.
04:19Et c'est le réel qui a frappé la place de la Concorde cette semaine.
04:23Et donc, on le sait, les partisans issus des banlieues pour la plupart ont déferlé, ont tout détruit.
04:31Et ce qui est intéressant, c'est la réaction de Yann Arthus-Bertrand ensuite qui fait une petite vidéo.
04:35Premièrement, il pardonne aux émeutiers, il pardonne aux destructeurs.
04:40Aurait-il pardonné avec autant de candeur si les destructeurs, les émeutiers, avaient été marqués du saut de l'extrême
04:48droite?
04:49Première question. Est-ce qu'il y aurait eu le pardon aussi facile?
04:51Et deuxième élément, il termine, il fait une petite vidéo d'une minute qui a beaucoup circulé.
04:56Et à la fin, il fait pitié franchement le pauvre, et il dit à la fin, nous croyons au vivre
05:03ensemble plus que jamais.
05:06Donc c'était pratique, c'est-à-dire le réel le désavoue, le réel lui dit, ton exposition, on la
05:10piétine, elle ne veut rien dire,
05:12on s'en contrefiche, nous marchons sur tes principes bonhommes.
05:16Et à la fin, que dit-il donc, nous croyons au vivre ensemble plus que jamais.
05:20Il préfère son fantasme, même s'il le sait désavouer.
05:23Parce que que sacrifierait-il s'il sacrifiait son fantasme?
05:27Mais tout l'univers mental dans lequel il évolue, le voyant dire, nous croyons au vivre ensemble plus que jamais,
05:33après avoir vu son exposition sur le vivre ensemble massacré par la diversité réelle contre la diversité fantasmée,
05:39j'avais l'impression d'être devant un marxiste en 1989 en URSS qui dit,
05:43le marxisme, le socialisme et le communisme sont l'avenir du monde plus que jamais aujourd'hui,
05:47au moment où le mur tombe, au moment où le fantasme s'effondre.
05:51Et en quoi, Mathieu Bock-Côté, les polémiques entourant le canon français ont-elles un lien avec cela?
05:56C'est ça que j'ai du mal à comprendre.
05:57Ah ben parce que ça va! Le réel, je l'ai dit, frappe! Le réel d'un côté détruit l
06:01'utopie.
06:02De la même manière, qu'est-ce qu'on voit avec le canon français?
06:05On voit des gens qui sont aujourd'hui globalement des déracinés,
06:08qui sont à la recherche d'un enracinement nouveau.
06:11Où trouvent-ils leur enracinement?
06:13Dans les symboles presque magnifiés sur le mode, on pourrait dire, hypertrophié, caricaturaux quelquefois,
06:18de ce que serait le banquet à la française.
06:21Donc on veut tous les symboles, le fromage, le rouge, le rouge qui tâche, le porc,
06:25tout ce qui permet de dire, nous sommes plus français que jamais.
06:29Et être français, ce n'est pas simplement une idéologie.
06:33Ce n'est pas que les principes, les valeurs de la République.
06:35Être français, c'est une manière d'être, une manière de vivre.
06:38C'est une communion identitaire, c'est une manière de boire et de chanter.
06:42Or, le site de canon français est la cible d'une campagne menée par la gauche radicale absolument odieuse.
06:47Mais franchement, j'ai rarement vu quelque chose d'aussi atroce.
06:50Donc on cherche à assimiler le simple fait d'être français tendance franchouillard
06:55au fait d'être raciste, au fait d'être fasciste, au fait même d'être nazi.
06:58On trouve le moyen de nazifier le plaisir qu'ont les gens de fêter ensemble.
07:03Donc est-ce qu'on voit, et là, c'est le récit dominant.
07:05Donc sur cette émission, nous savons que le canon français, le banquet français, c'est tout à fait lumineux.
07:10Parce que c'est le désir d'être soi-même, même si celui de manière caricaturale.
07:13Mais dès lors qu'on sort d'un environnement qui le sait, le récit médiatique dominant,
07:19canon français égal, fasciste, nazi, tout ça.
07:21Quand on réussit à coller cette réputation-là à quelqu'un, un groupe, une organisation,
07:25quand on réussit à l'assimiler à l'extrême droite, comme on dit,
07:30eh bien c'est une tentative de destruction, mais qui porte à conséquence.
07:34Donc la réputation est détruite.
07:36Et rappelez-vous qu'en part ailleurs, le recteur de la Grande Mosquée de Paris nous dit que servir du
07:41port
07:42et faire un repas principalement autour du port en France, c'est discriminatoire, c'est exclusionnaire, je dirais.
07:48Eh bien être français en France, c'est une forme d'exclusion.
07:51On commence à comprendre, français de manière traditionnelle, on commence à comprendre que...
07:54Le problème, c'est la France à travers cela.
07:57Les campagnes menées contre les écoles, fondations, excellence, ruralité.
08:00On en a pas beaucoup parlé, mais c'est important ce qui se passe là.
08:02Donc on dit école, soupçons, extrême droite, réaction, comme d'habitude.
08:06Donc quelque chose, un modèle qui s'inscrit dans la tradition,
08:09mais qui n'est pas selon les codes du pédagogisme diversitaire contemporain.
08:13On jette le soupçon.
08:14Et Eugénie Bastier, je me permets de faire le livre, parce que tout ça vient ensemble,
08:17la cible d'une campagne de diffamation absolument odieuse,
08:21menée par des gens qui confessent par là leur absence de respect élémentaire pour le pluralisme.
08:26On cherche à l'associer à des théories criminelles désormais.
08:29J'ai pu lire ça chez certains journalistes de la presse de gauche.
08:31Donc, qu'est-ce qu'on a vu?
08:33Une tentative explicite de destruction d'une réputation, de diffamation.
08:37Une tentative très nette de détruire une jeune journaliste,
08:40probablement parmi les plus doués, assurément parmi les plus doués de sa génération,
08:43et pas que de sa génération.
08:44Mais croyez-moi, cela a un lien, et j'y arrive avec ce qui s'est passé.
08:48Place de la Concorde.
08:49Vous auriez pu rajouter, mais c'est tout neuf,
08:51Michel Onfray, qui devait être le parrain du Salon du Livre,
08:54et face à la cabale de certains auteurs, mais de place publique.
08:58Bien sûr.
08:59Le parrainage a été annulé.
09:02On en parlera dans le Hors des Pros.
09:03Et c'est donc à la lumière de tout cela que vous souhaitez revenir,
09:05là aussi, c'est un grand mélange, sur la loi, sur l'entrisme islamiste,
09:10votée au Sénat, Mathieu Bocoté,
09:12et sur celle qui sera portée dans les prochaines semaines
09:15par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez.
09:17Alors, quel est le lien dans tout ça?
09:19Eh bien, ce que j'ai décrit sur la place de la Concorde,
09:22la destruction par la diversité réelle de la diversité fantasmée.
09:25Si je nomme les choses clairement, si j'ose utiliser certains mots,
09:29on m'accusera assurément d'appel à la discrimination,
09:32probablement de propos haineux, probablement de propos xénophobes et racistes.
09:37Parce que nommer l'échec de l'intégration,
09:40nommer de l'assimilation,
09:42nommer le choc des cultures en France aujourd'hui,
09:46constater l'idée qu'il y a peut-être,
09:48s'il y a juridiquement un seul peuple français,
09:50probablement que sur le plan culturel et identitaire,
09:52il y a peut-être aujourd'hui plus d'un peuple en France.
09:56Constater que la France connaît une submersion
09:59qui, à l'échelle de l'histoire,
10:00serait peut-être pensée comme une forme de contre-colonisation.
10:03Donc, simplement oser faire le diagnostic
10:05peut vous valoir une réputation d'appel à la discrimination,
10:09d'appel à la haine, de propos haineux et tout le tralala.
10:13De la même manière, on l'a vu,
10:15chanter la France, manger français,
10:18être la France tendance franchouillarde.
10:20Le banquier français,
10:21c'est présenté comme un appel à la discrimination,
10:23c'est présenté comme un appel à l'exclusion,
10:25c'est même présenté comme un truc haineux.
10:27Et on présente le fait que quand des gens dansent ensemble
10:29les bras dans les airs,
10:30on trouve des journalistes sur le mode kajébiste
10:33qui prennent des photos,
10:34qui ne sont pas loin de les falsifier,
10:36et pour présenter ça comme des saluts nazis.
10:39Quand je vous dis tout ça,
10:40c'est que dans la loi sur l'entrisme islamiste
10:42qui a été votée, on comprend,
10:44tout le monde sait qu'il faut lutter contre l'islamisme,
10:46il n'y a aucun doute là-dessus,
10:47et il est bien que les politiques s'emparent
10:49de la lutte contre l'islamisme.
10:50Ce qu'on constate, c'est que par une volonté
10:52de ne pas discriminer justement,
10:53de ne pas blesser,
10:55on nous dit par exemple que le pouvoir
10:57pourrait désormais,
10:58sans passer par un processus judiciaire normal,
11:01que je n'ai les avoir de quelqu'un,
11:03autrement dit qu'on a une forme
11:04d'exécution financière immédiate,
11:06de bannissement juridique et financier
11:09des personnes ou des individus
11:11qui sont accusés d'appel à la haine,
11:13d'appel à la discrimination,
11:14de propos haineux, et ainsi de suite.
11:16Dès lors, est-ce qu'on comprend bien
11:17ce qu'il veut dire?
11:18On prétend lutter contre l'islamisme à la base,
11:20on prétend lutter contre l'islamisme,
11:22mais cette loi, dans les faits,
11:24accorde au pouvoir la possibilité,
11:27demain, de sanctionner juridiquement
11:29et financièrement et directement
11:31ceux qui diraient ce qui s'est passé
11:32à la place de la Concorde,
11:34c'est justement le multiculturalisme
11:37qui nous éclate au visage.
11:39C'est l'occasion de dire le canon français,
11:41c'est une association discriminatoire,
11:44raciste, d'ailleurs,
11:44et l'on dit dans la presse de gauche.
11:46Donc, il est possible de geler
11:47les avoirs du canon français.
11:49Il est possible, demain,
11:50pour des intellectuels,
11:51de se retrouver devant soit les tribunaux,
11:53soit de voir leurs avoirs gelés,
11:56potentiellement, pour des propos,
11:58parce qu'il y aurait un soupçon
11:59jeté sur eux de propos haineux.
12:00Donc, on comprend qu'au nom de la lutte
12:02contre l'islamisme fondamentale,
12:04on crée un dispositif juridique
12:06qui permettra demain,
12:07quelle que soit l'intention du législateur,
12:11qui permettra à un régime
12:12de frapper juridiquement, financièrement,
12:16au portefeuille, à la vie,
12:17dans l'ensemble de son existence,
12:18toute personne qui sera vue comme un opposant
12:20et même comme un dissident.
12:22Donc, je le résume ainsi.
12:26Si vous dites que l'immigration massive
12:27est un problème, est-ce que c'est haineux?
12:29Ceux qui disent que le porc,
12:31c'est au cœur de la gastronomie française,
12:33est-ce que c'est haineux?
12:34Et je pourrais multiplier les exemples.
12:35Eh bien, avec cette loi,
12:38avec son fameux article 6,
12:40vous créez les conditions
12:41d'une répression juridique,
12:43arbitraire,
12:44de tous les opposants
12:45et prétextant s'en prendre
12:48à l'islamisme,
12:49on risque demain d'avoir
12:50les militants dits identitaires,
12:52nationaux,
12:53eh bien, se retrouver
12:54soit devant les tribunaux,
12:55soit frappés sur le mode
12:56de la sanction financière,
12:57parce que le régime
12:58aura instrumentalisé potentiellement
13:00cette loi contre les dissidents.
13:02De cela, je me méfie.
13:03Je vais me poser la question.
13:05Qu'est-ce qui ne tourne pas rond
13:06chez nous, Arthur de Vatrigan?
13:08Est-ce que vous avez une réponse
13:09à cette question?
13:12Non, mais...
13:12Au regard de la semaine
13:13qu'on vient de passer.
13:14Non, mais le vivre ensemble,
13:15c'est pris une tornade du réel
13:17en pleine tête, c'est évident.
13:18Mais pour Yann Arthus Bertrand,
13:20le réel ne passera pas.
13:21C'est nos passaranes.
13:22Bon, après, au royaume
13:23des contrefaçons,
13:24les idéologues sont rois,
13:25ça on le sait depuis longtemps.
13:26Surtout quand ils peuvent
13:27échapper eux-mêmes
13:27à ce qu'ils vendent,
13:28parce que le vivre ensemble,
13:29je ne suis pas sûr
13:30qu'ils le côtoient tous les jours
13:31le camarade Arthus Bertrand.
13:33Alors, ce jusqu'au boutisme
13:34serait plus ou presque touchant
13:36s'il ne faisait pas le jeu
13:39parce qu'un peu plus
13:40chaque jour, il lui donne raison
13:41et notamment à son tweet
13:42d'anthologie, je le cite,
13:44entre vivre ensemble,
13:45il faut choisir.
13:46Alors, l'État ne choisit pas.
13:48Il regarde, il laisse faire
13:49comme dans le Cher,
13:50comme à Paris.
13:51En revanche, il parle.
13:52Ça, il cause beaucoup.
13:53Alors, vous allez me dire
13:54que rien faire
13:55et rester immobile,
13:56les bras ballants
13:56n'empêchent pas de parler.
13:58Et c'est vrai qu'une élection
14:00s'approche, c'est avec elle
14:01tout son cortège
14:02de convictions retrouvées,
14:04d'égaux mal placés
14:05et de promesses, évidemment,
14:07qui ne seront jamais tenues.
14:08Alors, il y a deux lois
14:09pour lutter contre
14:10l'antrisme islamisme
14:12qui se tirent la bourre.
14:13Celle de l'ancien ministre
14:14de l'Intérieur, Bruno Retailleau,
14:16qui vient d'être adopté au Sénat
14:17et celle de l'actuel ministre
14:19de l'Intérieur,
14:20Laurent Nouniès,
14:20qui est en préparation.
14:22La première a l'antériorité
14:25pour elle.
14:26La seconde,
14:27a envie d'exister
14:28et peut-être aussi
14:29désire de foutre des pièges
14:30à ouf pour son prédécesseur
14:31parce qu'on connaît
14:32l'ennimitié
14:32qu'il se...
14:33En tout cas,
14:34que Laurent Nouniès a
14:35à l'égard de Bruno Retailleau.
14:37Sauf que...
14:38Alors, c'est vrai
14:39que le sujet est porteur
14:41puisqu'il semblerait quand même
14:42que l'islamisme
14:43s'accommode assez mal
14:44avec notre culture.
14:44C'est quand même pas génial
14:45pour vivre ensemble
14:46parce qu'un régime libéral
14:48qui est censé être le nôtre
14:49suppose au moins deux conditions.
14:51La première,
14:52c'est un cadre national
14:52et la deuxième,
14:53c'est une société homogène.
14:55Or, les deux conditions
14:56sont portées disparues.
14:58En revanche,
14:58l'insécurité
14:59et la menace islamique,
15:00elle, elle prospère
15:01et elle marche plutôt bien.
15:03Mais il ne faut jamais oublier
15:04c'est qu'il y a toujours
15:04un désir
15:05de tout contrôler chez l'homme
15:06et encore plus
15:06chez nos gouvernants.
15:08C'est naturel
15:09et qu'il trouve une matière
15:11docile
15:12chez les sociétaires
15:13qui ont peur.
15:14On l'a vu pendant le Covid
15:15et on le voit avec l'insécurité.
15:16On est prêt à faire
15:16beaucoup de choses
15:17au nom de la peur
15:17et la peur est légitime
15:18et réelle.
15:20Alors, concernant le projet de loi
15:21porté par Laurent Nunez,
15:23lui, il ne cache pas son jeu.
15:24Je le cite,
15:24ce texte ne concernera pas
15:25que l'islamisme.
15:26Le problème,
15:27c'est que de la Macronie
15:28et des autres,
15:29ils ont montré maintes et maintes fois
15:30que la définition de la haine
15:33et de la violence
15:33était aussi flexible
15:35qu'extensible
15:36et dans un pays
15:37où l'État cherche
15:38des factieux partout
15:39sauf là où il prospère,
15:40on peut avoir quelques doutes.
15:41Et chez Bruno Retailleau,
15:43l'approche est différente
15:44puisqu'il demande,
15:45je le cite,
15:45de faire confiance
15:46à l'intention de législateur.
15:48Alors moi,
15:48je ne doute absolument pas
15:49de sa sincérité,
15:50mais après les dissolutions
15:51d'associations à géométrie variable,
15:53après les interactions
15:54d'événements
15:55sur des motifs fallacieux,
15:56après le fiasco
15:57des Anglais au Sade de France,
15:58après le coup de Matteo et Kevin
15:59pendant les émeutes,
16:01il se peut que quelques Français
16:02aient développé
16:03une légère allergie
16:04à la confiance aveugle.
16:07Autre sujet à présent
16:08et c'est à la une
16:08de l'incorrect.
16:10On va parler,
16:11il vous a peut-être entendu
16:13parler de cet homme,
16:15Curtis Yarvin,
16:16des Lumières Noires
16:18et de la Néo-Réaction.
16:21Qu'est-ce que ?
16:22Alors, voilà, voilà.
16:23Nous prenons pour acquis
16:24dans cette émission,
16:25nous prenons pour acquis
16:25que les idées ont des conséquences.
16:27Ce n'est pas pour rien
16:28que je m'intéresse
16:28autant aux intellectuels,
16:29aux théoriciennes,
16:30aux philosophes.
16:30C'est une idée qui est formulée.
16:32Au début, on se dit
16:32que ce sont des gens
16:33qui pellent des nuages,
16:34comme on dit au Québec,
16:35et des pelleteurs de nuages.
16:36Une formule pour dire
16:37des gens qui sont dans
16:37le monde flottant des idées,
16:39mais qui, à la fin,
16:41ces idées se traduisent
16:42concrètement.
16:43Eh bien, il y a aux États-Unis
16:44en ce moment un mouvement
16:45que certains admirent,
16:47que d'autres s'en inquiètent.
16:48Je suis dans le camp
16:49des inquiétés, je l'avoue.
16:50Un mouvement qu'on appelle
16:51la néo-réaction,
16:52les lumières sombres.
16:53Globalement, pensez à Donald Trump.
16:56Voyez que plusieurs courants
16:57d'opinion cherchent à...
16:59Enfin, courants de pensée,
17:00soyons plus exacts,
17:01cherchent à influencer
17:02le trumpisme,
17:03à définir le trumpisme.
17:05Donc, il y a plusieurs courants,
17:06des courants plus populistes,
17:07des courants plus conservateurs.
17:08Et il y a le courant
17:09de la néo-réaction,
17:12des lumières sombres.
17:12Et nos amis de l'incorrect,
17:14donc, ont publié un dossier.
17:15Et je ne le dis pas simplement,
17:16parce que normalement,
17:17je me méfie d'autopromotion,
17:18mais il faut parler
17:20de ce dossier de l'incorrect
17:20qui est absolument passionnant
17:21avec une interview exclusive
17:23de Curtis Yarvin,
17:25le principal prophète,
17:27on pourrait dire,
17:28gourou, intellectuel ou idéologue
17:30de cette nouvelle réaction.
17:33Parce que normalement,
17:33Curtis Yarvin,
17:34moi, je l'ai beaucoup lu.
17:35Et la plupart du temps,
17:36il est échevelé.
17:37On cherche à le lire
17:38et il se disperse
17:38en mille digressions
17:39absolument exaspérantes.
17:41Et là, c'est comme si
17:41l'incorrect réussit à lui dire
17:43« synthétise ta pensée
17:44pour qu'on comprenne
17:45ce qu'il y a dans la tête
17:46des principaux idéologues
17:48de ceux qui voudraient
17:49s'emparer du trumpisme ».
17:50On lit ça
17:51et c'est absolument passionnant,
17:53je prends la peine de le dire.
17:54Et il y a un très bon papier
17:54ensuite de Rémi Carlu
17:55qui résume l'idéologie
17:57de la nouvelle réaction
17:58à travers tout ça.
17:58Pourquoi je parle de ce dossier?
17:59Parce que c'est l'occasion
18:00d'avoir accès en langue française
18:02à ce courant de pensée
18:04qui a une influence
18:05déterminante aujourd'hui.
18:06Alors, qu'est-ce qu'on trouve
18:06chez les gens de la dite
18:07nouvelle réaction?
18:09Ce sont des gens
18:09qui ne respectent absolument
18:11aucune de nos convictions
18:12et de nos tabous
18:13en démocratie.
18:14Moi, je crois à la démocratie.
18:16Je crois à la démocratie libérale.
18:17Je pense à...
18:18Je crois que l'égalité...
18:19Je me méfie de l'égalité
18:20socio-économique,
18:21mais je crois à l'égalité juridique.
18:22Je crois à la nation.
18:23Je méfie les empires.
18:25Je préfère la douceur
18:26de sociétés apaisées
18:28plutôt que la tentation impériale
18:30des uns et des autres.
18:31Voilà des gens
18:32qui ne croient
18:32en absolument rien
18:33de tout cela.
18:34Ils ne croient pas
18:34à la démocratie
18:35telle qu'on l'a définie aujourd'hui.
18:37Ils ne croient pas
18:38au populisme.
18:38Ils se méfient du nationalisme
18:41dans le bon sens du terme.
18:42Ils ont un culte de l'idéologie
18:44et de la tentation impériale.
18:45Il y a chez eux
18:46un culte de la force
18:47qui a quelque chose
18:48d'un peu Nietzscheen.
18:49Ils célèbrent l'inégalité
18:51à la manière
18:51des droits retrouvés
18:52de la nature
18:53sur l'artifice de la culture.
18:54Nous sommes devant
18:56des gens
18:56qui pensent
18:58à l'extérieur
18:59des catégories
18:59généralement admises
19:01des sociétés
19:01occidentales contemporaines.
19:03Nous sommes devant
19:04une nouveauté
19:04à droite, entre guillemets.
19:06Et pourquoi je dis
19:06qu'il faut s'y intéresser?
19:07Parce qu'on n'est pas
19:08devant des gens
19:08qui produisent
19:09un programme électoral
19:09pour 2027
19:11ou 2028
19:11ou 2032.
19:12Peu importe.
19:13Il faut fixer
19:14un nouvel imaginaire
19:15néo-réactionnaire.
19:16Donc, un mélange
19:16de pessimisme
19:18sur l'être humain
19:18et d'optimisme technologique
19:21avec une forme
19:22de néo-monarchisme.
19:23Tout ça peut sembler
19:24très étrange,
19:24mais ces gens-là
19:25sont pris au sérieux.
19:26Je vous parle
19:26de gens qui sont pris
19:27au sérieux aujourd'hui.
19:28Et ils fixent
19:29l'imaginaire de demain.
19:31Donc, ils ont
19:32une école de pensée
19:33qui modifie aujourd'hui
19:35ce que veut dire
19:35être à droite
19:36aux États-Unis.
19:37Et devant cela,
19:39je pense qu'il nous faut
19:40nous intéresser
19:41à ce courant de pensée.
19:42Ça nous permet,
19:43nous, démocrates libéraux
19:44attachés au cadre national,
19:46culturellement conservateurs
19:47et moralement flexibles,
19:50eh bien,
19:51ça nous permet
19:51devant ces gens-là
19:52de redécouvrir
19:53ce à quoi nous croyons.
19:55Ça nous permet
19:56de redécouvrir
19:57nos propres convictions
19:58marquées, je crois,
19:59sous le signe
19:59du bien commun,
20:00de la nation,
20:01des libertés,
20:02loin de la tentation impériale
20:03et du culte de la force.
20:04Quoi qu'il en soit,
20:04je vous invite
20:05à lire ce numéro
20:06absolument passionnant
20:07parce qu'il nous montre
20:07que dans le monde anglo-saxon,
20:09ce qu'on suit peut-être
20:10pour le meilleur
20:10mais probablement aussi
20:11pour le pire,
20:12la droite de demain.
20:13Il n'en demeure pas moins
20:14qu'au-delà de Curtis-Yarvin
20:15et de la néo-réaction.
20:16Donc, il y a une vraie
20:17dynamique idéologique
20:18à droite
20:19chez les anglo-saxons.
20:20Les élections locales
20:21au Royaume-Uni
20:22ne viennent-elles pas
20:23de le confirmer?
20:24Il fallait en dire un mot,
20:26victoire impressionnante
20:26aux élections locales
20:27en grande taille
20:28de Nigel Farage.
20:29Nigel Farage,
20:29c'est M. Brexit
20:30qui a son parti maintenant,
20:31le Reform Party,
20:32et qui a été capable
20:33de s'imposer
20:34comme le premier parti britannique
20:35pour l'essentiel.
20:36Quand on cherche
20:37à nous faire croire
20:38à tout prix
20:38que les Britanniques
20:39regrettent le Brexit,
20:40on a envie de leur dire
20:41calmez-vous,
20:41calmez-vous les enfants.
20:43Manifestement,
20:43les Britanniques
20:43ne regrettent pas
20:44tant que seul le Brexit
20:45et se demandent peut-être
20:45pourquoi il n'a pas été
20:46plus loin.
20:47Deuxième élément,
20:48il y a une percée
20:48en Grande-Bretagne
20:49de Rupert Lowe
20:50avec Restore Britain,
20:51un autre parti,
20:52plus à droite même,
20:53qui cherche à penser
20:54la question identitaire
20:55qui a longtemps
20:56été refoulée
20:56chez les Britanniques.
20:57Il ne s'agit pas
20:57de l'applaudir,
20:58il s'agit de noter
20:59que ça bouge.
21:00Les idées ont eu
21:00des conséquences politiques
21:01en Grande-Bretagne.
21:03Deux autres éléments
21:03dont je tiens à parler
21:05qui se sont passés
21:06pendant ces élections locales,
21:08les indépendantistes
21:09sont arrivés premiers
21:10au Pays de Galles,
21:11les indépendantistes
21:12sont arrivés premiers
21:14en Écosse,
21:14et on pourrait dire
21:15que les nationalistes
21:16sont arrivés premiers
21:17en Angleterre.
21:18Qu'est-ce que ça nous dit?
21:19Le Royaume-Uni.
21:20Le Royaume-Uni
21:21est peut-être plus désuni
21:22que jamais.
21:23Ces vieux peuples
21:24remontent à la surface
21:25et la majesté
21:26de la couronne britannique
21:27est peut-être contestée.
21:29Quoi qu'il en soit,
21:30il se passe des choses
21:30chez les anglo-saxons.
21:31On voit le retour
21:32du fait national,
21:33on voit une droite
21:34qui ne se veut plus conforme
21:35à la démocratie libérale.
21:36Prenons au sérieux
21:37tout cela
21:38parce que c'est passionnant.
21:39Questionner les idées
21:39d'aujourd'hui,
21:40c'est savoir
21:40ce que sera la politique
21:41de demain.
21:42Arthur de Batrigan,
21:43avant de recevoir
21:43François-Olivier Gisbert
21:44dans la deuxième partie
21:45de notre émission,
21:47peut-être un mot quand même
21:48sur Curtis Yarvin
21:49et sur ses néo-réactionnaires.
21:52Pour comprendre,
21:53en fait,
21:53il faut faire un petit retour
21:54en arrière.
21:55On est à la fin
21:55des années 2000
21:56et vous avez une recomposition
21:58des droites américaines
21:59après l'échec
21:59du second mandat de Bush.
22:01Et vous avez une nouvelle
22:02génération de penseurs
22:03qui veut rompre
22:04avec tout le monde.
22:05Et c'est là qu'apparaît
22:06Curtis Yarvin
22:06qui va devenir
22:07le maître d'œuvre
22:08de ce qu'on appelle
22:09les néo-réactionnaires.
22:11Ingénieur informatique,
22:12il est passé par Berkeley,
22:13il est autodidacte
22:14en philosophie politique
22:15et en 2007,
22:17il lance son grand
22:17ex-fondateur,
22:19le manifeste formaliste.
22:20Les premières lignes
22:21donnent le ton.
22:21L'autre jour,
22:22alors que je bricolais
22:23dans mon garage,
22:24j'ai décidé de créer
22:25une nouvelle idéologie.
22:26Ça commence comme ça.
22:27Alors,
22:28tout est là,
22:28détachement,
22:30ironie,
22:30mais une ambition folle
22:32de repenser
22:33le pouvoir
22:33depuis Internet.
22:35Parce que cette néo-réaction,
22:36ce n'est pas une école
22:37de pensée classique,
22:38ce n'est pas Harvard,
22:38ce n'est pas Sciences Po,
22:39c'est une constellation numérique,
22:41des blogs,
22:42des forums,
22:42des pseudomines étranges,
22:43des références à Kadic
22:45et à Zimov,
22:46à la science-fiction.
22:47Bref,
22:48mais avec une obsession,
22:49c'est le régime démocratique
22:51libéral est fini.
22:52Et ce mouvement,
22:53en une décennie,
22:54il est passé des marges
22:55d'Internet
22:55au cœur du pouvoir américain.
22:57Alors,
22:58contrairement aux néo-conservateurs,
23:00ils ne croient pas
23:01aux droits de l'homme
23:01et à la démocratie.
23:02Contrairement à Steve Bannon,
23:04ils méprisent le populisme
23:05et prônent un capitalisme
23:06décomplexé.
23:07Et contrairement aux néo-libéraux,
23:09aux post-libéraux,
23:10pardon,
23:11ils suffisent de biens communs
23:12et hyper intéressés
23:13par le transhumanisme.
23:14Donc,
23:14si vous voulez,
23:14on a affaire
23:15à une espèce de magma
23:16avec plein d'effusions diverses,
23:19parfois curieuses,
23:20parfois absurdes,
23:21parfois scandaleuses.
23:22Néanmoins,
23:22ils sont en train
23:24d'imaginer
23:25la forme politique
23:27la plus originale
23:28et la plus explosive
23:29de notre temps.
23:29C'est pourquoi
23:30il faut les prendre au sérieux.
23:31C'est pourquoi
23:31on est allé les voir.
23:32Est-ce que c'est
23:33un provocateur dangereux ?
23:34Est-ce que c'est
23:35un gourou trumpiste ?
23:36Est-ce que c'est
23:37un prophète
23:37de la post-démocratie ?
23:38Je laisse les lecteurs
23:39en juger.
23:40Eh bien,
23:41c'est-à-dire
23:42dans les colonnes
23:42de l'incorrect.
23:43Dans un instant,
23:44on va parler communisme
23:46et on va parler
23:47de la France
23:47avec François-Olivier Gisbert.
23:49A tout de suite
23:49sur CNews.
23:5319h30 sur CNews.
23:55Merci d'être avec nous
23:56pour la deuxième partie
23:57de Face à Mathieu Bocoté.
23:59Nous avons le plaisir
23:59de recevoir
24:00François-Olivier Gisbert.
24:02Bonsoir,
24:02chère France.
24:04Bonsoir,
24:04idiot.
24:05Mathieu Bocoté,
24:06pourquoi inviter
24:07François-Olivier Gisbert
24:08ce samedi ?
24:09Quelle drôle d'idée.
24:09Parce que deux faits
24:10se croisent en l'actualité.
24:12Le premier,
24:12François-Olivier Gisbert,
24:13publie
24:14« La France était
24:15un pays communiste ».
24:16J'adore.
24:17Et en même temps,
24:18c'est la période
24:18des impôts.
24:20Alors,
24:20si vous ne croyez pas
24:22que ces deux faits se croisent,
24:24alors j'aurais presque envie
24:25de commencer
24:25avec une image.
24:26Moi,
24:27j'utilise souvent
24:27une image très physique
24:28pour décrire
24:29ce qu'est une augmentation
24:29d'impôts,
24:30mais plus largement
24:30des impôts.
24:31Diriez-vous comme moi
24:32qu'une augmentation
24:32d'impôts,
24:33c'est comme un toucher rectal
24:35à froid
24:35avec un gant de crêpe ?
24:36J'ai entendu ça.
24:38J'ai entendu ça.
24:39Oui,
24:40c'est une expression.
24:41Non,
24:41je l'ai inventée,
24:42mais ça décrit
24:43exactement mon rapport
24:43aux impôts.
24:44Je me demandais
24:44si c'était le vôtre aussi.
24:46Oui,
24:46parce que la réalité,
24:49c'est qu'on se dit
24:49« Mais où ça va tout ça ? »
24:51C'est toujours,
24:52c'est l'histoire d'ailleurs
24:52des gilets jaunes
24:54qui nous ont donné
24:55cette idée,
24:55vous vous souvenez ?
24:56Quelques-uns qui disent
24:56« Mais où ça va
24:58tout cet argent ?
24:59Mais où ça va ce pognon ?
25:00On ne comprend pas
25:01ce pognon d'un,
25:01où est-ce qu'il va ? »
25:03Et c'est vrai que
25:04ça va dans des tuyaux
25:05et à mon avis,
25:05il y a beaucoup de coulage.
25:07Tout le monde a compris
25:07quand on voit l'état
25:08des services publics,
25:09de beaucoup de services publics,
25:10on voit très bien
25:11que ça ne correspond pas
25:12à ce que les Français versent.
25:13Et aujourd'hui,
25:14c'est clair qu'on est arrivé
25:15un peu au bout d'un système
25:17où il y a de plus en plus
25:18de fonctionnaires.
25:19Je ne jette pas l'opprobre
25:20sur les fonctionnaires,
25:21je suis fils de fonctionnaire
25:22et on a besoin évidemment
25:23de fonctionnaires.
25:24Mais là,
25:24on a un peu exagéré,
25:25si vous voulez.
25:26On n'en a pas autant
25:27que les Norvégiens,
25:27c'est-à-dire on en a
25:28moins que les Norvégiens,
25:29mais les Norvégiens
25:30avec le pétrole,
25:30ils font ce qu'ils veulent,
25:31ils ont tellement d'argent.
25:33Mais on en a,
25:33par exemple,
25:34le double de l'Allemagne
25:35et plus qu'en Italie
25:36où pourtant,
25:37ils n'isinent pas
25:37sur les fonctionnaires.
25:38Donc, ce n'est pas normal.
25:39Et en plus, évidemment,
25:40Macron qui avait promis
25:42qu'il réduirait le nombre,
25:43elle a augmenté
25:44parce qu'il ne peut pas résister
25:45et il ne peut pas dire non
25:46à personne, jamais.
25:47Et donc,
25:48on a tout laissé filer.
25:49Et ça, c'est...
25:51Je peux continuer
25:52sur plein d'autres sujets.
25:53Mais il y a aussi
25:54un problème de mentalité.
25:55Par exemple,
25:56là, c'est un autre point
25:59mais qui est très important.
26:00Montrant...
26:00Ça montre quand même que...
26:02Peut-être parce que
26:02les Français ont appris
26:04dès l'école,
26:05dès la maternelle
26:06que le capitalisme,
26:07c'est méchant,
26:08c'est le mal, etc.
26:09Il y a l'idée...
26:10Aujourd'hui, moi,
26:11je suis frappé
26:11par la criminalisation
26:12des bénéfices.
26:14Une grande entreprise
26:15annonce des bénéfices
26:16mais c'est un scandale national.
26:18Mais attendez,
26:18il faut les enfermer.
26:20C'est tout de suite.
26:20C'est incroyable.
26:22Vous avez vu le...
26:22Tout profit est un super profit.
26:24Oui, oui.
26:24Tout profit est un super profit.
26:26Et taxez-moi tout ça vite fait.
26:28Et d'ailleurs,
26:28ce gouvernement,
26:29parce qu'ils ont une boussole,
26:31on peut dire,
26:32c'est la même d'ailleurs,
26:33Macron et Le Cornu,
26:34c'est Courage Fillon.
26:35C'est-à-dire,
26:36ils suivent le mouvement
26:37mais la criminalisation
26:39des bénéfices,
26:40vous savez très bien,
26:40ça c'est typiquement,
26:41d'ailleurs,
26:42c'est une haine de l'argent
26:44mais en même temps,
26:44il y a la manclature
26:45qui se gave.
26:46C'est une haine de l'argent
26:47qui appauvrit la société.
26:48D'ailleurs,
26:49pourquoi est-ce qu'il y a
26:49de plus en plus de pauvres
26:50en France aujourd'hui ?
26:51J'en parle dans le bouquin
26:51mais personne n'en parle jamais.
26:53Mais pourquoi il y a
26:53de plus en plus de pauvres ?
26:54Devinez.
26:55Parce qu'on ne sait plus
26:56créer de la richesse.
26:57Parce que justement,
26:58c'est pour ça que ces questions...
26:59La France est-elle
27:00un pays communiste
27:01n'est pas une question si bête ?
27:02Et pourtant,
27:03pas du tout.
27:03Vous utilisez une formule d'ailleurs,
27:04vous parlez du communisme mou.
27:05Oui, bien sûr.
27:06Ça, c'est une formule
27:07que j'en plaide plus longtemps
27:07parce qu'il n'y a pas de GPU,
27:09il n'y a pas de goulag.
27:10Voilà, on peut quand même
27:11dire un peu ce qu'on veut
27:12d'ailleurs à la preuve ce soir.
27:13Il n'y a pas le goulag,
27:14il y a Bercy,
27:15il n'y a pas le KGB,
27:16il y a l'accord.
27:16Oui, d'accord,
27:17mais enfin,
27:18je suis d'accord,
27:19mais enfin,
27:19en même temps,
27:19ici, on est là
27:20et puis on peut dire
27:22nos méchancetés.
27:23Et on n'ira pas en prison
27:24en sortant.
27:25Ça reste à voir.
27:26Pour l'instant.
27:26Pour l'instant.
27:27Vous parlez d'un côté
27:28des bénéfices pour les entreprises,
27:29mais prenons ça
27:30du point de vue
27:30de l'homme ordinaire,
27:31le contribuable ordinaire
27:32qui voit le grand écart
27:34entre d'un côté le brut,
27:35de l'autre côté le net,
27:36qui constate que finalement,
27:37on lui dit,
27:38tu vivrais finalement mieux
27:39si tu étais un assisté
27:40comme un autre.
27:41Est-ce qu'il n'y a pas
27:42quelque chose
27:42qui décourage le travail
27:43aujourd'hui,
27:44tout simplement,
27:44tant d'efforts
27:45pour obtenir si peu à la fin
27:46parce qu'il faut engraisser
27:48la bête étatique
27:49à la manière
27:50qui vampirise
27:51les ressources
27:51du commun et mortel
27:52pour entretenir
27:53les apparatchiks?
27:54Évidemment.
27:55C'est une réalité.
27:56C'est-à-dire que,
27:57vous savez,
27:58aujourd'hui,
27:58il ne faut jamais oublier,
27:59c'est un chiffre
27:59quand les ozots,
28:01les deux rigolos,
28:03Zuckman et Piketty,
28:05les Lorelle et Hardy
28:05de l'économie marxiste,
28:07déguisés en économistes,
28:09quand ils nous disent
28:11que les riches
28:12ne payent pas d'impôts,
28:13c'est quand même
28:13une fichèse.
28:14On n'a pas l'air de dire ça.
28:16C'est honteux.
28:17Pourquoi ?
28:17Parce que vous savez
28:18qu'il y a 40% de Français
28:20qui ne paient pas d'impôts
28:21et ce ne sont pas les riches,
28:22ce sont les plus démunis
28:23et je ne conteste pas
28:25cette décision,
28:26même s'il faudrait peut-être
28:27quand même
28:29qu'il y ait un petit peu
28:30plus de Français
28:31qui en paient,
28:32ne serait-ce que pour le principe.
28:33Vous voyez ce que je veux dire ?
28:33Même si c'est des petites sommes,
28:34je pense que c'est mauvais
28:35l'idée que, voilà,
28:36il y a des gens
28:37qui sont totalement exemptés,
28:38c'est même humiliant pour eux,
28:40qui participent un petit peu
28:41à l'effort.
28:41Et d'autre part,
28:42c'est un autre chiffre
28:42qui est passionnant,
28:4457% des Français,
28:45aujourd'hui,
28:46de nos concitoyens,
28:47sont bénéficiaires nets
28:48des prestations sociales,
28:49c'est-à-dire qu'ils touchent
28:50plus d'argent
28:52qu'ils n'en sont prélevés.
28:54il y a quand même,
28:55là-dessus,
28:56si vous voulez,
28:56on est arrivé quand même
28:58à un sommet.
28:59Alors,
28:59quand vous parlez du travail,
29:00bah oui,
29:01et là-dessus,
29:01il y a eu la catastrophique
29:03réforme des 35 heures
29:05qui m'a rendu fou,
29:06d'ailleurs,
29:06à l'époque,
29:06je me souviens très bien,
29:07mais c'était une honte.
29:08Tous les confrères étaient pour.
29:10Tous les confrères étaient pour.
29:11Tout le monde était pour,
29:12ça allait créer des emplois.
29:13Il n'y a pas eu un seul emploi
29:14créé par cette fichèse encore.
29:17Et il y a cet état d'esprit
29:21de haine du travail,
29:23vous voyez,
29:23qui est symbolisé par,
29:25d'ailleurs,
29:25cette forme,
29:26bon,
29:27ce n'est pas sa première sornette,
29:30mais Sandrine Rousseau,
29:31elle a quand même osé dire
29:32que travailler moins
29:34ou pas travailler,
29:35c'est bon pour la planète.
29:36C'est ça.
29:36Et en reprenant,
29:38d'ailleurs,
29:38toutes les idées de Lafargue,
29:39vous savez,
29:40le gendre de Marx
29:41qui a écrit ce célèbre essai
29:44« Le droit à la paresse »
29:45au XIXe siècle.
29:47Lafargue dont Marx disait,
29:47d'ailleurs,
29:48qu'il n'était pas marxiste.
29:49Arthur de Matrigan.
29:50On reviendra sur le travail
29:52parce que c'est un vrai sujet
29:53qui est souvent mal abordé
29:54et qui va être décidif
29:55dans les prochaines années.
29:56Mais je voudrais vous demander d'abord,
29:57parce que je suppose
29:58que quand vous parlez
29:58du communisme en France,
30:00c'est l'État qui s'accouste
30:02un peu trop dans nos vies
30:03jusque dans nos plumards,
30:05mais...
30:05Jusque dans nos plumards ?
30:06Oui,
30:06il regarde dans notre chambre à coucher.
30:08Oui,
30:08vous avez raison.
30:09Mais c'est vrai qu'il étouffe.
30:10Il étouffe,
30:11tout le monde est d'accord là-dessus.
30:12Il étouffe,
30:12sauf que quand il y a des crises...
30:13Il étouffe,
30:14c'est très important quand même.
30:15200 000 normes
30:17dans le Code du travail,
30:20vous ne pouvez pas être placé
30:21avec une camionnette
30:21pour comprendre.
30:22500 000 normes en France,
30:24on dit que ça coûte des milliards,
30:25mais enfin,
30:25tout ça est stupide.
30:26C'est incroyable.
30:27D'ailleurs,
30:27on va le voir avec les impôts.
30:29Vous parlez des impôts,
30:30tous ces trucs qu'il faut remplir,
30:31les papiers qu'il faut rendre,
30:32etc.
30:32On est à l'ère d'Internet,
30:33mais apparemment,
30:35encore qu'il y a un seul système
30:36qui marche en France,
30:37je trouve très bien,
30:38c'est le fisc.
30:38J'ai toujours le fisc
30:39parce que quand vous payez trop,
30:41vous êtes remboursé tout de suite
30:42et c'est le seul service de l'État
30:43qui fait ça.
30:44Bravo.
30:44J'en viens à ma question quand même.
30:45Je ne dis pas ça
30:46pour me faire bien voir,
30:47mais c'est vrai.
30:48C'est vrai.
30:49On sent la ruse.
30:50Non,
30:50mais je suis toujours étonné.
30:51C'est-à-dire le fisc
30:51qui est très honnête
30:52et vous n'avez rien demandé,
30:54vous vous êtes rendu compte
30:55de rien
30:55et que là,
30:56vous avez un petit chèque.
30:57Vous avez raison étonnamment,
30:58il est honnête.
30:58Mais je voudrais revenir à ça,
30:59c'est-à-dire l'État
31:00qui étouffe le pays,
31:01sauf que dès qu'il y a une crise
31:02inflation, énergie, Covid,
31:04en fait,
31:04les Français,
31:04il faut m'appeler l'État,
31:05les Français demandent
31:06que l'État intervienne,
31:07ils réclament chacun
31:08en fonction de leurs besoins
31:09ou quelque chose,
31:09mais il y a une dépendance
31:11de l'État des Français
31:12majoritaire
31:12qui est compliquée à...
31:14Je veux dire,
31:15pour le changer,
31:15il faut une révolution
31:16ou une contre-révolution.
31:17Non,
31:18parce que ça,
31:18moi,
31:19je pense que c'est normal.
31:20C'est-à-dire que
31:21c'est une phrase
31:21de Ronald Reagan,
31:22je ne sais pas,
31:23je cite souvent,
31:23je le dis souvent,
31:24c'est intéressant,
31:25c'est vrai qu'il dit
31:26l'État,
31:27il est là pour protéger,
31:28le pouvoir,
31:29il est là pour protéger,
31:31il n'est pas là
31:31pour s'occuper de tout.
31:32C'est ça,
31:32la réalité des choses.
31:33Parce que dans votre question,
31:34quand vous dites,
31:35ben oui,
31:35il y a une crise,
31:36il faut aider ceux
31:37qui sont en difficulté,
31:38c'est normal l'État.
31:39On ne peut pas accepter
31:40qu'il y ait
31:41des entreprises formidables
31:42qui ferment
31:43parce que,
31:44bon,
31:44justement,
31:45l'essence augmente,
31:46il faut essayer
31:46de les aider
31:46pendant cette période.
31:47Et puis après,
31:48après,
31:49il faut arrêter de les aider,
31:50c'est-à-dire le contraire
31:50de ce qui a été fait
31:51pour le Covid.
31:52Vous regardez le Covid,
31:53c'est fascinant là,
31:54on a fait le quoi qu'il en coûte.
31:56Et bravo,
31:57très bien,
31:57moi,
31:57je suis pour le quoi qu'il en coûte.
31:59Le seul problème,
32:00c'est que vous regardez
32:01le dépense publique
32:01de la France explose,
32:03à la même période,
32:04celle de l'Allemagne aussi,
32:05et l'année suivante,
32:06qu'est-ce qui se passe
32:07en Allemagne ?
32:07Les dépenses publiques
32:08reviennent aux années précédentes.
32:10En France,
32:11ça continue.
32:11C'est-à-dire,
32:12on ne sait pas s'arrêter.
32:13Et on a,
32:14de toute façon,
32:14un pouvoir
32:15qui ne sait pas dire non.
32:17Regardez,
32:17Macron,
32:18il devait relire un peu
32:20la légende des siècles
32:22racontée par De Gaulle,
32:23quand tous ses livres
32:24sont absolument extraordinaires,
32:26je pense notamment
32:26aux mémoires de Focard,
32:27où on lit à un moment,
32:28il dit,
32:29gouverner,
32:29c'est dire non,
32:30non,
32:30non,
32:30non,
32:31non.
32:31C'est vrai,
32:32c'est ça,
32:32gouverner.
32:33Et même petite entreprise,
32:34une petite PME,
32:34il faut savoir dire non,
32:36non,
32:36non,
32:36si vous dites tout le temps
32:37oui,
32:37ça ne marche pas.
32:38Et d'ailleurs,
32:38Macron,
32:39si vous voulez,
32:40quand on pense,
32:41c'est un peu notre Louis XV,
32:43Louis XV le bien-aimé,
32:45qui disait toujours oui,
32:46qui était très gentil,
32:47que tout le monde adorait.
32:48Celui qui a sacrifié
32:48la Nouvelle-France,
32:49la vraie.
32:49Voilà,
32:50et celui qui,
32:51quand il a été enterré,
32:52il fallait en l'enterrer de nuit,
32:53parce qu'il y avait tellement
32:54de gens qui le haïssaient
32:55et qui le vomissaient.
32:57Parce que,
32:58je pense qu'on est plus aimé
32:59quand de temps en temps
33:00on sait dire non,
33:01à bon escient.
33:02Mais est-ce qu'il n'y a pas
33:03aujourd'hui,
33:03dans la fascination
33:04qu'ont les Français,
33:05plusieurs Français
33:06pour l'étatisme,
33:07est-ce qu'il n'y a pas aussi
33:07une version falsifiée
33:08de l'histoire ?
33:09C'est-à-dire,
33:09on nous dit
33:09l'État a fait la France.
33:11Bon, d'accord,
33:12mais l'État qui a fait la France,
33:13ce n'est pas exactement
33:14l'État provident,
33:16socialiste,
33:16mitterrandien.
33:17L'État qui a fait la France,
33:18autant de De Gaulle,
33:19autant de Louis XIV,
33:20autant de Napoléon,
33:20ce n'est pas l'État
33:21qu'on connaît aujourd'hui,
33:22l'État nounou,
33:23big mother,
33:32c'est une réalité.
33:34La falsification de l'histoire,
33:36mais c'est sur tous les sujets.
33:37Sur tous les sujets.
33:38Et là-dessus,
33:39d'ailleurs,
33:39il y a un problème,
33:40c'est-à-dire que la gauche
33:40est très forte.
33:41Elle impose sa vision de l'histoire.
33:44Elle impose...
33:45Il y a des historiens,
33:46des élèves-fils déguisés
33:47en historiens,
33:48qui vous disent,
33:49par exemple,
33:49c'est la droite
33:50qui a amené Hitler au pouvoir.
33:51Ça ne correspond à rien,
33:53il n'y a aucun document au pouvoir,
33:54mais ce sont des historiens,
33:55ils parlent depuis leur science.
33:57Vous avez mille sujets comme ça.
33:59Vous avez, par exemple,
34:01l'esclavage.
34:02Évidemment,
34:03je suis hostile à l'esclavage.
34:04Comment on peut être pour l'esclavage ?
34:05C'est dégueulasse.
34:06Mais en même temps,
34:08pourquoi est-ce qu'on ne parle jamais
34:10des traites négrières de l'islam ?
34:12Pourquoi ?
34:13Pourquoi jamais ?
34:14Pourquoi on ne parle pas
34:15de ce qui s'est passé en Méditerranée aussi,
34:17où les pays du Maghreb
34:19prenaient tout le monde dans les bateaux
34:20ou faisaient des radias
34:21pour piquer des gens ?
34:22Je veux dire,
34:22tout ça a existé aussi.
34:24Je veux dire,
34:24c'est comme le pauvre Macron,
34:26quand il dit
34:28la colonisation française
34:29est un crime contre l'humanité.
34:30Alors,
34:31ça veut dire que la criminalisation
34:32turque,
34:33ottomane,
34:33puisque ce n'est pas un crime
34:35contre l'humanité.
34:36D'ailleurs,
34:36Tebboune,
34:36il négocie en ce moment
34:37des contrats avec Erdogan,
34:38qui est quand même
34:40l'héritier d'anciens colonisateurs.
34:42Il n'y a aucun problème.
34:43C'est-à-dire,
34:43c'est toujours quand c'est l'Occident.
34:45C'est un vrai sujet.
34:46Quand c'est l'Occident
34:47qui fait la même chose
34:48que les autres.
34:48C'est-à-dire,
34:49tout le monde a colonisé l'Algérie,
34:50d'ailleurs,
34:50qui n'existait pas
34:51avant que la France arrive.
34:52Mais,
34:53on sait très bien
35:00et c'est eux
35:01qui ont créé la France
35:02par les Romains
35:03qui ont fait un travail formidable
35:03et qui, d'ailleurs,
35:04qui nous ont laissé
35:05une belle langue.
35:05En héritage,
35:06c'est pas mal.
35:06Alors,
35:07histoire...
35:07Enfin,
35:08il n'y a pas que le Romain,
35:08mais le Romain
35:10est pour beaucoup
35:11dans le français.
35:11Il existe une telle chose
35:12que les leçons de l'histoire.
35:13On a retenu les leçons
35:14au XXe siècle
35:15du fascisme et du nazisme,
35:16assurément.
35:17Avons-nous retenu
35:18les leçons du communisme ?
35:19Ben non.
35:20Alors,
35:20en même temps,
35:21le communisme,
35:21c'est un peu...
35:22Il s'est métamorphosé.
35:23C'est très intéressant
35:24parce que,
35:25bon,
35:25vous avez le soi-disant
35:26communisme chinois,
35:26mais c'est une blague.
35:27C'est un capitalisme,
35:28un capitalisme autoritaire,
35:30étatiste,
35:31mais c'est un capitalisme.
35:31Ça n'a absolument
35:32plus rien à voir
35:33avec le communisme.
35:34Bon,
35:35en même temps,
35:35c'est pas très sympa
35:36à l'intérieur.
35:36Bon,
35:37on sait très bien
35:37ce qui se passe,
35:38mais c'est autre chose.
35:40Vous regardez la Russie,
35:41c'est la même chose.
35:42Là,
35:42ça s'est transformé
35:43en capitalisme autoritaire,
35:44mais aussi en oligarchie,
35:45c'est-à-dire
35:46en espèce de système
35:46de corruption générale,
35:48mais ça n'a rien à voir
35:50avec le communisme
35:51aussi aujourd'hui.
35:52Donc,
35:53aujourd'hui,
35:54le communisme
35:54n'existe plus,
35:55comme d'ailleurs
35:55le fascisme
35:56ou le nazisme,
35:57sauf dans la tête
35:57de quelques éplorés
35:59de l'extrême-gauche française
36:01qui voient des fascistes
36:02un peu partout
36:02ou des nazis partout.
36:04Mais donc,
36:05le vrai problème
36:06avec le communisme,
36:07c'est qu'il n'a rien laissé
36:09et que peut-être,
36:11ça c'est une autre loi,
36:13c'est l'ancien champion
36:14des chèques,
36:17Garry Gasparov,
36:18qui racontait ça
36:18et qui disait ça,
36:19mais c'est vrai,
36:20c'est que la chance
36:21du communisme aussi,
36:21c'est qu'il y a encore
36:22des tas de gens
36:23qui l'adorent,
36:24c'est ceux qui n'ont
36:24jamais vécu
36:25et ceux qui l'ont vécu
36:26évidemment le détestent.
36:27Il suffit d'aller
36:29dans les pays de l'Est
36:31après la chute du communisme,
36:32la chute du mur de Berlin
36:33en 1989,
36:34ce que j'ai fait
36:35pour voir que les gens
36:37étaient fous de joie.
36:38Il y avait beaucoup de joie
36:39et il y avait
36:39les anciens communistes,
36:40la nomenclature
36:41qui était là
36:41et qui n'était pas contente,
36:42ça c'est sûr,
36:43ils étaient là,
36:44mais les gens étaient heureux,
36:45ils retrouvaient le sourire.
36:46Après, c'est vrai
36:46qu'il y avait un problème
36:47d'adaptation.
36:47Là, on retrouve le sujet français
36:49qu'on abordait tout à l'heure,
36:50c'est-à-dire qu'ils avaient
36:51du mal à travailler,
36:52ils ne savaient plus trop
36:52ce que c'était le travail.
36:54Vous voyez,
36:54c'est un peu ça
36:54parce que dans la bureaucratie,
36:56vous savez,
36:56et ça on voit ça aujourd'hui,
36:58vous avez des scènes sans arrêt
36:59et moi ça m'a frappé
37:00à un appareil ou ailleurs,
37:01vous voyez ça,
37:03c'est-à-dire un type
37:03qui fait un boulot,
37:05c'est-à-dire
37:05ça peut être un égouttier
37:06ou ça peut être un jardinier
37:07qui plante une fleur
37:08et autour,
37:09vous avez quatre personnes
37:11qui surveillent,
37:11qui sont là,
37:12souvent sur leur portable,
37:14mais on ne sait pas trop
37:14ce qu'elles font
37:15et qui sont habillées,
37:16elles,
37:17il n'y a pas de bottes,
37:19ils sont en complet,
37:20parfois,
37:21ils surveillent,
37:22c'est-à-dire
37:22c'est la bureaucratisation,
37:24c'est-à-dire
37:25on embauche de plus en plus
37:26de gens aussi
37:27pour surveiller les autres,
37:28comme vous diriez.
37:29Arsour de Matrigan.
37:30Mais justement,
37:30ce n'est pas un héritage
37:31aussi du fordisme,
37:33si vous me permettez,
37:33parce que si on regarde
37:34sur le travail,
37:35c'est très intéressant,
37:36vous dites qu'il y a
37:36l'agonie de la valeur
37:37du travail,
37:37c'est vrai.
37:38En même temps,
37:38quand on voit
37:39les études sur les jeunes...
37:40Oui, parce qu'on peut dire
37:41l'agonie,
37:42on l'a recherché aussi
37:43parce que ce que racontait
37:44tout à l'heure Mathieu
37:45sur la fiche de paye,
37:46c'est-à-dire
37:46il y a tellement
37:47de prélèvements,
37:48c'est à décourage
37:49un peu les gens.
37:50Et ces prélèvements sociaux,
37:51les cotisations sociales,
37:53elles augmentent
37:53quand ils voient
37:53leur fiche de paye,
37:54ils voient bien...
37:55Et le salaire diminue.
37:55Et donc le travail
38:03réussite dans le secondaire
38:04et les types sont
38:05soit au chômage,
38:06soit en temps partiel...
38:07Oui, parce qu'on les a
38:08dans la sociologie et tout ça.
38:09Non, pas que, pas que.
38:10Mais je pense qu'il y a
38:11l'héritage du fordisme
38:12à partir du moment
38:12où on a tout automatisé
38:14et qu'on s'est mis
38:14au rythme des machines,
38:15tout ce qui ressemblait
38:16à du sens ne marchait plus.
38:17Et là, qu'est-ce qu'on voit ?
38:18On voit une jeunesse
38:19qui cherche du sens
38:20dans le travail.
38:21Or, il y a une nouvelle révolution
38:22qui arrive,
38:23celle de l'IA,
38:23qui va encore plus chambouler
38:24et qui va encore plus en...
38:27Le sens va être encore plus
38:28primordial dans cette génération.
38:29Est-ce que vous pensez
38:30qu'on peut faire, pareil,
38:31j'allais dire une révolution
38:32tout à l'heure,
38:33mais une nouvelle révolution
38:33sur le travail
38:34et que le sens va retrouver
38:36une importance
38:37dans la recherche du travail
38:39ou dans la création
38:40des nouveaux emplois ?
38:41Ça, c'est une bonne question
38:42parce qu'effectivement,
38:43l'IA, on entend dire
38:44que des horreurs,
38:45ça va créer du chômage.
38:48J'ai retenté
38:48un responsable socialiste
38:49qui disait
38:49que c'est une bonne chose
38:50parce que ça permettra
38:51justement aux fonctionnaires
38:52de pouvoir faire d'autres choses.
38:53Je ne sais pas quoi.
38:54Pendant que l'IA
38:54fera leur tâche,
38:55ce livre...
38:56Voilà, tout ça, c'est bon.
38:59Mais en même temps,
39:00vous avez raison,
39:00c'est-à-dire l'idée
39:00de donner du sens
39:01et de reléguer
39:04ces tâches-là
39:05à l'intelligence artificielle,
39:07bien sûr.
39:08Bon, après,
39:10sur l'IA,
39:10moi, j'ai toujours
39:11un peu réservé
39:11parce qu'on entend
39:13toujours,
39:13comme avant chaque révolution,
39:14parce que ça va être
39:15la révolution, c'est clair.
39:16Il y a la révolution numérique,
39:17là, maintenant,
39:18on va avoir
39:18la révolution de l'IA
39:20et on entend toujours
39:21que tous les métiers
39:22vont disparaître.
39:23On entendait ça déjà
39:23pour la révolution numérique,
39:25que ça a fait disparaître
39:26beaucoup de métiers.
39:27Ça a d'ailleurs
39:28fait beaucoup de mal
39:29à la presse,
39:30aux médias,
39:30à la presse écrite,
39:31d'ailleurs, dont je viens,
39:32que j'aime
39:33et ce qui est mon métier.
39:35Mais en même temps,
39:36je ne suis pas sûr
39:37que l'IA détruise,
39:38par exemple,
39:39enfin, par exemple,
39:40remplacer les médecins,
39:41ce n'est pas vrai,
39:42je comprends.
39:42Moi, je crois qu'il y a
39:43quand même toujours...
39:44De toute façon,
39:44nous sommes des animaux,
39:45nous avons besoin
39:46de toucher.
39:47Vous voyez,
39:47le côté artificiel
39:49en permanence,
39:50je n'y crois pas.
39:51Moi, je ne crois pas
39:51que ce soit...
39:52On n'aura jamais confiance
39:53en une machine, en fait.
39:54Il nous reste 2 minutes 36
39:55pour répondre
39:56à la dernière question
39:56la plus importante.
39:58Si la France est un pays communiste...
39:58C'est vous qui l'a posé, alors.
39:59Bien sûr.
40:00Si la France est un pays communiste,
40:02comment pourrait-elle
40:02ne plus l'être ?
40:03Comment la France pourrait-elle
40:04faire tomber
40:04son communisme intérieur ?
40:06Ah ben ça,
40:07je crois que ça peut venir...
40:09Je pense que ça viendra
40:10parce qu'on sent quand même
40:11une colère.
40:12Je pense dans le pays,
40:13moi, je sens...
40:14On entend souvent...
40:15Alors, c'est vrai
40:16que c'est plutôt au niveau
40:17des petits chefs d'entreprise,
40:18mais c'est aussi parfois
40:19au niveau des salariés,
40:20enfin, le côté lourd,
40:22le côté mastoc,
40:23le côté...
40:23Et que vous parliez justement
40:25aussi de la tentation
40:26de contrôler
40:27la liberté d'expression
40:28qu'on sent très bien
40:29dans le même temps
40:29le macronisme,
40:30voilà, l'importance
40:31qu'ils accordent
40:32aux réseaux sociaux
40:32parce que, bon,
40:33pour eux,
40:33c'est très important,
40:34vous voyez,
40:35avec tous ces faux macronistes,
40:36avec ces algorithmes
40:37qui font croire qu'ils sont...
40:38Alors moi,
40:39j'en prends plein la gueule
40:39à chaque fois,
40:40on devait en prendre aussi.
40:41Et on voit très bien
40:41que ce sont des algorithmes
40:42où c'est des pauvres types
40:43pour juste écrire comme ça,
40:45c'est ni le connard,
40:46etc.
40:47Et bon,
40:47et ça,
40:48si vous voulez,
40:49c'est...
40:49Mais en même temps,
40:51tout ça n'est pas si grave.
40:53Moi, je pense que
40:54le sujet,
40:55c'est qu'effectivement,
40:56à un moment donné,
40:57il faudra balayer tout ça.
40:59Est-ce que...
40:59Donc balayer,
41:00c'est-à-dire d'un coup,
41:00parce que le communisme,
41:01à l'Est,
41:01est tombé d'un coup.
41:02Est-ce que vous croyez
41:03qu'en France,
41:03il peut plutôt disparaître
41:04étape par étape ?
41:05Oui, je pense que ce sera
41:06plutôt étape par étape
41:07parce qu'on ne peut pas
41:08tout démolir.
41:09Vous savez,
41:09le communisme,
41:09quand il est tombé,
41:10vous avez vu ce que c'était.
41:11Il n'y avait plus rien.
41:12C'était fini.
41:12Il y avait juste
41:13des gens pauvres.
41:13Et on voyait la réalité
41:14du communisme
41:15avec des trous dans les chaussées,
41:17des trous dans les toits,
41:18des gens malheureux.
41:19Enfin, c'était atroce.
41:21On parle de l'URSS ici
41:22ou du monde occidental ?
41:24Est-ce que vous présentez
41:25des trous dans les chaussées,
41:26des gens tristes,
41:26des gens malheureux,
41:27des antidépresseurs ?
41:28Je ne suis pas certain
41:29que vous me parlez en ce moment
41:29de Moscou 83
41:31ou de l'Occident 2026.
41:32Ça, il m'a eu là-dessus.
41:34Je rends le...
41:35C'est sûr, je me rends là.
41:38Parce que c'est vrai
41:40qu'aujourd'hui,
41:44le chagrin,
41:45la mélancolie,
41:46elle est beaucoup en Occident.
41:47Mais je dirais,
41:48elle est plus en Europe
41:48que dans d'autres pays occidentaux.
41:50Elle est surtout...
41:51D'ailleurs, notamment en France,
41:53elle est là en Belgique,
41:54en Grande-Bretagne, etc.
41:56On le sent très bien.
41:57Je ne suis pas sûr
41:57que ce soit la même chose
41:58aux États-Unis
42:00ni dans une partie
42:01de l'Amérique latine,
42:02la partie de la pluie dynamique.
42:03Il nous reste 27 secondes.
42:04Pourtant, votre livre
42:05est jubilatoire.
42:06Comment faites-vous
42:07pour être aussi heureux
42:08en combattant
42:08quelque chose d'aussi absurde ?
42:10C'est ma nature
42:11parce que contrairement à vous,
42:12le pessimiste joyeux,
42:13moi, je suis l'optimiste,
42:14je dis mélancolique
42:15ou nostalgique,
42:16je ne sais pas
42:16parce que j'ai toujours
42:17un petit peu de mélancolie en moi.
42:19Mais je suis optimiste.
42:20Je me lève toujours.
42:21C'est ma femme qui a dit un jour
42:22qu'il se lève toujours
42:23du pied droit.
42:25Voilà.
42:26C'est comme ça.
42:27Je me lève toujours
42:28du pied droit.
42:28Je suis de bonne humeur.
42:30Et chaque jour
42:30est un nouveau jour.
42:31Et vous savez,
42:32c'est tout ça.
42:33C'est les anciens
42:33qui nous ont tout dit là-dessus.
42:35D'abord, il faut toujours lire
42:36« Vivre chaque jour
42:37comme si c'était le dernier »,
42:38Marc Aurel.
42:39Et puis,
42:40il faut aussi vivre chaque jour
42:41comme si c'était une vie en soi.
42:44Ça, c'est Sénèque.
42:45Vous voyez,
42:45c'est avec ces choses-là.
42:47Il faut se remémorer ça souvent
42:48parce que la vie...
42:50Alors, je cite Épicure
42:51et j'en termine avec les citations.
42:53Épicure qui a dit quand même
42:54la plus belle chose qui soit.
42:55C'est à peine commencé
42:56que c'est déjà fini, la vie.
42:58Donc, il faut en profiter un maximum.
43:00D'où mon optimisme.
43:03Et c'est pour ça
43:04que vous venez sur le plateau.
43:04Un optimisme de raison.
43:06On a le sourire.
43:07Et ça nous fait plaisir
43:08de vous avoir sur le plateau,
43:09cher Françoise.
43:10Merci, il est gentil.
43:11Écoutez, on essaye.
43:12On fait comme on peut.
43:1419h48 sur CNews.
43:15Dans un instant,
43:16c'est l'heure des pros.
43:17À tout de suite
43:18pour l'heure des pros
43:20sur CNews, bien sûr.
43:21Sous-titrage Société Radio-Canada
43:23Sous-titrage Société Radio-Canada
43:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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