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00:10En 1985, un homme est accusé à tort de viol dans le Wisconsin.
00:14Elle pensait que Stephen Evry était son agresseur.
00:17Il me disait, elle mériterait que je lui en colle une bonne celle-là.
00:23Concernant le chef d'accusation de viol, le jury vous déclare coupable.
00:27Il est condamné à 18 ans de prison.
00:30D'après son ex-co-détenu, Karl Wernicke, il passait son temps à regarder des programmes retraçant des affaires criminelles.
00:37Quand il regardait ses émissions, il n'arrêtait pas de dire, elle l'a bien méritée cette connasse.
00:42Elle a eu que ce qu'elle méritait. Moi aussi, je lui aurais fait la peau.
00:45Il a ensuite été innocenté par de nouvelles preuves ADN et libéré.
00:51Rien n'avait été prévu. Aucune aide, aucun programme de réinsertion.
00:55On l'a lâché comme ça, dans la nature, sans rien.
00:57Peu de temps après, une jeune photographe est sauvagement assassinée.
01:02Les restes de son corps et sa voiture sont retrouvés sur un terrain appartenant à la famille Avray.
01:07Ça a été le pire jour de ma vie.
01:08Il a été trop loin et il a voulu essayer de passer entre les mailles du filet.
01:14La prison, c'est l'école de crime et il y a passé quelques années.
01:18Il est alors jugé et renvoyé en prison.
01:21Mais s'agit-il encore d'une erreur judiciaire, comme l'affirment ses défenseurs ?
01:25Ce n'est pas l'avis de son ancien co-détenu, Karl Wernicke, qui lui pense que Stephen Avray a
01:31bel et bien commis l'irréparable.
01:34Quand j'ai entendu aux infos qu'il avait été arrêté pour meurtre, j'ai d'abord pensé « Non,
01:40ce n'est pas lui, impossible. »
01:42Mais quand j'en ai appris un peu plus sur ce qui s'était passé, je me suis dit «
01:47Mais ça, il m'en avait parlé en prison. »
01:50Celui qui était le confident de Stephen Avray explique aujourd'hui ce qu'il pense de cette affaire.
01:55Et les preuves lui donnent raison.
01:58« Je ne pense pas qu'il avait l'intention de la poignarder et de la battre. Au départ, il
02:03avait juste envie d'elle. »
02:05Karl Wernicke connaît des détails sur la vie de Stephen Avray que ses défenseurs préfèrent passer sous silence.
02:11« La série Making a Murderer a déformé la vérité. Quelqu'un qui pète les plombs est capable de n
02:17'importe quoi. »
02:18Pour la première fois, Wernicke révèle pourquoi il pense que Stephen Avray avait préparé ce meurtre bien avant de sortir
02:25de prison.
02:28« Il est coupable. J'en suis sûr à 100%. Que les gens me croient ou pas, je m'en
02:34tape. Parce que moi, la vérité, je la connais.
02:37Il est devenu mauvais. Il a été condamné et ça en a fait un monstre. Ce qu'il a fait
02:44est impardonnable. »
02:48« Making a Murderer » sort sur Netflix en 2015. La série documentaire sur Stephen Avray devient rapidement un succès
02:56dans le monde entier.
02:59Elle retrace l'histoire de cet homme emprisonné pendant 18 ans avant d'être innocenté, puis de nouveau condamné pour
03:06le meurtre de Teresa Halbach, une jeune photographe de 25 ans.
03:10« C'était la première fois qu'un homme libéré grâce à Innocence Project se retrouvait ensuite inculpé de meurtre.
03:17»
03:18La série à succès scandalise l'opinion et provoque une vague de soutien pour Avray.
03:22Plus de 500 000 personnes signent une pétition demandant sa libération.
03:26De nombreuses personnes semblent persuadées qu'il a de nouveau été condamné à tort.
03:32Mais aujourd'hui, son ancien co-détenu révèle pourquoi, selon lui, Avray a bien tué Teresa Halbach.
03:40« Le pire truc que je l'ai entendu dire, c'est « on ne peut pas tuer quelqu'un
03:45qu'on connaît. »
03:46« Toutes ces années passées en prison pour un crime qu'il n'a pas commis ont fait de Stephen
03:51Avray un assassin. »
03:55« Il savait très bien que s'il violait et tuait cette fille, il n'avait que deux options.
04:00Soit il réussissait à s'en tirer et il pouvait dire à la justice « on les quitte »,
04:03soit il se faisait prendre et on le renvoyait en prison.
04:07Là où il a ses repères et où il est accepté. C'est un assassin. »
04:12En 1986, Stephen Avray est condamné à 32 ans de prison et incarcéré au centre de détention de Wappen.
04:19Mais comme beaucoup d'autres prisonniers du Wisconsin,
04:22Carl Wernicke et lui seront plusieurs fois transférés à cause de la surpopulation carcérale.
04:27« On nous avait transférés dans le Tennessee. C'est là que j'ai fait la connaissance de Stephen. »
04:33Lors de ces transferts, les gardiens demandent aux prisonniers de choisir leur compagnon de cellule.
04:39« Avray est venu vers moi et m'a demandé si je voulais venir dans sa cellule. C'est comme
04:43ça que j'ai fait sa connaissance. »
04:46« Il a vu que j'étais seul. Pas de famille, personne ne m'écrivait, aucun appel. Je n'avais
04:51aucune visite. »
04:53« Et depuis sa condamnation, c'était pareil pour lui. »
04:56« Lui non plus ne recevait jamais de courrier. »
04:58« Il a dû se dire qu'on avait au moins ça en commun. »
05:03« On s'entendait bien. Il n'y avait jamais de dispute entre nous. »
05:07« Il partageait tout avec moi. Il me laissait regarder sa télé. »
05:10« Quand il cantinait, il m'en faisait profiter. »
05:13« Il travaillait et comme ça fait longtemps qu'il était là, il s'était constitué un petit pécule. »
05:19« C'est comme ça qu'il avait pu s'acheter une télé. »
05:21« Un ventilateur et d'autres trucs qui amélioraient un peu notre quotidien. »
05:26« Mais Carl est de nouveau transféré et les deux amis se retrouvent séparés. »
05:31« J'étais renvoyé à Stanley, dans le Wisconsin, avant lui. »
05:36« Il apprend finalement, au bout de quelques temps, que son ancien co-détenu va bientôt le rejoindre. »
05:41« Ceux qui se faisaient transférer étaient placés dans mon unité. »
05:45« Donc je voyais les nouveaux arriver chaque semaine dans le bus. »
05:48« Quand j'ai vu son nom sur ma liste, j'ai dit au gardien de le mettre dans ma
05:51cellule. »
05:52« Je suis parti travailler en lui laissant un mot qui disait,
05:54« Salut vieux, installe-toi sur le lit du haut et attends que je revienne. »
05:58Je pouvais lui parler comme ça, on était proche.
06:01Sauf qu'il ne savait pas que c'était ma cellule.
06:03Et puis, après coup, je me suis dit,
06:06« J'aurais peut-être pas dû écrire ça. »
06:08« Si c'est un autre Steven Evry. »
06:10« Je suis mal. »
06:11« Mais je me suis dit qu'il y avait peu de chance. »
06:14Et c'est bien lui que j'ai vu dans ma cellule en rentrant.
06:17Quand il m'a vu arriver, il m'a dit en rigolant,
06:19« La vache, je me suis demandé qui avait écrit ça. »
06:22C'est comme ça qu'on s'est retrouvés.
06:24Karl Wernicke enchaîne les séjours en prison depuis 14 ans.
06:30« Je me faisais tout le temps arrêter pour cambriolage, vol, vol à marre. »
06:35« Mon business, c'était du sérieux. »
06:37« Je méritais d'aller en prison. »
06:38« J'étais coupable. »
06:39« Je voulais faire ma peine et qu'on n'en parle plus. »
06:42Depuis sa libération en 2004,
06:44il est désormais retourné sur le droit chemin.
06:47« Tout va bien pour moi maintenant. »
06:50« Je n'ai pas bu une goutte d'alcool depuis plus d'un an. »
06:52« J'ai un emploi stable et un bon salaire. »
06:54« J'ai une maison et une petite amie. »
06:56« Je paye mes factures comme tout le monde. »
06:58« J'ai une vie stable et ça fait du bien. »
07:22« Il ne faut pas être normal pour faire une chose pareille. »
07:26« Comment peut-on torturer un animal ? »
07:29« C'est pas possible de faire ça. »
07:32Avri ne va pas s'arrêter là.
07:34Un an plus tard, il s'exhibe devant sa cousine.
07:38Elle rapporte la scène à son mari,
07:40qui est adjoint du shérif et porte plainte contre lui
07:42pour attentat à la pudeur.
07:45« Non mais tu te rends compte. »
07:47« La dernière fois, il faisait l'amour avec sa femme devant sa maison en plein jour. »
07:52« Ça peut plus durer. »
07:55« Tu dois faire quelque chose. »
07:56Mais cette plainte ne fait qu'augmenter l'animosité d'Avri.
08:02Peu de temps après, il s'en prend à sa cousine,
08:05alors qu'elle conduit avec son enfant installé à l'arrière du véhicule.
08:09« Tu te prends pour qui ? »
08:11« Stephen a été condamné pour ces faits. »
08:15C'est-à-dire que même s'il n'avait pas été incarcéré à tort pendant 18 ans,
08:19il aurait de toute façon passé six ans en prison
08:22suite à cette première condamnation.
08:26C'est à cette période,
08:28alors qu'Avri a été libéré sous caution et attend son procès,
08:31que sa vie va se retrouver bouleversée à tout jamais.
08:38Le 29 juillet 1985,
08:40non loin de chez lui,
08:42une jeune femme de 36 ans,
08:43Penny Ann Burnson,
08:45fait un jogging au bord du lac Michigan.
08:50« Elle a vu un homme s'approcher
08:53et elle a tout de suite vu qu'il allait s'en prendre à elle. »
09:10Il l'a traîné derrière les dunes de sable
09:13et il l'a abusé d'elle.
09:16L'agresseur de Penny est armé d'un couteau.
09:19Il emmène la jeune femme dans les bois
09:21avant de la frapper et de la violer.
09:28À l'hôpital,
09:29elle dit au policier que son assaillant
09:31avait les cheveux hirsutes et une veste en cuir.
09:35Les cheveux hirsutes,
09:37une veste en cuir,
09:39ça ne travaille personne ?
09:42Non.
09:42Qui ?
09:44Stephen Evry.
09:45La description de l'agresseur
09:47correspond à celle de Stephen Evry.
09:49Et il a plutôt mauvaise réputation à Manitowoc.
09:53Si bien que lorsque la victime
09:55le désigne formellement
09:56lors d'une séance d'identification,
09:58sa culpabilité ne fait aucun doute.
10:02« C'est sérieux. »
10:03Indiquez-le sur le formulaire.
10:17L'enquête a ensuite suivi son cours
10:19à partir de cette information.
10:22Penny était persuadée
10:23que son agresseur
10:25s'est à lui.
10:26« Levez-vous, s'il vous plaît. »
10:28Stephen Evry a beau
10:29clamé son innocence,
10:30« Concernant le chef d'accusation de viol,
10:34le jury vous déclare coupable. »
10:37« Concernant le chef d'accusation... »
10:39Il est reconnu coupable de viol,
10:41séquestration et tentative de meurtre.
10:45« Coupable. »
10:47« L'huissier va vous conduire
10:49au centre pénitentiaire du Wisconsin. »
10:53Les enquêteurs ont interrogé sa famille
10:55et il s'avère qu'il avait
10:58un solide alibi.
11:00Donc, quand le verdict est tombé,
11:02on est resté sans voix.
11:03On était persuadés
11:04que le dossier de la défense
11:05était solide,
11:06mais visiblement,
11:07ça n'a pas suffi
11:08à convaincre le jury.
11:09Et il a été condamné
11:10par ses pairs.
11:12Stephen Evry, 23 ans,
11:14nie être coupable
11:15du crime dont on l'accuse,
11:16mais il est condamné
11:17à 32 ans de prison
11:19en 1986.
11:23« On était dans une cellule
11:25d'un mètre 80 sur deux mètres 40,
11:27avec deux couchettes,
11:28des toilettes et un lavabo.
11:29On ne jouait pas aux cartes
11:30et on ne faisait pas de pari.
11:32Donc, on passait notre temps
11:33à regarder la télé.
11:34Il n'allait jamais en promenade.
11:36Il ne faisait pas de sport.
11:38Il passait tout son temps
11:39en cellule devant la télé. »
11:41D'après Carl,
11:42il ne fallait surtout pas s'aviser
11:44de le déranger
11:44lorsqu'il était devant son poste.
11:48Les autres prisonniers
11:49l'appelaient
11:50le mini-troll fou.
11:52À force de ne jamais sortir,
11:54il avait la peau toute blanche.
11:56Quand il s'énervait,
11:57il devenait tout rouge.
11:59Et il serrait les poings.
12:01Il a de bons avant-bras.
12:02Il a de la force.
12:03Il est sacrément costaud.
12:05Il était imprévisible.
12:07Des fois,
12:08il était tout calme.
12:09Il allait manger
12:10et il retournait
12:11tranquillement en cellule.
12:13Mais il y avait des jours
12:14où il se faisait remarquer.
12:16Et où il s'énervait
12:17pour un rien.
12:19Il explosait
12:19et devenait foudrage.
12:21D'un coup.
12:21Sauf qu'en prison,
12:22il vaut mieux gérer sa colère.
12:24Sinon,
12:24vous risquez d'avoir des ennuis.
12:25Mais il me disait
12:26« Qu'est-ce que tu veux
12:27qu'il me fasse ?
12:28Me mettre au trou ?
12:29Je m'en fous.
12:30Moi, je dis qu'un type
12:31qui n'a peur de rien
12:32est capable de tout. »
12:35C'est pour ça
12:35qu'il y a certains
12:36qui y vont
12:36pour les empêcher
12:37de s'en prendre physiquement
12:38aux autres.
12:39On ne plaisante pas
12:40avec ces gens-là.
12:40En prison,
12:41c'est la règle numéro un.
12:42« Il faut se méfier
12:43de ceux qui pètent les plombs. »
12:45Stephen Avry
12:46continue de prétendre
12:47qu'il a été accusé à tort.
12:50Près de dix ans
12:50après la condamnation d'Avry,
12:52l'agent Andrew Colborne
12:53reçoit l'appel
12:54d'un collègue
12:55d'un autre comté.
12:56Celui-ci explique
12:57qu'un autre détenu
12:58a avoué le crime
12:59dont Avry est accusé.
13:04Grégory Allen.
13:05Ok, je vais faire passer l'info.
13:07Autre chose ?
13:08Merci, monsieur.
13:10Colborne informe immédiatement
13:12le procureur.
13:14Je voudrais parler
13:15au procureur Vogel.
13:16Mais cette information capitale
13:17va rester lettre morte
13:18pendant huit ans.
13:23Monsieur Avry
13:24et Monsieur Allen
13:24avaient une apparence
13:26légèrement semblable.
13:28Ils avaient tous les deux
13:29la barbe,
13:29mais à part ça,
13:30ils ne se ressemblaient
13:31pas du tout.
13:32Monsieur Avry
13:33était beaucoup plus petit
13:34que Monsieur Allen.
13:36Et ce dernier
13:37correspondait beaucoup plus
13:38à la description
13:39que Penny avait donnée
13:40de son agresseur.
13:42Steven Avry veut absolument
13:44prouver son innocence.
13:45Il demande
13:46à ce que son ADN
13:47soit comparé
13:47à celui retrouvé
13:48sous les ongles
13:49de la jeune femme.
13:50On est tous
13:51innocents en prison.
13:52C'est pas moi,
13:54j'ai rien fait.
13:55Lui, il m'a dit
13:56quitte à violer
13:57une nana.
13:58Je n'aurais pas choisi
13:59une mocheter pareille.
14:01Pour moi,
14:02ça voulait dire
14:02qu'il allait recommencer.
14:04J'ai trouvé ça très bizarre
14:05qu'il dise ça,
14:06alors qu'il prétendait
14:07justement être innocent.
14:08Il y avait quelque chose
14:09qu'il ne collait pas.
14:11Les années passent
14:12et Avry se laisse
14:13de plus en plus
14:13envahir par la colère
14:15et le ressentiment.
14:16D'après Carl,
14:17son ancien co-détenu,
14:18c'est à cette période
14:19qu'il a également commencé
14:20à nourrir des fantasmes
14:21morbides.
14:22« Salut,
14:24qu'est-ce que tu dessines ? »
14:26« Vaut mieux pas
14:26que tu le saches. »
14:28« Vas-y, fais voir. »
14:29« Monte, ça m'intéresse. »
14:32« Qu'est-ce que c'est
14:33de ce truc ? »
14:34« Une chambre de torture. »
14:36« Une chambre de torture ? »
14:38« Pour quoi faire ? »
14:39« À ton avis,
14:40pour des femmes. »
14:42« Des femmes ? »
14:43« Pour leur faire quoi ? »
14:44« Les violer ? »
14:47« Il a développé
14:48une véritable haine
14:49envers les femmes en prison. »
14:52« Il fait partie
14:52de ces gens
14:53à qui la prison
14:54n'a vraiment pas réussi. »
14:56« À sa sortie,
14:56il était pire. »
14:57Pour Carl Wernicke,
14:58Steven a changé
14:59parce qu'il passait
15:00trop de temps
15:00enfermé dans sa cellule.
15:02« On appelle ça
15:03la téléprison. »
15:04« C'est quand on passe
15:05son temps devant la télé. »
15:07« Je pouvais passer
15:08des journées entières
15:09à regarder la télé. »
15:10« À force,
15:10je ne savais même plus
15:11quel jour on était. »
15:13« En plus,
15:13avec toutes les chaînes
15:14qu'il y a,
15:14il y a de quoi faire. »
15:15« Lui,
15:16ce qu'il aimait bien regarder,
15:17c'était des séries
15:18comme Les Experts à Miami
15:19ou des documentaires
15:21sur des affaires
15:21de meurtre
15:22comme Forensic Files,
15:24ce genre de trucs. »
15:26D'après Carl,
15:27Steven passait son temps
15:28à dire ce que lui
15:29aurait fait
15:29à la place du tueur.
15:31« Il était toujours
15:33du côté des criminels.
15:34Il relevait
15:35toutes leurs erreurs.
15:37Du genre,
15:37« Mais non,
15:38pas là ! »
15:39« Il n'a pas vu
15:40la caméra ? »
15:41Il cherchait toujours
15:42comment le coupable
15:43aurait pu s'en sortir.
15:44Il leur parlait,
15:45« Mais non,
15:46ne mets pas le corps ici,
15:47sinon ils vont la retrouver. »
15:49Il leur disait
15:49ce qu'il devait faire.
15:51Comme s'il voulait
15:52les aider
15:52pour ne pas
15:53qu'ils se fassent prendre.
15:56Le pire truc
15:57que je l'ai entendu dire,
15:58c'est
15:58« On ne peut pas
15:59tuer quelqu'un
16:00qu'on connaît. »
16:01Le mieux,
16:01c'est de passer le corps
16:02dans un broyeur à bois
16:03et de jeter
16:04les restes aux cochons.
16:05Les cochons,
16:06ça mange tout,
16:06même les os.
16:07Comme ça,
16:08il ne reste plus rien.
16:09C'est quand même
16:10sacrément tordu
16:10de se dire
16:11des trucs pareils.
16:12Et ça,
16:13il l'a appris
16:14en regardant
16:15ces documentaires.
16:16Stephen Avry
16:17avait notamment
16:17l'habitude
16:18de parler
16:18d'une technique
16:19imparable
16:19pour détruire
16:20toute trace d'ADN.
16:21Et bizarrement,
16:22il en sera question
16:23lorsqu'il sera ensuite
16:24accusé de meurtre.
16:25D'après ce qu'on avait
16:26pu voir dans ces émissions,
16:28là où ils avaient
16:28toujours beaucoup de mal
16:30à trouver des preuves,
16:31c'est quand il y avait eu
16:32le feu.
16:35Dans les affaires
16:35où ils ne trouvaient
16:36rien,
16:37il y avait eu
16:37un incendie.
16:38Parce qu'à cause
16:39de la chaleur,
16:40l'ADN était
16:41complètement détruit.
16:42Et pour ça,
16:43il suffisait de faire
16:43un feu au fond
16:44de son jardin.
16:45Le secret,
16:46c'était de générer
16:47une chaleur extrême.
16:48Et à partir de là,
16:49il n'avait plus que ça
16:50à la bouche.
16:51Brûlé, brûlé, brûlé.
16:53Il n'était plus question
16:54de brouillard
16:54ni de cochon.
16:56Pendant ce temps,
16:57Stephen Avry
16:58continue de se battre
16:59pour être libéré.
17:00Le bureau du Wisconsin
17:01de l'association
17:02de lutte contre
17:03les erreurs judiciaires,
17:04Innocence Project,
17:05finit par s'intéresser
17:07à son dossier
17:07et demande
17:08de nouvelles analyses ADN.
17:10Lorsque le juge accepte,
17:12Avry se confie
17:13à son co-détenu.
17:17Il m'a dit
17:17« J'ai peut-être une chance.
17:19Ils vont refaire
17:20des analyses ADN
17:20sur un cheveu. »
17:22C'est la première fois
17:22qu'il m'en a parlé.
17:23Il m'a raconté
17:24que le Innocence Project
17:26avait pris son cas en main.
17:27Et là,
17:28j'ai commencé à me dire
17:29que mon co-détenu
17:30était peut-être
17:31vraiment innocent.
17:32Je me suis dit
17:33« C'est pas possible.
17:35Je ne revenais pas. »
17:37Le laboratoire
17:38de police scientifique
17:39analyse 13 cheveux
17:40retrouvés sur la victime
17:41qu'il est accusé
17:42d'avoir violée.
17:44Aucun ne correspond
17:45à l'ADN
17:46de Steven Avry.
17:47Mais l'un d'entre eux
17:48appartient à un certain
17:49Gregory Allen
17:50qui purge déjà
17:51une peine de 60 ans
17:52de prison
17:52pour un viol commis
17:53dans le comté de Brown.
17:55nous avons pu déterminer
17:57de façon certaine
17:58que M. Steven Avry
17:59avait été condamné à tort
18:01et qu'il devait donc
18:02être immédiatement libéré.
18:04Le jour de son départ,
18:05j'ai pu lui dire
18:06au revoir
18:06juste avant de partir
18:07travailler.
18:08Je lui ai dit
18:08« Salut, à la prochaine. »
18:09Il m'a donné son adresse
18:10et son numéro de téléphone.
18:12Il savait que je n'avais
18:13nulle part où aller
18:13quand je sortirai.
18:14Il m'a dit
18:15« Viens si tu veux.
18:16Je pourrais t'aider
18:17à trouver du boulot.
18:18J'ai qu'un petit mobilhome
18:19au milieu de nulle part
18:20mais si t'as besoin,
18:21je peux t'héberger. »
18:22Donc on s'est quitté
18:23en bon terme.
18:24Juste avant de partir,
18:25il m'a donné
18:25tout ce qu'il avait cantiné.
18:26Il m'a dit
18:27« Tiens, c'est pour toi.
18:28C'était énorme pour moi.
18:29En prison,
18:30ce genre de choses,
18:31c'est du luxe. »
18:33Steven Avry
18:34Lui est libéré
18:34le 11 septembre 2003
18:35après avoir passé
18:3718 ans derrière les barreaux
18:38pour un crime
18:39qu'il n'avait pas commis.
18:42Les habitants du Wisconsin
18:43se souviennent certainement
18:45très bien de cette journée.
18:46Il est sorti de prison
18:48au milieu d'une nuée
18:49de journalistes
18:50venus des quatre coins
18:50de l'État.
18:53Steven Avry est devenu
18:55une sorte de héros
18:56dans le Wisconsin.
18:57Il était le faire-valoir
18:58de l'association
18:59Innocence Project.
19:00Dans les affaires
19:01d'erreur judiciaire
19:02comme celle-ci,
19:03on voit les prisonniers
19:04à leur libération.
19:06Ils nous disent
19:06qu'ils sont très heureux
19:07et après, plus rien.
19:09On n'entend plus
19:09parler d'eux par la suite.
19:11Et on ne sait pas du tout
19:12comment ils ont vécu
19:13toute cette expérience.
19:16Rien n'avait été prévu
19:17pour lui.
19:18Aucune aide,
19:19aucun programme
19:20de réinsertion, rien.
19:21Ou alors s'ils l'ont fait,
19:22il l'a refusé.
19:23Mais en tout cas,
19:24il s'est retrouvé
19:25lâché dans la nature,
19:26comme ça, sans rien.
19:27Il était livré à lui-même.
19:29Et ça,
19:30ça m'a mis en colère.
19:32J'en ai voulu
19:33au système,
19:34à tout notre système judiciaire.
19:37À sa sortie de prison,
19:39Avry s'installe
19:39dans un mobile home
19:40sur un terrain
19:40appartenant à sa famille
19:41avec sa nouvelle petite amie,
19:43Jody Stakovsky.
19:45Il commence à travailler
19:46dans la casse familiale.
19:48Il n'avait pas vraiment de travail.
19:50Disons qu'il bricolait un peu
19:51dans la casse de son père,
19:52mais c'était une affaire
19:53qui tournait déjà
19:54très bien sans lui.
19:55C'était surtout son père
19:56et son frère
19:57qui s'en occupaient.
19:58Donc, il devait avoir du mal
19:59à trouver sa place.
20:01Après sa libération,
20:02Stephen Avry
20:03a entamé des poursuites
20:04contre le comté
20:04de Manitowoc
20:05en demandant 36 millions
20:07de dommages et intérêts
20:08pour avoir été condamné
20:09et emprisonné à tort.
20:10Il a également porté plainte
20:12contre l'ancien procureur
20:13et l'ancien shérif
20:14qui, selon ses avocats
20:16et lui,
20:16étaient responsables
20:17de cette erreur judiciaire.
20:20A la même période,
20:22la petite amie
20:22de Stephen Avry
20:23est arrêtée
20:24pour conduite
20:24en état d'ivresse
20:25et écope
20:26de sept mois de prison.
20:28Elle confiera
20:29par la suite
20:29à la présentatrice
20:30Nancy Grace
20:31qu'Avry l'a maltraitée.
20:33Après avoir été
20:34injustement incarcérée,
20:35il lui a avoué
20:36en vouloir
20:37à toutes les femmes.
20:38Il est rongé
20:39par la colère
20:40et à force de la contenir,
20:42cette rage rentrée
20:43risque d'exploser un jour.
20:46Le 10 octobre 2005,
20:48le magazine Autotrader
20:50doit photographier
20:50des véhicules
20:51entreposés
20:52chez les Avry.
20:54D'après Carl Wernicke,
20:56Stephen adorait
20:57cette revue
20:57lorsqu'il était en prison.
21:00Il en avait toujours
21:01plein,
21:01tout le temps.
21:03Il était abonné
21:03à cette revue.
21:05Il passait son temps
21:06à regarder les voitures
21:08dedans.
21:08Il adorait
21:09les modèles vintage.
21:10Le seul courrier
21:11qu'il recevait,
21:12c'était ça,
21:12le magazine Autotrader.
21:14Ce jour-là,
21:15c'est Teresa Halbach,
21:16une photographe de 25 ans
21:17qui est envoyée sur place.
21:19Elle se déplaçait
21:20chez les particuliers
21:21ou les concessionnaires
21:22qui avaient une voiture
21:23à vendre.
21:24Elle la prenait en photo
21:25et les clichés
21:26étaient publiés
21:26dans Autotrader.
21:28C'était une excellente
21:29photographe
21:30et elle adorait ça.
21:31C'était sa passion.
21:33Elle était déjà venue
21:35plusieurs fois
21:35faire des photos
21:36chez eux
21:37vu qu'ils avaient
21:38une casse.
21:41Elle l'avait déjà vue
21:42et vrille au moins
21:43deux fois.
21:45Le 10 octobre 2005,
21:47le magazine Autotrader
21:48envoie Teresa Halbach
21:49prendre des clichés
21:50des véhicules
21:51à vendre
21:51dans la case
21:52de la famille Avry.
21:55D'après des amis
21:56de Teresa,
21:57il a ouvert torse nu
21:58et a proposé
21:59à la jeune femme
21:59d'entrer,
22:00ce qui l'a mise
22:01mal à l'aise.
22:02Bonjour.
22:04Vous voulez entrer
22:05le temps que je m'habille ?
22:06Non, merci,
22:07ça ira.
22:08Montrez-moi juste
22:09les voitures
22:10à photographier.
22:10Non, attendez,
22:11j'arrive,
22:12je vais m'habiller.
22:14Elle n'était pas rassurée.
22:16Elle m'a raconté
22:17ce qui s'était passé.
22:19Du coup,
22:19je lui ai dit
22:20plusieurs fois
22:22que si elle devait
22:23y retourner,
22:25le mieux c'était
22:26qu'elle me prévienne
22:27et que je l'accompagnerai.
22:28Mais elle m'a répondu
22:29pas la peine,
22:30ça ira.
22:31La jeune femme
22:32est loin de se douter
22:33qu'elle va vivre
22:33un véritable cauchemar
22:34quelques semaines plus tard,
22:36le jour d'Halloween.
22:40Autotrader,
22:40j'écoute.
22:41Bonjour,
22:42ma sœur a une Dodge
22:43de 89 à vendre.
22:45Le jour où Teresa
22:45a été tuée,
22:46Steven Avry
22:47a appelé le magazine
22:48Autotrader
22:48en faisant croire
22:50qu'il avait de nouveaux
22:50besoins des services
22:51de la jeune femme.
22:52C'est à la casse auto,
22:54Evry,
22:54à Two Rivers.
22:55Il y aura quelqu'un
22:55cet après-midi ?
22:57Oui,
22:57ma sœur sera là.
22:59Attends,
22:59chez les Evry ?
23:01Non,
23:02il est hors de question
23:02que j'y retourne.
23:04Ce type ne me revient pas.
23:07Sérieusement.
23:07Ce n'est pas pour lui,
23:08c'est pour sa sœur.
23:10Ce n'est pas pour sa voiture
23:11à lui ?
23:12Bon,
23:13allez,
23:13s'il te plaît,
23:13je suis bloquée,
23:14j'ai personne d'autre.
23:15Tu ne veux pas y aller
23:16encore juste une fois ?
23:20Bon,
23:21c'est vraiment pour toi.
23:24Ok,
23:24mais c'est la dernière fois
23:25que j'y vais.
23:26Génial,
23:27merci beaucoup.
23:29À contre-cœur,
23:30la jeune femme accepte
23:32de retourner à la casse
23:33en fin de journée.
23:35Une personne qui appelle
23:36en demandant expressément
23:38Teresa comme photographe,
23:40ça pouvait sembler bizarre.
23:41Et en même temps,
23:43pas tant que ça.
23:44Elle était presque
23:45la photographe attitrée
23:46pour ce secteur.
23:47Et donc,
23:47c'est toujours elle
23:48qu'on envoyait là-bas.
23:50D'après son relevé téléphonique,
23:52Avry a appelé trois fois
23:53la jeune femme
23:53sur son portable
23:54cet après-midi-là,
23:55dont deux fois
23:56en masquant son numéro.
23:59Il devait l'épiller
24:01et il l'a attirée là-bas.
24:02Ça se trouve,
24:03il la suivait
24:04depuis un certain temps
24:05avant de se mettre
24:05à la harceler au téléphone.
24:08Et du coup,
24:09à force,
24:10elle a dû le bloquer
24:10parce qu'elle en avait marre.
24:13Avry est resté en prison
24:15de 1985 à 2003.
24:17Tout comme Carl,
24:18son ancien co-détenu,
24:19il n'est pas vraiment au fait
24:20des dernières avancées technologiques.
24:22Nous,
24:23dans toutes ces années,
24:24on a raté plein de trucs
24:25niveau technologie.
24:26Les portables,
24:27on ne savait pas ce que c'était.
24:29On n'en avait vu
24:29que dans les pubs,
24:30jamais en vrai.
24:32Donc,
24:32quand on s'est retrouvé dehors
24:33et quand on en a eu un,
24:35on ne savait pas du tout
24:36comment ça marchait.
24:37Je ne savais pas
24:37qu'on pouvait bloquer des appels
24:39ni qu'on pouvait savoir
24:40d'où on avait appelé.
24:41Les antennes relais,
24:42on ne connaissait pas.
24:43Il avait certainement bien compris
24:45qu'il lui avait fait peur
24:46la première fois.
24:46Et il a refait la même chose.
24:48Quand il lui a ouvert,
24:49il n'avait qu'une serviette
24:49autour de la taille.
24:52Ce 31 octobre,
24:54Teresa Halbach
24:55arrive chez les Havris
24:56vers 14h30.
25:02Bonjour.
25:03Bonjour.
25:05Barbara est là ?
25:06Je suis venue pour sa voiture.
25:08Non,
25:08elle n'est pas là.
25:10Je vais vous montrer où c'est.
25:12D'accord.
25:13Suivez-moi.
25:21C'est celle-là.
25:23Ok.
25:24Elle m'a laissé de l'argent pour vous.
25:26Passez me voir
25:26quand vous aurez fini.
25:28Entendu.
25:32Des passants l'aperçoivent
25:33en train de photographier
25:34un véhicule.
25:38On ne la reverra plus vivante.
25:43La pauvre.
25:47D'habitude,
25:48elle arrivait au studio
25:48vers 9h.
25:49À 9h30,
25:50elle n'était toujours pas là.
25:52À 10h30,
25:53toujours rien.
25:54Pas de nouvelles.
25:55Je me suis dit
25:55qu'elle devait avoir eu
25:56un empêchement,
25:58un problème personnel ou autre.
26:00Donc,
26:00j'ai essayé de l'appeler
26:01mais son répondeur
26:02était plein.
26:03J'ai trouvé ça bizarre.
26:05Ça n'était jamais arrivé
26:06auparavant.
26:07et puis sa mère m'a appelé
26:09pour me dire
26:09que la porte de son garage
26:10était ouverte
26:11alors que sa voiture
26:12n'était pas là.
26:19Ils en ont parlé
26:20à la télévision
26:21et ils disaient
26:22que le dernier endroit
26:23où elle avait été vue
26:24c'était chez les Havry.
26:26Ça m'a interpellé.
26:27Je me suis dit
26:28que c'était
26:29une sacrée coïncidence.
26:31Il y avait de quoi
26:32se poser des questions.
26:33Il est très vite établi
26:35que la casse des Havry
26:36est le dernier endroit
26:37où la jeune femme
26:38a été vue vivante.
26:40Le 5 novembre,
26:42une battue est organisée
26:43pour tenter de la retrouver.
26:46La famille et les amis
26:48de Teresa
26:48se sont regroupés
26:50pour la chercher.
26:52Avec l'autorisation
26:53de M. Havry,
26:54la cousine de Teresa,
26:55Pamela Sturm,
26:56et sa fille
26:57inspectent la casse automobile.
26:59Et elles font rapidement
27:00une terrible découverte.
27:13La voiture de Teresa
27:14est retrouvée
27:15sur les lieux
27:16dissimulés à la va-vite.
27:18La police a rapidement
27:19confirmé
27:20qu'il s'agissait bien
27:21de son véhicule.
27:22Quel meilleur endroit
27:23pour cacher un oeuf
27:24qu'un poulailler ?
27:26Donc,
27:26pour cacher une voiture,
27:27rien de tel qu'une casse.
27:29Leur terrain fait 16 hectares
27:31et c'est rempli de voitures.
27:32J'aurais fait pareil.
27:33Vu comment elle était
27:34mal cachée,
27:35il ne pensait pas
27:36qu'on viendrait la chercher là.
27:38Il s'imaginait
27:39qu'il y aurait juste
27:39un hélico qui passerait
27:40et vu d'en haut,
27:41on pouvait juste distinguer
27:42des voitures de couleur sombre,
27:44mais pas plus.
27:45Impossible de voir
27:45la couleur exacte
27:46de la voiture.
27:47Carl pense savoir
27:48pourquoi son ancien
27:49co-détenu a agi
27:50de la sorte.
27:52Il se fichait
27:53qu'on puisse la voir.
27:54Qui va s'amuser
27:55à chercher une voiture
27:56dans une casse
27:56de 16 hectares.
27:59Mais c'est arrivé.
28:00J'aurais jamais cru.
28:01Ils sont venus
28:02chercher dedans
28:02et c'est là
28:03qu'il a fait une erreur.
28:04On ne pouvait pas
28:05la voir d'en haut,
28:06mais ils ont quand même
28:06réussi à la retrouver.
28:08La police saisit
28:09le véhicule
28:10pour le faire analyser
28:11à Madison.
28:14Le lendemain,
28:15200 policiers
28:16investissent la casse
28:17à la recherche de preuves.
28:20Il y avait les hélicoptères
28:22de la presse
28:23qui tournoyaient
28:23dans le ciel
28:24pour essayer
28:24de voir ce qui se passait.
28:26Avec par-dessus
28:27les aboiements
28:27des chiens de la police.
28:29C'était plutôt anxiogène.
28:30La police finit
28:31par repérer
28:32les traces de feu récentes
28:33dans une fosse
28:33et un baril
28:34près du mobilhome
28:35de Stephen Avry.
28:37Dans les cendres,
28:38on retrouve des morceaux
28:39de téléphones portables
28:40et d'appareils photos,
28:41mais aussi des os
28:43et des dents.
28:43Les analyses révèlent
28:45qu'il s'agit
28:45des restes
28:46de Teresa Halbach.
28:48Il avait fait du feu
28:49et dans les cendres,
28:50il y avait des restes
28:50de corps humains
28:51et de pneus radiales
28:52ceinture acier.
28:52Je me suis dit,
28:53la vache.
28:54Mais il m'avait parlé
28:55d'un truc dans le genre.
28:56Il pensait que ça suffirait
28:58à effacer toutes les preuves.
28:59Je me serais dit
29:00la même chose.
29:02Moi aussi,
29:02j'étais persuadé
29:03que si on brûlait
29:04un téléphone,
29:04la police ne pouvait
29:05plus rien en tirer.
29:07Mais bien si,
29:08ils peuvent.
29:09Moi non plus,
29:10je n'aurais jamais cru.
29:11À partir de là,
29:12on est officiellement passé
29:13d'une affaire de disparition
29:15à une enquête
29:16pour homicide.
29:16Étant donné qu'Avry
29:18a porté plainte
29:18contre le comté
29:19de Manitowoc,
29:20le bureau du procureur
29:21estime qu'il y a
29:22conflit d'intérêts
29:23et préfère confier
29:24l'enquête aux autorités
29:25d'un autre comté.
29:27Les enquêteurs de Calumet
29:28découvrent des preuves
29:29accablantes
29:30dans la voiture de Teresa.
29:32Et l'inspecteur James Lenk
29:33retrouve la clé du véhicule
29:35peu de temps après
29:36lors de la sixième fouille
29:37menée chez Avry.
29:39Elle porte des traces
29:40de son ADN.
29:42Mais bizarrement,
29:43on ne retrouve dessus
29:44aucune trace ADN
29:46de la jeune femme.
29:48Quelqu'un l'aurait-il déposé
29:49chez lui pendant la fouille
29:50pour le piéger ?
29:52Pour Carl,
29:53la réponse est non.
29:55Il a essayé de s'en sortir
29:57comme il pouvait.
29:58Il les poursuivait
29:59pour avoir été emprisonné
30:00à tort pendant 18 ans.
30:01Il aurait touché
30:02500 000 dollars
30:03de dommages et intérêts.
30:04Pour le comté,
30:05c'était rien.
30:06Vous croyez vraiment
30:06qu'il se serait pris la tête
30:07à essayer de le piéger
30:08juste pour ça ?
30:09À ce compte-là,
30:10il pourrait tuer plein de gens.
30:11Je ne vois pas pourquoi
30:12ils iraient se compromettre
30:13pour une somme pareille.
30:15Ils veulent me piéger.
30:16Ils veulent me piéger.
30:17Il s'est tout de suite
30:18caché derrière cet argument.
30:20Dans Making a Murderer,
30:22on ne voyait qu'une photo
30:23de la clé par terre.
30:25Ce qui pouvait laisser croire
30:27qu'elle avait toujours été là,
30:28en évidence,
30:30et que donc,
30:31on aurait pu la trouver avant.
30:33Mais lors de leurs témoignages,
30:35les agents Colborne et Link
30:37ont expliqué qu'à un moment,
30:38lors de la fouille,
30:40Colborne avait remis
30:41des revues pornographiques
30:42dans la bibliothèque.
30:45Et comme il l'avait fait
30:46de façon plutôt brusque,
30:47le fond s'était défait.
30:50C'est là que Stephen Avery
30:52avait caché la clé.
30:53Derrière,
30:54entre le fond
30:55et la structure
30:56de la bibliothèque.
30:57Et ils l'ont fait tomber.
31:00Mais tout ceci
31:02n'est pas du tout mentionné
31:03dans la série.
31:06Stephen Avery est inculpé
31:08pour assassinat
31:09et mutilation de cadavres
31:10le 11 novembre 2005.
31:12Il plaide non coupable.
31:18Quand j'ai entendu aux infos
31:19qu'il avait été arrêté
31:20pour meurtre,
31:21je me suis dit,
31:22non, c'est pas lui,
31:24c'est pas possible.
31:26Lorsque le héros
31:26de la série
31:27Making Murderer
31:28se retrouve accusé
31:29du meurtre
31:29de Teresa Halbach,
31:31certaines rumeurs
31:32laissent entendre
31:32qu'il pourrait avoir agi
31:33avec l'aide de son neveu,
31:35Brendan Dacey.
31:37Le jeune homme de 16 ans
31:38souffre d'un retard mental.
31:40Le soir du meurtre de Teresa,
31:41il prétend avoir vu un corps
31:43à l'endroit où son oncle
31:44a l'habitude de faire du feu.
31:45Les enquêteurs
31:46décident donc de l'interroger.
31:49Brendan est quelqu'un
31:50de très limité intellectuellement.
31:53Ce qui veut dire
31:54qu'il est très influençable
31:55et que quelqu'un de plus âgé
31:57peut facilement le manipuler.
31:59Sans compter qu'il avait
32:00beaucoup d'admiration
32:00pour son oncle Stephen Avery.
32:02Carl n'a jamais rencontré
32:03Brendan,
32:04mais ses recherches
32:05lui ont permis
32:05de se faire un avis
32:06sur la question.
32:08Il ne voulait pas
32:09que Stephen ait des ennuis.
32:11Résultat,
32:12quand les policiers
32:13lui ont dit
32:14« Ou tu parles à ta mère
32:15ou c'est nous
32:16qu'ils faisons. »
32:18Le gamin a tout de suite
32:19appelé sa mère
32:20pour s'excuser.
32:23L'adolescent va ensuite
32:24subir plusieurs interrogatoires
32:25qui seront sujets
32:26à controverse,
32:27notamment parce qu'il n'était
32:28pas assisté d'un avocat.
32:31Il décrit alors en détail
32:32des faits absolument terribles.
32:35Brendan Dacsey a donné
32:37une description effrayante
32:39de ce qui s'est passé
32:40chez Stephen Avery
32:40et des derniers instants
32:42de Teresa.
32:47Voici une reconstitution
32:49des faits basée
32:50sur les aveux
32:51de Brendan Dacsey.
32:56Il est ensuite revenu
32:57sur ses déclarations.
33:01« Viens, viens. »
33:05« Au secours ! »
33:07« S'il vous plaît ! »
33:08« Vous m'entendez t'amuser ? »
33:09« Alors viens. »
33:12Teresa était attachée nue
33:13sur le lit
33:14avec des chaînes aux pieds.
33:16« Aidez-moi, amitié ! »
33:18« Ta gueule ! »
33:18« Au secours ! »
33:19« Tu vas rester là
33:20plantée toute la journée ? »
33:21« Vas-y, moi ça y est,
33:22j'ai fait ce que j'avais à faire. »
33:23« Non ! »
33:25« Amitié ! »
33:27D'après l'adolescent,
33:27Stephen Avry et lui
33:29ont tous les deux
33:30violé la jeune femme.
33:32« Au secours ! Non !
33:34Laissez-moi ! »
33:35« Je pense vraiment
33:36que Brendan ne s'est pas
33:38du tout rendu compte
33:38de la gravité
33:39de ce qu'il faisait.
33:41Pour lui,
33:42si oncle Stephen le faisait,
33:44il devait l'aider
33:44et le faire aussi.
33:46Il s'est dit
33:46que ça lui ferait plaisir
33:47qu'il lui donne un coup de main.
33:49Il a cru bien faire
33:50en faisant pareil que lui. »
33:52Avry a ensuite
33:53probablement maîtrisé
33:54la jeune femme
33:55pour la transporter.
33:57« Il a de la force.
33:58Il est trapu.
34:00Des fois,
34:00ça nous arrivait
34:01de chahuter ensemble
34:02dans la cellule
34:03et il est balèze.
34:04Il est plus costaud
34:05qu'il n'en a l'air. »
34:06Avry met la voiture
34:07de Teresa dans son garage
34:08à l'abri des regards.
34:10« Laissez-moi ! »
34:16« Et maintenant ? »
34:19« On la tue. »
34:20« Non, non !
34:21C'est Dieu ! »
34:30« Achève-la. »
34:32« Il savait comment
34:33manipuler Brendan.
34:35Il avait le dessus sur lui
34:36et le gamin faisait
34:37tout ce qu'il lui demandait.
34:39Il a mis à profit
34:40tout ce que la prison
34:40lui avait appris.
34:42Derrière les barreaux,
34:43on manipule les gens
34:44tous les jours. »
34:46« Ah ! »
34:49« Ah ! »
34:50« Ah ! »
34:51« Ah ! »
34:52« Ah ! »
34:52« Ah ! »
34:54On retrouvera par la suite
34:56des traces du sang
34:57de Teresa
34:57dans le coffre
34:58de sa voiture.
35:01Avry avait d'abord prévu
35:02de la broyer
35:02avec le corps
35:03de la jeune femme
35:04à l'intérieur.
35:05« Il risque de trouver
35:06de l'ADN dans le broyeur, non ? »
35:08Il a alors une autre idée
35:09pour éviter de laisser
35:10des preuves.
35:13« On devrait plutôt
35:14la mettre au feu. »
35:19« Oui, mais elle veut pas mourir,
35:21oncle Steve. »
35:23Les deux hommes
35:23l'ont alors sorti du coffre.
35:26Pousse-toi.
35:38« Je suis désolé pour le spectacle. »
35:46Il a ensuite fait brûler
35:49son corps dehors
35:50et ses affaires
35:50dans un baril.
35:52D'après Carl,
35:54Avry ne jurait que
35:54par cette méthode
35:55pour effacer
35:56toutes les preuves.
35:59Il était obsédé
36:00par cette idée
36:00qu'il faut tout brûler,
36:02tout brûler.
36:04« Qu'est-ce que t'as ? »
36:06« Ça sent mauvais. »
36:07« Je sais. »
36:08« On va mettre
36:09des pneus avec. »
36:11C'est là-dessus
36:11qu'il s'est fait avoir.
36:12Il s'est dit
36:13« Je vais tout brûler,
36:14comme ça,
36:14ces abrutits de flics
36:15trouveront rien.
36:16Je vais tout faire cramer
36:17et mettre des pneus avec
36:18et il ne restera plus rien. »
36:20Il m'avait dit
36:21que quand on faisait
36:21brûler des pneus
36:22radios,
36:23ceintures aciées
36:23dans les casses,
36:24ça dégageait
36:24une chaleur pas possible.
36:27Il a cru que ça suffirait
36:28à effacer
36:28toutes les traces.
36:30« Et j'ai pas fait ça
36:30tout seul,
36:31n'oublie pas.
36:32Allez, bouge-toi. »
36:36On peut difficilement
36:36imaginer une fin
36:38plus terrible
36:40que celle
36:40que Teresa Albach
36:41a connue
36:42ce jour-là.
36:45Cette jeune femme
36:46a d'abord été violée
36:49et ensuite,
36:50ils ont jeté
36:51son corps au feu
36:53après l'avoir tuée.
36:55C'est horrible.
36:57Atroce.
36:59Ça a été
37:00le pire jour
37:01de ma vie.
37:03Et ça reste
37:04très dur
37:05encore aujourd'hui.
37:07Les preuves
37:08contre Stephen Avry
37:09et son neveu
37:09sont accablantes.
37:11mais une série documentaire
37:13va remettre en question
37:14toute l'affaire.
37:17Son ancien co-détenu,
37:19Karl Wernicke,
37:20a un message pour lui.
37:25« Si encore
37:26il avait tué
37:26la nana
37:27qui l'avait accusée
37:28à tort,
37:29d'un point de vue
37:29criminel,
37:31ça se tenait.
37:33J'aurais pu comprendre
37:34qu'il lui en veuille.
37:35Mais là,
37:36ce qu'il a fait,
37:36c'est impardonnable.
37:39On ne tue pas
37:40quelqu'un juste comme ça
37:41pour le plaisir. »
37:42Pourtant,
37:43d'après le neveu
37:43de Stephen Avry,
37:44c'est exactement
37:45ce que son oncle
37:46et lui ont fait.
37:48Il raconte
37:48qu'après avoir violé,
37:49poignardé
37:50et achevé Teresa
37:51avec un fusil,
37:52ils ont déplacé
37:52sa voiture
37:53pour la mettre
37:53au milieu
37:54des autres véhicules
37:55de la casse.
37:56Selon lui,
37:56son oncle aurait ensuite
37:57regardé quelque chose
37:58dans le moteur.
38:00Son ADN sera effectivement
38:01retrouvé
38:02sur le loquet du capot.
38:03Ils ont ensuite
38:04dissimulé la voiture
38:05sous des débris
38:06avant de retirer
38:07les plaques
38:07d'immatriculation.
38:09Elles seront retrouvées
38:10dans une épave
38:11de la casse.
38:14Peu de temps
38:15après avoir avoué,
38:16Brendan Dacy
38:17s'est rétracté.
38:19Il a dit
38:19qu'il avait raconté
38:20aux policiers
38:21ce qu'ils avaient
38:21envie d'entendre,
38:23que rien de tout ça
38:24n'était arrivé,
38:25qu'il n'avait jamais vu
38:26Steven tuer Teresa,
38:27qu'il n'avait rien fait
38:28et que c'est la police
38:30qui lui avait soutiré
38:31des aveux.
38:49Pourtant,
38:49le jeune homme révèle spontanément
38:51des détails sur la façon
38:52dont ils ont nettoyé
38:53le sang de Teresa
38:53avec de l'essence,
38:55du diluant
38:55et de l'eau de Javel.
39:20Le luminol confirmera
39:22la présence
39:23de traces de diluants
39:24et d'eau de Javel
39:24à l'endroit exact
39:25indiqué par Brendan.
39:27Et le djinn
39:28qu'il portait
39:28la nuit du meurtre
39:29porte aussi
39:30des traces d'eau de Javel.
39:33On retrouvera également
39:34dans le garage
39:35un morceau de balle
39:36taché du sang de Teresa.
39:39Il a dû se rétracter
39:40quand on lui a expliqué
39:41ce qui allait lui arriver.
39:43Et il a essayé
39:43de leur dire
39:44qu'il ne voulait pas
39:45faire tout ça.
39:46Peut-être,
39:47mais c'était trop tard.
39:49Quatre mois
39:49après le meurtre
39:50de Teresa,
39:51Brendan Dacy
39:52est incarcéré
39:53et inculpé
39:54pour complicité
39:54de meurtre,
39:55viol et mutilation
39:56de cadavres.
40:00Avry doit répondre
40:01des mêmes chefs
40:02d'accusation,
40:03mais il est également
40:04inculpé pour enlèvement,
40:05séquestration
40:06et viol sous la menace
40:07d'une arme.
40:10Dès le début,
40:11sa ligne de défense
40:12a été,
40:13on m'a déjà accusé
40:14à tort de viol
40:15en 1985
40:16et maintenant,
40:17on veut aussi
40:18me mettre ça
40:18sur le dos.
40:19Le procès
40:20de Stephen Avry
40:21s'ouvre
40:22le 9 février 2007.
40:27Pendant 19 jours,
40:2959 témoins
40:30se succèdent
40:30à la barre.
40:32Les aveux
40:33de Brendan Dacy,
40:34enregistrés sur vidéo,
40:35sont jugés irrecevables.
40:37En mars 2007,
40:39les six hommes
40:40et les six femmes
40:40du jury
40:40se retirent
40:41pour rendre
40:41leur verdict.
40:42Les délibérations
40:44dureront
40:44près de 22 heures
40:45et s'étaleront
40:46sur trois jours.
40:57Je pense qu'à l'annonce
40:58du verdict,
40:59tout le monde
41:00a été soulagé
41:01que le jury
41:02n'ait pas cru
41:02à cette histoire
41:03de commenté.
41:05Cette fois,
41:05le jury devait être sûr.
41:07Il avait déjà fait
41:07de la prison
41:08pour un crime
41:08qu'il n'avait pas commis.
41:10Il ne pouvait pas
41:11se permettre
41:11de condamner
41:12encore une fois
41:13un innocent.
41:14à mon avis,
41:15ils ont dû creuser
41:16jusque dans les moindres détails
41:17pour être sûr
41:18qu'il était vraiment coupable.
41:20Avry est condamné
41:21à perpétuité,
41:22sans possibilité
41:23de libération conditionnelle.
41:25Le jeune Dacy,
41:2617 ans,
41:27est reconnu coupable
41:28de viol,
41:29meurtre et mutilation.
41:30Il est condamné
41:31à la réclusion criminelle
41:32à perpétuité,
41:33assorti d'une peine
41:34de sûreté
41:34de 41 ans.
41:35Il ne pourra faire
41:36une demande
41:37de libération conditionnelle
41:38qu'à partir
41:39de 2048.
41:41Le 18 décembre 2015,
41:43Netflix sort
41:44une série documentaire
41:45de 10 épisodes
41:46sur l'histoire
41:47de Stephen Avry
41:48intitulée
41:49Making a Murderer.
41:51L'émission se revendique
41:52comme étant un thriller
41:53documentaire retraçant
41:54l'histoire de Stephen Avry.
41:55Il est présenté
41:56comme un citoyen
41:57innocenté
41:58par des tests ADN
41:59après avoir été
42:00emprisonné à tort
42:00pendant 18 ans
42:01et qui se retrouve
42:02au centre
42:03d'une nouvelle affaire
42:03de meurtre
42:04pour avoir voulu dénoncer
42:05la corruption
42:05de la police.
42:06La première saison
42:07de la série
42:08est visionnée
42:08par 19 millions
42:09de téléspectateurs
42:10et provoque
42:11la controverse
42:12sur les réseaux sociaux.
42:14La saison 2
42:15sort en 2018.
42:17Elle laisse largement
42:18entendre
42:18que les policiers
42:19ont falsifié
42:20des preuves
42:20pour punir Avry
42:21d'avoir porté plainte
42:22contre le comté
42:23de Manitowoc
42:24et réclamer
42:2536 millions de dollars
42:26de dommages et intérêts.
42:27Les téléspectateurs
42:29sont scandalisés
42:30que deux innocents
42:31puissent être condamnés
42:32à perpétuité.
42:37Ils auraient fait
42:37tout ça
42:38parce qu'il a réclamé
42:39de l'argent ?
42:40Comme l'a si bien
42:40dit le shérif,
42:41si on avait voulu
42:42se débarrasser de lui,
42:43on en avait les moyens.
42:44Il leur suffisait
42:45de le jeter
42:46dans une voiture
42:46et de le faire disparaître.
42:48Alors pourquoi
42:49ils ne l'ont pas fait ?
42:50On peut féliciter
42:51les auteurs de la série
42:52pour leur travail.
42:53Leur histoire
42:53tient la route.
42:54Elle est très convaincante.
42:55Sauf qu'ils ne disent pas tout.
42:58Je n'adhère pas du tout
42:59au parti pris de la série.
43:01Il y a un tas de choses
43:02qu'ils taisent.
43:04À cause de la série,
43:05l'opinion publique
43:06s'est emparée de l'affaire
43:07et voudrait refaire le procès.
43:09Mais les jurés
43:10ont rendu un verdict
43:11à partir de ce qui s'est dit
43:13dans la salle d'audience
43:14et pas sur ce que raconte
43:16Making a Murderer.
43:17Il faudrait qu'ils soient graciés.
43:19Je n'ai jamais rien entendu
43:21d'aussi ridicule.
43:23On va se baser
43:24sur un documentaire
43:25pour gracier un criminel ?
43:28C'est n'importe quoi.
43:30On a retrouvé des traces
43:32de sang de l'accusé
43:33dans la voiture
43:34de la victime.
43:36On a retrouvé
43:37sa clé de voiture
43:37dans la chambre
43:38à coucher de l'accusé.
43:40Et on a retrouvé
43:43des morceaux de balles
43:44avec l'ADN
43:45de la victime dessus
43:46dans le garage
43:47de l'accusé
43:48à l'endroit même
43:50où, d'après son complice,
43:51Stephen Avery
43:52l'a abattu.
43:54N'importe quel procureur
43:56rêverait d'avoir
43:56un dossier pareil
43:57avec de telles preuves
43:58à charge.
43:59Pour Karl Wernicke,
44:01son ancien co-détenu
44:02a tué Teresa Halbach
44:03et entache aussi
44:04le travail
44:05de l'association
44:06Innocence Project.
44:09C'est écœurant
44:10de faire ça.
44:11Il y a des gens
44:12qui ont vraiment besoin
44:13de ce programme
44:13et tout ça va leur nuire.
44:15Ils vont en subir
44:16des conséquences.
44:18Il serait le plus heureux
44:19de la Terre
44:20si je lui écrivais.
44:21J'ai beau être persuadé
44:22à 100% de sa culpabilité,
44:23je n'ai pas de haine
44:24pour lui.
44:25Je le considère
44:25toujours comme mon ami.
44:27Il ne pourra pas
44:28se faire aider.
44:29Il ne pourra jamais
44:30se faire soigner
44:30en hôpital psychiatrique
44:31et être relâché.
44:33C'est allé trop loin.
44:34Il gardera cette colère
44:35en lui
44:35et il mourra avec.
44:36Il est devenu mauvais.
44:37Il a été condamné
44:38pour un crime
44:39qu'il n'avait pas commis
44:40et ça en a fait un monstre.
44:42Il ne ressent
44:43aucune culpabilité
44:44et on ne peut pas
44:45vivre en société
44:45si on n'a aucune empathie
44:47pour les autres.
44:48Alors oui,
44:48sa place est en prison.
44:52Sous-titrage Société Radio-Canada
44:56...
Commentaires
Philippe Laboulais
Créateur
Homicide Crime

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