- il y a 11 heures
Policier
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00:00C'est parti !
00:00:30C'est parti !
00:01:00C'est parti !
00:01:48Mike !
00:01:53Salut !
00:01:54Qu'est-ce qu'il se passe ?
00:01:56Je m'appelle Mike Carroll.
00:01:58Je vous fais visiter ?
00:02:00J'ai toujours vécu ici.
00:02:0263 ans.
00:02:06C'est là que j'ai grandi.
00:02:08On jouait au baseball,
00:02:10à toutes sortes de choses.
00:02:15Je vous préviens, je suis Q.
00:02:18Je suis QAnon.
00:02:21Je suis un patriote.
00:02:24Je suis un salope.
00:02:32Pour me comprendre,
00:02:35il faut être patient
00:02:36et les gens n'ont pas le temps.
00:02:44Je sais qu'on parle de moi,
00:02:47qu'on me prend pour un fou.
00:02:51mais je m'en fiche
00:02:52parce que je crois
00:02:53à ce que je dis.
00:02:59Ma famille dit que j'accumule.
00:03:02C'est vrai que je garde tout.
00:03:04J'aime pas acheter les trucs
00:03:05parce que ça peut servir
00:03:07dans 10 ans.
00:03:08La vie, ce qui va nulle part,
00:03:09elle finira par aller quelque part.
00:03:14Je suis très protecteur
00:03:16envers mon père.
00:03:18Quand j'étais petit,
00:03:19c'était mon héros.
00:03:20Et j'ai l'impression que maintenant,
00:03:24les rôles sont en train
00:03:25de s'inverser.
00:03:27Alors ?
00:03:32Mon père a des croyances
00:03:34très abstraites,
00:03:36si je puis dire.
00:03:38Hé, papa.
00:03:39Ça va ?
00:03:40Les garçons, ça va ?
00:03:41Le voilà.
00:03:43Tu fais quoi ?
00:03:44Tu joues au Scrabble ?
00:03:45Ouais, je cartonne.
00:03:47Je cartonne.
00:03:48J'espère que tu gagnes.
00:03:49Je fais que ça à gagner.
00:03:51Tout le temps.
00:03:52En général,
00:03:54lui et moi,
00:03:55on ne partage pas
00:03:55les mêmes idées en politique.
00:03:58Mais je l'adore.
00:03:59Bon.
00:04:00Ce saut,
00:04:01il faut le monter.
00:04:02Je sais pas ce qu'il y a dedans.
00:04:04Il y a une bouteille d'oxygène.
00:04:06Une pompe à vélo tordu.
00:04:08Laisse-la, elle marche.
00:04:10Je suis allé chez lui
00:04:12plein de fois
00:04:12pour essayer de débarrasser.
00:04:14En général,
00:04:15au bout d'une quinzaine de jours,
00:04:18ça revient comme c'était avant.
00:04:23Tiens,
00:04:24on dirait les vidéos.
00:04:27une caméra.
00:04:30Ouais.
00:04:37Oh, super.
00:04:39C'est bien, ça.
00:04:41C'est une caméra à bobine.
00:04:53J'ai grandi dans ce que je croyais être
00:04:55une famille normale.
00:04:57Un papa,
00:04:58une maman,
00:04:59un quartier sympa,
00:05:00des frères et sœurs.
00:05:02J'étais le dernier des quatre enfants.
00:05:08ma mère s'appelait Dorosie.
00:05:10Tout le monde l'appelait d'Aussie.
00:05:13Il y avait ma sœur,
00:05:15Jean,
00:05:15mon frère Steve
00:05:18et mon autre sœur,
00:05:19Pat.
00:05:20Elle était un peu spéciale,
00:05:22mais c'est une autre histoire.
00:05:25Et puis,
00:05:26Richard.
00:05:29Quand j'étais petit,
00:05:30je pensais que c'était lui,
00:05:31mon père.
00:05:33Mais j'ai appris
00:05:34que mon vrai père
00:05:35nous avait abandonnés.
00:05:53Mon frère Mike
00:05:54a sept ans de moins que moi.
00:05:55il ne se souvient pas
00:05:57de notre père,
00:05:58mais moi, oui.
00:06:03Je me souviens
00:06:03qu'il était toujours près de moi.
00:06:09Je sais qu'il m'aimait.
00:06:13Mon père était là
00:06:15et puis tout à coup,
00:06:17il a disparu.
00:06:20Ça,
00:06:20c'est une photo de moi
00:06:22sur la moto de mon père.
00:06:24Je crois qu'à l'époque,
00:06:25il avait une Harley.
00:06:37Les souvenirs que j'ai
00:06:39de mon père,
00:06:39George Carroll,
00:06:42malheureusement,
00:06:43commencent à s'estomper.
00:06:48Il a servi son pays
00:06:49durant la guerre de Corée
00:06:52et apparemment,
00:06:53il aimait ses enfants.
00:06:57Je ne me souviens pas
00:06:59du départ de mon père.
00:07:04Je n'ai pas de moment précis
00:07:06en mémoire.
00:07:10ma mère nous disait
00:07:12que papa était parti
00:07:13acheter des cigarettes
00:07:15et qu'il n'était jamais revenu.
00:07:21Il a disparu
00:07:22de la surface de la terre
00:07:23d'un seul coup
00:07:24et personne ne savait
00:07:26où il était.
00:07:30Au fil des ans,
00:07:31il y a eu beaucoup de rumeurs,
00:07:33beaucoup de discussions
00:07:34sur ce qu'il était arrivé
00:07:35à papa.
00:07:37Quand on parlait aux gens,
00:07:38ils avaient toujours
00:07:39des théories.
00:07:40Ils disaient
00:07:41qu'il était peut-être
00:07:41lié au crime organisé.
00:07:43Il avait peut-être rencontré
00:07:45une autre femme en Corée
00:07:47et il avait décidé
00:07:48d'y retourner.
00:07:51D'après ceux
00:07:52qu'il connaissait,
00:07:53il était un peu torturé.
00:07:58Ma mère n'a pas arrêté
00:07:59de nous rabâcher
00:08:00ce qu'elle en pensait.
00:08:02Elle disait
00:08:03arrêtez de penser à lui,
00:08:05ce n'était pas un type bien.
00:08:10Je pensais
00:08:11qu'il ne nous aimait plus,
00:08:12qu'il nous avait quittés
00:08:13pour autre chose
00:08:14qu'il aimait davantage.
00:08:20Dans les années 60-70,
00:08:22beaucoup de femmes
00:08:23ne travaillaient pas.
00:08:25Donc,
00:08:25quand mon père est parti,
00:08:28comment allait faire ma mère
00:08:29pour survivre
00:08:30sans aucun revenu ?
00:08:34Ma mère a fait
00:08:35ce qu'elle avait à faire
00:08:37et c'est comme ça
00:08:39que la relation entre elle
00:08:40et M. Dares a commencé.
00:08:47Richard était juste
00:08:48un gars du quartier.
00:08:49un type quelconque.
00:08:53C'était pratique.
00:08:55Il n'était pas trop moche,
00:08:56valide et bosseur.
00:08:59Ma mère s'est dit
00:09:00« ça fera l'affaire ».
00:09:01Il s'est installé
00:09:02et a remplacé mon père.
00:09:06Ça s'est fait presque
00:09:07sans qu'on s'en rende compte.
00:09:09En gros,
00:09:11il a pris la place
00:09:12de mon père.
00:09:16Si je disais
00:09:17que c'était un type bien,
00:09:18je mentirais.
00:09:22il était méchant.
00:09:38continue à parler.
00:09:40Je ne veux pas pleurer
00:09:42en y repensant.
00:09:47gamin,
00:09:47je me disais
00:09:48« bon sang,
00:09:50j'espère vraiment
00:09:51que mon père va revenir.
00:09:53Ce serait le plus beau jour
00:09:54de ma vie. »
00:09:59Mais je savais que ça n'arriverait jamais.
00:10:02Il est parti,
00:10:02c'est mort,
00:10:03il s'en fout.
00:10:09Au bout d'un moment,
00:10:10on se dit
00:10:11qu'il est temps
00:10:11de passer à autre chose.
00:10:12« Je livrais des journaux
00:10:21quand j'étais gamin.
00:10:22Mon premier vrai boulot.
00:10:24C'était cool.
00:10:25C'est valorisant
00:10:26d'être livreur de journaux.
00:10:29Je connaissais les rues,
00:10:30les gens.
00:10:32Et il y avait
00:10:34certaines maisons
00:10:34qui se démarquaient
00:10:35parce qu'elles étaient
00:10:36vraiment jolies.
00:10:38Il y avait notamment
00:10:39cette maison jaune.
00:10:42Il y avait une piscine,
00:10:43une clôture blanche
00:10:44et un p*** jardin.
00:10:46Un très beau jardin.
00:10:48Ça m'a marqué.
00:10:49OK ?
00:10:51Je me disais
00:10:52« ils sont riches ! »
00:10:54Mais M. Yegel,
00:10:55le propriétaire,
00:10:56était radin niveau pour boire.
00:11:02Un jour,
00:11:03quand j'étais plus grand,
00:11:04on avait une fenêtre
00:11:05panoramique
00:11:06dans le salon
00:11:07et j'étais assis devant
00:11:10et je regarde dehors
00:11:12et vous ne devinerez
00:11:14jamais ce que je vois.
00:11:15Je vois M. Yegel
00:11:16arriver dans l'allée
00:11:17et je me dis
00:11:18« qu'est-ce qu'il fait là ? »
00:11:20C'est un des clients
00:11:20de ma tournée.
00:11:22Il arrive,
00:11:23il frappe à la porte
00:11:24et ma mère va ouvrir.
00:11:28Moi,
00:11:28je me demande
00:11:29ce qu'il se passe.
00:11:31J'avais jamais vu
00:11:32ce type sortir de chez lui
00:11:34mais il est sorti
00:11:35ce jour-là
00:11:35pour venir
00:11:36donner une boîte
00:11:37à ma mère.
00:11:40Je regarde par la fenêtre
00:11:42et je vois ma mère
00:11:43prendre la boîte.
00:11:45Ils discutent
00:11:46tous les deux.
00:11:49C'est étendu.
00:11:51quand elle revient,
00:11:52je lui dis
00:11:52« qu'est-ce qu'il voulait ? »
00:11:55Elle dit
00:11:55« c'est les affaires
00:11:56de ton père ».
00:11:59Il y avait des titres
00:12:01de créances
00:12:01très anciens
00:12:03et là,
00:12:04j'ai commencé
00:12:04à poser des questions.
00:12:06Pourquoi il avait
00:12:07les affaires de papa ?
00:12:08Pourquoi les affaires
00:12:09de mon père
00:12:10étaient chez lui ?
00:12:13et là,
00:12:14elle me dit
00:12:14« il était marié
00:12:16avec la mère
00:12:17de ton père »
00:12:21et
00:12:22elle est morte.
00:12:27c'est comme si
00:12:28j'avais reçu
00:12:29un coup de poing.
00:12:33J'ai livré
00:12:34le journal
00:12:34chez eux
00:12:35pendant des années
00:12:35et ma grand-mère
00:12:37vivait là
00:12:38et elle n'est jamais
00:12:39venue me parler
00:12:41et ma mère
00:12:42ne m'a jamais dit
00:12:42« les Jaegels,
00:12:43tu sais qui c'est ? »
00:12:45Ça aurait été sympa,
00:12:46non ?
00:12:48Et je me suis dit
00:12:50« qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
00:12:53Il est arrivé
00:12:53un truc à papa.
00:12:57Il y a quelque chose
00:12:58qui ne va pas
00:12:58dans cette histoire
00:12:59et il y a quelqu'un
00:13:00qui ment.
00:13:01Quelqu'un est ment.
00:13:16Quand on était gamin,
00:13:18tout ce que disait
00:13:19ma mère
00:13:19était parole d'évangile.
00:13:21Donc,
00:13:21si elle disait
00:13:22qu'il était parti,
00:13:23c'est qu'il était parti.
00:13:27Et c'est ce que j'ai cru
00:13:29pendant très longtemps.
00:13:35Mais à un moment donné,
00:13:37on a commencé
00:13:38à se demander
00:13:38« Où est-il parti ? »
00:13:41Où est-il ?
00:13:45En grandissant,
00:13:46on a commencé
00:13:47à poser des questions
00:13:48plus précises
00:13:49et c'était plus dur
00:13:51d'y répondre.
00:13:53Avec le temps,
00:13:54certains détails
00:13:55nous ont intrigués.
00:13:57Il n'y avait pas eu
00:13:58de rapport de police.
00:14:00Personne n'avait signalé
00:14:01sa disparition.
00:14:04Il était parti,
00:14:05mais sa voiture
00:14:06était toujours là
00:14:07et son portefeuille.
00:14:08Et plus tard,
00:14:09on a appris
00:14:10qu'il n'avait jamais
00:14:11encaissé son dernier
00:14:12salaire.
00:14:13Tout le monde
00:14:14a trouvé ça suspect.
00:14:18Je demandais souvent
00:14:19à ma mère
00:14:20« Où est papa ? »
00:14:21« Où est mon père ? »
00:14:23Et elle restait évasive
00:14:24et me regardait de travers.
00:14:26Une fois,
00:14:26elle m'a crié dessus.
00:14:28Je me disais
00:14:29« C'est absurde. »
00:14:31« Je ne veux plus vivre
00:14:31comme ça. »
00:14:35Donc,
00:14:36j'ai commencé
00:14:37à vouloir partir,
00:14:39quitter la maison.
00:14:46« J'ai fini le lycée
00:14:47à 18 ans.
00:14:48J'étais le premier
00:14:49de ma famille
00:14:50à aller à la fac.
00:14:52Je suis devenu
00:14:54inhalothérapeute
00:14:54en soins intensifs.
00:14:57Je gagnais de l'argent.
00:15:00Je vivais ma vie.
00:15:02Vers la même période,
00:15:04ma mère et
00:15:05M.
00:15:05Darès ont divorcés.
00:15:08Il la trompait.
00:15:10Elle a pris sa valise
00:15:11et l'a balancée dehors.
00:15:13C'était une bonne journée.
00:15:17Après le départ
00:15:18de M.
00:15:18Darès,
00:15:19l'ambiance a changé
00:15:20du tout au tout.
00:15:21Tout le monde
00:15:22se sentait libre.
00:15:24« Je suis la reine
00:15:24de ces lieux. »
00:15:26Ma mère était transformée
00:15:29comme quelqu'un
00:15:30qui se sent libérée.
00:15:32« Au revoir.
00:15:33Je me suis éclatée.
00:15:35J'ai pas envie de rentrer. »
00:15:38Elle s'ouvrait
00:15:39de nouveau aux autres.
00:15:40Elle recommençait
00:15:41à s'amuser.
00:15:43C'est là
00:15:44que les soirées sketchs
00:15:45ont commencé.
00:15:47Les soirées sketchs,
00:15:49c'était génial.
00:15:49Ça se passait ici.
00:15:50C'était un grand garage.
00:15:52On l'avait transformée
00:15:53en théâtre
00:15:53avec les sièges et tout.
00:15:55« J'en reviens. »
00:15:57« Ma mère
00:15:59était la reine
00:16:00de la soirée.
00:16:00Elle aurait rêvé
00:16:01d'être actrice. »
00:16:05« Je vouais
00:16:06une admiration
00:16:07totale
00:16:08à ma mère. »
00:16:11« J'ai rencontré
00:16:17la famille Carole
00:16:17durant une soirée sketch.
00:16:20C'était très marrant.
00:16:22Mais je ne participais pas.
00:16:24J'étais trop timide.
00:16:24« Vous savez,
00:16:26faire ça ? »
00:16:29Et puis,
00:16:33on s'est mariés
00:16:34le 23 juillet 1989.
00:16:38Je suis tombée
00:16:40enceinte
00:16:40trois mois
00:16:41après notre mariage.
00:16:49quand j'ai vu mes enfants
00:16:50à la maternité,
00:16:51je n'arrivais pas
00:16:52à y croire.
00:16:56Ces enfants innocents
00:16:57et magnifiques
00:16:58sont à moi.
00:17:03C'était le bonheur.
00:17:04J'étais aux anges.
00:17:06« Bienvenue à la cambrousse ! »
00:17:09« T'es mort ! »
00:17:11Et puis,
00:17:12j'ai appris
00:17:13que ma mère galérait.
00:17:15Elle avait du mal
00:17:17à payer son abonnement
00:17:18au câble.
00:17:19Ce genre de choses.
00:17:20Elle avait peur
00:17:21de perdre la maison.
00:17:22« Merci.
00:17:23Fais un câlin.
00:17:24Allez. »
00:17:25Elle voulait rester
00:17:26dans sa maison.
00:17:27Elle y vivait
00:17:28depuis une cinquantaine
00:17:29d'années.
00:17:30Elle était très attachée
00:17:31à sa maison.
00:17:33Je lui ai dit
00:17:34« Maman,
00:17:35je travaille.
00:17:36Je peux te racheter
00:17:37la maison
00:17:37et t'auras plus rien
00:17:38à payer. »
00:17:41On s'est installés
00:17:42à l'étage
00:17:43et elle était
00:17:44au rez-de-chaussée.
00:17:49Je n'avais pas
00:17:49de mauvais a priori
00:17:51la concernant.
00:17:51Mais avec le temps,
00:17:53je me suis rendu compte
00:17:54qu'elle ne m'aimait pas
00:17:55beaucoup.
00:18:02À l'époque,
00:18:04ça n'allait plus trop
00:18:05entre Mike et moi.
00:18:09Et même si Dottie
00:18:11n'en était pas la cause,
00:18:14je pense que
00:18:15sa relation avec Mike
00:18:17y a contribué.
00:18:23Ça a été dur pour moi.
00:18:25Pour elle, je ne sais pas.
00:18:26Mais je lui ai dit
00:18:27que je ne pouvais plus
00:18:28continuer.
00:18:29Je lui ai dit
00:18:29que je voulais divorcer.
00:18:32et c'est là
00:18:32que ça a un peu
00:18:33dégénéré.
00:18:37Mon avocat m'a dit
00:18:39que j'avais droit
00:18:39à la moitié
00:18:40de la valeur
00:18:40de la maison.
00:18:42Je n'en voulais pas.
00:18:45Je voulais juste
00:18:46l'argent qui me revenait.
00:18:48C'est tout.
00:18:52Mais elle est venue
00:18:53me voir
00:18:55et elle m'a dit
00:18:56que si elle perdait
00:18:58sa maison
00:18:59à cause de ça,
00:19:00j'allais le regretter.
00:19:05D'après ce que j'ai compris,
00:19:08elle a proposé
00:19:08à mon père
00:19:09de la tuer.
00:19:12Comme ça,
00:19:14ça réglerait
00:19:14le problème
00:19:15de la maison.
00:19:16Je ne sais pas
00:19:17si c'est une bonne idée
00:19:18d'en parler ici
00:19:19parce que je ne sais pas
00:19:19trop ce qu'il lui a pris.
00:19:22On n'est pas
00:19:22dans les Sopranos.
00:19:24Ma mère
00:19:24valait mieux que ça.
00:19:27elle s'inquiétait
00:19:28pour moi.
00:19:29Ça faisait des mois
00:19:30que je morflais.
00:19:32Les disputes
00:19:33avec des billes
00:19:33se sont envenimées
00:19:35et ma mère
00:19:36entendait tout
00:19:38puisqu'elle vivait
00:19:39avec nous.
00:19:44Ce qu'il s'est passé,
00:19:45c'est qu'on s'était disputé
00:19:47et après la dispute,
00:19:48j'étais assis là
00:19:49et j'ai entendu
00:19:50ma mère qui m'appelait.
00:19:52Je suis allé à la porte,
00:19:54elle m'a tendu
00:19:54une assiette
00:19:57et elle a demandé
00:19:58« Elle est là ? »
00:19:58J'ai dit « Non. »
00:20:00Elle est allée
00:20:00chez sa mère.
00:20:02« Ok, alors écoute,
00:20:03je vais m'en occuper. »
00:20:07J'ai dit
00:20:07« Qu'est-ce que tu racontes ? »
00:20:09« Arrête de dire
00:20:09n'importe quoi. »
00:20:11Elle a répondu
00:20:11« Non, non. »
00:20:12« Je vais m'occuper d'elle. »
00:20:17Quand on entend ça,
00:20:18on se demande
00:20:18ce qu'elle veut dire.
00:20:19Est-ce qu'elle pense
00:20:20à l'assassiner ?
00:20:23Non.
00:20:25Elle n'aurait jamais fait ça.
00:20:31C'était une blague.
00:20:32D'ailleurs, sur le coup,
00:20:33j'ai rigolé
00:20:34quand elle a dit ça.
00:20:35Et puis elle a fait
00:20:37« Je suis sérieuse. »
00:20:38Et là, j'ai pensé
00:20:39« Oh, elle est sérieuse. »
00:20:41Et j'ai reculé
00:20:42mais je me suis dit
00:20:43« Non,
00:20:43elle ne lui fera rien. »
00:20:46Est-ce que je pense
00:20:47qu'elle l'a dit ?
00:20:48Oui, absolument.
00:20:49Est-ce que je pense
00:20:50qu'elle était sérieuse ?
00:20:52Oui, je pense qu'elle l'était.
00:20:55On a divorcé en 95.
00:21:00Peu de temps après,
00:21:01on a appris
00:21:02que ma mère avait un cancer.
00:21:10Elle m'a dit
00:21:10« Me laisse pas mourir
00:21:11à l'hôpital. »
00:21:12Ok, promis.
00:21:22Pendant sa maladie,
00:21:23elle n'arrêtait pas
00:21:24de penser à mon père.
00:21:30Sur son lit de mort,
00:21:31je lui ai dit
00:21:31« Maman,
00:21:32peux-tu me dire quelque chose
00:21:33sur papa ?
00:21:35Peux-tu me dire quelque chose
00:21:36sur lui avant de partir ? »
00:21:42C'était le 17 avril 1998.
00:21:51Ma mère a tourné la tête,
00:21:53m'a fait un clin d'œil.
00:21:56Elle n'a pas dit un mot
00:21:57et elle est morte.
00:22:08Si elle avait des secrets,
00:22:09elle les a emportés
00:22:10dans sa tombe.
00:22:40Quand elle est morte,
00:22:42il s'est effondré.
00:22:49C'est là qu'il a commencé
00:22:51à accumuler des choses.
00:22:58Il y a beaucoup
00:22:59de bazar ici.
00:23:04Voyons voir.
00:23:05Ça, c'est le pot
00:23:06de cacahuètes de ma mère.
00:23:08Il a au moins 100 ans.
00:23:10Et il y a toujours
00:23:10les cacahuètes.
00:23:19Après la mort de ma mère,
00:23:21je pensais que je ne retrouverais
00:23:22jamais mon père.
00:23:27C'était fichu.
00:23:33Et puis,
00:23:34quelques années plus tard,
00:23:36on m'a appelé au boulot
00:23:38vers 3 heures du matin.
00:23:443 heures du matin,
00:23:46c'est l'heure du diable.
00:23:47Vous voyez ce que je veux dire.
00:23:48À 3, 4, 5 heures du matin,
00:23:50on est dans un état
00:23:51d'esprit bizarre.
00:23:55Donc, je descends aux urgences.
00:24:01Et on me demande
00:24:02d'aller faire une gazométrie
00:24:03artérielle sur un patient.
00:24:07J'y vais.
00:24:08Et je regarde le bracelet
00:24:10avant de commencer
00:24:10pour vérifier le nom du patient.
00:24:14Et je vois que c'est écrit
00:24:15Yagel.
00:24:16Et là, ça fait tilt.
00:24:21C'est le nom de l'homme
00:24:23qui était venu rendre à ma mère
00:24:25la boîte contenant
00:24:26les affaires de mon père.
00:24:30Je ne comprenais plus rien.
00:24:33Donc, je lui demande
00:24:34« Vous viviez à Ronkonkoma ? »
00:24:35Il me dit
00:24:36« Non, c'était mes parents. »
00:24:39Je lui dis
00:24:40« Je vous livrerai votre journal. »
00:24:43Il me dit
00:24:43« Vraiment ? »
00:24:45« C'est quoi votre nom ? »
00:24:47« Mike Carroll. »
00:24:47Et là, il me regarde
00:24:48« Quoi ? »
00:24:51Il n'en revenait pas.
00:24:53Il me dit
00:24:54« Oh, bon sang,
00:24:55je n'arrive pas à y croire. »
00:24:56« Je suis le frère de votre père. »
00:24:59« C'est quoi cette histoire ? »
00:25:00« Je ne savais même pas
00:25:01qu'il avait un frère. »
00:25:05Je lui dis
00:25:05« Parlez-moi de mon père. »
00:25:07Il me dit
00:25:07« Il n'aurait jamais abandonné
00:25:09ses gosses. »
00:25:12On soupçonne
00:25:13qu'il lui est arrivé
00:25:14quelque chose.
00:25:16La maison était en travaux
00:25:17à l'époque.
00:25:20Et on pense
00:25:21qu'ils ont profité
00:25:22de l'occasion
00:25:23pour l'enterrer
00:25:24sous votre maison.
00:25:33Quelle était
00:25:33la probabilité
00:25:34qu'on m'envoie
00:25:35à 3 heures du matin
00:25:35faire une prise de sang
00:25:36à un homme
00:25:37qui se trouve être
00:25:38le frère de mon père ?
00:25:41C'est incroyable.
00:25:44Et là,
00:25:46j'ai compris
00:25:47pourquoi on n'avait
00:25:48jamais fréquenté
00:25:49la famille de mon père.
00:25:54Et il a commencé
00:25:55à parler de ma mère.
00:25:57À en dire du mal.
00:26:00Alors,
00:26:01j'ai coupé court
00:26:02à la conversation.
00:26:04Mike l'a immédiatement
00:26:05pris en grippe.
00:26:07Il ne voulait
00:26:07rien entendre,
00:26:09rien savoir.
00:26:11Si vous critiquez
00:26:13sa mère,
00:26:15vous allez vous
00:26:16le mettre à dos.
00:26:18Mon frère est comme ça
00:26:20et moi aussi.
00:26:28Mike n'a pas cherché
00:26:29à en savoir plus
00:26:30après ça.
00:26:31Il m'a passé
00:26:32le relais.
00:26:41Toute ma vie,
00:26:42je suis restée
00:26:43une petite fille
00:26:44qui cherche son père.
00:26:49je suis partie
00:26:50de chez moi
00:26:51à 17 ans
00:26:53pour fuir tout ça.
00:26:56Ma sœur
00:26:57est partie
00:26:57encore plus jeune.
00:27:04Je me suis souvent
00:27:05demandé
00:27:06comment ça aurait été
00:27:07si mon père
00:27:08avait été là.
00:27:12au fond de moi,
00:27:14il y avait
00:27:15une enquêtrice
00:27:15qui sommeillait.
00:27:20J'allais retrouver
00:27:21mon père
00:27:22et personne
00:27:23ne pourrait
00:27:24m'en empêcher.
00:27:32Je voulais
00:27:33des informations
00:27:36et j'ai proposé
00:27:38à Mike
00:27:38qu'on consulte
00:27:39un voyant.
00:27:43Pour moi,
00:27:44voir un médium,
00:27:46c'est comme si
00:27:46je téléphonais
00:27:47à ma mère
00:27:48pour lui demander
00:27:50si elle avait
00:27:50des choses
00:27:51à nous dire
00:27:51qu'on ignorait.
00:27:55des faits nouveaux
00:27:56ou de nouveaux indices.
00:28:00Bonjour.
00:28:01Ça va ?
00:28:04Après l'histoire
00:28:05avec Hegel,
00:28:06ma sœur m'a proposé
00:28:07d'aller consulter
00:28:08un voyant avec elle.
00:28:10J'ai dit
00:28:11« Ouais,
00:28:12non,
00:28:13je ne sais pas.
00:28:14À bientôt.
00:28:15Merci.
00:28:16Soyez sages. »
00:28:18Quand Gene
00:28:19a commencé
00:28:19à consulter
00:28:20des voyants,
00:28:21on n'était pas
00:28:22vraiment convaincu.
00:28:23Non,
00:28:24je ne crois pas
00:28:24à tout ça.
00:28:26Pour moi,
00:28:26c'était de l'argent
00:28:27jeté par les fenêtres.
00:28:28Je ne suis pas
00:28:29censé les aimer
00:28:30vu que je suis chrétien.
00:28:32Je n'aime pas trop
00:28:33le mot voyant
00:28:33parce que ça peut
00:28:34être n'importe qui
00:28:35et il y a beaucoup
00:28:36de charlatans.
00:28:37Je préfère avoir
00:28:38affaire à un médium.
00:28:40Je trouve ça intéressant
00:28:41mais je ne crois pas
00:28:42que ce soit possible.
00:28:46Xin Xin a probablement
00:28:48dû insister
00:28:49pour qu'il vienne
00:28:50avec elle.
00:28:53Je dois avouer
00:28:54que les voyants,
00:28:55ça m'intriguait.
00:28:56Et Gene
00:28:57y croyait vraiment.
00:28:58Donc j'ai dit
00:28:59« Ok, allons-y. »
00:29:01Et on est allé
00:29:02voir Angela Heil.
00:29:13Je n'en attendais rien.
00:29:18ça a duré une heure.
00:29:20On pensait
00:29:21qu'on allait parler
00:29:21à ma mère.
00:29:24Mais elle ne s'est pas
00:29:25manifestée.
00:29:26Pas moyen de la faire
00:29:26parler.
00:29:28Elles ont discuté
00:29:29de la fille de Jim
00:29:30qui allait avoir
00:29:31un bébé
00:29:32blablabla
00:29:32pendant une heure.
00:29:35Et je me disais
00:29:36« C'est n'importe quoi,
00:29:38c'est des conneries. »
00:29:40Tout à coup,
00:29:41elle me demande
00:29:41« Vous êtes satisfait
00:29:43de la séance ? »
00:29:44Je réponds
00:29:44« Non. »
00:29:46« Pourquoi ? »
00:29:48« Je veux juste
00:29:48savoir où est mon père. »
00:29:51Alors elle dit
00:29:51« Oh ! »
00:29:53Pour le mot
00:29:54qui commence par « M »,
00:29:56je ne dis rien
00:29:57tant que vous ne m'en donnez
00:29:58pas la permission.
00:30:00Je dis
00:30:00« Quel mot ?
00:30:01Meurtre ? »
00:30:08J'ai dit
00:30:08« Ok, là vous m'intéressez. »
00:30:11Elle nous a offert
00:30:12une heure de plus.
00:30:15J'ai dit
00:30:15« Il est où ? »
00:30:21Et elle a dit
00:30:22« Au sous-sol. »
00:30:28Il est vers la gauche
00:30:30au fond
00:30:32sous la cible.
00:30:36Là, j'ai dit
00:30:37« Oh ! »
00:30:38Je ne savais pas
00:30:40ce qu'elle entendait
00:30:40par cible
00:30:41mais Mike a compris
00:30:43de quoi elle parlait.
00:30:45Quand j'avais 4 ans,
00:30:47on avait un stand
00:30:47de tir au sous-sol
00:30:50et il y avait
00:30:51une cible
00:30:52sur laquelle
00:30:53on pouvait tirer
00:30:53à la carabine à plomb.
00:30:58La cible
00:30:59était sur le mur.
00:31:02On l'avait enlevée
00:31:03quand j'étais encore gamin.
00:31:06Donc,
00:31:07elle savait un truc
00:31:08qui datait
00:31:08d'il y a 60 ans
00:31:10et que personne
00:31:11ne connaissait.
00:31:12Ça m'a bluffé.
00:31:19Et bien sûr,
00:31:20j'ai demandé
00:31:21qui l'a tué.
00:31:25Et elle a dit
00:31:26« Richard ».
00:31:48Il était tard,
00:31:50un soir
00:31:50et j'ai reçu
00:31:51un appel de Mike.
00:31:58Il m'a dit
00:31:59« T'es bien assis ? »
00:32:01Et il m'a raconté
00:32:02la séance.
00:32:05C'était incroyable
00:32:07ce qu'elle avait dit.
00:32:08Elle avait parlé de choses
00:32:10et décrit des objets
00:32:11que je connaissais.
00:32:15mais j'étais quand même
00:32:17sceptique
00:32:19parce que
00:32:20je suis du genre
00:32:21à croire uniquement
00:32:22ce que je peux voir
00:32:23et toucher.
00:32:26Et
00:32:27oui,
00:32:27j'étais inquiet
00:32:28pour Richie
00:32:29parce que je ne voulais
00:32:30pas avoir à lui dire
00:32:31que je soupçonnais
00:32:32son père.
00:32:33Je ne voulais pas
00:32:33en parler.
00:32:37Quand j'avais 10 ans,
00:32:38mon demi-frère
00:32:39Richie est né.
00:32:43Je m'appelle
00:32:43Rich Dares.
00:32:47Viens là, toi.
00:32:49Viens là.
00:32:52Je suis le demi-frère
00:32:53de Gene,
00:32:53Pat, Steve
00:32:54et Mike Carroll.
00:32:56Je suis une pièce
00:32:57rapportée.
00:32:59Je sens bien
00:33:00que je suis un Dares
00:33:01parfois,
00:33:02que je ne suis pas
00:33:03à Carroll.
00:33:03je n'ai pas l'impression
00:33:04de faire partie
00:33:05du clan.
00:33:06Ils ne me tiennent
00:33:07pas au courant
00:33:08et j'apprends
00:33:09les choses après coup.
00:33:12Personne ne considère
00:33:13Richie différemment.
00:33:15Le seul truc,
00:33:17c'est qu'il est un peu
00:33:18sur la défensive
00:33:19concernant son père.
00:33:25Quand ils sont revenus
00:33:26de chez la voyante
00:33:27et qu'ils ont dit,
00:33:28elle a dit que notre père
00:33:29avait été assassiné
00:33:30par Richard.
00:33:31Je m'appelle
00:33:32Richard Junior
00:33:33Richard Junior
00:33:34et mon père.
00:33:36Donc,
00:33:36ils insinuaient
00:33:37que mon père
00:33:37avait tué leur père.
00:33:41Le fait que mes frères
00:33:42et sœurs pensent
00:33:43que mon père
00:33:43ait fait ça,
00:33:45c'est horrible.
00:33:48C'est un peu dur
00:33:49à avaler
00:33:49sur le coup.
00:33:53Est-ce que c'est possible ?
00:33:55Bien sûr.
00:33:57Est-ce que c'est plausible ?
00:34:02Pas vraiment.
00:34:10Richie et Steve
00:34:11ne croyaient pas aux voyants.
00:34:13Ils partaient du principe
00:34:15que c'était des escrocs,
00:34:16des charlatans.
00:34:16« Tu crois tout ça ? »
00:34:22Tu crois tout ça ?
00:34:26Mais je me suis souvenu
00:34:27de choses
00:34:28qu'eux n'avaient pas vues
00:34:30parce qu'ils étaient plus jeunes.
00:34:41Avant que mon père
00:34:42disparaisse,
00:34:45j'avais,
00:34:46je dirais,
00:34:47dans les 7-8 ans.
00:34:49Et je me souviens
00:34:50qu'un matin,
00:34:51je me suis levée
00:34:52et habillée
00:34:52pour aller à l'école.
00:34:55et j'ai vu un homme
00:34:57qui dormait
00:34:58sur le canapé
00:34:59dans le salon.
00:35:02Je ne savais pas
00:35:04qui c'était.
00:35:05Et le lendemain,
00:35:07on m'a dit
00:35:07qu'il s'appelait
00:35:09Richard Dares,
00:35:10qu'il venait
00:35:12de sortir de prison
00:35:14et que mon père
00:35:15lui avait proposé
00:35:17de dormir à la maison
00:35:21en attendant
00:35:22qu'il trouve
00:35:22un endroit
00:35:23où loger.
00:35:28J'ai appris
00:35:30bien plus tard
00:35:31que mon père
00:35:32et George Carroll
00:35:33se connaissaient.
00:35:36J'avais la vingtaine.
00:35:38Je l'ai appelé
00:35:38et je lui ai dit
00:35:39« Tu comptais me le dire quand ? »
00:35:42Et il m'a tout raconté.
00:35:46Ce que mon père m'a dit,
00:35:47c'est que
00:35:48quand il était ado,
00:35:50il avait volé
00:35:51du matériel radio
00:35:52appartenant au gouvernement.
00:35:55Le truc idiot.
00:35:58Il a fait 18 mois de prison.
00:36:01Il a purgé sa peine.
00:36:05Visiblement,
00:36:06ses parents avaient honte de lui
00:36:07et l'ont chassé de la maison.
00:36:10Donc,
00:36:11il est allé dans un bar
00:36:12un soir,
00:36:13noyer son chagrin
00:36:14et il a discuté
00:36:15avec un gars.
00:36:17Il lui a dit
00:36:17qu'il cherchait
00:36:18un logement
00:36:18et ce type lui a répondu
00:36:20« Je fais des travaux
00:36:21chez moi.
00:36:24Si tu me donnes
00:36:25un coup de main,
00:36:25tu peux dormir
00:36:26sur le canapé. »
00:36:29Cet homme,
00:36:30c'était George Carroll.
00:36:31« Ils étaient en train
00:36:39d'ajouter une pièce,
00:36:41une annexe
00:36:42à la maison. »
00:36:45« Il est dans la maison.
00:36:47Il y vit,
00:36:48il y travaille
00:36:49au moment où mon père disparaît. »
00:36:54« À un moment donné,
00:36:56ma mère commence
00:36:57à parler avec lui.
00:36:58Il parle avec elle
00:36:59et ça a commencé
00:37:01comme ça. »
00:37:03« On ne sait pas
00:37:04dans quel ordre
00:37:05ça s'est passé.
00:37:06Est-ce qu'ils ont eu
00:37:06une liaison ?
00:37:07On n'en sait rien.
00:37:08Peut-être
00:37:09qu'elle n'aimait plus
00:37:10mon père
00:37:10et qu'elle est tombée
00:37:11amoureuse de Dares.
00:37:14Ça se tient. »
00:37:17« Dares était là.
00:37:18C'est le dénominateur commun. »
00:37:21« Le fait que mon père
00:37:22travaillait dans la maison
00:37:23et dormait sur le canapé
00:37:24ne veut pas dire
00:37:25qu'il est impliqué
00:37:26dans la disparition de George. »
00:37:30« C'est une boîte de photos
00:37:32qui appartenait à mon père.
00:37:34Il était photographe
00:37:35pour un journal local. »
00:37:43« J'aimais mon père.
00:37:46Il m'a beaucoup appris.
00:37:49Ça, c'est moi et ma mère.
00:37:51C'est écrit que j'avais trois mois.
00:37:53Elle est dingue, cette photo.
00:38:01Ça, c'est à la cabane
00:38:02où on allait en été.
00:38:03J'ai que de bons souvenirs
00:38:04avec ma famille,
00:38:05mon père,
00:38:06ma mère.
00:38:12Quand je regarde cette photo,
00:38:15ça me ramène à une période
00:38:17très sombre.
00:38:21Ça me rendait très mal à l'aise.
00:38:25Toutes ces photos
00:38:26qu'il prenait,
00:38:29je regarde le visage
00:38:31de mon frère Steve,
00:38:33le visage de Mike,
00:38:37et en fait,
00:38:40je ressens
00:38:42un malaise
00:38:44en moi.
00:38:46Je sens
00:38:47qu'il y a un malaise.
00:38:49Je le vois
00:38:50sur leur visage.
00:38:55Ma sœur Jean,
00:38:57je crois que ça l'a rendu folle.
00:39:03C'est pour ça que j'ai décidé d'agir.
00:39:08Je ne l'ai pas fait pour la famille,
00:39:10ni pour moi.
00:39:11Je l'ai fait pour Jean.
00:39:15J'ai dit,
00:39:16je vais le retrouver.
00:39:18Je vais creuser.
00:39:24Au boulot,
00:39:25mes collègues me prenaient pour un dingue.
00:39:28Ma famille aussi.
00:39:30La seule qui me soutenait,
00:39:31c'était Jean.
00:39:35Dès que je fais un truc,
00:39:37les gens doutent de moi.
00:39:42Et vous savez quoi ?
00:39:44Je gagne toujours.
00:39:50J'ai commencé à creuser
00:39:51et à tamiser la terre
00:39:53dans une poubelle.
00:39:55Je versais sur un tamis
00:39:56pour voir si je trouvais des ossements.
00:40:02Il suffisait que je trouve un os
00:40:04et c'était fini.
00:40:08J'ai fouillé pendant un an et demi.
00:40:12Personne ne m'a aidé.
00:40:13Personne ne s'est proposé.
00:40:15Je ne pouvais pas abandonner,
00:40:17arrêter.
00:40:19Un jour, je suis allé chez lui.
00:40:22Il y avait un tas de terre
00:40:23comme ça au sous-sol.
00:40:25Il était en train d'attaquer
00:40:26les fondations.
00:40:27La maison a laissé crouler.
00:40:31Oh, bon sang !
00:40:33Faut que t'arrêtes, Mike.
00:40:35Tu vas détruire ta maison.
00:40:41J'ai dû arrêter.
00:40:47J'ai rien trouvé.
00:40:48J'étais super déçu.
00:40:50J'aurais vraiment voulu trouver
00:40:52quelque chose.
00:41:05J'avais de la peine pour mon père
00:41:06parce qu'il ne parlait que de ça.
00:41:09Mais il n'a pas trouvé
00:41:10ce qu'il cherchait.
00:41:13Et je crois qu'il a eu du mal
00:41:15à encaisser le coup.
00:41:18Je crois qu'il est devenu
00:41:20un peu...
00:41:21un peu dépressif.
00:41:34En plus, mon frère et moi,
00:41:36on est partis faire des études.
00:41:39Donc je pense que quelque part,
00:41:42il a dû se sentir abandonné.
00:41:49Petit à petit, mon père a arrêté
00:41:50de s'occuper de la maison.
00:41:52S'il y avait une fuite,
00:41:53il s'en fichait.
00:41:54Il laissait l'eau goûter
00:41:55dans un seau,
00:41:56dans le salon.
00:41:59À l'époque,
00:42:00on parlait souvent,
00:42:01mon père,
00:42:02mon frère et moi,
00:42:04de déménager.
00:42:09Il m'a dit
00:42:10qu'il ne quitterait jamais
00:42:11sa maison
00:42:12avant d'avoir découvert
00:42:13si son père y était enterré.
00:42:19Pour moi,
00:42:20c'était comme une mission.
00:42:23Pas question de partir
00:42:24avant d'avoir essayé.
00:42:30Si je voulais
00:42:31que mon père
00:42:32quitte cette maison,
00:42:33il allait falloir
00:42:34que je creuse.
00:42:40Le problème,
00:42:41c'est qu'on ne savait pas
00:42:42où creuser.
00:42:45Je me suis renseigné
00:42:47sur les radars
00:42:47à pénétration de sol.
00:42:50Les radars
00:42:51à pénétration de sol
00:42:52sont utilisés
00:42:53pour repérer
00:42:54les conduites
00:42:55et les canalisations
00:42:56souterraines.
00:42:59Je me suis dit
00:42:59que si ça repérait
00:43:01ce genre de choses,
00:43:02ça pouvait peut-être
00:43:03détecter un corps.
00:43:09Le problème,
00:43:10c'était le sous-sol.
00:43:11plein à craquer.
00:43:15Des poids,
00:43:16des haltères,
00:43:16du matériel de musculation.
00:43:20Il a fallu débarrasser
00:43:21tout ça
00:43:23pour pouvoir utiliser
00:43:24le radar.
00:43:26Tous mes neveux
00:43:27et nièces étaient là
00:43:27à remonter
00:43:28des trucs du sous-sol.
00:43:31Ça a pris la journée.
00:43:34J'étais contente
00:43:36parce que je savais
00:43:37qu'on allait
00:43:37enfin y arriver.
00:43:44Il y avait
00:43:44deux opérateurs
00:43:45pour le radar.
00:43:47Ça leur a pris
00:43:48plusieurs heures.
00:43:51Je m'attendais
00:43:52à ce qu'ils ne trouvent rien,
00:43:53qu'ils disent
00:43:54« il n'y a rien là-dessous »
00:43:56et qu'on puisse passer
00:43:57à autre chose.
00:44:06Au bout d'un moment,
00:44:07ils nous ont demandé
00:44:08de descendre.
00:44:11On est descendus
00:44:13et on a vu
00:44:14un grand carré
00:44:14de 1,50 m
00:44:15sur 1,50 m.
00:44:21Il y avait
00:44:22une anomalie
00:44:23dans le sol.
00:44:25La taille idéale
00:44:26pour loger un corps.
00:44:28En bon sang,
00:44:29ils ont trouvé
00:44:30quelque chose.
00:44:30Il y a une anomalie.
00:44:32Alors,
00:44:32c'est peut-être vrai.
00:44:34Dès lors,
00:44:36il ne restait plus
00:44:37qu'à creuser.
00:44:49Mais j'ai fait
00:44:50une attaque.
00:44:59J'avais toujours
00:45:00vu mon père
00:45:01comme quelqu'un
00:45:02d'invincible.
00:45:08Il était diminué.
00:45:09Il avait du mal
00:45:10à marcher.
00:45:15J'ai compris
00:45:16que je ne pourrais
00:45:16plus creuser.
00:45:17Pour moi,
00:45:17c'était fini.
00:45:22je me suis dit
00:45:22que je ne trouverais
00:45:23jamais mon père.
00:45:27Mais j'ai parlé
00:45:28avec les garçons
00:45:29et ils m'ont dit
00:45:30« T'inquiète pas,
00:45:33on va le faire. »
00:45:38C'est mon père.
00:45:39Je l'aime
00:45:39et je ferai tout
00:45:41pour lui.
00:45:43Donc,
00:45:43bien sûr
00:45:43qu'on l'a aidé.
00:45:44Je lui disais tout le temps
00:45:45que c'était mon héros
00:45:46quand j'étais gamin.
00:45:48Pour plein de choses.
00:45:52Je peux vous dire
00:45:55que j'ai de la chance
00:45:58pour beaucoup de choses.
00:46:01Je pense
00:46:01que mon attaque
00:46:02a fait comprendre
00:46:03à mes fils
00:46:03qu'ils risquaient
00:46:04de me perdre
00:46:05et qu'il ne fallait pas
00:46:06attendre pour me montrer
00:46:07à quel point
00:46:07je comptais pour eux.
00:46:10Et c'est ce qu'ils ont fait
00:46:11quand ils ont pris
00:46:11la relève
00:46:13et qu'ils m'ont promis
00:46:14de creuser
00:46:15et de retrouver mon père.
00:46:17Promis que j'allais me remettre
00:46:18et qu'il serait là pour moi.
00:46:20Ça, c'est un cadeau
00:46:21que peu de gens reçoivent
00:46:22dans une vie.
00:46:24Je mesure ma chance.
00:46:29Je suis descendu
00:46:30avec un marteau.
00:46:32J'ai trouvé
00:46:33un genre de pied de biche
00:46:34et j'ai commencé
00:46:36à creuser.
00:46:40Ils venaient creuser
00:46:41deux à trois fois
00:46:41par semaine
00:46:42jusqu'à dix heures du soir.
00:46:44J'étais impressionné.
00:46:48Ils allaient le faire.
00:46:51On n'avait pas
00:46:51de matériel professionnel.
00:46:55Mon frère se chargeait
00:46:56des trucs lourds.
00:46:57C'est le plus costaud.
00:47:00Michael se met
00:47:01plutôt en retrait
00:47:03dès que ça devient
00:47:03un peu physique.
00:47:04Ça va s'effondrer.
00:47:05Tu vas me faire tomber.
00:47:07Je l'ai aidé
00:47:08à creuser, bien sûr.
00:47:09Mais mon rôle principal
00:47:10c'était de documenter.
00:47:13Je sens que ça craque.
00:47:15Si on trouvait quelque chose,
00:47:16il faudrait le montrer
00:47:17à la police.
00:47:19Attention.
00:47:23Arrête de filmer.
00:47:25Ça a duré des mois.
00:47:26On nous avait dit
00:47:27que c'était à 1m80.
00:47:28On est allé
00:47:29à 2m40.
00:47:31On a creusé
00:47:32beaucoup plus bas
00:47:33et on n'a rien trouvé.
00:47:38On a trouvé une clé
00:47:39à griffes un jour
00:47:40et divers bouts de métal.
00:47:47Mais en creusant,
00:47:49on a mis au jour
00:47:51un mur en parpaing
00:47:53juste au bord du trou.
00:47:58mon fils m'a dit
00:48:00qu'il y a un mur
00:48:01sous le sol.
00:48:03J'ai dit
00:48:03pourquoi il y a un mur
00:48:04sous terre ?
00:48:05Je lui ai dit
00:48:06de casser ce mur.
00:48:12J'ai fait un trou
00:48:13et j'ai découvert
00:48:14une cavité.
00:48:16Là, j'ai dit
00:48:17c'est pas normal.
00:48:18C'est un caveau.
00:48:22Je sais pas,
00:48:23je veux pas abîmer
00:48:23l'intérieur.
00:48:25J'ai tout de suite
00:48:26trouvé ça suspect
00:48:27et la terre dedans
00:48:29était humide.
00:48:30Rien à voir
00:48:31avec la terre sablonneuse
00:48:32à l'extérieur.
00:48:35Je sentais
00:48:36que j'allais trouver
00:48:37quelque chose
00:48:37que je touchais au but.
00:48:44J'en ai pas dormi
00:48:46de la nuit.
00:48:50Le lendemain,
00:48:51c'était la veille
00:48:52d'Halloween.
00:48:59J'étais en train
00:49:00de creuser
00:49:01tout seul.
00:49:05Et je suis tombé
00:49:06sur un morceau
00:49:07de tissu
00:49:08à moitié désagrégé.
00:49:11J'ai tiré dessus.
00:49:13Ça se déchirait.
00:49:14Ça tombait en lambeau.
00:49:16Ça se désagrégeait
00:49:17dès que je le touchais.
00:49:21Je me suis tout de suite
00:49:22dit que c'était
00:49:23un bout de vêtement.
00:49:27Et là,
00:49:28j'ai touché
00:49:29quelque chose
00:49:29avec ma pelle.
00:49:30Juste sous ce tissu,
00:49:32il y avait
00:49:32quelque chose de dur.
00:49:37Et là,
00:49:38je me suis arrêté
00:49:38et je me suis dit
00:49:39c'est lui.
00:49:41Je l'ai trouvé.
00:49:43J'étais en haut,
00:49:44Chris a déboulé.
00:49:46Et Chris est un dur,
00:49:48mais il était blanc
00:49:48comme un linge.
00:49:49Je ne l'avais jamais vu
00:49:50aussi bouleversé.
00:49:52Je lui ai dit
00:49:53il faut que tu viennes voir.
00:49:55J'ai dit
00:49:55ok, j'arrive.
00:50:01Je descends,
00:50:02je vais au bord du trou,
00:50:03je regarde et je dis
00:50:04je ne vois rien,
00:50:05il faut que je descende.
00:50:06Alors,
00:50:06je me suis mis à genoux
00:50:07et j'ai rampé
00:50:08dans le tunnel.
00:50:10C'est un professionnel
00:50:11de santé,
00:50:11il connaît le corps humain.
00:50:13Il m'a dit
00:50:13c'est pas un os.
00:50:15J'ai dit
00:50:17si,
00:50:17qu'est-ce que tu veux
00:50:18que ce soit ?
00:50:19Chris,
00:50:20tu peux descendre
00:50:21et creuser autour
00:50:21avec tes mains ?
00:50:22C'est ce qu'il a fait.
00:50:30Il est resté assis
00:50:31comme ça
00:50:32et il a poussé
00:50:33un grand soupir.
00:50:34C'était l'os du bassin.
00:50:37Il a dit
00:50:38les enfants
00:50:38c'est un os.
00:50:41Un os humain.
00:50:42J'ai mis ma main dessus.
00:50:46Papa,
00:50:47on est là.
00:50:48On est là papa,
00:50:48on t'a trouvé.
00:50:54Et il s'est mis à pleurer.
00:50:58Il nous a serrés
00:50:59dans ses bras
00:50:59et remercié.
00:51:01Il a dit
00:51:01qu'il avait toujours cru
00:51:02qu'il était là
00:51:03et qu'enfin
00:51:03il en avait la preuve.
00:51:07Ouais,
00:51:08c'était dingue.
00:51:14Ça m'a fait du bien.
00:51:19Non seulement
00:51:20d'avoir trouvé mon père,
00:51:23mais d'avoir raison.
00:51:25Tout le monde pensait
00:51:26que je délirais.
00:51:29Eh ben non.
00:51:32Encore gagné.
00:51:33Comme toujours.
00:51:42Je n'en pouvais plus.
00:51:45J'étais dans tous mes états.
00:51:47Dans tous mes états.
00:51:54Je me suis dit
00:51:56que c'était un genre
00:51:56de miracle.
00:51:58C'était un miracle.
00:52:00Après toutes ces discussions,
00:52:02ces histoires,
00:52:03ces rumeurs,
00:52:03ces théories
00:52:04et toutes ces choses
00:52:05dont on parlait
00:52:06depuis des années,
00:52:07on avait enfin trouvé
00:52:08les restes de mon père.
00:52:16J'étais en voyage d'affaires
00:52:17à Chicago.
00:52:19J'ai reçu un appel
00:52:20de Christopher.
00:52:22Ça a été...
00:52:24sans doute
00:52:25le moment
00:52:26le plus bouleversant
00:52:26de ma vie.
00:52:29J'étais totalement ébété.
00:52:31Et j'ai commencé
00:52:32à tout remettre en question.
00:52:34pas juste
00:52:34qui l'a tué,
00:52:35est-ce que c'est mon père,
00:52:36ma mère,
00:52:37mais...
00:52:38Oh bon sang,
00:52:39mes frères et sœurs,
00:52:40qu'est-ce qu'ils ont dû
00:52:41endurer toute leur vie.
00:52:43Je voulais aller les voir,
00:52:44je voulais être là pour eux.
00:52:47T'es sûr que c'est un os ?
00:52:49Je suis sûr
00:52:51à 99%.
00:52:52Je l'ai touché
00:52:53et ça a la texture
00:52:54d'un os.
00:52:57Pourquoi vous avez cassé là ?
00:52:59Je leur ai demandé.
00:53:00On a trouvé ça suspect,
00:53:02qu'il y ait un mur.
00:53:03Je voulais voir derrière
00:53:04et ça ressemblait
00:53:05à un caveau.
00:53:07Ça va plus loin
00:53:08que la simple découverte
00:53:10d'un squelette.
00:53:10Je sais.
00:53:12C'est ce dont on parle
00:53:13depuis des années.
00:53:15Je suis sous le choc,
00:53:16le mot est faible.
00:53:16Je suis choqué
00:53:18que ce soit vraiment ça.
00:53:19C'est pas comme ça
00:53:20que je l'avais imaginé.
00:53:23Là,
00:53:24il faut absolument
00:53:26que tout reste en place.
00:53:29il faut appeler
00:53:30les flics.
00:53:32Il était minuit.
00:53:33On s'est dit
00:53:34demain,
00:53:34on appelle la police.
00:53:36Ça sert à rien
00:53:36d'appeler ce soir.
00:53:37Il n'y a pas le feu.
00:53:38Ça fait 60 ans
00:53:39qu'il est là.
00:53:41Et puis,
00:53:42on voulait
00:53:42que tout le monde soit là.
00:53:56Je suis rentré
00:53:57vers 8h30
00:53:58le lendemain matin
00:53:59de Chicago
00:54:00et je suis allé
00:54:01chez Mike
00:54:01voir le trou.
00:54:04On prévient la police.
00:54:07Pas de réponse.
00:54:09On dit
00:54:09qu'on a trouvé
00:54:09un squelette.
00:54:11Zéro réaction.
00:54:12Qu'est-ce qui se passe ?
00:54:14Pourquoi ?
00:54:18Le jour où on a appelé,
00:54:19c'était Halloween,
00:54:20le 31 octobre 2018.
00:54:22Vous avez trouvé
00:54:23un squelette sous la maison ?
00:54:24Oui, c'est ça.
00:54:25On n'a pas de temps
00:54:26à perdre.
00:54:27On a droit
00:54:27à ce genre de canulars
00:54:28tous les ans.
00:54:29Et ils ne sont pas venus.
00:54:31Et finalement,
00:54:32on nous envoie
00:54:33deux caricatures de flics,
00:54:34leur café à la main.
00:54:35Venez voir en bas.
00:54:37Ouais, on arrive.
00:54:38Et là,
00:54:39ils restent bouche bée.
00:54:40Ils lâchent leur café.
00:54:41Oh p*** !
00:54:42C'est vrai !
00:54:43Ils appellent leur supérieur,
00:54:45qui appelle son supérieur.
00:54:47Et là,
00:54:47il y a l'archéologue
00:54:48et la police scientifique
00:54:49qui débarquent.
00:55:00C'était la scène
00:55:01la plus incroyable
00:55:02que j'avais jamais vue.
00:55:03Toutes les rues
00:55:04avaient été barrées.
00:55:05Il y avait plein
00:55:06de voitures de flics.
00:55:07C'était de la folie.
00:55:08Je sors,
00:55:09je vois tout ça,
00:55:10je n'en reviens pas,
00:55:10et puis je tourne la tête.
00:55:13Et là,
00:55:14je vois un T-Rex,
00:55:15Mario et Luigi
00:55:16au milieu de tout ça.
00:55:17Des bonbons
00:55:18ou un sort.
00:55:20C'était totalement irréel.
00:55:23Ils ont fait venir
00:55:23la police scientifique.
00:55:25Il y avait plein de gens
00:55:27en combinaison de protection.
00:55:29Ils ne m'ont pas laissé descendre.
00:55:31J'ai dit,
00:55:31attendez un peu.
00:55:32Je ne l'ai pas tué.
00:55:33J'avais un an et demi.
00:55:35C'est pas moi.
00:55:36Ils ne savent pas
00:55:38si c'est une mort récente
00:55:39ou qui remonte à 60 ans.
00:55:40Donc,
00:55:41ils mettent tous les moyens.
00:55:47Il y avait plein de journalistes.
00:55:48Ils ont essayé
00:55:49de m'interviewer.
00:55:51L'enquête va se poursuivre
00:55:52tout au long de la nuit.
00:55:54Je ne sais pas
00:55:54qui les a prévenus,
00:55:55mais on aurait dit
00:55:56une invasion de rats,
00:55:57de cafards,
00:55:58qui couraient dans tous les sens
00:55:59avec leurs micros.
00:56:01Il y a des journalistes partout.
00:56:03Ils essaient de savoir
00:56:03qui a fait le coup.
00:56:04Des caméras
00:56:05et des micros partout.
00:56:06Elle est avec la famille
00:56:07et se trouve sur place.
00:56:09Ce soir,
00:56:09une famille de Long Island
00:56:11a enfin percé le mystère.
00:56:12Il n'y avait eu
00:56:13aucune enquête
00:56:14pour mort suspecte.
00:56:14Deux filles et deux fils,
00:56:15l'aîné avait 9 ans.
00:56:16C'est un véritable mystère
00:56:18et il semble bien
00:56:19qu'il s'agisse d'un meurtre.
00:56:21Qui a fait le coup ?
00:56:22C'était la question
00:56:23qu'on entendait partout.
00:56:24Qui a tué votre père ?
00:56:25Qui l'a mis dans ce trou ?
00:56:27Ils se fichent
00:56:28de faire du mal
00:56:29ou de ce que ça fait
00:56:30à notre famille,
00:56:31à nous,
00:56:31les frères et sœurs,
00:56:32les Caroles,
00:56:33les Darès.
00:56:34Ils veulent juste
00:56:34couvrir l'affaire
00:56:35et trouver un coupable.
00:56:38Et pour mes frères et sœurs,
00:56:40le coupable dans cette histoire,
00:56:42c'est Richard Darès.
00:56:49Quand on a trouvé mon père,
00:56:52c'est comme si on avait répondu
00:56:54à une question.
00:56:55Mais il y en a 100 000 autres
00:56:57qui ont surgi.
00:57:02Ils ont réussi
00:57:03à déterminer la cause de la mort.
00:57:06Traumatisme contondant à la tête.
00:57:09Ça, c'était important.
00:57:13Et puis,
00:57:14ils ne nous ont plus jamais
00:57:16recontactés.
00:57:20La police a dû se dire
00:57:21que le meurtre était tellement vieux
00:57:23que ça ne valait pas la peine
00:57:24d'enquêter.
00:57:25Nous sommes ici
00:57:27pour rendre hommage
00:57:29à George Gaffney Carole
00:57:31qui a disparu
00:57:33il y a 56 ans
00:57:34en 1963.
00:57:37Mike, est-ce que tu peux...
00:57:39Richie était celui
00:57:41à qui je pensais
00:57:43en priorité.
00:57:45Mon père avait été tué
00:57:47et il était possible
00:57:49que son père soit...
00:57:52soit le meurtrier.
00:57:57J'ai entendu mes frères et sœurs
00:57:59dire et répéter
00:58:00« On sait que c'est ton père. »
00:58:03Mais le fait qu'il ait été
00:58:05vraiment nul en tant que beau-père,
00:58:06pour eux,
00:58:07ça fait de lui
00:58:08le bouc émissaire parfait,
00:58:10la cible idéale
00:58:11à qui faire porter le chapeau.
00:58:16On a essayé
00:58:17de préserver Richie
00:58:18pendant longtemps.
00:58:20Mais quand on pense
00:58:22à ce sous-sol
00:58:23et qu'on essaie
00:58:23de comprendre
00:58:24ce qu'il a pu se passer,
00:58:26tous les indices
00:58:27pointent vers Dares.
00:58:31C'était un puits pour l'eau.
00:58:33Il l'a jeté dans le puits
00:58:34qui était déjà là.
00:58:35Il a été jeté dans le puits.
00:58:37Il était tout tordu.
00:58:38Enveloppé dans une couverture.
00:58:40Où est la couverture ?
00:58:41Là.
00:58:42Il ne reste que des lambeaux.
00:58:44Il y avait un trou rectangulaire
00:58:46dans le sol.
00:58:47Pour la pompe à eau,
00:58:48tout le monde à l'époque
00:58:49en avait une.
00:58:50Il n'y avait pas l'eau courante.
00:58:52Et c'est là qu'il était.
00:58:54C'est là qu'on l'a trouvé.
00:58:58Dares était dans la maison.
00:59:00Il savait couler du béton.
00:59:03Le trou dans le sol
00:59:05était déjà là.
00:59:07La terre était là.
00:59:09La bétonnière était là.
00:59:11Rien de plus facile.
00:59:13Tout le désignait.
00:59:18On ne saura peut-être jamais
00:59:20si c'est vraiment un meurtre.
00:59:21C'était peut-être un accident.
00:59:23Est-ce qu'il a trébuché ?
00:59:24Qu'il s'est cogné la tête ?
00:59:26Et qu'il a...
00:59:29Vous voyez,
00:59:29il y a d'autres possibilités.
00:59:31C'est ce que je dis
00:59:32à mes frères et sœurs.
00:59:33Il faut envisager
00:59:34d'autres scénarios.
00:59:36Déterrer le squelette
00:59:36et essaie de déterminer
00:59:38la cause de la mort.
00:59:39Steve Carroll avait 5 ans
00:59:40quand son père a disparu
00:59:41en 1961.
00:59:42On n'a retrouvé aucune trace.
00:59:44J'ai parlé à Richie.
00:59:46Je lui ai dit
00:59:46je sais que c'est un sujet
00:59:48sensible pour toi.
00:59:53C'est compliqué pour eux.
00:59:55Ils veulent pouvoir dire
00:59:56qui est le coupable
00:59:56ou qui il soupçonne
00:59:58mais ils ne veulent pas
00:59:59me faire de peine
01:00:00à moi et ma famille.
01:00:01Un autre mystère
01:00:03à éclaircir.
01:00:04Qui l'a enterré
01:00:05sous la maison ?
01:00:06Les frères se refusent
01:00:07à conjecturer
01:00:08mais disent avoir
01:00:09des soupçons
01:00:10et évoquent
01:00:11des tensions familiales.
01:00:13On s'était forcé
01:00:14de ne pas évoquer
01:00:15le nom de Dares.
01:00:19Je pense qu'ils ont décidé
01:00:20de ne pas parler aux médias
01:00:21mais c'est quasi impossible
01:00:23quand ils campent
01:00:24devant chez vous.
01:00:25Ils ne vont pas partir.
01:00:26Il faut bien dire quelque chose.
01:00:28Vous n'avez pas une idée
01:00:29de qui a pu faire ça ?
01:00:31Si.
01:00:33Mike Carroll a refusé
01:00:35d'en dire plus.
01:00:36Il s'est contenté
01:00:37de préciser
01:00:37que la dernière personne
01:00:39à savoir ce qu'il était
01:00:40arrivé à son père
01:00:40était morte
01:00:41il y a plus de trois mois.
01:00:44Quand Mike a commencé
01:00:45à creuser
01:00:45Steve est venu me dire
01:00:47je veux parler
01:00:48à ton père
01:00:49et j'ai pensé
01:00:50c'est peut-être
01:00:51pas une mauvaise idée.
01:00:52On s'est organisé
01:00:53pour y aller.
01:00:54On devait partir
01:00:54le lundi matin
01:00:55par avion
01:00:56et revenir dans la foulée.
01:00:59Mais le dimanche soir
01:01:00il était mort.
01:01:03On a raté le coche.
01:01:08Tous ceux
01:01:09qui auraient pu connaître
01:01:10le secret
01:01:10s'il y en avait un
01:01:13sont morts.
01:01:16Mais on peut envisager
01:01:18un autre scénario.
01:01:23J'ai entendu des choses
01:01:25sur George Carroll.
01:01:26Ce n'était pas
01:01:27un mari parfait.
01:01:31Il avait la main lourde.
01:01:34J'ai entendu très tôt
01:01:36ma mère dire
01:01:37que mon père
01:01:37était violent.
01:01:40J'essaie de me convaincre
01:01:42que c'était dû
01:01:43au stress post-traumatique
01:01:44après la guerre de Corée.
01:01:47Après la Corée
01:01:48il était violent.
01:01:52Je sais que ma mère
01:01:53avait des cicatrices
01:01:54des marques.
01:02:00Encore récemment
01:02:01Steve a dit
01:02:02qu'il avait contacté
01:02:03le frère de mon père
01:02:04mon oncle.
01:02:07Je lui ai demandé
01:02:08ce qu'il en pensait
01:02:10et il a dit
01:02:12mot pour mot
01:02:12je suis certain
01:02:14que mon frère
01:02:15est impliqué.
01:02:17Mais c'était
01:02:18pour défendre
01:02:19votre mère.
01:02:24Donc
01:02:24je vous laisse imaginer.
01:02:28Ma mère se fait
01:02:29brutaliser constamment
01:02:30par son mari
01:02:31Georges
01:02:32et mon père
01:02:33est en train
01:02:33de faire des travaux
01:02:34dans la maison.
01:02:36Il entre dans la pièce
01:02:37au moment
01:02:38où elle se fait tabasser.
01:02:40Mon père
01:02:41est obligé
01:02:42d'intervenir
01:02:42pour la protéger.
01:02:45Mon père devient
01:02:46un héros
01:02:47pour ma mère.
01:02:49Il la sauve
01:02:50en empêchant
01:02:51Georges
01:02:51de la frapper.
01:02:53Est-ce que c'est possible ?
01:02:54Bien sûr.
01:02:55Plausible ?
01:02:56Peut-être.
01:03:01Ma mère
01:03:02était quelqu'un
01:03:02de bien.
01:03:04Je n'ai pas besoin
01:03:05d'épiloguer
01:03:05là-dessus.
01:03:07Et par ailleurs,
01:03:09je sais
01:03:10quel genre
01:03:11de monstre
01:03:11était
01:03:11M.
01:03:12Darès.
01:03:16Honnêtement,
01:03:16je ne pense pas
01:03:17que ma mère
01:03:18ait été au courant
01:03:18de quoi que ce soit.
01:03:20Pour moi,
01:03:21c'était lui.
01:03:22C'était M.
01:03:22Darès.
01:03:26C'est dans la nature
01:03:27humaine.
01:03:28On n'accuse pas
01:03:29sa mère.
01:03:30On accuse
01:03:31le vilain monsieur.
01:03:34Mais comment
01:03:35ma mère
01:03:35pouvait-elle
01:03:36ne pas être au courant ?
01:03:37Vu tout ce qu'on sait
01:03:38aujourd'hui
01:03:39et le fait
01:03:39qu'elle n'a pas
01:03:40signalé sa disparition.
01:03:42Le fait
01:03:43qu'elle ait gardé
01:03:43les enfants éloignés
01:03:44des grands-parents
01:03:45et des Jaegels,
01:03:46etc.
01:03:47Elle était forcément
01:03:48au courant.
01:03:53Mais si elle est
01:03:54impliquée dans tout ça,
01:03:55elle avait ses raisons.
01:04:03La vérité,
01:04:04c'est important.
01:04:07Je ne peux pas
01:04:08me contenter de
01:04:08« Ok,
01:04:09on l'a trouvé,
01:04:10mais on ne sait pas
01:04:11exactement ce qu'il s'est passé.
01:04:12Tant pis. »
01:04:21Donc,
01:04:21j'ai commencé
01:04:22à vouloir
01:04:22enquêter de mon côté
01:04:23pour voir
01:04:24si la police
01:04:25était passée
01:04:25à côté de quelque chose.
01:04:31À la même période,
01:04:32ma tante,
01:04:33Pat,
01:04:33a appris
01:04:34qu'elle avait un cancer.
01:04:38Jusque-là,
01:04:39elle gardait
01:04:40ses distances
01:04:40avec la famille.
01:04:43Mais elle a décidé
01:04:44de raconter son histoire
01:04:46et de me la raconter
01:04:47à moi.
01:04:50Ma sœur
01:04:52était quelqu'un
01:04:53de très compliqué.
01:04:57Elle était un peu
01:04:59ingérable.
01:05:04Pat a fait très tôt
01:05:05certains choix
01:05:06qui étaient différents
01:05:07de ceux
01:05:08qu'on aurait fait.
01:05:12C'était le mouton noir
01:05:13de la famille,
01:05:14un peu à part.
01:05:16Pat est partie
01:05:17à 15 ans.
01:05:18Elle a fugué.
01:05:21Elle vivait
01:05:21avec un homme
01:05:22de 25 ans.
01:05:23Donc,
01:05:24déjà ça,
01:05:25ça craignait un peu.
01:05:28elle a fait
01:05:29beaucoup de peine
01:05:30à ma mère
01:05:30et j'aime pas ça.
01:05:37Puis,
01:05:38j'ai appris
01:05:38quelque chose.
01:05:43Ma tante Pat
01:05:46m'a parlé
01:05:47de ce que Richard
01:05:48lui avait fait subir.
01:05:50Il l'a violée
01:05:53et il n'a jamais
01:05:54été inquiété.
01:05:58Personne n'a cru Pat.
01:06:00Même sa mère
01:06:01a refusé
01:06:02de reconnaître
01:06:02les faits.
01:06:06Darès a réussi
01:06:07à déformer
01:06:08la réalité
01:06:09pour faire croire
01:06:09que Pat
01:06:10était juste
01:06:11une ado perturbée
01:06:12qui mentait.
01:06:14Et comme Pat
01:06:15s'est sentie abandonnée
01:06:16et que personne
01:06:17ne la croyait,
01:06:18elle est partie.
01:06:22J'ai jamais cru
01:06:23ce que disait
01:06:24ma sœur.
01:06:26Comment dire ?
01:06:33Bon,
01:06:33j'ai un peu de mal.
01:06:35J'ai besoin
01:06:36d'un moment
01:06:37pour réfléchir.
01:06:39On peut faire
01:06:40une pause ?
01:06:43Vu tout ce que
01:06:44racontait ma mère
01:06:45sur elle,
01:06:46j'en étais venu
01:06:47à penser
01:06:48que Pat
01:06:49n'était pas
01:06:49très fiable,
01:06:50qu'elle était
01:06:51un peu du genre
01:06:52à en rajouter.
01:06:56Avec le recul,
01:06:57je pense
01:06:58qu'elle savait
01:06:59que j'étais aussi
01:07:00concernée
01:07:00et elle a préféré
01:07:01fuir.
01:07:05Les agressions
01:07:06sexuelles
01:07:07ont commencé
01:07:07quand j'avais
01:07:08environ 8 ans.
01:07:12C'était horrible
01:07:13comme sensation.
01:07:18Tout ce que
01:07:19vous comprenez,
01:07:20c'est que vous
01:07:20n'aimez pas
01:07:21ce qu'on vous fait
01:07:22et vous vous forcez
01:07:24à vous évader
01:07:24dans votre tête,
01:07:26à penser à autre chose
01:07:27en attendant
01:07:28que ça passe.
01:07:32Il me...
01:07:35Il me touchait
01:07:36de manière inappropriée
01:07:39et c'était horrible,
01:07:41vraiment horrible.
01:07:43Pas besoin
01:07:44d'en dire plus.
01:07:50J'ai gardé ça secret
01:07:52pendant longtemps.
01:07:56C'était comme ça
01:07:57à l'époque.
01:08:04Quoi qu'il arrive,
01:08:06quand vient le soir,
01:08:07chaque jour,
01:08:09chaque année
01:08:09de ta vie,
01:08:10il faut dire
01:08:12je t'aime
01:08:13quoi qu'il arrive.
01:08:15j'ai découvert
01:08:16tout ça,
01:08:17les abus sexuels
01:08:18sur Mike,
01:08:19sur Jean
01:08:19et les histoires
01:08:20à propos de Pat
01:08:21seulement après mon mariage.
01:08:26Bien sûr
01:08:27que je crois Jean.
01:08:28Elle s'est occupée
01:08:29de moi
01:08:30plus que mon père.
01:08:31Elle était là
01:08:31tous les jours.
01:08:34Si j'avais su
01:08:35ce que je sais
01:08:36aujourd'hui,
01:08:36je ne l'aurais pas
01:08:37invité au mariage.
01:08:38Je ne leur aurais pas
01:08:39infligé ça.
01:08:40Ils n'auraient pas
01:08:41été invités.
01:09:01Ce sont les affaires
01:09:02de ma sœur.
01:09:04Je ne sais pas
01:09:05quoi en faire.
01:09:06Sa fille est venue
01:09:07les déposer
01:09:09et elle n'est pas venue
01:09:10les récupérer.
01:09:13Je ne pense pas
01:09:14que ça ait de la valeur.
01:09:21Je la crois
01:09:21à 110%.
01:09:24Et il n'y a rien,
01:09:26rien qui pourra
01:09:27me faire changer d'avis.
01:09:33Quelle gamine
01:09:34de 15 ans
01:09:35quitterait un foyer
01:09:36où elle se sent bien ?
01:09:43Ça me gêne de le dire
01:09:45mais
01:09:46quand j'avais 5 ans,
01:09:48j'avais tout le temps
01:09:49la trouille.
01:09:55Je me souviens tout petit
01:09:57que je prenais
01:09:58des coups de ceinture
01:09:59et je disais
01:10:00ça fait mal.
01:10:04Fallait se mettre
01:10:05tout nu.
01:10:07Pourquoi ?
01:10:08Ça fait déjà
01:10:09assez mal.
01:10:14J'avais trouvé
01:10:15une feinte.
01:10:16Quand j'allais au lit,
01:10:17je me balançais
01:10:19comme un attardé,
01:10:21violemment,
01:10:21pour que D'Ares
01:10:22puisse pas m'attraper
01:10:23et m'étrangler.
01:10:24ça me protégeait.
01:10:26J'adore ma mère
01:10:28mais
01:10:29qu'elle l'ait laissée faire,
01:10:32ça soulève
01:10:33de sacrées questions.
01:10:37Ma mère était
01:10:39sous contrôle
01:10:40tout le temps.
01:10:44Je ne sais pas
01:10:46ce qu'elle savait
01:10:47mais
01:10:49quand elle a eu
01:10:50son cancer,
01:10:51elle est venue
01:10:52me voir
01:10:52avant de mourir
01:10:55et elle m'a demandé
01:11:00si j'avais été
01:11:01amoureuse de lui.
01:11:02Elle m'a vraiment
01:11:03demandé ça,
01:11:04si j'étais amoureuse
01:11:05de lui
01:11:06et j'ai dit
01:11:07tu sais quoi ?
01:11:10Je ne pouvais pas
01:11:11le sentir.
01:11:19Ça vous montre
01:11:20à quel point
01:11:21cet homme
01:11:21était manipulateur.
01:11:25Il semait le doute
01:11:27et déformait
01:11:28la réalité
01:11:29pour faire croire
01:11:30que c'était moi
01:11:31la fautive.
01:11:35Ma mère ne peut pas
01:11:36dire qu'elle ne savait
01:11:37rien.
01:11:39Il y a forcément
01:11:39des choses
01:11:40comme quand il se levait
01:11:42à 2h du matin
01:11:43pour venir en douce
01:11:44dans les chambres.
01:11:47je pense qu'elle
01:11:48n'a pas su
01:11:48comment gérer ça.
01:11:51Et là,
01:11:51je me dis
01:11:52comment c'est possible.
01:11:57j'ai pardonné à ma mère.
01:12:03Je sais qu'elle a
01:12:04probablement vécu
01:12:05un enfer.
01:12:09Elle méritait
01:12:10tellement mieux
01:12:12parce que c'était
01:12:14quelqu'un de bien.
01:12:17ma mère et
01:12:18Jean étaient
01:12:18super proches.
01:12:21Malgré tout ce
01:12:21qu'il se passait
01:12:22à la maison.
01:12:24Jean a toujours
01:12:25soutenu ma mère
01:12:26et ma mère également.
01:12:28J'ai compris
01:12:29que ce n'était
01:12:30pas ma faute
01:12:30et que c'était
01:12:32un détraqué.
01:12:33Je le sais
01:12:34maintenant.
01:12:36Après toutes
01:12:36ces années,
01:12:37je l'ai enfin
01:12:38compris.
01:12:42J'ai découvert
01:12:44que d'autres familles
01:12:45partageaient
01:12:46le même secret.
01:12:48Je n'étais
01:12:49pas la seule.
01:12:51Monsieur
01:12:52Dares
01:12:52était un prédateur
01:12:53partout où
01:12:54il allait.
01:13:10En faisant
01:13:12mes recherches,
01:13:14j'ai découvert
01:13:15que Richard Dares
01:13:16avait récidivé.
01:13:18Il a fait
01:13:19la même chose
01:13:20dans sa nouvelle famille.
01:13:21Il harcelait
01:13:23sexuellement
01:13:23la fille.
01:13:25Ça montre
01:13:26bien quel genre
01:13:27d'homme c'était
01:13:28et qu'il était
01:13:29coutumier du fait.
01:13:32C'est un prédateur.
01:13:33Point barre.
01:13:35Ne vous laissez pas
01:13:35embobiner par ses paroles
01:13:37et les p****
01:13:37conneries
01:13:38qu'il raconte.
01:13:39C'est un prédateur
01:13:40et un violeur d'enfants.
01:13:42C'est un fait.
01:13:44J'ai eu
01:13:45une discussion
01:13:45avec ma cousine.
01:13:48Elle m'a dit
01:13:49que ma tante
01:13:49avait dit à mon père
01:13:51que Dares
01:13:52s'exhibait
01:13:54dans la maison.
01:13:56Il s'exhibait
01:13:58devant les filles.
01:14:00C'est quand
01:14:01il venait
01:14:01de s'installer,
01:14:02je suppose.
01:14:04Et je me demande
01:14:06aujourd'hui encore
01:14:07si c'est ce jour-là
01:14:09que mon père est mort.
01:14:11Est-ce que ce jour-là,
01:14:13il est rentré
01:14:14chez lui
01:14:14demander des comptes
01:14:15à Dares
01:14:16ou à ma mère
01:14:17et que Dares
01:14:19l'a assommé
01:14:19par derrière ?
01:14:25Il est allé le voir
01:14:26et l'a foutu dehors.
01:14:29Mais même
01:14:30en admettant
01:14:31que ça se soit
01:14:32bien passé comme ça,
01:14:35il reste toujours
01:14:36des interrogations
01:14:37sur ma mère.
01:14:42Elle savait
01:14:42que ce type
01:14:43était dans notre maison,
01:14:44qu'il était déséquilibré
01:14:45et dangereux.
01:14:48Et je me demande
01:14:49pourquoi
01:14:50elle l'a laissé rester.
01:14:55En tant qu'homme
01:14:56et en tant que père,
01:14:59je ne comprends pas
01:15:00comment
01:15:02on peut refuser
01:15:03de voir les crimes
01:15:04commis
01:15:04contre ses propres enfants.
01:15:07Ça me laisse perplexe.
01:15:12J'en viens à me dire
01:15:13que
01:15:16si elle a laissé
01:15:17ses enfants
01:15:17subir des sévices
01:15:18qu'aucune mère
01:15:19digne de ce nom
01:15:20ne tolérerait,
01:15:21ce n'est pas un hasard.
01:15:24Je me dis
01:15:25que peut-être
01:15:27peut-être
01:15:28qu'elle était victime
01:15:29d'un genre de chantage.
01:15:32Peut-être
01:15:33que
01:15:33Darès
01:15:33et elle
01:15:34avaient une liaison
01:15:36et qu'il lui a dit
01:15:37« T'inquiète pas,
01:15:38je me charge de tout,
01:15:39tu n'as pas besoin
01:15:40de t'en occuper. »
01:15:42Et peut-être
01:15:43que Darès
01:15:45a enterré
01:15:46mon grand-père
01:15:46et qu'à partir
01:15:47de ce jour-là,
01:15:48il la tenait
01:15:49à sa merci.
01:15:50Et du coup,
01:15:51elle n'a pas osé
01:15:52s'opposer aux maltraitances
01:15:53de peur
01:15:54qu'il la dénonce
01:15:55pour avoir tué
01:15:56mon grand-père.
01:16:02Si ma mère
01:16:03avait parlé
01:16:04à la police
01:16:04de ce qu'il se passait
01:16:05entre mon père
01:16:06et Gene,
01:16:07ça aurait attiré
01:16:08l'attention
01:16:08sur la disparition
01:16:09de George Carroll.
01:16:11Et les enfants
01:16:12auraient perdu
01:16:13leurs deux parents,
01:16:14leur maison,
01:16:16leurs moyens
01:16:16de subsistance.
01:16:19Elle était
01:16:19dans une impasse.
01:16:22« Ça ne m'enchante pas
01:16:23de penser ça
01:16:24pour tout vous dire. »
01:16:27« Je pense
01:16:28que ma mère
01:16:30pensait avant tout
01:16:31à s'occuper
01:16:31de ses enfants.
01:16:33C'était sa priorité
01:16:34absolue. »
01:16:39« Non,
01:16:40elle ne savait pas
01:16:41qu'il était
01:16:41sous la maison.
01:16:45Rien
01:16:46de ce que vous pourriez
01:16:47me dire
01:16:47ne me convaincra
01:16:48que ma mère
01:16:49a participé
01:16:50activement
01:16:50au meurtre
01:16:51de mon père.
01:16:54Ma mère
01:16:54avait peur.
01:16:55Elle tremblait.
01:16:56Elle subissait,
01:16:57comme tout le monde.
01:16:58« Je suis la reine
01:16:59de ces lieux. »
01:17:02« Je me suis souvent
01:17:03demandé pourquoi,
01:17:04si ma mère
01:17:05était au courant,
01:17:06elle ne nous a rien dit
01:17:08quand elle était malade. »
01:17:12« Mais maintenant,
01:17:13je me dis,
01:17:14moi non plus,
01:17:15je ne l'aurais pas dit
01:17:16à mes enfants.
01:17:18je pense que ma mère
01:17:20s'est dit
01:17:20que si elle nous racontait
01:17:21ce qu'il s'était passé,
01:17:23ça la ferait baisser
01:17:24dans notre estime.
01:17:26Et on l'admirait
01:17:27tous beaucoup.
01:17:30On l'aimait. »
01:17:38« Je vais vous raconter
01:17:39une scène intéressante
01:17:41dont j'ai été témoin
01:17:42à mon mariage.
01:17:46Mes parents étaient
01:17:48sur la piste.
01:17:49Ma mère regardait
01:17:50mon père
01:17:51en hochant la tête
01:17:52et mon père
01:17:53pleurait
01:17:53comme une madeleine.
01:17:56qu'est-ce qu'ils se disaient ? »
01:18:04« Ça me fait pleurer
01:18:05parce que je ne sais pas
01:18:06s'ils parlaient de moi,
01:18:07de l'homme que j'étais devenu,
01:18:08du fait qu'ils avaient fait
01:18:09du bon boulot,
01:18:10qu'ils étaient fiers de nous,
01:18:12ou bien s'ils étaient
01:18:13en train de se dire
01:18:14qu'ils avaient réussi
01:18:15à commettre un meurtre
01:18:16sans se faire prendre. »
01:18:23« Tu vas y arriver.
01:18:24Prêt ? »
01:18:25« Prêt ? »
01:18:29« En route.
01:18:31On y va. »
01:18:33« Le fait est
01:18:34qu'on ne saura jamais. »
01:18:41« Richie m'a proposé
01:18:45de venir m'aider
01:18:45à combler le trou.
01:18:49J'étais content
01:18:49que ce soit lui.
01:18:50Il fallait que ce soit lui.
01:18:53Ça me semblait approprié
01:18:55et on l'a fait ensemble.
01:18:57Je pense que
01:19:01même si je n'aurais jamais
01:19:02le fin mot de l'histoire,
01:19:06je suis allé au bout
01:19:07de ce que je voulais faire
01:19:11par amour.
01:19:14En fait,
01:19:18pendant tout ce temps,
01:19:19on a aimé quelque chose
01:19:20qui était là
01:19:21sans qu'on le sache.
01:19:23Mais on y a cru.
01:19:26Et c'est plutôt génial
01:19:28d'y avoir cru.
01:19:31Ma mission,
01:19:32c'était de retrouver mon père.
01:19:34Et je menais à bien
01:19:35cette mission.
01:19:42mon père est près
01:19:43de moi
01:19:44tout le temps.
01:19:47Je pense à lui
01:19:48tous les jours.
01:19:49Je lui parle
01:19:50tous les jours.
01:19:51Je suis contente
01:19:52de l'avoir près de moi
01:19:53tout le temps.
01:19:56Désolée,
01:19:56il est dans une boîte
01:19:58de sous
01:19:58pour avioli chinois.
01:20:00J'espère qu'il aimait ça.
01:20:14Je n'ai pas grand-chose
01:20:15qui ait appartenu
01:20:16à mon père
01:20:18ou qu'il m'ait donné.
01:20:23Ces chaussures,
01:20:24c'est au moins
01:20:25quelque chose.
01:20:28C'est tout ce que j'ai.
01:20:31mais l'idée
01:20:32est qu'il a porté
01:20:33ses chaussures
01:20:34au fond de ce trou
01:20:35pendant 55 ans.
01:20:38J'ai du mal
01:20:39à me faire à l'idée.
01:20:48La voilà.
01:20:51Alors.
01:20:55Une fois...
01:20:58Une fois que tout le monde
01:20:59était reparti
01:21:00et que les flics
01:21:01avaient vidé les lieux,
01:21:04Richie et moi,
01:21:05on est redescendus
01:21:06pour nettoyer
01:21:06un peu le sous-sol.
01:21:09Et on a trouvé ça.
01:21:12C'est un os.
01:21:14On n'en revenait pas.
01:21:17C'est le talon
01:21:18de mon père.
01:21:19Un fragment
01:21:20de son pied.
01:21:24Je n'en revenais pas.
01:21:25J'étais...
01:21:27La police scientifique
01:21:28l'avait oublié.
01:21:31Ça m'a énervé.
01:21:32Sur le coup,
01:21:32je me suis dit,
01:21:33qui oublie un os
01:21:34sur une scène de crime ?
01:21:38C'est pas un orteil.
01:21:39C'est son talon.
01:21:42J'avais l'impression
01:21:43qu'ils avaient bâclé
01:21:44le boulot.
01:21:46Qu'ils avaient dû se dire,
01:21:48on a déjà passé
01:21:49trop de temps ici,
01:21:49les temps qu'on parte.
01:21:52Et j'ai trouvé
01:21:53que c'était un manque
01:21:53de respect.
01:21:56Au fond de moi,
01:21:57je savais
01:21:58qu'ils ne m'apporteraient
01:21:59pas de réponse.
01:22:02S'ils m'avaient appris
01:22:03un truc que je savais pas,
01:22:06disons que j'aurais été
01:22:07très étonné.
01:22:08Je savais que c'était
01:22:09une impasse
01:22:10parce que c'était mon père.
01:22:13Tout le monde était mort.
01:22:16Qui est-ce qu'ils allaient
01:22:17bien pouvoir accuser ?
01:22:24Je leur ai pas dit
01:22:24que j'avais trouvé
01:22:25le talon.
01:22:26Je savais pas
01:22:27s'ils seraient venus
01:22:27le récupérer,
01:22:29s'ils m'auraient forcée
01:22:29à le rendre.
01:22:32C'est pour ça
01:22:32que j'ai pas appelé,
01:22:33pas question de le donner.
01:22:36Mais je sais pas
01:22:37quoi en faire,
01:22:38donc je le laisse
01:22:39dans cette boîte.
01:22:41Et je sais
01:22:42que c'est mon père.
01:22:54j'adore ce parfum.
01:22:57Merci.
01:22:58Attendez.
01:23:00Ça donne une impression
01:23:01de renouveau.
01:23:03C'est le but.
01:23:04Ça purifie l'atmosphère.
01:23:07C'est pour chasser
01:23:08toutes les énergies
01:23:09négatives
01:23:10quand j'entre
01:23:10en communication.
01:23:12Alors,
01:23:15mon petit
01:23:19espace.
01:23:24En fait,
01:23:25votre mère
01:23:26et votre père
01:23:27sont là
01:23:27tous les deux
01:23:28pour répondre
01:23:29à une question
01:23:30qui vous hante.
01:23:31Il dit
01:23:32qu'il n'y avait
01:23:33personne d'autre,
01:23:33qu'il n'y avait
01:23:34que lui et son ami
01:23:35quand c'est arrivé.
01:23:38Vous comprenez ?
01:23:39Tout à fait.
01:23:41Votre mère
01:23:41vous prend dans ses bras,
01:23:43vous embrasse
01:23:43et elle...
01:23:47elle vous demande
01:23:48pardon
01:23:48pour
01:23:51ce que vous avez subi.
01:23:53Vous comprenez ?
01:23:57Elle dit
01:23:58« Je n'ai rien vu.
01:23:59Je n'ai rien vu. »
01:24:01Mais maintenant,
01:24:01elle sait
01:24:02et elle voit.
01:24:05Elle est très émue.
01:24:09Elle dit
01:24:10« Dites-lui
01:24:11que je l'aime. »
01:24:13« Dites-lui... »
01:24:15Non,
01:24:15moi je vais lui dire
01:24:16que je l'aime toujours.
01:24:18Je l'ai toujours aimée,
01:24:20malgré tout.
01:24:29J'aurais bien voulu
01:24:30qu'avant de mourir,
01:24:31ma mère me dise la vérité.
01:24:35J'aurais bien voulu,
01:24:36mais elle ne l'a pas fait.
01:24:39Vas-y, toi.
01:24:41Hé, c'est moi
01:24:42qui commande ici.
01:24:43Ok.
01:24:44C'est une énigme.
01:24:45Je n'ai pas la réponse.
01:24:47Mais mieux vaut
01:24:48pas savoir.
01:24:51Je ne veux pas
01:24:52accabler ma mère.
01:24:55Ce n'est pas sa faute.
01:25:05Ça sonne faux.
01:25:06Il est désaccordé.
01:25:16On ne peut pas changer
01:25:18le passé, donc.
01:25:20Ce n'est pas la peine
01:25:22de s'apesantir dessus.
01:25:24Tu salues ?
01:25:27Merci beaucoup.
01:25:28Regardez-moi ça.
01:25:30Bon sang.
01:25:32mes fils sont trop forts.
01:25:37Je dois tourner la page.
01:25:42C'est la fin d'une époque.
01:25:45Qu'est-ce que t'en dis ?
01:25:46Bon boulot.
01:25:47Quoi ?
01:25:47Bon boulot.
01:25:49Bravo, Mike.
01:25:50Vous êtes les meilleurs.
01:25:52Ok, c'est l'heure du goûter.
01:25:59Ah, bon sang.
01:26:04Le changement, c'est bien.
01:26:06C'est bien.
01:26:11C'est une belle journée.
01:26:13C'est une belle journée.
01:26:44C'est m'alache.
01:26:48Qu'est-ce que t'es là ?
01:26:52C'est une belle journée.
01:26:56Click-c'est pas.
01:27:04C'est une belle journée.
01:27:07C'est une belle journée.
Commentaires