- il y a 2 heures
Policier
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00:09Ça me rend triste.
00:11Ça me rend malade d'imaginer ce qu'elle a subi.
00:14Elle devait savoir qu'elle allait mourir.
00:17Deux séries d'empreintes, une en chaussettes, une avec des bottes de cow-boys.
00:273 000 liens de parenté avec le suspect.
00:30On réduisait le champ de recherche.
00:32C'est quelqu'un qui a de la colère en lui.
00:35La police craint d'avoir affaire à un violeur en série qui est passé au meurtre.
00:40On avait la pression, il ne fallait pas se planter.
00:43Ils ont dû revenir à Denver sans rien.
00:47Imaginez le vide que ça laisse dans votre vie quand quelqu'un que vous aimez vous est arraché.
01:20Dans les affaires difficiles, on ne peut pas compter sur la chance.
01:23Uniquement sur le travail.
01:25Cela vaut particulièrement pour cette enquête concernant le meurtre d'une jeune femme.
01:30L'obstination des policiers et la détermination de sa famille ont fait toute la différence.
01:39Je suis Shannon Jensen, inspectrice à l'unité des affaires classées du comté de Douglas.
01:46Hélène Pruszynski était une jeune femme incroyable.
01:49Elle était talentueuse, généreuse, gentille.
01:52Elle avait beaucoup d'amis.
01:55En 1980, Hélène est une étudiante prometteuse de 21 ans.
01:59Elle est intelligente et audacieuse, des qualités qu'elle possède depuis l'enfance.
02:06Hélène est la petite dernière de la famille.
02:08Sa soeur a 9 ans de plus qu'elle et son frère 12.
02:11C'est une jeune Américaine typique qui a grandi à Long Island, dans l'état de New York.
02:16Elle est fan des Mets et connaît le nom de tous les joueurs par cœur.
02:20Son père, ingénieur, se voit proposer un emploi dans la banlieue de Boston.
02:24Et en 1972, la famille s'installe dans une impasse paisible de Hamilton, dans le Massachusetts.
02:30Hélène délaisse les Mets et devient fan des Red Sox de Boston.
02:35C'était une très bonne élève.
02:37Elle était intelligente, elle avait de bonnes notes.
02:40Mais c'est chanter dans la chorale de son lycée, que l'on intègre uniquement sur audition, qui reste son
02:45plus grand plaisir.
02:46Elle avait une très belle voix.
02:48On la remarquait dans le groupe, à cause de son regard pétillant, son sourire, sa gentillesse, son enthousiasme.
02:56Elle finit le lycée en 1976 et quitte le cocon familial, mais elle ne va pas bien loin.
03:02Elle s'inscrit au Wheaton College, un établissement spécialisé dans les sciences humaines, à une heure de route de chez
03:07elle,
03:08où elle rejoint le groupe a cappella The Wheatones, avec qui elle fera de nombreux concerts.
03:13Je suis Tony Spurlock, shérif du comté de Douglas.
03:18Hélène était aimée et appréciée de tous ses amis.
03:22C'était une jolie jeune femme qui avait un sourire parfait, incroyable.
03:28Hélène rêve de faire carrière dans le journalisme, et durant son année de licence,
03:33elle décroche un stage à la station de radio KHOW à Denver, après les vacances de Noël.
03:39Elle va se retrouver loin de chez elle pour la première fois de sa vie.
03:43Elle en parle avec son père, et même s'il est inquiet de voir sa fille partir aussi loin,
03:48il comprend que c'est une merveilleuse opportunité pour elle.
03:52Sans compter qu'elle sera avec son amie Kitsi, et qu'elle logera chez son oncle et sa tante.
03:58Hélène arrive juste après le nouvel an, en janvier 1980, et elle tombe immédiatement amoureuse de Denver.
04:04Au bout de quelques jours, elle demande à son maître de stage, le directeur de la station, Mike Anthony,
04:09de l'aider à trouver un emploi à Denver après ses études.
04:15Le soir du 16 janvier 1980, Hélène finit sa journée à la station de radio.
04:20C'est l'hiver, il neige et il fait très froid.
04:25Hélène est supposée arriver chez sa tante vers 18h30 ce soir-là,
04:29mais elle n'est jamais rentrée.
04:33Son oncle et sa tante sont très inquiets, car elle est d'habitude très ponctuelle et fiable.
04:38Et le fait qu'elle ne rentre pas sans avoir appelé leur fait peur.
04:43À 23h, tout le monde commence à paniquer.
04:46La tante d'Hélène appelle la police.
04:48Un agent vient frapper à la porte dans la demi-heure.
04:52La tante d'Hélène lui montre une photo de sa nièce,
04:54au dos de laquelle l'agent note les vêtements qu'elle portait ce jour-là.
05:00D'après sa tante, Hélène portait un manteau en laine bleu,
05:04un pantalon en velours marron,
05:06des chaussures en d'un marron avec une semelle rouge,
05:09un col roulé blanc et un pull vert avec un col en V.
05:12Et elle avait un sac en cuir marron.
05:15La neige continue de tomber, et toujours sans nouvelles d'Hélène,
05:19il se demande s'ils doivent appeler ses parents.
05:21Kitsi note dans son journal que si c'était sa fille,
05:24elle voudrait savoir.
05:29Son oncle et sa tante ne savaient pas quoi faire
05:33et attendaient des nouvelles de la police.
05:36À 4h du matin, après une nuit blanche,
05:39et toujours sans nouvelles de la police ou d'Hélène,
05:41ils appellent ses parents.
05:44Les Prusinski prennent le premier avion pour Boston
05:47en priant pour qu'à l'arrivée, il y ait de bonnes nouvelles.
05:51Plus tard dans la matinée, la police est informée d'une découverte macabre.
05:55Vers 9h, une femme passait en voiture sur Daniel's Park Road
05:58à environ 30 km au sud d'Englewood.
06:01Tandis qu'elle roulait sous la neige,
06:03son fils de 13 ans, assis à côté d'elle,
06:05a montré quelque chose par la vitre et a dit
06:08« Maman, il y a un corps là-bas ! »
06:12La femme a fait signe à un ouvrier de la voirie qui se trouvait là.
06:16Il est allé voir dans le champ 3 mètres plus loin
06:20et il a vu tout de suite que la femme était morte.
06:26Il est retourné dans son véhicule
06:27et a appelé la police avec sa radio.
06:31Les hommes du bureau du shérif sont arrivés les premiers.
06:36En 1980, c'était un champ.
06:38Il n'y avait aucune construction,
06:40aucune maison, aucune église.
06:44Les enquêteurs y ont trouvé une femme à moitié nue.
06:48Elle portait encore son manteau en laine.
06:52Elle avait les mains ligotées dans le dos,
06:55allongées sur le côté.
07:00On n'a retrouvé aucun objet personnel.
07:02Pas de sac, pas de portefeuille, pas de papier.
07:07Le fait qu'elle n'ait plus ses effets personnels
07:10indiquait peut-être qu'il s'agissait initialement d'un vol.
07:16Elle avait une espèce de baillon autour du cou.
07:21Elle avait été poignardée
07:22et avait perdu beaucoup de sang à l'endroit
07:24où on a retrouvé son corps.
07:28On était un petit bureau à l'époque.
07:30On n'avait pas d'unité spécialisée
07:32dans le traitement des scènes de crime.
07:34Donc on a dû demander l'aide du CBI,
07:37le bureau d'enquête du Colorado.
07:42On a retrouvé beaucoup d'objets le long de la route.
07:45Des restes de nourriture, des mégots,
07:47ce genre de choses.
07:51Tout ce qui a été retrouvé dans un certain périmètre
07:54a été emporté pour être mis sous scellé
07:57au cas où ils auraient un lien avec la scène de crime.
08:02Après avoir sécurisé le périmètre,
08:05les techniciens de scène de crime
08:06du bureau d'enquête du Colorado, ou CBI,
08:09trouvent un indice crucial.
08:11Deux séries d'empreintes,
08:13une en chaussette,
08:14une avec des bottes de cow-boys,
08:17pointure 44 environ.
08:20Les agents du CBI font des moulages des empreintes
08:23pour les préserver.
08:25On voyait clairement que deux personnes
08:27étaient entrées dans le champ
08:28et une seule en était ressortie.
08:31Un horrible scénario commence à se dessiner.
08:34La victime, à moitié nue, en chaussette,
08:37les mains ligotées dans le dos
08:39et un baillon sur la bouche,
08:40est entraînée dans un champ gelé
08:42où elle est poignardée,
08:43puis laissée pour morte
08:44par un homme portant des bottes.
08:49Un adjoint du shérif sur la scène de crime,
08:52qui travaille à mi-temps à la station de radio,
08:54reconnaît la victime.
08:58Il pense qu'il s'agit d'Eline Pruszynski.
09:00Il reconnaît les vêtements
09:02qu'elle portait la veille au travail.
09:06Tout le monde était sous le choc.
09:09Il n'y avait pas eu d'homicide
09:10dans le comté depuis quatre ans.
09:13Comment cela avait-il pu arriver ?
09:18Le corps de la victime est transporté
09:20dans un salon funéraire local
09:21où le coroner du comté de Douglas
09:23procède à l'autopsie.
09:26Il a conclu qu'elle avait été poignardée
09:28neuf fois dans le dos,
09:30ce qui lui avait perforé les deux poumons.
09:34Elle avait des marques de ligatures
09:35sur les poignets
09:36parce qu'elle avait les mains ligotées dans le dos.
09:38Elle avait été violée.
09:41Il a trouvé du sperme
09:43qui a été prélevé
09:44et conservé par le médecin légiste
09:46et la police
09:47pour la suite de l'enquête.
09:54Pendant ce temps,
09:55les Prusinskis sont arrivés
09:56à Englewood
09:57et attendent des nouvelles.
09:58Ils entendent aux infos
10:00qu'on a retrouvé le corps
10:01d'une jeune femme dans un champ.
10:03Mais ils espèrent
10:04que ce n'est pas leur fille.
10:06À 13h,
10:08des inspecteurs et un pasteur
10:09viennent frapper à la porte.
10:11Ils annoncent à la famille
10:12qu'un collègue d'Eline
10:13l'a identifié
10:14comme étant la victime.
10:18Les parents d'Eline
10:19sont effondrés
10:20et sous le choc.
10:21Ils n'arrivent pas
10:22à croire que ce soit elle.
10:24Ils pensent
10:25que la police fait erreur.
10:27Kitsi note ce moment
10:28terrible dans son journal.
10:30Elle écrit
10:30« Madame Prusinski a crié
10:32« Non, non, pas mon bébé ! »
10:35Ses parents ne veulent pas croire
10:37qu'il puisse s'agir d'Eline
10:38et ils demandent
10:39avoir le corps.
10:40La police les conduit
10:41au salon funéraire
10:42où repose la dépouille.
10:43Et après l'avoir vue,
10:44ils doivent se rendre
10:46à l'évidence.
10:48Ils sont effondrés.
10:50Leur vie ne sera plus la même.
10:52Ils n'arrivent pas
10:53à croire que leur bébé est mort.
10:55Son père culpabilise
10:56terriblement
10:57parce qu'il l'a laissé
10:58venir ici pour son stage.
11:00C'est un poids énorme.
11:02Avec pour seuls indices
11:04des empreintes de pas,
11:05la police en est réduite
11:06pour l'heure
11:07à dresser un profil théorique
11:09du tueur.
11:09« Ce genre de meurtre
11:12est l'œuvre de quelqu'un
11:13qui a de la colère en lui.
11:15Il l'a poignardé
11:16à plusieurs reprises.
11:18Cet homme est incroyablement
11:20violent
11:20et a probablement déjà tué
11:22ou va probablement recommencer.
11:26Une fois qu'on a assemblé
11:27tous ces éléments,
11:29on a un profil effrayant
11:31qui se dessine.
11:34Les enquêteurs reconstituent
11:36l'emploi du temps
11:37d'Eline Prusinski
11:38ce soir-là.
11:39Ils commencent
11:40par la station de radio
11:41où elle effectuait son stage.
11:44Un collègue d'Eline
11:45à la radio
11:46leur dit qu'il avait vu
11:47Eline quitter le bâtiment
11:48et se diriger vers
11:49l'arrêt de bus.
11:50Ils ont échangé
11:51quelques mots
11:52sur leur journée
11:53puis se sont dit au revoir.
11:56Eline avait l'air heureuse
11:57et pressée de rentrer.
12:00Eline suit sa routine.
12:02Elle quitte la radio
12:03vers 17h30
12:04et monte dans un bus
12:05en direction du sud
12:06pour rentrer
12:07chez sa tante
12:07et son oncle.
12:09Elle allait en général
12:10prendre le bus
12:11à l'arrêt
12:12situé sur
12:12Hampton Avenue
12:14puis elle changeait
12:15de ligne sur Broadway
12:16pour continuer
12:17en direction du sud
12:18jusqu'à Englewood.
12:22Et ensuite
12:23elle n'était plus
12:24qu'à trois rues
12:24de chez elle
12:25à pied.
12:27La police retrace
12:28l'itinéraire du bus
12:29dans l'espoir
12:29de trouver des témoins.
12:31Toute la zone
12:32qui longe Broadway
12:33est très bien éclairée.
12:34C'est une grande avenue
12:35avec beaucoup de circulation,
12:36beaucoup de passants.
12:38Les policiers
12:38ont demandé aux gens
12:39s'ils avaient vu
12:40quelqu'un de suspect,
12:41s'ils avaient vu la victime,
12:43s'ils la connaissaient.
12:44Un chauffeur de bus
12:45et plusieurs passagers
12:46se souviennent d'Eline.
12:48L'un des témoins
12:49se souvient
12:49d'une conversation
12:50avec Eline
12:51à propos de son stage
12:52à la radio
12:53et de la raison
12:54de sa venue ici
12:54à Denver.
12:56Ce sont des renseignements
12:58précieux pour la police
12:59parce que ça veut dire
13:00qu'Eline est descendue
13:01à son arrêt
13:02entre 18h et 18h30.
13:06Plusieurs personnes
13:06ont confirmé
13:07qu'elle était descendue
13:08du bus
13:08et qu'elle s'était dirigée
13:10ensuite vers l'est
13:11depuis l'arrêt de bus
13:12en direction
13:13de chez sa tante.
13:16Elle a dû croiser
13:17son meurtrier
13:18quelque part
13:19entre ces trois rues
13:20qui séparent
13:20l'arrêt de bus
13:21de la maison.
13:23La police se demande
13:24si le tueur savait
13:25qu'elle descendrait
13:26à cet arrêt
13:26seule à la nuit tombée
13:28et s'il l'attendait.
13:31On a commencé
13:32à remonter le temps
13:33pour voir
13:34qui elle avait rencontré
13:35à Denver
13:35durant cette courte période
13:37de deux semaines.
13:39La police interroge
13:41son oncle,
13:41sa tante
13:42et son ami Kitsi
13:43sur ses habitudes
13:43à Denver.
13:44Et ils disent tous
13:45qu'Eline se concentrait
13:46sur son travail.
13:47Quand la police
13:48interroge ses collègues
13:49de la radio,
13:50ils la décrivent
13:51comme une jeune femme
13:51ponctuelle et souriante
13:53mais plutôt réservée.
13:55Eline n'avait pas d'amis
13:56à Denver,
13:57elle n'était là
13:58que depuis deux semaines.
13:59Elle était venue
14:00avec sa meilleure amie.
14:01Donc rien ne laissait penser
14:02qu'elle connaissait
14:03son agresseur.
14:05Toutefois,
14:06il y avait eu
14:06plusieurs agressions
14:07le long de Broadway Avenue
14:08à cette époque
14:09et les inspecteurs
14:10ont pensé
14:11qu'il y avait peut-être
14:12un lien
14:12avec le meurtre d'Eline.
14:16Une femme a été violée
14:17sous la menace
14:18d'un couteau
14:18dans une ruelle
14:19environ dix jours
14:20avant le meurtre.
14:21L'attaque suivante
14:22est une tentative
14:23de viol
14:23une heure seulement
14:24avant la disparition
14:25d'Eline.
14:26La police craint
14:27d'avoir affaire
14:28à un violeur en série
14:30qui est passé
14:30au meurtre.
14:33Ces femmes
14:34n'ont pas été tuées
14:35et l'une d'elles
14:35fournit une description
14:36du violeur.
14:37C'est un homme blanc
14:38de taille moyenne.
14:40Il portait
14:40un pull à capuche vert,
14:42un jean
14:42et des bottes de cow-boy.
14:44Ce violeur en série
14:45et le meurtrier d'Eline
14:46portent donc
14:47le même genre de chaussures.
14:48Mais au Colorado
14:49où les bottes de cow-boy
14:50sont très répandues,
14:51ce n'est peut-être
14:52qu'une coïncidence.
14:55Malgré tout,
14:56les enquêteurs
14:56pensent être
14:57sur la bonne voie
14:57et ils font diffuser
14:59l'information
14:59au JT du soir.
15:01Ils reçoivent
15:02l'appel d'une femme
15:02qui a vu les infos.
15:04Elle veut signaler
15:05un individu suspect
15:06qu'elle a vu
15:06le soir du meurtre
15:07le long de Daniel Spark Road
15:09où le corps d'Eline
15:10a été retrouvé.
15:13Un témoin a vu
15:14une voiture garée
15:15au bord
15:15de Daniel Spark Road.
15:19Elle a vu un homme
15:20rentrer dans la voiture,
15:21sortir de la voiture
15:22et rester à côté
15:24vers 22 heures
15:25le 16 janvier.
15:29L'homme qu'elle décrit
15:30est blanc,
15:31brun,
15:32de taille moyenne,
15:32de corpulence moyenne,
15:35probablement entre
15:3520 et 25 ans.
15:37C'est une piste prometteuse
15:38mais la description
15:39n'est pas assez précise
15:40pour faire avancer
15:41l'enquête.
15:41Donc,
15:42dans l'espoir
15:42d'obtenir plus de détails,
15:44les inspecteurs
15:45vont utiliser une technique
15:46qui fait débat à l'époque.
15:50L'hypnose était assez répandue
15:52dans les années 1980
15:54et ils ont utilisé
15:56cette technique
15:56sur cette femme.
15:59Elle donne une description
16:00très détaillée du suspect.
16:02Elle dit qu'il a
16:03entre 18 et 25 ans,
16:04qu'il mesure entre
16:051m75 et 1m80,
16:07qu'il est mince,
16:08avec les cheveux
16:10qui lui descendent
16:10sur les oreilles
16:11et une moustache.
16:12Il porte des vêtements
16:13décontractés
16:14et une gourmette.
16:16C'est assez incroyable,
16:18très précis.
16:20Galvanisés
16:21par tous les détails
16:21fournis par ce témoin,
16:23les enquêteurs
16:23décident de faire
16:24un portrait robot
16:25du suspect.
16:26Ils le font diffuser
16:27largement,
16:28dans l'espoir
16:29que quelqu'un l'aura vu,
16:30mais ça ne donne rien.
16:32Il n'y a aucune piste,
16:34aucune autre agression
16:35sexuelle similaire
16:36à Englewood
16:37ou dans les environs.
16:39Et il n'y a aucun indice
16:41permettant de conduire
16:42la police au suspect.
16:49En juin 1980,
16:51se tient la cérémonie
16:52de remise des diplômes
16:53à laquelle
16:54Eileen aurait dû assister.
16:55Ses parents viennent
16:56chercher son diplôme
16:57décerné à titre posthume.
16:59Chaque jour,
17:00ils espèrent apprendre
17:01que le tueur
17:02a été arrêté.
17:02Mais les semaines
17:03se succèdent sans nouvelles.
17:06L'affaire reste
17:07totalement au point mort
17:09pendant plusieurs années.
17:12Trois ans
17:13pour être exact.
17:14Le portrait robot
17:15finit au fond d'un carton
17:16avec le reste des dossiers.
17:18Et puis,
17:18durant l'été 1983,
17:20les enquêteurs
17:21du Colorado
17:21reçoivent un appel
17:22des autorités
17:23du Texas,
17:24leur signalant
17:24le cas
17:25d'un certain
17:25Henry Lee Lucas.
17:28Henry Lee Lucas
17:29a avoué le meurtre
17:30de deux femmes au Texas.
17:32Et le jour
17:33de sa mise en accusation,
17:34il choque tout le monde
17:36en évoquant
17:36les cent autres femmes
17:37qu'il a tuées.
17:45Ça déclenche
17:46une tempête médiatique.
17:48Lucas finit par avouer
17:49une série de meurtres
17:50dans tout le pays
17:51avec son ami
17:51Otis Toole
17:52qui vient d'être
17:53arrêté en Floride.
17:54Henry Lee Lucas
17:55et Otis Toole
17:56étaient amis.
17:57Ils étaient
17:58sans domicile fixe.
17:59et ils sillonnaient
18:00les Etats-Unis
18:01en violant
18:01et ou en assassinant
18:03des hommes
18:03et des femmes.
18:06Henry Lee Lucas
18:07a dit
18:08aux Texas Rangers
18:08qu'il était impliqué
18:10dans le meurtre
18:11d'une jeune femme
18:13à Denver.
18:15Et il y avait
18:16suffisamment
18:16d'éléments probants
18:17pour que les enquêteurs
18:18du Colorado
18:19aient envie
18:20d'aller interroger
18:20ces deux individus.
18:23Les inspecteurs
18:24du Colorado
18:24interrogent
18:25Henry Lee Lucas
18:26au Texas
18:26et Otis Toole
18:27en Floride
18:28où il est incarcéré.
18:29Les deux hommes
18:30avouent avoir
18:30enlevé une jeune femme
18:31en janvier
18:31ou février 1980
18:33de l'avoir ligotée
18:34entraînée
18:35dans un champ
18:35dans le Colorado.
18:42Puis,
18:42les enquêteurs
18:43lui montrent
18:43une photo d'Eline.
18:46Et il avoue
18:48le meurtre
18:48d'Eline Prusinski.
18:55Les enquêteurs
18:56n'en reviennent pas.
18:57Henry Lee Lucas
18:58vient d'avouer
18:58le meurtre
18:59d'Eline Prusinski.
19:06Pendant ce temps,
19:07Otis Toole
19:08qui est incarcérée
19:08en Floride
19:09s'avère tout aussi
19:10bavard que son ami
19:11Henry Lee Lucas.
19:12est incapable d'identifier
19:35d'identifier
19:50à la fin de l'interrogatoire.
19:51À la fin de l'interrogatoire,
19:52les policiers
19:52soupçonnent
19:53les deux hommes
19:53de les mener en bateau
19:54en répétant
19:55ce qu'ils ont entendu
19:56aux infos
19:57ou en se laissant guider
19:58par les questions
19:59qu'on leur pose.
19:59« Il connaissait
20:14certains détails
20:14sur le meurtre
20:15mais était loin
20:16de tout savoir,
20:17notamment des choses
20:18que le meurtrier
20:19aurait dû connaître. »
20:21De plus,
20:22les indices recueillis
20:23sur la scène de crime
20:24ne correspondent pas
20:25à deux agresseurs
20:26mais plutôt
20:27à un seul tueur.
20:28« Il n'y avait
20:29qu'une seule série
20:30d'empreintes
20:31allant de la route
20:32jusqu'au corps des lignes
20:33puis du corps
20:34à la route.
20:36Il est très peu probable
20:38que quelqu'un d'autre
20:39ait marché à cet endroit. »
20:42Les enquêteurs du Colorado
20:43ne sont pas les seuls
20:44à s'être fait berner
20:45par Lucas et Toole.
20:46Les autorités texanes
20:47découvriront par la suite
20:48que la plupart
20:49de leurs aveux sont faux.
20:50Dans de nombreux cas,
20:51il était impossible
20:53qu'ils se soient trouvés
20:53sur les lieux des crimes.
21:02C'était une vraie douche froide.
21:04Les enquêteurs
21:05ont dû revenir
21:05à Denver sans rien.
21:07L'affaire se retrouvait
21:08de nouveau au point mort
21:09parce que c'était
21:10la seule piste
21:11qu'ils avaient.
21:11Ils n'avaient rien d'autre.
21:14L'affaire reste non résolue
21:16pendant 15 longues années
21:17et puis au milieu
21:18des années 90,
21:19les autorités du comté
21:21de Douglas rouvrent le dossier.
21:23Cette fois-ci,
21:24avec l'aide du CODIS,
21:25la base de données ADN.
21:27Quand quelqu'un
21:28commet un crime
21:28où que ce soit
21:29aux États-Unis,
21:30on entre son ADN
21:31dans le CODIS
21:32et on peut ensuite
21:33comparer l'ADN
21:34de ce suspect potentiel
21:35avec celui
21:36des criminels enregistrés.
21:39Les premiers enquêteurs
21:40sur place
21:41ont fait un excellent travail
21:42de conservation
21:43des traces ADN.
21:44Ils ont préservé
21:45le sperme retrouvé
21:46sur le manteau des lignes.
21:48Ils ont pu en tirer
21:49un profil génétique
21:50qu'ils ont entré
21:51dans le CODIS
21:51dans l'espoir
21:52de trouver un suspect.
21:54À l'époque,
21:55en 1980,
21:56les analyses ADN
21:58n'existaient pas.
21:59On ne disposait pas
22:00de la technologie adéquate.
22:03Les inspecteurs
22:04et les techniciens
22:05de scènes de crime
22:06qui ont collecté
22:07les indices en 1980
22:08les ont emballés
22:09de manière à ce qu'ils
22:10soient parfaitement
22:11bien préservés.
22:13et tout ça,
22:15c'est grâce
22:15au bureau d'enquête
22:16du Colorado
22:17et aux compétences
22:18de ces enquêteurs
22:19de scènes de crime.
22:22Ça nous a permis
22:23de rouvrir le dossier
22:2437 ans plus tard
22:25et d'analyser
22:27certains de ces indices
22:28qui étaient toujours
22:29exploitables
22:30et donc très précieux
22:31pour l'enquête.
22:34Une fois le profil
22:35entré dans le CODIS,
22:36la base de données
22:37cherche des correspondances
22:39avec d'autres profils.
22:40mais malheureusement,
22:41pour cette première fois,
22:42ça n'a rien donné.
22:45C'était très décevant
22:46pour les enquêteurs.
22:49En dépit des efforts
22:50du bureau du shérif
22:51du comté de Douglas,
22:52l'affaire reste au point mort.
22:55Frustrée de voir
22:55que les choses n'avancent pas,
22:57en 2005,
22:5825 ans après le meurtre
22:59d'Eline,
23:00sa sœur et un groupe
23:01d'amis se retrouvent
23:02à Denver
23:02pour refaire le chemin
23:04qu'elle a parcouru
23:04ce soir-là
23:05dans le but
23:06d'attirer l'attention
23:06sur l'affaire.
23:23Lorsque les proches,
23:24la famille,
23:25célèbrent l'anniversaire
23:26de la perte
23:27d'un être cher,
23:28ça redonne
23:29de la motivation
23:30à la police.
23:40Se retrouver dans
23:42cette situation
23:43où on est incapable
23:44d'apporter aux proches
23:45une réponse
23:46aux plus grands traumatismes
23:48de leur vie,
23:49c'est très dur
23:51à accepter.
23:52Et ça pousse
23:53la police à se dire
23:54« On va mettre
23:55les moyens,
23:56on va rouvrir
23:57l'enquête
23:57pour voir
23:58si on a raté
23:58quelque chose. »
24:06Alors que l'affaire
24:07n'est toujours pas résolue,
24:08le frère d'Eline
24:09meurt en 2009
24:10et ses parents
24:10meurent en 2012.
24:12Il ne reste plus
24:13que sa soeur
24:13et ses amis d'enfance
24:15et d'université
24:15pour garder l'affaire
24:16dans la lumière.
24:17Mais leurs efforts
24:18vont bientôt
24:19être récompensés.
24:20En 2015,
24:22après avoir gravi
24:23tous les échelons,
24:24Tony Spurlock
24:24est élu shérif
24:25du comté de Douglas.
24:27J'ai immédiatement
24:29mis sur pied
24:29une unité
24:30chargée de rouvrir
24:31les affaires
24:32non résolues.
24:35Je m'appelle
24:36Tommy Barrella.
24:37Je suis lieutenant
24:38affecté
24:38à l'unité
24:39des affaires
24:39non résolues.
24:40J'ai commencé
24:41à travailler
24:42sur l'affaire
24:43Eline Prusinski
24:44en février 2019.
24:46L'unité met
24:47le dossier
24:47d'Eline
24:47tout en haut
24:48de la pile
24:48dans l'espoir
24:49que les avancées
24:50en matière
24:50de recherche ADN
24:52l'aideront
24:52à résoudre l'affaire.
24:54C'était une affaire
24:55vieille de 37 ans.
24:57C'est très long.
25:00Et on ne voulait
25:01pas attendre
25:02plus longtemps.
25:05En 2018,
25:06la résolution
25:07de l'affaire
25:07du tueur
25:08du Golden State
25:08montre comment
25:09la science
25:10de l'ADN
25:11et la généalogie
25:12peuvent être mises
25:13à profit
25:13par la police.
25:15Les enquêteurs
25:16du Colorado
25:17étudient la manière
25:18dont la police
25:18a retrouvé
25:19le coupable
25:20en reconstituant
25:21son arbre généalogique
25:22grâce à son ADN.
25:24L'émoi
25:25suscitée
25:25par la résolution
25:26de l'affaire
25:27du tueur
25:27du Golden State
25:28a inspiré
25:29d'autres personnes
25:30qui se sont dit
25:31faisons la même chose.
25:33En février 2019,
25:35l'inspectrice
25:36Shannon Jensen
25:36rejoint l'unité
25:37et s'initie
25:38au mystère
25:39de la généalogie
25:40judiciaire.
25:42C'était des techniques
25:43et un domaine
25:43totalement nouveau
25:44pour moi.
25:45J'ai essayé
25:46de reconstituer
25:47mon propre arbre généalogique.
25:49Mon mari m'avait montré
25:50comment faire
25:50dans notre salon
25:51quelques mois plus tôt.
25:52Bref,
25:53j'étais novice.
25:54Le laboratoire
25:55fait de nouvelles analyses
25:56sur l'ADN
25:57prélevé sur le manteau
25:58des lignes
25:58et obtient un profil génétique
26:00plus complet du meurtrier.
26:01Il est entré
26:02dans la base
26:03de données généalogiques
26:04qui a permis
26:05de capturer
26:05le tueur
26:06du Golden State.
26:08On a trouvé
26:10plus de 3 000 personnes,
26:123 000 liens
26:13de parenté
26:14avec le suspect.
26:15Donc,
26:16on s'est concentré
26:17sur les plus proches,
26:18c'est-à-dire
26:18les cousins
26:19au troisième
26:19ou quatrième degré.
26:22Shannon a fait
26:23tout le travail
26:24de fond,
26:25ingrat,
26:25en appelant
26:26les familles
26:26pour leur demander
26:27s'ils pouvaient
26:28accéder à leur
26:29profil génétique
26:30ou s'ils voulaient
26:31bien fournir leur ADN
26:32pour créer un profil.
26:33J'ai contacté
26:34ces gens
26:35et eu accès
26:36à leur arbre généalogique
26:37pour m'assurer
26:38qu'on avait
26:38les bonnes informations
26:39pour constituer
26:40le nôtre.
26:41L'inspectrice
26:42Jensen
26:43remonte péniblement
26:44toutes les branches
26:44de cet immense
26:45arbre généalogique
26:46jusqu'à ce qu'elle
26:47retrouve le nom
26:48d'une femme.
26:49En se basant
26:49sur des calculs
26:50de probabilité,
26:51on est parti
26:52de l'hypothèse
26:53que le suspect
26:53était le fils
26:54d'une femme
26:55appelée June Estes.
26:58Les enquêteurs
26:58découvrent qu'elle a eu
26:59six noms différents
27:00et qu'elle est décédée.
27:03Elle a eu quatre fils
27:04mais deux d'entre eux
27:05avaient respectivement
27:06dix et onze ans
27:07au moment du meurtre.
27:09Donc on s'est concentré
27:10sur les deux fils
27:11plus âgés.
27:13J'ai eu du mal
27:13à les retrouver
27:14et à les identifier
27:15parce qu'ils avaient été
27:16abandonnés tous les deux
27:17à un très jeune âge.
27:19L'inspectrice Jensen
27:21retrouve une cousine
27:22éloignée de June
27:23qui lui en dit plus
27:24sur ses fils.
27:25June Estes
27:26les a abandonnés petits
27:27mais elle avait
27:29renoué des liens
27:30avec l'un d'eux
27:30et un journal avait couvert
27:32le sujet.
27:33La cousine éloignée
27:34mentionne l'existence
27:35de cet article
27:36de 1992
27:37qui décrit leur retrouvaille
27:38dans le Kentucky
27:39et donne le nom
27:40des deux fils aînés
27:41de June Estes
27:42William White
27:43et Curtis Allen White.
27:45Dès que j'ai ces deux noms
27:46je suis aux anges.
27:48L'un d'eux
27:48est peut-être le meurtrier.
27:50Je vais immédiatement
27:51sur la base de données
27:52vérifier leurs antécédents.
27:54L'inspectrice Jensen
27:55retrouve William White
27:56dans le casier judiciaire
27:57de Californie.
27:58Il a été arrêté
27:59pour agression sexuelle
28:00mais son ADN
28:01est déjà dans le CODIS
28:02depuis des années.
28:03La police compare son ADN
28:05avec celui du manteau.
28:07Il ne correspond pas exactement
28:08mais William White
28:10a bien un lien
28:10de parenté
28:11avec le suspect.
28:13Ce n'est pas lui
28:14le suspect
28:14mais à ce stade
28:16Shannon sait
28:17qu'elle a trouvé
28:17la bonne famille.
28:19L'inspectrice Jensen
28:20entre le nom
28:21de son frère
28:21Curtis Allen White
28:22et trouve sa trace
28:23dans l'Arkansas.
28:24En 1975
28:25il a été arrêté
28:26pour viol
28:27sous la menace
28:27d'une arme.
28:28Il avait 17 ans
28:29et n'a passé
28:30que quelques années
28:31en prison
28:31avant d'être remis
28:32en liberté conditionnelle
28:33en 1979.
28:35Il s'installe alors
28:36dans le Colorado.
28:38Son dossier mentionne
28:39le fait
28:40qu'il logeait
28:40chez une famille
28:41qui vivait à
28:41Akers Green.
28:43Il était donc là-bas
28:45le 16 janvier 1980.
28:48Je savais
28:49que c'était lui.
28:50Curtis White
28:51disparaît
28:52de la circulation
28:52peu après 1980
28:53mais l'enquêtrice
28:54découvre que son numéro
28:55de dossier
28:56auprès du FBI
28:57correspond désormais
28:58à un certain
28:59James Curtis Clinton.
29:00On retrouve sa trace
29:01en Floride
29:02en 82
29:02avec un nouveau
29:03numéro de sécurité sociale.
29:06Le nom est proche.
29:07Ça vaut le coup
29:08de vérifier.
29:08Il a un casier
29:09car il a été arrêté
29:10en 98.
29:11L'inspectrice
29:12va donc voir sa photo.
29:14Elle m'a appelée.
29:15Viens voir ça.
29:16Elle m'a montré
29:16le portrait robot
29:17et elle m'a dit
29:18maintenant regarde ça.
29:19Elle avait les photos
29:20sur deux écrans séparés.
29:21Elle les a fait glisser
29:23l'une sur l'autre.
29:25Elles avaient 18 ans d'écart
29:27mais ça collait parfaitement.
29:32La photo de James Curtis Clinton
29:35datant de 98
29:36correspond très pour très
29:37au portrait robot
29:38du suspect du meurtre
29:39d'Aileen
29:40qui date de 1980.
29:43C'était incroyable.
29:44C'était incroyable.
29:45Ils étaient quasiment
29:45identiques.
29:47À ce stade
29:48il n'y a qu'une façon
29:49de savoir
29:49si c'est vraiment lui
29:50et c'est d'aller
29:52prélever son ADN.
29:54J'ai demandé
29:55au lieutenant
29:56vous êtes sûr
29:57que vous êtes
29:58sur la bonne piste ?
29:59Et il m'a dit
30:01laissez-nous aller
30:01en Floride
30:02et on vous ramènera
30:03le tueur.
30:03J'ai dit
30:04d'accord
30:05allez-y.
30:07En décembre 2019
30:09le lieutenant
30:10Barrella
30:10monte une opération
30:11pour découvrir
30:12si James Curtis Clinton
30:13est bien le tueur.
30:15Il envoie des enquêteurs
30:16en civil en Floride.
30:18Cette photo
30:18de James Curtis Clinton
30:19a été prise
30:2021 ans plus tôt.
30:22Les enquêteurs
30:22espèrent pouvoir
30:23récupérer son ADN
30:24pour l'identifier
30:25formellement
30:26comme le tueur.
30:28Pendant une semaine
30:28les enquêteurs
30:29le suivent
30:30et enquêtent
30:30sur sa vie
30:31à Lake Butler
30:32en Floride.
30:34Il était chauffeur routier
30:35il avait été marié
30:37plusieurs fois
30:37il avait eu un enfant
30:39et des petits-enfants.
30:41Il menait
30:42une vie tranquille
30:43dans une ferme
30:44dans un mobilhome
30:46un peu isolé
30:46de tout.
30:49Ils ont une première
30:50occasion
30:50de récupérer son ADN
30:51lorsqu'il achète
30:52une bouteille de lait
30:53dans une épicerie
30:54puis la jette
30:55dans une peine.
30:56Les enquêteurs
30:57récupèrent la bouteille
30:58et l'envoient
30:59dans le Colorado
31:00pour analyse.
31:01Hélas
31:01il n'y a pas assez
31:02de matériel génétique
31:03pour obtenir un résultat
31:05mais il ne se laisse
31:06pas décourager.
31:07On ne pouvait plus
31:08reculer.
31:09Il fallait continuer
31:10jusqu'à ce qu'on y arrive
31:12et deux jours plus tard
31:13je reçois un appel
31:14« Clanton est entré
31:15dans un bar
31:16qu'est-ce qu'on fait ? »
31:17Je leur ai dit
31:18« Allez-y. »
31:19Dans un bar
31:20de Butler
31:21les policiers
31:22se mêlent
31:22tant bien que mal
31:23à la faune locale
31:24pour observer le suspect
31:25en train de fumer.
31:27Clanton a fumé
31:28une cigarette
31:29et l'a écrasé
31:30dans un cendrier
31:30donc les gars
31:31se sont dit
31:32qu'ils allaient
31:32récupérer le mégot.
31:34Mais la barmaid
31:35vidait le cendrier
31:36au fur et à mesure.
31:38À chaque fois
31:39qu'elle jetait
31:39les mégots
31:40ils étaient dégoûtés.
31:42Mais Clanton
31:43buvait des bières
31:44et elle le servait
31:45dans un verre.
31:46Il buvait dans un verre.
31:50Quand il est parti
31:51elle a ramassé
31:52les verres
31:52et les a mis
31:53sous le bar.
31:55Mes gars
31:55ont gardé un oeil
31:56sur les verres
31:57et m'ont appelé
31:58pour me demander
31:59ce qu'ils devaient faire.
32:00Alors j'ai appelé
32:01un collègue sur place
32:02qui a appelé
32:03le patron du bar.
32:05Le patron a récupéré
32:06les verres pour nous.
32:08On a croisé les doigts
32:09et on a fait revenir
32:10nos hommes
32:11avec les verres.
32:16Ils sont revenus
32:17avec les verres à bière.
32:18Je les ai rejoints
32:20le dimanche
32:20pour mettre
32:20ces verres sous scellés.
32:22L'inspectrice Jensen
32:23attend fébrilement
32:24les résultats
32:25des tests ADN
32:25pour savoir
32:26s'ils ont enfin
32:27résolu la plus grosse
32:28affaire de leur carrière.
32:30Les résultats ont confirmé
32:31que James Curtis Clanton
32:33avait violé
32:34et tué
32:34Eileen Prusinski.
32:36Elle avait les yeux
32:37écarquillés.
32:38Elle a dit
32:39j'en étais sûr
32:40je savais que c'était lui.
32:41et moi j'étais encore
32:42en train de me dire
32:43ça y est
32:43on a réussi.
32:47Le lieutenant Barrella
32:48part en Floride
32:49pour diriger l'arrestation.
32:5122 agents
32:52cernent la maison
32:52de Clanton
32:53à Lake Butler
32:54dont des enquêteurs
32:55du Colorado
32:56la police locale
32:57et même un procureur
32:58pour les conseiller.
32:59Je suis George Brokler
33:00procureur.
33:02Avoir un procureur
33:03sur place
33:03pour donner à la police
33:04la marche à suivre
33:05afin que ça reste recevable
33:07devant un tribunal
33:08c'était primordial.
33:10Les policiers
33:11abordent Clanton
33:12devant chez lui
33:12et l'emmènent au poste
33:14sous un faux prétexte.
33:15L'emmènent à l'emmènent
33:45initiale
33:45et l'emmènent à l'emmènent
33:48de la police.
33:48La maine n'am
33:48est-ce.
33:49Je suis
33:50à l'emmènent
33:51de la police.
33:51OK.
33:52L'emmènent à l'emmènent
33:53ou à l'emmènent
33:54de la police
33:54en Colorado?
33:55L'emmènent
33:56en Colorado
33:57many, many,
33:58many years.
33:59OK.
33:59I thought I heard
34:00you say
34:01that you changed
34:02your name
34:03and what was
34:04your previous name?
34:05Curtis
34:07Allen
34:08White.
34:09When I left
34:11Colorado
34:11on my way
34:12to my bro,
34:13which I knew
34:14I was going to
34:14because I couldn't
34:15get a decent job
34:16with the record I had.
34:18I came down here
34:19and I met
34:20a girlfriend
34:21and she had
34:21a birth certificate
34:23from one of her
34:24ex-boyfriend's kids.
34:26OK.
34:27Adopted it up.
34:30Took DMV
34:31and got a license
34:32and got a social security guard
34:34and James Clinton
34:35there since.
34:36Clinton donne
34:37des détails à la police.
34:38Son ancien nom,
34:39le nom de sa mère,
34:40qui correspondent tous
34:41à l'arbre généalogique
34:42reconstitué par Jensen.
34:44Les policiers
34:44arrêtent alors la comédie.
34:47We care about
34:48a young woman
34:50in Colorado
34:51in 1980.
34:53I want to show you a picture
34:53of her C.P.
34:54I can't see.
35:00I think I want to talk to her.
35:02You accuse me of something else, I know.
35:05We actually have a warrant
35:06for your arrest
35:07for first degree murder
35:09and kidnapping.
35:10For what?
35:10First degree murder
35:11and kidnapping.
35:14Clinton met un terme
35:15à l'interrogatoire
35:16mais ne s'oppose pas
35:16à son transfert
35:17vers le Colorado.
35:19C'est le lieutenant
35:20Barrella
35:20qui l'escorte
35:21jusqu'à l'aéroport
35:22mais Clinton
35:23demande à faire un détour.
35:25Il n'avait pas mangé
35:26donc il a demandé
35:27si on pouvait acheter
35:28quelque chose en route.
35:29Il passe donc au McDo
35:31et en chemin
35:32Clinton se met à parler.
35:35Il a demandé
35:35s'il pourrait purger
35:37sa peine en Floride.
35:39je lui ai dit
35:40qu'on ne pouvait pas
35:41parler de ça
35:42puisqu'il avait réclamé
35:43un avocat.
35:45Alors il m'a dit
35:46je dois faire quoi
35:47pour parler ?
35:48Je lui ai dit
35:48vous devez me dire
35:49que vous voulez parler
35:50et je vous relirai
35:51vos droits
35:51et si vous renoncez
35:53à la présence
35:53d'un avocat
35:54vous me le direz
35:54et on pourra parler.
35:56et il a dit
35:57ok
35:57on n'a qu'à faire ça.
36:15Durant le trajet
36:16vers l'aéroport
36:17téléphones et caméras
36:18enregistrent
36:19les confessions
36:19de Clinton
36:20qui brisent
36:2140 ans de silence
36:22et racontent
36:23ce qu'il s'est passé
36:23ce soir de 1980.
36:25Il était sur l'avenue
36:27en voiture
36:27il a vu le bus
36:28s'arrêter
36:29et il a vu
36:29Eileen se lever
36:30pour sortir
36:31alors il a fait
36:32demi-tour
36:32et il s'est garé.
36:49L'ambiance était
36:51tellement détendue
36:51qu'on ne lui a pas
36:52passé des menottes
36:54on voulait
36:54qu'il se sente
36:55à l'aise
36:55et qu'il coopère.
36:57Clinton poursuit
36:58son récit
36:59à bord de l'avion
36:59et donne
37:00des détails
37:01supplémentaires.
37:25Il l'a ensuite
37:27emmené dans une remise
37:28qui servait
37:29à couper du bois
37:31et il lui a dit
37:32j'ai menti
37:33c'est pas un enlèvement.
37:48Il a dit que le viol
37:49n'avait rien de sexuel
37:50c'était une question
37:51de pouvoir
37:51et de contrôle.
37:53Il a laissé
37:54les chaussures
37:55le pantalon
37:55et la culotte
37:56d'Eileen
37:56dans la remise
37:57et ils sont repartis
37:58en voiture
37:59le long de
37:59Daniel's Park Road
38:01jusqu'au champ
38:01couvert de neige.
38:28Il avait prévu
38:29de laisser la vie
38:30sauver Eileen
38:31mais il a pris peur
38:32à l'idée
38:33de retourner en prison.
38:49Elle avait été gentille
38:50avec lui
38:50jusqu'à son dernier souffle.
38:53Voilà le genre
38:53de personne
38:54de personne
38:54qu'elle était.
38:59Elle devait avoir
39:00tellement peur.
39:12C'était irréel
39:14de le voir parler
39:15de manière aussi détachée.
39:16On sentait que ça
39:18le soulageait
39:18de tout raconter.
39:20Il m'a dit
39:21que plus jeune
39:21il avait vu
39:22des films
39:23ou des émissions
39:23sur des tueurs
39:24en série
39:25et que ça ressemblait
39:26à sa vie
39:27qu'il était
39:27un tueur en série
39:28qui n'avait tué
39:29qu'une fois.
39:31Il a été abandonné
39:32enfant.
39:33Il a été
39:34en maison
39:34de redressement.
39:35Elle me dit
39:36qu'elle n'est pas
39:37vraiment ma mère.
39:37Je pensais qu'elle
39:38était ma mère
39:39toute cette fois.
39:41Je n'ai jamais
39:41été ma mère.
39:42Je n'ai jamais
39:43été ma mère.
39:45Quand j'étais
39:468 ans
39:47quand j'étais
39:47j'avais eu
39:48un cat
39:48dans un tree
39:49et j'étais
39:49avec un tree
39:52lint.
39:54Je ne savais
39:55pourquoi
39:56je n'avais
39:56un enfant
39:57qui n'avait
39:57un type
39:57de rage.
40:00L'angère
40:01covers
40:01le pain.
40:21Ils arrivent
40:22dans le Colorado
40:23le soir
40:23vers 18h30
40:2419h.
40:26Clinton
40:26est ensuite
40:27transporté
40:28jusqu'à la prison
40:28du comté
40:29de Douglas
40:29où il est
40:30placé
40:30en détention.
40:33Quelques heures
40:33plus tard
40:34une fois
40:34Clinton placé
40:35en détention
40:36le lieutenant
40:36Barrella
40:37annonce
40:37au procureur
40:38qu'il veut
40:38plaider coupable.
40:42Je lui ai dit
40:43vous rêvez
40:44jamais de la vie
40:45un prévenu
40:46défendu
40:46par un avocat
40:47commis d'office
40:48ne plaidera
40:49coupable de meurtre.
40:50Et il m'a dit
40:51je lui ai parlé
40:53il est prêt
40:53il est prêt
40:54à assumer ses actes
40:56et il veut
40:56aller de l'avant
40:57il en a besoin.
41:00Ce soir-là
41:01le shérif
41:01Spurlock
41:02met son téléphone
41:03sur haut-parleur
41:03et appelle
41:04le dernier membre
41:05vivant
41:05de la famille
41:06d'Eline.
41:07Le shérif
41:07a appelé
41:08la sœur
41:08d'Eline
41:09elle était
41:09en voiture
41:10on lui a demandé
41:11de se garer.
41:13Je savais
41:13que cette conversation
41:14allait avoir
41:15un goût amer
41:17il allait falloir
41:18rouvrir cette blessure
41:20je lui ai dit
41:21on a placé
41:22le meurtrier
41:22d'Eline
41:22en détention
41:23on le tient
41:24c'est fini.
41:27Et je ne crois pas
41:28qu'elle ait dit
41:29autre chose
41:29après ça
41:31je l'entendais
41:32sangloter.
41:34Je suis flic
41:35j'essaye de retenir
41:36mes larmes
41:37mais ça m'a fait pleurer
41:39c'était très émouvant
41:41pour moi
41:41de pouvoir entendre
41:42sa réaction
41:44ça m'a énormément
41:46touchée.
41:47Un mois plus tard
41:48Clinton plaide
41:49coupable de meurtre
41:50et d'enlèvement
41:51avec préméditation.
41:52Après l'énoncé
41:53de la peine
41:53la sœur d'Eline
41:54lui adresse quelques mots
41:55à cause du Covid
41:57le procès
41:57s'est tenu
41:58par visioconférence.
42:05Je me souviens
42:06qu'elle a parlé
42:06de toutes les qualités
42:07de sa sœur
42:08à quel point
42:09c'était une jeune femme
42:10généreuse
42:11douce
42:12aimante
42:14optimiste
42:15Rendez-vous compte
42:16en 1980
42:17une jeune femme
42:18de l'âge d'Eline
42:19qui abandonne
42:20le cocon familial
42:21pour traverser le pays
42:22parce qu'elle a
42:23cette occasion unique
42:24de faire un stage
42:25dans une station de radio
42:27c'est audacieux
42:28ça demande du courage
42:31Sa sœur a très bien
42:32su faire passer tout ça
42:33et aussi
42:34l'impact que ça a eu
42:35sur ses parents
42:36et sur elle
42:36et à quel point
42:37c'était difficile
42:38de traverser
42:39certaines périodes festives
42:40en étant privée
42:41de la présence d'Eline
42:44Ce jour-là
42:45c'est la juge
42:46qui a eu le dernier mot
42:48en le condamnant
42:49à la perpétuité
42:52Après le procès
42:53la sœur d'Eline
42:54fait une émouvante
42:55conférence de presse
43:09C'est pour ça
43:10qu'on fait ce travail
43:13ça vaut tous les repas
43:15en famille
43:15que j'ai ratés
43:16ça vaut tous les sacrifices
43:18que font les policiers
43:19tous les jours
43:20c'est une affaire
43:21que je n'oublierai jamais
43:24Elle a vraiment marqué
43:26ma vie
43:26et ma carrière
43:39Sous-titrage Société Radio-Canada
43:45Sous-titrage Société Radio-Canada
43:45Merci d'avoir regardé cette vidéo