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Policier
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00:10Une mission dangereuse vouée à révéler une escroquerie.
00:15Un médecin laissant libre cours à sa folie.
00:19Un meurtre effroyable et imprévisible.
00:23Et un indice crucial débouchant sur le couloir de la mort.
00:56Un meurtre effrayant sur le couloir de la mort.
01:00Les agents pénètrent dans la loge de la gardienne, au sous-sol.
01:05Le procureur Jeffrey Kramer nous rapporte que l'appartement semble avoir été récemment cambriolé.
01:12On avait renversé une bibliothèque dans l'entrée.
01:16A part ça, il n'y avait rien d'inhabituel.
01:20Outre cette étagère, sur un fauteuil au centre de la pièce, se trouve un corps couvert de sang.
01:29C'était une scène atroce.
01:34Cette dame avait reçu six balles à bout portant.
01:37Il s'agit de Joyce Brannon, 54 ans.
01:43Une infirmière handicapée à la retraite, gardienne de l'église attenante.
01:49Elle avait des difficultés à se déplacer, et était donc incapable de se défendre.
01:55C'était pour ainsi dire une cible facile aux yeux d'un tueur.
02:01L'état de l'appartement laisse supposer que madame Brannon est la victime d'un cambriolage raté.
02:06Mais les preuves ne parviennent pas à convaincre les enquêteurs.
02:10C'était une scène de crime, certes, mais certains éléments ont éveillé leurs soupçons.
02:17Son sac à main, ses effets personnels, son argent, ses cartes de crédit, son chéquier, tout était encore là.
02:23Ce qui excluait l'hypothèse du cambriolage.
02:27Sans compter la cause de sa mort.
02:30Le meurtrier a vidé son barillet.
02:34Six balles en tout, sur sa cible.
02:36La dernière tirée à bout portant dans la nuque.
02:41Pour David Holmes, expert en profilage criminel, son acharnement relève de la psychopathie.
02:48L'approche d'un crime donné par un tueur est particulièrement révélatrice de sa psychologie.
02:59La cruauté de cet homme révélait un mépris psychopathique envers toute forme de sentimentalité, d'empathie ou d'émotion humaine.
03:10Il était impitoyable et incontrôlable.
03:14Qui pouvait vouloir tuer Joyce Brannon ?
03:18L'atrocité du meurtre d'une personne si pieuse et honnête attise l'intérêt de l'auteur de romans policiers,
03:24Mark Billingham.
03:26De toute évidence, Joyce Brannon consacrait sa vie à aider son prochain.
03:29Le coupable n'avait donc aucun respect pour ce qu'elle faisait, ni aucune considération pour elle.
03:36Les policiers bouclent l'accès de son appartement à la recherche de preuves.
03:43Aucune arme n'a été retrouvée sur les lieux.
03:45Aucune empreinte.
03:47Pas de traces d'ADN.
03:50On peut dire que c'était une scène de crime parfaite.
03:54Mais bientôt, il tombe sur une piste de taille.
04:01Les enquêteurs ont trouvé une assignation en justice adressée à Joyce Brannon, l'obligeant à témoigner devant la cour, quatre
04:07jours plus tard.
04:08Ils ont alors compris qu'il tenait là le mobile du meurtre.
04:13Le grand jury devait l'entendre au sujet d'un homme suspecté de fraude.
04:18Et son témoignage l'aurait sans doute fait condamner.
04:23L'assignation qu'on a retrouvée juste à côté de la victime a été l'élément déclencheur de la résolution
04:29de cette enquête.
04:33L'escroc contre lequel elle devait témoigner n'est pas n'importe qui.
04:38Il s'agit d'un podologue réputé de la ville de Chicago.
04:43Le docteur Ronald Michaels.
04:47Depuis plusieurs mois, il fait l'objet d'une enquête menée par l'agent spécial du département de la santé
04:52et des services sociaux, René Reyes.
04:56Nous étions sous le choc d'apprendre qu'une enquête pour fraude aux soins de santé s'était transformée en
05:02enquête pour meurtre.
05:05Nous étions loin de nous attendre à un tel coup de théâtre.
05:12L'histoire du docteur Michaels commence au printemps 2000, époque où les enquêteurs remarquent des revenus étrangement élevés.
05:21Dans notre ville, un podologue a un salaire annuel d'environ 100 000 dollars.
05:26Le sien était largement supérieur à ça.
05:29Il touchait entre 250 et 300 000 dollars l'année.
05:34Le docteur Michaels gagnait plusieurs centaines de milliers de dollars par an.
05:38Pour un podologue en Illinois, c'était énorme.
05:41Aucun de ses confrères ne facturait autant ses soins.
05:44La différence était considérable.
05:48Les agents analysent sa situation afin de comprendre comment son travail peut générer des revenus aussi conséquents.
05:58Il découvre alors l'étendue de sa base de clients, avec qui il entretient des relations personnelles.
06:06Ces patients étaient des personnes âgées, souvent à firme.
06:10Elles ne pouvaient pas sortir faire des rencontres.
06:12Ils se chargeaient donc de leur apporter une vie sociale à domicile.
06:15Ils l'usaient de son charme et eux s'impatientaient de ses visites.
06:19Ils étaient dépendants de lui en quelque sorte.
06:24Ses contes révèlent aussi son caractère dépensier.
06:29Ronald Michaels avait des relations avec différentes femmes, avec qui il avait eu des enfants.
06:35Il leur offrait des cadeaux, payait leur loyer, les études des enfants, ce genre de choses.
06:40C'était un homme très occupé, tant d'un point de vue professionnel que personnel.
06:44Et sa vie privée lui coûtait cher.
06:53Les agents examinent ses finances dans le but de déceler la source de ses revenus.
07:01Ils remarquent alors que la majorité de ses patients âgés bénéficiaient d'une assurance santé.
07:07Dans notre système de santé, le gouvernement fédéral apporte cette aide financière aux personnes âgées,
07:14ou à celles dont les revenus sont insuffisants.
07:19Dès lors, la provenance des gains de Ronald Michaels devient évidente.
07:24Il facture à l'assurance des centaines de milliers de dollars.
07:28Bien plus qu'un podologue ordinaire de Chicago.
07:32Les sommes étaient excessives.
07:35Elles dépassaient le coût habituel des interventions qu'il facturait.
07:40C'était inimaginable de voir de tels montants.
07:45Il est suspecté d'avoir demandé le remboursement de consultations inexistantes à l'assurance.
07:53Si on n'a pas de problème médical au pied, on n'a aucune raison d'aller voir son podologue
07:58plusieurs fois par mois.
08:00Il est arrivé que le docteur Michaels facture plusieurs fois ses patients pour la même chose.
08:05S'il faisait réellement ce qu'il prétendait faire, cela signifiait qu'il les voyait à plusieurs reprises dans le
08:11mois.
08:13Ce qui était absurde.
08:17En plus de cela, les enquêteurs ne trouvent ni dossier médical correspondant, ni ordonnance ou preuve de traitement.
08:25Ne ressortent qu'une multitude de factures pour diverses opérations chirurgicales.
08:31Presque 100% de ses revenus provenaient de l'assurance.
08:34C'était devenu sa banque.
08:39Le département de la santé prend les choses en main.
08:42Les paiements à l'ordre de Ronald Michaels sont suspendus le temps de l'enquête.
08:47L'affaire était suspecte, alors ils ont décidé d'arrêter les paiements afin d'examiner ces écarts de facturation.
08:54Mais le docteur Michaels s'apprête alors à profiter de la loyauté de ses patients pour l'aider à dissimuler
08:59ses secrets.
09:05Personne n'a accepté de témoigner.
09:08Mais ce jeu dangereux du chat et de la souris est sur le point de tourner au drame.
09:20Automne 2001
09:25Les enquêteurs amassent des preuves contre le docteur Ronald Michaels, podologue à Chicago, coupable d'une arnaque à l'assurance
09:32de plusieurs centaines de milliers de dollars.
09:37Après la suspension de ses paiements, la tension monte lorsqu'intervient l'agent spécial du FBI, Mary Bess King.
09:48Plus j'en apprenais, plus je voulais m'assurer que nous aurions les éléments suffisants pour prouver qu'il s
09:57'agissait bel et bien d'une escroquerie à l'assurance.
10:00Que le docteur Michaels volait sciemment cet argent en faisant de fausses déclarations.
10:08Le docteur est appelé à se rendre au bureau du procureur fédéral.
10:13Nous pensions qu'il avait déclaré des interventions fictives.
10:16Alors nous avons voulu savoir ce qu'il en était vraiment.
10:22Après plusieurs mois d'investigation, les enquêteurs se retrouvent enfin nez à nez avec le fraudeur présumé.
10:30Nous espérions qu'il profiterait de cette entrevue pour être honnête et avouer qu'il avait fait de mauvais choix.
10:37Au lieu de ça, nous avons eu droit à l'inverse.
10:40Durant l'interrogatoire, le comportement de M. Michaels oscille d'un extrême à l'autre.
10:49Il était d'humeur changeante tout au long de l'entretien.
10:52Il pouvait être souriant et d'une minute à l'autre se mettre en colère.
10:57Nous l'avons questionné sur certains de ses patients.
11:00Nous lui demandions, avez-vous procuré tel service à un tel ?
11:04Et à chaque fois, il répondait positivement.
11:08Et lorsqu'il l'interroge au sujet des nombreuses factures suspectes de ces dernières années,
11:13il nie catégoriquement avoir fraudé.
11:17Nous savions qu'il mentait.
11:19À chaque patient, à chaque intervention que nous évoquions,
11:22nous étions sûrs que tout était faux.
11:28Alors que Mme Reyes et King montent méthodiquement leur dossier,
11:32la suspension des revenus du Dr. Michaels le plonge dans le chaos.
11:37Si on coupe les vivres à un homme qui a plusieurs compagnes et enfants,
11:40qui est dépensier et s'est habitué à un train de vie de luxe,
11:45la situation peut vite dégénérer.
11:49Le podologue sombre dans une spirale infernale.
11:52Sans le sou, il se met à consommer beaucoup d'alcool.
11:56Il est passé de 250 000 dollars par an à zéro.
12:00Il n'arrivait pas à s'en sortir.
12:05À mesure que son alcoolisme s'aggrave,
12:09le dossier contre lui prend de l'ampleur.
12:12Les documents ont beau parler d'eux-mêmes,
12:14ils ne sont pas suffisants.
12:17Dans ce genre d'affaires où l'on est face à un grand jury
12:20ou dans n'importe quel type de procès,
12:23même si les documents sont des preuves solides,
12:25les témoignages restent indispensables.
12:27Il faut que les victimes s'avancent et disent
12:29« Je n'ai pas subi toutes ces interventions chirurgicales.
12:32Je n'en ai subi aucune.
12:34Il n'a fait que me couper les ongles. »
12:39Les enquêteurs interrogent alors les patients du Dr. Maikos
12:42au sujet des opérations qu'ils auraient subies.
12:46Mais aucun d'eux ne semble vouloir parler du podologue.
12:51« Nous essayions d'obtenir des réponses à nos questions,
12:55mais les patients se mettaient en colère.
12:57C'était incompréhensible.
12:59Ils semblaient tous très loyaux envers le Dr. Maikos. »
13:06Plusieurs semaines s'écoulent,
13:07mais aucun patient ne souhaite discréditer Ronald Maikos.
13:12« C'était très frustrant.
13:15Nous retournions sans cesse à notre liste de clients
13:17pour trouver quelqu'un qui voudrait nous parler.
13:20Mais à chaque fois, nous nous retrouvions face à un mur.
13:24Il est possible qu'un individu ayant volontairement fraudé
13:28des millions de dollars n'en soit pas tenu responsable
13:32et ne soit pas inculpé pour son délit.
13:34Tel était notre problème. »
13:40Il s'avère que le docteur a une longueur d'avance sur les agents.
13:46Lorsqu'il apprend que les enquêteurs contactent ses patients,
13:49il décide d'en faire de même.
13:53« Il a été très consciencieux.
13:56Il voulait savoir exactement qui étaient les enquêteurs
13:59et ce qu'il leur demandait. »
14:02« On jouait au chat et à la souris.
14:04Ronald Maikos n'était pas le genre d'homme
14:06à rester les bras croisés.
14:07Ce qu'ils s'acharnaient à faire
14:09s'apparenter à de la contre-surveillance. »
14:13Il rend visite à chacun de ces patients
14:15leur faisant croire que le FBI cherche à les piéger.
14:22Il leur souffle ensuite les répliques
14:24qu'ils devraient adresser aux agents.
14:27Il va même jusqu'à leur fournir un script.
14:32Il leur avait donné des instructions détaillées
14:35quant à ce qu'ils devaient nous dire en cas d'interrogatoire.
14:38Des choses du genre « Les incisions qu'il a faites sont tellement fines
14:42qu'elles sont invisibles à l'œil nu. »
14:45Il avait anticipé nos questions
14:46et avait donné à ses patients les réponses correspondantes.
14:51L'estime qu'ils accordent aux podologues joue en sa faveur.
14:58Ils acceptent tous
15:00de lui venir en aide.
15:03Ils étaient proches de lui et prenaient sa défense.
15:06Ils étaient même prêts à mentir
15:07car c'était un homme bon à leurs yeux.
15:12Il leur a demandé de mentir au FBI,
15:16ce qui est un délit.
15:18Et étant donné qu'ils dépendaient d'eux,
15:20qu'ils l'appréciaient,
15:21ils ont accepté.
15:22De leur point de vue,
15:24ils n'avaient aucune raison de douter du bon docteur Michaels.
15:30Il leur raconte
15:31que rien ne les force à coopérer.
15:34Et que s'ils se sentent oppressés,
15:36ils sont en droit de feindre la fatigue
15:38pour éviter de leur répondre.
15:41Il faisait tout ce qui était en son pouvoir
15:43pour entraver l'enquête.
15:45Et il savait que si personne n'acceptait de parler,
15:47le dossier ne tiendrait pas la route.
15:50Mais il ne s'arrête pas là.
15:51Il fait signe à ses patients des affidavis,
15:54listant toutes les opérations
15:56qu'il leur aurait fait subir.
15:58Il construisait un véritable tissu de mensonge.
16:01Il y passait plus de temps qu'à son cabinet.
16:03Il n'exerçait plus la podologie.
16:04La tromperie était devenue son travail.
16:09Ces leçons portent leurs fruits.
16:14À l'arrivée des enquêteurs,
16:16ses clients récitent le script.
16:21Ils les avaient notamment convaincus
16:23de nous dire qu'il était leur ami,
16:25qu'il examinait et soignait leurs pieds.
16:30Et il a ajouté que si rien de tout cela ne marchait,
16:34il devait nous dire qu'ils étaient trop fatigués pour parler
16:36et qu'ils voulaient aller faire une sieste.
16:40Le médecin semble avoir pris l'avantage sur les autorités.
16:44Mais leur insistance et l'absence de revenus
16:47ne sont pas sans conséquences.
16:50À la suspension des paiements,
16:52il n'avait plus d'argent.
16:53Il a alors sombré dans l'alcoolisme.
16:57Mike Os abuse de l'alcool.
16:59Le charme du docteur s'évanouit
17:01à mesure de sa descente aux enfers.
17:05Cela a considérablement influencé sa vie.
17:08Au cours de cette année-là,
17:10il est devenu de plus en plus désespéré.
17:18Ignorant sa maladie,
17:20les agents se concentrent sur leur enquête.
17:25Personne ne souhaite leur confier le secret du podologue.
17:31Et à leur grand désarroi,
17:32la liste des témoins potentiels diminue dangereusement.
17:36Sans compter que de nombreux patients
17:38étaient décédés avant même le début de l'investigation.
17:42D'emblée, il était difficile
17:44de définir le nombre exact de ces clients.
17:47Et avec le temps,
17:49ce nombre s'amenuisait.
17:53Frustrés,
17:54les enquêteurs savent que leur dossier
17:56ne tient qu'à un fil.
18:00Lorsqu'on est convaincu
18:02qu'un individu a volé le gouvernement,
18:08il est très difficile
18:09d'accepter qu'il puisse
18:11ne jamais affronter
18:12les conséquences de ces actes.
18:15J'étais découragée.
18:18Ça me hantait toutes les nuits.
18:22Comment allions-nous le coincer ?
18:27Les agents redoublent alors d'efforts.
18:30Ils décident de se plonger dans le dossier
18:32de ces premiers patients.
18:35Après quelques jours de recherches minutieuses,
18:38ils font une découverte capitale.
18:42Nous avons commencé à étudier
18:45toutes les demandes de remboursement
18:46que le médecin avait soumises à l'assurance.
18:49C'est là que nous sommes tombés
18:51sur cette patiente,
18:53Joyce Branon.
18:55Elle avait la cinquantaine,
18:56plus jeune que ceux
18:58que nous avions rencontrés jusqu'ici.
19:02Son cas nous a intéressés.
19:04Alors, nous avons voulu connaître
19:06son histoire avec le docteur Maïkos.
19:11Elle est non seulement plus jeune,
19:13mais elle a aussi travaillé
19:14dans le milieu médical.
19:18Elle pourrait être le témoin parfait.
19:22Elle avait été infirmière
19:23en soins intensifs.
19:25Elle avait donc des connaissances médicales
19:28ainsi que du respect pour la profession.
19:35L'agent Reyes lui rend visite
19:37à son appartement,
19:38au sous-sol de l'église évangélique
19:40luthérienne Bethany,
19:41au nord de Chicago.
19:43Elle habitait au sous-sol.
19:45Sur sa porte, un panneau disait
19:47« Une personne handicapée vit ici,
19:49merci de votre patience. »
19:51J'ai frappé, elle est arrivée lentement.
19:53Nous avons discuté.
19:54Et j'ai senti que c'était
19:55quelqu'un de très sociable et gentil.
20:00Son état de santé l'a forcé
20:02à prendre sa retraite anticipée.
20:04Très croyante,
20:06elle est maintenant gardienne de l'église.
20:09Elle se souvient du podologue.
20:13Lorsque Reyes lui raconte
20:14qu'il a facturé 70 interventions
20:16à son assurance,
20:18elle est consternée.
20:19« Quand j'ai expliqué à Joyce
20:22ce que Ronald Micos avait fait,
20:24je me souviens qu'elle a levé la main
20:25et dit « Ma chérie,
20:27j'étais infirmière en soins intensifs,
20:29je comprends. »
20:30« Et je n'ai jamais subi ces opérations. »
20:33Elle savait exactement
20:33ce qui s'était passé. »
20:36Joyce Brannon lui confirme
20:37que les déclarations du médecin
20:39sont fausses.
20:40Elle accepte alors de témoigner.
20:42C'est une décision
20:44à l'issue tragique.
20:58L'étau se resserre
21:00autour du docteur Micos.
21:06En décembre 2001,
21:08l'escroc présumé
21:09est à court d'argent.
21:13Il sait que ce n'est
21:14qu'une question de temps
21:15avant que son arnaque
21:16ne soit révélée au grand jour.
21:20Incapable de payer son loyer,
21:22il est hébergé par ses petites amies
21:24aux quatre coins de la ville.
21:29Désespéré,
21:30il contacte ses anciens patients
21:31afin de les convaincre
21:33de ne rien dire aux enquêteurs.
21:38Habile stratégie,
21:39jusqu'à ce qu'il appelle
21:40Joyce Brannon.
21:42bien décidée
21:42à ne pas entrer
21:43dans son jeu.
21:45Il supposait
21:46qu'elle avait reçu
21:47une assignation en justice.
21:48Il lui a donc dit
21:49« Si vous témoignez,
21:50je ne serai plus rien.
21:52Ma famille sera détruite. »
21:54Ce à quoi elle a répondu
21:55« Docteur,
21:56vous devez assumer
21:56vos responsabilités. »
21:59Mais le docteur Micos
22:00n'a pas l'intention
22:01d'abandonner.
22:02Il tente de l'amadouer.
22:05Alors que ses autres patients
22:07avaient accepté
22:08de mentir
22:08et de réciter son script,
22:10Joyce Brannon
22:11a eu l'attitude inverse.
22:12Mais il fallait
22:13qu'il la convainque.
22:14Alors il a continué
22:15de l'appeler,
22:16de l'implorer
22:17en lui parlant
22:18de ses enfants,
22:19du fait que personne
22:20ne s'occuperait d'eux
22:20s'il allait en prison.
22:22Il a fait du mieux
22:22qu'il a pu,
22:23mais rien n'y a fait.
22:26Je pense qu'elle savait
22:28que le docteur Micos
22:29profitait d'elle
22:30et de ses autres clients.
22:32Ce qu'elle réprouvait.
22:34Elle voulait faire
22:35ce qui était juste
22:35en venant témoigner,
22:37car elle savait
22:38que c'était tout
22:38ce qui nous manquait
22:39pour l'inculper.
22:41S'il vous plaît,
22:42Joyce !
22:48Il sait que bientôt
22:49le FBI
22:49viendra frapper
22:50à sa porte.
22:56Il se tourne
22:57vers la bouteille.
22:59Son alcoolisme
23:00et sa pauvreté
23:00commencent à affecter
23:01sa vie privée.
23:07L'image que son entourage
23:10avait de lui
23:11s'est détériorée
23:12à l'instar
23:13de son état.
23:15L'homme bon
23:16et charmant
23:17qui les aidait
23:17au quotidien
23:18s'est transformé
23:19en un individu
23:21dépendant
23:22et instable.
23:26Lors d'une altercation
23:27avec une de ses
23:28petites amies,
23:29le docteur
23:30Mykos
23:30appelle la police.
23:33C'est un geste
23:35qu'il regrettera
23:35longtemps.
23:39À plusieurs reprises
23:41au cours
23:41de cette investigation,
23:43il y a eu
23:44des moments clés.
23:45Pour les enquêteurs
23:47comme pour les procureurs,
23:48cet appel a été
23:49un véritable coup de chance.
23:51Sérindipité.
23:59Le 31 décembre 2001,
24:01la police se rend
24:02à l'appartement
24:03de sa petite amie.
24:09Ils ont calmé le jeu.
24:11Personne n'est allé en prison.
24:13Il n'y avait pas de blessés.
24:14Mais la police se doit
24:15de poser la question suivante.
24:17Êtes-vous en possession
24:18d'une arme ?
24:19Je crois qu'il voulait
24:22incriminer sa compagne,
24:23mais il a dit quelque chose
24:24du genre
24:25« T'en as pas tout un tas
24:26au sous-sol ? »
24:28Les agents sont alors
24:28descendus voir,
24:29mais les armes en question
24:30étaient en fait
24:31celles du docteur Mykos.
24:35La loi stipule
24:36que quiconque
24:37étant en possession
24:38d'une arme à feu
24:38doit détenir un permis.
24:40Le sien ayant expiré,
24:42ses armes
24:43lui sont confisquées.
24:47La police l'a ensuite
24:49informé
24:49qu'il pourrait
24:50les récupérer
24:51dès qu'il leur
24:53présenterait
24:53un permis valide.
24:56Un registre
24:57a été créé
24:58afin d'y répertorier
24:59toutes les armes.
25:01Et ce registre
25:03s'est révélé
25:03être un indice crucial.
25:09Sans plus attendre,
25:11Ronald Mykos
25:12fait établir
25:13un nouveau permis.
25:15Une semaine plus tard,
25:17il se manifeste
25:18au commissariat
25:18de Skokie
25:19afin de recouvrer
25:20son petit arsenal.
25:24Pendant ce temps,
25:25les agents du FBI
25:26poursuivent sans relâche
25:27l'enquête
25:28à son encontre.
25:32Certains
25:32que le témoignage
25:33de Joyce Brennan
25:34confirmera
25:34les activités criminelles
25:36du médecin,
25:37ils lui font parvenir
25:39une assignation
25:40à comparaître
25:40devant un grand jury
25:41le 31 janvier 2002.
25:43« Cela faisait des mois
25:45que nous examinions
25:46toutes sortes
25:47de documents,
25:49que nous essayions
25:50de récolter
25:51des témoignages,
25:52de convaincre
25:53les patients
25:53de se présenter
25:54à la cour.
25:56Nous allions
25:57enfin récolter
25:58les résultats
25:58de tout ce travail. »
26:03Malheureusement,
26:04le 27 janvier,
26:12tout change.
26:14« Une analyste
26:17du bureau
26:18du procureur fédéral
26:19m'a appelée.
26:21Elle m'a dit
26:23« Joyce Brennan
26:25a été tuée
26:26hier soir. »
26:30J'ai répondu
26:31« Comment ça ?
26:33Elle doit venir
26:34témoigner jeudi. »
26:37Au début,
26:38je ne savais pas
26:39quoi penser.
26:40J'étais sous le choc,
26:41en colère
26:43et triste.
26:46Les enquêteurs
26:47savent que Michael
26:48c'est un escroc.
26:51Mais se peut-il
26:52qu'il soit aussi
26:53un tueur de sang-froid ?
26:57Ils analysent
26:58son passé
26:59à la recherche
26:59de preuves
27:00d'un comportement
27:01meurtrier.
27:04Ils comprennent alors
27:05la gravité
27:06de sa toxicomanie.
27:09La DEA,
27:10qui s'occupe
27:11de la lutte
27:11anti-drogue,
27:12nous a communiqué
27:13des rapports
27:14mentionnant
27:14un abus
27:15de substance
27:15sur ordonnance.
27:18Depuis les années 80,
27:20le docteur
27:21profite de son titre
27:22pour se prescrire
27:24certains médicaments.
27:28Comme beaucoup
27:29de dépressifs,
27:30Ronald Michaels
27:30avait recours
27:31à la drogue
27:32et à l'alcool
27:32afin de se soulager
27:34de ses émotions
27:34négatives.
27:36En novembre 2001,
27:38il écrit
27:38dans une lettre
27:39« J'ai perdu mon argent,
27:42la maison
27:42de Lincolnwood,
27:43mon chien.
27:44J'ai grossi.
27:46l'alcoolisme
27:47et la dépression
27:48ont ressurgi.
27:50J'ai touché
27:51le fond
27:51pour la première
27:52fois de ma vie. »
27:55Même si la maladie
27:56et les médicaments
27:57ont pu altérer
27:58son libre arbitre,
28:00les agents
28:01doivent encore
28:01prouver son implication
28:02dans le meurtre
28:03de Joyce Brannan.
28:07Ils obtiennent
28:08la permission
28:08de mettre
28:09le médecin
28:09sur écoute.
28:10« Nous avons épié
28:13ces conversations,
28:15notamment sur son téléphone.
28:16portable. »
28:19Une discussion
28:20entre le podologue
28:21et un ancien patient
28:23prénommé Charles Lobosco
28:24retient leur attention.
28:26« Nous avons remarqué
28:27qu'il avait facturé
28:28à cet homme
28:29plus de 350 opérations
28:31chirurgicales.
28:32Un nombre indécent.
28:33C'en était presque risible. »
28:36Durant la conversation,
28:37M. Lobosco
28:38semble paniquer.
28:39Selon les enquêteurs,
28:40le meurtre
28:41de Joyce Brannan
28:42l'inquiète.
28:45« Ça va pas du tout,
28:46Ron.
28:47Vous feriez mieux
28:48de passer aux aveux
28:49parce que moi,
28:50je n'irai pas en prison.
28:51Je sais. »
28:54M. Lobosco
28:55était contrarié.
28:56Il avait lu dans le journal
28:57qu'on avait tué Joyce.
28:58Il ne comprenait pas
28:59ce qui se passait.
29:02« Je ne veux pas faire
29:03une attaque.
29:05Je ne veux plus rien
29:06avoir à faire là-dedans,
29:07Ron.
29:07Une femme est morte. »
29:10« D'accord. »
29:13Charles Lobosco
29:16a imploré le docteur
29:17Maïkos
29:18de dire la vérité.
29:19D'avouer
29:20ce qu'il avait fait.
29:23Il était visiblement
29:24bouleversé.
29:25On aurait cru
29:26qu'il allait pleurer.
29:28Il avait l'air
29:29désemparé.
29:30« Ce que j'essaie
29:32de vous dire,
29:33c'est que si vous avez
29:35une once de conscience,
29:37une once de morale,
29:39arrangez tout ça
29:40parce que je suis
29:41trop malade.
29:43Je m'en charge.
29:45Mon cœur va lâcher.
29:47Je m'en charge, Chuck.
29:48Ok ?
29:49Je n'en peux plus. »
29:54La réaction
29:55de Ronald Maïkos
29:56face à Charles Lobosco
29:59était dure.
30:00à entendre.
30:02Il était méprisant.
30:05Il n'avait pas l'air
30:06d'avoir la moindre
30:06compassion pour son patient,
30:09son ami,
30:09qui le suppliait
30:11de faire ce qui était juste.
30:13« Je m'en charge. »
30:15« Mon cœur va lâcher. »
30:16« Je m'en charge, ok ? »
30:19Les agents ignorent le rôle
30:21que joue Charles Lobosco
30:22dans cette histoire.
30:24Mais ce coup de fil
30:25leur prouve
30:26que le docteur
30:26est le meurtrier.
30:29« Les doutes
30:30qu'on avait
30:30quant à sa culpabilité
30:32se sont dissipés.
30:32On tenait le responsable.
30:34Il ne restait plus
30:35qu'à l'appréhender. »
30:38Une semaine après la mort
30:39de Joyce Branon,
30:41la police arrête
30:41Ronald Maïkos
30:42pour meurtre
30:44au premier degré.
30:46« Nous savions
30:48qu'il avait bu
30:48les jours précédents
30:49son arrestation
30:51ainsi que le jour même
30:53où il a été arrêté. »
30:58Le podologue
30:59est placé
31:00en garde à vue.
31:01Mais le plus dur
31:02est encore à venir.
31:07Les autorités
31:08ont besoin
31:08de témoignages
31:09leur confirmant
31:10son statut d'escroc
31:11ainsi que de tueur.
31:13« Pour tout ce qui était
31:15de la partie arnaque
31:16de l'affaire,
31:17nous avions
31:17des preuves tangibles.
31:19Mais pour la partie meurtre,
31:21les preuves
31:21en notre possession
31:22étaient indirectes.
31:25La police se tourne
31:27d'abord
31:27vers Charles Lobosco.
31:29Lors de son interrogatoire,
31:32il fait un aveu
31:33bouleversant.
31:35« Charles Lobosco
31:36et Ronald Maïkos
31:37avaient passé
31:38un accord
31:38avec Ronald Maïkos.
31:43Charles Lobosco
31:44l'autorisait
31:45à demander
31:45des remboursements
31:46à son assurance
31:49en échange
31:50d'un pourcentage
31:51des sommes
31:51que le docteur percevait
31:52suite à ses réclamations. »
31:58Il leur confie
31:58avoir voulu
31:59mettre fin
31:59à cet accord
32:00à la mort
32:01de Joyce Branon.
32:03Mais selon lui,
32:04rien ne prouve
32:05que le docteur Maïkos
32:06est bel et bien
32:07l'auteur du crime.
32:09Bien que son témoignage
32:10permette aux enquêteurs
32:11d'inculper le docteur
32:12pour fraude,
32:14les preuves
32:15manquent cruellement
32:16pour l'accusé
32:17du meurtre
32:18de la gardienne.
32:21« Nous n'avions trouvé
32:23ni cheveux
32:24ni fibres
32:24de tissu.
32:26Il n'y avait
32:26aucune empreinte
32:27pouvant lier
32:28quiconque
32:29à cet homicide.
32:32Avec toutes les séries
32:33télévisées
32:34qu'il y a de nos jours,
32:35les jurés
32:35veulent voir
32:36des preuves ADN,
32:37des empreintes digitales.
32:39Et ils ont raison,
32:40ce sont des preuves tangibles
32:42et donc concluantes.
32:43Une empreinte sur l'arme
32:45du crime
32:45trouvée dans la poche
32:46du suspect
32:47aurait été une preuve
32:48en soi.
32:49Malheureusement,
32:49nous n'avions rien
32:50de tel.
32:52Les enquêteurs
32:53tentent alors
32:53une nouvelle approche.
32:55Ils fouillent
32:56le véhicule
32:56de Maïkos
32:57à la recherche
32:58d'indices
32:58le liant au meurtre
32:59de Branon.
33:01La voiture
33:01était une véritable épave.
33:04Elle était remplie
33:05de papiers,
33:05de déchets.
33:06On aurait presque cru
33:07qu'il y vivait.
33:09Dans la boîte à gants,
33:11la police trouve
33:11une piste.
33:13Des notes manuscrites
33:15laissant supposer
33:15que le podologue
33:16s'est renseigné
33:17sur l'église
33:17où vivait
33:18Joyce Branon
33:19quelques jours
33:20avant sa mort.
33:21Comme pour beaucoup
33:22d'églises,
33:23il y avait un panneau
33:24à l'extérieur
33:25indiquant les différents
33:26horaires de messe
33:27et le numéro
33:28de téléphone.
33:29Le docteur Maïkos
33:30avait écrit
33:30toutes ces informations
33:31sur un morceau de papier.
33:33La conclusion
33:34quant aux raisons
33:34qui l'avaient poussé
33:35à faire ça
33:36est rapidement
33:37devenue évidente.
33:38Il n'avait pas pris
33:38ses notes par hasard.
33:41Dans la voiture,
33:42se trouvent aussi
33:43les scripts
33:44détaillant les réponses
33:45des patients
33:45aux questions
33:46des enquêteurs
33:47destinées à les induire
33:48en erreur.
33:49Mais l'indice
33:50le plus compromettant
33:51reste à venir.
33:53Il y avait des douilles
33:55de balles
33:55dans la portière
33:57du conducteur.
33:58Elles correspondent
34:00à une arme
34:00de calibre 22.
34:04du même type
34:05que celles
34:05ayant tué
34:06Joyce Brannon.
34:09Ronald Maïkos
34:11était donc
34:12en possession
34:12d'un revolver
34:13conforme
34:14à l'arme
34:14du crime.
34:17difficile de ne pas
34:19en conclure
34:19qu'il était
34:20le meurtrier.
34:21On avait
34:21les scripts
34:22le papier
34:23avec les informations
34:24de l'église
34:26puis les douilles.
34:28Avec ce genre
34:28de preuves
34:29il y a de quoi
34:29monter un dossier
34:30solide.
34:32L'enquête
34:33touche bientôt
34:34à sa fin
34:34mais une preuve
34:35majeure
34:36reste introuvable.
34:37L'arme
34:38du meurtre
34:39de l'infirmière.
34:42Nous étions
34:43très inquiets.
34:44La cour
34:45exigeant
34:46des indices
34:46probants
34:46nous doutions
34:48que les preuves
34:48indirectes
34:49soient suffisantes
34:50pour l'accuser.
34:51Si le revolver
34:53reste dans la nature
34:54le docteur
34:55Maïkos
34:56ne sera pas
34:56inquiété.
35:04Janvier 2002
35:06La police
35:07est à la recherche
35:08de l'arme
35:09de calibre 22
35:09ayant tué
35:10la gardienne
35:11d'église
35:11Joyce Brannan.
35:15Elle fouille
35:16une installation
35:17d'entreposage
35:18que loue
35:18leur suspect
35:19principal
35:19le docteur
35:20Ronald Maïkos.
35:22La police
35:23découvre
35:24un stock d'armes
35:25mais le calibre
35:3022
35:30ne s'y trouve pas.
35:31Il semble
35:32que le revolver
35:33qui a provoqué
35:34la mort
35:34de l'infirmière
35:35se soit
35:36volatilisé.
35:40Mais parmi
35:41les affaires
35:43la police
35:44déniche
35:44la preuve
35:45pouvant
35:45enfin résoudre
35:46l'enquête.
35:48Le meurtre
35:49parfait
35:49n'existe pas
35:50pour la bonne
35:50raison
35:51que tout le monde
35:52fait des erreurs.
35:53On ne peut pas
35:54penser à tout.
35:56Nous sommes
35:57tombés
35:57sur un reçu
35:58provenant
35:58d'un commissariat
35:59de police
36:00locale
36:00sur lequel
36:02étaient répertoriés
36:03plusieurs objets.
36:06Un mois plus tôt
36:07la police
36:08de Skokie
36:09lui confisquait
36:09son arsenal
36:10suite à une querelle
36:11avec sa compagne.
36:14Le reçu
36:15lui avait été délivré
36:16lorsqu'il était venu
36:17le récupérer.
36:20un revolver
36:21de calibre 22
36:22était mentionné
36:24sur une des pages
36:26nous avons alors
36:27pu faire le lien
36:28entre cette arme
36:29et Ronald
36:29Micos
36:32les autorités
36:33cherchent des
36:34correspondances
36:35avec les armes
36:36de son installation
36:36d'entreposage
36:38tout son arsenal
36:40y était
36:40il ne manquait
36:41qu'une chose
36:41le calibre 22
36:43l'arme du crime
36:46les enquêteurs
36:47pensent que le docteur
36:48Micos
36:49s'en est débarrassé
36:50après le meurtre
36:51de Joyce Branon
36:52mais ils doivent encore
36:53le prouver
36:53à la cour
36:54Dans une enquête
36:56les éléments manquants
36:58sont aussi importants
36:59que ceux
36:59en notre possession
37:0419 avril 2005
37:07le docteur
37:09Ronald Micos
37:10est jugé
37:10pour fraude
37:11et meurtre
37:11au premier degré
37:12de l'infirmière
37:13retraitée
37:13de 54 ans
37:14Joyce Branon
37:15s'il est reconnu
37:17coupable
37:18il sera condamné
37:19à mort
37:19par injection létale
37:23C'est dur
37:24de mettre des mots
37:25sur ce que l'on ressent
37:26en tant qu'enquêteur
37:29lorsqu'on sait
37:29qu'un verdict
37:30peut entraîner
37:31la mort de quelqu'un
37:32c'est une responsabilité
37:35énorme
37:38Nous devions
37:39à la famille de Joyce
37:40de lui rendre justice
37:42cela nous tenait
37:43à coeur
37:44et nous espérions
37:45que le jury
37:46prendrait la bonne décision
37:51Lors du procès
37:52les procureurs
37:53exposent les preuves
37:54et présentent
37:55la chronologie
37:56des événements
37:56s'achevant
37:57par le meurtre
37:58de Joyce Branon
38:00Ils expliquent
38:02la coïncidence
38:02entre la déchéance
38:03du podologue
38:04et la suspension
38:05de ses paiements
38:06par l'assurance
38:07lors de l'enquête
38:08Il était maître
38:10de tout
38:11donc lorsqu'il a perdu
38:13le contrôle
38:14de sa vie
38:14tout pouvait arriver
38:17Le docteur
38:18commence à abuser
38:19de l'alcool
38:20Sa vie sociale
38:21se détériore
38:23à mesure que
38:25les enquêteurs
38:25gagnent du terrain
38:26Ses relations
38:28avec ses compagnes
38:29en pâtissaient
38:30Il était devenu
38:31obsédé par les enquêteurs
38:34appréhendait
38:35leurs faits et gestes
38:36Il était décidé
38:37à ne pas aller
38:38en prison
38:38pour fraude
38:39Et la seule
38:41et unique personne
38:42qui lui barrait la route
38:43selon lui
38:44c'était
38:45Joyce Brannon
38:48Le podologue
38:49le plus brillant
38:49de tout l'état
38:50était alors
38:51un homme désespéré
38:52courant à la ruine
38:53et il pensait
38:54que la solution
38:55était de commettre
38:56ce crime abominable
39:04Les jours précédents
39:05le meurtre
39:06Ronald Micos
39:07se renseigne
39:07sur l'église
39:08de Joyce Brannon
39:09afin de choisir
39:10le moment
39:10pour passer à l'acte
39:12En passant devant
39:15il avait noté
39:16les horaires
39:16des messes
39:17du dimanche
39:18ainsi que
39:19des informations
39:19indiquant la présence
39:21d'autres personnes
39:22à l'église
39:26Le 27 janvier
39:27au soir
39:28le docteur
39:29décide
39:29de saisir
39:30sa chance
39:32La nuit du meurtre
39:33il avait son téléphone
39:35portable
39:36et lorsque l'appareil
39:37est allumé
39:37il envoie des données
39:39à des installations
39:39de télécommunications
39:41cela nous a permis
39:43de localiser
39:44le signal
39:44émis par l'appareil
39:45de Ronald Micos
39:46ce soir là
39:47Il n'avait pas
39:49quitté l'état
39:50il était dans le coin
39:52il était même
39:53à l'église
39:56Il gare sa voiture
39:58et contourne
39:59le bâtiment
40:00pour accéder
40:00à la loge
40:01de Joyce Brannon
40:04Lorsqu'il est arrivé
40:05chez elle
40:05il a dû voir
40:06que la porte
40:06était ouverte
40:07il n'avait plus
40:08qu'à entrer
40:11Il a pénétré
40:13dans l'appartement
40:13de Joyce Brannon
40:16dans lequel
40:17il a dû tourner
40:18un moment
40:18avant de la trouver
40:23Il savait que
40:24son état de santé
40:25l'empêcherait
40:25de riposter
40:27Lorsqu'il est entré
40:28elle était à sa merci
40:29elle était condamnée
40:32Dans le salon
40:33le médecin tombe
40:34sur sa proie
40:36Elle était handicapée
40:38donc elle restait
40:39assise dans son fauteuil
40:44Ce qui m'afflige
40:45le plus
40:46c'est qu'elle était
40:48incapable
40:48de se défendre
40:50Elle n'aurait même
40:50pas pu l'attendre
40:55Il vide son barillet
40:56sur l'infirmière
40:57encore assise
41:00Il ne s'est pas contenté
41:02d'une seule balle
41:03Il a utilisé
41:04toutes celles
41:05qu'il avait
41:05pour s'assurer
41:06qu'elles seraient mortes
41:08La dernière balle
41:09est tirée à bout
41:10portant dans la nuque
41:14La rage
41:16avec laquelle
41:17il a commis
41:17ce meurtre
41:19se ressentait
41:20dans la scène de crime
41:22L'excès
41:22dont il a fait preuve
41:23reflétait
41:24sa détermination
41:25et son manque
41:25total de compassion
41:26vis-à-vis
41:27de Joyce Branham
41:29C'était une exécution
41:30Il a été impitoyable
41:33et n'a montré
41:34aucune hésitation
41:38Tirer six fois
41:39à bout portant
41:40sur une dame infirme
41:42encore assise
41:43dans son fauteuil
41:46est un crime
41:46d'une violence inouïe
41:49A ce jour
41:50je ne comprends
41:51toujours pas
41:52ce qui lui a pris
41:55d'agir d'une manière
41:56aussi radicale
42:00Une fois sa tâche
42:02accomplie
42:03Ronald Meikos
42:04tente de brouiller
42:05les pistes
42:08Suite à l'homicide
42:09il a eu la présence
42:10d'esprit
42:11de semer
42:11un semblant
42:12de chaos
42:12sur la scène
42:13de crime
42:13en renversant
42:15une bibliothèque
42:19C'était le travail
42:22d'un homme
42:23qui vivait
42:23dans l'illusion
42:24de sa grandeur
42:24de son pouvoir
42:26de contrôle
42:28à tel point
42:28que son geste
42:29lui a été plus néfaste
42:31qu'autre chose
42:34Lorsque le jury
42:35prononce le verdict
42:36il est unanime
42:37le docteur
42:38Ronald Meikos
42:39est reconnu coupable
42:40de meurtre
42:41au premier degré
42:42Quand les jurés
42:44l'ont déclaré coupable
42:45des deux chefs
42:46d'accusation
42:48j'ai ressenti
42:49un grand soulagement
42:51J'étais reconnaissante
42:52de la décision
42:53qu'ils avaient prise
42:56Je ne saurais décrire
42:57le sentiment
42:58que j'avais
42:59d'être présente
43:01lors du verdict
43:03Je n'arrêtais pas
43:04de penser
43:05à la mère de Joyce
43:05qui était toujours en vie
43:08qui a dû souffrir
43:09du meurtre
43:10de sa fille
43:12et qui a pu voir
43:13une partie
43:13de ce cauchemar
43:14se terminer
43:16C'était très satisfaisant
43:18mais triste
43:19que cela ait pris
43:20de telles proportions
43:24Ronald Meikos
43:25se voit condamné
43:26à la peine capitale
43:27pour sa cruauté
43:28envers un témoin fédéral
43:31La loi de l'Illinois
43:33le conduit
43:33dans le couloir
43:34de la mort
43:35S'il n'avait pas tué
43:36Joyce Brannon
43:37s'il n'avait été
43:39reconnu coupable
43:40que de fraude
43:40il aurait été condamné
43:42à trois ans de prison
43:43pas un de plus
43:44Il serait sorti
43:45au bout de sa peine
43:46Il aurait perdu son travail
43:48certes
43:48mais ce serait
43:49un homme libre
43:53Au lieu de cela
43:54il attend patiemment
43:56la mort
43:57par injection létale
44:01Il n'aurait jamais dû
44:02commettre ce crime
44:12Trois ans de prison
44:13aurait suffi
44:16Aux yeux de ses patients
44:18le docteur Ronald Meikos
44:20était un médecin respecté
44:22ainsi qu'un ami
44:23mais sa cupidité
44:25et sa soif de contrôle
44:27l'ont poussé
44:28sur une voie sombre
44:29et sans retour
44:32Alors que son statut
44:34lui permettait
44:34d'aider ses patients
44:37il en a abusé
44:38pour profiter d'eux
44:40à chaque fois
44:41qu'il en avait l'occasion
44:45Les membres du corps médical
44:47sont des piliers
44:48de notre communauté
44:49tout le monde sait
44:50qu'ils sont dignes
44:50de confiance
44:51mais les actes
44:52de certains
44:52ébranlent notre foi
44:53en la profession
44:56Ce qu'il a fait
44:57était lâche
44:59Il voyait en Joyce
45:00une menace
45:02Elle voulait
45:03que la vérité
45:03soit rétablie
45:04éviter de mentir
45:05faire ce qui était juste
45:07et il s'est senti attaqué
45:09C'était le geste
45:11de quelqu'un de faible
45:19Ronald Meikos
45:22a voulu régler
45:23une situation
45:24dont le contrôle
45:25lui échappait
45:26Il voulait récupérer
45:27sa vie
45:28Au lieu de ça
45:29il a commis
45:30le meurtre affreux
45:30d'une personne
45:31innocente et vulnérable
45:33C'est une véritable
45:34histoire d'horreur
45:35de la vie
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