Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bonsoir à tous et bienvenue, on va revenir aussi ce soir sur la disparition de la première star de télé
00:06-réalité en France, Loana.
00:07Sa mort a beaucoup ému et elle continue à faire beaucoup réagir. On va en parler avec nos invités.
00:13Bonsoir Jordan Deluxe.
00:14Bonsoir.
00:15Animateur bien connu sur W9. Une question, vous l'avez interviewée et rencontrée à combien de reprises Loana ?
00:20Pratiquement trois ou quatre fois je crois.
00:22Et la dernière remonte ?
00:23Il y a deux ans si je ne me trompe pas.
00:24Il y a deux ans et on en a ressorti un extrait de l'une de vos interviews, un extrait
00:29très intéressant.
00:31On accueille également Laurent Valdigui, journaliste d'investigation.
00:34Bonsoir Laurent. On est avec François Jost. Bonsoir à vous.
00:37Vous avez écrit L'Empire du Loft. Vous avez analysé, décortiqué ce phénomène.
00:42Bonsoir Dylan Slamat, avocat pénaliste. Et bonsoir à vous Joseph Agostini.
00:47Bonsoir.
00:48Psychologue, clinicien, psychanalyste.
00:52On va faire le point évidemment dans un instant. D'abord quand même, on en sait plus Laurent sur les
00:57circonstances de la mort de Loana.
01:00Sa mort qui serait, selon les premiers éléments de l'enquête, liée à une chute en arrière.
01:04C'est ça Julie. C'est-à-dire les pompiers sont arrivés, ils ont été prévenus par une voisine.
01:10Hier vers 18h, ils ont eu du mal à rentrer dans le petit appartement de la rue Gounod, sur les
01:15hauteurs de Nice où habitait Loana.
01:19Apparemment, la porte était fermée de l'intérieur. Il y a une enquête. L'appartement a été mis sous scellé,
01:23Julie.
01:24Donc les enquêteurs vont essayer d'établir si quelqu'un a pu rentrer et sortir.
01:27En tout cas, il était fermé et quelque chose coincé.
01:30Peut-être Loana elle-même et le parquet dans un communiqué a fait état d'une autopsie étant en cours.
01:37Mais d'équimose, à l'arrière du crâne, au niveau des lombaires, ce qui fait penser à ce stade à
01:43une chute en arrière.
01:45Alors il y a une autopsie, des analyses toxicologiques.
01:48Apparemment, le décès remontrait à plusieurs jours, peut-être une dizaine de jours.
01:52Et les pompiers ont aussi découvert dans l'appartement le petit chien de Loana qui était mort lui aussi.
01:57Décédé lui aussi dans l'appartement.
02:00Ce sont les voisins qui se sont inquiétés au bout d'un moment de ne plus la voir et qui
02:03ont aussi été interpellés visiblement par une forte odeur qui se dégageait de l'appartement.
02:08Jordan Deluxe, comment vous avez réagi quand vous avez appris non seulement le décès de Loana mais les circonstances tragiques
02:15de sa mort ?
02:17Super triste. J'étais sur le plateau de Cyril Alunas sur W9 et en fait je l'ai su à
02:22la pub.
02:23Valérie Benahim qui m'a posé une question, qui m'a interpellé, qui m'a dit
02:26« Mais tu connaissais Héril qui était son meilleur ami et qui était le souci aussi d'Elvis Presley ?
02:31»
02:31Et je lui ai dit « Bah oui, mais t'as son numéro parce qu'il y a un truc
02:34bizarre sur Loana. »
02:35Et là j'ai compris que c'était grave quand j'ai essayé de l'appeler.
02:37Il m'a dit « Je ne peux pas te parler, ça ne va pas du tout. »
02:40J'ai vraiment été sonné, j'ai pris une claque dans la gueule.
02:43Parce qu'en fait, on a beaucoup dit « Oui, ça va arriver. »
02:46« Oui, ça ne va pas. »
02:47Et en fait, elle se remettait toujours.
02:48Vous avez dit « Oui, ça va arriver. »
02:50Depuis combien d'années ?
02:51Je vais vous demander à tous les journalistes, ils vont vous dire
02:53« Oui, on sentait que ça partait, que des fois il y avait des incohérences dans sa façon de parler.
02:58»
02:58Même elle, quand elle le disait, moi je lui ai posé une question en interview,
03:00je lui ai dit « Vous n'allez pas faire de bêtises. »
03:03Alors là, en l'occurrence, c'était en l'occurrence ses tentatives de suicide.
03:06Je crois que c'est au nombre de neuf.
03:07Neuf tentatives de suicide.
03:09Elle n'arrivait pas à répondre là-dessus.
03:10Elle me disait « Je ne peux pas te dire que non, je ne vais pas en refaire une. »
03:13Donc il y a ça.
03:14Bon alors là, apparemment, ce n'est pas ça.
03:15On verra après avec ce qui va se passer.
03:17Mais voilà, oui, je pense qu'on savait tous qu'un jour ça arriverait.
03:20Et quand ça arrive, ça fait super mal.
03:22Et c'est tout le paradoxe.
03:23Parce qu'on entend effectivement ceux qui l'ont rencontrée, qui la connaissaient un peu,
03:27dire « On savait qu'elle allait mal, mais elle est morte seule. »
03:30Et visiblement, elle gisait là depuis plusieurs jours.
03:34Mais elle était seule, Loana.
03:35Je veux dire, en plus, ça commence à être extrêmement énervé.
03:37Il y a deux énergumènes, un Jérémy et une Sylvie.
03:42Je ne vais pas aller plus loin dans les noms de famille.
03:43Mais qui s'amusent à dire « Voilà, nous on en a eu un. »
03:46Qui se présentent comme des très proches, c'est ça ?
03:47Oui, les très proches.
03:48Arrêtez les très proches, quoi.
03:49Fermez vos gueules, quoi.
03:50Ce n'est pas possible.
03:51On ne peut pas entendre ça.
03:52Pourquoi ?
03:53Hier, on a eu un truc hallucinant.
03:55Une certaine Sylvie qui nous dit « Je l'ai eu hier au téléphone. »
03:58Alors qu'on apprend après 15 minutes plus tard que…
04:01Elle n'avait pas de téléphone.
04:01Elle n'a pas de téléphone.
04:02Et puis en plus, ça fait apparemment une semaine et quelques qu'elle est décédée.
04:07Non, mais ça suffit, quoi.
04:08Il y a des espèces d'horreurs autour de Loana.
04:11Mais comment vous l'analysez ?
04:12Ce sont des gens qui gravitaient autour d'elle et qui voulaient se nourrir un peu ?
04:16Des nobody, des gens qui ont très peu de notoriété.
04:19Dès qu'ils sont auprès d'une personne qui est un peu connue,
04:21« Ah bah oui, je suis là, je la connais, je l'adore. »
04:23Et puis alors, ça arrive, c'est toujours « C'était ma meilleure amie, machin. »
04:26Mais alors, il n'y a personne.
04:27Elle est décédée depuis une semaine, il n'y a personne.
04:29Moi, ça me rend fou, quoi.
04:30Alors, je vois les hommages, les trucs.
04:32Là, c'est pareil.
04:33Le jeune homme qui prétend être son meilleur ami ou je ne sais quoi,
04:38qui poste une story en disant « Oh, j'aurais préféré qu'on parle de moi pour autre chose.
04:42Mais bon, voici toutes les unes qu'on a faites parce qu'il avait dit que c'était son amie.
04:46»
04:46Non, mais arrêtez, quoi.
04:47Elle en souffrait de cette solitude, finalement.
04:51Elle souffrait de cette solitude.
04:52Et surtout, il y avait des gens qui venaient s'engouffrer là-dedans.
04:55Parce que c'était très bien.
04:56Pour vous donner un ordre d'idée, Loana, j'ai dû l'avoir peut-être quatre fois dans ma vie.
05:00Je l'ai reçu en interview.
05:01La première fois que je l'ai reçu, je regardais les textos.
05:03Elle m'a renvoyé « Merci, Jordan, je t'aime ».
05:05Je venais juste de l'interviewer.
05:06« Je t'aime ».
05:07C'est très fort, je t'aime.
05:08C'est pour vous dire à quel point elle l'absorbait.
05:10C'était une éponge, Loana.
05:12Donc, elle vous voyait, vous vous trouvez gentille.
05:13Vous lui donniez un petit peu.
05:15Et donc, du coup, c'est pour ça qu'elle s'est entourée aussi de personnes extrêmement nauséabondes.
05:18Et on se rend compte, en effet, elle est morte toute seule.
05:20Parce qu'en fait, les gens qui étaient autour d'elle,
05:23à part, elle a peut-être deux amis.
05:24C'était Héril, le fameux sosie.
05:26Et puis, Laurent Amard, qui était assez proche d'elle.
05:28Mais tout le reste, il n'y avait rien du tout.
05:30Elle était toute seule.
05:31Mais par contre, dès qu'il y avait des photos à faire, un festival de Cannes,
05:33là, il y avait du monde.
05:34Ça débarquait, machin.
05:36Bien sûr, c'est ma meilleure amie.
05:37On s'adore et tout.
05:38Puis là, ça va courir les plateaux.
05:40Or, vous voyez, par exemple, Héril, qui était très proche d'elle.
05:43Moi, je dis au téléphone, il ne peut même pas faire un plateau télé.
05:45Tellement il est triste.
05:47Donc, voilà, ça en dit long aussi sur les gens qui étaient autour d'elle.
05:50L'environnement qui gravitait autour d'elle.
05:54Vous l'avez interviewé à plusieurs reprises.
05:56On a ressorti un extrait qui date de 2022, donc il y a quatre ans.
06:00Très intéressant parce qu'il se pose beaucoup de questions maintenant
06:05sur le phénomène Loana.
06:07Est-ce que c'est la télévision ?
06:08Est-ce que c'est le monde médiatique qui a tué, in fine, cette star de la télé-réalité ?
06:14Écoutez ce qu'elle disait sur votre plateau,
06:17sur la façon dont elle, elle a vécu ce moment de gloire dans sa vie.
06:20On écoute.
06:22Je suis une icône.
06:23Une icône.
06:23Une icône.
06:24Une icône de quelque chose.
06:26Je ne peux être que fière.
06:27Et puis de toute manière, c'est la télé-réalité qui m'a sortie de là où j'étais.
06:31C'est la télé-réalité qui a changé ma vie.
06:33Et pourquoi en avoir honte ?
06:35Puisque maintenant, c'est ce qu'est le nouveau monde.
06:39Donc non, on n'est pas chanteur.
06:42On n'est pas, je veux dire, acteur.
06:45Et non, on vient de la télé-réalité.
06:46Et alors, ce n'est pas une honte.
06:47C'est ça qui est frappant.
06:48À l'heure où on a ces débats sur la télé-réalité, la télé l'a peut-être tuée, la
06:52télé l'a peut-être tuée tout court.
06:54Elle, elle dit, mais non, moi, j'étais fière d'avoir participé à ce jeu et ça m'a fait
06:57du bien.
06:58Ah oui, ça lui a fait du bien.
06:59Mais sincèrement, je pense qu'elle était très fière d'avoir fait cette émission.
07:02Elle adorait.
07:02Moi, la première fois que je l'ai reçue, je lui ai dit, vous vous rendez compte ?
07:05Il y a Loana en face de moi.
07:06Je lui parlais comme si elle n'était pas là.
07:07Elle me dit, ben ouais, c'est moi Loana.
07:08Tout le monde me connaît.
07:09Elle était très heureuse.
07:10Elle était super fière.
07:11Et elle adorait faire les plateaux.
07:13Elle a beaucoup fait de plateaux avec Cyril.
07:15Elle adorait ça.
07:16Chaque fois qu'elle faisait un plateau, elle venait, elle me renvoyait un message.
07:19Je suis contente.
07:19Elle avait besoin d'exister dans la lumière.
07:21Voilà, c'était la première.
07:23Ce n'est pas facile.
07:23Elle a essuyé les plates de beaucoup de personnes qui, maintenant, savent comment faire.
07:27Et parce qu'il y a aussi beaucoup de gens qui jouent.
07:29Vous savez, dans la télé réalité, il y a des gens qui savent très bien jouer à la comédie et
07:31tout ça.
07:32Le problème, c'est que Loana, elle jouait juste avec personne.
07:35C'était elle et son cœur.
07:36Et c'était une gentillesse, quoi.
07:38Franchement, c'est une bonté.
07:39Et vous voyez, c'est marrant parce qu'on parlait aussi, elle a fait de la pub pour des marques.
07:43Elle a fait de la pub sans la cité pour la Halle, qui est une pub.
07:47Voilà, elle n'a pas fait pour Chanel ou je ne sais quoi.
07:48Elle a fait pour, voilà, et c'est une marque pour les gens qui, voilà, des revenus modérés.
07:56Et voilà, c'était ça, Loana.
07:57Elle ne cherchait pas à péter plus haut que son cul.
07:59Elle était juste, voilà, une fille qui venait de rien, était arrivée à un stade incroyable.
08:04Tout le monde la connaissait, quoi.
08:05Et elle n'était pas au-dessus de ce qu'elle était.
08:06Mais elle avait un rapport particulier à la célébrité.
08:10Vous disiez, elle avait ce besoin de s'en nourrir aussi.
08:14Ça la portait.
08:15Elle avait besoin de ça parce qu'en fait, dès que la notoriété s'arrêtait, dès que les projecteurs s
08:19'arrêtaient, Loana, elle s'éteignait en fait.
08:22C'est une petite bougie.
08:23Elle avait besoin de cet oxygène.
08:24Et son oxygène, c'était les caméras.
08:26C'était qu'on s'intéresse à elle.
08:27Et c'est vrai qu'on pouvait le voir dans les interviews.
08:29Dès qu'on faisait une interview avec elle, elle sortait des petites choses, des fois des incohérences.
08:33Mais parce qu'elle savait que ça allait rebondir.
08:35Et que derrière, il y avait une ou deux semaines où on allait parler d'elle.
08:38Elle aimait ça.
08:38Elle parlait librement aussi de sa descente aux enfers.
08:43Il y a eu un point de bascule avec Loana.
08:48Et notamment des problèmes de santé qu'elle a pu avoir.
08:51Elle en parle très librement sur votre plateau.
08:53On en a sorti un autre extrait.
08:54Là encore, ça date d'il y a quatre ans, en 2022.
08:58C'est quand on m'a diagnostiqué que j'étais bipolaire.
09:00Bipolaire, oui.
09:01Voilà, et c'est les médicaments qui m'ont fait prendre de la rétention d'eau.
09:03D'accord.
09:03Donc ce n'est que de la rétention d'eau, en fait.
09:05Oui, c'était que de la rétention d'eau.
09:06D'accord, ok.
09:07Donc quand le traitement s'est arrêté, ça vous a aidé aussi ?
09:09Non, mais il ne fallait pas que j'arrête mon traitement, puisque c'est une maladie.
09:12Je gère très bien ma maladie, maman.
09:14D'accord.
09:14C'est comme quelqu'un qui est, comment on dit ça, diabétique.
09:17Oui.
09:18Il met son insuline.
09:20Bien sûr.
09:20Moi, je suis bipolaire, je gère avec mes médicaments.
09:22Est-ce que ça a été jusqu'à l'hôpital psychiatrique ?
09:25Oui, bien sûr.
09:26J'en ai fait plusieurs.
09:27J'en ai fait quatre.
09:29Elle en parlait très librement.
09:30Tout le temps, oui.
09:32Mais ça faisait même flipper.
09:33C'est-à-dire que nous, quand on l'a reçu, le dernier plateau que j'ai fait avec elle,
09:37on lui avait pris un petit hôtel.
09:39J'ai été dîner avec elle.
09:40Je lui ai dit quand même, il y a Loana qui est là, je vais dîner avec elle.
09:42Elle avait un sac plein de médicaments.
09:44Elle m'expliquait qu'en fait, elle prenait des plaquettes entières.
09:47Je crois que c'était de l'exomine, je ne sais pas, un calme très fort pour dormir.
09:50Et en fait, ça ne lui faisait plus rien.
09:52C'est-à-dire que même en prenant dans cette plaquette entière, le corps était habitué.
09:55Elle prenait tellement de médicaments qu'elle mélangeait aussi des fois l'alcool.
09:58Du coup, elle s'endormait d'épuisement le matin parce qu'elle pensait toujours à ses cauchemars.
10:03Et puis son enfance qui avait été très complexe, très compliquée.
10:05Et puis alors, l'alcool, c'était un souci.
10:08Elle cachait des fois les marques de thé.
10:12Elle mettait du récar à la place, des trucs qui ressemblaient.
10:15Joseph Agosini, c'est ça qu'il ne faut pas oublier.
10:17C'est qu'il y a évidemment la télévision, le fait qu'elle ait été un peu jetée dans la
10:22gueule du loup,
10:22sans trop de protection.
10:24Mais il y a aussi cette enfance à ne pas mettre de côté.
10:28Une mère absente, avec qui elle n'a renoué que très tardivement.
10:32Un père alcoolique, incestueux visiblement.
10:35C'est ça Loana aussi.
10:37Ce sont des fêlures qui datent de l'enfance aussi.
10:39Oui, mais vous savez, c'est aussi la raison pour laquelle c'est devenu une icône.
10:43C'est-à-dire, à la différence de beaucoup de candidats de télé-réalité,
10:46il n'y avait pas de préméditation chez Loana.
10:48Il y avait quelque chose de l'errance tout de suite qui se lisait.
10:52Et puis ça a été une bombe à retardement.
10:53Moi, ce qui me choque, en tant que psy,
10:55ce n'est pas tant la télé-réalité, le fait qu'elle soit devenue une star,
10:59qu'ensuite elle est dévissée, elle est décompensée.
11:02Tout le monde l'a remarqué.
11:04Personne n'a été étranger à cette descente aux enfers sur les plateaux télé.
11:10Et on a fait comme si c'était comme avant.
11:13Comme si elle était encore cette star flamboyante de la télé-réalité.
11:17alors que, petit à petit, elle devenait, n'ayons pas peur des mots,
11:22une sorte d'épave, quelqu'un qui ne pouvait plus,
11:24quelqu'un qui était dissocié, quelqu'un qui était clochardisé.
11:28Et quelqu'un qui était traité...
11:29Clochardisé, vous dites ?
11:30À un moment donné, c'était ça dont il était question.
11:33Il y a des vidéos d'elle qui circulent où elle promène son chien.
11:35Je trouve que ce qui est...
11:36Voilà, ça, c'est vraiment la part aveugle de notre paysage médiatique.
11:40C'est-à-dire qu'on considère les stars au même titre que les stars déchues.
11:44Vous voyez, c'est un peu la Dalida du pauvre, Loana.
11:47C'est-à-dire que c'est quelqu'un dont on s'est moqué ouvertement sur les réseaux sociaux.
11:52À chaque passage à l'antenne, je me souviens avoir vu des choses immondes,
11:57des insultes, vraiment des invectives même.
11:59On allait l'attaquer sur son physique.
12:03Et jusqu'à la mort, alors que tout le monde savait à quel point sa vie était en jeu,
12:08à quel point elle s'auto-détruisait.
12:10Et là, je pense qu'il y a vraiment une remise en question, à mon avis,
12:14à une existentielle, au fond.
12:17Parce que c'est vrai, vous avez raison, la télé-réalité, Jordan Deluxe,
12:20la télé-réalité, c'est aussi notre existence aujourd'hui.
12:25On ne peut pas faire sans cette manière de penser la vie.
12:28Et dans la télé-réalité, François Jost, il y a du voyeurisme.
12:31Est-ce qu'on a été voyeur aussi vis-à-vis de Loana ?
12:36Oui, bien sûr. Je dis depuis le début de la télé-réalité,
12:38mais parfois c'était difficile à entendre et on me supprimait ça.
12:41Il y a une dose de sadisme, si vous voulez, chez le spectateur en général d'ailleurs,
12:48parce qu'il est confortablement installé, et il voit les autres parfois souffrir.
12:52Et bien sûr, c'est très important.
12:57Et on doit se poser quand même la question, pas seulement de Loana,
13:00mais de nous-mêmes, comment, pourquoi a-t-on autant d'attirance
13:05pour une chute finalement ?
13:07Parce que ce que vous dites, moi je suis tout à fait d'accord,
13:10c'est-à-dire qu'elle est prise dans le ruisseau, c'est pour schématiser,
13:15et puis elle monte très très haut, elle va d'un monde profane à un monde sacré,
13:19et puis tout d'un coup, elle veut continuer à être là-dedans, mais c'est fini.
13:22Mais un monde sacré de pacoutilles, un monde sacré de publicité et d'imposture.
13:28Et donc, c'est ça la question.
13:29Il faut se poser la question, vous dites qu'on est attiré par la chute,
13:34est-ce qu'on est coupable d'une certaine manière ?
13:35Je vous montre la une de Libé demain, tous coupables, on va la voir s'afficher.
13:41Alors, c'est barré par le bandeau, mais tous coupables, est-ce que vous le croyez ?
13:46On a vu la réaction notamment de Benjamin Castelli, ancien présentateur.
13:49On a applaudi sa lumière sans protéger son ombre.
13:52La vérité, c'est qu'on est tous un peu responsables,
13:54parce qu'on a tous regardé et parce qu'on a tous regardé.
13:56Mais responsable n'est pas coupable, comme on sait.
13:58Je trouve qu'on peut dire qu'on est peut-être tous responsables, mais pas coupables.
14:02Moi, je ne suis pour rien dans la mort de l'OANA.
14:05Jordan Deluxe.
14:05Non, mais moi, je le rejoins à Benjamin Castelli.
14:07Alors, il la connaissait beaucoup mieux que moi,
14:09mais c'est vrai qu'on a tous eu un moment,
14:10les gens qui la connaissaient un peu dans le métier,
14:13on a échangé des textos avec elle,
14:14et à un moment-temps, on a un peu lâché,
14:16parce que le problème, c'est qu'elle rentrait beaucoup dans la vie,
14:20elle posait beaucoup de questions,
14:21et puis elle essayait peut-être aussi d'avoir tellement d'amour,
14:23mais malheureusement, on a nos vies aussi à côté.
14:25Et puis, c'est difficile de sauver quelqu'un
14:29qu'on la connaît très peu, qu'on l'a vu deux ou trois fois.
14:31Vous voyez à quel point les doses d'amour étaient fortes avec elle.
14:34Elle demandait, en fait, elle en demandait presque trop par rapport à...
14:37Elle en demandait trop par rapport à une personne qui est croisée dans la rue.
14:39Donc oui, la raison, Benjamin Castelli, c'est vrai,
14:42c'est vrai, on est tous un peu responsables, entre guillemets,
14:44ceux qui se sentent responsables.
14:45Je crois qu'il y a aussi une autre...
14:47Cécile de Minibus qui s'est mise à pleurer,
14:49qui a dit qu'elle s'enterre aussi responsable.
14:51Je pense qu'on est tous un peu responsables, certes,
14:52mais que faire ? C'est la vraie question.
14:54Puis juste avant de terminer, je voulais quand même dire
14:56que lors de sa dernière interview, je lui ai posé cette question.
14:58Si demain, vous disparaissiez,
15:00c'est une question que je peux souvent...
15:01Je ne sais pas pourquoi, je me suis dit,
15:02tiens, je vais la poser à Loana,
15:03alors qu'elle était quand même assez jeune.
15:05Je lui ai dit, mais si vous disparaissiez demain,
15:06quelle image vous aimeriez qu'on retienne de vous ?
15:08Et elle m'a dit tout de suite,
15:09elle m'a dit, cette image où je remonte les Champs-Elysées,
15:12Champs-de-Mars, et où je fais salut.
15:14Et en fait, c'était ça Loana.
15:16Comme les joueurs de foot en 98,
15:18ça, c'était le phénomène Loana au moment de la sortie.
15:21Je ne sais pas si on peut, je vais demander à la régie,
15:24regarder cet extrait justement du lancement de Love Story,
15:27une plongée en avril, c'était en avril 2001,
15:32pour quand même...
15:33Ça replace les choses dans leur contexte à l'époque.
15:35C'était la première théorérité en France, on regarde.
15:38Et c'est ainsi que le 26 avril 2001,
15:40les téléspectateurs découvrent méduser cette toute nouvelle émission,
15:43lancée en prime time sur M6.
15:45Et dès le départ, une candidate va tout de suite retenir toute l'attention
15:48et crever l'écran.
15:50Le 26 avril, en direct,
15:52on me fait monter dans une belle limousine,
15:55et je ne dis pas que j'arrive dans les studios,
15:58je descends, on ouvre la porte,
16:00et voilà, la Lolo arrive,
16:03avec son manteau en fourrure, son petit haut.
16:05Moi, quand j'ai vu Loana pour la première fois à l'écran,
16:09j'ai été véritablement scotché.
16:11Elle sort de sa limousine à la pleine Seine-Ni,
16:15il fait très froid,
16:16elle a un manteau de peau retourné,
16:20quelqu'un de la prod lui dit,
16:22enlève ton manteau,
16:23et là, devant des millions de téléspectateurs,
16:26on voit une fille avec une mini-jupe bleue,
16:31des plateformes chausses de 10 cm de hauteur,
16:35un espèce de sac à dos rose dans le dos.
16:38On nous avait juste dit de mettre une tenue
16:41dans laquelle on se sentait bien,
16:42moi je me sentais sexy là-dedans.
16:43Et là, je me suis dit,
16:45la télé, ce ne sera plus jamais comme ça.
16:48On est passé à une autre ère,
16:50l'ère de la télé-réalité.
16:52C'était ça, le phénomène Love Story,
16:55le phénomène Loana,
16:56qu'est-ce qu'elle avait en plus par rapport aux autres ?
16:58Vous aviez quel âge,
16:59quand le premier Love Story a commencé en 2001 ?
17:02Je n'ai aucune idée, mais c'était...
17:03Vous vous en souvenez ?
17:04Oui, bien sûr, je m'en souviens,
17:05mais je me souviens de Loana, en fait, dans la piscine.
17:06J'avais cette image dans la tête.
17:08La fameuse scène avec Jean-Edouard.
17:09Qu'est-ce qu'elle avait de plus des autres ?
17:11En fait, elle est mon père,
17:13elle est ma mère,
17:14elle est ma soeur,
17:15elle est ma belle-soeur,
17:16elle est tous ces gens qui sont en campagne.
17:18Elle avait ça en plus,
17:19c'est-à-dire qu'elle était vraie.
17:21Ce n'était pas quelqu'un
17:21qui était dans un espèce d'artifice
17:24comme on voit beaucoup aujourd'hui,
17:25les nouvelles stars de télé-réalité.
17:26C'est très, voilà, tout est prévu,
17:28il faut qu'on fasse bien pour la marque,
17:30pour la marque avec qui elle travaille et tout.
17:32Loana, elle était juste elle-même.
17:33Et en fait, c'était ça sa plus grande force, je pense.
17:35C'était le fait d'être comme tout le monde.
17:37Elle l'est, elle l'était, les gens.
17:38Et d'ailleurs, la une du Elle
17:40au moment du premier Love Story,
17:44voilà, Loana, pourquoi on l'aime ?
17:45À ce moment-là, c'est l'icône
17:47qui fait la une du magazine Elle.
17:49Ça fait 9 millions, la finale en 2001.
17:529 millions de téléspectateurs
17:55devant la finale de Love Story.
17:56La France entière a regardé, a aimé Loana.
18:00Il y avait un avant et un après.
18:01Il y a un avant et un après, en effet.
18:02C'est la première, elle restera la première
18:04et la plus iconique.
18:05Alors maintenant, c'est vrai qu'il y a Nabila derrière,
18:07on va dire qu'il y en a d'autres qui ont pris le pas.
18:09Mais ce n'est pas la même chose.
18:10Pourquoi ce n'est pas la même chose ?
18:11Ce n'est pas pareil.
18:13Ce n'est pas pareil.
18:13Nabila, elle est très, très suivie aussi.
18:15Elle est très suivie, mais Nabila,
18:17vous n'avez pas l'impression
18:18que vous allez pouvoir la croiser partout
18:19ou que vous n'avez pas l'impression
18:20qu'elle vient d'un petit milieu.
18:23Vous dites, c'est professionnalisé, Nabila ?
18:25Ça, c'est professionnalisé, Nabila.
18:25Nabila, excusez-moi de le dire comme ça,
18:27c'est une Loana qui a réussi, quoi.
18:28Ah oui, non, mais ça, je suis totalement d'accord avec vous.
18:30C'est mon sens.
18:30Ce qui est terrible, c'est qu'on parle de Loana.
18:32Moi, des icônes comme Loana en France,
18:34j'en vois une autre, c'est Brigitte Bardot.
18:36Quelle femme a incarné comme ça la femme, la beauté ?
18:39Non, mais bien sûr qu'elles sont très différentes.
18:40La comparaison avec Brigitte Bardot.
18:41Je la compare à Brigitte Bardot
18:42parce qu'il y a une forme de Brigitte Bardot du XXIe siècle.
18:44Excusez-moi, on a beaucoup dit que Brigitte Bardot,
18:46c'est une actrice.
18:46Ce n'est pas une actrice.
18:47Elle a joué dans deux, trois films.
18:48Elle n'est pas connue comme actrice.
18:49Elle est connue comme icône pour sa beauté.
18:52Et j'ai envie de dire, Loana, au XXIe siècle,
18:55elle a incarné aussi à un moment cette beauté,
18:56cette icône suivie par tous les Français.
18:58Bien sûr que ça ne finit pas de la même manière,
19:00et heureusement.
19:00Mais au XXIe siècle, est-il possible
19:02d'avoir cette même valeur qu'avait Brigitte Bardot au XXIe siècle ?
19:06Au XXIe siècle, ça me paraît difficile.
19:08Mais juste un petit point.
19:09Loana, il y a cette fin tragique aujourd'hui.
19:10Ce n'est pas la première.
19:12Jordan, vous rappelez peut-être FX,
19:14qui est aussi un candidat de réalité,
19:15qui s'est suicidé aussi,
19:17qui est un peu moins connue
19:17parce que ce n'est pas un icône au même titre que Loana.
19:19Mais qui s'est jetée, moi,
19:21de ce que j'ai lu sous les roues d'une voiture.
19:22Loana ne s'est pas suicidé.
19:23Ah non, non, bien sûr.
19:25Mais lui, il s'est suicidé.
19:26Plus récemment, on a Jean Pormenov,
19:27vous savez aussi, cet individu qui streamait.
19:30C'est le même mouvement pour moi.
19:31Ça veut dire que j'y vois quand même des individus
19:33qui confondent télé-réalité,
19:35qui confondent médias-réalité
19:37et des chutes de cette nature-là.
19:39Malheureusement, on en voit de plus en plus.
19:41Loana reste la plus iconique,
19:42mais ce n'est pas la première.
19:43Je parle d'Eflix et de Jean Pormenov.
19:45Je pense malheureusement que ce ne sera pas la dernière.
19:48Cela dit, Marie-Lélène Mondreau,
19:49qui était aussi l'icône des icônes,
19:51elle n'a pas bien fini.
19:53On est d'accord.
19:54Ce n'est pas non plus lié nécessairement à la télé-réalité.
19:57On dit parfois que la France a toujours
19:5830 années de retard sur les États-Unis.
20:00Vous voyez, c'est un exemple de plus.
20:01Loana, c'est la pionnière des influenceuses ?
20:04Oui, je pense que c'est la pionnière.
20:05C'est quelqu'un qui était beaucoup plus utilisé.
20:07Notamment quand je faisais des interviews,
20:09à chaque fois, on revenait vers elle.
20:10C'est-à-dire qu'on leur demandait toujours
20:12à tout ce qui était les réalités.
20:13On leur disait, qu'est-ce que vous pensez de Loana ?
20:15Et à chaque fois, elle avait beaucoup de respect pour elle.
20:16Mais il y avait aussi beaucoup d'igressions.
20:18À chaque fois, elle me disait,
20:19c'est vrai que c'est compliqué ce qui lui arrive.
20:22Ça fait peur.
20:23C'est aussi le symbole de quelqu'un qui tombait,
20:26malheureusement, qui se relevait, mais qui tombait.
20:28Merci, Jordan.
20:28Je crois que vous avez des obligations.
20:30Je vous libère.
20:31Merci beaucoup d'être passé nous voir.
20:32Nous, on continue évidemment à en parler.
20:34Peut-être un point avec vous, Laurent Valigué,
20:37sur les circonstances de son décès.
20:39Parce que c'est l'information du jour.
20:40L'enquête ne fait que commencer.
20:42Il y a une enquête qui a été ouverte et qui est en cours.
20:44Une autopsie va avoir lieu.
20:46Mais on a déjà des premiers éléments.
20:47Oui, alors les pompiers ont eu du mal
20:49à rentrer dans l'appartement.
20:50C'est vrai que la voisine ou la concierge a alerté.
20:54Ça faisait plusieurs jours que le voisinage
20:55a été dérangé par des mauvaises odeurs
20:59en provenance de cet appartement-là.
21:02Les pompiers n'ont pas réussi à rentrer par la porte,
21:05à forcer la porte.
21:06Quelque chose bloquait.
21:07Peut-être Loana elle-même.
21:09Ils sont passés par une fenêtre.
21:11Ils ont vu un appartement dans un grand désordre,
21:13dit le communiqué, Julie.
21:16dans un grand désordre.
21:17Et le corps de Loana qui était décédé à l'avidence.
21:21Vous savez, les pompiers, avant l'autopsie,
21:22ont l'habitude, étaient décédés depuis plusieurs jours,
21:25peut-être plus d'une dizaine de jours.
21:27Sa maman qui s'est confiée à Paris Match,
21:29et on aura d'ailleurs, le journaliste qui a échangé avec elle,
21:33dit qu'il se peut qu'elle soit morte depuis 12 jours
21:36au moment où les pompiers la retrouvent.
21:38Et puis l'autre détail macabre, Julie,
21:40c'est que son petit chien était décédé aussi.
21:42Donc ça aussi, ça plaide pour le fait que Loana
21:46ne se soit plus occupée de lui depuis plusieurs jours.
21:49C'est vrai qu'elle a des...
21:50D'après le communiqué du parquet,
21:51elle a des échymoses à l'arrière de la tête
21:54et au niveau des lombaires, dans le dos.
21:56Ce qui laisse repenser à une chute.
21:59Alors après, c'est vrai qu'il y a une expertise,
22:01au-delà de l'autopsie, une expertise toxicologique
22:03pour essayer de voir si elle a pris des médicaments,
22:06une surdose de médicaments, de l'alcool ou d'autres substances.
22:10Donc ils vont essayer de déterminer les causes exactes.
22:12Et puis surtout, l'appartement a été placé sous-scellé
22:14pour que personne ne rentre
22:16et pour que la police puisse procéder à d'éventuelles constatations.
22:19Ils vont essayer de...
22:20Alors apparemment, elle n'avait pas de téléphone
22:21ou elle n'avait plus de téléphone.
22:23Elle n'avait pas de téléphone.
22:24Elle était fauchée, Loana.
22:26Il y a le gérant du kebab voisin
22:29qui explique ce matin, je crois,
22:32qu'elle venait utiliser son téléphone.
22:36Donc c'est vrai que l'enquête policière
22:38va aussi devoir déterminer
22:39si quelqu'un a pu rentrer et sortir dans l'appartement
22:42dans ce laps de temps ou pas.
22:45Apparemment, non.
22:46Si les pompiers ont eu autant de mal que ça à rentrer...
22:48C'était un appartement que lui louait la production, c'est ça ?
22:52Apparemment.
22:54Donc, une enquête a été confiée à la police judiciaire.
22:56Son corps, il a été transporté à l'Institut Médico-Légal.
22:58Il va y avoir une autopsie.
23:00On va vérifier s'il y a eu effectivement
23:01des prises de produits signifiants, etc.
23:05Évidemment, l'enquête ne fait que commencer.
23:08Loana, on l'a vu, c'est l'icône en 2001.
23:12C'est cette superstar qui fait la une des magazines,
23:14qui fait la une du L.
23:15et on vient devant la couverture.
23:17Et puis, cette chute subite, très rapidement,
23:22elle bascule et son destin prend une tournure plutôt tragique.
23:28Je vous propose de regarder cet extrait
23:29d'un documentaire diffusé sur RMC Story.
23:33Au début des années 2010,
23:35rattrapée par les blessures de son passé
23:36et quelques mauvaises rencontres,
23:38la vie de Loana va commencer à se fissurer.
23:40L'icône de la télé-réalité va alors connaître
23:43une véritable descente aux enfers.
23:45Une terrible période au cours de laquelle
23:47elle va tomber dans la drogue et l'alcool
23:48et tenter de mettre fin à ses jours à de multiples reprises.
23:53Mes tentatives de suicide, elles étaient au tout début,
23:55c'était pour attirer l'attention, ça c'est sûr.
23:58Mais les dernières, non, puisque comme ça n'attirait pas l'attention,
24:00j'avais envie d'en finir.
24:02J'ai fait deux arrêts cardiaques et trois comas.
24:04Franchement, je n'ai plus une étoile que j'ai.
24:06C'est souvent que je dis que j'ai une constellation.
24:08Voilà, assez rapidement, tout bascule.
24:11Comment ça se fait ?
24:13Parce qu'elle a été célèbre un moment et elle s'est accrochée à cette célébrité.
24:19Elle a été malade de célébrité, si vous voulez.
24:22C'est la célébrité qui l'a rendue malade.
24:24C'est-à-dire qu'elle voulait absolument retrouver cette aura qu'elle a eue en 2001,
24:28mais elle a vieilli, elle a eu des ennuis de santé, etc.
24:33Et elle ne pouvait plus atteindre ça.
24:35Elle n'a pas du tout pris le tournant, si vous voulez, qu'a pris Nabila, par exemple,
24:39dont on parlait tout à l'heure.
24:41Nabila, elle jouait l'idiote, mais elle a su l'utiliser.
24:44Et en utilisant sa notoriété, elle est devenue une influenceuse.
24:48C'est toute la différence.
24:50Loana, elle n'influençait personne.
24:51Vous voyez, c'est le problème de Loana, c'est qu'elle était effectivement complètement en dehors du monde.
25:01Et ça, c'est une affaire quoi ?
25:02Et je m'adresse aux psychologues de personnalité.
25:05Elle n'avait pas les épaules pour faire face à une telle notoriété aussi abrupte.
25:09Si vous voulez, on est dans l'errance, on est dans quelque chose de complètement borderline.
25:14Et on est aussi dans une sorte d'alimentation, au fond, de ces souffrances.
25:21Puisque la télévision, là, agit comme une sorte de réceptacle.
25:25On l'attend au tournant.
25:27On la convoque, en quelque sorte, à la télévision pour qu'elle témoigne.
25:30Qu'elle témoigne de quoi ?
25:32Mais qu'elle témoigne de sa déréliction, de sa lente descente aux enfers.
25:40Et donc, c'est ce qui me frappe chez Loana.
25:42C'est-à-dire que la télévision se fait soudain la complice, en réalité, de sa fin.
25:48Puisque, vous savez, ces deux morts lentes, au fond, Loana est morte depuis longtemps, psychiquement.
25:54C'est-à-dire que ce n'était plus la même.
25:55Quand on la voit, là, flamboyante, dans la couverture, évidemment que ce n'est pas la même.
26:02C'est-à-dire que là, c'est l'espoir.
26:04Et puis l'espoir s'envole.
26:06Et qu'est-ce qui reste ?
26:07Il reste une sorte de femme dissociée qui n'a plus d'ailleurs accès à une véritable cohérence.
26:14Quand elle parle, elle est abîmée par la vie.
26:18Et la télévision l'a laissée parler jusqu'au bout de sa nuit, quoi.
26:23Il y a une sorte de...
26:24On ne l'a pas arrêtée et on ne l'a pas invitée aussi à se soigner.
26:28Pour autant, est-ce que réellement la télévision est coupable dans cette histoire ?
26:32Je vous pose la question parce qu'on avait sur le plateau de BFM TV un personnage central,
26:36celui qui fait partie de ceux qui dirigeaient les castings et l'ont sélectionné.
26:40Il s'appelle Alexis Gemini, ex-directeur de la musique et des opérations spéciales sur M6.
26:45Et lui, il dit, non, ce n'est pas tellement la télé, on l'écoute.
26:50À une génération d'écart, c'est un petit peu facile de condamner la télévision
26:55ou ceux qui ont fait cette émission en revanche.
26:57Ce n'est pas la télé-réalité qui l'a tuée.
26:59Non, c'est les hommes qui ont abusé d'elle.
27:01Ce sont les gens qui ont été violents avec elle.
27:03C'est la célébrité.
27:03C'est une partie du show business qui est un...
27:04Non, la célébrité, beaucoup de gens gèrent très bien la célébrité.
27:08Et Loana était une femme intelligente, contrairement à l'image qu'on a voulue véhiculer d'elle.
27:13Si on l'a choisie, c'est parce que ce n'était pas le cas.
27:15Et si elle est devenue une célébrité, c'est parce que les gens étaient bluffés
27:17d'aller à l'encontre de la mauvaise image qu'ils auraient eue d'elle dans la rue.
27:21Ils ont trouvé qu'en fait, non, elle était touchante, émouvante
27:23et qu'on pouvait même être très attaché à elle.
27:26Voilà, ce n'est pas la télé, c'est tout ce qu'il y avait autour, c'est les mauvaises
27:29fréquentations.
27:29Encore une fois, il y a deux Loana.
27:30Il y a la Loana de 2001 dans Love Story.
27:32Et ça, c'est en latence.
27:33C'est-à-dire qu'on ne voit pas vraiment ce qui se passe.
27:36On ne connaît pas encore sa souffrance.
27:38Ça ne s'est pas déclenché.
27:39Mais ce qu'il oublie de dire, c'est que finalement, on n'a pas à se fier aux apparences.
27:44Il y a énormément de fragilité.
27:46Et quand on est filmé 24-24, quand on est ensuite la proie des médias en permanence,
27:51on peut décompenser.
27:53C'est le risque.
27:53Mais effectivement, je pense qu'en 2001, il n'y avait pas de raison particulière
27:57pour que Loana soit tout de suite vue comme quelqu'un de particulièrement fragile.
28:01Ça ne se voyait pas.
28:02Ça ne se voyait pas.
28:03Et effectivement, on peut réécouter Alexis Gemini,
28:05qui a sélectionné parmi 20 000 candidats, il sélectionne notamment Loana.
28:11et il dit qu'il y a quand même eu, c'était plus ou moins encadré quand même.
28:15Il y avait des examens psy pour vérifier que tout allait bien.
28:17Il n'y avait rien d'alarmement en tout cas.
28:20C'est vrai.
28:21On regarde ce qu'il raconte au moment de la sélection.
28:24Pourquoi elle ?
28:27Loana représentait effectivement un des archétypes dont on avait besoin dans cette aventure,
28:31qui était une jolie jeune femme.
28:34Prête à tout ?
28:35Non, pas du tout.
28:35Pas du tout prête à tout.
28:36D'ailleurs, son casting, si vous avez vu les images, elle n'est pas du tout prête à tout.
28:39En fait, elle était extrêmement touchante, presque naïve.
28:43Sa fragilité, on ne la connaissait pas profondément, pour être très sincère.
28:47Pour autant, il y avait eu des visites médicales, des rencontres avec des psychologues,
28:50et on nous a dit que c'était OK.
28:51Voilà, tout était OK.
28:52Les feux étaient ouverts, et donc, Dylan Sama ?
28:55C'est le patient zéro de la télé-réalité aussi.
28:57Ça veut dire qu'il n'y a aucun recul.
28:58Au moment où ils font ça, je le dis avec les mots tels que je le pense,
29:01c'est des rats de laboratoire un petit peu.
29:02Alors, à la fois des rats de laboratoire pour les producteurs,
29:05mais pour la France entière, au sens propre,
29:07ce sont des êtres humains qui sont enfermés dans une boîte
29:10et qui font l'objet d'observations, à l'époque, de la France entière.
29:13Ce n'est pas comme aujourd'hui, où plus personne ne regarde vraiment la télé-réalité,
29:16ou alors des tranches d'âge vraiment très particulières.
29:19À l'époque, c'est la France entière.
29:20Les hommes politiques en parlent, elle est reçue partout.
29:23C'est une espèce de Miss France universelle et intemporelle.
29:25Ça veut dire qu'elle a un mandat de Miss France qui dure 2, 3, 4 ans.
29:29Donc, effectivement, la chute n'en était que plus dure.
29:30– Oui, le problème à l'époque, c'est que le Loft, c'était un programme
29:36dans lequel il ne se passait rien.
29:38C'est-à-dire qu'il n'avait…
29:39– Oui, c'était le principe.
29:40On regarde un groupe de jeunes vivent…
29:42– Il n'avait aucune qualité particulière, tous ces gens.
29:44Quand on a fait, après, Koh Lanta, l'Astarac, etc.,
29:49qui sont arrivés très vite, là, il y avait une finalité,
29:52ils faisaient quelque chose.
29:54Là, c'était des gens qui ne faisaient rien.
29:55Et quand elle est sortie, en même temps,
29:57elle a descendu les Champs-Elysées avec ses camarades,
30:00elle est montée l'escalier de Cannes, tapis rouge, etc.
30:06Mais pour dire quoi ?
30:07Que je suis connue, voilà, c'est ça.
30:09Je suis madame connue, mais en fait…
30:12– Mais connue pour rien.
30:13– Connue pour rien.
30:13– Et c'est le problème, cette sorte de vacuité
30:16dans laquelle elle s'est retrouvée, comme je le disais tout à l'heure.
30:19– Et qui a contribué à son mal-être, d'une certaine manière,
30:21de dire « je suis connue, mais ce n'est pas trop pourquoi,
30:23ce n'est pas trop de mérite ».
30:24– Elle a essayé constamment d'être quelque chose.
30:26Et en fait, elle a eu beaucoup de mal à imposer un être particulier
30:31qui ne soit pas seulement son apparence.
30:33– L'important, c'est la nouveauté.
30:35Ce n'était pas qu'il ne fasse rien,
30:37c'est qu'il soit installé au quotidien chez nous.
30:40Parce qu'en réalité, la télé arrivait…
30:43Enfin, on a oublié, parce qu'il n'y a que 25 ans,
30:46mais tout a changé dans notre façon de consommer la télé,
30:49les réseaux sociaux, tout ça.
30:50Mais il y a 25 ans, ils ont fait partie de nos vies tout d'un coup.
30:54– Oui, je m'en souviens très, très bien.
30:55– Oui, bien sûr, moi aussi.
30:56– En famille, on regardait,
30:57Loana, elle crevait l'écran de spontanéité.
31:00– Oui, mais là, on parle de la presse.
31:01– On était content de voir ce qu'il faisait au quotidien,
31:05parce que c'était un rythme.
31:06– Il y a eu beaucoup de critiques à l'époque.
31:07– Et c'est là où ça s'est emballé, en vrai.
31:09– Sur le fait qu'il ne se passait rien.
31:11– En tant que tel, l'important n'était pas ce qui se passait chez eux,
31:14l'important était ce qui se passait du coup chez nous,
31:16parce que c'est chez nous qu'on en parlait.
31:18Et c'est pour ça qu'elle est devenue Loana, la piscine, tout ça,
31:22et puis les autres.
31:23Moi, depuis ce matin, j'ai envie d'entendre tous les autres,
31:25parce qu'on les a oubliés.
31:26– Tous les autres du oeuf ?
31:27– Ils ne sont pas tous morts, les autres.
31:29En réalité, ils ne sont pas.
31:30Vous vous décrivez la télé comme s'ils avaient été envoyés à l'abattoir.
31:36En réalité, les autres, ils ont fait partie de nos vies à nous,
31:40et puis on les a plus ou moins oubliés.
31:42– Mais vous savez, d'ailleurs, pardonnez-moi,
31:44attendez, je vous donne le micro derrière,
31:45mais justement, elle en parle de ça, Loana, c'était sur C'est à vous,
31:49il n'y a pas si longtemps.
31:51Et elle dit, oui, moi, la différence, c'est que j'avais des fêlures,
31:54avant même de venir sur ce show de télé-réalité.
31:58On écoute Loana.
31:59– Pour moi, la télé-réalité, ça a été ma baguette magique.
32:02Donc, pour moi, ça a été un tremplin.
32:05Ce qui m'est arrivé par la suite, je pense, de toute manière,
32:07comme ça m'est arrivé quand même.
32:09J'avais des fêlures avant de faire le jeu.
32:11La télé-réalité m'a apporté beaucoup.
32:13Les voyages, les rencontres, montrer les marges du Festival de Cannes,
32:15je ne peux pas dire ça.
32:16C'est pas vrai, ça m'a apporté énormément.
32:18Tout ce qui s'est passé après, je crois qu'au bout d'un moment,
32:20mon passé était beaucoup trop compliqué dans ma tête.
32:24Avec ce qui m'était arrivé, ça a un peu accentué, forcément,
32:26parce que j'avais déjà du mal à l'accepter, mais c'était exposé.
32:29Et oui, bon, voilà.
32:30Après, je suis tombée, j'ai fait des bêtises comme tout le monde.
32:33J'aurais peut-être voulu être entourée.
32:34Et quand je suis montée à Paris, c'est un peu drôle, on va dire ça un peu...
32:37Mais je suis montée avec ma blise, mon chien.
32:40Voilà, je venais de la province.
32:41Et quand je suis arrivée, j'ai essayé de faire tout par moi-même,
32:44mon livre, enfin tout ça.
32:45J'ai essayé de le faire comme je pouvais,
32:47mais je crois que je n'avais pas les épaules assez larges.
32:49J'étais qu'une jeune fille de 23 ans
32:51et j'ai essayé de tout bien faire, trop bien faire,
32:53de tout faire toute seule.
32:54Martin Réglet est avec nous, journaliste Paris Match.
32:56Merci d'être avec nous.
32:58Quand elle parle de son passé,
33:00vous avez dû l'écouter à l'instant, Loana,
33:03quand elle dit qu'il y avait aussi tout mon passé très compliqué.
33:06C'était quoi le passé de Loana ?
33:09Elle n'a jamais eu une vie facile, Loana ?
33:12Écoutez, Loana, effectivement, elle n'a jamais eu une vie facile.
33:15C'est ce qu'elle raconte très bien sur le plateau de CETAVOU
33:18et c'est ce que nous a raconté sa maman tout à l'heure,
33:21rapidement, quand on l'a interviewée pour Paris Match.
33:24C'est une enfance plein de cassures, plein de fêlures, évidemment.
33:29Vos invités ont évoqué justement les violences sexuelles
33:33et les viols incestueux qu'elle a subis étant plus jeune.
33:39Mais sa maman parle de son enfance comme quelque chose de plutôt constructeur.
33:46En tout cas, elle, évidemment, elle ne nie pas ce qui lui est arrivé.
33:51Mais en revanche, ce qui est arrivé à Loana après la télé-réalité,
33:56c'est en grande partie dû à la célébrité.
33:59Et ce que j'entendais vos invités le dire, ce qui est très juste,
34:04c'est qu'elle n'était pas du tout préparée à ça.
34:07Surtout en 2001, c'était le patient zéro.
34:09Le patient zéro, effectivement.
34:11Et Dylan Slama disait carrément que c'était des rats de laboratoire.
34:13On découvrait ce phénomène.
34:15Vous le disiez, vous avez parlé avec la maman de Loana aujourd'hui.
34:21Elles avaient, parce que cette vie était compliquée,
34:25vous parlez de relations incestueuses, d'un père alcoolique,
34:29une maman qui n'était pas très présente,
34:31elles avaient renoué ces derniers temps.
34:34Puis en décembre, c'est ça, elles avaient arrêté de se parler.
34:38Et en mars dernier, la maman a cherché à avoir des nouvelles de sa fille.
34:41Elle commençait à s'inquiéter, c'est bien ça.
34:42Et elle a trouvé porte-close.
34:45Oui, bien sûr.
34:46En fait, Loana et Violette, sa maman,
34:50ont eu, évidemment, comme tous les parents et les enfants,
34:53des moments compliqués.
34:54Mais elles avaient renoué le lien.
34:56Loana, elle a vécu avec Violette, sa maman, à Vence.
35:00Jusqu'en 2023, c'est l'époque où elle part à peu près à Nice,
35:04qu'elle prend son indépendance entre grandes guillemets,
35:07qu'elle quitte sa maman.
35:08Et à l'époque, elles sont encore en contact.
35:10Sa maman nous indique, à moi et mon confrère photographe,
35:15Bruno Bébert, qu'elle s'appelait tous les jours,
35:18que quand elle était à Nice, au début,
35:20Violette, qui habita à Antibes, venait voir sa fille à Nice,
35:24passer plusieurs jours, voire plusieurs semaines avec elle.
35:27Et effectivement, vous parlez très justement de cette période du mois de décembre
35:31qui change tout.
35:32Alors, le mois de décembre 2025 dernier,
35:35où effectivement, du jour au lendemain,
35:37en tout cas, c'est ce que nous dit la maman de Loana,
35:39c'est que soudainement, il y a eu une rupture dans les communications,
35:42qu'elles soient téléphoniques ou réelles, avec sa fille.
35:47Et en mars, donc, elle essaye là,
35:50enfin en mars, on est en mars,
35:51ces dernières semaines, ces derniers jours,
35:52elle essaye en tout cas d'aller frapper, prendre des nouvelles,
35:56et elle n'entend que le chien aboyer, c'est ça ?
35:58Exactement, c'est ça.
36:00En fait, le 11 mars dernier, avec Laurent Amar,
36:02son nom a été évoqué plusieurs fois,
36:04notamment par Jordan Deluxe.
36:05Laurent Amar, qui est l'un des derniers amis très proches de Loana,
36:10ils n'ont pas de nouvelles depuis plusieurs jours.
36:13La maman de Loana vient d'Antibes spécialement
36:16pour aller voir sa fille, prendre des nouvelles.
36:20Effectivement, ils arrivent dans cet appartement,
36:23devant la porte de cet appartement,
36:25ils toquent, ils sonnent, et il n'y a que Titi.
36:28Le chien de Loana, qu'elle considérait quasi comme son enfant d'ailleurs,
36:32qui aboie, Loana ne répond pas,
36:34et à ce moment-là, se pose la question
36:36de savoir si, oui ou non, ils appellent un serrurier.
36:40Et en fait, c'est ce que nous disent Violette et Laurent Amar,
36:45c'est qu'en fait, en réalité,
36:46ils avaient déjà fait appel à un serrurier,
36:48et de par les problèmes financiers que connaissait Loana,
36:52ils ont décidé de ne pas le faire cette fois-ci
36:54pour ne pas devoir payer un serrurier quand on connaît le prix de la serrurier.
36:57Donc voilà, c'est le 11 mars dernier,
37:00les dernières fois que Violette a essayé d'entrer en contact avec sa fille.
37:05Mais merci, Martin.
37:06Ça, c'est tragique aussi, à cause de problèmes financiers,
37:09de ne pas appeler un serrurier.
37:11Juste, je voulais vous faire écouter aussi
37:13ce que nous a dit tout à l'heure Jordan Deluxe,
37:15qui était notre invité,
37:16qui a interviewé, rencontré Loana à plusieurs reprises,
37:20et qui dit qu'il y avait aussi cet environnement pseudo-amical,
37:23un peu malsain, qui gravitait autour d'elle,
37:25des pseudo-amis qui se disent être des amis,
37:29mais qui en fait se nourrissaient de sa célébrité
37:31et lui faisaient plus de mal qu'autre chose.
37:33On écoute.
37:35Mais elle était seule, Loana.
37:36Je veux dire, en plus, ça commence...
37:37Je suis extrêmement énervée.
37:39Il y a deux énergumènes,
37:41un Jérémy et une Sylvie,
37:43je ne vais pas aller plus loin dans les noms de famille,
37:45mais qui s'amusent à dire...
37:47Qui se présentent comme des très proches.
37:49Oui, les très proches, arrêtez les très proches.
37:51Fermez vos gueules.
37:52Ce n'est pas possible.
37:53On ne peut pas entendre ça.
37:54Pourquoi ?
37:54Hier, on a eu un truc hallucinant.
37:56Une certaine Sylvie qui nous dit
37:57« Je l'ai eu hier au téléphone »,
37:59alors qu'on apprend après 15 minutes plus tard
38:01qu'elle n'avait pas de téléphone.
38:03Elle n'a pas de téléphone.
38:04Et puis en plus, ça fait apparemment,
38:05ça fait pratiquement une semaine.
38:06Et quelques qu'elle est décédée.
38:09Ça, c'est quand même ultra dérangeant.
38:13Des amis qui disent un peu n'importe quoi
38:15et qui se disent proches,
38:17mais qui ne vont pas la voir.
38:18C'est aussi tout ce climat malsain
38:20qui était autour de ce personnage
38:22si connu et si seul.
38:23Bien sûr, et jusque dans la mort.
38:25Mais c'est vrai qu'il y a quelque chose de terrible,
38:26c'est que cette mort, elle sidère.
38:28Elle sidère comme si on prenait tous conscience,
38:30là d'un coup,
38:31de ce qui s'était passé depuis 20 ans.
38:32Alors on l'a vu, c'était sous nos yeux.
38:34On a vu, vous voyez,
38:34on voit derrière les photos
38:35et la longue déflagration.
38:38Mais comme si, là d'un coup,
38:39le fait qu'on prenne connaissance
38:40de cette mort à l'instant T,
38:42on se réveillait
38:43et on prenait connaissance
38:44de ce qui s'était passé.
38:45Il y a cette une délibération
38:46dont vous parliez,
38:46tout ce coupable pour l'interrogation.
38:48Comment avons-nous laissé faire ?
38:49Alors je suis d'accord avec vous,
38:50on n'est pas responsable,
38:51ni vous, ni moi.
38:52Mais quelle est la part de responsabilité ?
38:54Non, peut-être responsable
38:54parce qu'on est des téléspectateurs, etc.
38:57Mais pas coupable.
38:58Je veux dire, c'est une absurdité
38:59de parler de culpabilité.
39:00Mais de la même manière pour les proches.
39:02Alors les proches
39:02que Jordan Deluxe a énervé contre eux,
39:04je peux le comprendre
39:04et je peux l'entendre.
39:06Ils n'ont certainement pas,
39:07à mon sens,
39:07de responsabilité ou de culpabilité
39:09dans cette mort-là.
39:10Mais bien sûr qu'ils étaient entourés
39:12et qu'ils étaient entourés
39:12par cercles concentriques
39:13de gens qui étaient intéressés,
39:15mais j'ai envie de dire,
39:17non seulement récemment,
39:18mais depuis 20 ans,
39:19depuis 25 ans.
39:20Ça, Serge,
39:21le psychologue qui est autour de la table,
39:22ça c'est fréquent
39:24autour des personnes ultra connues,
39:26ceux qui essaient d'en profiter,
39:27et après il faut faire le tri
39:28entre les sincères et les pas sincères.
39:30Vous saviez, la lumière attire les moustiques
39:32et ce sont des êtres parasites
39:34qui effectivement ont tendance
39:37à venir quand ça va bien
39:38et à quitter quand ça va mal.
39:39Donc, Loana, elle a été aussi abandonnée.
39:43Je trouve que ce qui est vraiment manifeste,
39:45moi, c'est qu'il y a un gap, vraiment,
39:49entre la Loana qui parle,
39:50la Jordan Deluxe,
39:51qui s'exprime très bien d'ailleurs,
39:52parce que c'était une femme sensible,
39:54intelligente,
39:55et la Loana qui scrolle
39:57toute la journée sur TikTok,
39:59qui a 20 mots de vocabulaire,
40:00je ne sais pas si vous avez vu
40:01ses publications,
40:02avec son pauvre chien Titi,
40:05elle passe sa vie dans la rue
40:06à se pamer devant son chien.
40:08Et il y a comme un décalage
40:10entre son quotidien,
40:11effectivement,
40:12complètement ravagé,
40:13et ce qu'elle est,
40:15ce qu'elle aurait pu être,
40:16justement,
40:16si elle avait été soutenue
40:18et bien entourée.
40:19Et c'est ce qui est d'autant plus désolant,
40:21parce qu'au fond,
40:22je crois qu'il y a aussi
40:23cette problématique du vide
40:25chez elle
40:25qui a été alimentée
40:26par ses proches.
40:27Je vous lis la réaction
40:28d'Alexia Laroche-Joubert,
40:29ancienne productrice
40:31de Love Story,
40:32qui dit quand même
40:33qu'elle n'était pas
40:34tout à fait abandonnée,
40:35que parfois,
40:35c'était compliqué
40:36de la gérer aussi
40:37parce qu'elle refusait le soutien.
40:38Elle a toujours refusé le soutien,
40:39dit-elle.
40:40Elle a toujours refusé l'aide.
40:41Moi, je lui avais trouvé
40:42un psychiatre à Nice.
40:43Elle y est allée deux fois
40:44et elle a arrêté.
40:46Je la voyais se détruire,
40:47mais je ne savais pas
40:48comment l'aider.
40:49Je reconnais que parfois,
40:50ça m'agaçait à chaque fois
40:51qu'elle retombe dedans.
40:52Alexia Laroche-Joubert,
40:58elle n'était pas non plus
41:00laissée à l'abandon, Loana.
41:01Pour l'avoir entendue
41:02à plusieurs reprises
41:03à la télévision,
41:04j'ai été moi aussi
41:05assez choqué
41:06par le fait qu'elle
41:07s'en remette un peu aux médias.
41:10Il y avait l'idée comme ça
41:11qu'en parlant à la télévision,
41:13elle avait l'impression
41:13qu'elle pouvait aller mieux.
41:14D'ailleurs, elle le disait,
41:15elle l'exprimait comme cela.
41:17Et là, je trouve que vraiment,
41:18c'était la méprise totale,
41:19le malentendu total.
41:20Loana ne comprenait pas,
41:22et ça, c'est souvent le cas
41:24dans des problématiques très limites,
41:26ne comprenait pas
41:27qu'elle devait se prendre
41:28en main elle-même,
41:29qu'elle ne devait rien attendre
41:30de cette pauvre télévision,
41:31de ces pauvres projecteurs.
41:33Elle en attendait tout.
41:34Elle en attendait tout.
41:35Elle était dans une problématique,
41:37là, tellement narcissique.
41:39Qui est faite par la télévision.
41:41Et donc,
41:42elle est restée dans ce bain
41:43de télévision
41:45sans réussir
41:46à sortir de notre vie.
41:47Elle se perdait dans ce miroir
41:49au point, justement,
41:50de s'oublier complètement elle-même.
41:52Mais compliqué quand même,
41:53effectivement,
41:54d'aider quelqu'un
41:55qui ne refuse.
41:56Impossible.
41:57de votre aide.
41:57Oui, absolument.
41:58Et impossible.
42:00Sur les derniers éléments
42:01de l'enquête,
42:02Laurent Valdiguier,
42:03donc,
42:04l'enquête
42:04et la recherche
42:05des causes précises
42:06de la mort
42:07a été confiée
42:08à la police judiciaire,
42:09l'Institut médico-légal
42:10qui va mener des autopsies.
42:12On va essayer de voir
42:14si il n'y a pas
42:26par un tiers,
42:26mais aussi de liaison
42:28au niveau des lombaires,
42:29donc plutôt penchant
42:30vers une chute.
42:33Les examens toxicologiques
42:35diront aussi
42:35si elle a justement
42:36abusé de substances
42:38ou s'il y avait
42:39des surdoses de médicaments.
42:41C'est ce qu'ils,
42:42évidemment,
42:42vont chercher.
42:43Et puis surtout,
42:44l'enquête policière,
42:44proprement dite,
42:45puisque l'appartement
42:46a été placé sous scellé,
42:47va essayer de déterminer
42:48s'il y a eu la présence
42:49de tiers.
42:50Il y a à peu près,
42:52la maman est venue
42:53le 11 mars,
42:54ça fait 14 jours
42:54avant le constat
42:56de son décès,
42:57donc toute cette période
42:58va être analysée.
43:00Il y a une maman
43:01qui a d'ailleurs été entendue
43:01deux heures par les enquêteurs.
43:03Voilà,
43:03si l'enquête est très poussée,
43:04il y aura peut-être
43:05des caméras de vidéosurveillance.
43:07Ils vont essayer
43:07de fermer la porte,
43:09comme le disent
43:10les policiers,
43:11comme le sait bien Dominique,
43:12pour qu'il n'y ait pas
43:13de tiers dans cet appartement
43:15dans la période
43:16où elle a trouvé la mort.
43:17Et l'enquête
43:18commence à peine.
43:19Merci à tous.
Commentaires

Recommandations