- il y a 6 semaines
Un rendez-vous 100% politique présenté par Gauthier Le Bret du lundi au jeudi de 21h à 22h.
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00:00Déjà, demain, ça fera 40 ans que Coluche nous a quittés.
00:04Pour en parler de cette liberté de rire, qui existe peut-être beaucoup moins qu'à l'époque de Coluche,
00:09Fabien Lecoeuvre et Franck Tapirot, bonsoir messieurs, on vous a vu dans le documentaire de Guillaume Janton sur Coluche.
00:14Et puis Yohann Uzaï, du service politique de CNews, bonsoir Yohann.
00:17Et très heureux d'accueillir également Régis Maillot, humoriste.
00:20Vous jouez votre spectacle, les nouveaux ridicules au Festival d'Avignon du 4 au 14 juillet.
00:25Et votre spectacle est éligible au Molière 2026.
00:28On voit l'affiche de votre spectacle, les nouveaux ridicules.
00:31Fabien Lecoeuvre, la liberté de rire de Coluche.
00:34Est-ce que Coluche pourrait faire ce qu'il faisait, ce qu'on a vu dans le documentaire, dans l
00:38'époque que nous traversons aujourd'hui ?
00:40Non mais si je vous disais oui, vous allez me dire mais vous vous moquez de nous.
00:43Non, c'est impossible.
00:44Aujourd'hui, le ton a changé selon les décennies évidemment.
00:47Et en 2026, c'est très compliqué.
00:49Tout ce que vous pouvez dire, il y a toujours une forme de discrimination envers quelque chose ou quelqu'un.
00:54Donc le spectacle de Coluche, moi je l'ai vu trois fois sur scène.
00:59Il interpellait des gens dans la salle, il se moquait de tout et de rien.
01:02Mais c'était des trucs hallucinants.
01:05Aujourd'hui, ce n'est plus possible sur scène.
01:07Les humoristes aujourd'hui sont dans une réserve maintenant.
01:10Alors, ils ont autant de talent.
01:12Ce n'est pas une question de talent à un moment donné.
01:13Mais le ton, l'expression a changé.
01:16Est-ce qu'il y a beaucoup plus d'autocensure aujourd'hui ?
01:17On a même oublié à quel point Coluche allait loin.
01:21On a vu beaucoup d'extraits dans ce documentaire.
01:23Il allait très loin.
01:24Il allait même jusqu'à faire des blackface.
01:26Il se peignait le visage en noir.
01:27Il allait extrêmement loin.
01:28Il n'avait aucune limite.
01:29Il ciblait toutes les communautés.
01:31Et on a oublié parce qu'il a fait les restos du cœur.
01:33Parce qu'il était plutôt engagé à gauche.
01:34Donc on s'est dit, ce n'est pas possible qu'il aille si loin aujourd'hui dans notre inconscient
01:39et dans notre mémoire collective.
01:40Il allait extrêmement loin.
01:41Vous m'avez dit en regardant le documentaire.
01:43Aujourd'hui, Coluche, il ira en prison.
01:45Il est en prison dans le meilleur des cas.
01:46Parce qu'il serait une fatwa où on lui tirerait dessus.
01:48Pourquoi ? Parce qu'en fait, il avait cette liberté absolue de rire.
01:52Moi, j'appelle cette période-là, quand on était libre.
01:53Vous savez, nous, on a connu cette époque-là.
01:56On était libre de rire de tout.
01:57C'est ce qu'il disait d'ailleurs.
01:59Parfois, même avec n'importe qui.
02:01Parce qu'il y avait une seule règle de Coluche.
02:03C'est que tout ce qu'il faisait, même dans l'offense à plus absolue, c'était drôle.
02:08Ça paraît idiot de le dire.
02:09Mais c'était drôle.
02:10Et on savait très bien qu'il n'était ni misogyne, ni raciste.
02:12Au contraire, c'était une thérapie.
02:14C'est par le rire, il arrive à faire passer des choses terribles.
02:16Même certaines communautés qui avaient du mal à rire d'elles-mêmes,
02:18il l'a dit d'ailleurs à nombreuses surprises,
02:20finissaient finalement, à force de leur taper dessus,
02:22par rire de la propre blague.
02:23Les Belges, je me rappelle quand il allait faire un spécial acte en Belgique,
02:25ils disaient, mais quand même, vous ne nous avez pas raté la dernière fois avec l'accent.
02:29À force de répéter...
02:31Alors là, j'ai envie de vous dire,
02:32l'accent belge, c'est le dernier accent autorisé avec l'accent québécois.
02:35Oui, exactement.
02:35Aujourd'hui, vous avez le droit de faire l'accent québécois et l'accent belge.
02:37Par contre, d'autres accents...
02:39Et d'ailleurs, vous avez fait l'accent belge.
02:41C'est bien la preuve qu'on peut faire encore l'accent belge.
02:42Mais c'est le dernier accent qu'on puisse faire.
02:44Et encore, je vais en Belgique la semaine prochaine,
02:47à mon avis, me faire accueillir à la gare.
02:48C'est l'accent bruité-loi en plus.
02:51Absolument, mais toi, pour vous dire que ce que fait Coluche,
02:54je dis ce que fait, parce que je n'arrive pas à en parler,
02:56elle n'a pas fait, vous avez compris, mais je suis un fan absolu.
02:58Pour moi, son esprit demeure aujourd'hui.
03:00D'ailleurs, on le sent dans ce documentaire très bien monté, très bien fait,
03:04que cet esprit Coluche, il est toujours là.
03:06Il y a des enfants de Coluche, on a eu les inconnus,
03:08on a eu d'autres comiques qui ont essayé d'aller prolonger un petit peu cet esprit.
03:13Mais ce n'était pas qu'un comique.
03:14C'est l'extraordinaire, c'est qu'il se permettait de tout faire,
03:16dans tout, en politique et dans la société.
03:20La preuve, regardez les restes du cœur.
03:21On a beau dire que les restes du cœur, il y a eu des hauts débats, bien sûr,
03:24moi je le dis dans le documentaire, ça ne pourra jamais mourir.
03:26Pourquoi ? Parce que l'esprit de Coluche ne mourra jamais.
03:29Ça fait partie de l'esprit français, c'est dans notre ADN,
03:32et on peut juste souhaiter qu'il dure le plus longtemps,
03:34et qu'il rappelait des personnes qui s'auto-censurent,
03:36que faire rire, c'est une façon de faire avancer la société.
03:40Vous êtes humoriste, est-ce que vous oseriez les blagues que Coluche faisait ?
03:43Est-ce qu'on les oseriez ?
03:45Oui, enfin, on ne fera pas les mêmes déjà,
03:48parce qu'on fait des blagues par rapport à l'époque
03:51et par rapport à l'actualité qui est la nôtre.
03:55Coluche, c'était un provocateur au service du bon sens.
03:59C'est ça qui était intéressant avec lui.
04:02Et il était surtout la figure humoristique.
04:05Aujourd'hui, on est dans une époque où l'humour, finalement,
04:08les humoristes sont partout,
04:09donc ça devient un petit bruit ambiant, l'humour.
04:12Il y a plus de comiques que de gens qui veulent rire.
04:18Alors que Coluche, il était seul, donc il était l'irrévérence.
04:23Il l'incarnait, il a pris ce...
04:26Il n'était pas seul, il y avait le Luron, il y en avait d'autres.
04:28Michel Leib.
04:29Ça fait quoi ? Vous citez quatre noms aujourd'hui des humoristes,
04:32il y en a à 600 000 autant de...
04:35Effectivement, ils n'ont pas la racine carrette du talent de Coluche.
04:37Mais il y a le talent, et puis il y a la liberté
04:40de pouvoir exprimer ce talent et de pouvoir dire.
04:42Il a pris cette liberté, il a pris l'époque,
04:45c'est-à-dire il incarnait l'irrévérence.
04:47À l'époque, la censure existait.
04:49Donc un humoriste qui faisait ce qu'il faisait,
04:52il était important.
04:53Donc il avait une caisse de raisonnance forte
04:55et il avait un talent immense, évidemment.
04:56Oui, Fabien.
04:57Oui, je vais rectifier parce qu'en fait,
04:58ce n'est pas qu'il a pris la liberté,
04:59il a bénéficié d'une époque.
05:01Quand il a commencé en 1974,
05:03on est en pleine période giscardienne.
05:05Donc dur.
05:06Très dur.
05:06Très dur.
05:07Et ça, elle n'était pas pleine.
05:08Il y avait la France qui était encore basée
05:10sur Fernand Reynaud.
05:12Oui, c'était ça.
05:12La France de Coluche, c'était la gauche.
05:15Il incarnait la gauche personnifiée au Café de la Gare.
05:18La gauche du peuple.
05:19C'était une gauche populaire.
05:21Ce n'était pas une gauche terra nova.
05:23Et en fait, il a senti l'air du temps,
05:25c'est-à-dire qu'il était dans une contestation,
05:27un discours anti-Giscard.
05:28Moi, je l'ai vu sur scène vraiment à la fin des années 70.
05:31Il était complètement de ce discours politique.
05:34Chirac, il disait de Chirac,
05:35c'est le nouveau pétain pour la France.
05:36Enfin, c'est des trucs comme ça qu'il disait Coluche.
05:38Moi, je l'ai vu sur scène vraiment.
05:40Donc à un moment donné,
05:42et de plus en plus, il faisait du monde,
05:44du monde comme la gauche est arrivée très forte
05:46à partir des élections de 78, 79, 80.
05:49Et là, ça a été la grandeur de Coluche
05:51qui a grandi avec la gauche.
05:52Parce que le peuple s'est reconnu en Coluche.
05:54Tout simplement.
05:54Alors, voyez le premier extrait de ce long format,
05:56si vous l'avez manqué,
05:57justement sur Coluche,
05:58qui attaquait absolument tout le monde,
06:00toutes les communautés.
06:02Et évidemment, ça serait impossible aujourd'hui.
06:06Dans ce sketch, une nouvelle fois,
06:08personne n'est épargné.
06:10Oui, oui, oui, c'est à vous, monsieur.
06:13Monsieur Ben Salim.
06:14Salim, c'est pas français comme nom.
06:16Salim, alors posez votre question.
06:18Merci, mademoiselle.
06:21Est-ce que c'est la tarawalt schmilblick ?
06:23Est-ce que c'est la porcelaine qui la trouvait par terre ?
06:25Le schmilblick, c'est toute une galerie de personnages.
06:28C'est le belge, c'est l'homosexuel,
06:31c'est le vacancier, beau.
06:34On se moquait des arabes, des juifs,
06:36des portugais, des espagnols,
06:38on se moquait des français,
06:40les suisses, les belges,
06:42les homosexuels.
06:44Candidat suivant.
06:45Bonjour, Gitu, Jean-François,
06:47que faire à Paris,
06:47on va dire cette chagère au shopping ?
06:50Alors, est-ce que tu as peur ?
06:52On peut se tirer l'hypothèse,
06:52je suis public tout seul dans sa tombe.
06:54Non, à quoi pensiez-vous ?
06:56À la même chose que vous, dégoûtant !
06:59Mais là, Fabien Lecoeuf,
07:00tu as l'ARCOM, la justice,
07:03les tribunaux en folie,
07:05les associations,
07:07impossible !
07:08Et donc aujourd'hui,
07:08c'est d'ailleurs une grande figure
07:10récupérée notamment par une partie de la gauche,
07:12mais ils hurleraient,
07:13les mêmes hurleraient,
07:14contre Coluche.
07:15Oui, mais il avait toujours, lui,
07:16cette bienveillance.
07:17C'est vrai.
07:17Ce propos drôle,
07:20provoquant,
07:21mais c'était toujours bienveillant,
07:22c'est-à-dire qu'on sentait un jeu drôle
07:23dans son personnage,
07:25c'est le principe des humoristes,
07:26et en même temps,
07:28on sait qu'il n'y avait pas
07:29de force derrière
07:30et de méchanceté.
07:31En tout cas,
07:31il a eu beaucoup de problèmes
07:32quand même quand il arrivait
07:33dans les concerts en Suisse,
07:34en Belgique,
07:34il avait des gros problèmes,
07:35Coluche.
07:36On a oublié tous ces incidents.
07:38Il s'est fait virer de radio,
07:39on l'a vu dans le documentaire.
07:40quand il a attaqué directement
07:41Caroline de Monaco,
07:43enfin les filles du Rocher,
07:44enfin je ne sais plus
07:44ce qu'il avait dit sur elle
07:45et je ne veux pas le répéter là.
07:46On l'a roché au...
07:47Voilà.
07:48Oui, c'était...
07:49Bref,
07:49et c'était très compliqué,
07:51voilà, pour lui.
07:52Johan,
07:53Johan,
07:53vous qui observez
07:54la vie politique française,
07:55on voit comme certains
07:56peuvent se mobiliser
07:59quand ça ne les fait pas rire
08:00et quand ça les choque.
08:01De tous les côtés, d'ailleurs,
08:03ça serait totalement impossible.
08:04Il serait peut-être même pris en étau
08:06par la droite et la gauche
08:07aujourd'hui, Coluche.
08:08Oui, vous avez raison de dire
08:09que ça serait absolument impossible,
08:10mais il me semble
08:11qu'il y a quand même
08:12une différence majeure
08:13entre ce qui se passait
08:14il y a 40 ans
08:15et ce qui se passe aujourd'hui.
08:16C'est qu'aujourd'hui,
08:17en fonction des sujets
08:18que les humoristes choisissent,
08:20ils risquent leur vie.
08:22Oui, parce que si aujourd'hui
08:23vous décidez de faire de l'humour
08:25sur le prophète
08:26ou sur les islamistes,
08:28vous êtes menacé de mort.
08:29Quelqu'un comme Sofia Aram
08:30en a fait de la meilleure expérience
08:32puisque pour avoir essayé
08:33de tourner en dérision
08:34ou de se moquer des islamistes,
08:36elle a été placée
08:37sous protection policière
08:38un certain nombre de fois.
08:40Oui, et puis les journalistes de Charlie
08:41ont été assassinés.
08:42J'allais parler de Wolinsky,
08:44de Cabu
08:45qui ont été assassinés
08:46effectivement en 2015
08:47pour avoir caricaturé le prophète
08:49ce qui est là aussi
08:50de l'humour.
08:51Donc c'est une différence
08:52quand même notable
08:53ce qui me semble être
08:53la différence la plus importante
08:55même entre ce que l'on pouvait faire
08:56il y a 40 ans
08:57et ce que l'on ne peut plus faire
08:58aujourd'hui encore une fois
08:59parce qu'on risque sa vie.
09:00Ça c'est intéressant.
09:01Ça c'est intéressant.
09:02C'est intéressant le propos de Johan.
09:04Il dit
09:04ce qui a changé
09:05par rapport à l'époque de Coluche
09:06c'est qu'aujourd'hui
09:07pour une blague,
09:08pour une caricature,
09:10tu risques ta vie.
09:10Ce qui n'était pas le cas
09:11à l'époque de Coluche.
09:12C'est vrai que c'est un vrai changement.
09:13Je suis complètement d'accord
09:14avec ce qu'a dit Johan
09:15mais ce qu'il y a de dingue
09:16c'est qu'on en revient peut-être
09:17à regretter cette époque
09:18où il y avait plus de liberté
09:20à l'époque de la censure
09:21qu'à l'époque de l'autocensure
09:22aujourd'hui.
09:23À l'époque de la censure
09:25il s'était tellement encadré
09:26il y avait toujours des créatifs
09:28comme l'était Coluche
09:28et dans d'autres domaines
09:29des artistes, des chanteurs
09:31qui se permettaient
09:32de briser les codes.
09:33Et c'était tellement saillant
09:34tellement populaire
09:35qu'ils étaient défendus
09:36par l'ensemble des français
09:38face au pouvoir en place.
09:39Aujourd'hui
09:40il n'y a plus besoin de ça.
09:41C'est bien plus insidieux.
09:42Il y a tellement d'autocensure
09:44que l'État, la justice
09:45n'a même pas besoin d'en parler.
09:46Tout le monde se censure.
09:47Tout le monde devient un juge.
09:49Les profs se censure.
09:50Tout le monde se censure.
09:51Donc moi je...
09:52Alors Régis.
09:52L'époque de la censure.
09:53Vous avez parlé
09:54de la différence
09:55entre Coluche
09:56et les humoristes d'aujourd'hui.
09:57Je vous propose
09:57de voir cet extrait.
09:59Les gens que j'aime
10:00et les gens que je n'aime pas.
10:01C'est ça qui est formidable
10:03avec l'intelligence
10:04chez les gens.
10:05C'est que tout le monde
10:06n'en a pas la même quantité
10:09mais tout le monde
10:09est sûr d'en avoir assez.
10:10Il ne se prenait pas
10:11pour un autre.
10:11C'est quelqu'un
10:12qui arrive du peuple
10:13et qui parlait
10:14comme les gens du peuple
10:15et c'est pour ça
10:16que les gens l'aimaient.
10:17Je veux bien essayer
10:18de faire des réponses intelligentes
10:20mais il faudrait arrêter
10:20de poser des questions idiotes
10:22parce que ça vraiment
10:23je ne peux pas répondre à ça.
10:24Et puis il ne s'inventait pas
10:26un rôle.
10:27Aujourd'hui on a beaucoup
10:27d'humoristes
10:28ou de pseudo-humoristes
10:29qui se disent
10:31révolutionnaires
10:32anti-système
10:33et qui en fait
10:35mangent dans la main
10:36du système tous les jours
10:37confortables dans des studios.
10:38Lui il n'était vraiment
10:39pas là-dedans
10:40donc il parlait
10:40comme il avait envie de parler.
10:41Je veux dire franchement
10:42l'anarchie
10:42je ne sais pas exactement
10:43ce que c'est.
10:45Je suis coluchiste
10:46en fait politiquement.
10:47Il était aux ordres
10:48de personnes
10:49donc il faisait
10:50ce qu'il voulait
10:50il parlait comme il voulait
10:52et je pense que les gens
10:53se retrouvaient là-dedans.
10:54Si ça choque des gens
10:55d'avoir un humoriste
10:57vulgaire
10:58c'est leur problème
10:58ils ne regardent pas.
11:01C'était très juste
11:02ce que vous avez dit Régis
11:03il vient de la gauche
11:04mais il ne vient pas
11:04de la gauche Terranova
11:05il ne vient pas de la gauche
11:07Mélenchonni
11:07c'est ça que vous voulez dire.
11:09C'est une gauche populaire
11:09comme ce que disait
11:10Julien Pichnet d'Europe 1
11:11dans le documentaire.
11:13Oui c'est une gauche
11:15qui sent la sueur
11:18un peu
11:19et c'est ça
11:19qui faisait du bien.
11:21C'est une gauche ouvrière
11:21ce n'est pas une gauche
11:22qui a chassé les ouvriers.
11:24Exactement
11:25on sentait que les manches
11:26étaient relevées
11:27c'était aussi l'époque
11:28où il y avait du Renault
11:30il y a beaucoup de gémélité
11:31avec ces gens-là
11:32les Balawens
11:33les Renault
11:33tous cette pop culture
11:38poste café de la gare
11:39et puis ils étaient
11:41dans une époque libertaire
11:42c'est-à-dire
11:43à l'époque
11:43la gauche c'était
11:44il est interdit d'interdire
11:45et aujourd'hui
11:46il faut tout interdire
11:47ton propos est problématique
11:49donc il y a cette
11:52comment dire
11:53c'est-à-dire
11:53le camp du progrès
11:54est devenu
11:55le camp d'interdiction
11:56donc c'est ça
11:57qui est aussi intéressant
11:58parce que l'offense
11:59est devenue la règle
11:59aujourd'hui
12:00c'est devenu le curseur
12:01tout le monde
12:02se sent offensé
12:03de n'importe quoi
12:04parler de quelque chose
12:04d'interdire le rire
12:06on ne pourrait plus le faire
12:07ça c'est aujourd'hui
12:08c'est pas qu'on ne peut plus rire
12:09c'est que
12:10c'est des gens
12:11qui ne veulent plus rire
12:12qui nous
12:13nous
12:14humoristes
12:14nous interdisent de rire
12:15et c'est vraiment ça le sujet
12:17c'est qu'on nous dit
12:19non ça vous n'avez pas le droit
12:21mais souvenez-vous
12:22il faut pratiquement
12:23c'est comment elle s'appelait
12:25Sandrine Rousseau
12:25qui avait fait
12:26il faut encadrer la caricature
12:27mais souvenez-vous
12:29Johan
12:30quand Gaspard Proust
12:31monte sur scène
12:32pour une soirée
12:32de valeurs actuelles
12:33ce qu'il a subi ensuite
12:35d'ailleurs j'y étais dans la salle
12:36c'était très drôle
12:37et je me souviens très bien
12:38les journalistes
12:38ils avaient peur de rire
12:39parce qu'ils rigolaient
12:40aux blagues de Gaspard Proust
12:41à une soirée
12:42de valeurs actuelles
12:43le rire était complice
12:44le rire était suspect
12:46mais pourquoi est-ce que tout cela
12:48est advenu
12:49parce que l'extrême gauche
12:50et la gauche extrême
12:51ont mis l'humour sous cloche
12:53ils considèrent que l'humour
12:55fait désormais partie
12:56de la bataille
12:57et du combat culturel
12:58et comme ils sont en train
12:59de perdre cette bataille idéologique
13:01et ce combat culturel
13:02ils sont en train
13:03de se radicaliser
13:04et donc ils deviennent
13:05de plus en plus violents
13:06et de plus en plus véhéments
13:07et ils interdisent
13:08et ils censurent
13:09de plus en plus
13:09ils cherchent à censurer
13:10les médias
13:11et nous le savons au combien
13:12ils cherchent à censurer
13:13les humoristes
13:14qui ne vont pas
13:15dans leur sens
13:16effectivement
13:17la gauche est devenue
13:18la gauche de la censure
13:19et ce combat culturel
13:20mené par la gauche
13:21concerne également
13:22les humoristes désormais
13:23Fabien
13:23il était vraiment
13:24d'une gauche populaire
13:25c'est-à-dire
13:25d'une gauche ouvrière
13:26alors vous avez raison
13:27de le préciser
13:28Gauthier
13:29il est né de mai 68
13:31on oublie cette première bataille
13:32où la gauche
13:33s'est vraiment imposée
13:34d'une manière très forte
13:35en France
13:35et Coluche
13:36c'est les banlieues rouges
13:37c'est la gauche merveilleuse
13:39c'est la gauche ouvrière
13:40c'est-à-dire
13:40c'est la gauche qui travaille
13:41qui se lève tôt le matin
13:43c'est des gens
13:44ils ont une pénibilité
13:46et ils commencent
13:47à être entendus
13:47dans les discours
13:48dans la rue
13:49les cortèges du 1er mai
13:51sont exceptionnels
13:52c'est-à-dire
13:53c'est ce qu'on appelait
13:53les banlieues rouges
13:54aujourd'hui
13:54elles ont totalement disparu
13:56évidemment
13:56oui
13:56on les a remplacés
13:59l'électorat ouvrier
14:00aujourd'hui
14:00vote rassemblement national
14:01on est d'accord
14:01et la gauche
14:02et l'extrême gauche
14:03cherchent un autre électorat
14:04on le sait bien
14:04et alors
14:05et ce qu'on aimait
14:06chez Coluche
14:06c'est ce côté révolté
14:08gauche ouvrière
14:10banlieue rouge
14:11parce qu'il avait un discours
14:13fort et haut
14:13qu'on ne pouvait pas
14:14en communiquer
14:15dans une époque
14:16de Pompidou
14:17de Giscard
14:18où on ne pouvait pas
14:19parler de tout ça
14:19c'est-à-dire que c'était
14:20très compliqué
14:20en fait ce que vous dites
14:21Fabien c'est qu'il a amené
14:22un vent d'air frais
14:23dans une époque
14:24qui était un peu corsetée
14:24avant mai 68
14:25alors il a mis du temps
14:26parce qu'entre 68
14:28et 81
14:30l'élection de François Mitterrand
14:31ça a été laborieux
14:32pour lui quand même
14:33mais il avait cette force
14:34de ses ouvriers de France
14:36et ça c'est
14:38contestant
14:38et la rupture
14:38avec le mitterrandisme
14:39c'est peut-être
14:40quand lui-même
14:40cherche à être candidat
14:41à l'élection présidentielle
14:42et peut faire de l'ombre
14:43à François Mitterrand
14:44alors il a fait son annonce
14:45le 27 mars 1980
14:47au journal Le Monde
14:49très vite
14:49il y a des sondages
14:50qui commencent à se mettre
14:51en place
14:51et je veux rappeler
14:51quand même le sondage
14:52du 28 décembre 1980
14:54où Giscard d'Estaing
14:56est annoncé
14:57à 32%
14:58François Mitterrand
14:59à 18%
15:01Coluche
15:02à 16%
15:03énorme
15:04Georges Marchais
15:0514,5%
15:06alors qu'il est beaucoup
15:06plus drôle
15:07et vous avez après
15:08Chirac
15:09à 8%
15:09ça c'était
15:11on est le 28 décembre
15:13pardon
15:141980
15:15et Coluche
15:16commence à prendre
15:17la voix d'un peuple
15:18mais vous imaginez
15:18c'est énorme 16%
15:19aujourd'hui c'est un ticket
15:20pour le second tour
15:21il décide du président
15:22c'est ça
15:22mais déjà
15:23c'est ça qui est
15:25invraisemblable
15:26déjà en septembre 80
15:28il est à 12,5
15:29on commence à le prendre
15:30pour un rigolo
15:31mais quand il monte
15:32à 16 le 28 décembre
15:34là ça devient sérieux
15:35et lui a eu peur
15:37il a eu peur
15:37et c'est comme ça
15:38que finalement
15:39il va jeter l'éponge
15:40le 16 mars 1981
15:42un mois
15:43avant l'élection présidentielle
15:44au premier tour
15:45c'est dingue
15:46un mois avant
15:47il arrête Coluche
15:47il appelle à voter
15:49François Mitterrand
15:49évidemment
15:50mais il sent le danger
15:51parce que là
15:52il ne sait plus
15:53comment faire
15:53et surtout
15:54il ne faisait plus rire
15:55à cette époque-là
15:55rappelez-vous
15:56dès qu'il intervenait
15:57il avait du mal
15:58à choper le peuple
15:59qu'il faisait rire
16:00depuis des années
16:01parce que le propos
16:02n'était plus drôle
16:02il était politique
16:03et lui c'était pas un homme politique
16:04il a été en politique
16:05en disant
16:05moi j'y vais sans programme
16:06pourquoi ?
16:07les hommes politiques
16:08ne respectent pas les français
16:09moi je les vois tous les jours
16:09je respecte
16:10donc je n'ai pas de programme
16:11donc il était l'antipolitique
16:12et quand un antipolitique
16:14pèse 16%
16:15il est de fait politique
16:17et là il a bugué
16:17il a arrêté
16:18pour retrouver son âme
16:20le fou du roi
16:21doit être jamais le roi
16:22exactement
16:22alors voyez justement
16:23l'extrait sur sa candidature
16:25qui a donc avorté
16:28dans un premier temps
16:29la presse s'en donne
16:30à coeur joie
16:31une de journaux en pagaille
16:33ça y est
16:33ils m'ont déjà mis
16:34sur la couverture
16:34l'obsession Coluche
16:36émission télévisée
16:37moi j'ai déclaré
16:38ma candidature
16:38comme une connerie
16:40si elle a pris
16:40cette importance
16:41c'est pas ma faute
16:42Coluche
16:43candidat à l'élection présidentielle
16:44tout le monde
16:45ne parle que de ça
16:49et si ce n'était finalement
16:50pas qu'une plaisanterie
16:51c'est grâce à vous
16:52que c'est pas une plaisanterie
16:53c'est vous
16:53qui rendez l'affaire sérieuse
16:54les autres candidats
16:56à l'élection
16:56regardent ce manège
16:57d'un air amusé
16:58jusqu'à la sortie
16:59des premiers sondages
17:00qui provoquent
17:01un véritable séisme
17:04crédité d'abord
17:05de 10%
17:05d'attention de vote
17:06Coluche monte
17:07jusqu'à 16%
17:08et sa candidature
17:09ne fait désormais
17:10plus rire grand monde
17:11ce sont les chiffres
17:12qui ont fait paniquer
17:13les politiques
17:14parce qu'il est monté
17:14très très haut
17:15il est passé devant
17:16Georges Marchais
17:16donc à l'époque
17:18Georges Marchais
17:18quand même
17:18le PCF
17:19représentait fort
17:20puisqu'il va faire
17:21la présidentielle
17:22en 80
17:22avec plus de 15%
17:25donc
17:25il gênait tout le monde
17:27mais notamment
17:28quand même la gauche
17:28il gênait tout le monde
17:29et c'est vrai que ça
17:30paraît fou aujourd'hui
17:30Fabien Lecoeur
17:31s'il fait 16%
17:32il est au second tour
17:33aujourd'hui Coluche
17:33on est d'accord
17:34c'est incroyable
17:35mais en fait
17:36vous savez
17:37la parole de Coluche
17:38s'il était là aujourd'hui
17:39c'est à dire
17:40qu'il avait la parole
17:41à l'époque des oubliés
17:42vous savez
17:42il y a les mêmes oubliés
17:43aujourd'hui en France
17:44on le sait
17:45qui ne savent plus
17:45vers qui se retournait
17:46ni la droite
17:47ni la gauche
17:47on le sait
17:48il y a des gens
17:49donc il pourrait y avoir
17:49un nouveau Coluche
17:50pour vous
17:50qui pourrait être crédité
17:51je ne sais pas si on peut
17:52refaire deux fois
17:52la même affaire
17:53j'ai une idée
17:53j'ai un nom en tête
17:54comme ça qui me vient
17:55on connait tous les deux
17:56on connait bien
17:57tous les deux
17:57mais je ne sais pas
17:58si ça peut se reproduire
17:59de la même manière
18:00en tout cas
18:02je pense que
18:03les fameux oubliés
18:04qui parlent à droite
18:05par la gauche
18:06parlent à droite
18:06c'est à dire
18:07il y a des gens
18:07dont on ne parle jamais
18:08qui n'existent pas
18:09qui n'existent plus
18:10et c'est ceux-là
18:11qui d'un seul coup disent
18:12mais c'est lui
18:12finalement qu'on veut nous
18:13parce que lui
18:14il est comme nous
18:14il vient de nos mêmes racines
18:16nos mêmes origines
18:17c'est lui finalement Coluche
18:19et c'est ça qui est intéressant
18:20mais c'est fidèle à lui
18:23déjà en 1980
18:24c'était les oubliés
18:25les mêmes qu'aujourd'hui
18:26qui se réfugient
18:27dans d'autres personnalités
18:28etc.
18:29Mais si on prend d'ailleurs
18:29ces idées
18:30et qu'on les retranspose
18:31aujourd'hui
18:31je vous mets au défi
18:32de deviner
18:33si pour vous
18:34c'est plutôt quelqu'un
18:35qui penchait plutôt
18:35à gauche ou à droite
18:36ce qu'il y a d'incroyable
18:37c'est qu'il s'abaisse
18:38à tout le monde
18:39et c'est le seul
18:40s'abaisse à tout le monde
18:41un populisme joyeux
18:42et un populisme
18:42on va dire au sens populaire
18:44au vrai sens du terme
18:45parce qu'il s'abaisse à tout le monde
18:46même si sa base
18:47était à gauche
18:49c'était le seul
18:50qui arrivait à transcender
18:50il faisait rire
18:52tout le monde
18:52non je l'ai vécu
18:54alors je vais vous expliquer
18:55il y avait la France de Coluche
18:56non non non
18:57pas la nouvelle France
18:58non non
18:59je parle de la France de Coluche
19:00la France de Coluche
19:01c'était pas la France
19:02giscardienne
19:03chiracienne à l'époque
19:05pompidouléane
19:05ça avait rien à voir
19:06non non
19:06il parlait pas à tout le monde
19:07d'ailleurs
19:08non non
19:08les concerts
19:09enfin les spectacles
19:10de Coluche
19:11c'était
19:12essentiellement remplis
19:12de gens du peuple
19:13des ouvriers
19:14donc vous voulez dire
19:15c'était la gauche Coluche
19:15c'était la vraie gauche
19:16mais une vraie gauche
19:17en tout cas
19:18rouge
19:18c'est à dire que là
19:20et il n'y avait pas
19:21des gens de Giscard
19:22ils détestaient Coluche
19:24il avait
19:24il était clivant
19:26non mais là
19:26vous parlez de parti politique
19:27je parle des gens
19:28des français
19:29mais ce qui est intéressant
19:30c'est qu'à un moment donné
19:31il a quand même réussi
19:32à s'allier avec le Luron
19:33pour la célèbre scène du mariage
19:34Coluche était clivant
19:35voilà ce que je veux dire
19:36c'est le mot finalement
19:36parce que
19:37ou on le détestait
19:39ou on l'aimait pas
19:39ou on l'adorait
19:40on l'adulait
19:40il aurait été si clivant
19:42on n'en parlerait pas
19:43aujourd'hui
19:44il était dans les cœurs
19:46non
19:46il a eu ce discours merveilleux
19:48quand il a créé
19:49les Restos du Coeur
19:49et là il a mis
19:50tout le monde d'accord
19:51mais avant
19:51ça a été très compliqué
19:52pour lui
19:53et à partir de là
19:54où il est allé voir
19:55les conseils généraux
19:56les conseils départementaux
19:58etc
19:58il a rassemblé
19:59la gauche et la droite
20:00autour des Restos du Coeur
20:01je me souviens très bien
20:02quand il a son appel
20:03le 25 septembre 1985
20:05mais vous avez
20:07clivé
20:07c'est aussi une manière
20:08de rassembler
20:08ceux qui vous aiment
20:10surtout
20:11bien sûr
20:11et ensuite effectivement
20:12les Restos du Coeur
20:13ont sans doute adouci son image
20:14pour la postérité
20:15et font cette image
20:16aujourd'hui
20:17d'unanimité autour de lui
20:18c'est comme les deux tours
20:19des présidentielles
20:19mais je ne suis pas sûr
20:20que la base giscardienne
20:21l'adorait
20:22en fait il a eu deux tours
20:24d'abord il a peut-être
20:25cliqué avec son humour
20:26mais le deuxième tour
20:27pour moi politique
20:28de Coluche
20:29ça a été les Restos du Coeur
20:29où il a rassemblé
20:31tous les français
20:31jusqu'à aujourd'hui
20:32ce soir on a parlé
20:33de liberté d'expression
20:34c'était le titre
20:35de ce documentaire
20:35Coluche
20:36la liberté de rire
20:37et on va justement
20:37parler de liberté d'expression
20:39avec vous Eric Tegner
20:40bonsoir
20:41alors au début
20:41Eric nous sommes évidemment
20:42ensemble de 11h à 13h
20:44tous les matins
20:44sur CNews
20:45vous n'étiez pas amené
20:46à vous retrouver
20:47dans cette soirée
20:48100% Coluche
20:49mais la liberté d'expression
20:51et l'actualité
20:52vient percuter
20:54cette soirée
20:54puisque c'est vraiment
20:55le thème
20:56de notre soirée
20:58et qu'est-ce qui s'est passé
20:59aujourd'hui autour de vous
21:00vous avez été condamné
21:01vous avez été condamné
21:02en première instance
21:03à six mois de prison
21:04avec sursis
21:05et à 30 000 euros
21:06d'amende
21:07et de dommages
21:08et intérêts
21:08pourquoi ?
21:09pour une enquête
21:10publiée dans les colonnes
21:11de frontières
21:12dont on va voir la une
21:13invasion migratoire
21:14ONG
21:14avocat
21:15juge
21:15journaliste
21:15passeur
21:16les coupables
21:17et c'est pour un dossier
21:18sur les avocats
21:19les avocats
21:20promigrants
21:21qui font du business
21:22autour donc
21:23de l'immigration
21:25et vous avez
21:26donné des exemples
21:27nommés des avocats
21:28et d'ailleurs
21:28vous n'êtes pas condamné
21:29pour diffamation
21:30vous êtes condamné
21:31pour le simple fait
21:32d'avoir nommé
21:33des avocats
21:34dans un article de presse
21:35je vais vous dire
21:36on a l'habitude
21:37ensemble
21:38de travailler
21:39vous me dites parfois
21:40que je suis un peu dur
21:40la vérité c'est que
21:41je ne suis pas assez dur
21:42cette journée
21:43elle m'a fait comprendre
21:44une chose
21:44c'est que j'étais un grand naïf
21:45c'est à dire qu'en effet
21:46il faut que les téléspectateurs
21:47comprennent que je n'ai pas été
21:49condamné pour diffamation
21:50je n'ai pas été condamné
21:51pour un jure
21:51à caractère raciste
21:53ou pour un jure public
21:54j'ai été condamné
21:55sur le fondement
21:56de la loi Samuel Paty
21:57c'est à dire que
21:58quand Samuel Paty
21:59a été assassiné
22:00par un terroriste islamiste
22:02les législateurs ont fait une loi
22:03pour éviter que ça arrive à nouveau
22:05et pour la première fois
22:06parce que c'est historique
22:07ce qui s'est passé aujourd'hui
22:08pour la première fois
22:09un juge a décidé
22:10de dévoyer cette loi
22:12pour l'appliquer contre moi
22:13pourquoi ?
22:13parce qu'on avait fait
22:14effectivement il y a un an
22:15une grande enquête
22:16sur le business de l'immigration
22:18on a essayé de faire
22:19quelque chose de construit
22:20pourquoi ?
22:20parce que vos téléspectateurs Gauthier
22:21ils ne comprennent pas
22:22pourquoi parfois
22:23il y a un clandestin violeur
22:24sous EQTF
22:25qui n'est pas expulsé
22:26et donc on a voulu le comprendre
22:27on a fait une immense enquête
22:29de 160 pages
22:30et on s'est notamment interrogé
22:31sur les avocats
22:32en droit des étrangers
22:33et en fait
22:34j'étais condamné
22:35parce que j'en ai parlé
22:36c'est-à-dire qu'ils ont considéré
22:37que je faisais
22:38ce qu'on appelle du doxing
22:39c'est-à-dire que
22:40nommer des gens
22:40et les mettre en danger
22:41nommer les gens
22:42mais je vais vous dire
22:42je vais vous parler
22:43d'une de ces dix personnes
22:44un de ces dix avocats
22:45qui était présent
22:46parce que j'ai été interrogé
22:47pendant 12 heures
22:47par le juge Aboubini
22:49et bien
22:49il est avocat
22:51d'Utopia 56
22:52une association pro-migrant
22:54il a eu des articles
22:55dans la presse de gauche
22:56il n'y avait aucun problème
22:57à ce moment-là
22:57qu'on parle de lui
22:58il revendiquait dans des vidéos
23:00son idéologie pro-migrant
23:01en revanche
23:02moi quand je parle de cela
23:03dans une enquête sourcée
23:05parce que c'est un regard
23:05plutôt critique
23:06sur l'immigration
23:07je serais coupable
23:08de doxing
23:08mais c'est du grand n'importe quoi
23:10c'est-à-dire qu'on a montré
23:11comment cet avocat
23:12par exemple
23:13sur deux mois
23:13entre octobre et novembre
23:142024
23:15parce qu'on a analysé
23:165500 décisions de justice
23:18c'est un travail
23:19qui n'a jamais été fait en France
23:20il avait réalisé
23:2193 recours
23:22au tribunal administratif
23:23plus de deux par jour
23:24il industrialisait la défense
23:26des clandestins
23:27pour faire en sorte
23:28sur d'autres cas
23:29par exemple
23:29on est allé sur un cas
23:30d'un clandestin
23:31en 2018
23:32condamné pour viol
23:33pendant 6 ans
23:34et bien il s'avère
23:35qu'un de ses avocats
23:36il a fait casser la décision
23:37du préfet
23:38pour l'expulser
23:39pourquoi ?
23:40parce qu'il s'était réintégré
23:41vous voyez
23:42ça c'est un sujet
23:43d'intérêt général
23:43et pour ça
23:44je risque potentiellement
23:45la prison
23:46si un jour je réitère
23:47parce qu'on veut
23:47faire en sorte
23:48que je ne continue pas mon travail
23:50et d'ailleurs je note
23:51que l'AFP a donné
23:52le nom du juge
23:53qui vous a condamné
23:54il n'y a pas de problème
23:54donc le Parisien l'a donné
23:55ils l'ont donné
23:56et je vais vous dire
23:57je vais vous dire autre chose
23:59je suis fou depuis une heure
24:01parce qu'en fait
24:02plein de gens ont vu
24:03la dépêche AFP
24:04ils sont allés regarder
24:04le nom du juge
24:05moi je ne l'avais pas fait
24:05moi franchement
24:06mais à coup de page
24:07je pensais que la justice
24:08malgré tout
24:09malgré le fait
24:10que j'ai lu les livres
24:10de Gilles William Godnadel
24:11et Georges Fenech
24:12ça allait le faire
24:13et en fait ce juge
24:15sur son réseau social X
24:17c'est un militant anti-RN
24:19pro-diversité
24:20sur tous les sujets
24:21il a créé une association
24:22il le revendique
24:22dans le quotidien
24:23dans le quotidien
24:25il revendique
24:25par exemple
24:26il veut faire rentrer
24:27une certaine diversité
24:28on voit des femmes voilées
24:29notamment dans son association
24:31dans la justice
24:32moi je ne suis pas contre
24:33que cette personne
24:34ait ses opinions
24:34mais à quel moment
24:35ce juge
24:37décide d'une affaire
24:38éminemment politique
24:39et j'ai même envie de vous dire
24:40moi j'ai déjà gagné
24:41mon procès à Marseille
24:42il y avait une centaine d'avocats
24:43une centaine d'avocats
24:44à Marseille
24:44on a gagné
24:45avec mon avocat tout seul
24:46j'ai gagné à Saint-Brieuc
24:47pour diffamation
24:48et cette fois-ci
24:49qu'est-ce qu'on fait
24:50les avocats
24:50avec tous les syndicats
24:51c'est comme le syndicat
24:52de la magistrature
24:53et bien ils ont choisi
24:54de saisir le tribunal
24:55de Bobigny
24:56nous on a plaidé
24:57l'incompétence du tribunal
24:58parce qu'aucun de ces avocats
24:59ne venait de Bobigny
25:00ça paraissait surprenant
25:01et à nouveau
25:02moi j'étais naïf
25:03et bien j'ai compris ce soir
25:04j'ai compris ce soir
25:05pourquoi
25:06un de ces avocats
25:07de l'ordre national
25:08du barreau de Paris
25:09d'ailleurs candidat LFI
25:10en 2024
25:11est-ce que j'ai le droit
25:11de le dire
25:12ou est-ce qu'on va m'accuser
25:13de doxing ce soir
25:13est-ce qu'on va me mettre en prison
25:15parce que j'ose dire
25:15qu'un des avocats
25:16en face de moi
25:17payé par l'ordre
25:18des barreaux de Paris
25:19ça veut dire par les avocats
25:19s'il y a des avocats ici
25:20c'est leur contribution
25:21était candidat LFI en 2024
25:23donc c'est un procès
25:24éminemment politique
25:25qui est totalement sidérant
25:27vous voyez toute la presse
25:28on est donné à cœur joie
25:29Le Monde
25:30Libération
25:30Ouest France
25:31etc
25:32et puis vous avez quand même reçu
25:33des messages de soutien
25:35de politique
25:35parce que rendez-vous compte
25:36on condamne Eric Tegner
25:37à 6 mois de prison
25:38avec sursis
25:38à 30 000 euros d'amende
25:40pour avoir cité des avocats
25:41dans un article
25:42c'est de ça dont on parle
25:43donc très bien
25:44mais dans ce cas-là
25:45les campagnes de presse
25:46contre CNews
25:46arrêtez de nous citer
25:47parce que vous nous mettez
25:48des cibles dans le dos
25:48et Rachel Kahn
25:49elle quand
25:50Emeric Caron
25:51tweet Radio 1000 collines
25:53avec tous les sous-entendus
25:54qu'il y a derrière ce tweet
25:55il est relaxé Emeric Caron
25:57donc vous avez Sarah Knafo
25:58n'oubliez pas
25:59qu'un animateur périscolaire
26:00poursuivi pour harcèlement
26:00et agression sexuelle
26:01sur 9 fillettes de CM2
26:02vient d'être relaxé
26:04par le tribunal correctionnel de Paris
26:05soutient Eric Tegner
26:06on relaxe les pédocriminels
26:07résumés
26:08et on condamne les journalistes
26:10à de la prison avec sursis
26:11Marion Maréchal
26:12il se serve une loi votée
26:13après la mort d'un professeur
26:15assassiné par un islamiste tchétchène
26:16Yoann Uzay
26:18cette loi effectivement
26:19elle était là pour combattre
26:20les islamistes
26:21qui mènent des cabales
26:21qui peuvent mener
26:22à des décapitations
26:23comme le prédicateur
26:24autour de Samuel Paty
26:25et cette loi est utilisée
26:27pour finalement faire taire
26:28ceux qui combattent
26:29les islamistes
26:29et ceux qui font des enquêtes
26:30donc pour simplement citer
26:34le nom des avocats
26:35ce qui montre bien
26:37qu'aujourd'hui
26:37une partie
26:38je ne généralise pas
26:39mais qu'une partie
26:40de la justice
26:41n'est qu'une justice politique
26:43moi je rejoins tout à fait
26:44ce qu'a dit Eric
26:44je me suis intéressé
26:45un petit peu
26:46à ce juge
26:47j'ai été regarder
26:47qui il était
26:48il se trouve
26:48en plus de tout
26:49ce que nous a dit Eric
26:50que ce juge
26:51a été le porte-parole
26:52de Nicole Belloubet
26:53lorsqu'elle était
26:54ministre de la justice
26:55et bien pardonnez-moi
26:56si un jour
26:57j'ai affaire à la justice
26:58je n'ai absolument pas envie
27:00d'être jugé
27:00par l'ancien porte-parole
27:02de Nicole Belloubet
27:03parce que je sais très bien
27:04que ça ne peut que mal finir
27:05pour moi
27:06parce que cette personne
27:07est probablement
27:08très politisée
27:09et très idéologisée
27:11mais pardon
27:12ce qui se passe
27:12est gravissime
27:13il y a une volonté
27:14de censure
27:15dans ce pays
27:16qui n'a jamais été
27:17à ce niveau-là
27:18on cherche à fermer
27:19des chaînes d'infos
27:20on cherche à interdire
27:22les journalistes
27:22d'enquêter
27:23sur les principaux sujets
27:24de préoccupation
27:25des français
27:25l'immigration
27:26l'insécurité
27:28nous sommes à 10 mois
27:29d'une campagne présidentielle
27:30il est fondamental
27:31que la Brest bénéficie
27:32d'une totale liberté
27:34pour enquêter
27:35sur l'ensemble
27:36des sujets
27:36qui concernent
27:37tout le pays
27:38je pense vraiment
27:39que tous les français
27:40devraient se préoccuper
27:41de ce qui s'est passé
27:42aujourd'hui au tribunal
27:43un dernier point
27:44ils considèrent
27:45qu'en raison de notre inquiète
27:46parce qu'il y a eu
27:47deux ou trois menaces
27:48contre ces avocats
27:49j'en suis responsable
27:50ils m'ont mis au même rang
27:51finalement que l'imam
27:52qui a appelé
27:52à assassiner Samuel Paty
27:54vous avez raison Gauthier
27:55tous les articles
27:56dans ce cas-là
27:56qui sont réalisés
27:57contre CNews
27:58et des journalistes
27:59qui mènent
27:59à des menaces de mort
28:00même l'article du Monde
28:01qui relayait le tribunal
28:02il y a eu dans les commentaires
28:04des menaces de mort
28:05contre Gilles William Goldadel
28:06et pourquoi j'en parle ?
28:07parce que moi
28:07les menaces de mort
28:07je les connais
28:08moi il y a un islamiste
28:09en ce moment
28:10qui est en prison à Mulhouse
28:12parce qu'il a été condamné
28:13parce qu'il voulait rejoindre
28:14le Hezbollah
28:14et qu'il voulait me couper la tête
28:15c'est quelque chose de concret
28:16est-ce que je vais commencer
28:18à attaquer
28:18sur le fondement
28:19de la loi Samuel Paty
28:19toute la presse ce soir
28:21qui me désigne comme un raciste
28:22et un énorme dingue
28:23finalement qu'il faudrait condamner
28:25et mettre en prison
28:25non
28:25parce que j'ai pas cette vision
28:27de la liberté de la presse
28:28finalement
28:28et je vais vous dire
28:29Côtier
28:29ça va tous les rattraper
28:30c'est ça qui est terrible
28:31ça va tous les rattraper
28:3210 secondes Franck
28:32les décisions de justice
28:34sont rendues
28:34c'est écrit en haut à droite
28:35au nom du peuple français
28:36là on voit bien
28:37que ce n'est pas au nom du peuple français
28:39mais au nom de
28:39certaines partitions peut-être
28:41du peuple français
28:41et d'une orientation politique
28:43qui n'a rien à faire
28:45pour prendre une décision de justice
28:46voilà c'est tout ce qu'il y a à dire
28:47Merci d'avoir suivi cette soirée
28:49autour de Coluche
28:50et de la liberté d'expression
28:51Mickaël Dorian
28:52dans un instant
28:52pour la suite de vos programmes
28:53il va revenir sur l'affaire Liana
28:55et les nouveaux éléments
28:56de l'enquête
28:57qui révèlent
28:59de Jérôme Barrella contre Liana
29:01on se retrouve lundi
29:02pour 100% Frontières à 11h
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