- il y a 13 heures
Un rendez-vous 100% politique présenté par Gauthier Le Bret du lundi au jeudi de 21h à 22h.
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00:00Je, ça n'est pas quelque chose, on doit faire tomber tous les préceptes moraux qui nous ont été inculqués.
00:09Et donc la sexualité aussi pour les enfants, c'est quelque chose qui finalement ne devrait pas être dramatisé.
00:16Et ça, c'est vrai qu'on est un peu sortis de ça, heureusement, et votre émission elle est utile,
00:20parce qu'elle permet aussi de mettre un regard sur ceux qui nous entourent, sur ceux qui entourent des victimes,
00:27de peut-être sortir d'un certain déni, d'une certaine difficulté à voir,
00:32parce que quand on est face à l'horreur, on a parfois une difficulté à voir.
00:38Et c'est en ça que je remercie particulièrement ma maman, pour qui ça a été très très difficile.
00:45Et je sais qu'elle a fait tout ce qu'elle a pu, mais on ne voit pas assez à
00:54quel point c'est difficile d'assumer,
00:56mais aussi pour des proches, cette réalité qui est dramatique.
01:00Bonsoir à tous, bienvenue dans cette édition spéciale consacrée à la disparition de Liana,
01:05alors que vous le savez, un corps a été retrouvé portant les mêmes vêtements que la très jeune adolescente,
01:11et alors que de multiples dysfonctionnements ont été pointés dans cette affaire,
01:15y compris par le garde des Sceaux qui a annoncé une enquête administrative,
01:18et prendre des sanctions si nécessaires.
01:21Pour en parler ce soir, Jules Thores de la rédaction du journal du dimanche,
01:24Maître Olivier Pardot, Mathieu Devesse, journaliste police-justice à CNews,
01:28qui suit ce dossier, Johan Uzaï du service politique de CNews,
01:30Pierre-Marie Sèvres de l'Institut pour la justice,
01:32et Amine Al-Katmi, essayiste.
01:34L'État est-il encore capable de protéger nos enfants ?
01:38C'est la question qu'on se pose après ce qui s'était passé autour du périscolaire
01:41et les réquisitions qui ont énormément choqué, très faibles,
01:44contre les pédocriminels.
01:45Là, on se trouve dans le cas d'un homme, d'un individu, Jérôme Bé,
01:50principal suspect dans l'affaire de Liana,
01:53qui était déjà connu pour de multiples affaires,
01:56sans qu'il ne soit jamais entendu.
01:58En 2020, une plainte a été déposée sur des faits de nature sexuelle sur mineurs.
02:03La plainte a été déposée en 2020 et a été classée sans suite.
02:062021, employé comme agent d'entretien dans plusieurs lycées du Gers,
02:09Jérôme Bé avait été écarté d'un établissement.
02:12Il se comportait de manière inappropriée avec une lycéenne.
02:152025, une plainte a été déposée en août pour des viols
02:18commis durant l'année scolaire précédente chez lui
02:20sur une enfant de 10 ans, amie de sa fille aînée.
02:23Et vous avez les différentes plaintes visant Jérôme Bé.
02:262017, signalement pour des faits de nature sexuelle sur mineurs.
02:292021, licenciement pour comportement inapproprié envers une lycéenne.
02:332022, plainte pour viol sur mineurs classée sans suite en 2024.
02:372025, plainte pour viol sur mineurs en cours d'instruction,
02:40sans qu'il ne soit jamais entendu à l'heure où on se parle.
02:42Et 2026, donc, une nouvelle plainte pour viol sur mineurs déposée hier matin
02:47et l'affaire Liana.
02:49Comment on peut expliquer autant de dysfonctionnements, Maître Pardot ?
02:52On était en présence d'un prédateur sexuel qui était libre comme l'air
02:56et qui n'avait toujours pas été entendu par les enquêteurs et la justice.
03:00C'est un désastre judiciaire.
03:01C'est un désastre judiciaire qui a amené à la mort d'une enfant.
03:05Cette mort de cet enfant aurait pu être évité,
03:10ne serait-ce qu'à raison de la dernière affaire.
03:13Vous l'avez dit, la dernière plainte pour viol sur une enfant qui s'appelle Rosa.
03:21La maman ne cessait d'appeler la gendarmerie en demandant des informations.
03:25Avec des lésions vaginales et anales, qui avaient été constatées.
03:29Avec des lésions vaginales et anales.
03:29Et il n'a même pas été placé un instant en garde à vue.
03:34Parce que si on l'avait placé en garde à vue,
03:36à ce moment-là, les policiers, ou les gendarmes plus exactement,
03:39auraient pu remonter sur tous les antécédents.
03:42Nous avons affaire à une sérialité, nous avons affaire à un dysfonctionnement gravissime.
03:47Gravissime parce que ça a amené à la mort d'un enfant.
03:51Et c'est parfaitement insupportable.
03:55Quelles sont les responsabilités ?
03:57Je pourrais vous décrire sur la faiblesse de la justice, le manque de moyens.
04:01Tout ça, c'est d'abord des défaillances humaines.
04:05C'est-à-dire ne pas avoir fait une garde à vue.
04:08Il ne faut pas nous dire que c'est le manque de moyens.
04:09Parce qu'ils vont essayer de le dire.
04:11Ils vont se couvrir dans la magistrature.
04:13Ils vont se couvrir l'esprit de corps, on le connaît.
04:15Mais non, là, non.
04:17Là, les moyens, ils les ont.
04:19On sait entendre la parole d'un enfant.
04:21Aujourd'hui, il y a des protocoles pour ce faire.
04:24C'est une défaillance parce qu'au fond, au fond, la violence sur des mineurs sexuels,
04:32ce n'est pas une urgence judiciaire.
04:34Ça devrait l'être.
04:35Il y a des affaires qui sont moins importantes,
04:38qui portent atteinte à des affaires financières,
04:41où on déploie des moyens colossaux.
04:43et là, alors qu'il y a le danger d'une enfant qui a été manifestement,
04:52je ne veux pas dire des mots,
04:54qui pourrait heurter les parents s'ils nous écoutent,
04:56mais qui a dû subir des sévices pour terminer par la mort
04:59et on la retrouve dans un silo.
05:02Et à ce moment-là, on ne peut pas dire
05:04que la faute n'a pas de chance ou que la faute n'a pas de moyens.
05:07Il y a des responsabilités.
05:08Il faudra que ces responsabilités soient mises en avant.
05:12Les parents ont fait part de leur colère par communiquer,
05:15évidemment, en parlant de deuil,
05:17alors qu'il n'est pas encore confirmé que le corps retrouvé est celui de Liana.
05:20Mais ce corps portait évidemment les mêmes vêtements que Liana,
05:23donc ça laisse peu de doute.
05:24Mais on est dans une colère immense, Pierre-Marie Sèvres.
05:26J'ai rappelé le parcours, mais qui fait froid dans le dos de Jérôme B.
05:30Et à aucun moment, la justice n'a pu mettre un stop
05:33pour mettre hors d'état de nuire ce pédocriminel,
05:36parce que c'est un pédocriminel.
05:37Moi, je constate qu'il n'y a pas que la justice, d'ailleurs,
05:40mais que dans notre société, la violence contre les mineurs,
05:44contre les enfants, n'est pas prise au sérieux.
05:47Il n'y a qu'à voir une seule chose, le périscolaire parisien,
05:50où on a des sévices en chaîne, en réseau,
05:55dans lesquels on a réélu,
05:57enfin, je ne veux pas à Paris,
05:59mais ont été réélus l'équipe qui a mis en place,
06:02qui est responsable de ces dysfonctionnements.
06:04Et les médias, les votants,
06:07la justice qui a mis un temps fou
06:09avant de s'intéresser aux affaires du périscolaire,
06:12et qui, évidemment, hasard du calendrier,
06:14n'était pas juste avant les élections.
06:16Tiens, bon, c'est amusant.
06:18Et puis derrière, les réquisitions,
06:20vous avez entendu,
06:21alors on n'a pas encore eu la semaine dernière.
06:23Un an ferme pour un pédocriminel
06:25qui avait agressé 9 enfants de 3 à 5 ans,
06:29aménageables sous bracelet électronique,
06:30et 18 mois de prison avec sursis pour l'autre.
06:33Donc aucun des deux ne passe par la casse-prison.
06:35Et là, on a un pédocriminel
06:36qui a un parcours, Jérôme B, absolument glaçant,
06:39et il a eu le temps de croiser la route de Liana
06:41et d'être un multirécidiviste.
06:43Donc ça fait froid dans le dos.
06:44L'État est-il encore capable de protéger nos enfants ?
06:47Voilà la question qu'on se pose ce soir.
06:49C'est à nous, ce soir, sur ce plateau,
06:51et à tous les citoyens dans leur entourage et dans leur vie,
06:53de bien montrer que les violences sexuelles
06:56contre les enfants sont les pires crimes
06:58qu'on peut commettre dans une société,
07:00parmi les pires crimes.
07:01Et que la parole de l'enfant doit être entendue.
07:04On n'est plus dans le temps d'un film
07:06que vous avez sûrement vu,
07:07qui s'appelait Les risques du métier,
07:10ou d'André Cayatte, ou avec Jacques Brel,
07:12où c'était une enfant
07:14qui accusait son instituteur de sévice.
07:16Et toute la thèse du film,
07:18c'était de dire qu'elle accuse,
07:20mais en réalité, ce n'est pas vrai,
07:21parce que la parole des enfants n'est pas fiable.
07:23Et c'est une vengeance.
07:24Aujourd'hui, la parole des enfants doit être entendue.
07:27Et à Paris aussi, le périscolaire,
07:29il y a des parents qui expliquent
07:29que la brigade des mineurs
07:30n'a pas cru tout de suite les enfants.
07:32Amine El Khatmi.
07:33Évidemment, je plussoie à tout ce qui vient d'être dit.
07:36Je rappelle que dans l'affaire du périscolaire,
07:39lorsque des accusations ont été portées
07:41sur un certain nombre d'animateurs,
07:43les animateurs ont été déplacés.
07:45Absolument.
07:45D'une école, d'une école à une autre.
07:46Pas fonctionnée.
07:47Déplacée.
07:48Déplacée.
07:48Alors que le simple bon sens,
07:50il n'y a pas besoin d'avoir fait
07:51l'école nationale magistrature
07:52pour savoir que le simple bon sens,
07:54dans ce cas-là,
07:54dans l'attente des conclusions d'une enquête,
07:56c'est de suspendre la personne
07:58et qu'elle ne soit plus en contact
07:59avec des enfants.
08:01La confiance des citoyens dans la justice
08:03est un des fondements du pacte démocratique.
08:07Or, un certain nombre de décisions
08:09qui sont rendues depuis des années dans ce pays
08:11sont en train de saper cette confiance.
08:13Les citoyens n'ont pas confiance
08:15dans une justice
08:16qui rende des décisions
08:17qui sont aussi absurdes.
08:19Alors, on n'est pas obligé
08:20de verser dans une forme de populisme
08:22ou dire des juges qui sont tous pourris
08:24ou tous incompétents
08:24ou des juges rouges, je ne sais pas quoi.
08:26Donc, sans verser dans ce populisme-là,
08:28on peut de manière lucide,
08:30raisonnable, factuelle,
08:31voir que la confiance des citoyens
08:33dans la justice
08:34est en train d'être détruite
08:36par la justice elle-même
08:37et c'est un problème démocratique fondamental.
08:39Alors, il a une qualité,
08:40Gérald Darmanin,
08:41c'est qu'il sait réagir
08:42et qu'il sait reconnaître les situations
08:43et qu'il n'a pas besoin de dire
08:44que ce qu'on vit,
08:45on ne le vit pas vraiment, etc.
08:47C'est vraiment sa qualité première.
08:49Donc là, il a reconnu, évidemment,
08:50qu'il y avait eu des dysfonctionnements.
08:51Il a demandé une enquête administrative
08:52et il a dit qu'il allait prendre des sanctions
08:53si le besoin était de prendre des sanctions.
08:57Une inspection conjointe
08:59du ministère de l'Internet
08:59du ministère de la Justice
09:00fera tous les éléments clairs.
09:02Pourquoi on met du temps
09:03à transmettre entre le parquet de Toulouse
09:04et le parquet d'Oche
09:06et pourquoi on le fait en papier
09:08la suite de la plainte ?
09:09Pourquoi, lorsque la procurante,
09:11de la République demande
09:12de faire des actes d'enquête,
09:13manifestement, ils ne sont pas faits.
09:14Pourquoi on n'est pas intervenu
09:15alors que ça fait de longs mois
09:16qu'on a des plaintes contre ce monsieur ?
09:17C'est tout à fait inacceptable.
09:19En tant que chef d'administration,
09:20je prendrai mes responsabilités,
09:21je rendrai public le rapport
09:23et je prendrai des sanctions.
09:24Je les proposerai,
09:25si je devais y en avoir,
09:27évidemment en ce qui me concerne
09:28avec le Conseil supérieur de la magistrature.
09:30Et ça, c'est très important
09:31parce qu'il cite le Conseil supérieur
09:32de la magistrature
09:33parce qu'il y a quand même
09:34plus que des craintes
09:35de sérieux doutes
09:36que la magistrature
09:37essaye de se couvrir
09:38en disant que c'est un manque de moyens,
09:39s'il n'y a pas de responsabilité individuelle,
09:41c'est des décisions collectives, etc.
09:43Jules Torres.
09:43Je pense qu'en effet,
09:44il y a eu plusieurs défaillances.
09:46Il y a en effet eu
09:47des défaillances techniques.
09:49Il y a eu,
09:49quand Gérald Darmanin
09:50parle par exemple
09:51de papiers
09:52qui se déplacent
09:54entre le parquet de Toulouse et Doche,
09:55il a raison.
09:56Pour quiconque
09:56qui est déjà allé dans un tribunal
09:57ou a déjà été avec des magistrats,
10:00je peux vous dire
10:00que les logiciels
10:01qui sont utilisés
10:02pour traiter des affaires
10:03qui sont des affaires humaines,
10:04qui sont des affaires de sécurité,
10:06on a l'impression
10:06d'être à l'âge de pierre.
10:08Il faut expliquer,
10:09on a l'impression
10:09d'être effectivement
10:10dans un pays sous-développé
10:12parce que la plainte
10:14a été déposée
10:15dans un autre département
10:16où les faits ont été commis.
10:18Donc parce qu'on dépose plainte
10:19dans un autre département
10:20que là où les faits ont été commis,
10:22il y a des problèmes
10:22de synchronisation.
10:23On est chez les fous.
10:24Il y a des problèmes
10:24de synchronisation
10:25et surtout
10:25ce n'est pas automatique
10:26que, imaginons,
10:28on bosse aujourd'hui
10:28par exemple
10:28avec l'intelligence artificielle.
10:30L'intelligence artificielle
10:30pourrait voir que
10:32la même personne
10:33est concernée
10:33dans deux parquets différents
10:34et dans deux départements différents.
10:36Ça, c'est des sujets,
10:38j'ai envie de vous dire,
10:39de justice du quotidien
10:40et ça, c'est évidemment
10:41le rôle du garde des Sceaux.
10:42Mais sur ces défaillances
10:43et les défaillances humaines,
10:44elles sont quand même terribles
10:45parce qu'elles amènent
10:45à des conséquences
10:46qui sont gravissimes.
10:47Mais j'ai envie de vous dire,
10:48ce n'est pas étonnant.
10:49Quand on a 76 200 violences sexuelles
10:53contre des mineurs chaque année,
10:54c'est-à-dire 208 par jour,
10:56bien sûr que c'est extrêmement compliqué
10:57de gérer tout cela.
10:59Le sujet,
10:59c'est qu'on a des multirécidivistes
11:01parce qu'en l'occurrence,
11:02ce monsieur était un multirécidiviste.
11:03Alors, on va nous répondre
11:04là de la même manière.
11:05Un pédocriminel,
11:06il faut mettre des mots.
11:07Un pédocriminel multirécidiviste.
11:08On va nous répondre
11:09qu'il avait un casier vierge,
11:11qu'il n'a jamais été condamné pour ça.
11:12Bon non,
11:12il a juste eu un signalement en 2017,
11:14il a juste été licencié
11:15en 2020-2021
11:16et il a juste eu une plainte en 2022.
11:19Donc, à un moment donné,
11:21c'est aussi cette justice
11:21qui doit se remettre en question
11:22parce qu'encore une fois,
11:24Gérald Darmanin,
11:24c'est très bien ce qu'il dit aujourd'hui.
11:26Quand il est arrivé
11:26au ministère de l'Intérieur,
11:27il a dit,
11:28bon,
11:28arros sur les victimes,
11:29on va se concentrer sur les victimes,
11:31sur les victimes
11:32qui sont déjà des victimes,
11:33d'accord,
11:33mais sur toutes les potentielles victimes,
11:35on ne peut pas tolérer
11:36dans ce pays
11:36d'avoir autant d'atteintes
11:38à l'intégrité de nos enfants.
11:39Ce n'est pas possible.
11:40Mathieu Devez,
11:41c'est vous qui suivez ce dossier.
11:42J'en ai dit déjà quelques mots.
11:44C'est un sommet de dysfonctionnement.
11:46C'est une accumulation
11:47de dysfonctionnements
11:49qui ont mené
11:49au terrible drame
11:51de Liana
11:52et ce corps
11:53qui a été retrouvé
11:53avec ses vêtements.
11:54Exactement.
11:55Et ce qui interpelle,
11:56c'est cette deuxième plainte,
11:57plainte déposée,
11:58je le rappelle,
11:58en août 2025
12:00et dont l'enquête
12:00était encore en cours
12:02quand, vendredi,
12:03la petite Liana
12:04a disparu.
12:05Et puis,
12:05vous l'avez dit,
12:06donc plainte déposée
12:07dans un département,
12:08l'effet commis
12:08dans un autre département
12:10et neuf mois,
12:11neuf mois
12:12qui s'écoulent.
12:13Toujours pas d'audition
12:14pour ce principal suspect,
12:16donc Jérôme Barrella,
12:17âgé de 41 ans.
12:19Alors,
12:19c'est ça,
12:19effectivement,
12:20qui fait froid dans le dos
12:21et puis,
12:21je viens de recevoir
12:22par notre amie
12:24Eliott Deval
12:25un extrait
12:26d'une interview
12:27de la syndicat
12:28de la magistrature
12:29chez nos confrères de RTL
12:30qui explique quelque chose
12:31qui fait froid dans le dos.
12:32Elle dit,
12:33notre pile de dossiers
12:34de violences sexuelles
12:35sur mineurs est immense.
12:36On doit faire,
12:36écoutez bien,
12:37cette hiérarchie dramatique
12:38d'urgence
12:39entre les dossiers.
12:41Voilà,
12:41ça a commencé.
12:42Le syndicat de la magistrature
12:44explique qu'ils doivent choisir
12:45entre les dossiers
12:46et qu'en gros,
12:47ce n'est pas trop de leur faute.
12:48Mais attendez,
12:48attendez,
12:49très bien.
12:50Tout ça,
12:50très bien.
12:51Là,
12:51en août 2025,
12:52Vous imaginez pour les parents
12:53entendre ça ?
12:54En août 2025,
12:54un peu de silence.
12:55Ils ne peuvent pas faire
12:56un peu de silence
12:56le syndicat de la magistrature.
12:58Vous avez un enfant
12:59qui vient dire
13:00par l'intermédiaire de sa mère
13:01qu'elle a été violée.
13:03On fait des examens
13:04sur elle.
13:05Elle a 11 ans.
13:06On ne va pas dire
13:06qu'elle a des relations sexuelles
13:07par ailleurs.
13:08On constate effectivement
13:10qu'elle a eu
13:11des pénétrations
13:12anales et vaginales.
13:13Et à partir de là,
13:15vous avez suffisamment d'éléments.
13:16Elle indique
13:17qui a commis
13:18ces pénétrations.
13:20Et donc,
13:21on va vous dire
13:21qu'il n'y a pas d'urgence.
13:22On ne l'entend pas.
13:23On ne l'entend pas.
13:24On fait constater
13:24des lésions vaginales
13:25et anales.
13:26Et on ne va pas chercher
13:27et mettre en garde à vue
13:28le Jérôme B.
13:29Et mieux encore,
13:30on ne tient pas à informer
13:32les parents
13:33des constatations
13:34qui ont été faites.
13:35Alors moi,
13:35je veux bien dire
13:36qu'il y a des urgences,
13:37qu'on a mille choses à faire.
13:39Mais quand vous avez...
13:39Mais il ne peut pas faire silence
13:40aux indigats de la magistrature.
13:41Quand vous avez
13:42ces éléments-là
13:43en main,
13:44vous agissez
13:45dans l'urgence.
13:46Quand on agit
13:47dans l'urgence
13:48parce que des politiques
13:49sont soupçonnées,
13:50là, on met
13:51tous les moyens.
13:52Là, c'est quand même...
13:53Le PNF est assez rapide
13:54en général
13:55sur les histoires
13:55de costumes
13:56et de...
13:58Yohann Uzaï,
13:59l'État est-il encore
13:59capable de protéger
14:00nos enfants ?
14:01On fait constater
14:02des lésions vaginales
14:03anales sur une petite fille.
14:05On ne va pas chercher
14:06le principal suspect.
14:07Jérôme B.,
14:08on le laisse dans la nature
14:08jusqu'à ce qu'il se croise
14:09la route de l'IANA.
14:11Mais c'est un scandale.
14:12Et le syndicat
14:12de la magistrature
14:13qui ne peut même pas
14:14se taire
14:15alors que la famille
14:15publie un communiqué
14:16pour expliquer
14:17qu'ils sont déjà en deuil.
14:18C'est les mots de l'avocat.
14:20Et le syndicat
14:20de la magistrature
14:21va faire des radios
14:22pour déjà défendre
14:23les magistrats
14:23alors qu'il y a eu
14:24des dysfonctionnements
14:25à l'appel.
14:27L'État ne protège
14:28pas plus les enfants
14:29qu'il ne protège
14:29l'ensemble des Français.
14:31Ça me semble être
14:31une évidence
14:32et nous en avons aujourd'hui
14:32la preuve sous les yeux.
14:34Néanmoins,
14:34il ne faudrait pas
14:35qu'on fasse fausse route
14:36parce que s'il y a eu
14:37manifestement
14:38des fautes individuelles,
14:39des négligences,
14:40des manquements,
14:41ça semble absolument évident
14:42et le garde des Sceaux l'a dit,
14:43il prendra,
14:44s'il y en a eu,
14:45des sanctions.
14:46Mais je sens déjà
14:47le piège arriver.
14:48Il ne faudrait pas
14:49qu'on se contente
14:50de ces sanctions individuelles
14:51parce que le problème
14:53il est systémique
14:54pour l'investissement.
14:55S'il y a eu des failles
14:56et il y en a eu
14:57nécessairement
14:57pour arriver à ce drame,
14:59c'est qu'il y a eu des failles
15:00et les éléments
15:01en notre possession
15:02montrent que
15:03c'est même
15:04extrêmement alarmant.
15:06Mais au-delà de ça,
15:07c'est systémique
15:07et moi je crois
15:08quand même
15:08le syndicat de la magistrature
15:09quand ils disent
15:10qu'ils ont des dossiers
15:11d'agression sexuelle
15:12sur leur bureau
15:13par centaine et par milliers
15:14et qu'ils sont obligés
15:15de faire ces choix-là.
15:17Je le crois aussi
15:18parce que je crois
15:19que c'est le cas
15:19et que le manque de moyens
15:21a aussi probablement joué
15:22un rôle
15:23dans cette affaire-là.
15:24Donc des sanctions individuelles,
15:25oui pourquoi pas
15:26mais il ne faut pas
15:27que le gouvernement
15:27se contente
15:28de communiquer là-dessus
15:30pour dire
15:30on a géré le problème,
15:32circuler maintenant
15:33il n'y a plus rien à voir.
15:34Il y a une famille
15:34qui est en deuil,
15:35je reprends le terme
15:36de leur avocat
15:36et le syndicat de la magistrature
15:38vient déjà se défendre.
15:39Il me semble-t-il
15:40comme le dit
15:40très justement Jules Torres,
15:42il y a le temps aussi
15:43de la décence,
15:44il y a le temps du silence
15:45et ils peuvent faire silence
15:46le syndicat de la magistrature
15:47me semble-t-il Pierre-Marie Selle.
15:48Le syndicat de la magistrature
15:49est déconnecté
15:50à tous les niveaux
15:52de ce que pensent
15:5399% des gens.
15:55Il faut bien comprendre
15:56ce que c'est,
15:57c'est un groupe
15:57100% idéologique,
15:59donc un syndicat de magistrats,
16:00le syndicat 100% idéologique
16:01qui passe son temps
16:02sur les plateaux télé,
16:04dans l'affaire des tribunes,
16:05etc.,
16:05dans tous les journaux,
16:06le monde, etc.,
16:08donc pour faire parler,
16:09pour défendre
16:10une idéologie
16:11qui de manière générale
16:12est celle du laxisme,
16:14donc 100% déconnecté
16:15de ce que demande
16:16l'écrasante majorité
16:17des Français.
16:18Donc, évidemment,
16:19on ne peut pas être étonné
16:21de voir que
16:22la représentante,
16:24une des représentantes
16:24du syndicat de la magistrature,
16:26nous sort des choses
16:27qui paraissent
16:28ne pas respecter
16:29la valeur humaine,
16:31cette valeur humaine
16:31qui est la décence,
16:32etc.,
16:33quand bien même
16:33ça peut être vrai
16:34sur le fond.
16:35Et puis, pardon,
16:35mais pour rebondir,
16:36je pense que c'est vrai,
16:37il y a beaucoup trop
16:38de dossiers
16:38pour connaître
16:39un certain nombre
16:39de magistrats
16:40et des magistrats
16:41qui travaillent très bien,
16:42ils ont trop de dossiers.
16:43En revanche,
16:44et c'est vrai qu'Amine
16:45l'a brossée,
16:46il y a une justice
16:47qui est extrêmement rapide
16:48dans ce pays.
16:49La justice financière,
16:50ça va très très vite.
16:51La justice,
16:52pour s'en prendre
16:52à des policiers,
16:53on en a parlé cette semaine,
16:55bon,
16:55il y a eu un policier
16:57qui s'est comporté
16:58de manière extrêmement grave
16:59lors des violences
17:00du Paris Saint-Germain.
17:01Le soir même,
17:02il était en détention provisoire,
17:03le lendemain,
17:04il était condamné
17:04à 14 mois
17:05de prison de faire.
17:07C'est le politique
17:08qui l'a souhaité.
17:08Je n'exonère absolument pas
17:09le politique
17:10de ses responsabilités.
17:11Mais en revanche,
17:12la justice,
17:13elle a le droit.
17:14Florian M,
17:15l'auteur du tir mortel
17:16sur Naël,
17:17a eu 4 mois
17:18de détention provisoire.
17:19Je veux dire,
17:20il y a des militants
17:21de droite,
17:22d'extrême droite
17:22ou d'ultra droite
17:23dans ce pays
17:24qui subissent
17:25un acharnement judiciaire
17:27avec des enquêteurs
17:28qui sont sur leur dos,
17:29avec des personnes
17:30qui sont condamnées
17:30pour détruits.
17:31Dans ce pays,
17:32il y a une justice
17:33qui existe,
17:33il y a une justice
17:35qui est extrêmement rapide.
17:35Il suffit juste
17:36de mettre la priorité.
17:37Et la priorité,
17:38pour l'instant,
17:39elle n'est pas
17:39sur la protection
17:39de nos enfants.
17:40Vous avez raison.
17:41Et pendant ce temps,
17:41Jérôme B,
17:43pédocriminel multirécidiviste,
17:43n'a pas fait un jour
17:44de détention,
17:45n'a pas été entendu
17:45pour une autre plainte
17:47pour viol
17:48avec des lésions
17:49constatées sur la petite fille
17:50anal et vaginale.
17:52Pendant ce temps,
17:53le pédocriminel
17:54qui agissait
17:55dans une école maternelle
17:56parisienne
17:56qui s'en est pris
17:57à 9 enfants
17:57des agressions sexuelles
17:58sous les sous-vêtements
17:59n'a pas passé
18:00une nuit en prison
18:01et il n'en passera pas
18:02une si les réquisitions
18:03sont suivies.
18:04Pendant ce temps,
18:04un autre pédocriminel,
18:05même chose,
18:06pas une nuit en prison
18:07et il n'ira pas en prison
18:08si les réquisitions
18:09de 18 mois de prison
18:10avec sursis
18:10sont suivies également.
18:12Ça donne envie de vomir,
18:13en fait.
18:13Ça donne juste envie de vomir.
18:15On va rejoindre Malo Stenner
18:16qui suit sur le terrain
18:17les avancées
18:18de cette enquête.
18:19Malo, évidemment,
18:21autour de vous aujourd'hui,
18:22l'heure était à l'émotion
18:24au moment où
18:26ce corps a été retrouvé
18:28avec les mêmes vêtements,
18:29évidemment,
18:30que la petite Liana.
18:32Oui, Gauthier.
18:34C'était une journée
18:34remplie en émotions.
18:36Ce matin,
18:37on était encore
18:38sur les recherches
18:39avec ces 170 gendarmes
18:41qui étaient mobilisés.
18:42Puis en milieu d'après-midi,
18:43on a appris
18:45qu'un corps avait été retrouvé.
18:46Puis on a ensuite appris
18:47via un communiqué
18:48du parquet
18:49que ce corps
18:50avait les mêmes vêtements
18:51que ceux
18:52qu'avait Liana
18:55lorsqu'elle a disparu
18:56vendredi de la semaine dernière.
18:58Ensuite,
18:58le maire a pris la parole
19:00en disant
19:01qu'il accompagnait
19:02la famille dans le deuil
19:03et que le village
19:04était évidemment
19:05au recueillement.
19:08Désormais,
19:09on attend l'autopsie
19:10qui arrivera
19:11dans les prochaines heures
19:12ou les prochains jours.
19:14Mais on est
19:15au temps du recueillement
19:16et au temps du deuil
19:18à annoncer le maire.
19:20Et c'est ce qu'on a cru comprendre
19:21et c'est ce qu'on a compris
19:22surtout auprès des habitants
19:24qui sont soulagés
19:25et qui disent aussi
19:26qu'enfin,
19:28la famille de Liana
19:28peut peut-être
19:31se tenir
19:32à quelque chose,
19:33à un corps
19:33qui a été retrouvé
19:35aujourd'hui
19:36en milieu d'après-midi.
19:37Merci,
19:38merci Malo Stenner.
19:39Effectivement,
19:39communiquer de la famille,
19:40on ne sait pas encore
19:41si le corps qui a été retrouvé
19:42c'est le corps de Liana
19:42mais effectivement,
19:43il portait les mêmes vêtements.
19:45Je vous propose
19:45d'écouter une nouvelle fois
19:46la colère de Gérald Darmanin
19:47horrifié par le drame
19:48et il se demande
19:49pourquoi le suspect
19:50n'a pas été mis
19:51hors d'état de nuire.
19:53Comme ministre,
19:54je suis terrifié
19:55comme père de famille
19:56encore plus
19:57par ce drame
19:58qui est en train
19:59de se dérouler.
20:00La personne qui,
20:01pour l'instant,
20:02est suspectée,
20:02qui est passée
20:03en détention provisoire
20:04a manifestement
20:05des antécédents
20:06même s'il n'a jamais
20:07été condamné
20:07pour les plaintes.
20:08Elles ont été classées
20:09et on peut se poser
20:10un certain nombre
20:10de questions
20:11sur pourquoi
20:12cette personne
20:13qui manifestement
20:14a des graves soupçons
20:16de violences
20:17ou de violences sexuelles
20:18sur les mineurs
20:19n'a pas été mis
20:21hors de portée
20:21de jeunes
20:22et notamment
20:22de cette jeune fille.
20:24On n'en sortira pas.
20:25J'espère que les enquêtes
20:28administratives iront vite,
20:29qu'on pourra vite comprendre
20:30ce qui s'est passé,
20:31vite comprendre
20:31pourquoi il y a eu
20:32cette multitude
20:33de défaillances.
20:34Je le dis d'ailleurs
20:34dans deux minutes,
20:35on va être avec le porte-parole
20:36du ministère de la Justice
20:36et on va lui poser
20:37toutes les questions
20:38pour essayer de comprendre
20:39comment on peut arriver
20:40à tant de louper.
20:41Mais la question
20:42qu'on se pose ce soir,
20:43Maître Pardot,
20:44avec ce qui s'est passé
20:45dans le périscolaire,
20:46avec ce qui se passe là
20:47dans l'affaire Liana
20:48et le profit glissant
20:49de Jérôme Bé,
20:51c'est est-ce que l'État
20:52peut encore protéger
20:53nos enfants ?
20:53En fait, il y a un contrat social.
20:55Vous déposez votre enfant
20:56à la crèche,
20:57vous déposez votre enfant
20:58à l'école maternelle,
20:59primaire, etc.
21:00vous pensez qu'il va être respecté
21:03dans son intégrité,
21:04vous pensez qu'il ne va pas
21:05y avoir de violence sur lui.
21:07Et en fait...
21:08Un contrat social
21:08entre les citoyens aussi.
21:09Exactement.
21:10Et ce contrat n'est plus
21:11rempli par l'État.
21:12Parce que, déjà,
21:14il peut se passer des choses
21:15et tout le monde
21:15à la trouille.
21:17Pensez un peu
21:18aux parents parisiens,
21:19notamment avec le...
21:20puisqu'il y a des scandales
21:21du périscolaire
21:21partout en France.
21:22Mais enfin,
21:22le nombre de cas
21:23est énorme à Paris.
21:24Donc, vous pouvez vous retrouver
21:25en train de confier
21:26votre enfant
21:26à un pédocriminel
21:27parce que la mairie de Paris
21:28n'a rien fait,
21:29n'a pas vérifié
21:30son casier judiciaire,
21:31n'a pas vérifié son profil,
21:32rien du tout.
21:33On prend le premier venu.
21:34Et ensuite,
21:35s'il se passe quelque chose
21:35sur votre enfant,
21:36la justice ne sera pas
21:37au rendez-vous non plus.
21:38Donc, c'est la double peine.
21:39Mais surtout,
21:40c'est absolument pas
21:41une priorité.
21:42La violence faite
21:43aux enfants
21:45et particulièrement
21:46les violences sexuelles
21:46n'est en aucun cas
21:47une priorité.
21:48Je vais vous donner
21:48un simple exemple.
21:50Quand on veut,
21:51en matière judiciaire,
21:53éviter que du parquet
21:54de Toulouse
21:55au parquet d'Oche,
21:56on attend des mois
21:57pour avoir des éléments.
21:58On crée aujourd'hui
21:59ce qu'on crée
22:00quand on veut être efficace,
22:01des parquets nationaux.
22:02Pourquoi ?
22:03Pour éviter ce type de problème.
22:05Est-ce qu'une fois,
22:06on s'est dit,
22:07on va créer
22:08un parquet national
22:09de protection de l'enfance ?
22:10Ce n'est pas l'administratif.
22:12Ça veut dire,
22:13en clair,
22:14que dès qu'il y a une affaire
22:17sur l'ensemble du territoire,
22:19l'information est regroupée.
22:20Et que donc,
22:21ce type de dysfonctionnement,
22:23vous ne pouvez plus
22:24les avoir.
22:26mais ce n'est pas une priorité.
22:27Ça ne l'intéresse pas.
22:28Regardez ce qui s'est passé
22:29pour le périscolaire à Paris.
22:31Combien de temps
22:32a-t-il fallu ?
22:33Regardez ce qui s'est passé
22:34au Conseil de Paris.
22:35Combien de fois
22:36ont relativisé
22:37l'ancienne majorité ?
22:38Les élus de droite
22:38d'opposition
22:39étaient accusés
22:40de faire de la récupération
22:41au P2001.
22:42Quand ils parlaient de ça,
22:43Rachida Dati
22:44et Jean-Pierre Lecoq.
22:45En disant cela,
22:47en disant,
22:47attendez,
22:48ce n'est pas ça,
22:49mais vous êtes sûrs,
22:50mais ce sont les enfants.
22:50Il y a quand même un point
22:52qu'il faut dire aussi.
22:54Pourquoi il y a autant de dossiers ?
22:56Parce que aussi,
22:58et c'est la vérité,
23:00souvent,
23:00maintenant,
23:01dans les affaires de divorce,
23:03quand les époux s'affrontent,
23:04s'affrontent violemment,
23:06l'une des armes,
23:07c'est de dire
23:08que l'un des parents
23:08qu'on a fait des accouchements.
23:09On n'est pas là-dedans.
23:11On n'est pas là-dedans.
23:12Mais dans les dossiers
23:12qu'ils ont,
23:13dans les dizaines
23:14et dizaines de soutiens,
23:16ça se rajoute à la pile.
23:18Vous comprenez ?
23:18Mais c'est pour ça
23:19qu'il faut faire
23:20de ces violences faites aux enfants
23:21une priorité.
23:23Je suis heureux
23:23qu'il y ait le porte-parole
23:24du ministère de la Justice
23:25parce que j'aimerais bien
23:27qu'il nous réponde
23:27sur cette idée
23:28d'un parquet national
23:30sur les violences masculinaires.
23:31C'est bien que vous êtes
23:32animateur aussi,
23:32maintenant,
23:33M. Bardot.
23:34On va écouter Gérald Darmanin
23:35une dernière fois
23:36sur les dysfonctionnements
23:38et on reçoit le porte-parole
23:39du ministère de la Justice.
23:40Nous sommes tous terrifiés
23:42par ce dysfonctionnement
23:44qui, je crois,
23:45est révélateur,
23:46je l'ai dit devant
23:46la commission d'enquête parlementaire,
23:47de notre mauvaise organisation
23:49et sans doute
23:50au ministère de la Justice
23:51comme ailleurs,
23:52du fait que nous ne prenons pas
23:53au sérieux la parole de l'enfant.
23:54Et nous devons absolument
23:56prioriser les plaintes
23:57des êtres les plus vulnérables
23:58qui soient,
23:59même quand il n'y a pas assez
24:00d'officiers de police judiciaire,
24:01même quand les parquets
24:02sont débordés,
24:03quand il y a,
24:03et c'est le sens
24:04de mes instructions
24:05de politique pénale
24:05depuis que je suis arrivé,
24:07quelques jours après
24:08mon arrivée à la chancellerie,
24:09j'ai pris une instruction
24:09qui a mis l'enfant
24:10en numéro 1
24:11des actions
24:12de ce que devaient faire
24:12les procureurs de la République.
24:14Quand il y a une plainte
24:15d'un enfant,
24:16on doit quasiment tout arrêter
24:17pour la suivre
24:18parce que c'est l'être
24:18le plus vulnérable
24:19qu'il nous faut protéger.
24:21Manifestement,
24:21là,
24:22on verra ce que dira l'enquête,
24:23mais on a tout quoi
24:24s'interroger
24:25sur notre responsabilité collective.
24:27On accueille sur ce plateau
24:28Sacha Stroopkan,
24:30porte-parole du ministère
24:30de la Justice.
24:31Merci d'être avec nous.
24:33Monsieur le porte-parole,
24:35enquête visant Jérôme B.
24:362020,
24:37une plainte a été déposée
24:38sur des faits
24:38de nature sexuelle sur mineurs.
24:40La plainte a été déposée
24:41en 2020
24:41et a été classée sans suite.
24:422021,
24:43employé comme agent d'entretien
24:44dans plusieurs lycées du Gers,
24:46Jérôme B avait été écarté
24:47d'un établissement
24:48où il se comportait
24:48de manière inappropriée
24:49avec une lycéenne.
24:502025,
24:51une plainte a été déposée
24:52en août
24:52pour des viols commis
24:53durant l'année scolaire
24:54précédente chez lui
24:55sur une enfant de 10 ans
24:57amie de sa fille aînée.
24:58Des plaintes
24:59qui s'accompagnaient
25:00de constatations
25:02et de lésions anales et vaginales
25:04sur cette petite fille
25:05sans qu'il ne soit
25:06jamais auditionné.
25:07Comment peut-on expliquer
25:09autant de défaillances ?
25:10Vous avez plusieurs sujets.
25:11Déjà le premier sujet,
25:12je vous écoutais
25:13avant de rentrer dans le plateau.
25:14J'ai entendu plusieurs mots.
25:16J'ai entendu le mot
25:16terreur,
25:17choc,
25:18émotion.
25:19Évidemment,
25:19on se met à la place
25:20des parents
25:21puisque tout ça,
25:22et c'est pour ça
25:23qu'on est là ce soir,
25:24ça mène quand même
25:25à la mort
25:27probablement
25:27d'une jeune fille.
25:29Donc évidemment,
25:29toute ma compassion
25:30pour la famille
25:32de cette jeune fille.
25:34Ensuite,
25:34la deuxième chose,
25:35c'est qu'on va parler
25:36responsabilité systémique,
25:37comme vous avez pu dire,
25:38éventuellement responsabilité
25:39individuelle.
25:40Mais avant de dire tout ça,
25:42peut-être quand même
25:42rappeler un peu le cadre,
25:43c'est que quand vous êtes
25:44magistrat,
25:45quand vous êtes gendarme,
25:46comme quand vous êtes professeur,
25:47que vous travaillez à l'hôpital,
25:48vous vous levez tous les matins,
25:50c'est pour aider et protéger.
25:52Et que donc,
25:53de toute manière,
25:54quel que soit le niveau
25:55de responsabilité
25:55des uns et des autres,
25:56c'est un échec collectif
25:57pour tout le monde,
25:58y compris pour les magistrats.
25:59Et je me mets à la place
26:00des collègues,
26:01quel que soit,
26:02une fois de plus,
26:02le niveau de responsabilité
26:04individuelle qui sera objectif
26:05par l'enquête administrative,
26:06j'imagine que ce soir,
26:08ils sont mortifiés.
26:09Parce qu'en vérité,
26:10peu importe qu'ils aient bien fait
26:12ou qu'ils aient mal fait
26:12les choses,
26:13in fine,
26:14il y a une jeune fille,
26:15une petite fille qui est morte.
26:17Et donc,
26:17c'est un échec,
26:18c'est l'échec d'un système,
26:19c'est l'échec de l'État
26:20dans son ensemble,
26:21puisque on voit bien
26:22que ce qui se dessine,
26:23c'est que vous avez
26:24probablement à la fois
26:25des dysfonctionnements
26:25du côté du ministère
26:27de la Justice,
26:28probablement du côté
26:28des gendarmes,
26:29probablement même
26:30de l'éducation nationale
26:31avec des interrogations
26:32sur des signalements.
26:33Et donc,
26:33c'est un échec collectif.
26:35Mais,
26:36en fait,
26:36vous avez dit
26:37c'est un système.
26:37Donc déjà,
26:38quand on entend ça,
26:39on a peur.
26:40Parce qu'effectivement,
26:40si c'est un système
26:41qui n'est plus capable
26:42de mettre hors d'état de nuire
26:43des pédocriminels
26:45multirécidivistes
26:45jusqu'à ce qu'ils tuent,
26:47on est en droit
26:47d'avoir peur.
26:48Et chaque famille de France
26:49peut avoir peur.
26:50Et puis,
26:50c'est un système
26:51parce qu'il y a eu
26:51différents cas dans l'actualité
26:53où on s'en prend
26:53à deux très jeunes enfants.
26:55Il y a l'affaire,
26:55donc,
26:56Liana qui nous occupe ce soir,
26:57mais on pense aussi
26:57aux périscolaires.
26:58Et on voit les réquisitions
26:59qui ont été mises
27:00contre les pédocriminels
27:01du périscolaire.
27:01Et on voit qu'ils n'ont pas
27:02passé une nuit en prison
27:04en détention provisoire
27:04et qu'ils ne passeront pas
27:05une nuit en prison
27:06si les réquisitions sont suivies.
27:07Donc,
27:08l'État est-il encore capable
27:09de protéger nos enfants ?
27:11Déjà,
27:11pour que ça ne se produise pas.
27:12Et une fois que ça s'est produit,
27:14pour mettre derrière les barreaux
27:15et hors d'État de nuire
27:16pendant longtemps
27:17les pédocriminels
27:18qui s'en sont pris
27:19à des enfants
27:19parfois âgés de 3 à 5 ans
27:21en ce qui concerne
27:22le périscolaire parisien.
27:23Tout à fait.
27:23Vous avez là aussi
27:24plusieurs sujets.
27:25Vous parlez du périscolaire,
27:26on se descend du sujet du soir,
27:27mais c'est très lié.
27:29Je pense qu'il y a plein
27:29de nos concitoyens
27:30qui, par exemple,
27:31ont été choqués,
27:32pour ne pas dire autre chose,
27:34d'apprendre qu'on pouvait,
27:34par exemple,
27:35embaucher des gens
27:35dans un périscolaire
27:36sans même vérifier
27:37leur casier judiciaire.
27:38Alors que ça,
27:39pour le coup,
27:40un maire a la possibilité
27:41de le faire.
27:42Et donc,
27:42vous avez par exemple
27:43une circulaire
27:43de politique pénale générale
27:45qui a été reprise
27:45par le garde des Sceaux
27:46à la suite de cette affaire
27:48en rappelant
27:49que vous avez
27:50un certain nombre
27:50de choses
27:51qui ne sont pas envisageables
27:54de ne pas faire.
27:54C'est-à-dire que,
27:55évidemment,
27:56que vous checkez
27:56le casier judiciaire
27:57de quelqu'un
27:58avant de l'embaucher
27:58quand il est au contact
27:59de jeunes enfants.
28:00Ensuite,
28:01vous avez la question
28:02des responsabilités
28:03éventuellement individuelles.
28:04Le ministre en a parlé.
28:05C'est à ça
28:06que sert une inspection.
28:07C'est à se dire
28:07est-ce qu'il y a
28:08un problème de système ?
28:09Est-ce qu'il y a aussi
28:10un problème
28:11de responsabilité individuelle ?
28:12S'il y a des responsabilités
28:13individuelles
28:14qui sont caractérisées,
28:15il pourra y avoir
28:16une procédure disciplinaire
28:18et des sanctions disciplinaires.
28:19Et ensuite,
28:20pour répondre
28:20sur le dernier point,
28:21c'est qu'au-delà
28:23de ce problème
28:25de système,
28:26là aussi,
28:26je vous écoutais
28:27avant de rentrer
28:27dans le plateau,
28:27je crois que quelqu'un disait
28:28que c'était vous
28:30qu'on vivait
28:30dans un état
28:31un peu de seconde zone
28:32parce qu'on se rend compte
28:33que les procédures
28:34c'est encore des procédures papier,
28:36etc.
28:36Là aussi,
28:37on est totalement d'accord.
28:39C'est que...
28:39Vous portez plainte
28:40dans un département
28:41où les faits
28:42ne se sont pas commis,
28:43ça pose problème.
28:43C'est quand même
28:44un système effectivement
28:45qui ne va pas.
28:46On est totalement d'accord
28:47comme transmettre
28:48une procédure en papier
28:49d'une gendarmerie à l'autre
28:50ou d'un parquet à l'autre
28:51alors qu'aujourd'hui,
28:52si vous voulez,
28:52vous pouvez faire
28:53plein de choses
28:54de façon numérique.
28:55Ça me rappelle,
28:57j'avais fait
28:57un certain nombre de plateaux
28:58il y a quelques semaines
28:59à la suite d'une enquête
29:00de l'inspection
29:01sur les suites
29:02de l'affaire Pellico.
29:03C'est pareil,
29:04je pense qu'un certain nombre
29:04de vos téléspectateurs
29:05avaient découvert
29:06qu'aujourd'hui,
29:07on peut envoyer
29:07des rapports de rapprochement
29:10de matchs de criminels
29:11contre leur ADN match.
29:12C'est un envoi
29:13par lettre simple
29:14alors que si vous voulez,
29:15votre AG de copropriété,
29:17on vous envoie maintenant
29:17un recommandé numérique.
29:18En fait,
29:19j'entends parce que
29:20vous êtes parfait
29:22pour faire le constat
29:23comme d'ailleurs
29:23le garde des Sceaux
29:24que ça ne va pas
29:24et on sent bien
29:25que vous ne voulez pas
29:26cacher la situation
29:27et dire que tout s'est bien passé
29:28et qu'il n'y a pas
29:29de responsabilité
29:32on fait quoi ?
29:33Parce que les lois,
29:35elles existent
29:35pour mettre les pédocriminels
29:36hors d'état de nuire
29:37et quand on se retrouve
29:38avec un homme
29:39qui s'en est pris
29:40à neuf enfants
29:40entre trois et cinq ans
29:41à Paris
29:41et qui pourrait prendre
29:43un an ferme,
29:45aménageable sous bracelet électronique
29:46si les réquisitions sont suivies,
29:48qu'est-ce qu'on peut faire ?
29:48Parce que la loi,
29:49elle existe pour punir
29:50les pédocriminels
29:51qui ont violé
29:52ou agressé sexuellement
29:53des enfants
29:54entre trois et cinq ans
29:55et là,
29:55un an ferme,
29:56aménageable sous bracelet électronique
29:58qui ne passera pas
29:58une nuit en prison.
30:00Donc on fait quoi,
30:00monsieur le porte-parole ?
30:01Pour le coup,
30:02moi je ne peux pas rentrer
30:02dans des dossiers individuels,
30:04vous vous doutez bien
30:04que ce n'est pas moi
30:05Mais on voit bien
30:06que ce n'est pas des dossiers individuels
30:06parce qu'il y a le périscolaire,
30:07parce qu'il y a Eliana,
30:08donc on voit bien
30:09que c'est un système,
30:09d'ailleurs vous avez parlé de système.
30:10Vous vous doutez bien
30:11que ce n'est pas moi
30:11qui en portant la parole
30:13de la chancellerie
30:13vous dire
30:14telles réquisitions sont les bonnes,
30:15telles réquisitions ne sont pas les bonnes
30:16et encore moins
30:17une décision de justice.
30:18Maintenant,
30:18la question que vous posez
30:19elle est légitime
30:20à la fois sur la réponse pénale
30:21mais aussi,
30:23je pense,
30:23encore plus que la réponse pénale.
30:25Ce qui intéresse nos concitoyens
30:26c'est comment est-ce qu'on fait
30:26pour que ça n'arrive pas en fait,
30:28pour qu'on n'en arrive pas là.
30:30Et c'est là où,
30:31et je pense que c'est tout le sens
30:32de la réunion
30:33qui aura lieu demain à Matignon
30:35parce que c'est un sujet interministériel,
30:37c'est comment est-ce qu'en fait
30:38tout simplement
30:38les différentes autorités
30:39de ce pays se parlent.
30:40Comment est-ce que
30:41quand vous avez quelqu'un
30:42qui fait l'objet d'un signalement
30:44dans l'éducation nationale,
30:45on ne se retrouve pas trois ans après
30:46dans un parquet
30:47qui n'a même pas connaissance
30:48de l'existence de ce signalement.
30:50Comment est-ce que
30:50quand vous avez une jeune fille,
30:52comme vraisemblablement
30:52ça semble être le cas
30:53dans l'une des procédures
30:54qui concerne ce monsieur,
30:55on fait l'objet de constats
30:57assez sordides à l'hôpital,
30:59comment est-ce que
31:00ça n'arrive jamais
31:01jusqu'au niveau
31:02de l'autorité judiciaire.
31:04Et donc de fait,
31:05je comprends que ça ne soit pas rassurant
31:06pour nos concitoyens,
31:07mon but n'est pas de dire
31:08circuler, il n'y a rien à voir,
31:09mon but est de vous dire
31:10qu'en gros,
31:12le problème est pris à bras-le-corps
31:13et je sais que
31:14ce n'est pas forcément
31:15le parallèle
31:16et pas forcément le meilleur
31:17mais il y a quelques années
31:18si vous voulez
31:19l'institution judiciaire
31:20et les forces de l'ordre
31:21ont découvert un continent inconnu
31:22qui est le violences faites aux femmes.
31:24Clairement,
31:24avant,
31:26il y a dix ans,
31:27si vous voulez
31:27les violences faites aux femmes
31:28c'était quelque chose
31:29que l'institution judiciaire
31:31voyait très peu.
31:32Aujourd'hui je pense
31:33qu'on est en train
31:33de découvrir un continent inconnu
31:35qui est les violences faites aux enfants
31:36et donc c'est tout simplement
31:38l'institution judiciaire
31:39pour ce que me concerne
31:41mais je pense que c'est vrai
31:41pour les forces de l'ordre
31:42et vrai pour l'éducation nationale
31:43doivent se mettre au niveau.
31:44Jules Torres,
31:45c'est vrai,
31:45vous avez raison de le rappeler
31:46monsieur le porte-parole
31:47qu'il y aura une réunion
31:47demain à Matignon
31:48avec le Premier ministre,
31:49avec Gérald Darmanin,
31:51avec Laurent Nunez
31:52donc même chose,
31:55il n'y a pas question
31:56encore au sommet de l'État
31:57de cacher la vérité
31:58et de dire que tout s'est bien passé.
31:59Mais en fait,
32:01il y a eu des réunions
32:02sur le narcotrafic,
32:03il ne s'est rien passé.
32:04Il y a eu des réunions
32:07sur la criminalité,
32:09sur la délinquance,
32:10etc.
32:11Il y a eu les volontés
32:12incantatoires
32:13d'Emmanuel Macron
32:14après les émeutes
32:15post-match du PSG
32:16encore dimanche,
32:17de dire plus jamais ça,
32:18il ne se passera plus jamais ça,
32:20c'est terminé,
32:20on en a marre
32:21et il se passe encore ça
32:22et les mots ne sont que des mots.
32:25Par exemple,
32:25aussi faire payer les casseurs.
32:27Gabriel Attal disait déjà ça
32:28quand il était Premier ministre
32:29et il ne s'est rien passé.
32:31Tu casses,
32:31tu répares,
32:31tu défies autorité,
32:33on t'apprend à la respecter.
32:34Il ne se passe jamais rien.
32:36Donc,
32:36ils vont se retrouver demain
32:37à Matignon
32:38et qu'est-ce qui se passera ensuite ?
32:41Eh bien,
32:41bien heureux celui
32:42qui pourra vous donner la réponse,
32:43mais c'est vrai
32:43qu'on a évidemment des éléments,
32:44ce sera à 10h30
32:45et pour cela,
32:47à la fois Sébastien Lecornu,
32:49Gérald Darmanin
32:49et Laurent Nunez
32:50ont annulé un déplacement
32:52qui était un déplacement important
32:53dans la prison de haute sécurité
32:55de Vendin-le-Vieille
32:55qu'a lancé Gérald Darmanin
32:57il y a quelques mois.
32:57Il y a un quartier
32:58pour les pédocriminels
32:59dans cette prison.
33:00Vous avez raison.
33:01Donc,
33:01évidemment,
33:02on voit que
33:02c'est une communication de crise,
33:04que le gouvernement
33:05est rentré
33:05dans une sorte
33:06de communication de crise,
33:07que les Français,
33:08évidemment,
33:09sont choqués
33:09si on parle
33:10de cette affaire ce soir.
33:12C'est évidemment
33:12que les Français
33:13sont choqués,
33:14sont heurtés
33:15et vivent avec tristesse
33:16et colère
33:18cette potentielle disparition
33:19puisqu'encore une fois,
33:20on ne sait pas
33:20si c'est le corps de Liana
33:21qui a été découvert.
33:23Mais toute la question
33:24est en effet.
33:24Le constat,
33:25et M. le porte-parole
33:26le fait extrêmement bien,
33:27ensuite la question
33:28c'est les actes.
33:28Comment est-ce qu'on
33:30change de dimension
33:31dans le cadre de la justice ?
33:33On vous parlait du papier,
33:34on vous parlait
33:34du système numérique.
33:36Il faut changer tout ça,
33:37recourir davantage
33:38à l'intelligence artificielle
33:39et faire en sorte
33:40qu'il y ait
33:41de moins en moins
33:43d'erreurs humaines
33:43puisqu'on voit
33:44que dans cette histoire,
33:45c'est les erreurs humaines
33:46qui ont potentiellement
33:47causé la mort de Liana.
33:48Quand on fait constater
33:49des lésions vaginales
33:50et anales
33:51sur une petite fille,
33:51qu'on n'aille pas chercher
33:52tout de suite
33:53le principal suspect,
33:54qu'on ne le mette pas
33:55tout de suite en garde à vue
33:55et qu'on ne l'entende pas
33:56tout de suite,
33:57c'est une hérésie.
33:58Dix mois plus tard,
33:59il n'est toujours pas entendu
34:00et il peut croiser
34:01la route de Liana
34:01et commettre sans doute
34:02le pire.
34:03Alors je veux juste écouter,
34:04je vous donne la parole
34:04à tous la procureure
34:05qui revient sur
34:06les différentes procédures
34:08qui concernaient
34:09le principal suspect,
34:11Jérôme B,
34:11dont le parcours
34:12se dessine comme
34:13un multirécidiviste
34:14pédocriminel.
34:16Trois procédures
34:17impliquant
34:18le mis en examen
34:19ont été identifiées
34:20par mon parquet
34:21que je vais évoquer
34:22chronologiquement.
34:26Il a été tout d'abord
34:27retrouvé trace
34:28d'un renseignement judiciaire
34:29établi par la gendarmerie
34:31en décembre 2017.
34:33La gendarmerie
34:34a été saisie
34:35par la mère
34:36d'une jeune fille
34:36de 17 ans
34:37venant de découvrir
34:39que sa fille
34:40entretenait une relation
34:41depuis quelques mois
34:42avec un homme majeur.
34:44La jeune fille
34:45évoquait alors
34:46une relation consentie.
34:48Par ailleurs,
34:50une procédure
34:51le mettant en cause
34:52a été reçue
34:53au parquet d'Oche
34:54en janvier 2024
34:55sur dessaisissement
34:57du parquet
34:57de Béthune
34:58compte tenu
34:59du lieu des faits
35:00et du domicile
35:01du mis en cause.
35:03Elle avait été ouverte
35:04à la suite
35:05d'une plainte
35:05déposée au commissariat
35:06de Béthune
35:07en 2022
35:08pour des faits
35:09de viol sur mineurs
35:10de 15 ans
35:10commis courant 2020
35:12à Montestruc-sur-Gers
35:13au domicile
35:14du mis en cause.
35:16Dans le cadre
35:17de cette procédure,
35:18une mineure
35:19née en 2013
35:20a dénoncé
35:21un fait de viol.
35:22J'en arrive
35:23à la procédure
35:24qui était en cours
35:25au moment
35:25de la disparition
35:26de l'IANA.
35:28Cette procédure
35:29a été initiée
35:30en août 2025,
35:32le 22 août 2025,
35:34par le dépôt
35:35de plainte
35:35de la mère
35:36d'une mineure
35:37née en 2014.
35:39Le 27 août 2025,
35:41l'enfant
35:42a été entendu
35:43et a dénoncé
35:44des faits de viol
35:45qui auraient été commis
35:46sur sa personne
35:47par le mis en cause
35:48entre septembre 2024
35:49et mai 2025
35:51au domicile
35:52de ce dernier
35:53dans le Gers.
35:54Amin El Khatmi.
35:55J'ai une question
35:55à vous poser.
35:57Je disais
35:57avant votre arrivée
35:58que la confiance
36:00des citoyens
36:01dans la justice
36:01est un fondement
36:02du pacte démocratique.
36:04La justice est rendue
36:05au nom du peuple français
36:06et donc la question
36:08de la confiance
36:08est importante.
36:09Or,
36:10on a vu,
36:11on voit depuis
36:11ces dernières années,
36:13ces derniers mois,
36:13des affaires
36:14qui sapent
36:15cette confiance
36:15et des interrogations
36:17sur le fonctionnement
36:18de la justice.
36:19On a cette affaire,
36:20on a l'affaire
36:20du périscolaire.
36:22Moi,
36:22je pense ce soir
36:22à Stéphanie,
36:23la maman d'Elias
36:25qui a ému tout le monde
36:26et qui a posé
36:27une question simple
36:28quand son fils
36:29a été massacré.
36:30Comment deux individus
36:31qui avaient interdiction
36:32de se rencontrer
36:33par décision de justice
36:35ont pu se retrouver
36:36dans le même immeuble
36:36et croiser la route d'Elias ?
36:38Et donc,
36:38il y a deux sujets
36:39que je veux vous soumettre.
36:41C'est comment la justice
36:42s'explique mieux
36:44et communique mieux
36:45vis-à-vis des Français
36:46et puis,
36:47pardon,
36:48la question
36:48de la responsabilité
36:49des juges.
36:50C'est-à-dire que
36:50lorsque vous prenez
36:51une décision
36:52qui semble
36:54soulever des interrogations
36:56pour dire les choses
36:56de manière mesurée,
36:59comment est-ce que
37:00vous rendez des comptes
37:01sur cette décision ?
37:03Vous avez deux questions,
37:05donc deux sujets.
37:05Le premier sujet
37:06sur la question
37:07de la confiance
37:07et de la pédagogie.
37:08C'est justement pour ça
37:10que je suis là ce soir.
37:10Parce qu'effectivement,
37:12vous avez raison,
37:13en gros,
37:13globalement,
37:14il y a une rupture
37:14de confiance
37:15entre nos concitoyens
37:16et l'institution
37:16que je représente
37:17et c'est un problème démocratique
37:19parce que quand moi,
37:20j'étais dans une salle d'audience,
37:22je rendais la justice
37:22au nom de mes concitoyens.
37:24Je n'ai aucune légitimité
37:25de naissance.
37:26Je n'ai pas été touché
37:27par la grâce divine
37:27un bon matin
37:28et Dieu ne m'a pas dit
37:29vous êtes là
37:30pour rendre la justice.
37:31Je suis là
37:31parce qu'on m'a délégué
37:32ce pouvoir.
37:33Et donc,
37:33à partir du moment
37:33où les gens
37:34qui me l'ont délégué
37:35n'ont plus confiance en moi,
37:36ça pose une difficulté.
37:37Et donc,
37:38évidemment,
37:38c'est pour ça que,
37:39y compris sur des dossiers
37:40compliqués comme ça,
37:41c'est normal
37:42que l'institution judiciaire
37:43vienne rendre des comptes
37:44et vienne s'expliquer
37:45devant nos concitoyens
37:46et c'est ce que j'essaye de faire
37:47avec vous en partie ce soir.
37:49Sur le deuxième sujet
37:50de la responsabilité,
37:51c'est un sujet compliqué
37:52parce que vous avez
37:53à la fois la responsabilité
37:55pour les décisions
37:55que vous prenez
37:56et ça,
37:56pour le coup,
37:57vous avez un état de droit,
37:58un système institutionnel,
37:59vous n'êtes pas d'accord
38:00avec une décision,
38:00vous avez le droit
38:01de faire appel,
38:01ensuite vous avez le droit
38:02de vous pouvoir en cassation.
38:03En gros,
38:04on s'assure qu'il n'y a jamais
38:05une personne
38:06qui va pouvoir décider
38:07de votre destin.
38:08C'est ça la garantie
38:09parce qu'on peut penser
38:10qu'une personne peut se tromper
38:11ou peut vous en vouloir
38:12ou pas être impartiel.
38:13Globalement,
38:14quand vous avez 5-6 magistrats
38:15qui touchent votre dossier,
38:16c'est quand même plus improbable
38:17que les 6 vous en veuillent.
38:19Après, par contre,
38:19vous avez la difficulté
38:21de est-ce qu'on trouve
38:22une responsabilité
38:22pas pour la décision
38:23que vous avez rendue
38:24mais parce que vous avez
38:25mal fait votre travail
38:26pour dire les choses
38:26de façon un peu caricaturale.
38:28Et ça,
38:31s'accère à une inspection
38:33à relever
38:34d'éventuels dysfonctionnements
38:35et d'éventuelles responsabilités
38:36individuelles
38:37et ensuite,
38:37vous avez un système disciplinaire
38:39qui est clair
38:39et qui existe.
38:40Vous avez une possibilité
38:41de sanctions
38:42et les sanctions,
38:43ça va du blâme
38:43à la révocation.
38:44Je ne vous dis pas
38:45que dans ce cas-là,
38:45ça sera le cas.
38:46Je n'en sais rien.
38:47Sinon,
38:47il n'y aurait pas besoin
38:48de saisir l'inspection.
38:49Il n'y a jamais de révocation.
38:49Pour le coup,
38:50vous en avez quand même.
38:51Après,
38:51on peut s'interroger
38:52sur ce que le système
38:53est au point de mal.
38:53S'il y a des sanctions,
38:54ça permettra,
38:55parce qu'on a souvent
38:56Georges Fenech sur le plateau
38:57qui dit
38:58qu'il y a une corporation
38:59qui n'est jamais responsable
39:01de ce qu'elle fait
39:01quand elle libère
39:02au mauvais moment
39:03un détenu,
39:04quand il y a
39:05des dysfonctionnements
39:05comme cela,
39:07c'est la corporation judiciaire.
39:08C'est-à-dire que les policiers,
39:09quand ils font un pas de travers,
39:11ils sont en détention provisoire.
39:13Les avocats,
39:13il y a l'ordre.
39:14Les avocats,
39:15ils peuvent être radiés du barreau.
39:17Les médecins,
39:17on peut porter plainte contre eux
39:18quand ils commettent
39:19une faute chirurgicale.
39:21Là,
39:22la justice,
39:23ils ne sont jamais responsables
39:24de quoi que ce soit.
39:24Et d'ailleurs,
39:25je vais vous poser une question,
39:26monsieur le porte-parole
39:27du ministère de la Justice,
39:28puisqu'on ne sait toujours pas
39:30si c'est le corps de l'IANA
39:32qui a été retrouvé,
39:32mais ça n'empêche pas
39:33le syndicat de la magistrature,
39:34qu'on connaît bien,
39:36de déjà s'exprimer
39:37dans les médias
39:38pour essayer de faire
39:39une défense de corporation.
39:41Voilà ce qu'a dit
39:42Manon Lefebvre,
39:43secrétaire nationale
39:44du syndicat de la magistrature
39:45sur RTL.
39:46Notre pile de dossiers
39:47de violences sexuelles
39:48sur mineurs est immense,
39:49ce qu'on ne nie pas.
39:50On doit faire
39:50cette hiérarchie dramatique
39:52d'urgence entre les dossiers.
39:53Donc pour expliquer
39:54que la plainte
39:55qui a été faite
39:57avant le drame de l'IANA
39:58sur une petite fille
39:59avec des lésions vaginales
40:00et anales
40:01n'ait pas été traitée
40:01et que pendant dix mois
40:02on n'ait toujours pas entendu
40:03Jérôme B,
40:04il y a cette dame
40:05qui nous explique
40:06qu'il doit faire
40:07une hiérarchie dramatique
40:08d'urgence entre les dossiers
40:10et que donc
40:10cette petite fille
40:11qui a été violée
40:12et qui a des lésions vaginales
40:14et anales,
40:14visiblement,
40:15n'entrait pas en haut
40:16de la hiérarchie d'urgence.
40:18Était-ce le bon moment,
40:20le bon timing
40:20pour la secrétaire nationale
40:23du syndicat de la magistrature
40:24de s'exprimer ainsi ?
40:27Là aussi,
40:27il y a plusieurs choses.
40:28Je pense que déjà
40:29la première chose,
40:29effectivement,
40:30il y a une question de timing.
40:31Je ne suis pas sûr
40:32que,
40:33quelles que soient
40:34les explications rationnelles
40:35qu'on peut mettre
40:35parce que dans la vie,
40:37les choses ne sont pas
40:37au noir ou blanc,
40:38il y a toujours une partie
40:39d'explications rationnelles.
40:40Mais quand vous êtes
40:41dans le temps du deuil
40:42et que vous êtes face
40:43à une émotion
40:43comme celle qui traverse
40:45la famille
40:46de cette petite fille
40:47et probablement plein de gens
40:49qui nous regardent,
40:50évidemment qu'aucune
40:51explication rationnelle
40:52n'est entendable.
40:53Ensuite,
40:53vous avez effectivement
40:54la question des moyens.
40:55La question des moyens,
40:56c'est quelque chose
40:57qui est objectivable
40:58et objectivé
40:59dans l'institution judiciaire
41:00française,
41:01même s'il y a des gros
41:02rattrapages qui sont faits
41:03ces dernières années,
41:03mais ça n'explique pas tout.
41:05Ça n'explique pas
41:06tous les dysfonctionnements
41:07qui peuvent exister.
41:08Pour le coup,
41:09on ne peut pas en permanence
41:10dire que le manque de moyens
41:12est la réponse à tout.
41:13Donc évidemment
41:13que vous avez un manque de moyens,
41:15même si je tiens quand même
41:16à dire que vous avez,
41:17ne serait-ce que sur les
41:18quatre dernières années,
41:191 500 magistrats
41:20qui ont été recrutés,
41:211 800 greffiers.
41:22Donc évidemment,
41:23on part de tellement loin,
41:24mais il y a une remise à niveau.
41:25Mais les manques de moyens,
41:27ça n'explique pas en permanence
41:28l'ensemble des situations.
41:29Alors, je vous propose
41:30d'écouter une amie de Liana
41:31qui a témoigné au micro d'Europe 1.
41:37Maître Pardo.
41:37Maître Pardo, prenez la parole
41:38et on va entendre cet ami.
41:40Non, mais j'entends
41:41tout ce que vous dites.
41:42Ce qui est certain,
41:43c'est qu'il y a aujourd'hui
41:46des explications
41:47qui me paraissent
41:48totalement insuffisantes
41:49parce que sur les moyens,
41:51sur l'ensemble, non.
41:53Là, on a des éléments objectifs.
41:55Vous avez été magistrat,
41:57vous êtes magistrat,
41:58j'ai été magistrat,
41:58je suis avocat.
41:59On sait très bien
42:00que lorsqu'on fait des constats médicaux
42:04sur un viol
42:05et qu'on attend 5 mois
42:07pour entendre la personne
42:09mise en cause,
42:10il y a 10 mois.
42:11Il y a là une difficulté.
42:13Moi, je ne veux pas
42:13qu'on cache la responsabilité
42:16individuelle derrière le système.
42:18Le système, il est ce qu'il est.
42:19Il y a les magistrats
42:20qui font remarquablement
42:21leur travail.
42:21Et si ça avait été fait
42:23par tout le monde,
42:25à ce moment-là,
42:26cette petite hygiène
42:26ne serait pas morte.
42:28C'est un fait.
42:29Vous pouvez avoir
42:30toutes les explications du monde
42:31quand vous allez expliquer ça
42:33à ses parents,
42:34ne serait-ce que
42:35par ce problème de date.
42:36Je ne dis pas autre chose.
42:38Je ne mets pas en cause
42:39tout le système
42:39parce que c'est trop facile
42:41de mettre en cause
42:41tout le système.
42:42C'est le seul moyen
42:43de ne rien faire.
42:44Je pense, pour le coup,
42:45pour vous répondre,
42:46et on ne dit pas
42:46des choses différentes.
42:47C'est pour ça que je parlais
42:48de constats d'échec collectif
42:49parce que, de fait,
42:50c'est un échec.
42:52On n'a pas su protéger
42:53des jeunes enfants.
42:54La deuxième chose,
42:55c'est que, par contre,
42:56je pense que l'un
42:56n'exclut pas l'autre.
42:57C'est-à-dire que je pense
42:58que nos téléspectateurs,
42:59vos téléspectateurs,
43:00trouvent tout aussi choquant
43:01qu'au XXIe siècle,
43:02on se transmette
43:03encore des procédures papiers
43:04presque à d'autres charrettes
43:05d'une gendarmerie à l'autre
43:07et peuvent trouver
43:09tout à fait choquant aussi
43:10qu'éventuellement,
43:11il y ait des responsabilités
43:12individuelles.
43:14Écoutez donc l'amie de Liana
43:16qui s'exprimait
43:17au micro d'Europe.
43:18Tous les matins,
43:19elle sortait du puce
43:21et elle allait voir
43:21le papa de Sophia
43:22et Sophia dans la voiture.
43:24Le papa de Sophia
43:25était toujours garé
43:25à la même place,
43:26un peu éloignée
43:27de la porte du collège
43:28et elle y restait
43:29environ 20 à 30 minutes
43:31et c'était vraiment
43:32tous les matins.
43:33Je n'ai jamais vu
43:34la maman de Sophia.
43:35Pour moi,
43:36ça ne me paraissait pas
43:36anormal parce que
43:37je pensais que ses parents
43:38le savaient,
43:40sauf que ses parents
43:41ne le savaient pas.
43:42Voilà,
43:43et donc écoutez la maman
43:44désormais de Liana
43:45qui ne voulait pas
43:46que le suspect
43:46parle à sa fille justement.
43:49A la base,
43:49il avait même
43:50nos coordonnées.
43:55Elle est montée
43:56avec lui,
43:56elle le connaissait.
43:57Oui,
43:58ça me surprend
43:58qu'elle soit montée
43:59avec lui.
43:59Enfin voilà,
44:00apparemment,
44:00de ce qu'on a appris,
44:02de tout ce qui a été dit,
44:05il venait au collège,
44:06devant le collège
44:07tous les matins.
44:09Liana donc,
44:09qui descend du bus
44:11pour aller dans le collège,
44:12le voyait tous les matins.
44:14Il amenait des goûters
44:16à Liana tous les jours
44:18et pas qu'à Liana du coup.
44:21Liana,
44:22quand elle est sortie
44:23de la soirée pyjama,
44:26elle nous avait dit
44:28qu'il lui avait acheté
44:28une pizza rien que pour elle,
44:34qu'il s'était amusé
44:35à lui faire des chatouilles,
44:37qu'il avait pas mal joué
44:39avec elle.
44:40Et la façon
44:41qu'elle me l'a expliqué
44:43donc forcément
44:43on a demandé
44:44si ça avait été plus loin.
44:46Elle nous a regardés
44:47un peu choqués
44:47sans trop comprendre
44:48de quoi on parlait.
44:50Donc elle m'a dit
44:50qu'il avait juste joué
44:52avec elle
44:53comme un papa
44:54jouer avec sa fille.
44:55Ce qu'il faut souligner,
44:56Jules Torres,
44:56c'est que cet homme
44:57prenait tous les jours
44:58Liana dans sa voiture
44:59à la sortie de son école.
45:01Non mais c'est là
45:02où en effet
45:03on peut parler
45:03d'un échec collectif
45:04qui va même au-delà
45:05du simple système judiciaire.
45:07C'est qu'en effet,
45:08on parle souvent,
45:08vous savez,
45:09de société de vigilance
45:10et là on voit bien
45:11que la société de vigilance
45:12elle n'a pas fonctionné
45:13parce qu'on a été incapables
45:15de voir qu'il y avait
45:16un pédocriminel
45:17multirécidiviste
45:18qui était là
45:18dans les parages
45:20et qui potentiellement
45:20pouvait s'en prendre
45:21à cet enfant
45:22jusqu'à ce drame
45:24encore une fois
45:24si le corps de Liana
45:25est identifié
45:28et qu'il s'agit bien
45:29de son corps
45:30mais c'est-à-dire
45:31que même les éducateurs
45:33je ne veux certainement
45:33pas mettre en cause
45:35personne
45:35mais il y a des parents d'élèves
45:36il y a des éducateurs
45:37il y a des professeurs
45:39il y a des gens
45:40qui sont dans la rue
45:40et voir une petite enfant
45:42une gamine
45:43qui va dans la voiture
45:44pendant 20 à 30 minutes
45:46de quelqu'un
45:47qu'elle connaît
45:48mais qui n'est pas ses parents
45:49qui n'est pas des proches
45:50de la famille
45:51pardonnez-moi
45:52moi ça m'interpelle
45:53et ça m'interroge
45:54sur la société
45:54dans laquelle on vit
45:55Pierre-Marie Sèvres
45:56oui je suis d'accord
45:57il y a eu un devoir
45:59de vigilance
46:00mais moi j'en reviens
46:01quand même
46:02au fait qu'on avait
46:03un prédateur
46:04en liberté
46:05visé par
46:06une, deux, trois, quatre, cinq enquêtes
46:08et que jamais
46:10il n'a été mis
46:11hors d'état de nuire
46:11jamais le système
46:13parce qu'en tant que parent
46:14j'ai des enfants
46:15je m'attends
46:16à ce que le système
46:16la collectivité
46:18s'organise un minimum
46:20et bien là
46:21pas un moment
46:22on a mis sous surveillance
46:23cette personne-là
46:24alors qu'on avait
46:25multiples avertis
46:26alors que dans un village
46:27tout se sait normalement
46:27dans un petit village
46:28il y a pire encore
46:29parce que
46:30au fur et à mesure
46:32qu'il n'est pas mis en cause
46:34alors qu'il commet ses actes
46:35il prend confiance
46:36absolument
46:36parce qu'il y a une sorte
46:37de prise de confiance
46:39en se disant
46:40bon la preuve
46:41c'est que tout se passe
46:42dans sa voiture
46:42après c'est-à-dire
46:43au bout d'un moment
46:44il sent
46:45que les actes
46:47sont multiples
46:48qu'on va le mettre
46:49en cause
46:50qu'on va le mettre en danger
46:51mais que rien ne se passe
46:51et donc
46:52on va lui donner
46:54une confiance
46:54c'est pour ça
46:55que s'il y avait eu
46:57une centralité
46:58de toutes ces informations
46:59peut-être qu'on n'en serait pas là
47:00écoutez la vice-présidente
47:02de l'association
47:02pour l'enfance
47:03justement
47:03qui alerte
47:04sur la lenteur
47:04de la justice
47:05l'affaire Iliana
47:06ça serait une exception
47:07il dirait
47:08bon
47:08ben c'est pas de chance
47:10sauf que la lenteur
47:11des enquêtes policières
47:12en matière de violences
47:13sexuelles sur mineurs
47:15et la lenteur
47:16de la justice
47:17et bien
47:18c'est tous les jours
47:19et c'est
47:20et c'est
47:20je dirais
47:22extrêmement répandu
47:23je pense que
47:24la question législative
47:26est en bonne marge
47:26mais une fois qu'on a fait la loi
47:29comment on l'applique ?
47:31et alors là
47:32il n'y a rien
47:33ni dans les budgets
47:35ni dans les organisations
47:37c'est-à-dire
47:38est-ce qu'il y a un pilote ?
47:39est-ce qu'il y a une stratégie nationale
47:42avec tout le monde autour de la table ?
47:44est-ce qu'il y a un pilote
47:45au niveau national
47:47de désigner
47:47pour pouvoir coordonner
47:48toutes les actions nécessaires ?
47:50pour l'instant
47:51on ne voit rien
47:52je me rappelle
47:53vous vous rappelez
47:54évidemment le haut commissariat à l'enfance
47:55Sarah Ayeri l'a dirigé
47:56avant c'était un juge
47:57qui était expert
47:59de ces dossiers-là
47:59et il a démissionné
48:00en disant qu'il n'y avait pas
48:01assez de moyens
48:02et que ce n'était pas pris
48:03assez au sérieux
48:04et je me souviens
48:05quand il a démissionné
48:06on a essayé un peu de le salir
48:07en disant
48:08il veut prendre la lumière
48:10il veut créer des problèmes
48:11avec le ministère de la justice
48:12ce n'est pas à époque
48:13évidemment Gérald Darmanin
48:15mais en fait
48:16tout ce qui se passe aujourd'hui
48:17lui donne complètement
48:18ça existe sur beaucoup de sujets
48:20quelqu'un qui alerte
48:21dans les années 2010
48:22qui est au coeur du système
48:23sur l'islamisme
48:24on l'accuse d'islamophobie
48:26quelqu'un
48:26un procureur de la république
48:28de Marseille
48:28au hasard
48:29qui dit dans une commission
48:30d'enquête sénatoriale
48:31qu'il y a un vrai problème
48:32avec le narcotrafic
48:33je parle de Nicolas Besson
48:34je vous rappelle
48:35que le ministre de la justice
48:36à l'époque
48:36M. Stropkane n'y était pas
48:38et Gérald Darmanin non plus
48:39avait dit que les magistrats
48:40n'avaient certainement pas
48:41à faire ça
48:42beaucoup de personnes
48:43ont alerté
48:43moi je me souviens
48:44du témoignage
48:44d'Inès de Ragnel
48:45c'est Edouard Durand
48:46Edouard Durand
48:46Inès de Ragnel
48:47au conseil de Paris
48:48qui alerte sur le scandale
48:50du périscolaire
48:50où là aussi
48:51des jeunes enfants
48:51ont été touchés
48:52ou étaient agressés
48:53sexuellement
48:53et violés
48:54et vous avez Anne Hidalgo
48:55qui lui récane quasiment
48:56lors de sa déclaration
48:58donc vous savez
48:58des lanceurs d'alerte
49:00qui sont moqués
49:00qui sont diabolisés
49:02pour ne pas dire insultés
49:03il y en a beaucoup
49:03et ça existe
49:04le problème c'est
49:05que dans ce cas là
49:06le phénomène
49:07il est massif
49:08114 000 violences physiques
49:09chaque année
49:10contre des mineurs
49:1176 200 violences sexuelles
49:13contre des mineurs
49:14c'est 58%
49:15des violences
49:16qui sont enregistrées
49:17en France
49:18je vous l'ai dit
49:18c'est 208 par jour
49:19donc le sujet
49:20c'est plus de ricaner
49:21aujourd'hui
49:21c'est de changer la loi
49:22ou d'être beaucoup plus ferme
49:24face à ces menaces
49:24Edouard Durand
49:25a démissionné
49:25il y a 3 ans
49:26de la civise
49:28Johan Uzaï
49:29et je me souviens
49:29très bien de ce moment
49:30parce qu'il alertait
49:31il prenait vraiment
49:32c'était un juge
49:33des enfants
49:33il prenait vraiment
49:34ce dossier à bras-le-corps
49:35et il a dit
49:36je ne suis plus écouté
49:36je n'ai plus la confiance
49:37du président de la République
49:39du ministère à l'époque
49:41de la justice
49:42et il y a eu des papiers
49:43après pour le dénigrer
49:45avec sans doute
49:45des hoffres
49:46des entourages
49:47on sait comment ça se passe là
49:48de tels ministres
49:49pourquoi pas
49:50de la présidence de la République
49:51pour le critiquer
49:52pour l'abîmer
49:52et tout ce qu'il disait
49:54ça se répercute aujourd'hui
49:56avec le périscolaire
49:57avec l'affaire Liana
49:58mais c'est le drame de ce pays
49:59c'est que
50:00à chaque fois qu'il y a un problème
50:02et ça vaut pour tous les sujets
50:03à chaque fois qu'il y a un problème
50:05le pouvoir en place
50:06cherche à mettre
50:07la poussière sous le tapis
50:08et quand vous mettez
50:09la poussière sous le tapis
50:10par définition
50:11vous ne réglerez pas le problème
50:13le gouvernement
50:14Emmanuel Macron
50:15depuis 9 ans particulièrement
50:17il n'a pas cherché
50:18à régler ces problèmes là
50:20il a beaucoup communiqué
50:20le président de la République
50:22demain il y aura encore
50:23une communication gouvernementale
50:24une élimine réunion
50:25si le premier ministre
50:26reçoit à Matignon
50:27le garde des Sceaux
50:28et le ministre de l'Intérieur
50:30c'est pour montrer aux français
50:31qu'ils s'activent
50:32qu'ils prennent les choses au sérieux
50:33qu'ils font quelque chose
50:34qu'ils ne restent pas impuissants
50:35mais ce sera principalement
50:37de la communication
50:38et encore une fois
50:39ma crainte
50:39pardon
50:40ma crainte
50:40c'est qu'il y ait
50:41effectivement
50:42quelques sanctions
50:43à l'issue de cette enquête
50:44administrative
50:45individuelle
50:46mais qu'on ne tire
50:47aucune conclusion
50:48du drame systémique
50:49que nous sommes en train
50:50de vivre
50:50et que les choses
50:51se reproduisent
50:52à l'infini
50:53tant que quelqu'un
50:54au gouvernement
50:55peut-être celui
50:56qui sortira des urnes
50:57ou en cas à l'Elysée
50:58celui qui sortira des urnes
50:59en 2027
50:59prenne les choses au sérieux
51:01et enfin
51:02enfin décident
51:03de résoudre les problèmes
51:04de ce pays
51:05sans mettre la poussière
51:11sur le tapis
51:36il y a encore eu un mort
51:37aujourd'hui à Nantes
51:38je ne vous dis pas
51:40que ça règle tout
51:41je vous dis juste
51:42que quand il y a
51:42une volonté politique
51:43et manifestement
51:44il y a la volonté politique
51:45sur le sujet
51:46de la protection de l'enfance
51:47parce qu'il y a un projet
51:48de loi qui arrive
51:49notamment
51:49qui est porté
51:50par le ministre de la Justice
51:51et par la ministre de la Santé
51:52qui s'appelle
51:53protection de l'enfance
51:54donc tout est dans le titre
51:55et il y a une volonté politique
51:56d'y aller
51:57et vraiment
51:58j'entends
51:58j'entends monsieur le porte-parole
51:59ça ne répond pas
52:00il n'y a pas besoin de loi
52:01pour enfermer les pédocriminels
52:02ils prennent un an
52:02de prison
52:04aménageable
52:04sous brasse électronique
52:05quand ils sont devant les juges
52:06en ce moment
52:07sur le péris scolaire
52:08ou 18 mois de prison
52:10avec sursis
52:10sur la sanction
52:11probablement
52:11c'est toujours perfectible
52:13mais ce que vous dites
52:14est un sujet
52:15après il y a surtout
52:16le sujet de la prévention
52:17là ce qui nous occupe ce soir
52:18c'est que vous avez
52:19visiblement plusieurs procédures
52:21plusieurs signalements
52:21dans différentes administrations
52:23et que ces administrations
52:24n'ont pas su se parler
52:25et n'ont pas su protéger
52:26des enfants
52:26et c'est ça aussi le sujet
52:27c'est comment est-ce
52:28qu'on protège nos enfants
52:29sans en arriver justement
52:30à la sanction
52:30L'édition spéciale de CNews
52:32consacrée à l'affaire Liana
52:33se poursuit avec
52:34Mickaël Dorian
52:34je vous propose de réécouter
52:36Gérald Darman
52:37bonsoir à tous
52:38comme ministre
52:39je suis terrifié
52:40comme père de famille
52:41encore plus
52:42par ce drame minium
52:44qui est en train de se dérouler
52:45la personne qui
52:46pour l'instant
52:47est suspectée
52:48qui est passée en détention
52:49provisoire
52:49a manifestement
52:50des antécédents
52:51même s'il n'a jamais été
52:52condamné pour les plaintes
52:54elles ont été classées
52:55et on peut se poser
52:56un certain nombre de questions
52:56sur pourquoi
52:58cette personne
52:58qui manifestement
53:00a des graves soupçons
53:01de violences
53:02ou de violences sexuelles
53:03sur les mineurs
53:04n'a pas été mis
53:06hors de portée
53:07de jeunes
53:07et notamment
53:08de cette jeune fille
53:09une inspection
53:10conjoint du ministère
53:11de l'intermissage de justice
53:11fera tous les éléments clairs
53:13pourquoi on met du temps
53:14à transmettre
53:15entre le parquet de Toulouse
53:16et le parquet d'Oche
53:17et pourquoi on le fait en papier
53:19la suite de la plainte
53:20remise pour la plainte
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