- il y a 19 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00L'actualité de ce mardi soir, c'est aussi, et on va en parler ce soir tous ensemble, l'affaire
00:04Bruel.
00:05On n'en sait plus ce soir sur les deux dernières plaintes déposées contre le chanteur après sa mise en
00:09examen.
00:09Vous entendrez dans une seconde, d'ailleurs, l'avocate de ces femmes qui ont porté plainte,
00:13elle juge probable que beaucoup d'autres témoignages affluent.
00:17On va s'arrêter aussi ce soir sur l'empire qu'a bâti Bruel.
00:20Hôtel, vin, huile d'olive, céréales, etc., etc.
00:23L'empire Bruel est-il en train de vaciller ?
00:26Et puis ces fans, que disent-elles face à ces accusations en série ?
00:30On va en parler avec nos invités, Laurent Valigui, maître Batik, Elisa qui reste avec moi.
00:35Et on va accueillir aussi sur ce plateau, maître Marion Ménage, avocate pénaliste au barreau du Val-d'Oise,
00:40si vous voulez bien rentrer, s'il vous plaît, en plateau.
00:43Muriel Reus, président de l'association Femmes Avec, et Emmanuel Anizon, grand reporter au magazine L'Obs, au Nouvelle-Obs.
00:52Bonsoir à toutes, merci de nous rejoindre ce soir.
00:55D'abord donc, je voudrais qu'on parle de ces deux dernières plaintes déposées contre Patrick Bruel.
01:00Deux femmes l'accusent pour l'une de tentative de viol, pour l'autre de viol et agression sexuelle.
01:06Leur avocate, Jade Doucelin, qui était sur BFM TV aujourd'hui face à Pauline de Malherbe, insiste sur un point.
01:10Ces deux femmes ne se connaissaient pas, ne viennent pas du même milieu, mais accusent le même homme.
01:17Nous sommes sur une tentative de viol pour l'une et une agression sexuelle, un viol pour l'autre, à
01:22des dates différentes.
01:23Ce sont des jeunes femmes, des femmes qui sont dans des milieux différents, des univers différents, à des dates différentes.
01:28Il n'y a pas de rapport entre elles, si ce n'est effectivement le même agresseur.
01:32– Effectivement, ce serait un homme qui aurait une tendance à repérer une femme dans le public.
01:37– Et à les cibler ?
01:38– À les cibler. Et puis, c'est ce que j'ai dit à un autre confrère à vous, ne
01:44pas laisser le temps du consentement,
01:45si je peux me permettre de l'exprimer ainsi, c'est-à-dire d'entraîner dans quelque chose d'assez
01:49clos et puis d'agresser à ce moment-là.
01:51– Voilà pour ce que dit Maître Jousselin ce soir.
01:54J'insiste sur les accusations portées par Amandine.
01:56Elle rencontre Bruel à 20 ans, repérée par le chanteur au premier rang.
01:59Elle va le revoir plusieurs fois, avoir des relations sexuelles avec lui,
02:02jusqu'à 2007, à la réunion où elle décide de stopper cette relation.
02:06Mais ce jour-là, les choses se passent mal.
02:08Et voici ce qu'elle dit à Mediapart.
02:09J'ouvre la porte, il est tout nu, me pousse contre le mur et essaie de m'embrasser.
02:13Je le repousse.
02:16Laurent Valdiguier, ce témoignage-là, il est important,
02:20notamment parce qu'il ressemble à d'autres,
02:22notamment parce qu'il semble dessiner,
02:25et on va en parler ce soir,
02:27et c'est une expression employée par une des avocates dans le dossier,
02:30un mode opératoire ?
02:32– Oui, alors ça, c'est la justice,
02:35c'est le gros morceau de tout, de cette vingtaine de plaintes.
02:38Parce qu'en réalité, il y a déjà eu un tri qui était à l'avantage de Patrick Bruel
02:45le jour de sa mise en examen,
02:48puisque le parquet, le matin, a réclamé neuf mises en examen.
02:51Le soir, il n'en a eu que quatre.
02:53Et quatre témoins assistés.
02:57Et le parquet a dit au juge,
02:59débrouillez-vous avec une quinzaine d'affaires qui nous paraissent prescrites,
03:03voyez si vous allez trouver ces histoires de séréalité
03:09qui permettraient d'enjamber la prescription.
03:12Alors, tout ça, c'est quand même un terrain nouveau du droit,
03:16assez fragile, c'est un peu les sables mouvants.
03:18Pour qu'il y ait séréalité, il faut quand même qu'il y ait des modes opératoires en commun.
03:24Il y a une séréalité en cours dans les dossiers judiciaires,
03:28ça concerne Dominique Pellicot pour le meurtre et la tentative de meurtre,
03:34le viol dans les deux cas, avec de l'éther.
03:37Donc, c'est des modes opératoires extrêmement voisins.
03:39Il y a de l'éther dans les deux cas, des cordelettes dans les deux cas,
03:42un cutter dans les deux cas, des affaires bien pliées dans les deux cas.
03:45Donc, la justice estime qu'il y a une affaire qui est prescrite,
03:48mais qui ne l'est pas parce que la deuxième, elle ne l'est pas.
03:51Et donc, en fait, elle fait tenir ces deux affaires,
03:53mais il n'est pas encore renvoyé aux assises pour ça.
03:56Donc, c'est un terrain nouveau du droit
03:58et peut-être que le patrie Bruel va faire les frais.
04:03Maître Ménage, comment vous réagissez
04:04quand certaines de vos consœurs, en l'occurrence,
04:06parlent de modes opératoires pour Bruel ?
04:08Alors, moi, je n'irai pas sur ce terrain.
04:10N'étant pas dans le dossier, il est absolument hors de question
04:12d'aller commenter des éléments que je n'ai pas entre les mains.
04:14Ce qui est vrai, c'est que la loi a prévu ces dernières années
04:18une modification de la prescription
04:21parce que jusqu'à présent, on faisait courir le fil du temps
04:24et quand le coup près tombait, on ne pouvait plus rien faire,
04:27c'était trop tard.
04:28La dernière loi en date, elle permet effectivement
04:31d'aller chercher de très vieilles affaires.
04:33Quand on a sérialité, on vient nous dire
04:36finalement, si la dernière de la liste n'est pas prescrite,
04:40elle va faire ressusciter toute celle d'avant
04:42qui aurait été éteinte si ça n'avait pas été le cas.
04:45Donc, si on a un élément de sérialité dans ce dossier,
04:50effectivement, ça pourrait faire ressusciter
04:52jusqu'à des vieilles plaintes qui datent d'il y a plus de 30 ans
04:56qui auraient été prescrites autrement.
04:58Mais ça veut dire qu'il va y avoir, au-delà des cas pris isolément,
05:01il va y avoir une bataille judiciaire pour essayer de comprendre
05:04s'il y a une série, s'il y a un mode opératoire commun,
05:07s'il y a quelque chose de commun entre toutes ces affaires
05:09pour justement, comme vous dites, faire ressusciter
05:12des affaires qui auraient été oubliées, pas oubliées,
05:14mais mises de côté par la justice parce que prescrites.
05:16C'est ça, parce qu'en fait, la multiplicité des victimes ne suffit pas.
05:20La sérialité, ce n'est pas juste, il y en a plusieurs.
05:22C'est, il y en a plusieurs avec un mode opératoire commun.
05:26Donc, ça va nécessiter des investigations importantes.
05:29Et c'est aussi la raison pour laquelle, dans le dossier de M. Bruel,
05:32on a quatre juges d'instruction qui ont été désignés.
05:34C'est-à-dire que, oui, ce dossier est médiatique
05:36et la pression va être importante,
05:38mais ça, ça ne suffisait pas à justifier
05:40qu'on ait quatre magistrats instructeurs
05:42de mobiliser sur ce dossier.
05:44Si on en a autant, c'est parce que c'est un dossier lourd,
05:46parce qu'on a beaucoup de plaintes,
05:48parce qu'on a des plaintes anciennes
05:49et parce qu'il y a cette sérialité à aller investiguer.
05:52Et ça, ça va demander du travail.
05:54Muriel Réus, il faut pour vous que la justice
05:55aille, je ne sais pas comment dire ça,
05:57gratter de ce côté-là, justement,
05:59pour essayer de voir si certaines plaintes
06:01qui auraient été mises de côté à cause de la prescription
06:03pourraient revenir comme ça dans ce dossier ?
06:05Oui, bien sûr. Enfin, pour moi, il faut qu'on aille regarder
06:07effectivement l'intégralité des plaintes,
06:09celles qui ont été déposées,
06:10celles qui viennent d'être dernièrement déposées.
06:12Après, ça dépend de ce qu'on appelle le mode opératoire.
06:14Moi, je vais vous parler d'une affaire que je connais bien,
06:16puisque j'en suis une des...
06:19Enfin, j'ai témoigné dans cette affaire,
06:20qui est l'affaire PPDA.
06:21Dans l'affaire PPDA, alors qu'il n'y a pas eu de procès,
06:24mais en tout cas, lors de l'enquête,
06:28les personnes qui se sont occupées
06:30ont considéré qu'il y avait un mode opératoire.
06:32Un mode opératoire, ça voulait dire
06:33tous les soirs, dans un bureau,
06:35une jeune femme, plutôt du même milieu,
06:39littéraire, journaliste,
06:40convoquée par un entourage,
06:42placée derrière une caméra,
06:43en face de Patrick Poiraud-Dabord,
06:45quelqu'un qui allait la chercher ensuite
06:46pour la faire monter dans un bureau,
06:49une dissymétrie de pouvoir à chaque fois.
06:51Et donc là, on a considéré
06:53qu'effectivement, il y avait un mode opératoire.
06:54Donc, il peut y avoir un mode opératoire
06:56vu par la justice,
06:57mais il peut y avoir aussi un mode opératoire
06:59qui est raconté de façon simultanée
07:01par des femmes qui ne se connaissent pas.
07:02Dans l'affaire PPDA, c'est 50 femmes.
07:04Dans cette affaire-là,
07:05c'est une trentaine aujourd'hui.
07:07On verra ce que le futur va dire.
07:09Mais effectivement,
07:10la dissymétrie de pouvoir,
07:11l'influence,
07:12le cercle rapproché,
07:14la façon dont on va
07:16aller chercher des victimes,
07:17enfin, pardon,
07:18pas des victimes,
07:19aller chercher des jeunes femmes
07:21après un concert
07:22ou après une pièce de théâtre
07:23ou après, peu importe,
07:24un spectacle,
07:25pour les emmener dans une loge,
07:26etc.
07:27Tout ça, ça peut constituer
07:28un mode opératoire.
07:31Métrobatique, là-dessus ?
07:33On va voir si Métrobatique
07:34est d'accord avec vous ou pas.
07:35Sur la notion,
07:36ne serait-ce que de mode opératoire,
07:37on a vu à quel point
07:38ça pourrait être important
07:39pour la suite de cette affaire bruyelle.
07:40Oui, alors pareil,
07:41je ne connais pas le dossier,
07:41donc c'est très difficile pour moi
07:42de m'exprimer,
07:43mais effectivement,
07:44vous l'aviez noté,
07:45je ne serais pas d'accord avec vous.
07:47En tout cas,
07:47de ce que je recoupe
07:48et des informations
07:49qui nous parviennent,
07:49et je crois que ce dossier,
07:50il est largement diffusé
07:53par la presse,
07:54le mode opératoire,
07:58définir comparativement
07:59au dossier PPDA
08:00où il y a des choses
08:02qui sont communes,
08:03il y a un lieu qui est commun,
08:04il y a un mode opératoire,
08:05enfin, il y a une convocation
08:06qui est commune.
08:07Là, dans le dossier
08:08de M. Bruel,
08:09j'ai entendu parler
08:10de deux masseuses,
08:11j'ai entendu parler
08:12de femmes dans des loges,
08:13j'ai entendu parler
08:14de femmes chez lui.
08:16Donc déjà,
08:16rien que sur une unité
08:18de temps et d'espace,
08:19il n'y a pas de mode opératoire.
08:20Sur la séduction,
08:21c'est complètement différent.
08:21Les masseuses,
08:23on a eu des détails
08:25qui sont ressortis
08:26de la plainte,
08:27ça s'est fait
08:27d'une certaine manière,
08:28le dossier de femmes
08:29c'est complètement autre chose.
08:31Donc pour moi,
08:31ça va être très compliqué
08:32à caractériser
08:34et effectivement,
08:35ma consoeur fait bien
08:35de le dire,
08:36c'est très probablement
08:37aussi également pour ça
08:38qu'il y a quatre magistrats
08:39instructeurs
08:40parce qu'il va falloir
08:40se creuser les méninges,
08:42créer des ponts,
08:43créer des fils
08:43et ça ne va pas être évident.
08:44Emmanuel Anisant.
08:45Oui, mais effectivement,
08:46le mode opératoire,
08:47c'est compliqué,
08:47je vais le définir
08:48et je pense que d'ailleurs,
08:49c'est aussi une raison
08:49pour laquelle il y a
08:51de plus en plus,
08:52il me semble,
08:56qui parle de ce mode opératoire
08:57mais qui reste très discrète
08:58sur quels sont-ils.
09:00D'ailleurs, pardon,
09:01mais Jacques Doucelin
09:02que l'on entendrait
09:02à l'instant,
09:03pour une de ses clientes,
09:05elle a parlé à Mediapart,
09:07l'autre n'a rien dit.
09:09Oui, oui.
09:09Absolument rien.
09:10Je pense que cette discrétion,
09:11elle est nécessaire
09:12à un moment
09:12parce que pour avoir regardé
09:14de près certains dossiers aussi,
09:15il y a des détails
09:16qui sont très précis,
09:19qui sont donnés
09:20par celles qui disaient
09:21des victimes
09:22et qui pourraient,
09:23pour le coup,
09:23constituer des points communs.
09:25Mais ces victimes,
09:26elles ne se connaissent pas,
09:28elles ne sont pas censées
09:28se parler avant.
09:29D'ailleurs,
09:30elles ne l'ont pas fait,
09:31elles ne se connaissaient pas avant.
09:32Et tout ça,
09:32ce sont des éléments
09:33que les avocats
09:33vont pouvoir utiliser
09:35pour prouver
09:36qu'il y a eu un mode opératoire
09:37puisqu'elles racontent
09:38la même chose
09:38sans se connaître.
09:39Mais il faut rester discret
09:41parce que ça fait partie
09:43des éléments
09:44qu'il ne faut pas redonner
09:45à la défense non plus.
09:47Vous voyez,
09:47donc on sent bien que là,
09:48il me semble qu'il y a
09:49quand même une prudence
09:50aujourd'hui
09:52qui prépare le terrain
09:53à l'avenir.
09:54On note d'ailleurs
09:54que Maître Doucela,
09:56que l'on entendait à l'instant,
09:57Laurent Valdivier,
09:58elle insiste sur un point,
10:00ces femmes sont
10:02de milieux différents,
10:03ces femmes ne se connaissaient pas,
10:05ces femmes,
10:05elles l'anticipent
10:06d'une certaine manière
10:08la défense de Patrick Gouel
10:09qui pourrait dire
10:09qu'en fait,
10:10chacune a raconté à l'autre
10:11ce qui s'est passé
10:12et donc à la fin,
10:13ça crée une espèce
10:14de témoignage commun
10:15et ça ferait sens
10:16et ça ferait de bruelle
10:17un violeur en série.
10:19Mais c'est vrai que maintenant,
10:19on est quand même
10:20dans le temps du secret.
10:21D'ailleurs,
10:21la preuve,
10:22c'est qu'il y avait
10:23dans les neuf plaintes
10:26objets de la garde à vue,
10:27il y en avait une,
10:28celle de Saint-Malo,
10:30instruite à Saint-Malo,
10:32on ne savait rien.
10:34Et d'ailleurs,
10:34l'avocate de cette jeune femme,
10:37ça s'est passé en 2012,
10:38avait même expliqué
10:39depuis des semaines,
10:40je ne vous dirai rien,
10:41ma cliente ne veut pas
10:42du tout en parler.
10:43Il s'agit d'un viol,
10:44d'une plainte pour viol.
10:45En fait,
10:46on n'en sait rien.
10:48Et Patrick Bruel,
10:49il est témoin assisté.
10:51Alors Patrick Bruel,
10:52il est témoin assisté,
10:53on ne sait pas pourquoi non plus.
10:55On sait encore moins pourquoi,
10:57sur quel élément,
10:58sur quel contre-attaque,
11:00sur quel moyen de défense.
11:02Il est quand même parvenu
11:03à convaincre
11:03les quatre magistrats
11:05dans cette espèce
11:06de face-à-face
11:06de 16h
11:07de la journée
11:08du mercredi.
11:11Comment ils ont fait
11:12ce tri,
11:13cette ligne de partage
11:13des eaux ?
11:14Ça change un peu tout
11:15d'être mis en examen
11:16ou d'être témoin assisté.
11:18Ce n'est pas du tout
11:18la même chose.
11:21Donc en fait,
11:22on a le récit
11:23de la parole
11:25de cette trentaine de femmes
11:26via Mediapart,
11:28Le Magasinel,
11:29Le Magasinel,
11:30etc.
11:31On a,
11:31ce qui est une parole légitime,
11:33qui est une parole...
11:36On a ce récit-là,
11:38mais en fait,
11:39le tamis judiciaire,
11:40c'est quand même autre chose.
11:41Et dans le tamis judiciaire,
11:42effectivement,
11:43vous aviez raison de dire ça,
11:44il y a plein de petits détails.
11:45Parce que alors là,
11:47pour établir,
11:48pour se faire une conviction,
11:50c'est souvent
11:51les petits détails
11:51qui n'ont l'air de rien du tout,
11:53qui vont jouer un grand rôle.
11:55Et en fait,
11:55ça,
11:56ils sont cachés
11:56pour l'instant.
11:57Laurent,
11:57justement,
11:58je m'arrête là-dessus
11:59parce qu'évidemment,
11:59la question du consentement,
12:00elle va être centrale.
12:01Ah oui.
12:02Maître Ménage.
12:03Et je reprends
12:05le témoignage
12:06d'Amandine.
12:07Encore une fois,
12:08elle rencontre Bruel
12:09à 20 ans,
12:10elle explique
12:11qu'ils la repèrent
12:12au premier rang d'un concert
12:14et qu'à la fin du concert,
12:15ils se retrouvent
12:16et ça va une fois,
12:17deux fois,
12:18plusieurs concerts,
12:19ils vont se retrouver.
12:19Elle-même raconte
12:20des relations sexuelles
12:21et c'est jusqu'en 2007
12:23où en 2007,
12:24elle explique que là,
12:25elle vient d'une certaine manière
12:26pour mettre un terme
12:26à cette relation
12:27et que ça se passe très mal.
12:292007,
12:30comment la justice,
12:312026,
12:33peut faire
12:34pour dire
12:34avant ce jour de 2007,
12:38Amandine dit
12:39c'était consenti,
12:40etc.
12:40Et ce jour de 2007,
12:42ça ne l'est plus.
12:43Je dis ça
12:44parce qu'il y a la défense
12:45de Patrick Bruel
12:45à Mediapart
12:46sur ce cas précis
12:47et Patrick Bruel dit
12:49c'était des rapports consentis
12:50répétés
12:51après au moins
12:51cinq concerts.
12:53Comment est-ce que
12:53la justice derrière
12:54peut dire oui,
12:56non, consentement
12:56ou pas consentement ?
12:57Je crois que vous touchez
12:58du doigt la difficulté
12:59de ce type de dossier.
13:00C'est-à-dire qu'à longueur
13:01de plateau,
13:02on vient expliquer
13:03à quel point
13:03trop de plaintes
13:05finissent avec un classement
13:06sans suite
13:06ou finissent avec un non-lieu.
13:08Ce n'est pas juste
13:09parce qu'on a envie
13:10d'embêter le monde,
13:11c'est parce que
13:12ce sont des dossiers
13:13dans lesquels
13:13l'administration de la preuve
13:15est infiniment compliquée
13:17et qu'effectivement
13:18une femme a parfaitement
13:19le droit d'être d'accord
13:20une fois,
13:21deux fois,
13:21trois fois
13:22et de ne pas être d'accord
13:23la quatrième fois.
13:24Simplement,
13:25la preuve de ça,
13:26elle est très difficile
13:28et en droit français,
13:29on a un immense principe
13:31qui est la présomption
13:32d'innocence
13:32et la présomption
13:33d'innocence,
13:35ce qui en découle,
13:36c'est que la charge
13:37de la preuve,
13:38elle pèse sur le procureur.
13:39C'est le ministère public
13:40qui est tenu
13:41de venir démontrer
13:42une culpabilité.
13:43Ce n'est pas à celui
13:43qui est accusé
13:44de venir prouver
13:45qu'il est innocent.
13:46Donc le procureur devra prouver
13:47qu'il y avait absence
13:48de consentement ?
13:49Évidemment.
13:49Car l'on dit ne voulait pas
13:50de cette relation.
13:51Alors bien sûr
13:51que la plaignante,
13:53elle a joué parce que
13:54c'est elle qui va apporter
13:55l'eau au moulin du procureur
13:56pour avoir des explications
13:58là-dessus.
13:58Parce que peut-être
14:00que les cinq premières fois,
14:01elle a téléphoné
14:02à des copines
14:03ou qu'elle a appelé
14:04sa maman pour lui expliquer
14:05à quel point cette relation
14:06était extrêmement épanouissante.
14:07Et puis peut-être
14:08que la fois suivante,
14:10là, elle aura appelé
14:11en larmes sa mère
14:11pour aller lui expliquer
14:12que là, elle ne voulait pas.
14:14Et peut-être qu'elle en aura
14:15parlé à quelqu'un d'autre,
14:16peut-être qu'elle en aura
14:17parlé à un psychologue,
14:18peut-être que...
14:19Et quand on va mettre
14:19tout ça bout à bout,
14:20on va se dire
14:21« Ah ben oui, en fait,
14:22cette parole,
14:22elle ne sort pas de nulle part
14:24en 2026
14:25parce que tout d'un coup,
14:26elle voit M. Beauvel
14:27à la télé
14:27et ça lui rappelle que
14:28« Tiens, si j'allais porter
14:30plein de faussements
14:30parce que c'est quand même
14:31très sympa d'aller
14:33indiquer qu'on est victime
14:34de viol,
14:35ben non, peut-être que
14:36quand on va regarder
14:37dans le rétroviseur,
14:38on va s'apercevoir
14:39qu'on a certes une parole
14:40mais pas que.
14:41Et ils sont là,
14:43les petits détails
14:44et les petits grains de sable
14:45dont parlait Laurent
14:46juste avant.
14:46On a le gros caillou
14:48qui est la parole
14:49et puis on va avoir
14:51à côté
14:51ce qu'on appelle
14:52un faisceau d'indices
14:53et ça, c'est tous
14:54les petits grains de sable
14:54qu'on va mettre
14:55à côté du caillou
14:55dans le bocal
14:56et quand le bocal sera plein,
14:57il n'y aura plus de place
14:57au doute. »
14:58Muriel Reus,
14:59c'est aussi ça,
15:00dans toutes ces affaires,
15:01vous parlez de l'affaire
15:01PPDA dans laquelle
15:02vous êtes,
15:03c'est aussi ça
15:05le cœur du sujet ?
15:06Le cœur du sujet,
15:07c'est une justice
15:08qui ne met pas à égalité
15:10les auteurs présumés
15:11et les victimes présumées.
15:13Pourquoi ?
15:13Parce que,
15:14comme vous le dites,
15:15madame,
15:15si vous voulez,
15:16la justice,
15:16elle est construite
15:17autour de la qualification
15:18des faits,
15:18de l'administration
15:19de la preuve
15:20et de la responsabilité pénale
15:21et donc aujourd'hui,
15:23si vous voulez,
15:24alors il y a cette présomption
15:25d'innocence,
15:25on est tous d'accord,
15:26elle est extrêmement importante,
15:27c'est un des principes
15:28fondateurs du droit
15:29mais il y a une énorme
15:30difficulté pour les victimes
15:31d'être reconnues
15:32dans leurs paroles.
15:33Honnêtement,
15:34vraiment,
15:35pour accompagner
15:35des victimes au quotidien,
15:37porter plainte pour viol,
15:38ce n'est pas une affaire,
15:39enfin je veux dire,
15:40on n'y va pas
15:40de gaieté de cœur.
15:41C'est extrêmement compliqué,
15:42on n'arrête pas de le dire,
15:44c'est compliqué,
15:46les procédures sont longues,
15:47les procédures sont souvent à charge,
15:50ça coûte énormément d'argent,
15:52le regard des autres
15:52change sur vous,
15:53le regard sur vous-même change,
15:54enfin il y a tout un processus
15:56qui est très très complexe
15:58et puis la justice
15:58est extrêmement lente,
15:59alors là on va dire
16:00que dans l'affaire Beauvais,
16:01elle n'est pas lente,
16:02dans l'affaire PPDA
16:03ça fait plus de 5 ans
16:04et pour l'instant
16:04il ne s'est rien passé.
16:05Donc on n'est pas tout à fait égaux,
16:07cette histoire,
16:07enfin cette notion de consentement
16:09que vous évoquez aujourd'hui,
16:10elle est très importante aujourd'hui
16:12parce que peut-être
16:13qu'enfin on va s'attacher
16:15à ce que ça soit l'auteur présumé
16:17qui donne les éléments du consentement,
16:23on va peut-être à un moment donné
16:24arrêter de demander aux victimes
16:26de prouver que ce qu'elles disent
16:29fondamentalement est vrai,
16:30qu'elles ont donné un consentement
16:31et je rappelle
16:32qu'un consentement il est réversible,
16:34ce n'est pas parce que vous avez accepté
16:35deux, trois relations sexuelles
16:38avec quelqu'un
16:38que vous ne pouvez pas changer d'avis
16:40à un moment donné,
16:41le consentement dans la loi
16:42aujourd'hui il est réversible.
16:43Alors de dire aujourd'hui
16:44effectivement j'ai des SMS
16:45qui me disent qu'elle a été consentante
16:47trois fois, quatre fois,
16:48cinq fois, dix fois,
16:49peut-être,
16:50mais peut-être que la deuxième fois
16:51c'était un non.
16:52Il faut l'entendre ce non.
16:54Il faut qu'à un moment donné
16:56la société toute entière
16:58entende qu'un non c'est un non
16:59et que quand une femme dit non
17:01à une relation sexuelle,
17:02il faut l'écouter
17:03et il faut la respecter.
17:05Et moi je trouve
17:05qu'on est quand même
17:06dans une demande de société
17:07plus protectrice,
17:08plus engagée,
17:09plus responsable.
17:10Il faut que la justice suive
17:12et aujourd'hui
17:13on arrive à un moment
17:14un peu crucial quand même
17:15avec toutes ces affaires.
17:17Moi j'ai goûté
17:17vos émissions dans l'après-midi,
17:21il y a aujourd'hui des citoyens
17:22qui décident de se faire justice
17:23soi-même
17:24et de plus en plus.
17:25C'est ça la vie
17:26que l'on veut aujourd'hui ?
17:27C'est ça la société
17:28que l'on a envie de partager ?
17:31Ou est-ce qu'on a envie
17:32fondamentalement
17:33d'avoir une justice
17:33qui prenne en compte
17:34la parole des victimes ?
17:35Pourquoi une victime
17:36irait raconter
17:37qu'elle a été violée ?
17:38Honnêtement.
17:39Je voudrais qu'on écoute
17:40à nouveau Maître Gusselin
17:40justement parce qu'elle
17:42prédit l'arrivée
17:43de nouvelles
17:44et nombreuses plaintes
17:45contre Patrice Bruelle.
17:48Ce dossier
17:48contrairement aux autres
17:49n'est pas abouti
17:51aujourd'hui.
17:51Au contraire,
17:52ces mises en examen
17:52vont évoluer.
17:53Il est probable
17:54qu'il y en ait d'autres
17:54voire beaucoup d'autres.
17:55On ira le plus vite possible.
17:56Après, la défense
17:57et c'est bien normal
17:58fera aussi les recours
17:59qui sont les seins
17:59et donc ça allongera
18:00d'autant plus.
18:01C'est quoi les délais ?
18:02C'est un procès
18:03dans un an ?
18:03Dans un an et demi ?
18:04Sans faire,
18:05je n'ai pas de boule
18:06de cristal,
18:06mais je dirais plutôt
18:07deux à trois ans.
18:08Et par ailleurs,
18:08je vais vous dire quelque chose.
18:09Ce n'est pas si grave que ça.
18:11Pour être tout à fait transparente,
18:12un, parce que je pense
18:13que dans ce genre de dossier,
18:14il faut arriver au tribunal
18:15avec quelque chose
18:15d'extrêmement construit
18:16et d'extrêmement abouti
18:17parce que ce qui compte,
18:18c'est la condamnation à la fin.
18:20Ce n'est pas ni les mesures
18:21d'étention provisoire
18:21ni de savoir
18:22s'il sera jugé demain matin.
18:23Que va en faire la justice
18:24de ces nouvelles plaintes,
18:25Maître Batik ?
18:26Elle va les compiler.
18:28Alors attention,
18:30le fait qu'il y ait
18:31de nombreuses plaintes,
18:335, 10, 15, 20, 30,
18:35ça n'agrandit pas
18:37la culpabilité
18:39de M. Bruel.
18:40Donc en réalité,
18:41il y en aura d'autres.
18:42Et encore une fois,
18:43il faut se méfier du nombre.
18:45On a vu que...
18:46Pourquoi se méfier du nombre ?
18:47Parce qu'on a expliqué
18:48sur tous les plateaux
18:49depuis deux semaines
18:50qu'il y avait 10 femmes,
18:5220 femmes,
18:5325, 30
18:54et jusqu'à la veille
18:55du défermement
18:56de M. Bruel,
18:5735.
18:57Et donc nécessairement,
18:59s'il y en avait 35,
19:00c'est donc qu'il était coupable.
19:01Et le lendemain,
19:02il a été placé
19:03sous contrôle judiciaire
19:04et sur la plupart
19:06des plaintes,
19:06il n'a pas été mis en examen.
19:08Il a été mis en examen
19:09pour viol sur 3-4,
19:11c'est ça ?
19:11Un viol,
19:12une tentative,
19:13un harcèlement
19:14et une agression sexuelle.
19:15Et sur le reste,
19:16c'est à plus...
19:17Mais ça ne signifie pas
19:18que les faits n'ont pas existé ?
19:19Non, mais ça signifie
19:20qu'il n'y a pas
19:20d'éléments suffisants.
19:22C'est-à-dire qu'il n'y a pas
19:22d'éléments concordants.
19:23Voilà.
19:23Et donc on est dans une société
19:24où effectivement
19:25le modèle législatif
19:28a été construit
19:29de sorte à ce qu'il y ait
19:30une certaine flexibilité
19:32dans l'interprétation
19:33des relations amoureuses.
19:34Après, on peut dire
19:36que c'est une bonne chose
19:37ou que c'est une mauvaise chose.
19:38On peut vouloir
19:39revenir dessus ou pas.
19:40En tout état de cause,
19:41aujourd'hui,
19:42il y a un principe,
19:42c'est un adage latin
19:43qu'on nous apprend
19:44quand on est
19:45à l'université de droit.
19:47Nulum crimen,
19:48nulapuene sine legue.
19:49Nulle peine,
19:50nul crime sans loi.
19:51Aujourd'hui,
19:52on ne peut pas revenir
19:53en regardant
19:54dans notre viseur
19:55en disant
19:55« Non, non, non,
19:56monsieur Bruel,
19:57les relations que vous avez eues
19:58il y a 15, 20, 30 ans,
20:00il fallait bien
20:00un écrit,
20:01une signature,
20:02un accord préalable.
20:03Ça ne fonctionnait pas
20:05comme ça.
20:05Si demain,
20:06on veut que la société
20:08explicite le consentement
20:09et qu'on en arrive
20:10à des signatures,
20:11à un accord,
20:11à prendre votre téléphone portable,
20:13à filmer la personne... »
20:14Je ne suis pas sûr
20:14que c'est ce qu'on demanderait.
20:17On peut vouloir
20:18cette société
20:19où on est sûr et certain
20:20qu'il y a un consentement
20:21libre, éclairé,
20:22enregistré, écrit, signé.
20:23C'est dans la loi, maître.
20:24C'est dans la loi, vous êtes d'accord ?
20:26Moi, je ne sais pas,
20:27mais c'est dans la loi.
20:28C'est bien ça le problème.
20:29En tout cas, on a légiféré,
20:30c'est dans la loi.
20:31Donc, les légistes doivent appliquer la loi.
20:32C'est simplement
20:32une inflation législative
20:34qui n'amène en réalité rien.
20:36C'est du verbiage
20:36pour faire plaisir.
20:38Mais si,
20:38parce qu'en réalité,
20:39il faut le consentement
20:41libre, éclairé.
20:41Comment est-ce que vous faites
20:42pour démontrer
20:42ce consentement libre, éclairé,
20:44si vous n'êtes pas filmé
20:45ou si ça n'est pas signé ?
20:46Tout simplement,
20:47parce que quand une femme
20:48est d'accord
20:48pour avoir une relation sexuelle,
20:49je vous certifie
20:50que ça se voit.
20:51Oui, bien sûr.
20:52Quand une femme n'est pas d'accord
20:53pour avoir une relation sexuelle,
20:55ça se voit aussi.
20:55Alors là, franchement,
20:57je vais vous dire...
20:57Soit vous a considéré
20:58que les femmes sont des menteuses.
20:59Mais non, pas du tout.
21:00Ou des manipulatrices.
21:01Je vais vous dire
21:01ce que je vois tous les jours
21:02dans mon cabinet.
21:03Les relations humaines
21:05entre un homme et une femme,
21:07en tout cas dans des relations
21:08amoureuses,
21:09quelle que soit
21:10la façon dont les choses se déroulent,
21:12c'est beaucoup plus complexe.
21:13Il peut y avoir
21:16un désaccord de la femme
21:17sans que l'homme
21:18ne le comprenne.
21:19Et les deux peuvent être
21:21de très bonnes fois.
21:21Écoutez, moi j'invite les hommes
21:23à comprendre.
21:24Donc ça, ça passe par l'éducation.
21:26Il n'y a pas forcément
21:27un méchant,
21:28une gentille
21:29ou une menteuse
21:30et un gentil.
21:32C'est beaucoup plus complexe,
21:33c'est beaucoup plus nuancé
21:33que ça dans les relations.
21:34Mais il y a très peu de femmes
21:36qui vont.
21:37Il y a très peu de femmes
21:38qui vont porter plainte.
21:40Il y a très peu de femmes
21:41qui vont subir
21:42ce qu'elles subissent
21:44sans que les faits
21:45n'aient réellement existé.
21:46Et si les hommes
21:47ne comprennent pas réellement
21:49que le consentement est là,
21:51moi je les invite
21:51à s'interroger
21:52sur ce qu'est un consentement.
21:53Enfin, c'est quand même
21:53pas très complexe.
21:55Moi j'ai eu un dossier
21:55si vous voulez...
21:56Ensuite, maître ménage.
21:5730 secondes.
21:58J'ai eu un dossier
21:59où un jeune homme
22:02est invité
22:02par une jeune demoiselle
22:04qui était ensemble au lycée
22:05et ils sont post-université.
22:07Elle l'invite chez lui.
22:10Il dorme à côté.
22:12Lui prend tous ses signaux
22:14d'invitation
22:15pour aller plus loin.
22:17Je vous fais le dossier
22:18en très court.
22:19Et finalement,
22:22elle n'était pas du tout
22:23dans la même idée
22:25que ce jeune homme.
22:26Et donc finalement,
22:26il y a eu un rapport,
22:27il y a eu une relation.
22:28Et donc les deux
22:29étaient persuadés.
22:31Lui était persuadé
22:32que la jeune femme voulait.
22:34Elle était persuadée
22:35qu'elle l'avait simplement invité
22:36en qualité de copain.
22:38Et donc,
22:38il s'est passé quelque chose
22:39sans que ce soit
22:40elle une menteuse
22:41ou lui un très méchant.
22:42C'est le quotidien aussi
22:44de soi.
22:44La justice décide quoi à la fin ?
22:46Je ne vais pas...
22:47Ce n'est pas important.
22:48Elle peut tout décider.
22:50J'ai eu tous les cas de figure.
22:52Il y a eu...
22:52Non mais attendez,
22:53dans ce cas précis,
22:54maître Batik.
22:54Dans ce cas précis,
22:56il y a eu un non-lieu.
22:56Mais enfin,
22:57on ne parle pas de la même chose.
22:58Là, on parle de 30 femmes
22:59qui racontent une histoire similaire.
23:00Là, il y a quand même une question
23:02et c'est la question du nombre.
23:05Le nombre, non.
23:06Le nombre, c'est un faux ami.
23:08Le nombre, vous savez,
23:09c'est toujours, on dit
23:10il y a une démultiplication
23:12du nombre
23:12et donc nécessairement,
23:13ça en fait une vérité judiciaire.
23:14Les erreurs judiciaires
23:15se basent toujours sur
23:17la démultiplication
23:18du nombre de personnes.
23:19C'est-à-dire que là,
23:20vous évoquez un cas
23:21où une fois,
23:22il y a eu un homme
23:23qui s'est trompé
23:24sur peut-être
23:25qu'elle voulait
23:25qu'elle ne voulait pas.
23:26C'est vrai que quand
23:2730 femmes,
23:28et on sait très bien
23:29qu'il n'y en pas 30,
23:30qu'il y a d'autres encore
23:30témoignages qui arrivent
23:32qui ne seront peut-être
23:32pas des plaintes vraiment,
23:34mais on voit bien
23:35que tout ça baille
23:35dans un contexte
23:37où en tout cas,
23:37il s'est souvent trompé
23:39sur la notion de consentement.
23:40On va dire ça comme ça.
23:42On a quand même aujourd'hui
23:44une vraie évolution
23:46de la loi.
23:46C'est-à-dire que
23:47la définition du viol
23:48a changé.
23:49Jusqu'à récemment,
23:50un viol,
23:51c'était
23:52tout acte de pénétration sexuelle
23:54par violence,
23:55menace,
23:56contrainte
23:56ou surprise.
23:57On regardait quoi
23:59si on n'avait pas ça ?
24:00Alors par défaut,
24:02on en déduisait
24:03que la femme était d'accord.
24:04Je dis la femme
24:04parce que dans la majorité
24:05des dossiers de viol,
24:06on est d'accord,
24:06ce sont les femmes
24:07qui sont victimes.
24:08Mais donc,
24:08il fallait venir caractériser
24:10la menace,
24:11la contrainte,
24:12la violence
24:12ou la surprise.
24:14Aujourd'hui,
24:14on a rajouté
24:16l'absence de consentement.
24:17Et c'est quand même
24:18un élément extrêmement important
24:19parce que ça veut dire
24:21que si un homme prétend
24:23que la femme était d'accord,
24:24il va effectivement falloir
24:26qu'il vienne nous expliquer
24:27comment il s'est convaincu
24:29de ce consentement.
24:31Nos amis canadiens
24:32ont une phrase très simple.
24:34Si ce n'est pas oui,
24:34c'est non.
24:36Ça résume tout.
24:37C'est une inversion
24:37de la charge de la preuve.
24:38C'est quand même très important.
24:39Dans ce qui nous intéresse là,
24:41les 25, peut-être 30,
24:43comme le disait Emmanuel,
24:43et peut-être plus encore,
24:44de femmes qui accusent
24:45Patrick Bruel
24:47pour des faits
24:48qui remonteraient
24:492007, 2019, etc.
24:51Cette notion de consentement
24:53n'était pas dans la loi.
24:55Donc, ça ne jouera pas
24:56à ce moment-là.
24:57Donc, on revient
24:57à la définition du viol,
24:59la définition antérieure
25:01et classique
25:01que vous donnez à l'instant.
25:02Mais ça peut jouer
25:03sur des affaires récentes.
25:04Ça peut jouer
25:04sur des affaires récentes.
25:05On ne sait pas
25:05si on a encore des droits.
25:06Oui, bien sûr.
25:07Non, mais effectivement,
25:08sur les anciens faits,
25:09bien évidemment,
25:10on ne va pas aller appliquer
25:11une définition de 2026
25:12à des faits de 1990.
25:14Ça, très clairement,
25:15c'est ce que Mourad vous disait.
25:17S'il n'y a pas de texte
25:18qui le prévoit,
25:19on ne peut pas rétrospectivement
25:20venir dire
25:21vous avez fait
25:21quelque chose d'interdit.
25:22On va s'intéresser
25:23dans une seconde
25:24aux fans et aux proches
25:25de Patrick Bruel
25:25que vous avez interrogés
25:26pour l'Obs.
25:27Emmanuel Alizon,
25:28dans un instant,
25:28on s'intéressera
25:29à l'Empire Bruel aussi,
25:30ce qu'il a bâti,
25:32les investissements
25:32qu'il a pu faire
25:33et à quel point
25:33cet empire vacille aujourd'hui.
25:34Mais il y a une autre avocate
25:35que je voulais qu'on écoute ce soir,
25:37c'est Karine Durieux-Dievolt
25:39qui est l'avocate
25:40d'une des plaignantes
25:41qui accuse Patrick Bruel.
25:42Là, ça concerne des faits
25:44du côté du festival de Dinard.
25:46Oui, c'est celui
25:47dont on parlait tout à l'heure.
25:48Exactement.
25:49Je vous rassure,
25:50elle n'a pas donné,
25:51Maître Dievolt,
25:51plus de détails aujourd'hui.
25:54Mais voici ce qu'elle dit quand même
25:55et on en revient,
25:56comme tout à l'heure,
25:57à la notion de mode opératoire.
25:59Elle a été victime en 2012
26:02dans le cadre du festival de Dinard,
26:04donc à Dinard,
26:05alors que Patrick Bruel
26:07présidait ce festival.
26:08Donc c'est intéressant
26:10parce qu'il semblerait
26:11qu'il y ait d'autres femmes
26:13qui aient dénoncé des faits
26:14dans un contexte identique,
26:16c'est-à-dire dans des festivals
26:17qu'il présidait également.
26:19Donc c'est un mécanisme
26:21qui nous intéresse
26:22parce que ça montre
26:22que dans ce contexte-là,
26:24il assure un ascendant
26:26sur ces femmes-là
26:27et qu'il profite
26:28de ces occasions-là,
26:29c'est-à-dire des festivals,
26:31pour avoir agressé des femmes
26:33selon les dénonciations
26:35de celles-ci.
26:35On l'a un peu effleuré tout à l'heure,
26:37mais la notion d'ascendant,
26:38qu'est-ce que ça veut dire ?
26:39Et qu'est-ce que ça peut changer
26:40derrière, judiciairement parlant ?
26:41Une éventuelle contrainte, c'est ça ?
26:43C'est ça, c'est la contrainte morale.
26:45C'est-à-dire que quand vous êtes face
26:47au clampin du coin
26:48que vous croisez dans la rue,
26:49c'est quand même
26:50beaucoup plus facile
26:51d'aller lui dire non
26:52que quand vous êtes
26:53une petite attachée de presse,
26:55une petite groupie,
26:56une petite invitée
26:58à un festival
26:58et que vous êtes face
26:59à un immense Patrick Bruel
27:01ou à un immense PPDA,
27:03ou en toute hypothèse,
27:04à quelqu'un qui a
27:05une carrure
27:06et une aura médiatique...
27:07Mais judiciairement parlant,
27:08qu'est-ce que ça change ?
27:09Ça permet de venir éventuellement
27:10caractériser une contrainte morale.
27:12C'est-à-dire que M. Michu
27:14du coin de la rue,
27:15il n'y a pas tellement de raisons
27:16qu'il ait un ascendant
27:18psychologique majeur
27:19sur une victime
27:20qu'il va croiser.
27:21Quelqu'un qui a une aura
27:22comme ça,
27:23on pressent
27:24qu'il est en position de force
27:26parce que sa notoriété
27:28joue pour lui
27:29ou contre lui,
27:30en l'occurrence.
27:30Mais il faut des preuves de ça.
27:32Comment est-ce qu'on prouve...
27:33Je pense que pour le coup,
27:34presque par défaut,
27:35la notoriété d'un homme
27:37va venir jouer contre lui.
27:39Oui, parce que ça induit
27:40une dissymétrie de pouvoir.
27:42Oui, alors à sa décharge,
27:43dans l'expertise psychologique
27:45de PPDA,
27:45il y a quelque chose
27:46qui dit l'inverse de ça,
27:48qui dit qu'il n'envisageait pas
27:51de ne pas plaire.
27:52Oui, absolument.
27:53C'est absolument très clair.
27:53Autrement dit,
27:55vous vous dites,
27:56ils sont célèbres,
27:59donc forcément,
28:00ils sont sous contrainte.
28:01Mais en réalité,
28:02de leur point de vue à eux,
28:05c'est quasiment
28:06une automaticité du oui
28:08puisqu'ils ne supportent pas
28:09de ne pas plaire.
28:10Enfin, ils ne conçoivent pas
28:11de ne pas plaire.
28:11Oui, mais c'est vrai
28:13que ça les met
28:13dans des situations impossibles.
28:15Je ne suis pas sûre
28:15que ce soit contradictoire.
28:16À ce serait que certaines victimes
28:18évoquent des propos
28:18qu'il tient
28:19où il dit
28:20« mais tu sais qui je suis,
28:21je suis bruelle, moi,
28:22etc. »
28:23Et là, on n'est plus
28:24dans cet ordre.
28:25Mais au-delà de ça,
28:26quand on est extrêmement sûr
28:28de sa puissance,
28:29qu'on est sûr de plaire,
28:31on dégage une espèce d'aura
28:33et on dégage une espèce
28:34d'autorité naturelle
28:36qui fait que la contrainte morale,
28:37on va l'avoir assez rapidement.
28:39Peut-être qu'on ne s'en aperçoit pas.
28:40Je ne dis pas que sciemment,
28:42un homme puissant
28:43va en jouer
28:45pour obtenir ce qu'il veut.
28:46Mais simplement,
28:48cette espèce d'assise naturelle
28:50qui va être la sienne
28:51et le charisme
28:52qui va être le sien
28:52parce que rien ne lui est refusé,
28:55finalement,
28:55va venir peser
28:56sur celle
28:57qui va contraindre
28:59dans les dossiers
29:00de ce type.
29:01Emmanuel Anisant,
29:01pour l'Obs,
29:02vous êtes allé
29:02à la rencontre
29:03des fans
29:05de certains proches
29:06que vous avez eus
29:07au téléphone aussi
29:08de Patrick Bruel.
29:09Première remarque,
29:10les fans,
29:10elles sont toujours là.
29:12C'est-à-dire que là,
29:14ce soir,
29:14ça devait être le début
29:15d'une tournée
29:15pour Bruel
29:16avec des concerts
29:17du côté du Cirque d'hiver.
29:19C'était tellement plein
29:20à craquer.
29:21On était avant,
29:22évidemment,
29:23les dernières révélations.
29:24C'était tellement plein
29:25à craquer
29:26qu'il a dit derrière
29:27on part en tournée
29:27dans toute la France.
29:29Il y aura les festivals
29:29cet été,
29:30les festivals qui ont été annulés,
29:31mais il y a toujours
29:32une tournée qui est prévue
29:32à partir du début octobre.
29:34C'est plein,
29:34c'est plein à craquer.
29:35Les fans sont toujours là
29:36et il y en a une
29:37que vous citez
29:37qui s'appelle Claire
29:38et qui vous dit
29:39j'ai l'impression
29:39d'avoir été bernée
29:40par mon grand frère.
29:42Oui,
29:42parce que c'est quelqu'un
29:43qui a vécu
29:44depuis 35 ans
29:45avec cet homme.
29:47Elle avait 16 ans
29:48quand elle est allée
29:49à ses premiers concerts.
29:50C'est l'âge d'ailleurs
29:50de Flavie Flamand
29:52par exemple
29:52qui raconte.
29:53Et d'ailleurs,
29:54elle la cite,
29:55elle dit
29:55j'avais l'âge de Flavie Flamand,
29:56j'avais 16 ans.
29:57Et en fait,
29:57elle s'est construite
29:58avec cet homme
29:59qui,
30:00pour le différencier vraiment
30:02le rapport de fans
30:03qu'elles ont,
30:03ce n'est pas celui
30:04que pouvait avoir
30:05quelqu'un avec un Gérard Depardieu,
30:06un acteur
30:07ou même un PPDA
30:08journaliste du 20h.
30:10Le rapport au chanteur
30:11à ses chansons d'amour,
30:13il est extrêmement puissant.
30:15C'est les posters
30:15dans une chambre.
30:17En plus,
30:17Patrick Bruel,
30:18il avait une posture morale.
30:19C'est quelqu'un
30:19qui avait dans ses chansons
30:21des prises de position,
30:24qui était aux enfoirés
30:26depuis 33 ans,
30:27qui a toujours eu
30:28cette posture
30:29de valeur.
30:31Elle me cite même
30:32son divorce
30:33qui était exemplaire,
30:34l'éducation de ses fils
30:35qui était exemplaire.
30:36En fait,
30:37elle s'est construite
30:37en tant que femme,
30:38jeune fille,
30:39puis femme,
30:40avec ce modèle
30:41qui,
30:42au-delà d'être simplement
30:43l'amoureux,
30:44putatif comme ça,
30:46prince faussement charmant,
30:47ou pas.
30:48Mais au-delà de ça,
30:49c'était une personnalité morale.
30:50L'homme idéal.
30:51L'homme idéal,
30:52le grand frère,
30:52vraiment.
30:53Et donc,
30:54pour elle,
30:55ses chansons
30:56l'ont accompagnée,
30:58elle aussi,
30:58dans tous ses épisodes de vie.
31:00Et donc,
31:01aujourd'hui,
31:01à 35 ans,
31:02c'est comme si
31:03elle était
31:05totalement,
31:06enfin,
31:07complètement déstabilisée
31:08parce que ce sont
31:08ses repères profonds
31:10qui sont aujourd'hui
31:11mis à mal.
31:11Et donc,
31:11elle est très écartelée.
31:12Qu'est-ce qu'elle dit,
31:13Claire,
31:14de celle qui accuse Bruel ?
31:15Alors,
31:16elle,
31:16elle a 55 ans.
31:17Elle,
31:17elle,
31:18elle dit qu'elle ne peut pas
31:20ne pas croire
31:20qu'avec ce nombre
31:22de témoignages,
31:23il n'y ait pas des...
31:24Voilà,
31:24et c'est quelqu'un
31:25qui,
31:26qui a une empathie,
31:28en fait,
31:29pour,
31:29spontanément,
31:30pour d'autres femmes,
31:31voilà.
31:32Et elle me dit,
31:32en même temps,
31:33j'ai eu au téléphone
31:34récemment,
31:35elle me dit,
31:35bon,
31:35si vous êtes en prison,
31:37je lui apporterais des oranges.
31:39C'est-à-dire que,
31:40non,
31:40mais,
31:40à la fois,
31:43en raisonnement,
31:43elle se dit,
31:44sans doute,
31:45que peut-être
31:46qu'il a été,
31:48il n'a pas,
31:49voilà,
31:50le consentement,
31:51tout ça,
31:51peut-être même
31:52qu'il est malade,
31:53je ne sais pas.
31:54Et en même temps,
31:55je n'arrive pas à m'y faire.
31:56Elle pleure,
31:57elle pleure,
31:57elle est dans un deuil
32:00qu'elle n'a pas fini de faire.
32:01Et quand on lui dit,
32:01est-ce que s'il y avait
32:03un jour des concerts,
32:04vous y retourneriez ?
32:05Elle dit oui.
32:06Ah oui,
32:06il y retournerait.
32:07Oui.
32:08Elle est même allée
32:08au théâtre Édouard VII
32:10pour les dernières représentations
32:11pour lui dire adieu
32:13alors qu'on savait que c'est...
32:14Pour lui dire adieu,
32:15elle va à Édouard VII
32:15pour lui dire adieu.
32:16C'est ça.
32:18Comme si elle faisait
32:18des adieux
32:19à l'homme
32:20qu'elle avait aimé
32:21pendant 35 ans.
32:22Donc,
32:23quand je l'ai vue,
32:24elle sortait de ce théâtre,
32:24elle était en pleurs,
32:25elle m'a dit,
32:25je viens de faire mes adieux
32:26à Patrick Bouel.
32:28Et en même temps,
32:28aujourd'hui,
32:29elle dit que s'il refaisait
32:30des concerts,
32:30sans doute qu'elle irait quand même
32:31tout en étant partagée,
32:33culpabilisée.
32:37Elle est perdue.
32:38En fait,
32:38elle est perdue.
32:39Aujourd'hui,
32:39elle est perdue.
32:39Noël Réus,
32:40comment vous réagissez
32:41face à ce témoignage-là ?
32:42Écoutez,
32:42moi,
32:43comment dire ?
32:44Je comprends
32:45qu'on puisse être extrêmement déçu
32:46quand on a partagé
32:47une partie de son adolescence
32:49avec quelqu'un
32:49qu'on a considéré,
32:50enfin,
32:51qu'on a perçu
32:52comme étant une idole,
32:53qu'on a idolâtré d'ailleurs.
32:54C'est le cas.
32:57Je comprends
32:57que le genre idéal,
33:00ce qui était un peu le cas
33:01de PPDA
33:02ou en tout cas
33:02le frère idéal,
33:04ça puisse être
33:05une véritable
33:07déception.
33:09Je crois quand même
33:10que notre société
33:11manque vraiment
33:11fondamentalement de sens
33:13et qu'aujourd'hui,
33:14cette transposition,
33:15si vous voulez,
33:16du sens
33:16dans des personnalités publiques,
33:18moi,
33:19ça me laisse assez...
33:20Le fait d'idolâtrer.
33:21Le fait d'idolâtrer
33:22sur des personnes,
33:24qu'elles soient chanteuses,
33:25comédiennes,
33:26politiques,
33:27ou qu'une sèche encore
33:28que les politiques,
33:29ça ne provoque pas
33:31une telle charge d'émotion.
33:34Ça démontre quand même
33:36que notre société
33:37est vraiment
33:39en déséquilibre de sens.
33:40Après,
33:41ce qui va être très intéressant,
33:42me semble-t-il,
33:43c'est la réaction
33:44de ces personnes-là
33:45qui sont vraiment
33:46des personnes
33:47qui ont adoré
33:48ce chanteur.
33:50Est-ce que,
33:51véritablement,
33:51il va y avoir
33:52un moment de bascule ?
33:53Est-ce que,
33:53si des concerts reprennent,
33:55elles vont y aller ou pas ?
33:56Quelle va être
33:57la sanction de la société ?
33:58Moi, c'est ça
33:59qui m'intéresse.
34:00On verra au mois d'octobre
34:02s'il a tourné à lieu.
34:05Il y a une question
34:05de timing aussi.
34:06Pardon ?
34:07Il y a quand même
34:08une question de timing.
34:09C'est-à-dire que là,
34:10pour l'instant,
34:10que sa vie soit compliquée,
34:12ce monsieur en ce moment,
34:13je l'entends complètement,
34:14mais il y a quand même encore
34:15la présomption d'innocence.
34:16Évidemment.
34:16Un jour,
34:17si le coup près de la justice
34:18doit tomber,
34:19et on l'a vu pour d'autres,
34:21on l'a vu pour Bertrand Cantat,
34:22on l'a vu...
34:23Là, c'est beaucoup plus compliqué
34:24parce qu'une fois
34:25que c'est passé,
34:26que les choses sont dites,
34:28que les choses sont posées,
34:30on peut...
34:31Voilà.
34:32On peut avoir envie
34:33de fermer les yeux
34:34et on peut avoir envie
34:35de se dire
34:35présomption d'innocence d'abord
34:37et je reste dans l'adoration.
34:38À partir du moment
34:39où la présomption d'innocence,
34:40elle tombe
34:41parce que le coup près
34:42de la justice tombe,
34:43je pense qu'il y a aussi
34:45un certain nombre de postures
34:46qui évoluent.
34:47Et il y a peut-être des gens
34:48qui, pour monsieur Cantat,
34:49auraient continué
34:50à aller le voir
34:51avant la condamnation.
34:52À partir du moment
34:53où la justice passe,
34:55qui aujourd'hui
34:56n'y retournerait pas.
34:56Avant de parler
34:57de l'Empire Bruel,
34:58dans une seconde,
34:58il y a une phrase dingue
34:59dans votre enquête,
35:00celle de la coiffeuse
35:01de Patrick Bruel
35:02qui dit
35:02« Et pourquoi forcerait-il
35:03alors qu'il peut avoir
35:04toutes les filles ?
35:05Mais quel destin
35:06au sommet de sa gloire
35:07se retrouvait comme ça
35:08balayé par des mots ? »
35:09Par des mots.
35:10Par des mots.
35:11C'est ça qui est absolument dingue.
35:12Et cette coiffeuse,
35:13en fait,
35:13elle l'accompagne
35:14depuis quasiment 30 ans.
35:15Et elle aussi,
35:16je pense que c'est les mots
35:17d'une certaine génération,
35:18en fait.
35:18C'est-à-dire que c'est
35:19une femme qui est dans
35:21un déni.
35:23Elle dit aussi,
35:24finalement,
35:24il était comme tous les autres,
35:25tous les autres chanteurs
35:27de sa génération
35:27qui profitaient
35:28de leur position.
35:30Et pourquoi lui ?
35:30Pourquoi pas les autres ?
35:31Et en fait,
35:32cette femme,
35:32d'une certaine manière,
35:33se met du côté
35:36de...
35:36Voilà.
35:36En tout cas,
35:37elle ne se met pas
35:37du côté des femmes.
35:38C'est certain.
35:39Et pardon,
35:40vous expliquez que d'ailleurs
35:41autour de lui,
35:42dans son entourage professionnel,
35:43il y a un certain nombre
35:43d'anciennes fans.
35:44Oui.
35:44Alors,
35:45il s'est entouré,
35:46c'est quelqu'un.
35:46Alors ça,
35:47c'est clairement,
35:48quand on parle
35:49de sentiment d'impunité,
35:50de quelqu'un en fait...
35:51C'est quelqu'un
35:51qui s'est entouré
35:52d'anciennes fans
35:54dans une petite maison
35:55de production
35:55où personne ne lui apporte
35:57la contradiction.
35:58Très clairement,
35:58c'est quelqu'un qui vit...
36:00Et en plus,
36:00c'est quelqu'un
36:00qui a toujours tout réussi.
36:01C'est un sérieux entrepreneur
36:03qui a gagné beaucoup d'argent,
36:04qui a toujours tout réussi
36:06et qui a une aura
36:07puisqu'il a toujours réussi
36:09tout ce qu'il touchait finalement.
36:10Alors justement,
36:11sérieux entrepreneur,
36:12Lisa Day,
36:12vous avez regardé un peu
36:13l'Empire Bruel
36:14et la question,
36:15c'est savoir si évidemment
36:16sa main déjà fragilise
36:18son empire.
36:19Il a une grosse fortune
36:20et effectivement
36:21un gros empire économique
36:22avec la musique et le cinéma
36:23qui en sont évidemment
36:24les fondations.
36:25Sa société de production
36:26affiche plus de 20 millions
36:27d'euros de trésorerie
36:28pour 2023.
36:29Ce sont les dernières infos
36:31disponibles et consultables.
36:32Au cinéma,
36:33ses cachets sont estimés
36:34entre 300 000
36:35et 600 000 euros
36:36par film.
36:37Et en plus,
36:37vous le savez,
36:38Patrick Bruel est connu
36:39pour son amour du poker
36:40et en 2009,
36:41il ne se contente pas
36:41que d'y jouer.
36:42Il devient actionnaire
36:43de Winamax,
36:44le site de Paris sportif
36:45et de poker en ligne.
36:46Il vend progressivement
36:48ses parts,
36:48vous le voyez,
36:48pour 87 millions d'euros.
36:50Pour s'adonner
36:51à une nouvelle passion,
36:52l'huile d'olive,
36:53Patrick Bruel appelle sa marque
36:54Léos,
36:55L-E-O-S,
36:56contraction des prénoms
36:57de ses fils,
36:57Léo et Oscar.
36:58Cette huile est fabriquée
36:59sur son domaine
37:00de l'île-sur-la-Sorque
37:01dans le Vaucluse
37:01et sur le site internet,
37:03j'ai regardé,
37:03vous voyez,
37:04la bouteille la moins chère
37:05coûte 18 euros
37:06les 250 millilitres.
37:08En plus,
37:08Patrick Bruel a ouvert
37:09son hôtel 5 étoiles,
37:10toujours au même endroit
37:11et toujours sous le même nom,
37:13l'île de Léos,
37:14hôtel,
37:14plus de 33 millions d'euros
37:15de trésorerie,
37:16toujours en 2023
37:17et ce n'est pas fini.
37:18Patrick Bruel a aussi investi
37:19dans une entreprise
37:20de casques connectés
37:21pour le vélo,
37:22dans des tablettes,
37:23des ordinateurs
37:24pour collégiens
37:24et si ça ne suffisait pas,
37:25il est aussi devenu
37:27investisseur et ambassadeur
37:28d'une marque de pâtes
37:29à tartiner notamment.
37:31Donc on peut parler,
37:32je crois,
37:32d'empire économique.
37:33Là,
37:34il y a un vrai enjeu,
37:34Emmanuel Anizon.
37:35Aussi,
37:36pour Bruel
37:37et au-delà,
37:37on voyait l'inquiétude
37:39par exemple
37:39du maire de Lille-sur-la-Sorgue
37:40qui dit
37:40l'hôtel,
37:41c'est sans salarié.
37:42Oui,
37:43mais en fait,
37:43il y a toute une économie
37:44autour de Patrick Bruel,
37:46c'est sans salarié.
37:47Il y a évidemment
37:47tous les musiciens aussi
37:48qui le fait vivre,
37:49sa société de production.
37:51C'est quelqu'un
37:52qui a développé
37:54énormément d'argent
37:54et qui fait vivre
37:55beaucoup de monde autour
37:56et autour de son nom.
37:58C'est-à-dire que Léo,
37:59c'est la contraction
38:00du nom de ses fils.
38:01Enfin,
38:02il y a un récit
38:03de Patrick Bruel
38:04autour de lui
38:05et de sa réussite
38:06de ses chansons,
38:08de son image.
38:08C'est quelqu'un,
38:09d'ailleurs,
38:09quand j'ai interrogé
38:10ses proches,
38:11c'est quelqu'un
38:11qui s'appelle
38:12Control Freak,
38:13c'est quelqu'un
38:13qui est très
38:13dans le contrôle
38:14de son image
38:16de manière vraiment
38:17très, très, très
38:17méticuleuse.
38:18Et donc,
38:19cette affaire
38:21en fait,
38:21fait complètement exploser
38:23cette image
38:24qu'il a mis
38:2535 ans
38:26à construire
38:27vraiment
38:27comme un homme
38:28d'affaires avisé
38:29et pas seulement
38:30comme un chanteur
38:32de chansonnettes.
38:32C'est quelqu'un
38:33qui est...
38:34Moi,
38:34on m'avait donné
38:35par exemple
38:35cet exemple
38:36qui est assez remarquant.
38:37On lui proposait
38:38un vol en hélicoptère
38:39gratuit.
38:40Il a dit d'accord,
38:40mais pas d'image
38:41parce qu'aujourd'hui,
38:42les hélicoptères,
38:42vous avez des fans
38:43écolos,
38:43ça ne passe pas.
38:44Voilà,
38:44donc c'est pour dire
38:45que quand là,
38:47à ce point,
38:48tout s'écroule,
38:49l'économie,
38:50elle est directement liée
38:51à cette image
38:52qu'il a construite.
38:53Donc,
38:53c'est quelque chose
38:53de...
38:54Beaucoup de salariés
38:55et beaucoup de personnes
38:56sont dépendantes
38:56de cette image.
38:57Muriel Reus,
38:58avant Laurent ?
38:58Moi,
38:58je crois que ce pouvoir
38:59économique,
38:59c'est quelque chose
39:00de très important
39:06était autour
39:06de certains personnages.
39:08C'est TF1,
39:09par exemple,
39:09si on a accepté
39:11aussi longtemps
39:12les agissements
39:14présupposés
39:14puisqu'il n'a pas été
39:15condamné de PPDA,
39:17c'est aussi parce qu'il représentait
39:18une manne financière
39:19considérable.
39:20Toute l'industrie publicitaire
39:21était construite
39:22sur ce JT.
39:22Quand vous faites
39:2310 millions de téléspectateurs,
39:24vous avez un pouvoir
39:25économique très fort.
39:27C'est à l'identique
39:28pour Gérard Depardieu.
39:30Pourquoi on n'a jamais
39:31arrêté Gérard Depardieu
39:32sur un tournoge ?
39:32C'est parce que les films
39:33se sont montés sur son nom
39:34et que ça représentait
39:35une manne économique
39:37très très forte.
39:38Autour de Bruel,
39:40il y a aussi un système
39:41qui est là.
39:42Et ce système
39:43fait vivre des gens
39:44comme vous venez de le dire,
39:45fait vivre une économie
39:47et donc participe aussi
39:48à une forme d'omerta.
39:49Et moi, je trouve
39:50qu'on ne s'interroge
39:51jamais assez profondément
39:52sur le système
39:54autour de ces personnalités
39:55qui permet que ces actes
39:57puissent avoir lieu.
40:00C'est important,
40:01ça n'arrive jamais.
40:01On ne montre pas
40:02des systèmes comme ça
40:03tout seul,
40:04notamment sur le PPDA.
40:05Il y avait quand même
40:06quelqu'un qui appelait
40:07tous les soirs
40:07pour faire venir
40:07quelqu'un sur le plateau.
40:09Quelqu'un qui allait
40:09chercher cette personne
40:10pour la mettre
40:10derrière une caméra,
40:11qui la faisait monter
40:12le soir ensuite
40:13en disant
40:14que la PPDA
40:14est en train
40:15de se démaquiller,
40:16ne vous étenez pas
40:16de son absence,
40:17vous allez le retrouver
40:18dans son bureau.
40:18Quelqu'un pour fermer
40:19la porte.
40:20Donc vous voyez,
40:20il y a un entourage
40:21autour de ces histoires
40:22et ça, pour l'instant,
40:24on n'en tient pas compte
40:25et la justice
40:26n'explore pas vraiment cela.
40:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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