- il y a 12 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Bonsoir à toutes et à tous, je suis Raul de vous retrouver pour une nouvelle soirée en direct sur BFM
00:03TV avec dans une seconde notre premier invité de la soirée Dominique de Villepin avec nous.
00:08L'accord signé entre Américains et Iraniens est-il un succès ou un fiasco pour Donald Trump ? Peut-on
00:13espérer une réouverture express du détroit d'Hormuz comme le dit Trump ce soir ?
00:19Et puis la menace nucléaire iranienne, c'était bien le point de départ de cette guerre. La menace nucléaire iranienne
00:23est-elle en train de s'éloigner ce soir ?
00:25Voilà quelques-unes des questions que l'on va poser ce soir à Dominique de Villepin. Bonsoir Dominique de Villepin
00:31et merci d'être avec nous ce soir.
00:33Je vous présente Elsa Vidal, Lisa Deff et Ulysse Gosset qui m'accompagnent ce soir pour vous interroger.
00:39On entendra Trump dans un instant, Dominique de Villepin, mais d'abord une première question.
00:42Si j'écoute Trump ce soir, la guerre s'arrête, Hormuz va rouvrir. C'est un succès ou un fiasco
00:48pour lui ?
00:49Alors c'est, du point de vue du récit, plutôt un succès de communication. Il a réussi tout au long
00:56du week-end à entretenir le suspense en marquant sa conviction qu'il parviendrait à signer cet accord.
01:01Donc de ce point de vue-là, il a un joli paquet d'anniversaires avec beaucoup de papiers et beaucoup
01:07de rubans.
01:08Quand on ouvre le paquet, force est de constater, au vu de ce que l'on sait aujourd'hui, qu
01:15'on a du mal à identifier très très clairement ce qu'il y a dans ce paquet,
01:20mais surtout ce que l'Amérique gagne. Les conditions qui sont énumérées sont plutôt à l'avantage de l'Iran.
01:26Mais nous, on ne le sait pas, on a une espèce d'accord invisible ce soir où on ne sait
01:30pas concrètement, on va essayer de le détailler quand même,
01:32mais on ne sait pas concrètement ce qu'il y a dans cet accord et les points sur lesquels ils
01:35se sont mis d'accord.
01:36Alors, pour vous, Trump a signé à l'aveugle d'une certaine manière ?
01:38Il a signé, alors on sait qu'il a signé électroniquement à distance avec les Iraniens, pour vous, il a
01:42signé à l'aveugle parce qu'il fallait un accord coûte que coûte ?
01:45Il a fini par constater depuis maintenant plusieurs semaines l'impasse stratégique dans laquelle il était.
01:52Cette impasse stratégique, elle a un coût très important pour l'économie mondiale et pour les États-Unis même,
01:57et donc pour quelqu'un qui va se préparer à des échéances électorales pour les mid-terms, c'est un
02:04risque majeur qu'il courait.
02:06Et donc, la signature s'est imposée à lui, et à partir de là, il n'attache pas une importance
02:12considérable aux conditions qui sont posées,
02:17et on voit bien que sur les objectifs de guerre qui étaient ceux des États-Unis, qu'il s'agisse
02:22de la chute du régime,
02:24qu'il s'agisse du nucléaire iranien, qui était quand même la grosse affaire qui nous a tous entretenus et
02:31angoissés pendant des années,
02:32eh bien, il y a un acquis qui est extrêmement faible, il y a même des sujets qui ne sont
02:36plus du tout sur la table.
02:37La question des missiles iraniens, la question du soutien à des milices régionales, tout cela a disparu.
02:45Donc, on voit bien que la volonté de signer l'emporte sur le souci du contenu de l'accord.
02:51– On va écouter Trump qui, d'une certaine manière, vous répond à distance ce soir.
02:55Il est à Evian pour le G7 avec Emmanuel Macron, entretien tout à l'heure entre les deux présidents.
02:59Et voici ce que dit Donald Trump.
03:00– C'est un texte important, puissant, contrairement au texte d'Obama, qui était terrible.
03:10Celui-ci est puissant. J'aimerais le faire paraître bientôt, peu de temps après vendredi.
03:18Parce que le détroit va être ouvert.
03:20On le saura complètement vendredi quand les mines seront neutralisées.
03:25– Alors, on reparlera d'Hormuz dans un instant.
03:27Un texte puissant, dit Trump, largement meilleur que ce qu'avait pu signer Obama en 2015.
03:34Je rappelle qu'au début des négociations avec les Iraniens, vous y étiez, Dominique de Villepa.
03:38– En 2003, j'ai initié avec mon collègue britannique et allemand ces négociations qui ont abouti en 2015.
03:44Et je peux vous dire que la somme de travail, la somme de détails techniques que contenait cet accord
03:49n'a absolument rien à voir avec ce qui est aujourd'hui sur la table.
03:53– Trump vous dit, j'ai fait mieux que vous.
03:54– Oui, bien sûr, mais c'est facile à dire.
03:56Mais cela reste à prouver.
03:58Ce qui me paraît important, c'est qu'on voit que l'Iran obtient aujourd'hui
04:03la reconnaissance de sa puissance dans le Golfe,
04:07même si, il ne faut pas sous-estimer le fait que l'Iran est considérablement affaibli sur le plan militaire.
04:14L'Iran obtient l'inclusion du Liban, ce qui est très important pour l'Iran
04:18parce que ça marque son soutien à certaines de ses milices et en particulier le Hezbollah.
04:23Et il obtient bien sûr la consécration de son droit sur Hormuz,
04:27même si pour les prochaines semaines, il n'y a pas de droit de péage.
04:31On croit comprendre que dans l'accord, il y a l'acceptation de paiement,
04:36de droit de passage qui serait dû néanmoins par les bateaux.
04:40On retrouvera une situation que l'on connaît déjà, par exemple, dans le Bosphore,
04:43mais qui peut s'élever jusqu'à plusieurs centaines de millions d'euros.
04:46Elsa ?
04:47Est-ce qu'il y a la moindre possibilité réaliste en 60 jours d'atteindre un accord nucléaire qui ait
04:54du sens,
04:55qui puisse empêcher l'Iran de devenir une puissance nucléaire ?
04:58– Alors il y a une option.
05:00Et cette option consiste justement à reprendre le document que rejette aujourd'hui Donald Trump,
05:06c'est de reprendre les travaux et de les adapter à l'évolution des dernières années.
05:13Là, il y a un travail sérieux.
05:14Il y a même des verrous qui permettent de vérifier que l'Iran n'échappe pas aux contraintes qui sont
05:21posées.
05:21Il y a un rôle donné à l'Agence internationale de l'énergie atomique qui peut vérifier sur place.
05:26Il y a la concrétisation des obligations liées au traité de non-prolifération.
05:33Donc oui, on a une mémoire sur ce dossier très sérieuse.
05:37Il y a une deuxième condition à mon sens.
05:38Ce serait que Donald Trump accepte que l'Union européenne,
05:41que les pays comme l'Allemagne ou comme la France qui ont été,
05:44ou l'Angleterre, le Royaume-Uni qui ont été partie prenante,
05:48fassent partie de la négociation parce que c'est un gage de sérieux.
05:51Je ne crois pas que M. Wittkopf et que M. Jared Kushner,
05:54qui ont, si j'ai bien compris, récemment subi un stage accéléré de formation aux questions nucléaires
05:59de quelques jours ou d'un week-end,
06:02soient en mesure de négocier face à des personnalités comme Arichi.
06:06Nous connaissons bien les négociateurs iraniens.
06:08Ce sont des personnages tout à fait chevronnés.
06:11Et donc, la vérité, c'est est-ce que Donald Trump acceptera à un moment ou à un autre
06:18d'empocher ses pertes et de reconnaître l'échec qui est le sien ?
06:21– Mais ça, ça n'arrivera jamais, Dominique de Villeneuve.
06:23– Alors, ça n'arrivera jamais.
06:25Sauf que nous savons d'expérience, c'est une leçon de l'histoire,
06:28que dans une guerre asymétrique,
06:30le plus fort ne gagne jamais quand il n'a pas des objectifs précis.
06:36C'est la loi de tous les empires qui ont chuté,
06:39c'est l'Empire romain, c'est l'Empire napoléonien,
06:41c'est l'Empire du Japon face à la Chine, c'est une loi absolue.
06:45Et le plus faible, quand il est déterminé,
06:49n'a pas besoin de vaincre pour l'emporter.
06:51Il a simplement besoin de résister et de survivre.
06:54C'est exactement ce que fait l'Iran.
06:56L'Iran survit, mais rien qu'en faisant cela,
07:00vis-à-vis des États du Golfe, vis-à-vis des grandes puissances,
07:03il affirme sa victoire.
07:04Et donc, aujourd'hui, je pense que l'inconnu,
07:07c'est d'abord la capacité des Américains
07:10d'avoir une diplomatie suffisamment sérieuse
07:12pour mener une négociation.
07:13J'ai personnellement quelques petits doutes
07:15sur le professionnalisme de la diplomatie américaine
07:18pour mener quelque chose d'aussi compliqué face aux Iraniens.
07:21C'est un premier élément.
07:22Deuxièmement, Israël, dont on ne parle pas,
07:25ils ne sont pas partis à l'accord.
07:27On n'imagine pas Benjamin Netanyahou,
07:28d'ici le mois d'octobre,
07:30rester sur son aventin
07:32et attendre que le temps passe sans chercher à peser
07:35sur l'évolution de cette négociation.
07:37Et là, il y a effectivement un certain nombre d'éléments
07:40qui peuvent peser,
07:41ne serait-ce qu'à travers la question libanaise,
07:44parce que dans les grandes questions qui vont être activées,
07:46il y a bien sûr la question du Liban.
07:48Je pense que la question de Gaza,
07:50à un moment ou à un autre,
07:51devra s'inviter.
07:52Et il y a donc un certain nombre d'obstacles
07:56qui sont devant les Américains
07:57et qui sont difficiles à franchir.
07:59– Alors attendez, on reparlera d'Israël et du Liban
08:00dans un instant, d'abord Hormuz,
08:01parce qu'évidemment, ça a été,
08:03on a bien compris ces derniers mois,
08:04le nerf de la guerre.
08:06Trump, très optimiste ce soir.
08:07Je poursuis ce dialogue entre vous et Donald Trump
08:09d'une certaine manière.
08:10Écoutez, ce que dit Trump ce soir,
08:11pour lui, c'est réglé.
08:14– Nous avons signé un grand accord,
08:16le Détroit est partiellement ouvert,
08:19nous chassons les quelques mines qui restent,
08:25les bateaux commencent à circuler
08:28et vendredi, le Détroit sera entièrement ouvert.
08:31– Voilà, vendredi, c'est réglé,
08:33Détroit entièrement ouvert, dit ce soir.
08:35– Oui, nous savons ce que valent les paroles de Donald Trump,
08:38le nombre de fois qu'il nous a promis la paix
08:40et à chaque fois, c'était renvoyé au calandre grec.
08:43Le Détroit n'est ni vraiment ouvert,
08:46ni vraiment fermé.
08:47Et le Détroit sera la variable d'ajustement des négociations.
08:52Donc tout au long des prochains 60 jours,
08:54le Détroit va osciller entre fermeture et ouverture.
08:57L'intérêt des Iraniens, c'est bien sûr
08:59d'exporter à nouveau leur pétrole.
09:02Ils ont besoin de se refaire.
09:03Ils espèrent pouvoir compter sur les 24 milliards d'avoirs
09:07qui vont être dégelés, ne l'oublions pas.
09:09Il y a 300 milliards estimés de réparations
09:13des destructions causées par les bombardements américains
09:15et israéliens.
09:16C'est colossal.
09:17– Pardon, je m'arrête là-dessus.
09:18C'est invraisemblable.
09:20– Mais c'est considérable.
09:21– Qu'on en soit là ce soir à expliquer.
09:23Et Vance l'a confirmé tout à l'heure.
09:24Vance, le vice-président, a dit
09:26si les Iraniens se comportent bien dans les prochaines semaines
09:29dans les négociations,
09:30à la clé, il y a 300 milliards de réparations
09:32que nous ne verserons pas, nous, Américains,
09:34mais que les États du Golfe éventuellement pourraient verser.
09:36C'est-à-dire qu'après 40 jours de guerre,
09:39et on sait que les Américains et les Israéliens
09:41ont tapé très violemment l'Iran,
09:43il faudrait désormais payer.
09:45– Alors, c'est un élément très important,
09:48l'argent.
09:4924 milliards d'avoir tout de suite,
09:51perspective de 300 milliards.
09:52Parce que ça, ça a une vraie signification
09:56pour le régime iranien.
09:58Et ce régime iranien,
09:59qui est moins aujourd'hui un régime de Mola
10:01que celui des gardiens de la Révolution,
10:04il compte là-dessus.
10:06D'abord parce qu'il doit se refaire,
10:08il doit se reconstruire.
10:10Donc ils sont prêts, peut-être,
10:11à porter un masque jusqu'à cette reconstruction
10:15qui aura permis notamment de reconstruire
10:17l'appareil militaire.
10:18Et deuxièmement,
10:19ils ont besoin aussi d'apporter des réponses
10:21à une population qui ne cesse de souffrir
10:25depuis des années,
10:27et encore plus violemment,
10:28depuis le début de l'année.
10:29Donc la vraie victoire,
10:30elle risque dans un premier temps,
10:31pour eux, d'être financière.
10:33Et s'ils obtiennent cette bouffée d'oxygène,
10:36alors ils chercheront à jouer la balle.
10:39Jusqu'au moment où,
10:40à force de tirer sur l'élastique,
10:42peut-être que l'élastique leur reviendra dans la figure.
10:44Mais cet enjeu financier,
10:45il est déterminant,
10:46parce que c'est la vraie carotte
10:47qui peut inciter le régime à donner des gages.
10:51Jusqu'à quel point sont-ils prêts à transiger ?
10:53Je crois que les positions seront très dures à négocier,
10:56notamment sur la question des 440 kilos d'uranium enrichi.
11:00Ils ne sont pas prêts aujourd'hui
11:01à les exporter en dehors d'Iran.
11:03Est-ce qu'ils sont prêts à les diluer en Iran même ?
11:06Avec quelle garantie ?
11:07Avec quel contrôle ?
11:08Aujourd'hui, qu'est-ce qu'ils ont donné ?
11:10Ils ont donné la promesse
11:11de ne pas s'engager à nouveau
11:13dans un programme nucléaire.
11:14Mais on sait ce que vaut la promesse de l'Iran en la matière.
11:18Il avait ses vrais respectés entre 2015 et 2018.
11:22Le mieux qu'on puisse espérer,
11:24c'est de revenir dans les termes de cet accord
11:27qui avait fonctionné
11:28et que Donald Trump lui-même avait écarté.
11:29– Ulysse, je m'arrête sur Hormuz quand même.
11:31Péage ou pas péage ?
11:32Parce qu'évidemment, ça, ça changera tout.
11:34On a compris que c'était l'enjeu.
11:35Les Iraniens disent,
11:36non, non, on n'a pas demandé de péage
11:39dans les mois qui viennent,
11:40on a demandé des frais.
11:41On pourrait imposer des frais de service
11:44aux bateaux qui passeraient par Hormuz.
11:45– Une forme de redevance, effectivement.
11:48Donc oui, ça remettra en cause, je dirais,
11:50les accords internationaux
11:51et surtout ce qui s'est passé avant la guerre.
11:54– Pas tout à fait.
11:55Pas tout à fait.
11:56Parce qu'une redevance et des frais de péage,
11:59on peut considérer qu'il y a des précédents.
12:01J'ai cité le détroit du Bosphore, par exemple.
12:04C'est quoi les droits de passage ?
12:06C'est par exemple des frais sanitaires,
12:08c'est des frais de remorquage,
12:09c'est des frais de sauvetage.
12:12Donc ça peut faire partie
12:15d'un ensemble de services
12:17qui ne seraient pas perçus comme la dîme
12:20que les Iraniens souhaitaient avoir.
12:22– C'est le billage que veulent faire passer
12:23les Iraniens.
12:23– Exactement.
12:24Mais apparemment, Donald Trump
12:25ne serait pas totalement opposé
12:27à accepter cette formule.
12:29– Alors on comprend bien
12:30votre scepticisme ce soir.
12:32Est-ce que vous parlez de fiasco pour l'Amérique
12:34et qu'est-ce que ça nous dit
12:35de l'Amérique d'aujourd'hui ?
12:37– Alors si on prend le grand angle,
12:40le paysage géopolitique et géostratégique,
12:44c'est un échec magistral
12:47pour la puissance américaine,
12:50comme je crois qu'il n'y en a pas eu
12:52dans l'histoire.
12:52C'est sans doute le plus grand échec.
12:55Certes, il n'y a pas les hélicoptères du Vietnam,
12:59il n'y a pas les avions sur le tarmac d'Afghanistan,
13:03il n'y a pas d'image qui sanctionne.
13:05Mais la réalité de la promesse
13:09faite par Donald Trump au peuple iranien
13:11et la trahison qui s'en est suivie,
13:14la réalité de la promesse
13:17de faire chuter ce régime
13:18et de régler la question nucléaire
13:21au regard de ce que l'on a aujourd'hui
13:23dans les quelques lignes
13:24de ce que nous savons de cet accord,
13:27l'abîme est gigantesque.
13:28Donc c'est un échec majeur
13:30pour la puissance américaine
13:31et qui va peser très fortement
13:33sur le leadership américain.
13:35Déjà, Donald Trump a mis à mal
13:37ce qu'on appelle le soft power américain,
13:39cette image de l'Amérique dans le monde
13:42qui a été forgée pendant un siècle
13:44à coups de Hollywood
13:46et d'art de vivre américain.
13:48Tout cela a subi un coup extrêmement fort
13:51et donc on rentre dans une nouvelle période
13:54où l'Amérique devra se reconstruire
13:56et reconstituer son image
13:58à partir d'autres choses.
13:59Nous avons des signes
14:00qui nous indiquent vers quoi elle pourrait aller
14:03et en particulier à travers les décisions
14:04qui viennent d'être prises
14:05sur l'intelligence artificielle
14:07comme un sentiment qu'il pourrait nationaliser
14:11certaines parties de l'économie
14:14de l'intelligence artificielle
14:15en prenant des parts
14:16dans les grandes entreprises.
14:18Et nous en privez-nous.
14:19Nous, privez-nous, Européens,
14:20des derniers modèles d'entropique.
14:22On rentre dans une bataille technologique
14:24qui risque, enfin qui risque,
14:26qui va sans doute concentrer
14:28beaucoup de l'énergie américaine
14:30et peut-être alors Donald Trump
14:32tirant les leçons de ses mésaventures
14:34sur la scène internationale
14:36et un peu moins désireux
14:37de prendre des risques
14:38sur la scène géopolitique et militaire.
14:40Donc, il y aurait une Amérique
14:42qui se reconcentrerait
14:44sur le grand levier
14:45de la puissance technologique
14:47et on a une indication
14:48lors du sommet de Pékin
14:49que c'est la grande affaire
14:51de part et d'autre.
14:52Donc, je crois qu'il n'est pas impossible
14:54que les deux super grands
14:57concentrent leur attention
14:58sur cette bataille-là,
14:59ce qui donne à l'Europe
15:02une responsabilité majeure
15:03et ce qui explique pourquoi Donald Trump,
15:05arrivant à Evian,
15:07invité par Emmanuel Macron,
15:09le premier sujet
15:09qu'il met sur la table,
15:11c'est évidemment la question
15:12de la taxe numérique.
15:13La bataille du numérique,
15:14c'est l'impensé
15:15des deux dernières années,
15:18c'est le grand sujet
15:20qui va permettre à l'Amérique
15:21d'asseoir sa puissance
15:22beaucoup plus
15:23que le pouvoir militaire.
15:24Et c'est un sujet
15:25qui est abordé au G7, justement.
15:27Il va y avoir là
15:28un clash Europe-États-Unis
15:29et il est essentiel
15:31que les Européens
15:32comprennent qu'il faut
15:33qu'ils changent d'âge,
15:34qu'ils se donnent
15:35les outils de la puissance,
15:36qu'ils créent une sorte
15:37de consortium public-privé
15:38pour dégager
15:39les centaines de milliards d'euros
15:41dont nous avons besoin.
15:42Et il faut que la France
15:44se dote aussi parallèlement
15:45des moyens
15:46pour activer
15:48ses capacités
15:49dans ce domaine-là
15:50comme dans le domaine du quantique.
15:51On va retrouver Guillaume Daré
15:52à Evian,
15:53justement,
15:53notre envoyé spécial
15:54qui suit ce G7.
15:55Guillaume,
15:56vous avez vu,
15:56vous avez suivi tout à l'heure
15:57les retrouvailles entre Donald Trump
15:59et Emmanuel Macron.
16:00Qu'est-ce que c'était ?
16:00Retrouvailles entre amis
16:01ou alors vous avez assisté
16:02à un bras de fer ?
16:05Si c'était un bras de fer,
16:07il était un peu moins violent.
16:08Rappelez-vous
16:08que cette première poignée de main
16:10en marge
16:11d'un sommet de l'OTAN
16:11à Bruxelles
16:14en 2017,
16:14ça avait marqué
16:15tous les esprits.
16:16Emmanuel Macron,
16:17rappelez-vous,
16:17avait dit que c'était important
16:18à l'époque,
16:19il avait dit en 2017,
16:20de montrer que la France
16:20n'était pas prête
16:21à toutes les petites concessions
16:23comme quoi derrière
16:24les signes physiques,
16:25symboliques,
16:26il y a aussi de la politique.
16:27Ce qu'on a vu tout à l'heure,
16:28c'était un président américain
16:30qui est venu en disant
16:31ça y est,
16:31j'ai un deal,
16:32j'ai un accord
16:33et un président français
16:34qui ne voulait pas non plus
16:35se faire voler
16:36son dernier sommet du G7
16:37et qui voulait mettre
16:38ses dossiers
16:39sur la table.
16:41Bien sûr,
16:41il sera notamment question
16:42à nouveau demain
16:43de l'Ukraine
16:43avec la présence
16:45du président Zelensky
16:46mais on a vu aussi
16:47un président français,
16:48vous l'avez vu,
16:49qui va ce soir,
16:51comme les autres chefs
16:51d'État et de gouvernement
16:52au cours de ce dîner informel,
16:54demander des comptes
16:54au président américain
16:55sur cet accord.
16:56Qu'est-ce qu'il y a vraiment
16:57dans cet accord ?
16:58Quelles sont les conditions
16:59sur le nucléaire,
17:00sur la cessation des combats
17:01notamment également au Liban
17:02et puis bien sûr
17:03sur cette question
17:04du détroit d'Hormuz.
17:05Vous avez entendu
17:06le président français,
17:07il a renouvelé son offre,
17:08cette force franco-britannique
17:09qui pourrait assurer
17:10la sécurité des voies maritimes
17:12dans le détroit d'Hormuz.
17:14Vous avez entendu aussi
17:14la réponse de Donald Trump
17:16qui a jugé,
17:17je cite,
17:17qu'il n'y en aurait pas besoin
17:19probablement.
17:20façon polie et diplomatique
17:22cette fois-ci,
17:22il faut bien le reconnaître,
17:23de dire c'est bien gentil
17:24mais non merci.
17:25Guillaume Dard
17:26et Bruno Ferrand
17:27en direct d'Evian.
17:27Merci messieurs,
17:28on va l'écouter
17:29Emmanuel Macron
17:29sur le rôle de la France.
17:32Nous sommes prêts à avoir
17:34dès demain des chasseurs
17:36qui sont sur place
17:37et qui peuvent aider
17:38aux missions d'observation
17:39et sous 48 heures
17:41des frégates
17:42qui peuvent évidemment
17:42se déployer
17:43et sous 2 à 3 jours
17:45le porte-avions
17:46avec les frégates
17:47puisqu'il accompagne
17:47l'ensemble du groupe.
17:49Évidemment,
17:50tout ça suppose
17:50d'être souhaité
17:52et demandé
17:53par les Etats-Unis d'Amérique
17:54et l'Iran et Oman.
17:56Voilà,
17:57c'est une offre,
17:58nous sommes à disposition,
17:59ça montre le soutien
17:59de la communauté internationale
18:01notre volonté
18:02de réouvrir ce détroit
18:04et comme l'a dit le Président,
18:05peut-être que ça ne sera pas souhaité
18:07et peut-être que ce ne sera pas nécessaire
18:09mais en tout cas,
18:10c'est une disposition
18:11qui marque notre volonté
18:14d'aider,
18:15de soutien
18:16et de disponibilité.
18:18Nous sommes à disposition.
18:21Est-ce que vous auriez présenté
18:22les choses comme ça
18:22face à Donald Trump ce soir ?
18:24Alors,
18:26mesurons la responsabilité
18:27d'Emmanuel Macron.
18:28Il est l'hôte
18:29de ce G7
18:30et c'est un homme courtois
18:32et la France est courtoise.
18:33Donc,
18:34il s'agit de marquer
18:35notre disponibilité,
18:37nous avons respecté
18:38le principe
18:39qui était le nôtre,
18:39tant qu'il y avait
18:40la guerre,
18:41nous ne participions
18:43en aucun cas
18:44à aucune
18:46démonstration.
18:47Dès lors que nous rentrons
18:49dans une logique
18:50d'accord de paix
18:51ou de pré-accord de paix,
18:53la France est susceptible
18:54d'apporter sa contribution.
18:55Il y a trois domaines
18:56où la France
18:57a une responsabilité
18:58majeure
18:58et qu'elle doit assumer.
18:59La première,
19:00Emmanuel Macron l'a dit,
19:01c'est la liberté
19:02de navigation,
19:03nous avons une tradition
19:03historique et une responsabilité
19:05dans ce domaine.
19:05La deuxième,
19:06c'est la sécurité
19:08énergétique mondiale.
19:09Nous avons toujours
19:12pris des engagements
19:13dans ce domaine
19:14et il est très important
19:15que nous en tirions
19:16les leçons
19:16entre Européens,
19:17par exemple,
19:18avec une politique
19:19mutualisée
19:20d'achat énergétique.
19:21Tirons les leçons
19:22de cette crise,
19:23nous avons vu
19:24nos vulnérabilités,
19:25il faut que nous agissions
19:26de la même façon,
19:28poursuivre dans la voie
19:29d'une politique
19:29d'électrification,
19:30c'est ce qu'attendent
19:31tous les Français,
19:32c'est ce que notre
19:33Premier ministre,
19:33M. Le Cornu,
19:34a engagé.
19:34Il y a un troisième
19:35domaine de responsabilité,
19:36c'est la paix au Liban.
19:38Et là,
19:38il va falloir être fort
19:39et sans doute,
19:41sur ce sujet
19:41qui est l'un des plus
19:42difficiles,
19:43nous allons contrarier
19:44et Donald Trump
19:45et Benjamin Netanyahou.
19:47Mais,
19:48l'engagement
19:49qui doit être nôtre
19:49est clair,
19:50il faut défendre
19:51la pleine souveraineté
19:53à un moment où Israël
19:54souhaite maintenir
19:56des zones de sécurité
19:57dans chacun
19:58des pays voisins,
19:59y compris par exemple
20:00en Syrie,
20:00et il faut aussi
20:03que nous apportions
20:04la preuve
20:05d'une sécurité
20:07donnée à Israël,
20:08ce qui veut dire
20:09que nous engageons
20:09parallèlement
20:10le désarmement
20:11du Hezbollah.
20:12Mais il n'y a pas
20:12de désarmement
20:13du Hezbollah possible
20:14qui se transformerait
20:15alors en un mouvement
20:17politique
20:17et un mouvement social
20:18si Israël
20:20reste présent
20:20sur le territoire
20:21libanais.
20:22Donc là,
20:22il y a une concordance
20:24des temps,
20:25un phasage
20:26extrêmement délicat,
20:27mais là je pense
20:28que la France
20:28doit mettre
20:29toutes ses forces
20:30dans cette bataille-là.
20:31À un moment
20:32où Benjamin Netanyahou
20:33qui prépare
20:34ses élections
20:36n'aura de cesse
20:37que de frapper
20:37un grand coup
20:38soit sur le Liban
20:40soit sur l'Iran
20:41pour reprendre
20:43l'initiative.
20:44Donc c'est une partie
20:45très délicate
20:46qu'aura la France
20:46et la France doit donc
20:48mesurer ses effets
20:49et être efficace.
20:52Et ça veut dire,
20:53nous sommes dans une guerre
20:57suspendue
20:57ou dans une paix
20:58suspendue.
20:59Nous sommes dans
20:59cet entre-deux
21:00que le monde
21:01connaît bien
21:02mais vous savez,
21:03on dit souvent
21:07pour faire la paix
21:08prépare la guerre
21:09mais pour faire la paix
21:11prépare aussi la paix
21:12et il faut être prêt
21:13dans les deux dimensions.
21:15Je reviens sur la coalition
21:16et sur le Charles de Gaulle
21:18qui est concrètement
21:18dans les eaux d'Omane
21:21et avec d'autres navires
21:22qui arrivent.
21:23Est-ce que pour que
21:24cette coalition
21:25se mette en marche
21:25et qu'elle assure
21:26la sécurisation du Détroit
21:28est-ce qu'il faut
21:29selon vous
21:29y aller à la suite
21:31d'un accord avec Donald Trump
21:32ou attendre une résolution
21:33des Nations Unies
21:34du Conseil de sécurité
21:35en particulier ?
21:36Je crois que plus
21:37la situation sera stabilisée
21:39plus elle sera éclaircie
21:40en aucun cas
21:41il ne faut s'engager
21:42sans que
21:43les deux principaux belligérants
21:46n'aient clairement
21:48fixé les choses.
21:49Oui mais est-ce qu'il faut
21:50que l'ONU intervienne
21:51et passe une résolution ?
21:51Nous sommes aujourd'hui
21:52dans une situation
21:53qui n'est pas trop confuse
21:54et sur le plan diplomatique
21:56et sur le terrain
21:57pour que l'on puisse
21:58s'aventurer
21:59et risquer une provocation.
22:00Il faut être prudent.
22:02Ça doit faire partie
22:03du logiciel français.
22:05On ne va pas risquer
22:06nos hommes
22:07nos bateaux
22:08dans une aventure
22:10qui ne serait pas
22:10au service de tous.
22:11Qu'on aille servir la paix
22:13et la libre circulation
22:14oui
22:14mais à aucun moment
22:16s'engager
22:17et prendre des coups
22:18alors même
22:18qu'on n'est pas parti
22:19à ce conflit.
22:20On sera en Israël
22:21dans un instant.
22:21On entendra Netanyahou
22:22aussi dans une seconde.
22:24D'abord je m'arrête
22:25sur le nucléaire
22:25parce que c'est évidemment
22:26le point central.
22:27On l'a dit
22:28avec toujours cette question
22:29de l'uranium enrichi.
22:31Que va-t-il devenir
22:31l'ISADEF ?
22:32Et est-ce qu'il en reste
22:33de l'uranium
22:34aux Iraniens ce soir ?
22:35Les dernières données
22:37de l'Agence internationale
22:38de l'énergie atomique
22:38avaient été publiées
22:39juste avant la guerre
22:40des 12 jours.
22:41C'était en juin 2025
22:42et l'Iran disposait alors
22:44de 9 tonnes d'uranium
22:46à des degrés
22:46d'enrichissement différents
22:47dont les fameux
22:48441 kilos d'uranium
22:50enrichis à 60%.
22:52Aux dernières nouvelles
22:53le stock d'uranium iranien
22:54était sur trois sites
22:55Fordo,
22:56Natanz et Ispahan
22:58mais depuis
22:58il n'y a aucune certitude
22:59ni sur ce qu'il reste
23:00du stock
23:01ni sur sa localisation
23:02mais pour neutraliser
23:03le nucléaire iranien
23:04il existe quand même
23:05des options
23:06en tout cas au moins deux
23:07et elles ont été évoquées
23:08par Emmanuel Macron.
23:13Soit il faut sortir
23:14cet uranium
23:15et le mettre
23:16dans un pays tiers
23:17pour qu'il soit contrôlé
23:19progressivement, dilué
23:20soit il faut le diluer
23:21sur place
23:22sous le contrôle
23:22de l'AIEO
23:23en tout cas
23:23il faut faire que
23:24cet uranium enrichi
23:25qui est proche
23:26du seuil dangereux
23:27dans lequel après
23:28on peut construire
23:29des armes nucléaires
23:30le sortir
23:31ou le diluer
23:32ensuite il faut s'assurer
23:34qu'il y aura
23:34un contrôle
23:35de cette agence
23:36pour que les Iraniens
23:38ne puissent pas
23:38dans les mois
23:39et les années qui viennent
23:40se réorganiser
23:41pour refaire
23:42de l'uranium enrichi
23:43et construire des armes avec.
23:45Donc sortir l'uranium
23:46d'Iran
23:47pour le diluer
23:47progressivement
23:48ou le diluer
23:48sur le sol iranien
23:49mais quoi qu'il arrive
23:50le diluer.
23:50Oui avec un objectif
23:51à 5%
23:52puisque c'est le taux
23:53qui permet d'éloigner
23:54toute menace
23:55pour le diluer
23:56il faut mélanger
23:56l'uranium enrichi
23:57à 60%
23:58avec de l'uranium
23:59naturel
24:00qui lui est à 0,7%
24:01pour schématiser
24:02au maximum
24:02alors vraiment au maximum
24:04imaginez un grand verre
24:05de grenadine
24:05avec beaucoup de sirop
24:06à l'intérieur
24:07qu'on dilue
24:08en y ajoutant de l'eau
24:08qui contient
24:09beaucoup moins de sirop
24:10l'uranium est donc
24:11moins puissant
24:12si je puis dire
24:13sauf que
24:13détail de taille
24:14cette opération
24:15elle est réversible
24:16donc l'Iran
24:17pourrait réenrichir
24:18c'est pour ça
24:19que les occidentaux
24:19contrairement évidemment
24:20aux Iraniens
24:21préconisent de sortir
24:22l'uranium enrichi
24:23d'Iran
24:24c'est ce que disait
24:24Emmanuel Macron
24:25et de tout faire
24:26sous la surveillance
24:26complète de la IUA
24:27Dominique de Villepin
24:28au vu de ce que
24:29viennent dire les alèves
24:30est-ce que la menace
24:30nucléaire iranienne
24:31s'éloigne pour vous
24:32ce soir ?
24:34Alors elle s'est déjà
24:35éloignée
24:35parce que
24:37du fait des frappes
24:38américaines et israéliennes
24:39le programme a été
24:41considérablement affaibli
24:42et retardé
24:42mais il y a une chose
24:43sur laquelle
24:44on ne peut pas revenir
24:46c'est la connaissance
24:47qu'ont les Iraniens
24:50des mécanismes
24:51de la construction
24:52d'une bombe
24:53ça c'est quelque chose
24:54qu'on ne pourra pas effacer
24:55c'est pour cela
24:56qu'on est obligé
24:57à un moment donné
24:57de marier
24:59le contrôle
25:00de l'Iran
25:02et la diplomatie
25:04on a besoin
25:05de terminer le travail
25:06si je puis dire
25:07non pas avec une tondeuse
25:08à gazon
25:09et des bombes
25:09mais de terminer le travail
25:11par la diplomatie
25:12parce que
25:13à partir du moment
25:14où il y a cette connaissance
25:15elle n'est pas réversible
25:16et c'est là où
25:17l'ambition d'Israël
25:18qui aurait été
25:18de purement
25:19et simplement
25:20effacer de la carte
25:21toute trace
25:22de connaissance
25:23et toute trace
25:24de maîtrise du nucléaire
25:26par les Iraniens
25:27est impossible
25:27on est obligé
25:28de combiner
25:29un contrôle
25:30et je pense que
25:31le fait d'avoir
25:31la garantie
25:32d'une présence
25:33de l'agence internationale
25:34qui va suivre
25:34l'ensemble du dossier
25:37et d'un travail diplomatique
25:40qui va verrouiller
25:41avec la possibilité
25:42en permanence
25:43de revenir
25:44sur l'accord
25:45si nous constatons
25:46qu'il y a
25:46des infractions
25:48c'est la meilleure
25:49garantie possible
25:50c'est la meilleure
25:51garantie possible
25:52et je pense
25:53par ailleurs
25:54que dès lors
25:55que l'Iran
25:55pourrait revenir
25:57dans un système
25:58international
25:58en acceptant
26:00de passer
26:01sous les fourches
26:02codines
26:02de certaines exigences
26:03et bien
26:04il y a
26:05une évolution
26:05du régime iranien
26:06qui pourrait
26:07en résulter
26:08c'est un pari
26:09mais dans le fond
26:10c'est sans doute
26:11la meilleure stratégie
26:12et la seule
26:13véritablement crédible
26:14la prolifération
26:15nucléaire
26:16c'est au coeur
26:17de toutes nos préoccupations
26:18Donald Trump
26:19a échoué
26:20sur le dossier
26:20nord-coréen
26:22de facto
26:22nous n'avons pas
26:23pu empêcher
26:24collectivement
26:25et lui encore moins
26:25qu'un autre
26:26ce passage
26:26à l'ère nucléaire
26:28pour les nord-coréens
26:29on essaye de l'empêcher
26:30en Iran
26:30mais les iraniens
26:31parlent aussi
26:32souvent
26:32du deux poids
26:33deux mesures
26:33en disant
26:34qu'Israël
26:34est de facto
26:35une puissance nucléaire
26:36qui n'a pas signé
26:37le traité
26:37de non-prolifération
26:38est-ce qu'il faudra
26:39pour stabiliser
26:40la région
26:40en passer un jour
26:41par cette question-là
26:42la question du nucléaire
26:43israélien
26:44qui fait exception
26:45alors il y a
26:47deux hypothèses
26:47c'est pour cela
26:48qu'on peut
26:48penser l'avenir
26:49de la région
26:50aujourd'hui
26:50à partir de cet accord
26:51de deux façons
26:52soit on recherche
26:53et il faut le faire
26:54les garanties
26:55de sécurité maximale
26:57bilatérale
26:58entre les principaux états
26:59et en particulier
27:00entre Israël
27:01les Etats-Unis
27:01et le reste des pays
27:02soit on pense
27:03plus largement
27:04et là l'Europe
27:05est indispensable
27:06à une garantie
27:07multilatérale
27:08c'est-à-dire
27:08à une architecture
27:09de sécurité
27:10qui couvre
27:11l'ensemble
27:11des pays
27:12du Moyen-Orient
27:13et dont
27:13bien évidemment
27:14la question
27:15de la prolifération
27:16ferait partie
27:16moi ma conviction
27:17c'est que
27:18l'une des conséquences
27:20des frappes
27:21américaines
27:22et israéliennes
27:22c'est de déclencher
27:24aujourd'hui
27:24une course
27:25à la prolifération
27:26majeure
27:27et je pense
27:28que si on est
27:29l'Arabie Saoudite
27:29si on est la Turquie
27:30ou si on est l'Egypte
27:31on n'a qu'un objectif
27:32matin, midi et soir
27:33c'est d'avoir la bombe
27:35et le rôle du Pakistan
27:36qui revient en majesté
27:37dans la région
27:37c'est bien évidemment
27:39parce que le Pakistan
27:39a la bombe
27:41le deuxième élément
27:42on est au-delà
27:43du fiasco
27:43que vous décriviez
27:44avec ce scénario-là
27:45je pense que
27:45les conséquences
27:46à long terme
27:46nous indiqueront
27:47la mesure
27:48de ce fiasco
27:49il y a une deuxième évolution
27:50qu'il faut prendre en compte
27:52c'est le risque
27:52du retour
27:53de l'action violente
27:56il est très important
27:57de construire une paix
27:59qui donne un avenir
28:00à ces peuples
28:01à chacun de ces peuples
28:03et qui permette
28:03à la région
28:04de retrouver une stabilité
28:05et c'est là où
28:06la question
28:07des frontières d'Israël
28:09la capacité
28:09d'assurer
28:10et de garantir
28:11la sécurité d'Israël
28:12passe aussi
28:13par la reconnaissance
28:14par Israël
28:15de ses frontières
28:16et donc cette stratégie
28:18des zones de sécurité
28:20qui lui permettent
28:20à tout moment
28:21d'intervenir
28:21dans le pourtour d'Israël
28:23bien évidemment
28:24doit aussi
28:24être mis sur la table
28:26donc on voit bien
28:26qu'on est à la veille
28:27pour cesser
28:28pour s'arrêter là
28:30c'est-à-dire que les Israéliens
28:31ce soir
28:32disent on reste
28:33on reste au Liban
28:33on reste à Gaza
28:34mais il n'y a pas d'État
28:35au monde
28:36qui puisse vivre
28:36sans frontières
28:37avec un droit de passage
28:38et un droit de frappe
28:40permanent
28:40et c'est en ça
28:41que le monde
28:42aujourd'hui
28:42a une responsabilité majeure
28:44le Moyen-Orient
28:45est au centre
28:46de la tension
28:47nous devons
28:48faire des efforts
28:49tout à fait considérables
28:51pour permettre
28:51au Moyen-Orient
28:52qui est
28:53voué
28:53à une guerre
28:54continue
28:55avec des phases
28:56évidemment différentes
28:57depuis des décennies
28:59pour rentrer
29:00dans une nouvelle époque
29:01donc nouvelle architecture régionale
29:03nouvelle architecture de sécurité
29:04et je crois que c'est peut-être
29:06l'occasion aussi
29:07et c'est un rôle
29:08qui pourrait revenir
29:09à la France
29:09et à l'Europe
29:10de remettre le multilatéralisme
29:11sur la table
29:12je pense que nous devons
29:13repenser
29:14un système des Nations Unies
29:16à New York
29:16ou ailleurs
29:17et je prends un exemple
29:18la question de la prolifération
29:20ça pose aussi la question
29:21de la capacité
29:22du Conseil de sécurité
29:23qui agit essentiellement
29:24en formation politique
29:26et de sécurité
29:26mais de pouvoir se réunir
29:28en Conseil de sécurité nucléaire
29:30je pense que le traité
29:31de non-prolifération
29:32a besoin d'un instrument politique
29:34beaucoup plus actif
29:35et je pense exactement
29:36la même chose
29:37nous avons besoin
29:38d'un Conseil de sécurité
29:38qui puisse se réunir
29:40en matière
29:41d'intelligence artificielle
29:42avec un traité international
29:44à l'appui
29:44nous avons besoin
29:46d'élever le niveau des règles
29:47vous savez
29:47s'il y a une leçon
29:48qu'il faut retenir
29:49de tous ces drames
29:51c'est que le droit international
29:53il est nécessaire
29:54pour tout le monde
29:55y compris pour les Etats-Unis
29:56et y compris pour Israël
29:57c'est la garantie
29:59de la possibilité
30:00de vivre ensemble
30:01et les armes
30:02ne peuvent pas tout
30:03puisque même l'Iran
30:04réussit aujourd'hui
30:05à mettre
30:06la puissance américaine
30:07en difficulté
30:08donc nous avons besoin
30:09de règles
30:10repensons ce multilatéralisme
30:12et quelle meilleure ambition
30:13pour la France
30:14membre du Conseil de sécurité
30:16membre permanent
30:17qui dispose
30:18de la dissuasion nucléaire
30:19que de se fixer cette ambition
30:21avec les Européens
30:22de repenser
30:23de repenser
30:24une organisation
30:25des Nations Unies
30:26qui soit capable
30:27de mettre les mains
30:27dans l'huile
30:28sur ces questions
30:29de prolifération
30:30sur ces questions
30:33écologiques
30:34nous avons besoin
30:34d'un Conseil de sécurité
30:35en formation écologique
30:36et donc de traiter les problèmes
30:38il faut qu'on écoute
30:38Benyamin Netanyahou ce soir
30:39on le sait
30:40il ne voulait pas
30:40que cette guerre s'arrête
30:41voici ce qu'il dit
30:42pour lui cette guerre
30:42a quand même permis
30:43de sauver
30:44ce sont ses termes
30:45sauver Israël
30:45d'une menace
30:46de destruction nucléaire
30:49le plus important
30:50c'est que nous avons
30:52sauvé l'état d'Israël
30:53de la menace
30:53d'une destruction nucléaire
30:55car il faut bien comprendre
30:57que l'Iran
30:57se précipitait
30:58vers l'arme nucléaire
30:59juste avant
31:00notre opération
31:01de 2025
31:01il se précipitait
31:03vers l'arme nucléaire
31:04et s'empressait
31:05d'enterrer
31:05son industrie nucléaire
31:06et balistique
31:07profondément sous terre
31:10si nous n'avions pas agi
31:11au moment où nous l'avons fait
31:12avec la même intensité
31:13dans le cadre
31:14de notre coopération
31:15avec le président Trump
31:16et l'armée américaine
31:17si nous n'avions pas agi
31:18de la sorte
31:19l'Iran disposerait déjà
31:21de bombes atomiques
31:23on va retrouver Amélie Rosic
31:24en direct de Tel Aviv
31:26Amélie Benyamin Netanyahou
31:27je le disais
31:27ne voulait pas
31:28que cette guerre s'arrête
31:29ce soir
31:29il est obligé
31:31obligé
31:31d'une certaine manière
31:32d'accepter le fait accompli
31:33et ce que lui met
31:34Donald Trump
31:35sous les yeux
31:38oui exactement
31:38en fait il est pris
31:39concrètement
31:40Benyamin Netanyahou
31:41entre deux feux
31:42il ne peut pas
31:43complètement s'opposer
31:44frontalement
31:45à son allié américain
31:46et en même temps
31:47il doit satisfaire
31:49à l'intérieur
31:49de son pays
31:50sa base
31:50et puis un petit peu
31:51l'opposition aussi
31:52parce qu'il y a des élections
31:53qui se profilent pour lui
31:54c'est peut-être pour ça
31:55qu'il a pris quasiment
31:5624 heures
31:56pour réagir officiellement
31:58au protocole d'accord
32:00c'est quand même long
32:00son dernier tweet
32:01datait d'hier
32:02c'était pour souhaiter
32:03l'anniversaire de Donald Trump
32:04donc ce soir
32:05Benyamin Netanyahou
32:06sur le Liban
32:07il clarifie sa position
32:07et c'est principalement
32:09ce qui était attendu
32:10ici dans le pays
32:11nous resterons dans la zone
32:12de sécurité
32:13aussi longtemps que nécessaire
32:14comprenez quoi
32:15pas de retrait
32:16vous l'avez dit
32:16du sud Liban
32:17tant que le Hezbollah
32:18représente une menace
32:19mais Israël
32:20devrait donc désormais
32:21se cantonner à la zone
32:23que Tzal contrôle déjà
32:24au sud de la ligne jaune
32:26et ne devrait donc plus
32:28progresser au-delà
32:29sur l'Iran
32:29Netanyahou a rappelé
32:30que l'objectif reste
32:31inchangé
32:32empêcher les gardains
32:33de la révolution
32:34de posséder l'arme nucléaire
32:35je ne m'impose aucune limite
32:37quant à cet objectif
32:38et ça c'est une réponse
32:39directe à ses opposants
32:40mais aussi aux membres
32:41de sa coalition
32:42qui le taxent
32:43d'être un peu trop faible
32:44vis-à-vis de Donald Trump
32:45vis-à-vis de Donald Trump
32:46dont il dit d'ailleurs
32:47aux Etats-Unis
32:48on dit que Trump
32:49fait tout ce que je lui demande
32:50et en Israël
32:51on dit que je fais
32:51tout ce qu'il me demande
32:52nous sommes partenaires
32:53il nous arrive d'être d'accord
32:54ou pas d'accord
32:55c'est le cas
32:56dans les meilleures familles
32:57circulées
32:58il n'y a rien à voir
32:59mais quoi qu'il en dise
33:00les positions américaines
33:01et israéliennes
33:02semblent quand même irréconciliables
33:03Israël ne lâchera pas
33:04le sud Liban
33:05et les Etats-Unis
33:07ne lâcheront pas
33:08sur une solution globale
33:10qui inclut
33:10le sud du Liban
33:11Amélie Rosy
33:12Colin Chambol
33:13en direct de Tel Aviv
33:14vous avez répondu
33:15Dominique Villepin
33:15sur Israël
33:16une question encore
33:17sur le peuple iranien
33:17Ulysse Gosset
33:18oui
33:18où est-il
33:19est-ce que finalement
33:21Trump
33:21Netanyahou
33:22et le monde entier
33:23l'a abandonné
33:24et le laisse face à face
33:25avec les gardiens
33:26de la révolution
33:27c'est une tragédie
33:28et je mesure ce soir
33:30le désespoir
33:31qui est celui
33:32du peuple iranien
33:33le sentiment
33:34d'avoir souffert en vain
33:36sans que la libération
33:38puisse arriver
33:39et c'est pour cela
33:40que dans les politiques
33:43que vont mener
33:46les Etats-Unis
33:47que doivent mener
33:47les Européens
33:48il doit y avoir
33:49en permanence
33:50ce souci
33:50de l'amélioration
33:52de la vie
33:53du peuple iranien
33:54en essayant
33:56de faire en sorte
33:57que l'ensemble
33:59des moyens
34:00dont va disposer
34:01l'Iran
34:01ne soit pas
34:02entièrement capté
34:03par le régime
34:04à son service
34:05au vu de se reconstruire
34:08et c'est en cela
34:09que la capacité
34:10qu'on a à peser
34:11sur la destination
34:12de ces réparations
34:14doit être importante
34:15cela ne doit pas être
34:17ce que nous pouvons dire
34:19ce soir
34:19le marché dupe
34:21que nous craignons
34:22et il faut donc souhaiter
34:23que nous puissions
34:25que le peuple iranien
34:26ne soit pas
34:27complètement oublié
34:28Dominique de Villepin
34:29Donald Trump
34:29sera reçu mercredi
34:31cette fois-ci
34:31à Versailles
34:32au château de Versailles
34:33par Emmanuel Macron
34:34pour célébrer
34:35les 250 ans
34:37des Etats-Unis
34:38Emmanuel Macron
34:39dit ce ne sera pas
34:39un dîner de gala
34:40c'est un dîner d'amitié
34:41est-ce qu'il faut
34:42recevoir
34:43Donald Trump
34:44et lui dérouler
34:45le tapis rouge
34:45jusqu'au château de Versailles
34:46mercredi ?
34:48Alors il faut
34:48et c'est tout le rôle
34:49de la diplomatie
34:50il faut recevoir
34:51Donald Trump
34:52comme président
34:53des Etats-Unis
34:54mais il ne faut pas céder
34:56à cette ambition
34:58démurgique
34:59qui est celle
35:00de Donald Trump
35:00nous ne devons pas
35:01lui cacher
35:02qu'il ne doit pas
35:03prendre des vessies
35:04pour des lanternes
35:05et nous devons
35:06de ce point de vue-là
35:06sans agressivité
35:07sans chercher
35:08à l'humilier
35:09nous devons nommer
35:10l'Etat du monde
35:11au lendemain
35:11de cette guerre du Golfe
35:13nous devons
35:14mettre des mots
35:15sur
35:16ce qui a
35:18été causé
35:19et nous devons
35:21fixer
35:21un certain nombre
35:22d'orientation
35:22qui nous permettrait
35:24ensemble
35:25d'agir
35:26Vous président
35:27vous invitez
35:28Donald Trump
35:29à Versailles
35:29un président
35:31que vous accusez
35:32d'un fiasco
35:32Je me serais
35:33efforcé
35:34de prononcer
35:35ce que le général
35:36de Gaulle
35:36avait fait
35:37en 1966
35:38à Phnom Penh
35:39un discours
35:40qui prévienne
35:41les Etats-Unis
35:42des risques
35:43qu'ils courent
35:44à s'aveugler
35:45sur la réalité
35:46du monde
35:46comme ils se sont
35:47aveuglés
35:48sur la réalité
35:48du peuple iranien
35:49ne l'oublions pas
35:50le peuple iranien
35:51c'est un grand peuple
35:52c'est une culture
35:53c'est une tradition
35:54de diplomatique
35:55Donald Trump
35:56comme George Bush
35:57sont avancés
35:58dans ce magasin
35:59de porcelaine
35:59dans l'ignorance
36:00totale
36:01des réalités
36:01de l'Iran
36:02et quand on ignore
36:03la réalité d'un pays
36:04quand on ignore
36:05la réalité d'un peuple
36:06et bien
36:06on provoque
36:07la catastrophe
36:07qui était attendue
36:08Et on verra
36:09si les choses avancent
36:10aussi sur l'Ukraine
36:10puisque Zelensky
36:11propose ce soir
36:12de rencontrer Poutine
36:13aux Etats-Unis
36:14Alors c'est le grand sujet
36:15D'un mot
36:16C'est le grand sujet
36:18Aujourd'hui
36:18soyons attentifs
36:19à cette question ukrainienne
36:21qui est au centre
36:22du G7
36:22parce qu'il ne faudrait pas
36:24que Donald Trump
36:25se venge en quelque sorte
36:27de tout ce qu'il n'a pas pu faire
36:28en Iran
36:29sur l'Ukraine
36:30et l'Europe doit être
36:32le garant
36:33de la détermination ukrainienne
36:35pour que dans ce moment
36:36où l'Ukraine
36:37retrouve
36:38un rapport de force
36:39qui lui est favorable
36:40nous puissions engager
36:41le moment venu
36:42des négociations de paix
36:43sans que l'Ukraine
36:45ait à payer
36:46le prix
36:47de l'agression russe
36:48respectueux
36:48de l'agression russe
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