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  • il y a 6 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Je garde Laurent, Yves et Lisa parce que l'actualité de ce lundi soir, on le disait tout à l
00:05'heure, c'est aussi l'affaire Bruel avec de nouvelles plaintes rendues publiques ce week-end.
00:09On en est ce soir d'après notre décompte à 25 plaintes, 25 plaintes au moins contre le chanteur et
00:14vous allez voir que ça n'est sans doute pas terminé.
00:16On va en parler donc avec Laurent, Yves et Lisa mais aussi on va les accueillir tout de suite sur
00:22ce plateau avec Marion Banos, vice-présidente de MeToo Media et présidente de la commission Écoute et Accompagnement.
00:28avec Dylan Slama, avocat pénaliste et avec Grégory Lévy, avocat pénaliste également au Barreau de Paris.
00:34Merci de nous rejoindre sur ce plateau.
00:37Je voulais qu'on commence Laurent Valigué, bonsoir à toutes et à tous, je voulais qu'on commence Laurent Valigué,
00:41je le disais, deux nouvelles plaintes ce week-end avec des récits qui font écho à d'autres.
00:48On commence à connaître d'une certaine manière dans cette affaire une plainte notamment déplosée pour tentative de viol et
00:54agression sexuelle par une jeune qui s'appelle Amandine.
00:57C'est quoi l'histoire d'Amandine ?
00:59C'est vrai qu'il y a deux plaintes et puis il y en a une qui a un peu
01:02raconté les grandes lignes de ce qui lui est arrivé avec Patrick Bruel et puis il y a une autre
01:07qui a décidé, mais comme d'autres, de dire moi je ne veux pas en parler.
01:11Je dépose plainte, je m'expliquerai dans la justice.
01:14Alors Amandine, elle a croisé Patrick Bruel dans les années 2000 à Clermont-Ferrand à un concert.
01:20Elle a eu apparemment une relation avec lui, elle dit qu'elle s'est réveillée le lendemain matin, elle ne
01:25se souvenait de rien.
01:26Elle l'a recroisée à plusieurs reprises et puis en 2007 à La Réunion, elle a eu, ça s'est
01:32mal passé, elle dit qu'à chaque fois qu'elle venait le voir avant, auparavant, ça se terminait dans son
01:37lit.
01:38Et qu'en 2007 à La Réunion, elle était rentrée dans sa chambre et était nue sous son peignoir, c
01:43'est une scène qui a été décrite par d'autres déjà à plusieurs reprises, et qu'il a tenté de
01:47l'agresser et elle dépose plainte pour tentative de viol et agression sexuelle, pour cet épisode-là en particulier.
01:52Elle a 45 ans aujourd'hui, elle est psychothérapeute et elles sont défendues les deux par la même avocate, Jade
01:57Doucelin, qui dit depuis des semaines qu'elle est en contact avec plusieurs femmes,
02:02que le processus pour établir les plaintes, se décider à déposer plainte, etc. est lent, mais qui, dit-elle, il
02:10y en aura d'autres.
02:11– Non, il y en aura d'autres, c'est ce qu'elle dit. Maître Slama, qu'est-ce qui
02:13se passe maintenant ? On est dans une affaire, je disais 25 plaintes avec ces deux plaintes-là dont on
02:18a eu connaissance ce week-end.
02:20Qu'est-ce qui se passe pour une plainte comme celle-là ? Maintenant qu'on sait que Patrick Gouel,
02:23on va y revenir, elle a déjà été mise en examen dans d'autres affaires, etc.
02:26Cette plainte-là, c'est quoi son chemin classique maintenant ?
02:28– Son chemin classique, c'est d'être vérifié par les enquêteurs. Mais si vous voulez, il y a une
02:32chose qui me surprend,
02:33donc les enquêteurs vont vérifier les déclarations pour savoir si jamais ça correspond à d'éventuelles investigations techniques ou témoignages
02:40qui pourraient être faites.
02:40– Vous dites que vous étiez à tel endroit, que vous vous êtes rencontrés à tel endroit, vous verrez si
02:43vous y étiez.
02:44– Voilà, avec des témoignages, vous voyez, avec tout un tas d'investigations, et potentiellement à la fin,
02:48puisque c'est comme ça que ça se passe, malgré tout ce qu'on a pu entendre ces derniers temps,
02:50où on a l'impression que c'est au début qu'il faut entendre les mises en cause, non, c
02:52'est à la fin qu'on entend les mises en cause,
02:54pour le confronter, du coup, non pas seulement au témoignage dont il est fait état dans la plainte,
02:58mais en vérité à ce témoignage-là, et aux différents éléments qui ont pu ou non le corroborer.
03:02Moi, ce qui me surprend beaucoup, c'est que le narratif sur cette affaire,
03:06j'ai l'impression, continue à être le même aujourd'hui, cette semaine,
03:08qu'il était avant que Patrick Boyle ne soit placé envers de vue et déféré.
03:11– C'est-à-dire ?
03:12– J'ai l'impression qu'on continue, si vous voulez, à prendre, d'une certaine manière,
03:15pour un agent content, toutes les plaintes qu'on entend, tous les témoignages qu'on entend,
03:18en se disant, finalement, elles ne peuvent pas mentir, finalement, tout est concordant,
03:21donc c'est la vérité, moi, je n'en sais rien, si vous voulez, j'ai pas accès au dossier,
03:24j'ai pas accès au témoignage, donc en vérité, j'en sais rien.
03:25Ce que je sais, c'est que quand même, on ne peut pas, à mon sens,
03:28continuer à reprendre les éléments et à les présenter comme quasiment tout à fait exacts
03:32de cette manière-là, parce qu'entre-temps, il s'est passé une chose,
03:34M. Patrick Boyle est passé devant des juges d'instruction qui ont décidé,
03:37sur la majorité des faits pour lesquels il a été déféré,
03:405 sur 4, 5 sur 9, 5 sur 9, 5 sur 9.
03:43– Un prescrit et 4 sous-status témoins assistés.
03:45– Sur la majorité des faits pour lesquels il a été déféré, 5 sur 4,
03:49il n'a pas été mis en examen, il était placé sous le statut de témoins assistés.
03:52Ça veut dire quand même une chose, ça veut dire que lorsque des magistrats
03:55regardent le dossier, ils n'ont pas le même regard sur le dossier
03:57que les journalistes de Mediapart qui, excusez-moi,
04:00se sont un peu pris quand même un soufflé par les magistrats
04:03qui, eux, ont accès au dossier et qui ont dit, ben non, ça ne suffit pas.
04:06Et finalement, eux, ils ont accès à des choses auxquelles n'ont pas accès
04:10les journalistes, avec, encore une fois, tout le respect que l'on peut avoir
04:13pour ce travail-là, mais ils ont accès à des informations qui permettent
04:15de savoir aujourd'hui que, ben non, ce qu'on nous a un peu dit
04:18sur tous les tons et sur tous les plateaux, finalement,
04:20ce n'était peut-être pas si exact que ça et ce n'était peut-être pas
04:22surtout si vérifié que ça.
04:24– Avant de laisser la parole à tout le monde autour de la table,
04:25ça veut dire que pour vous, ces témoignages-là, on n'en parle pas.
04:28C'est-à-dire que, pardon, mais vous dites, la justice,
04:30alors non pas, écarte 5 sur 9.
04:34– Alors, soyons exacts, considère qu'il n'y a pas d'indice grave ou concordant.
04:36– Absolument, pour l'instant, ça veut dire qu'elle pourrait revenir.
04:39– Attendez, attendez, attendez, non, juste une chose.
04:41– Non, mais c'est toujours pareil, c'est pour l'instant.
04:42– Non, non, non, non, non, il est innocent.
04:43On a l'impression que ça se fait dans l'autre sens.
04:45– Évidemment, la façon d'innocence est absolue et totale,
04:48je n'ai aucun problème avec ça.
04:49Simplement, vous dites, la justice, sur 4 affaires,
04:51le place au statut de témoin assisté.
04:53C'est-à-dire qu'effectivement, il n'y a pas d'indice grave et concordant
04:55permettant de le mettre en examen.
04:56Sur 4 autres affaires, révélées aussi par la presse.
05:00– Absolument, encore une fois, je ne suis pas…
05:01– Là, il est mis en examen.
05:02– Je ne suis pas pour baïonner la presse.
05:04Je suis juste en train de dire, sachons prendre nos distances
05:07et ne pas, si vous voulez, reprendre pour agent comptant
05:09tout ce qui est dit par la presse.
05:10Et de toute façon, ce n'est pas à nous de nous faire un avis,
05:12si vous voulez, ni sur ce plateau, ni devant la télévision
05:14pour les spectateurs, sur ce qu'il en est.
05:16Si vous voulez, c'est le principe de la justice,
05:18c'est qu'on s'en remet à la justice.
05:19On s'en remet collectivement.
05:20Les plaignants s'en remettent à la justice,
05:22les mises en cause s'en remettent à la justice
05:23et ceux qui nous regardent, ceux qui veulent se faire un avis,
05:25s'en remettent aussi à la justice.
05:26Sinon, chacun se fait son propre avis.
05:28Si vous voulez, si on pense qu'il est coupable, on tape un.
05:30Si on pense qu'il est innocent, on tape deux.
05:31Et ça devient l'anarchie.
05:32Je ne pense pas que ce soit comme ça que les choses doivent fonctionner.
05:34– Est-ce que vous répondez à Dylan Slama ce soir ?
05:36– Il y a tellement de choses à dire.
05:39Alors déjà, on parle des potentiels, vous le dites sans le dire,
05:43des potentiels menteuses, du coup, celles qui ne sont pas…
05:45– Je ne sais pas ce que j'ai dit.
05:46– Non, on peut se tromper, on peut avoir des ressentis différents.
05:49On peut effectivement mentir, c'est une hypothèse,
05:50mais c'est une hypothèse parmi d'autres.
05:51– C'est une hypothèse parmi d'autres, d'accord.
05:54Effectivement, il y a quatre mises en examen.
05:56On va se concentrer sur ces quatre mises en examen.
06:00Pour toutes les victimes et toutes les personnes qui témoignent,
06:03on peut leur accorder la présomption de crédibilité.
06:05Si on accorde la présomption d'innocence à Patrick Bruel
06:07et personne ne conteste la présomption d'innocence à Patrick Bruel,
06:10ce n'est pas du tout le sujet.
06:11Comme vous l'avez dit, on n'est pas un tribunal ici,
06:13on n'est pas là pour le juger.
06:14Ce n'est pas notre rôle et ce n'est pas ce qu'on essaie de faire.
06:17En tout cas, ce n'est pas ce que j'essaie de faire,
06:18ce n'est pas ce que les assos essaient de faire
06:19et je ne pense pas que ce soit ce que les journalistes essaient de faire.
06:21Les journalistes, ils racontent juste des faits qui leur ont été relatés.
06:27Moi, je suis là pour porter la voix des victimes
06:29et donc pour porter leur présomption de crédibilité.
06:32Et elles ont le droit de parler,
06:33elles ont le droit de dire ce qui leur sont arrivés.
06:35Après, effectivement, on laissera la justice décider de l'issue.
06:38– Mais dans la loi, il y a la présomption d'innocence,
06:41la présomption de crédibilité dans le Parlement de l'Irbanon,
06:42ça n'existe pas aujourd'hui.
06:43– Non, vous avez raison, mais la présomption d'innocence,
06:45elle a un tout petit peu été effacée quand même.
06:48de la loi, des médias, des débats quotidiens, etc.
06:52On la bafoue un petit peu, la présomption d'innocence.
06:55– Mais à quel moment est-ce qu'on la bafoue ?
06:58– À quel moment ?
06:59Quand on estime que toutes les déclarations des victimes
07:03sont validées alors même qu'elles n'ont pas encore été,
07:06et mon confrère l'a dit, brillamment vérifiées
07:09et arbitrées par le juge d'instruction,
07:12et qu'on considère qu'il faut les recevoir, les enregistrer
07:15et qu'elles sont paroles d'évangile,
07:17on bafoue la présomption d'innocence.
07:20– Mais qui dit que c'est paroles d'évangile précisément ?
07:22– Ceux qui le déprogramment et qui appellent à le déprogrammer,
07:25ceux qui lui disent d'arrêter de faire son métier,
07:26et ceux qui considèrent qu'il n'a plus à s'exprimer dans le public
07:28et qu'il ne peut plus se produire en spectacle.
07:30Cela bafoue la présomption d'innocence de manière très concrète et très incarne.
07:33– Mais il y a une partie des concerts où c'est Patrick Bourel lui-même
07:35qui a décidé pour cet été de ne pas y aller.
07:36– Oui, alors il a reçu quand même un certain nombre de pressions.
07:38Vous avez vu notamment qu'au théâtre, il y a des personnes qui sont intervenues,
07:41qui ont dit stop.
07:42Enfin, je veux dire, on ne peut pas considérer que ce soit un choix
07:44qui soit libre et éclairé.
07:45C'est un choix qui vraisemblablement a été fait sous pression.
07:47Et d'ailleurs, on le sait tellement que lui, lorsqu'il s'est exprimé,
07:49il a dit « je continuerai à faire son métier ».
07:50Donc c'est ça le souhait qu'il a exprimé.
07:53– Oui, mais d'abord, il ne peut pas faire de spectacle à l'étranger,
07:57le contrôle judiciaire lui interdit de quitter la France.
08:00– Il peut demander des dérogations tout de même.
08:01– Il peut demander des dérogations.
08:02Mais bon, Maître Slama fait un barouf là où, oui,
08:09évidemment, les victimes, elles parlent, elles se disent victimes,
08:13elles sont là pour porter une parole.
08:15Bien entendu, c'est la justice qui va recueillir la parole de Patrick Bruel
08:18et qui va chercher un peu, parce que c'est ça le boulot de la justice.
08:23Nous, on est là pour essayer de comprendre ce qui se passe,
08:27comment la justice fonctionne.
08:28Mais c'est la justice qui va faire le tri de cette histoire de consentement.
08:34C'est pour ça que c'est compliqué et lent.
08:36Et c'est pour ça qu'il n'y a pas de vérité, ni ce soir,
08:39ni à la lecture de Mediapart, ni à la lecture d'un journal.
08:42Personne n'a dit qu'ici, sur ce plateau, on allait voter à la fin
08:45pour savoir si Patrick Bruel...
08:47– Personne, à part Maître Slama.
08:48– À part Maître Slama qui a inventé un vote,
08:50qui n'allait pas avoir lieu.
08:52Mais en réalité, ce n'est pas ça.
08:54Bien sûr, la justice est lente.
08:56La difficulté de tout ça, c'est que la justice,
08:58elle a besoin de temps.
09:00– Et de sérénité.
09:01– Et de sérénité.
09:02– Et de sérénité.
09:02– Mais ce qui est intéressant, c'est que la présomption d'innocence,
09:05elle est finalement tout à fait respectée.
09:08Je m'explique.
09:10Elle ne l'est pas respectée,
09:11elle ne l'est pas respectée, cette présomption d'innocence,
09:13dans les médias.
09:15Médiatiquement, elle n'est pas respectée,
09:16puisque on parle,
09:18et dès que vous citez le nom de quelqu'un
09:20qui est pris dans une affaire,
09:22dans l'esprit du public,
09:23il est condamné.
09:25C'est tout juste, il n'est pas condamné.
09:27Déjà, à l'avance.
09:29– Moi, je pense que vous prêtez des attentions
09:32à ceux qui nous regardent.
09:33– Laissez-moi, laissez-moi.
09:33– Je pense que, pardon,
09:34ceux qui nous regardent sont capables de dire,
09:35OK, attendez, elle a juste une chose.
09:36– Non, parce que là,
09:37vous ne pouvez pas terminer.
09:38Je ne peux pas faire la démonstration.
09:39– On va faire la démonstration,
09:40je n'en vais pas faire.
09:40– La démonstration, c'est que, justement,
09:42l'affaire Bruel nous montre
09:43que cette présomption d'innocence,
09:45elle est quand même respectée,
09:47en dépit du travail médiatique
09:49et de la pression médiatique.
09:51Parce qu'on ne va pas se mentir,
09:53il y a une pression médiatique terrible,
09:55surtout si vous êtes très connus.
09:56Mais l'affaire Bruel, la semaine dernière,
09:59quand on a les juges d'instruction
10:00qui nous disent, mais non,
10:02il n'y en a pas neuf à faire.
10:03Il n'y en a que quatre
10:04pour lesquelles on peut le poursuivre.
10:08Et bien, justement,
10:09ça veut dire que cette présomption d'innocence,
10:10puisque eux, ils ont les preuves,
10:11pour le coup,
10:12et bien cette présomption d'innocence,
10:13elle est respectée.
10:15C'est ça le sujet.
10:16– Je voudrais tempérer d'un mot votre propos
10:18parce qu'il y a deux choses.
10:19D'abord, sur les affaires
10:21où il a bénéficié du statut
10:23de témoin assisté,
10:24il n'est pas mis en examen,
10:26ça peut changer demain matin.
10:28Le juge d'instruction
10:29à réception de nouveaux éléments
10:30peut tout à fait le reconvoquer
10:32et lui dire,
10:33je vous mets en examen
10:34sur ce point-là,
10:35là où vous ne l'étiez pas hier.
10:36Premièrement.
10:37Deuxième point,
10:38je vous rappelle que dans le cadre
10:39de son contrôle judiciaire,
10:41il a une obligation de soins.
10:42Est-ce qu'on ne pourrait pas interpréter,
10:44je mets la question autour de la table,
10:46que cette obligation de soins
10:48à laquelle il doit se soumettre
10:49dès aujourd'hui ?
10:50Aller rencontrer un psychothérapeute
10:52et s'allonger sur le divan.
10:53Est-ce que ça n'est pas, ça,
10:55déjà une violation
10:56de la présomption d'innocence ?
10:58C'est une question que je pose.
11:00C'est une question dont on a débattu.
11:01– Pardon, c'est une question
11:02que j'ai posée la semaine dernière
11:03à l'avocat de Patrick Bouvet,
11:04le maître Collard,
11:05en disant,
11:05qu'est-ce que ça lui fait ?
11:07Lui, comment est-ce qu'il réagit
11:08quand on lui dit
11:08qu'il doit se soigner ?
11:10Parce que c'est ce que dit
11:11la justice avant même
11:12de le condamner.
11:13– Eh bien, moi, je réponds à ça
11:15très modestement
11:16que s'il est déclaré,
11:19s'il est acquitté demain
11:21ou relaxé devant un tribunal correctionnel,
11:23ses séances de psychothérapie
11:25n'auront servi à rien.
11:26Et la justice sera un tout petit peu ridiculisée
11:29au stade de la mise en examen.
11:31Bon, est-ce que c'est prématuré ?
11:32Est-ce que c'est une violation
11:33de la présomption d'innocence ?
11:35Moi, je le pense.
11:37Vous, je ne sais pas.
11:38Moi, je le pense.
11:39– Marion Bannos,
11:39qu'est-ce que vous répondez à ça ?
11:40– J'ai l'impression qu'en fait,
11:42on oublie que la présomption d'innocence,
11:45elle n'a pas vocation
11:46à empêcher les victimes de parler.
11:48– Jamais ?
11:48– À aucun moment,
11:49on n'empêche les victimes de parler.
11:51Oui, mais là,
11:52on parle du tapage médiatique,
11:53on parle des victimes qui ont parlé,
11:54on parle, par exemple,
11:55l'obligation de soins
11:56qui a été demandée
11:57dans le cadre de sa mise sous, voilà.
12:02– Sa mise en examen.
12:03– Sa mise en examen.
12:04Merci beaucoup.
12:07Les juges d'instruction
12:08ont certainement une raison
12:08de l'avoir de demande
12:09et ils ont certainement des faits
12:12dont on n'a pas, nous, connaissance
12:13ici sur ce plateau
12:15pour exiger une obligation de soins.
12:17– Je vais vous répondre non catégoriquement
12:21parce que les juges d'instruction
12:22ne jugeront pas Patrick Bruel,
12:24ne le condamneront pas
12:26ni ne le relaxeront.
12:27Les juges d'instruction,
12:28et ils sont quatre,
12:29sont là pour enquêter,
12:31pour investiguer,
12:31à charge et à décharge.
12:33Mais ils ne le condamneront jamais
12:35et ils ne le blanchiront jamais.
12:37Ce n'est pas leur job.
12:38Donc, si vous voulez,
12:39la mise en examen,
12:40c'est on vous attrape
12:42parce qu'on a des indices
12:43et on veut investiguer
12:44et par précaution,
12:46on va vous envoyer
12:47chez le psychothérapeute
12:48vous faire soigner.
12:49Est-ce que ce n'est pas déjà là un préjudice ?
12:51– Maître, la présomption d'innocence,
12:52ce n'est pas ça.
12:53La présomption d'innocence,
12:55c'est le monopole des juges
12:57de dire à la fin
12:58si la personne est coupable
12:59et l'innocence.
12:59– Mais pas les juges d'instruction.
13:01– Non, bien sûr,
13:02les juges du siège.
13:04C'est seulement la justice
13:05qui dit à la fin du processus
13:07qu'ils sont coupables et innocents.
13:08Mais en réalité,
13:10ça n'impose aucun secret.
13:12D'ailleurs, la présomption d'innocence,
13:13dans votre logique à vous,
13:15il y a des gens
13:15qui sont mis en détention
13:16tous les jours
13:17simplement sur une mise en examen.
13:18Il y a des gens
13:19qui sont sous brasse électronique
13:20sur une mise en examen.
13:21Il y a des gens
13:21qui sont interdits
13:22de mille et une choses
13:23à ce stade.
13:24– On pense exactement
13:25– La justice fait son boulot.
13:26À la fin,
13:27il y a quels qui disent
13:28s'ils sont coupables.
13:29C'est ça la présomption d'innocence.
13:31C'est ce monopole donné au juge
13:33de déclarer les uns
13:34et les autres coupables.
13:34– Et de prononcer une peine.
13:35– Et de prononcer une peine.
13:36– Or, on a l'impression
13:37qu'il y a quand même
13:38une forme de peine,
13:38notamment professionnelle,
13:39qui aujourd'hui est appliquée
13:40en l'absence
13:41de toute déclaration
13:42de condamnation.
13:42– Mais oui, parce que Patrick Bruel,
13:43il a un problème.
13:44C'est qu'il chante
13:45des chansons d'amour.
13:47– Non mais…
13:47– C'est son personnage.
13:51– Non mais on a vu
13:51tout un tas de personnes.
13:52Gérard Depardieu,
13:53il ne chante pas
13:53des chansons d'amour.
13:54Il a arrêté de travailler
13:57bien avant d'être condamné.
13:58Et le nombre de personnes
13:59qui ont dû arrêter de travailler
14:00bien avant d'être condamné
14:01qui ne chantent pas
14:01des chansons d'amour,
14:02aujourd'hui,
14:02elles ne se comptent plus
14:03sur les doigts d'une main
14:04ni de deux.
14:04Donc, ce n'est pas simplement
14:05le fait de chanter
14:06des chansons d'amour
14:07qui fait qu'on a un problème
14:07avec la présomption d'innocence
14:08aujourd'hui dans notre pays.
14:09– Ce n'est pas seulement lié
14:10à la justice,
14:12aux enquêtes,
14:13à la parole des femmes.
14:14C'est que c'est son image,
14:15c'est son personnage public.
14:16Son personnage public
14:17qui chante des chansons d'amour.
14:19C'est complètement incompatible
14:20avec des accusations de femmes
14:22qui disent
14:22qu'il n'a aucune notion
14:25du consentement.
14:26– Mais c'est incompatible
14:26si les spectatrices
14:27ou les spectateurs
14:28décident de ne pas aller le voir.
14:29– Et du coup,
14:29ça pose un problème
14:30pour ces spectateurs.
14:30– Qui sommes-nous, nous,
14:31pour dire à la place des spectateurs
14:32non, il ne faut pas
14:33qu'ils se produisent
14:33les spectateurs ou les spectatrices
14:35de décider ?
14:35– Maître Slama,
14:36je le rappelle,
14:37information ce soir,
14:37on a donc deux plaintes de plus
14:39déposées ce week-end
14:40et d'ailleurs par Maître Jousselin
14:41qui sera, me semble-t-il,
14:43l'invité demain matin
14:43d'Apolline de Bannerbe.
14:44On en est, je le disais tout à l'heure,
14:46à 25 plaintes
14:47contre Patrick Bruel.
14:48Et la justice,
14:50encore une fois,
14:50vous avez raison,
14:51est en train de faire le tri
14:52entre toutes ces plaintes
14:53et celles dans lesquelles
14:54il a été mis en examen
14:54et celles, par exemple,
14:55qui sont prescrites,
14:56on y reviendra.
14:57Au moins,
14:58deux autres plaintes,
14:59visiblement,
15:00arrivent,
15:01des faits de viol
15:02sur deux femmes majeures
15:05et visiblement encore,
15:06ça n'est pas forcément terminé.
15:07Écoutez ce que dit
15:08Maître Gage Benayoun
15:08qui défend déjà
15:10des jeunes femmes
15:11qui accusent
15:12Patrick Bruel.
15:14Je pense qu'on va être
15:17complètement sous l'eau
15:18du nombre de plaignantes
15:19ou de personnes
15:21qui ont été victimes
15:22et qui ne souhaitent pas
15:22porter plainte
15:23mais témoigner.
15:24Voilà,
15:24c'est assez impressionnant.
15:28Impressionnant,
15:29on va être sous l'eau.
15:29Qu'est-ce que ça change,
15:31Maître Slama,
15:32dans la défense
15:33de Patrick Bruel ?
15:33Est-ce que,
15:34je veux dire,
15:34la masse de plaintes
15:36rend la défense
15:36de plus en plus difficile ?
15:37Mais pas nécessairement
15:38et d'ailleurs,
15:38encore une fois,
15:39on l'a vu la semaine dernière
15:40lorsqu'il y a eu
15:40la phase judiciaire
15:41puisqu'on ne cesse
15:42d'entendre depuis
15:43des semaines et des semaines
15:4410, 15, 20, 30.
15:46En vérité,
15:46tout ça passe au tatami
15:48de l'examen
15:48des magistrats instructeurs
15:49et on voit
15:50notamment la semaine dernière
15:55que ça a fait un peu pchit
15:57et que ça s'est dégonflé.
15:58Il faut dire les choses
15:59comme elles sont,
15:59c'est une montagne
16:00qui a accouché
16:00d'une souris.
16:01Là, aujourd'hui,
16:02nous sommes...
16:04Patric Bruel
16:04mis en examen
16:06pour viol,
16:07tentative de viol,
16:08agression sexuelle
16:08et harcèlement,
16:09vous appelez ça
16:10une montagne
16:11qui accouche d'une souris ?
16:11Quand on voit
16:12sur votre bandeau
16:1325 femmes
16:13accusent Patric Bruel,
16:14on pourrait s'attendre
16:15à 25 mises en examen.
16:16Lorsqu'on voit
16:16qu'il y en a 4,
16:17c'est moins du quart.
16:17C'est moins...
16:18Alors, je ne suis pas
16:19excellent en maths
16:19là tout de suite.
16:20La justice n'a pas tout étudié encore.
16:21Oui, mais voilà,
16:22c'est ça le problème.
16:22La justice n'a pas tout étudié encore.
16:23La moyenne française
16:26de quelqu'un
16:26qui rentre devant
16:27une cour d'assises
16:28pour un viol,
16:29c'est 11 ans de détention.
16:31Alors, je vous le dis,
16:32à l'échelle de mon cabinet,
16:34en tout cas,
16:35cette moyenne
16:36me paraît largement élevée.
16:37Mais bon, c'est compliqué.
16:38Parce que vous avez un cabinet
16:38qui défend bien les gens.
16:39Mais la moyenne française,
16:40c'est 11 ans.
16:41C'est compliqué de parler en moyenne.
16:42On ne parle pas de statistiques,
16:43mais on parle d'un individu.
16:44Alors, on peut faire des statistiques.
16:45Mais faire des statistiques
16:45sur le dos d'un individu,
16:47ça pose problème.
16:48Je ne dis pas que c'est rien.
16:49Je ne dis pas que c'est rien.
16:50Je suis en train de dire
16:50qu'on nous présente
16:51quand même un certain nombre de choses
16:52et à la fin,
16:53ce n'est pas ce qui ressort
16:54du tamis, excusez-moi,
16:55des magistrats instructeurs.
16:56Je ne dis pas que c'est rien.
16:57Je suis en train de dire
16:57qu'il y a quand même
16:58un hiatus énorme,
16:59un delta énorme
17:00entre ce qui nous est présenté
17:02et ce qui, véritablement,
17:03à la fin,
17:03est retenu par les magistrats.
17:04Une chose,
17:05on va l'idée
17:13ont réussi la semaine dernière
17:14dans les 48 heures
17:15de garde à vue
17:16à passer de neuf affaires
17:18à quatre pour lesquelles
17:18il a mis en examen.
17:19Ils se sont très bien défendus
17:21parce qu'ils ont eu 16 heures
17:22exactement.
17:23Quand Patrick Bruel,
17:24il arrive au tribunal de Nanterre
17:26après deux jours de garde à vue,
17:28il a 48 heures de garde à vue
17:29dans les pattes,
17:30deux nuits de garde à vue
17:30dans les pattes.
17:31Les policiers informent
17:32que le parquet demande
17:33sa mise en examen
17:34pour neuf affaires
17:36et sa détention.
17:39Alors, dans la journée,
17:39les avocats...
17:40C'était prévu à 14 heures,
17:42l'interrogateur de première comparution
17:44devant les quatre juges
17:45et puis ça a été reculé
17:46d'heure en heure,
17:4715 heures,
17:47jusqu'à 18 heures.
17:48Ça a commencé à 18 heures.
17:49Les avocats,
17:51Maître Slama disait la veille
17:52qu'ils ne vont pas avoir
17:53le temps de consulter le dossier.
17:54Ils ont pris le temps,
17:56ils vous ont écoutés,
17:57de consulter le dossier.
17:58Ils ont passé huit heures
17:59à consulter le dossier.
18:00En fait, neuf dossiers
18:01puisqu'il y avait neuf dossiers.
18:03Ça a pris du temps
18:03et ils se sont bagarrés
18:05devant les quatre juges.
18:06Et c'est vrai
18:06que les quatre juges
18:07ont estimé,
18:08à l'issue de leur plaidoirie,
18:10Maître Colin et Maître Lassec,
18:12ils ont estimé
18:14qu'il y avait quatre affaires
18:15pour lesquelles
18:15il y avait un indice grave
18:16et concordant
18:16et qu'à ce stade,
18:17il y en avait quatre autres.
18:18Il y en avait une
18:18qui était prescrite
18:19et qu'il y en avait quatre autres
18:20pour lesquelles
18:21ils pouvaient bénéficier
18:22pour l'instant,
18:23je dis peut-être pour toujours,
18:25du statut de témoin assisté.
18:27Et cette bagarre-là,
18:28c'est vrai que c'était
18:29un camouflet pour le parquet,
18:31c'est vrai.
18:31Bien sûr que c'est vrai.
18:32Parce que la justice,
18:33ce n'est pas une science exacte.
18:34Ce n'est pas un ordinateur
18:35sur lequel on appuie
18:36sur un bouton.
18:37C'est des gens qui décident.
18:38Et le parquet a maintenu
18:41sa demande de mise en détention
18:42après la mise en examen
18:45sur quatre des neuf affaires,
18:47après que les juges
18:48aient estimé
18:48que le contrôle judiciaire
18:50était suffisant.
18:51Et c'est un autre juge,
18:52le juge des libertés
18:53de la détention,
18:54qui a tout repris à zéro.
18:55Les avocats ont replaidé.
18:56Patrick Bruel,
18:57ça faisait 16 heures
18:58qu'il était en train
18:58de se bagarrer.
18:59Et puis il savait,
19:00parce qu'il y a un pactage
19:01qui lui était apporté
19:02dans la journée,
19:03dans cette journée folle,
19:04où il avait des mocassins,
19:05des vêtres sous-vêtements
19:06de roche.
19:06Ah, il y a eu le pactage.
19:07Bien sûr qu'il y a eu le pactage.
19:08Et puis il y a eu le...
19:09Vous savez,
19:09on vous interdit en prison
19:10le maître Slamaï,
19:12c'est ça,
19:12avec ses détenus,
19:13le bleu marine.
19:14C'est la couleur des...
19:15Il ne faut surtout pas arriver avec...
19:16Il vaut mieux avoir un bon pull
19:17parce que dans les cellules,
19:18il peut faire froid la nuit,
19:19mais il ne faut pas
19:20un pull bleu marine.
19:21Donc ils lui ont apporté
19:22le pactage,
19:22c'est vous dire l'enjeu
19:24pour lui du bout de cette nuit.
19:25Et finalement,
19:26il a été placé
19:28sous contrôle judiciaire.
19:29Maître Lévy,
19:30est-ce que ça,
19:31ça peut changer ?
19:31On a donc ces nouvelles plaintes
19:33et des avocats et avocates
19:34qui nous expliquent
19:35encore ce soir
19:36qu'il y en aura d'autres,
19:37qu'elles sont en train
19:38d'étudier ces plaintes,
19:39etc.
19:40Est-ce que Patrick Bruel
19:42pourrait être réentendu ?
19:44Oui, je l'imagine,
19:45mais ça veut dire que
19:47il pourrait...
19:48Repasser par la case
19:49du juge des libertés
19:50et du juge des libertés.
19:51Absolument.
19:51Et à chaque fois...
19:52Enfin, à chaque fois...
19:53Alors, on va essayer
19:54de centraliser les choses.
19:55Il y a quatre juges d'instruction
19:56qui sont maintenant sur le dossier.
19:58Donc, ils vont se répartir le travail
19:59et a priori,
20:00le tri des plaintes
20:01qui vont continuer de tomber.
20:04Mais procéduralement,
20:05il est tout à fait exact
20:06qu'il pourrait revivre
20:08ces 48 heures ou 72 heures
20:10de garde à vue
20:11et de défermement
20:12et repasser devant
20:13le juge des libertés
20:13de la détention.
20:14Je voudrais revenir d'un mot
20:16sur ce que vous avez dit.
20:17Je partage évidemment
20:18votre propos
20:18en qualité de juriste,
20:20mais si vous voulez,
20:22en un mot,
20:24il ne s'appellerait pas
20:25Patrick Bruel.
20:26Il y a des anonymes
20:27tous les jours
20:28qui parcourent
20:28ce processus
20:31de défermement
20:31et de juge des libertés
20:33de la détention.
20:34Il a un domicile
20:36à Los Angeles.
20:37On le sait.
20:38Il y a un trouble
20:39à l'ordre public
20:40qui n'est pas tant
20:41puisqu'il y a des manifestations
20:42à tous ces spectacles.
20:44Il y a un risque
20:45de réitération
20:46de l'infraction.
20:47Des plaintes continuent
20:48de tomber
20:49tous les quatre matins.
20:50Eh bien,
20:51un anonyme,
20:52il ne passe pas le filtre
20:53du juge des libertés
20:54de la détention
20:54et il part au cachot.
20:56Le soir même.
20:57Donc ce que vous disiez,
20:58en tout cas,
20:58je crois,
20:59sans avoir trahi
21:00votre propos,
21:01c'est qu'on pouvait
21:02s'attendre,
21:03et je l'ai dit
21:03sur un de vos plateaux
21:04la veille,
21:05compte tenu de ces critères-là,
21:07on pouvait s'attendre,
21:08craindre ou espérer,
21:10peu importe
21:10de quel camp
21:12on se place,
21:13qu'il aille
21:14en détention provisoire
21:15ce soir.
21:17– Non,
21:18je ne dis pas
21:18qu'il y a deux justices.
21:19Je dis que
21:19les critères
21:21étaient,
21:22de son point de vue,
21:23assez inquiétants
21:24et qu'à 23h
21:26ou 23h30,
21:27quand il en est sorti,
21:28je considère
21:29qu'il est passé
21:30très à la limite
21:31de la détention.
21:31– Comment vous expliquez
21:32que les juges d'instruction
21:34et le juge de la liberté,
21:35ça fait cinq au total,
21:36si je ne me trompe pas,
21:37il n'y en a aucun
21:38qui réclame son placement
21:39en détention.
21:39– Comment vous expliquez
21:40qu'un autre magistrat
21:41qui est en face
21:41et qui s'appelle
21:42le procureur de la République
21:43demande la détention provisoire ?
21:45– Peut-être du fait
21:46de la pression médiatique aussi ?
21:47– Oui,
21:48ou de son analyse juridique
21:49du dossier.
21:50– Je suis bien sûr.
21:50– Et quand vous prenez,
21:52je ne le connais pas personnellement
21:53dans ce dossier,
21:53mais enfin,
21:54quand vous prenez les critères
21:55de la détention provisoire
21:57et du code de procédure pénale,
21:59je crains
22:00qu'il les remplisse un peu.
22:03– Laurent Valégué là-dessus ?
22:04– Là,
22:05vous me mettez
22:06en position d'arbitré
22:07entre les deux,
22:07les vocales
22:08qui ne sont pas d'accord entre eux,
22:09mais j'ai l'impression
22:10que les deux ont raison
22:11parce qu'en fait,
22:12c'est vrai que sur le papier,
22:13il était en grand risque
22:14de détention.
22:15– Je vais trahir un secret, Laurent,
22:17on en a parlé évidemment
22:18avant la décision
22:19des juges ensemble,
22:20vous n'étiez pas très optimiste
22:22pour Patrick Bruel.
22:23– À neuf,
22:24à neuf,
22:24mise en examen,
22:25avec les critères
22:28de réitération
22:29de troubles
22:29à l'ordre public,
22:30c'est vrai que les carottes
22:31semblent écuites.
22:32– Oui,
22:32mais à quatre ?
22:33– À quatre,
22:34alors c'est vrai
22:34que c'est toujours pareil,
22:35c'est le sens de la courbe.
22:37Il est passé de neuf à quatre.
22:39– Ce qui est intéressant,
22:40c'est qu'il a eu
22:40quatre juges d'instruction.
22:41– Mais oui,
22:42c'est quand même assez rare.
22:43– Ce n'est pas rare,
22:44c'est exceptionnel.
22:44– C'est exceptionnel.
22:45– Mais alors pourquoi ?
22:47– Moi, je pense aussi
22:49que c'est une pression médiatique.
22:50Là où je ne suis pas d'accord
22:51avec mon confrère,
22:51c'est que lui a l'impression,
22:52j'ai l'impression,
22:54que ça devient,
22:55si vous voulez,
22:56plus facile
22:57d'être Patrick Bruel
22:58dans cette affaire.
22:58Moi, j'ai l'impression
22:58que c'est plus difficile.
22:59D'abord,
23:00quatre juges d'instruction
23:00plutôt qu'un,
23:01encore une fois,
23:01ça ne s'est jamais vu.
23:02L'affaire Nicolas Sarkozy,
23:04je crois qu'ils étaient deux.
23:04Tariq Ramadan,
23:05je crois qu'ils étaient deux.
23:06Là, quatre juges d'instruction,
23:07vous vous rendez compte ?
23:07Il y a quatre mises en examen,
23:08c'est-à-dire un juge d'instruction
23:09par mise en examen.
23:10– Et trois avocats.
23:11– La justice a démarré.
23:14– Trois avocats.
23:14– Bah oui,
23:15trois avocats,
23:15et alors ?
23:16– Non, non,
23:16mais c'est-à-dire que
23:17tous ceux qui sont face
23:18à un juge d'instruction,
23:19je parle sous votre contrôle,
23:20n'ont pas forcément
23:21aussi trois avocats.
23:22– Non, mais c'est…
23:23– Ce qui m'offre aussi
23:23le caractère un peu hors norme
23:24de cette affaire.
23:25– Oui, il y a un caractère hors norme,
23:26mais ce que je voudrais dire aussi,
23:27c'est alors qu'il y a
23:27non seulement le fait
23:28qu'il y ait quatre magistrats instructeurs,
23:29je voudrais ajouter aussi
23:30la célérité quand même
23:31de sa garde à vue.
23:32Encore une fois,
23:33on voit que les choses
23:33tombent assez rapidement
23:35pour que ça soit aussi rapide.
23:36Le dernier souvenir que j'en ai,
23:37c'est François Fillon.
23:37Vous voyez,
23:38ça veut dire qu'il faut aller vite,
23:39il faut peut-être
23:40d'une certaine manière
23:41satisfaire l'opinion publique
23:42et montrer qu'on se bouge,
23:43surtout quand on sait
23:43qu'il y a d'autres affaires judiciaires
23:44qui se sont très mal passées
23:45ces dernières semaines.
23:46Je pense que ça peut être jeu aussi.
23:47Et moi,
23:48je terminerai.
23:49Alors,
23:49je n'ai pas d'accès au dossier,
23:50donc je me garderai bien
23:51d'émettre un avis
23:52et une opinion
23:53sur des informations
23:54que je n'ai pas.
23:55Mais,
23:55encore une fois,
23:56moi,
23:56j'ai été étonné
23:57de ces réquisitions
23:58de fin de placement
23:58de détention provisoire.
23:59Pour un individu
23:59qui n'a pas de casier judiciaire,
24:00pour des faits
24:01qui sont globalement anciens,
24:02pour un individu
24:03qui a quand même
24:03des attaches en France,
24:05j'ai été très étonné
24:06de ces réquisitions-là
24:07et je me les explique aussi,
24:08encore une fois,
24:09du fait d'une certaine
24:09pression médiatique.
24:10Maintenant,
24:10encore une fois,
24:11je prends des précautions
24:11parce que je n'ai pas
24:12accès au dossier,
24:13donc je n'ai pas ces informations.
24:14En fait,
24:14tout est toujours relatif.
24:15En 2019,
24:16je crois,
24:16pour le plus récent.
24:16En 2019,
24:17en 2026,
24:18ça fait 7 ans.
24:19Où est-ce que vous étiez
24:20chacun il y a 7 ans ?
24:21Réfléchissez,
24:21ça fait un certain temps quand même.
24:23Moi,
24:23il y a 7 ans,
24:24j'étais au début
24:24de mon instruction judiciaire,
24:25justement,
24:26qui n'a toujours pas été jugée
24:27pour l'instant.
24:27Donc,
24:27pour le coup,
24:28sur la justice à deux vitesses,
24:31personnellement,
24:32je suis vraiment d'accord là-dessus.
24:34Je pense qu'il y a un traitement
24:36de l'affaire de Patrick Bruel
24:37qui est le traitement
24:39qu'on attendrait
24:39pour toutes les victimes.
24:40Je suis désolée,
24:41mais en tant que victime,
24:42je le dis,
24:42toutes les victimes
24:43mériteraient ce genre de traitement.
24:45Je pense aussi
24:46qu'il y a une ombre au-dessus,
24:48c'est la petite Liana.
24:49Et je pense que la colère
24:52qui est exprimée par les Français
24:53par rapport à cette mascara judiciaire
24:56de l'affaire Liana
24:58n'y est pas pour rien.
24:59Je crois qu'aujourd'hui,
25:00effectivement,
25:00la justice fait les choses
25:01très rapidement
25:02pour Patrick Bruel
25:03pour montrer qu'elle tape
25:04du poing sur la table
25:05et qu'elle est capable
25:05de faire les choses vite.
25:06Maintenant,
25:07on aimerait,
25:08et je parle en tant que victime
25:10et pour les victimes
25:11que je représente
25:12dans l'association MeToo Media,
25:13puisque c'est ce que je fais
25:14dans l'association,
25:15c'est l'accueil
25:16de paroles de victimes,
25:17on aimerait que cette justice rapide
25:19ce soit le cas à chaque fois.
25:21Parce qu'une instruction,
25:22la justice est très lente,
25:24elle est beaucoup trop lente,
25:25comme je vous l'ai dit.
25:26Moi, j'ai témoigné
25:26pour la première fois en 2021,
25:28je suis partie civile
25:28dans une affaire depuis 2023.
25:31Je suis partie civile
25:32dans une affaire
25:33où il y a 324 témoignages,
25:35où on est 10 parties civiles,
25:36où il y a des vidéos,
25:37des heures et des heures
25:38et des heures de vidéos
25:39et à l'heure actuelle,
25:40le mis en cause,
25:41il n'est pas placé
25:41en détention provisoire,
25:42il est mis en examen,
25:43il est sous contrôle judiciaire,
25:44évidemment,
25:46et on n'a qu'une seule
25:47juge d'instruction
25:47qui change tous les 4 ans.
25:49Je ne sais pas
25:49si c'est de nature
25:50à vous rassurer ou pas,
25:51mais je précise une chose,
25:51c'est qu'elle n'est pas finie,
25:52cette affaire.
25:53Elle va durer des années
25:54et des années et des années.
25:55J'ai une question
25:57de procédure,
25:57je ne sais pas si je peux dire
25:58ça comme ça,
25:58mais je reprends
25:59le chiffre de 25 plaintes.
26:00Vous disiez,
26:01la justice est en train
26:01de faire le tri.
26:02Sur les 25 plaintes,
26:03je parle sous le contrôle
26:04notamment de Laurent Valiguier,
26:0514 plaintes pour des faits prescrits
26:07et donc étaient mises de côté.
26:09Ça, ce n'est pas définitif.
26:11La justice peut aller vérifier
26:14d'une certaine manière
26:14si c'est réellement prescrit,
26:17s'il y a un caractère sériel
26:18dans les choses,
26:19c'est-à-dire que si,
26:19en fait,
26:20tous les faits s'inscrivent
26:20dans une série,
26:21auquel cas,
26:22on peut aller récupérer
26:23des faits qui,
26:23au départ,
26:24ont été prescrits
26:24s'ils avaient été pris isolément,
26:25mais puisqu'ils s'inscrivent
26:27dans une série,
26:27on peut aller récupérer
26:28ces faits-là ?
26:29C'est aussi ça
26:30que la justice va aller avec.
26:30C'est potentiellement possible.
26:32Maintenant,
26:33encore une fois,
26:33je le dirai avec réserve ce soir
26:35parce que non seulement
26:36je n'ai pas accès
26:37encore une fois au dossier,
26:38mais surtout,
26:38c'est une notion jurisprudentielle,
26:40c'est-à-dire que ce n'est pas
26:40la loi qui le dit,
26:41c'est la jurisprudence,
26:42donc il faut voir
26:42comment on avance,
26:43il faut voir si la Cour de cassation
26:44pourrait confirmer
26:46une annulation,
26:46je mets des guillemets,
26:53donc là-dessus,
26:54c'est difficile d'avoir
26:55des réponses définitives,
26:56non seulement de manière théorique,
26:57mais de manière pratique
26:58encore plus
26:59puisqu'on n'a pas accès
27:00et je n'ai pas accès au dossier.
27:00Laurent,
27:01et ensuite,
27:01on écoutera la voie.
27:02Oui,
27:02alors en fait,
27:02pour cette histoire de Syrie,
27:03il ne suffit pas
27:04qu'il y ait plein de viols,
27:05il faut qu'il y ait
27:05un mode opératoire identique,
27:07il faut qu'il y ait
27:08des similitudes.
27:09Il y a un cas connu
27:10de viols
27:12dans l'affaire Tinder
27:13où justement,
27:14ils ont découvert
27:14dans l'ordinateur
27:16du milieu en cause
27:17une espèce de mode opératoire
27:20avec des questions,
27:21il avait répété tout ça.
27:23Donc là,
27:23la justice,
27:24c'est vrai que c'est nouveau,
27:25c'est un champ nouveau du droit
27:27parce que jusqu'à présent,
27:28c'était presque,
27:28il n'y avait pas de discussion.
27:29Dans l'affaire Pellico,
27:31rien à voir,
27:32enfin quand même un peu,
27:33il y a deux agressions sexuelles,
27:36un viol qui se termine
27:38par l'assassinat
27:38d'une agent immobilier
27:41avec de l'éther,
27:42avec des cordelettes,
27:43avec un cutter
27:44et ils rassemblent
27:46deux affaires.
27:47Ils rassemblent deux affaires
27:48dont l'une est complètement prescrite
27:49parce qu'ils ont découvert
27:51que le mode opératoire
27:52était identique.
27:53C'est ça la sérialité,
27:54alors c'est vrai que c'est nouveau,
27:56ça n'a pas encore été jugé
27:58ces dossiers-là.
27:58C'est ce qu'on appelle
27:58la connexion ?
27:59Non, c'est la connexité,
28:01ça veut dire que la sérialité,
28:03ça veut dire qu'ils estiment
28:04que le mode opératoire est tel
28:05qu'on peut penser
28:06que c'est la même personne.
28:07Ça n'a jamais été tranché
28:09par la Cour de cassation encore,
28:10c'est un terrain nouveau du droit
28:11et le parquet de Nanterre
28:13fait son boulot,
28:14dit écoutez,
28:15c'est plein de prescrits
28:16plutôt que de les mettre
28:17à la poubelle
28:17comme on faisait avant,
28:18parce que c'est ça
28:18qu'on faisait avant,
28:19quand on estimait
28:20que c'était prescrit,
28:21vous ne passiez pas
28:22la porte de la gendarmerie,
28:23c'est-à-dire la gendarmerie
28:24vous disiez écoutez,
28:24rentrez chez vous madame,
28:25c'est prescrit,
28:26on ne va même pas,
28:27dans le meilleur des cas
28:27ils prenaient la plainte.
28:29Là, cette fois-ci,
28:29le parquet dit au juge
28:31tenez-en compte,
28:32vous allez voir
28:33et ça va vous permettre,
28:35il y a une phrase
28:35dans le communiqué du parquet,
28:37ça va vous permettre
28:38de mieux appréhender
28:38la personnalité
28:39de Patrick Bruel.
28:40Je voudrais qu'on écoute
28:42Maître Colin,
28:43Maître Fanny Colin,
28:43avocate de Patrick Bruel
28:44qui était notre invité
28:45il y a quelques jours
28:47et qui disait un peu
28:49ce que vous disiez
28:50d'Idan Slama à l'instant,
28:51c'est-à-dire que pour elle,
28:51les femmes peuvent mentir,
28:53celles qui accusent,
28:54peuvent se tromper,
28:55peuvent avoir des perceptions
28:56qui ont changé,
28:57on l'écoute,
28:57on en parle juste après.
28:59Bien sûr que des femmes
29:00peuvent mentir,
29:02c'est-à-dire que ce n'est pas
29:02un gros mot que de le dire
29:03et ici, il faut examiner
29:06chaque dénonciation
29:07au cas, le cas
29:08et ne pas faire une généralité
29:10et donc c'est ce à quoi
29:12vont s'attacher
29:12les juges d'instruction
29:13et les avocats.
29:14On ne peut jamais exclure
29:15des formes de contamination
29:16et encore une fois,
29:17je fais ici une généralité
29:19puisqu'il faut vraiment
29:20prendre chaque dossier
29:21un à un,
29:22chaque profil est particulier,
29:24chaque fait dénoncé
29:25peut être vérifié
29:27d'une manière ou d'une autre
29:28et si vous voulez,
29:29cette manière de faire
29:30une généralité,
29:31c'est une manière
29:32quelque part
29:32de tromper le public
29:33comme si on souhaitait
29:35absolument faire dire
29:36à M. Bruel
29:37que toutes ces femmes
29:38étaient des menteuses.
29:39Les choses sont
29:40infiniment plus complexes
29:41et plus délicates
29:42que cela.
29:42On peut mentir,
29:43on peut se tromper,
29:44on peut avoir des perceptions
29:47qui évoluent
29:48au fil du temps,
29:49on peut être déçu,
29:50tout est possible
29:51encore une fois.
29:52Marion Bannos,
29:53ce que dit M. Colin,
29:54c'est que les témoignages,
29:55quand ils s'accumulent
29:56comme cela,
29:56d'une certaine manière,
29:57je ne sais pas comment dire ça,
29:58mais s'autant entretiennent
29:59et se polluent
30:00les uns les autres,
30:01c'est-à-dire qu'un récit
30:02entraîne un deuxième récit
30:03puis un troisième récit
30:04et à la fin,
30:05ce que disait M. Colin,
30:06on a l'impression
30:06que tout fait sens
30:07d'une certaine manière.
30:08Elle lit,
30:09c'est plus compliqué que ça
30:09et la justice va devoir trier.
30:11Oui, bon là,
30:12on parle de femmes
30:14déjà qui ne se connaissent pas,
30:15forcément,
30:16et puis,
30:17oui, évidemment
30:18que la parole,
30:19elle se libère
30:19quand on entend
30:20quelqu'un parler,
30:21mais je veux dire,
30:24la parole se libère,
30:25les femmes parlent,
30:27ce n'est pas parce qu'elles racontent
30:29toutes la même chose
30:31que forcément leurs témoignages
30:36sont concordants
30:37et se...
30:41Je n'arrive pas à exprimer
30:42ce que j'ai envie
30:43de vous exprimer ce soir.
30:44Vous ne pouvez pas
30:44vous exprimer pour moi,
30:45il n'y a pas de problème.
30:47Ils sont trafiqués,
30:47ils montent toutes pièces.
30:49Oui, mais en fait,
30:50elles parlent des menteuses.
30:51Les menteuses,
30:52c'est quoi ?
30:521% ?
30:53On a 1%
30:54de menteuses
30:56reconnues.
31:00Et notre consoeur Colin
31:01le dit très bien,
31:02il faut aller beaucoup plus loin
31:03que ça.
31:04Est-ce que vous acceptez
31:05l'idée que votre vérité
31:08n'est pas la sienne,
31:09n'est pas la sienne,
31:10n'est pas la sienne,
31:10n'est pas la mienne ?
31:11Est-ce que vous acceptez
31:12l'idée que votre perception
31:15n'est pas la nôtre
31:16et que si je vois
31:18en face de moi
31:19telle couleur,
31:19vous ne la verrez pas
31:20de la même manière
31:20et que votre comportement,
31:22je peux l'interpréter,
31:23pardon,
31:24ce n'est pas vous,
31:24évidemment,
31:25mais de telle manière
31:26alors que vous ne vouliez
31:27pas du tout m'envoyer
31:28ce message-là.
31:29Est-ce que finalement,
31:30je conclue,
31:31il y a une vérité ?
31:33La réponse est non.
31:34Il y aura la vérité
31:35de Bruel,
31:35il y aura la vérité
31:36de sa plaignante,
31:37il y aura la vérité
31:38du juge,
31:38il y aura la vérité divine,
31:40il y aura mille vérités.
31:41Bien sûr,
31:41mais encore une fois,
31:42c'est la justice.
31:42Et bien incapable,
31:44autour de cette table,
31:45de dire quelle est la vérité.
31:47Bien sûr,
31:47la seule chose qu'on dit
31:48en revanche,
31:48c'est que ces femmes
31:49ont le droit d'être entendues.
31:51On ne leur a jamais retiré
31:54ce droit-là.
31:54Elles sont entendues,
31:56elles déposent plainte,
31:57elles sont reçues
31:58par les officiers de police,
32:00par les procureurs,
32:01par le juge d'instruction
32:02demain qui va organiser
32:03des auditions,
32:04voire des confrontations
32:05avec Bruel.
32:06Et ce sera un moment
32:07d'une intensité folle.
32:09Donc personne ne leur retire
32:10le droit de parler.
32:11Sauf,
32:11et moi j'y suis attaché,
32:13la prescription.
32:14Et je déteste ce débat
32:15de cette nouvelle prescription
32:17glissante ou pas glissante
32:19sur patin à roulettes
32:20ou ce que vous voulez.
32:21Je dis,
32:21parce que je suis juriste
32:22depuis très longtemps,
32:23je dis que la prescription,
32:25elle est là
32:26pour que le violeur,
32:29le criminel
32:30ait souffert
32:31d'une épée de Damoclès
32:32au-dessus de la tête
32:33pendant 20 ans
32:34ou pendant 30 ans.
32:35Et le droit a considéré
32:36que c'était déjà sa peine.
32:37Et que si l'institution
32:39ne s'est pas occupée de lui
32:41dans ses 20 ans
32:42ou dans ses 30 ans,
32:42il a suffisamment souffert,
32:44on le lâche.
32:45Je suis attaché
32:46à cette notion-là,
32:47elle est un peu périmée,
32:48je vous le concède.
32:49Merci à toutes et à tous
32:50d'avoir été avec moi
32:51ce soir,
32:52on y reviendra évidemment.
32:53Et on a bien compris,
32:54Maître Slamax,
32:54ça allait prendre des années,
32:56littéralement des années,
32:57avant qu'il y ait
32:57un éventuel procès
32:59pour Patrick Gouriel.
33:00On verra jusqu'où va la justice.
33:02Merci à vous cinq.
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