- il y a 7 heures
- #sudradio
Avec Paul Midy, Député LR, Fabrice Epelboin, Enseignant et entrepreneur
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TechnologieTranscription
00:00Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:04Bonjour et bienvenue dans le numérique pour tous, l'émission dédiée à l'innovation et à la tech responsable.
00:09Vous le savez, elle est partout dans notre quotidien, dans nos vies, dans nos entreprises et plus que jamais dans
00:14l'arène politique.
00:15Je veux parler de l'intelligence artificielle.
00:17Et alors que les programmes de nos futurs présidents sont en train de la mettre à l'honneur, de nombreuses
00:22questions s'imposent.
00:23La vidéosurveillance intelligente est-elle un rond-part contre la délinquance ou le premier pas vers une société de surveillance
00:28?
00:29Quel va être l'impact de l'IA sur les campagnes électorales ?
00:32Et si la France doit devenir championne de l'IA, comment nos futurs gouvernements vont prendre en charge les destructions
00:37d'emplois ?
00:38C'est le débat que nous vous proposons aujourd'hui dans le numérique pour tous.
00:41Ça commence dans quelques instants et c'est sur Sud Radio.
00:44Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:47Et dans ce numérique pour tous spécial IA et présidentiel, nous avons le plaisir d'accueillir le député Paul Midy,
00:53membre de la commission des affaires économiques et fermement convaincu que l'IA est une opportunité historique pour la croissance
00:59et il nous en parlera.
01:01Et face à vous Fabrice Eppelboin pour porter un regard sans concession, mais néanmoins bienveillant,
01:06pour nous donner un petit peu les effets de ce miroir technologique.
01:10Vous êtes enseignant à Sciences Po et vous êtes spécialiste reconnu de l'impact des technologies sur les réseaux sociaux.
01:15Fabrice, bonjour !
01:16Alors on va commencer par un débat qui est actuellement un peu sous la loupe, celui de l'intelligence artificielle
01:22et de la vidéosurveillance.
01:24Paul, l'amendement a un peu de mal, il patine un petit peu en ce moment. Où est-ce qu
01:29'on en est justement ?
01:30Alors moi j'ai effectivement déposé...
01:31Rappelez-nous le contexte justement.
01:33Oui, j'ai déposé une proposition de loi pour permettre l'utilisation de la vidéoprotection augmentée à l'IA.
01:39Qu'est-ce que c'est ?
01:40C'est aider les commerçants à lutter contre le vol, qui est un fléau pour eux.
01:44C'est 2, 3, 4% du chiffre d'affaires qui peut être supprimé à cause du vol dans les
01:54magasins.
01:54Et bonne nouvelle, il y a une technologie qui permet de baisser de 20 à 50% les occurrences de
02:01vol dans les magasins.
02:02C'est utiliser de l'intelligence artificielle sur les caméras de vidéoprotection.
02:06C'est très simple.
02:08Le commerçant ne peut pas passer son temps à regarder son écran caméra pour voir ce qui se passe dans
02:13ses rayons.
02:14Il est en train d'encaisser ses clients ou de faire ses stocks.
02:17Par contre, l'IA, elle, elle peut le faire.
02:19Elle peut prévenir le commerçant quand éventuellement il y a peut-être un geste qui ressemble à un geste de
02:24vol.
02:25Et prévenir le commerçant que c'est à ce moment-là qu'il faut regarder.
02:28Donc c'est très simple, c'est très efficace.
02:30On a voté ça à l'Assemblée nationale pour légaliser, tout en encadrant évidemment l'utilisation de l'intelligence artificielle.
02:40Maintenant, il faut que ça continue la navette parlementaire.
02:42Donc j'espère qu'on y arrivera dans les prochains lois.
02:44Mais Paul, vous n'avez pas un peu l'impression que c'est la morse d'un Big Brother ?
02:48Non, je ne pense pas du tout.
02:49Au contraire, parce que c'est vraiment une technologie qui est encadrée, qui permet la primauté humaine.
02:57C'est-à-dire que les décisions sont uniquement humaines.
03:00C'est-à-dire que c'est le commerçant qui voit, parce qu'il est alerté par l'intelligence artificielle,
03:04que potentiellement il se passe quelque chose.
03:07Et ça réduit très fortement les vols.
03:09On encadre, par exemple, en interdisant la reconnaissance faciale, en donnant tout un tas de spécifications techniques sur ses logiciels,
03:19en favorisant le fait qu'ils soient d'ailleurs français et européens.
03:22Et donc on est vraiment très, très, très, très, très loin du Big Brother.
03:25Il faut utiliser ces technologies quand elles peuvent apporter un bénéfice.
03:28Là, c'est la lutte contre vol.
03:30Mais demain, j'espère que ce sera pour des sujets de santé.
03:33Quelqu'un qui tombe sur un trottoir, une personne âgée qui tombe sur un trottoir, qui se calme quelque chose,
03:38qui est tout seul pour que les secours puissent venir plus rapidement.
03:43Quelqu'un qui fait une crise d'épilepsie ou une crise cardiaque.
03:46Voilà, ces technologies, elles peuvent apporter énormément de bénéfices.
03:49Il faut par contre bien les encadrer pour qu'on les utilise pour les usages qu'on veut.
03:54Et c'est le choix démocratique.
03:56Alors, l'intention est totalement bienveillante.
03:58Elle est louable.
03:59Si vous, Fabrice et Paul-Bian, vous étiez à l'Assemblée.
04:01Est-ce que vous voteriez justement cet amendement ou vous avez un blocage culturel ?
04:05Alors déjà, je l'ai fait un petit malentendu.
04:08Dans 1984, il y a toujours des humains.
04:10C'est dans Terminator qu'on n'a plus d'humains.
04:13Donc, ce n'est pas du tout incompatible avec le fait de construire 1984.
04:17Et puis, je soulèverai quand même une bonne nouvelle.
04:19C'est que ces technologies sont déjà installées en France depuis plus de dix ans.
04:22C'est Disclose qui nous l'a révélé.
04:25Vous n'êtes strictement pour rien.
04:26Du reste, ça a été fait avant la Macronie par Bernard Cazeneuve.
04:29Bon, certes, en inégalité, mais on n'est plus à ça près.
04:32Et on a installé dans plus de 200 municipalités,
04:35aussi bien dans les polices municipales que dans les préfectures,
04:38Marseille, Paris, des systèmes qui, effectivement, ont cette fonctionnalité.
04:41Ont également la fonctionnalité de reconnaissance faciale.
04:44Le seul inconvénient, enfin, il y en a deux.
04:46Le premier, c'est que ça s'est fait dans la plus parfaite illégalité.
04:49Bon, c'était déjà le cas pour l'assurance de masse avec le Deep Packet Inspection,
04:53déployé dès 2009, légalisé en 2018.
04:58Mais l'autre gros problème, c'est que c'est une technologie israélienne.
05:01Ce qui, effectivement, en termes de souveraineté, c'est plus Fcam.
05:04Ce qui, en termes de souveraineté, n'est pas fantastique.
05:06Donc, on a des start-up qui sont, a priori, capables de relever le défi
05:10et de remplacer ces technologies israéliennes après dix ans de mise en pratique.
05:14Là, on est, effectivement, dans une problématique qui est strictement de légaliser.
05:18Des pratiques qui, dans l'administration, sont déjà courantes depuis dix ans,
05:23mais, effectivement, sont totalement illégales pour le commerçant du coin.
05:25Donc, vous ne voteriez pas de votre côté ?
05:27En fait, si vous voulez, le problème qu'on va avoir,
05:31c'est que le rapport à l'espace public va radicalement changer.
05:35On a, depuis la révolution industrielle, l'anonymat dans l'espace public.
05:40C'est quelque chose qui fait partie d'une forme de contrat social informel.
05:43Le jour où la population va réaliser qu'effectivement, elle est épiée à tous les coins de rue,
05:48le rapport à l'espace public et le rapport à l'autorité va changer de façon radicale.
05:51Donc, moi, j'aimerais, avant ce genre de loi, avoir,
05:54c'est souvent le cas avec les lois de surlumérique, une étude d'impact sérieuse.
05:57Et moi, ce qui me manque, c'est une étude d'impact sérieuse sur ce genre de loi.
06:00Paul, vous nous confirmez que vous allez prendre garde à ce genre de dérive ?
06:03Oui, parce que ce n'est pas du tout le cas de cette loi.
06:06Je veux quand même bien apprécier d'abord, on l'égalise dans l'espace privé,
06:10c'est-à-dire dans le magasin.
06:11On encadre effectivement des pratiques qui existent aujourd'hui,
06:14mais qui sont illégales de fait.
06:16On les encadre, c'est-à-dire que, par exemple, il faut qu'il y ait un droit d'information.
06:20Il faut que les clients, quand ils entrent dans le commerce,
06:23ils soient prévenus que ce type de technologie est utilisé,
06:26comme aujourd'hui, ils sont prévenus que la vidéoprotection est utilisée,
06:29qu'ils puissent faire le choix de rentrer ou pas dans le magasin,
06:32si jamais ça leur pose effectivement un problème que ce type de technologie soit utilisé.
06:36Donc on n'est pas dans l'espace public.
06:38Effectivement, dans la loi JO, il y avait l'utilisation pour protéger les Jeux olympiques
06:44de ce type de technologie de caméras augmentées à l'IA pour les sujets de sécurité.
06:48Moi, je pense que c'est utile.
06:50Mais là, le cadre dont on parle, c'est dans l'espace privé, dans les magasins,
06:54et évidemment, en encadrant ça, et je le répète, en interdisant la reconnaissance faciale.
07:00Donc ce logiciel, il faut bien comprendre qu'il ne regarde que des gestes.
07:04Il ne regarde, par exemple, ni votre couleur de peau,
07:06ni si vous êtes de telle et de quelle façon vous êtes habillé.
07:09Donc qu'il est, en fait, moins biaisé qu'un agent de sécurité moyen dans notre pays.
07:16Voilà, donc il y a des avantages aussi à utiliser ce type de technologie.
07:19C'est bien de le rappeler.
07:20Alors Paul, on sait que vous êtes bien évidemment un fervent défenseur de la technologie.
07:24Vous dites que la France doit devenir un champion de l'intelligence artificielle.
07:27Bon, on voit quand même qu'il y a une forte puissance des États-Unis et de la Chine,
07:30même si on y prête moins attention ici en Europe.
07:34Est-ce que cette ambition, on en a réellement les moyens ?
07:36En fait, moi, je suis d'abord un fervent défenseur de redonner aux Françaises, aux Français,
07:41aux Européens, aux Européennes, la capacité de la prospérité.
07:44Qu'est-ce qui se passe depuis 30 ans ?
07:45On a quasiment raté la révolution numérique.
07:49Et grosse partie de la richesse liée à cette révolution qui a été créée,
07:53elle est partie aux États-Unis.
07:55C'est un problème.
07:56Et on a face à nous la révolution de l'intelligence artificielle,
07:59qui va être aussi une opportunité économique énorme.
08:02Soit on mène cette révolution,
08:04et donc ça apportera des bénéfices énormes pour les Françaises et pour les Français,
08:08en création d'emplois, en augmentation de salaire.
08:12Et c'est la direction que moi, je veux qu'on prenne.
08:16Soit on rate cette révolution technologique,
08:19on va s'appauvrir relativement par rapport aux États-Unis et à la Chine,
08:23on va perdre notre souveraineté, et généralement, ça finit.
08:25C'est toujours pareil dans l'histoire, c'est constante dans notre histoire.
08:30Quand vous ratez une révolution technologique,
08:32vous vous approfissez et vous finissez soumis ou envahis.
08:35C'est ce qui est arrivé à la Chine quand elle a choisi
08:37de ne pas faire la révolution industrielle il y a quelques siècles.
08:40Elle est passée de la première économie du monde
08:43à un des pays les plus pauvres du monde.
08:44Et depuis qu'elle a repris une stratégie
08:49d'innovation,
08:51de gain de productivité économique,
08:53elle est redevenue la deuxième économie du monde.
08:56L'Europe est la troisième économie du monde.
08:58Moi, je veux qu'on redevienne la première économie du monde.
09:00Je veux que dans ce pays,
09:01les Françaises et les Français aient les meilleurs salaires au monde
09:04et qu'on ait le plus de ressources publiques
09:08pour payer notre armée, nos hôpitaux, notre éducation,
09:11la transition écologique et tout ce qu'on doit payer dans ce pays.
09:13Et c'est en ça que l'intelligence artificielle
09:15est une énorme opportunité,
09:17mais aussi un risque si on ne le fait pas bien.
09:19Alors, on loue votre optimisme,
09:20mais j'entends d'ici M. Eppelboin
09:22qui va vouloir apporter une contradiction
09:24ou alors être peut-être un peu niancé ?
09:26Une précision sur la Chine.
09:27La Chine a été ruinée avant tout par l'invasion de l'opium
09:30de la part des puissances occidentales
09:31qui a complètement écrasé ce pays pendant un siècle.
09:34Il s'en est sorti de façon catastrophique.
09:37Oui, mais l'opium, ça, c'est arrivé après que la Chine décide
09:39politiquement, pour des raisons que je ne vais pas détailler,
09:41de ne pas faire la révolution industrielle.
09:43Non, non, non, je parle du XVIIIe siècle.
09:45C'est en conséquence de ça.
09:45Non, non, je parle du XVIIIe siècle.
09:46Alors, on ne fait pas un débat historique, mais...
09:47Sinon, je partage complètement son diagnostic.
09:50Effectivement, on a totalement raté la révolution du numérique.
09:53On peut, par exemple, prendre des chiffres
09:55comme le PIB par habitant.
09:56Il y a 20 ans, le PIB par habitant
09:59était tout à fait comparable avec les États-Unis.
10:01Aujourd'hui, le PIB par habitant des Français
10:02est moitié moins que celui des États-Unis.
10:04Donc, on a totalement décroché.
10:05On s'est fait littéralement coloniser par les GAFAM.
10:09Il faudrait peut-être un retour d'expérience
10:11et une analyse de ce qui s'est passé
10:12pour ne pas continuer dans cette voie.
10:15Je vois des signes encourageants de la part de l'Europe
10:17qui prônent l'open source,
10:19ce qui ne veut absolument rien dire,
10:21mais potentiellement peut-être le logiciel libre
10:23si les lobbies des GAFAM arrivent à ne pas fusiller cette loi.
10:27On peut essayer d'être optimiste.
10:29On verra bien ce que ça donnera.
10:31À côté de ça, il faut quand même être réaliste.
10:33Le budget IA des États-Unis
10:36est assez comparable au budget de la France.
10:38de l'État français.
10:39Donc, on est vraiment dans la situation
10:41de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.
10:43La stratégie chinoise pourrait être une alternative.
10:46C'est-à-dire que les Chinois, très concrètement,
10:48sont passés en logiciel libre.
10:49Les logiciels liés à Chinois sont un bien public
10:52qu'on peut installer sur sa propre machine.
10:55Le problème, c'est que ce genre de stratégie
10:57n'est pas à la portée de la France
10:58dans la mesure où, on va dire,
11:00qu'il y a certaines collusions
11:01au niveau des champions français
11:03entre l'appareil d'État et les champions français.
11:05Et donc, comme ça détruirait de facto
11:07les champions français
11:08de typiquement adopter une stratégie chinoise,
11:10ne serait-ce qu'en forquant les IA chinoises
11:12en en faisant notre propre version,
11:13on se retrouve un peu coincés.
11:15On n'a pas les moyens.
11:17Les Chinois avaient le même problème.
11:18Ils ont résolu en faisant de l'IA un bien public.
11:22Concrètement, donc, en 30 secondes ?
11:23Concrètement, on est aujourd'hui
11:25dans une injonction paradoxale.
11:26Donc, d'ici aux élections,
11:27on ne se passera rien.
11:28Après les élections, on verra.
11:31Mais la seule stratégie réaliste
11:32qui s'offre à nous,
11:34c'est la stratégie chinoise.
11:35Paul, il y a un corollaire
11:37et qui concerne justement tous les citoyens.
11:38C'est la peur de perdre son emploi
11:40à cause de l'intelligence artificielle.
11:42Est-ce que l'État,
11:43au-delà de cette ambition,
11:44et Fabrice parle d'une injonction contradictoire
11:46sur un autre sujet,
11:47est-ce que le maintien de l'emploi
11:48va être une garantie ?
11:50Vous allez être vigilant là-dessus ?
11:51Est-ce que vous allez même peut-être compenser
11:52avec de la formation ?
11:54Comment vous soutenez les citoyens
11:55dans ces années à venir ?
11:56En fait, ce qu'il faut bien comprendre,
11:58c'est qu'on sait très bien
12:01comment ça se passe,
12:01ces révolutions technologiques,
12:03parce que ça se passe toujours
12:04de la même façon.
12:05Effectivement,
12:06elles détruisent de l'emploi,
12:07mais elles en recréent généralement
12:09à peu près deux fois plus.
12:11Il y a 30 ans,
12:12avant qu'on ait le numérique,
12:13il y avait un million de dactylos
12:15qui écrivaient à la machine à écrire.
12:17Ces un million d'emplois
12:18ont été détruits,
12:19n'existent plus.
12:20Par contre,
12:21il n'y avait pas,
12:22il y a 30 ans,
12:23un million de développeurs,
12:24un million de livres e-commerce,
12:25tous ces métiers nouveaux
12:27qui ont été créés.
12:28Et donc,
12:28la balance,
12:29elle est positive.
12:30Elle est positive,
12:30mais encore,
12:31faut-il former les dactylos
12:32pour qu'elles ne restent pas
12:33sur le carreau ?
12:33Exactement.
12:34C'est ça le sujet numéro un.
12:35C'est la concurrence
12:36qui peut exister
12:37entre des salariés
12:39qui sont formés aux outils IA
12:40et des salariés
12:41qui ne sont pas formés
12:41aux outils IA.
12:42Et c'est ça le sujet,
12:43de la même façon
12:44que ceux
12:44qui, dans les 30 dernières années,
12:46avaient une difficulté
12:47à utiliser un ordinateur,
12:48avaient plus de difficulté
12:49à accéder à l'emploi
12:50ou à progresser dans leur emploi.
12:51Donc,
12:52la priorité numéro un
12:53sur ce sujet,
12:54c'est de former massivement
12:56les Françaises
12:57et les Français
12:57aux outils IA.
12:59C'est pour ça qu'on propose
13:00avec Gabriel Attal,
13:01de former 20 millions de Français
13:02dans les 3 à 5 prochaines années
13:04aux outils IA.
13:05Il y a une technologie
13:07que tout le monde connaît,
13:08qui est très pratique
13:09pour avoir un emploi
13:09et pour faire plein d'autres choses
13:10à laquelle l'État,
13:12grâce à des politiques publiques
13:14très ambitieuses,
13:14forme l'ensemble des Français.
13:15Ça s'appelle la voiture.
13:17Moi, je pense qu'on doit faire
13:18la même chose.
13:19Qui va payer, Paul ?
13:21Écoutez, il faut qu'on utilise
13:22les budgets de formation professionnelle
13:23qui sont très importants,
13:24pas toujours totalement bien orientés.
13:27Ils sont notamment financés
13:28par les entreprises,
13:29mais aussi par l'État.
13:31Il faut que ce soit
13:31la puissance publique
13:32et les entreprises
13:33qui financent.
13:34Mais ces budgets,
13:35je dirais, existent déjà.
13:36C'est de la réorientation.
13:37Oui, mais quand il y a 2500 euros
13:38par an et par candidat
13:40dans les entreprises
13:40pour former,
13:41est-ce qu'on a les moyens
13:42de former tout le monde ?
13:43Est-ce qu'on va vouloir
13:43former tout le monde ?
13:44Il faut,
13:45il faut le faire.
13:46C'est vraiment un enjeu vital.
13:48Vous allez former les PME.
13:49Il ne faut pas reproduire
13:50les erreurs qu'on a faites
13:51dans ces 30 dernières années
13:52sur la révolution digitale,
13:54numérique, pardon,
13:55où on a laissé des gens
13:56au bord du chemin.
13:57Il y a des gens encore
13:57dans notre pays
13:58qui sont dans l'électronisme
13:5930 ans après l'arrivée
14:00des ordinateurs.
14:01Ça, ce n'est pas possible.
14:03Il ne faut pas se gourer
14:04cette fois-ci.
14:04On doit faire le retour
14:05d'expérience
14:06et donc il faut former massivement.
14:08Il faut que tout le monde
14:09y passe,
14:09mais c'est positif.
14:10La bonne nouvelle
14:11avec l'intelligence artificielle,
14:13c'est que ce n'est pas
14:14devenir chirurgien.
14:15Il n'y a pas besoin
14:15de faire 10 ans d'études
14:16pour comprendre
14:16comment ça marche.
14:17En quelques heures,
14:19les études académiques
14:20le montrent déjà,
14:21en quelques heures,
14:21vous mettez le pied
14:22à l'étrier
14:23des personnes
14:24qui veulent être formées.
14:25C'est relativement
14:26auto-apprenant
14:27parce que quand vous avez
14:27à peu près compris
14:28comment ça marche,
14:29vous posez les questions
14:29à l'IA
14:30et c'est elle qui vous répond
14:31et qui vous explique
14:32comment il faut faire.
14:33Et donc,
14:34en quelques heures,
14:35vous pouvez mettre le pied
14:36à l'étrier
14:37des Françaises et des Français.
14:38Et forcer les patrons
14:39à former leurs collaborateurs.
14:41En fait, il faut qu'on ait
14:41un système,
14:42je pense pour le coup,
14:43national.
14:44Il faut que tout le monde
14:45y participe, bien sûr.
14:46Chacun doit y trouver son rôle.
14:48Mais il faut,
14:49on s'assure,
14:50qu'au moins 20 millions
14:51de Français,
14:52c'est-à-dire quasiment
14:53tous les salariés,
14:55au moins deux tiers
14:55des salariés du privé
14:56et du public,
14:57passent par ces formations-là.
14:59Il faut les embarquer,
15:00les pousser.
15:01Il faut que ce soit positif.
15:03Et donc, je pense
15:04qu'il faut qu'on fasse
15:04un grand plan national
15:05sur ce sujet-là.
15:08Fabrice, Paul Millie
15:09parlait d'une évolution
15:09comparable à celle d'Internet
15:10il y a quelques années.
15:11Pour vous, la rupture,
15:12elle va être beaucoup plus violente ?
15:13Oui, elle va se passer
15:14en quelques années,
15:15là où auparavant,
15:15on était dans l'ordre
15:16de la génération.
15:17Donc, former des dactylos,
15:19au final, on ne l'a pas fait.
15:20On a juste eu le temps
15:21de les voir arriver
15:22à la retraite.
15:24Là, on n'aura pas le temps
15:25de voir une génération entière
15:27arriver à la retraite,
15:27ne serait-ce que parce que
15:28les premières victimes,
15:29c'est la génération
15:30qui arrive sur le marché du travail.
15:32Le premier usage
15:33du tchèque GPT
15:33dans l'entreprise,
15:34c'est de remplacer le stagiaire
15:35et de remplacer
15:36les emplois juniors.
15:38Donc, on va avoir
15:39un problème, effectivement,
15:41de raréfection de l'emploi
15:42qui va commencer
15:43par des gens
15:45qui sont,
15:45qui s'imaginaient
15:46totalement à l'abri
15:47des précédentes disruptions,
15:49la révolution industrielle,
15:51la révolution numérique,
15:51qui ne les avaient pas touchées,
15:53au contraire,
15:53et qui, là,
15:54vont se retrouver
15:55sur le carreau.
15:55Et c'est une génération
15:56qui a fait des études,
15:58qui avait pas mal d'ambitions
16:00en termes de travail,
16:02et qui, très concrètement,
16:04votent dans les extrêmes
16:05aujourd'hui,
16:05plutôt l'extrême gauche,
16:06et qui va se retrouver
16:07sur le carreau.
16:08Donc, on va se retrouver
16:09dans une situation
16:10avec énormément de population
16:13qui a des vraies capacités
16:15à réfléchir,
16:16à s'organiser,
16:17à débattre,
16:18et qui va se retrouver
16:19exclue du marché du travail.
16:20C'est déjà le cas
16:21dans tous les juniors
16:21de toutes les entreprises.
16:22Paul, 30 secondes
16:23pour répondre à la pause.
16:24Franchement, totalement...
16:26Je pense que c'est totalement faux
16:27ce que vous venez de dire.
16:28C'est vérifié par des chiffres.
16:29Et je pense qu'on pourra
16:31mettre les chiffres
16:31derrière les clips YouTube.
16:33Il y a une seule étude
16:33qui a essayé de démontrer,
16:34qui a été après démontée
16:35par pas mal d'économistes.
16:36Donc, ça ne se voit pas
16:37dans les chiffres.
16:38Ça ne s'est jamais vu
16:40dans aucune révolution technologique
16:41depuis le début
16:42de l'humanité.
16:43Il n'y a jamais,
16:45jamais,
16:46jamais eu
16:46de ce qu'on appelle
16:47le chômage technologique.
16:48C'est-à-dire
16:49de hausses de chômage
16:50liées à l'arrivée
16:50d'une nouvelle technologie.
16:51C'est sincèrement,
16:52dans le monde du développement
16:53informatique,
16:54vous pouvez affirmer ça ?
16:55C'est que cette révolution technologique,
16:59c'est plus vite que les autres.
17:00Donc, le besoin de formation,
17:03d'accompagnement,
17:04il est beaucoup plus important
17:05et beaucoup plus rapide.
17:06Il faut qu'il soit
17:07à la hauteur des enjeux.
17:08C'est pour ça que nous,
17:09quand on propose
17:09à Gabriel Attal
17:10de former en 5 ans
17:1120 millions de Français,
17:14ça peut paraître
17:15très important,
17:15mais c'est ce qu'il faut faire
17:17justement pour accompagner
17:20cette révolution-là
17:21et qu'on l'amène,
17:22que les Françaises
17:23et les Françaises
17:24soient les meilleurs salariés
17:27sur l'IA
17:27de toute l'Europe
17:28et du monde entier.
17:29Je pense que ça,
17:29c'est possible.
17:30C'est beaucoup d'efforts,
17:31mais attention à ne pas faire croire
17:33aux Français
17:33qu'ils vont tous être au chômage
17:34dans 3 ans.
17:35Ça, c'est vraiment,
17:36je pense, une bêtise.
17:37Paul Midi,
17:37Fabrice Epelboin,
17:38je vous propose
17:38de marquer une courte pause
17:39et on va continuer
17:40à parler de formation
17:41et notamment des jeunes générations.
17:42Restez avec nous.
17:43L'intelligence artificielle
17:44sur Sud Radio,
17:45ça continue dans quelques instants
17:46et c'est sur
17:47le numérique pour tous.
17:49Sud Radio,
17:50le numérique pour tous,
17:52Vanessa Perez.
17:53Le numérique pour tous,
17:54spéciale intelligence artificielle
17:55et présidentielle,
17:56ça continue.
17:56et j'ai une question justement
17:58sur cette fameuse IA
18:00qui va s'infiltrer
18:01dans la préparation
18:01des élections.
18:02Paul Midi,
18:05on sait qu'on peut influencer
18:06certaines campagnes maintenant
18:07avec une bonne maîtrise
18:09des algorithmes
18:10des plateformes numériques.
18:12Est-ce que ces élections,
18:12alors vous n'allez peut-être
18:13pas nous le dire,
18:14mais dans quelle mesure
18:14on peut être protégé
18:15d'une influence
18:16de l'intelligence artificielle
18:17sur le profiling justement
18:19des messages
18:20que l'on va adresser ?
18:21Alors,
18:22ce qu'il faut bien,
18:23je pense que vous parlez
18:24des réseaux sociaux.
18:24Notamment.
18:26Ce qu'il faut bien comprendre,
18:28c'est que
18:29les forces politiques
18:30dans ce pays
18:31ne peuvent pas utiliser
18:32la publicité
18:33sur les réseaux sociaux
18:34qui est la seule
18:35qui permet
18:36de vraiment cibler
18:37tel ou tel type
18:38de personnes,
18:39tel ou tel type de profession.
18:40Ça, c'est légal
18:40aux Etats-Unis.
18:41Tout à fait.
18:42Donc,
18:42beaucoup d'argent est dépensé
18:43aux Etats-Unis là-dessus.
18:45En France,
18:45c'est illégal
18:46et je pense que c'est
18:47une bonne chose
18:48et donc,
18:48il y a souvent
18:49beaucoup de fantasmes
18:50de certains
18:51mais en fait,
18:52les partis politiques
18:53ne sont pas en capacité
18:54de le faire.
18:54C'est illégal.
18:55Certains peuvent faire
18:56des choses illégales
18:56mais évidemment,
18:58ma force politique,
18:58elle ne fait pas
18:59ce genre de choses.
19:00Ce qu'il faut par contre
19:01bien comprendre,
19:02c'est que
19:04effectivement,
19:05c'est l'algorithme
19:06de TikTok
19:07qui va choisir
19:08les vidéos
19:09et les personnalités
19:10politiques
19:10qui vont être envoyées
19:12auprès de nos enfants.
19:13C'est plutôt des enfants
19:14qui utilisent TikTok
19:15auprès de tous les utilisateurs
19:16français de TikTok.
19:17Ceux qui peuvent voter.
19:17Voilà.
19:18Ceux qui peuvent voter.
19:19Oui, mais voilà.
19:20Bon, les enfants
19:21sont aussi exposés
19:21à ces vidéos-là.
19:24Et cet algorithme,
19:26que ce soit TikTok
19:26ou sur les autres
19:27réseaux sociaux
19:28américains ou chinois,
19:29il ne respecte pas
19:30les règles de pluralisme
19:32que vous,
19:33en tant que radio
19:34ou que les chaînes
19:35de télévision
19:38respectent
19:38parce qu'on leur a
19:39mis l'obligation
19:40dans la loi
19:40depuis 40 ans.
19:42Donc,
19:42est-ce que ces élections
19:43seront biaisées ou pas ?
19:44Eh bien,
19:45de fait,
19:47comme ces réseaux sociaux
19:48sont maintenant
19:48le premier média
19:49d'information
19:50pour les Françaises
19:50et pour les Français
19:51jusqu'à 35 ans,
19:54sur ces médias,
19:55il n'y aura pas,
19:56peut l'imaginer,
19:57le pluralisme
19:58qui est, je pense,
20:00quelque chose d'important
20:00qu'on a à la télévision
20:01ou à la radio.
20:03Donc, moi,
20:03je plaide pour qu'on applique
20:04ces règles de pluralisme
20:05sur les réseaux sociaux,
20:07mais comme on est
20:08à moins d'un an
20:08d'une élection présidentielle
20:09et que dans notre démocratie,
20:11on a cette règle
20:13implicite
20:13de ne pas changer
20:14les règles du jeu
20:15à moins d'un an
20:16avant une élection,
20:18cette règle
20:19ne sera pas changée
20:20d'ici là.
20:20Merci Paul.
20:2130 secondes
20:21pour conclure.
20:23Très rapidement.
20:23Effectivement,
20:24on n'a pas le droit
20:24de faire de la pub politique
20:25mais si des militants
20:26se mettent à le faire,
20:27c'est totalement hors cadre.
20:29Et donc,
20:29si j'ai une armée
20:30de militants
20:31qui font des petits clips
20:32sur Bardella,
20:32Mélenchon,
20:33machin,
20:33pour faire leur promotion,
20:35je vais
20:36pouvoir avoir
20:37un leverage
20:38avec une armée
20:38de militants
20:39et là,
20:39les forces ne sont pas égales.
20:41Et ensuite,
20:42le problème central
20:43que pose l'IA,
20:44c'est l'ultra-personnalisation
20:45du message.
20:46On a vu ça
20:46avec Cambridge Analytica
20:48et là,
20:49il n'y a absolument
20:49aucun garde-fou
20:50dans la campagne actuelle
20:51pour ultra-personnaliser
20:52les messages
20:53grâce à l'IA.
20:54Qui plus est,
20:54il y a un mouvement anti-IA
20:56qui commence à être massif
20:58aussi bien en France
20:59qu'aux Etats-Unis
21:00et qui va s'insérer
21:03dans la campagne
21:03d'une façon ou d'une autre.
21:05On a commencé
21:06à voir poindre
21:07des réactions
21:07avec la campagne
21:08de Sarah Knafo.
21:09Il n'y a aucun doute
21:10que dans la campagne
21:11présidentielle,
21:12l'IA va avoir sa place
21:13dans le côté positif
21:14et dans le côté négatif.
21:15Et il y a clairement
21:16un sentiment néoludite
21:18en France
21:18qui est très très fort.
21:19Paul,
21:1930 secondes pour répondre.
21:20Pour bien préciser,
21:21je répète que
21:22pour ce qui est
21:23des partis politiques,
21:24des campagnes
21:25de notre pays,
21:26c'est interdit
21:27de faire ça.
21:28Et donc,
21:28ça n'est pas faire
21:29la connaissance.
21:29du petit militant
21:31de son coin.
21:31C'est qu'il peut y avoir
21:33des risques
21:34d'ingérence étrangère.
21:35On en a eu
21:36à chaque fois
21:37aux dernières élections
21:38et évidemment
21:38pas que en France.
21:39En Russie peut-être ?
21:39Il y a en partout
21:40aussi le clérus.
21:41Et donc,
21:42il faut être très conscient
21:43de ces ingérences étrangères.
21:45Elles sont là
21:45dans notre quotidien
21:46et dans l'actualité.
21:48Voilà.
21:48Et donc,
21:49il faudra que tout le monde
21:49soit vigilant.
21:50C'est pour ça
21:51qu'on a besoin
21:51de journalistes
21:53dans cette démocratie.
21:55De vrais.
21:56journalistes
21:56qui puissent faire
21:56la différence
21:57entre le vrai
21:58et le faux.
21:59D'où viennent les messages ?
22:00D'où ils sont poussés ?
22:02Avec quels intérêts ?
22:03Et donc,
22:04on a un sujet médiatique
22:05et de financement
22:06de nos médias
22:07dans ce pays.
22:07Je pense qu'il est
22:08le sujet numéro un.
22:09Merci beaucoup
22:10Paul Midy
22:10et Fabrice Eppelbois
22:11pour votre éclairage
22:12et pour la richesse
22:13de ce débat.
22:13Le numérique pour tous,
22:14c'est fini pour aujourd'hui.
22:15Cette semaine encore,
22:16un grand merci
22:17d'interagir avec nous
22:18sur les réseaux sociaux.
22:19Vous êtes de plus en plus nombreux
22:20et on essaie
22:21de répondre à tout le monde.
22:22Il est temps pour moi
22:23de vous souhaiter
22:23une excellente fin de week-end
22:24et de vous dire
22:25à la semaine prochaine.
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