- il y a 4 heures
- #sudradio
Avec Fabrice Chenille, Directeur Rencontre Spatiale Militaire pour la France (AIRBUS), Simon Baillerin, Ingénieur traitement de données Observation de la Terre au CNES
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00:00Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:04Bonjour et bienvenue dans le numérique pour tous, l'émission dédiée à l'innovation et à la tech responsable.
00:08Et aujourd'hui on va parler espace. Et oui, on lève les yeux, certains y voient des étoiles.
00:12Mais l'espace est aussi rempli de satellites, de fusées réutilisables, de drones et aussi de plateformes
00:17qui nous permettent de mieux observer les bouleversements de notre planète.
00:21Alors dans quelle mesure l'espace est-il devenu un levier stratégique incontournable ?
00:25Va-t-il transformer durablement notre quotidien ? Et surtout à qui appartient-il vraiment ?
00:29C'est les questions que nous poserons à nos invités.
00:31Le numérique pour tous, spécial, spatial, nouvelle conquête technologique, c'est tout de suite.
00:35Et c'est sur Sud Radio.
00:37Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:41Et oui, l'espace est devenu un enjeu stratégique majeur, qu'il soit militaire, technologique ou économique.
00:45Et le numérique est désormais au cœur de cette nouvelle bataille orbitale.
00:49Et pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir Fabrice Chenille,
00:53directeur des grands comptes et du développement d'affaires spatiales et défense
00:57chez Airbus Défense Space.
00:59Je l'ai bien dit ?
01:00Oui, c'est à peu près ça.
01:02Merci beaucoup Fabrice.
01:03Alors aujourd'hui, notre vie sur Terre dépend en fait de tout un tas de satellites,
01:07que ce soit pour communiquer, se localiser ou observer.
01:10Dans quelle mesure l'espace est devenu vital sur notre planète Terre ?
01:14Je pense qu'on peut dire que c'est en effet quelque chose qui est à proprement parler vital.
01:20On ne le sait pas assez, mais chaque citoyen aujourd'hui utilise à peu près 40 satellites chaque jour, sans
01:27le savoir.
01:29S'il n'y avait pas de satellites, on ne pourrait pas naviguer dans sa voiture avec son GPS,
01:34parce que le GPS, c'est un signal qui vient des satellites.
01:37On pourrait beaucoup moins facilement communiquer, on aurait beaucoup plus de mal à observer tous les changements qui se produisent
01:47dans le monde entier.
01:50On aurait énormément de mal, je dirais, à fonctionner de manière aussi efficace qu'on peut le faire aujourd'hui.
02:01Un autre exemple, c'est bien évidemment la météo.
02:04Si on a aujourd'hui une météo aussi précise que celle qu'on a à notre disposition aujourd'hui, c
02:08'est grâce aux satellites.
02:09Donc c'est absolument crucial.
02:10Alors ça c'est pour l'aspect civil et l'aspect militaire, on ne peut pas ne pas en parler.
02:14Aujourd'hui, entre les télécoms, l'observation et la surveillance, vous jouez un rôle crucial.
02:19Oui, oui, tout à fait.
02:21Les satellites aujourd'hui sont des actifs, des assets qui vont permettre de démultiplier les capacités des forces militaires.
02:35Et donc en fait, il faut distinguer basiquement deux grandes catégories de missions de satellites.
02:42Vous avez tout d'abord ce qu'on appelle les missions de soutien aux opérations spatiales militaires, sur terre, sur
02:48mer, dans les airs.
02:49Donc on est en train de parler ici de navigation, parce qu'en effet, il faut des satellites de navigation
02:54pour aider les navires,
02:56les avions militaires, les blindés, etc. à pouvoir trouver, enfin à pouvoir naviguer.
03:04C'est des satellites de télécommunication militaire et de connectivité.
03:08Et puis c'est également des satellites de renseignement, notamment des satellites d'observation de la Terre.
03:13On prend beaucoup d'images pour planifier, pour conduire et pour ensuite faire l'évaluation des opérations militaires.
03:23La deuxième catégorie, on va dire, de missions spatiales, c'est tout ce qu'on appelle maintenant le domaine de
03:29la maîtrise de l'espace.
03:31C'est-à-dire notamment la surveillance de l'espace en tant que domaine d'opération, domaine de conflit.
03:38Parce qu'en fait, on ne le sait pas assez, mais aujourd'hui, dans l'espace, il commence à y
03:42avoir des opérations, à proprement parler, militaires, contre des satellites.
03:47Et donc, bien évidemment, il faut surveiller cet environnement-là.
03:50Et il faut également protéger nos satellites critiques contre des intentions et des actions malveillantes qui pourraient venir des adversaires.
04:00D'ailleurs, vous participez à des exercices avec le commandement de l'espace, ce qu'on appelle des wargames internationaux.
04:06Dans quelle mesure ces entraînements, si je puis le dire ainsi, s'inscrivent dans les conflits actuels ?
04:10C'est parce qu'ils sont extrêmement réalistes.
04:14Donc, les scénarios de ces exercices et de ces wargames prennent en compte l'ensemble des menaces potentielles,
04:24l'ensemble des usages des satellites.
04:30Et donc, c'est ce qui permet, en fait, aux opérateurs militaires et aux planificateurs militaires de se préparer aux
04:38conflits d'aujourd'hui et de demain.
04:40Qu'est-ce qu'on vous demande, par exemple, aujourd'hui, en termes d'outils, peut-être, pour alimenter la
04:45connaissance de ce qu'il est en train de se passer sur Terre depuis l'espace ?
04:49Je pense qu'il y a un domaine d'application qui est en plein développement aujourd'hui.
04:52C'est tout ce qui concerne la surveillance de l'espace.
04:55Aujourd'hui, l'espace est un domaine qui est assez congestionné, on va dire.
05:00Il y a beaucoup de satellites en orbite, notamment sur ce qu'on appelle l'orbite basse.
05:06Quelle hauteur, à peu près, pour qu'on se situe ?
05:08C'est entre quelques centaines et quelques milliers de kilomètres d'altitude.
05:12Donc là, c'est là où, en effet, on va retrouver la plupart des grandes constellations, des méga-constellations.
05:18Donc, c'est à la fois un environnement qui est très congestionné en termes de trafic.
05:23Et puis, c'est finalement là où il va y avoir parfois des activités qu'on suppose être potentiellement malveillantes.
05:31Et donc, aujourd'hui, il y a une tendance qui est finalement à essayer de surveiller en permanence ce qui
05:38se passe dans l'espace.
05:40D'une part, pour éviter certains risques, par exemple un risque de collision entre satellites.
05:45Et puis, pour pouvoir anticiper des menaces.
05:48Parce qu'il y a notamment un événement qui a été très médiatisé, qui date un petit peu maintenant, qui
05:55date, je crois, de 2017.
05:56C'était justement un satellite russe qui était venu un peu trop près d'un satellite franco-italien,
06:02d'un satellite militaire de télécommunication franco-italien.
06:05Et donc, voilà. Et donc, ça, c'est des attitudes, des comportements qui sont hostiles, on va dire.
06:15Et donc, les militaires veulent savoir ce qui se passe en permanence dans le domaine spatial.
06:20Et alors, pour mieux comprendre, par exemple, une collision entre, comme vous le dites, deux satellites,
06:25aurait quel impact sur notre Terre, par exemple ?
06:30Tout dépend de l'altitude, exactement, là où se passerait, je dirais, la collision.
06:36Et Simon pourra en dire plus.
06:37Mais clairement, ça rendrait potentiellement toutes les orbites complètement inutilisables.
06:43Par exemple, l'orbite basse.
06:44Il y a une collision qui se passe en orbite basse.
06:46Par exemple, entre 500 et 600 kilomètres d'altitude.
06:50Eh bien, ça veut dire qu'il va y avoir un champ de débris qui va être généré.
06:54Et donc, potentiellement derrière, un effet boule de neige qui va impacter toutes les infrastructures spatiales,
07:01qu'elles soient civiles, militaires, commerciales, etc.
07:06Et ça va être un effet...
07:07Il y a un film qui résume bien ça.
07:10C'est le film...
07:14Collision.
07:15Alors, c'est Collision.
07:16Est-ce que c'est le film Gravity, je crois ?
07:18Probablement, Gravity, tout à fait.
07:19Sandra Bullock, etc.
07:21Qui raconte exactement ce scénario-là.
07:23De débris qui percute d'abord un satellite.
07:26Puis ensuite, ça crée un champ de débris.
07:28Et dont l'impact sur notre Terre, plus de télécom et plus d'infrastructures vitales.
07:31Plus de télécom, plus d'infrastructures, plus de navigation, etc.
07:33Et d'ailleurs, pour rebondir, Fabrice, la société d'Elon Musk, Starlink,
07:37qui est propriétaire de nombreux satellites,
07:38a récemment baissé l'altitude de ces machines.
07:45Quelle est la cause réelle de cette...
07:48Alors, il y a certainement deux causes.
07:50La première, c'est en effet un petit peu l'encombrement de l'orbite
07:55sur laquelle ces satellites étaient positionnés.
07:58Donc, il faut savoir que de manière assez automatique,
08:01ces méga-constellations font des corrections d'orbite quasi quotidiennement
08:05pour éviter, non pas une collision,
08:08mais pour éviter qu'un satellite se rapproche trop près d'un autre satellite.
08:13Et donc, à partir du moment où on augmente véritablement de manière exponentielle
08:17un petit peu le nombre de satellites, ça devient un petit peu compliqué.
08:20D'où l'intérêt de baisser un petit peu l'orbite.
08:23Je pense qu'il y avait surtout aussi un intérêt, je dirais, commercial pour Starlink,
08:28qui était finalement qu'en volant plus bas,
08:30on a plus de capacités de télécommunication disponibles vers les utilisateurs au sol,
08:36une latence, c'est-à-dire en fait un temps de transmission de l'information
08:40entre le sol et le...
08:44Ça passe par le satellite, ensuite ça redescend sur le sol.
08:47Une latence qui est plus faible et donc des performances qui sont meilleures.
08:50Donc, il y avait aussi un intérêt économique à baisser l'attitude de ces satellites.
08:54Dans le modèle toujours de Starlink et même d'Elon Musk plus largement,
08:59on voit qu'il est propriétaire des aspects télécom, satellite et mobilité.
09:02Ça veut dire qu'il a tout le kit spécial surveillance, on va dire, de nos activités ?
09:06Alors, c'est... Aujourd'hui, SpaceX, Elon Musk, c'est un modèle qui est verticalement intégré
09:14entre aujourd'hui les activités de lanceurs,
09:18donc avec des lanceurs qui sont très connus, c'est la famille Falcon
09:23et aujourd'hui ils sont en train de développer le Starship,
09:25qui est un méga lanceur, qui a vraiment une capacité de lancement
09:29qui se chiffre en dizaines de tonnes, même je crois que c'est au-delà de la centaine de tonnes,
09:34de mise en orbite, et d'autre part, des activités d'exploration spatiale,
09:42donc il est très présent sur le programme d'exploration spatiale américain,
09:47et enfin des activités satellitaires, notamment dans le domaine de la connectivité par satellite.
09:54Mais ça veut dire quoi derrière ? Ça veut dire qu'il va maîtriser toute la chaîne de surveillance
09:56de nos activités sur Terre, ou alors il y a d'autres enjeux ?
09:59Alors, il y a certains...
10:03Ce n'est pas encore aujourd'hui aussi clair que ça.
10:06Ce qui est clair aujourd'hui, c'est qu'il y a un risque de domination,
10:11c'est un fait aujourd'hui, il y a une domination de cette constellation Starlink
10:16sur les aspects de connectivité commerciale.
10:19Et donc c'est un risque de monopole qui peut poser un certain nombre de risques.
10:23Et selon vous, alors, ce modèle privé est le modèle d'avenir
10:26où on peut encore en Europe défendre une forme de souveraineté
10:30qui maintient certains droits que nous avons ici sur Terre ?
10:33Alors, oui, tout à fait.
10:35Il y a vraiment de la place pour les différents modèles.
10:39Le modèle commercial, comme l'est typiquement la constellation Starlink
10:44ou la constellation OneWeb de l'opérateur français Eutelsat.
10:48Il y a aussi de la place, bien évidemment,
10:50pour le modèle gouvernemental et institutionnel.
10:54Et d'ailleurs, il faut noter qu'aujourd'hui,
10:58les gouvernements ont aussi une place très très importante
11:01dans l'allocation, par exemple, des fréquences,
11:07des droits d'être lancés à tel endroit en orbite terrestre.
11:13Donc, c'est quand même un domaine qui est très régulé
11:16et les États et les institutions gardent une place très importante.
11:20Fabrice, sur un autre domaine,
11:22on fantasme beaucoup sur la colonisation de Mars.
11:26Elon Musk le premier, mais aussi aller à nouveau sur la Lune.
11:30Alors déjà, pourquoi n'est-on pas revenu sur la Lune depuis 1969 ?
11:33Ma première question, et Mars, c'est quel horizon ?
11:36Alors, pourquoi est-ce qu'on n'est pas revenu sur la Lune ?
11:40Parce qu'en fait, au départ, les missions lunaires,
11:43elles avaient véritablement un objectif scientifique.
11:47Et je pense qu'à l'époque des missions typiquement Apollo,
11:51ces objectifs scientifiques ont été atteints.
11:53Aujourd'hui, on est en train de traiter sans doute d'autres objectifs,
11:56qui sont des objectifs d'exploitation d'une localisation.
12:00Donc la Lune, c'est un endroit dans l'espace
12:03qui devient un endroit stratégique,
12:06y compris pour l'exploration du système solaire.
12:12Et puis, il y a des enjeux économiques et géostratégiques.
12:17Aujourd'hui, si vous écoutez, par exemple, les militaires chinois,
12:22ils vous expliquent que l'orbite lunaire,
12:26c'est comme maîtriser la hauteur d'un champ de bataille.
12:30C'est comme si on était en haut d'une colline
12:32et qu'on voyait l'ensemble du champ de bataille.
12:34Donc c'est un enjeu à la fois stratégique et militaire également qui se joue.
12:38Mars, c'est pour quel ?
12:40Mars, il y aura bien évidemment des missions d'exploration
12:44d'ici une dizaine d'années, ça ne fait absolument aucun doute.
12:47On a déjà envoyé des rovers.
12:49Il y aura vraisemblablement à un moment ou à un autre
12:52des hommes qui fouleront, on va dire, le sol martien.
12:56De là à ce qu'il y ait un projet de colonisation de Mars,
13:00comme par exemple en rêve Elon Musk,
13:03on a beaucoup de temps et je pense que c'est assez irréaliste pour être très honnête.
13:07Merci beaucoup Fabrice Feny pour Airbus.
13:09Restez avec nous, on marque une courte pause et dans un instant,
13:11on ira encore plus loin pour comprendre comment le numérique
13:14est en train de transformer l'espace en infrastructures stratégiques
13:17et mieux appréhender les grands bouleversements de notre planète.
13:20Le numérique pour tous spécial espace, nouvelle conquête technologique,
13:24ça continue dans quelques instants et c'est sur Sud Radio.
13:26Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez.
13:30Et pour poursuivre cette émission spéciale l'espace et numérique,
13:33nous avons le plaisir de recevoir Simon Bayarin,
13:35ingénieur en traitement de données d'observation de la Terre au CNES.
13:40Et avec Simon, nous allons essayer de comprendre comment nos données spatiales
13:43permettent aujourd'hui de mieux surveiller notre planète
13:45et d'anticiper les crises pour prendre les bonnes décisions.
13:48Bonjour Simon, alors pour commencer, l'observation de l'espace,
13:53que change-t-elle dans notre vie quotidienne ?
13:56Oui, bonjour Vanessa.
13:57L'observation de l'espace aujourd'hui, les technologies spatiales,
14:00ce qu'on peut dire c'est qu'elles sont massivement utilisées tous les jours
14:03sans forcément qu'on s'en rende compte.
14:05Donc comme Fabrice le disait, effectivement,
14:07on a le système de positionnement par satellite,
14:10donc Galiléo européen, GPS américain,
14:14qui sont utiles tous les jours pour se repérer,
14:17calculer des trajets pour se rendre au travail,
14:20pour éviter la circulation tout simplement.
14:22C'est aussi des systèmes qui sont utilisés par les avions,
14:25les bateaux, pour naviguer.
14:27Ce qu'on sait peut-être moins,
14:29c'est que c'est aussi des systèmes qui fournissent
14:31un référentiel de temps ultra précis,
14:33qui est très utilisé, par exemple, pour gérer le réseau électrique,
14:37pour synchroniser des systèmes complexes comme la TMT,
14:41voire pour dater les transactions financières.
14:43Donc c'est vraiment utilisé massivement.
14:45Les satellites sont aussi très utilisés pour communiquer,
14:48donc on en a parlé tout à l'heure.
14:50Ils se développent de plus en plus
14:52pour assurer une connectivité Internet globale.
14:56Donc on les utilise de plus en plus sans le savoir.
14:58Et enfin, effectivement,
14:59les satellites sont aussi de fabuleux outils
15:02pour observer la Terre.
15:03Ils sont indispensables, par exemple,
15:06pour prédire la météo à 7, voire 15 jours,
15:09puisque les observations satellites
15:11sont utilisées pour recaler les modèles météo.
15:15Donc un usage du spatial très large
15:18dans la vie de tous les jours,
15:19sans qu'on s'en rende forcément compte.
15:20Alors justement, on va parler des changements climatiques
15:23sur notre planète Terre.
15:24Et vous arrivez vraiment à avoir une maîtrise,
15:26une anticipation de ce qu'il va se passer,
15:28que ce soit les inondations, les tempêtes,
15:30ou même anticiper certains mouvements
15:34qui auront un impact sur l'agriculture et sur l'eau.
15:36Expliquez-nous un petit peu
15:37comment toutes ces catastrophes naturelles,
15:39vous arrivez à les anticiper
15:40et à prédire, en fait, ce qui va se passer.
15:42Alors effectivement,
15:44les données satellites sont très utiles
15:46pour passer aux crises climatiques,
15:48je dirais, aux crises tout court.
15:50Alors, à plusieurs niveaux.
15:52Peut-être d'abord, le premier niveau,
15:54ce qui est important de comprendre,
15:55c'est que ça permet de faire progresser
15:57notre compréhension des phénomènes extrêmes,
16:00et notamment lié au changement climatique,
16:03pourquoi ces phénomènes se produisent.
16:06Donc, grâce aux données satellites,
16:08on a aujourd'hui, je dirais,
16:11une série temporelle de données,
16:12de 40 ans de données disponibles
16:14qui permettent de faire avancer la science
16:16et la connaissance des grands modèles, etc.
16:18Donc, une part importante des indicateurs du GIEC,
16:21le GIEC, c'est le groupe qui s'intéresse,
16:23c'est l'international, qui s'intéresse au climat,
16:25proviennent des données satellites.
16:26Donc, par exemple, la hauteur des mers,
16:28l'élévation de la hauteur des mers,
16:29voilà, aujourd'hui, c'est fourni par les données satellites.
16:31Donc, ça, c'est le premier point.
16:32Et le deuxième point, ensuite, c'est que ces données satellites
16:35nous permettent d'agir efficacement en cas de crise.
16:39Elles nous aident, par exemple, à accélérer, je dirais,
16:43les secours, c'est-à-dire de fournir, en fait,
16:45des images satellites en quasi temps réel
16:48lorsqu'une catastrophe se produit au premier secours.
16:51Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a une charte internationale
16:54qui regroupe pas moins de 17 pays
16:56et qui permet de fournir en quasi temps réel
17:00l'accès à 60 satellites en cas de crise
17:05pour produire des cartes et des images pour les premiers secours.
17:08Donc, ça, c'est très important.
17:10Et sur le plus long terme,
17:12les données satellites nous permettent aussi
17:14d'adapter notre mode de vie,
17:16d'aménager le territoire pour limiter l'impact
17:20des crises climatiques, notamment,
17:23et s'adapter aux changements climatiques.
17:26Donc, l'exemple qu'on pourrait prendre,
17:28c'est la montée des eaux, l'érosion du littoral.
17:31Voilà, tous ces événements-là,
17:33toutes ces informations-là,
17:35les satellites nous permettent d'avoir accès
17:38et d'ainsi aider les décideurs
17:41à prendre de bonnes décisions
17:43et à mieux aménager leur territoire.
17:45– Simon, Fabrice parlait tout à l'heure,
17:47effectivement, des milliers de satellites
17:49qui circulent et notamment de tous ces débris.
17:52J'ai envie de vous demander,
17:53qui surveille l'espace aujourd'hui ?
17:54Est-ce qu'il y a une police de l'espace ?
17:56– Alors, effectivement, aujourd'hui,
17:59on parle d'un développement du spatial
18:03et c'est vrai que le développement du spatial
18:04a tendance un peu à encombrer,
18:06notamment, ce qu'on appelle l'orbite basse,
18:08c'est-à-dire en dessous de 2000 kilomètres.
18:11Donc, aujourd'hui, il y a des systèmes
18:12qui permettent de suivre ce qui se passe
18:15et de référencer, en fait,
18:16tous les satellites qui sont en orbite
18:19et de suivre les satellites
18:20et même les débris de satellites
18:21quand il y a des débris qui restent également en orbite.
18:27Donc, ces systèmes, aujourd'hui, sont très utilisés
18:29et les propriétaires des satellites
18:31surveillent ainsi chacun de leurs satellites
18:34et sont en capacité ainsi d'identifier les risques
18:38de collision quand un satellite va se rapprocher
18:41trop près d'un autre satellite.
18:43Ils sont en capacité de faire ce qu'on appelle
18:44des manœuvres, c'est-à-dire de changer l'orbite
18:47pour éviter la collision.
18:49– Mais est-ce qu'il y a une police de l'espace,
18:51aujourd'hui, qui gère ?
18:53– Non, il n'y a pas de police de l'espace.
18:55Par contre, il y a des lois,
18:57il y a des conventions internationales
18:59et des lois au niveau des États
19:01qui permettent de régir un petit peu,
19:06c'est ce qu'on appelle la loi d'opération spatiale en France,
19:08notamment depuis 2008,
19:09qui permet de réguler les activités spatiales
19:14qui sont menées notamment par les opérateurs français
19:17sur le territoire.
19:19Et aujourd'hui, tout l'enjeu,
19:20c'est que ces lois s'harmonisent au niveau notamment européen.
19:24Donc, il y a un projet européen
19:26de ce qu'on appelle le Space Act
19:28qui doit arriver cette année
19:30de façon à harmoniser, en fait,
19:32toutes ces lois, ce code de la route, je dirais,
19:35ce code de la route du spatial.
19:38Voilà, donc c'est ça.
19:39– Oui, mais Simon, on en parlait tout à l'heure,
19:41mais effectivement, on peut attaquer sur Terre,
19:44on peut avoir des cyberattaques sur nos ordinateurs.
19:46Maintenant, dans l'espace,
19:47on a un nouveau terrain de jeu, on va dire,
19:48avec des attaques, comme il se doit,
19:52entre les différents pays,
19:53avec leurs différents satellites.
19:54Ça, c'est la nouvelle menace
19:55qui est un signal plus que faible ?
19:58– Oui, alors ça, c'est vrai,
19:59on en a parlé tout à l'heure,
20:00on pourrait s'en parler.
20:02Du fait, aujourd'hui, de son intérêt
20:05pour l'ensemble des activités du quotidien,
20:08le spatial devient un terrain de conflit.
20:11Donc, depuis, effectivement, 2020,
20:15il y a eu une certaine évolution,
20:17notamment en France,
20:17avec la création de l'armée de l'air et de l'espace.
20:20C'est-à-dire, l'armée de l'air est devenue
20:21l'armée de l'air et de l'espace,
20:22et la création d'un commandement de l'espace
20:24qui est installé ici, à Toulouse,
20:26juste à côté du CNES.
20:29Effectivement, donc,
20:30les systèmes spatiaux sont utilisés par nos armées,
20:33on l'a dit, pour de la télécommunication,
20:37pour du renseignement,
20:37mais tout l'enjeu aujourd'hui,
20:39c'est plus globalement,
20:40de protéger, en fait, ces assets,
20:43et pour cela, en fait,
20:44de disposer de systèmes
20:46qui protègent ces satellites.
20:48Donc, on travaille actuellement
20:51notamment sur un programme
20:53de petits satellites
20:54qui va démontrer une capacité
20:58dans l'espace,
20:59d'être en capacité de détecter,
21:00d'identifier, de protéger,
21:02et le cas échéant, à terme,
21:04d'agir en orbite.
21:08Simon, pour conclure,
21:09j'ai envie de vous poser une question.
21:10Est-ce qu'on est en train
21:11de reproduire dans l'espace
21:13nos erreurs de pollution ?
21:15Enfin, tout ce que nous avons produit
21:17sur Terre, en fait,
21:17on ne se pose pas la question
21:18et puis on y va un peu à la machette.
21:21Il n'y a pas vraiment de régulation.
21:22Est-ce que c'est le sentiment
21:23que vous avez ?
21:26Non, alors, je ne dirais pas ça.
21:27Je dirais qu'aujourd'hui,
21:29c'est un nouveau terrain
21:30et effectivement,
21:31il y a quand même tout un enjeu
21:34de réguler, en fait, cet espace.
21:37et de mettre en place,
21:39en fait, une régulation,
21:40notamment, je disais,
21:41au niveau européen
21:42avec le European Space Act
21:45pour harmoniser tout cela.
21:47Donc, on en est bien conscients
21:48et on travaille dessus.
21:50Voilà.
21:51Merci beaucoup, Simon Bayrin,
21:53pour le CNES.
21:54Fabrice, j'ai aussi envie
21:55de vous poser cette question.
21:56Est-ce qu'on a appris,
21:57on a tiré un enseignement
21:58de notre comportement sur Terre
21:59pour l'adapter à l'espace
22:00où tout ça est encore
22:01un peu nébuleux ?
22:02C'est en cours.
22:04Alors, quand on dit
22:04c'est en cours,
22:05est-ce qu'on a une vraie
22:06vigilance ?
22:06On ne se pose pas
22:07vraiment le problème ?
22:08On laisse les dommages se faire
22:09et puis on régulera après ?
22:10Je pense que la perspective
22:12dans l'esprit de tout le monde
22:13qui puisse y avoir
22:14à un moment
22:14une collision vraiment dramatique
22:16qui puisse empêcher
22:18d'utiliser la ressource orbitale
22:20et donc de pouvoir
22:22finalement détruire
22:23les satellites
22:23qui nous sont utiles
22:24au quotidien,
22:25c'est une menace
22:26qui est présente
22:27dans l'esprit de tout le monde.
22:28Et ça, ça induit
22:29en effet plusieurs enjeux.
22:31c'est un enjeu
22:32comme le disait
22:33tout à l'heure Simon
22:35de gestion
22:36du trafic spatial.
22:37On en est là aujourd'hui
22:39à parler de gestion
22:40du trafic spatial
22:40comme on parle
22:41de la gestion
22:42du trafic aérien.
22:43La gestion du trafic aérien
22:45elle se fait de manière
22:45absolument transparente
22:47à l'échelle mondiale.
22:48Les avions ne font pas
22:49ce qu'ils veulent, etc.
22:50Et c'est bien ça
22:51qui est en jeu
22:52dans le domaine
22:54spatial.
22:54Le deuxième enjeu
22:57c'est tout ce qui concerne
22:59les activités
23:00qui peuvent générer
23:02des débris.
23:03Notamment,
23:04la majorité des débris
23:06aujourd'hui
23:06qui sont en orbite
23:08sont liés à des tests
23:09de missiles anti-satellites
23:11qui ont été faits
23:12par notamment
23:13les Chinois
23:14et les Russes.
23:15Donc ça typiquement
23:17ce sont des comportements
23:18et des actions
23:19qu'il faut absolument
23:20bannir à l'avenir
23:21de manière à éviter
23:22que ce problème
23:24des débris
23:25ne devienne
23:26vraiment critique
23:28et qu'il y ait
23:29un développement
23:30exponentiel
23:31de ces débris.
23:31Et le troisième enjeu
23:33c'est finalement
23:33la manière
23:34dont on arrive aujourd'hui
23:35à avoir
23:36des systèmes spatiaux
23:37qui sont plus durables
23:38au sens de
23:39que ces satellites-là
23:41ne deviennent pas
23:42des débris
23:43qui restent en orbite
23:44pour l'éternité.
23:45Il faut réfléchir
23:46à désorbiter
23:48plus rapidement
23:48les satellites
23:49en fin de vie.
23:51Voilà,
23:51tous les systèmes
23:52en effet
23:53d'évitement
23:53qui permettent
23:54de mieux gérer
23:56je dirais
23:56ces risques-là.
23:5730 secondes
23:58pour conclure
23:58en tant qu'opérateur
23:59quel rôle jouez-vous
24:01aujourd'hui
24:01s'il est possible
24:02de le dire
24:02dans le conflit
24:03au Moyen-Ou-Proche-Orient ?
24:05Alors aujourd'hui
24:06très clairement
24:08le rôle
24:09que joue
24:11Airbus
24:11Defense and Space
24:12c'est que
24:13nous sommes
24:14fournisseurs
24:14par exemple
24:15d'images
24:16de très très haute
24:17résolution
24:18pour un certain
24:20nombre
24:20de ministères
24:21de la Défense
24:23et donc
24:23bien évidemment
24:24nous fournissons
24:25ces images-là
24:25aujourd'hui
24:26pour les militaires
24:27pour qu'ils puissent
24:27analyser la situation
24:29sur le terrain
24:30et prendre des décisions.
24:31Merci beaucoup
24:32Simon Bayrin
24:32pour l'OCNES
24:33et Fabrice Cheny
24:34pour Airbus
24:35Space and Defense
24:36le numérique pour tous
24:37c'est fini pour aujourd'hui
24:38cette semaine encore
24:39un grand merci à tous
24:40de nous suivre
24:40et continuer à interagir
24:41avec nous
24:42sur les réseaux sociaux
24:43on vous répond
24:44il est temps pour moi
24:45de vous souhaiter
24:45une excellente fin de week-end
24:46et puis de vous dire
24:47à la semaine prochaine
24:48à bientôt