- il y a 5 mois
- #sudradio
Avec Alexandre Stachtchenko, Entrepreneur et spécialiste des sujets relatifs au Bitcoin, Jérémie Rosselli, Directeur Général Franceet Porte-parole N26
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00:00Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:04Bonjour et bienvenue dans le numérique pour tous, l'émission dédiée à l'innovation et à la tech responsable.
00:09Alors si je vous dis inflation, crise bancaire, instabilité économique, et oui nous allons y être dans pas longtemps.
00:15Alors comment protéger son argent en temps de crise dans ce contexte un peu incertain ?
00:19Des questions évidentes se posent, où nos économies sont-elles vraiment en sécurité ?
00:22Et surtout, existent-ils des alternatives ?
00:25Entre bitcoin, banque en ligne et nouveaux usages, c'est ce que nous tenterons de comprendre avec nos invités.
00:30Le numérique pour tous spécial, votre argent en temps de crise, c'est tout de suite et c'est sur
00:33Sud Radio.
00:34Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:38Et pour commencer cette émission spéciale consacrée à la protection de notre argent en temps de crise,
00:42nous avons le plaisir de recevoir un expert des enjeux monétaires liés au numérique.
00:46Il est entrepreneur et spécialiste des cryptos actifs.
00:49Avec nous sur le plateau du numérique pour tous, Alexandre Stachenko, directeur de la stratégie chez Bitstike.
00:55Bonjour Alexandre.
00:56Bonjour Vanessa.
00:57Alors on va rentrer dans le vif du sujet.
01:00Et on va parler de la crise qui se trame et qui s'est tramée autour du détroit d'Hormuz,
01:04qui a concentré quand même pas mal de tensions majeures sur le prix des matières premières et les marchés financiers.
01:09Cette crise, elle dit quoi de notre situation économique à venir et surtout de notre épargne ?
01:14Elle dit que la situation est précaire.
01:16Notre économie et notre épargne dépendent d'un détroit à des milliers de kilomètres de nous.
01:21C'est un point extrêmement important, on l'a dit, de l'économie mondiale.
01:25Il y a un cinquième du pétrole qui passe par là.
01:27Donc tant qu'il est bloqué, évidemment que ça crée une pression, notamment à la hausse sur les prix par
01:32l'inflation.
01:33Et quand l'inflation monte, la conséquence directe pour l'épargne, c'est que si vous ne faites rien de
01:37votre épargne,
01:38elle va être rongée tranquillement, silencieusement.
01:41Vous allez perdre en pouvoir d'achat, notamment si vous laissez sur des comptes votre argent,
01:44des comptes courants, des comptes qui ne rapportent rien.
01:47Et donc c'est en règle générale, dans ce genre de moment, qu'il faut se poser des vraies questions
01:50sur son épargne
01:51et se demander comment faire pour essayer de ne pas se faire grignoter son pouvoir d'achat sur le temps
01:56long.
01:57Donc cette situation précaire au Moyen-Orient, évidemment, elle a une traduction directe dans le portefeuille,
02:01c'est qu'il faut agir sur son épargne.
02:02Si je vous pose la question directement, notre argent est en sécurité à la banque aujourd'hui ?
02:06Alors il faut distinguer plusieurs types de sécurité.
02:08Il y a de la sécurité juridique, sécurité technique, sécurité au sens de la garantie des fonds.
02:15À la banque et dans un certain nombre de livrets, il y a des garanties qui sont accordées par l
02:19'État.
02:20Donc typiquement sur les économies, ça va être jusqu'à 100 000 euros qui sont protégés dans une banque.
02:27Ça peut être jusqu'à 70 000 euros de mémoire sur un certain nombre de livrets.
02:30Donc il y a ce genre de garantie qui existe.
02:33Mais ce n'est pas du tout pareil que la garantie de pouvoir accéder par exemple à ces comptes.
02:37Je prends un exemple tout à fait extrême, mais c'est pour qu'on se situe bien.
02:41Quand on est au Liban, on peut avoir une garantie sur ces livres libanaises.
02:45Si on a perdu 95% et qu'on ne peut pas accéder à son compte bancaire, la garantie, évidemment,
02:49ça nous fait une belle jambe.
02:50À l'inverse, Bitcoin, il n'y a pas de garantie au sens juridique du terme.
02:54Personne n'est là pour garantir le capital lorsqu'on n'épargne en Bitcoin.
02:57En revanche, techniquement, c'est la seule chose pour laquelle il y a une garantie d'autoconservation.
03:02On peut conserver soi-même et ne dépendre d'aucun intermédiaire pour partir, pour contrôler son argent, etc.
03:09Mais justement, dans certains scénarii, on va dire cataclysmiques, on entend parfois dire que les comptes peuvent être bloqués
03:15et qu'on ne peut pas partir avec son argent à l'étranger.
03:17Au-delà de la zone Europe, j'entends.
03:19On n'y est pas encore. Je voudrais quand même rassurer tout le monde.
03:22Mais en revanche, oui, c'est un scénario qui est tout à fait possible, qui existe.
03:25C'est déjà arrivé. Je parlais du Liban, mais c'est déjà arrivé aussi en Europe.
03:29On se rappelle de la Grèce ou de Chypre, qui étaient des endroits où soudainement,
03:33en l'espace de quelques jours, on pouvait retirer plus qu'une certaine somme au distributeur.
03:37Et donc, les Grecs faisaient la queue au distributeur avec une limite maximum, je crois me rappeler, de 50 ou
03:4260 euros.
03:43Et donc, là, on voit très bien dans ce genre de scénario que ça peut basculer du jour au lendemain
03:47dans une situation grave, où on pensait avoir de l'argent à la banque.
03:50La banque nous dit, c'est toujours notre argent, sauf que vous ne pouvez retirer que 50 euros par jour.
03:55Donc, comme je le disais, on n'y est pas encore.
03:57Mais en revanche, ce genre de scénario n'existe pas lorsqu'on possède des bitcoins en auto-détention,
04:00puisqu'on possède ses clés, donc on fait ce qu'on veut avec.
04:03Alors justement, il y a les hyper-experts du bitcoin, il y a ceux qui sont un petit peu plus
04:06éloignés.
04:07En quoi est-ce vraiment différent d'un placement classique ? Est-ce qu'on peut appeler ça un placement
04:11?
04:11Alors un placement, moi je parle d'épargne, je le fais à dessein,
04:14parce qu'effectivement, déjà, premier point, il y a souvent une confusion qui est faite
04:18entre l'ensemble des cryptos et le bitcoin.
04:22À mon sens, les cryptos, ce n'est pas vraiment une classe d'actifs.
04:25Beaucoup de gens font l'erreur.
04:27Dans les cryptos, on va retrouver des blagues, on va retrouver des coins avec une tête de chier dessus,
04:31on va retrouver des projets très intéressants d'un point de vue technique,
04:34on va retrouver des mimes, entre guillemets, des monnaies fiduciaires,
04:38mais sur une autre technologie.
04:39Et puis on va retrouver bitcoin.
04:40Et toutes ces choses-là ne sont pas du tout pareilles.
04:42C'est comme dans les actifs traditionnels, on ne va jamais comparer les actifs
04:46et ensuite mettre dans le même sac de l'or, de l'immobilier et des actions.
04:49Ça ne fonctionne pas comme ça.
04:50Donc déjà, première distinction, c'est qu'on ne parle pas de les cryptos.
04:52Ici, évidemment, je parle de bitcoin.
04:54Moi, je parle d'épargne parce que, en tout cas, c'est comme ça que moi, je le conçois pour
04:58moi-même.
04:58Mais quand j'épargne en bitcoin, je le fais à long terme.
05:01Mon horizon des tensions, c'est plusieurs années.
05:04Dans une certaine mesure, c'est la retraite, que je ne suis pas sûr d'avoir,
05:07mais c'est à titre personnel.
05:09Alors que quand on parle d'autres placements en crypto,
05:12c'est souvent plus de l'investissement, parfois de la spéculation à court terme.
05:15Et la comparaison qu'on peut faire avec les autres placements plus classiques,
05:19c'est que ça va être, alors non pas une assurance au sens juridique du terme,
05:24puisque comme on l'a dit tout à l'heure, il n'y a rien qui garantit.
05:26Mais je vais reprendre les mots de BlackRock là-dessus,
05:29donc le plus gros gestionnaire d'actifs de la planète.
05:30C'est que c'est une forme de protection contre des risques vraiment systémiques,
05:35macro, au niveau monétaire et géopolitique.
05:38Donc il y a une question qui devient,
05:39voilà, c'est pas, est-ce que je vais mettre 10, 20, 50% de mon patrimoine ?
05:44C'est pas ça le sujet.
05:45Le sujet, c'est de s'y mettre à son rythme
05:47et de ne se jamais retrouver dans une situation où on est forcé de vendre.
05:50Mais évidemment, après, la situation personnelle de chacun
05:53va déterminer combien on est prêt à exposer à bitcoin.
05:57Mais d'ailleurs, il y a certains États même qui utilisent le bitcoin
06:00ou d'autres monnaies pour leur gestion au quotidien.
06:03Donc c'est pas si dangereux que ça.
06:06Les deux idées ne sont pas forcément liées.
06:09Mais oui, aujourd'hui, c'est devenu un fait géopolitique.
06:12On peut parler évidemment des États-Unis
06:14où depuis quelques années, il y a la réserve stratégique de bitcoin.
06:17Il y a une réglementation qui se met en place
06:20et qui est plutôt favorable à l'émergence d'une industrie locale.
06:23Il y a énormément de minages de bitcoin aux États-Unis.
06:25Alors le minage, c'est la fabrication entre guillemets.
06:27C'est la fabrication de bitcoin, exactement.
06:29Mais il y en a énormément, notamment au Texas.
06:33Il a été aussi révélé que des acteurs comme la Russie, la Chine
06:36échangeaient déjà, notamment sur leur commerce énergétique en bitcoin.
06:41Et puis le plus récent, on va dire, exemple de cet enjeu géopolitique de bitcoin,
06:46c'est que lorsque l'Iran a annoncé récemment
06:48qu'il fermait le 2-3 d'Ormuz et qu'il prenait un dollar par baril comme péage,
06:52ils en ont dit qu'ils acceptaient en bitcoin.
06:55Alors pourquoi bitcoin ?
06:56Parce que contrairement aux autres systèmes monétaires,
06:58on l'a dit, c'est incensurable.
07:00Donc ça veut dire que l'Iran n'est pas à la merci d'un système monétaire
07:04contrôlé par tel ou tel pays, en l'occurrence les États-Unis,
07:06évidemment dans le cas de l'Iran.
07:09Et donc ça vient prendre une place au niveau géopolitique,
07:11ce qui lui donne ensuite, pour revenir au début de la question,
07:14ce qui lui donne ensuite une crédibilité.
07:16Parce qu'évidemment, à partir du moment où on passe en quelques années
07:20d'une situation dans laquelle les États disent « n'y touchez pas,
07:23ça ne sert à rien, ça finance le terrorisme, c'est nul, il ne faut pas y toucher »,
07:26à « finalement, on s'en sert nous-mêmes parce que ce n'est pas si inutile que ça,
07:30on trouve nos propres cas d'usage et finalement,
07:32on va le rentrer dans notre réserve stratégique et dans nos paiements internationaux »,
07:36c'est sûr que ça enclenche un cercle vertueux de crédibilité et de confiance autour de bitcoin.
07:40Mais ça pose quand même une question, parce que c'est une monnaie numérique,
07:43au même titre que l'euro numérique,
07:44donc ça veut dire qu'on peut savoir exactement,
07:46et j'aime bien vous sourier là-dessus,
07:48mais on peut savoir exactement ce que l'on fait de notre argent.
07:51Alors vous allez me dire « il y a une grande différence ».
07:53Et quelle est cette grande différence ?
07:54Parce qu'il y a quand même ce système de flicage
07:56qui va permettre de connaître notre vie avec toutes nos dépenses et notre activité.
08:02Alors il y a deux concepts qui sont très différents,
08:04il y a celui de la censurabilité,
08:06la capacité à censurer, à empêcher,
08:08et il y a la confidentialité.
08:10Dans le cas de l'euro numérique,
08:12a priori, alors je mets tous les guillemets potentiels,
08:17puisque évidemment ça reste à l'état de projet,
08:19on ne sait toujours pas à quoi ça va ressembler, etc.
08:20Donc c'est très difficile,
08:21mais dans les perspectives que ça ouvre à la Banque Centrale Européenne,
08:26potentiellement on a quelque chose qui est à la fois peu confidentiel,
08:31puisqu'il faut bien quelqu'un pour gérer la tenue de compte derrière,
08:33même si la BCE répète que ce sera confidentiel, ce sera anonyme.
08:37En règle générale, la phrase suivante, elle dit
08:38« mais pour respecter les réglementations anti-blanchiment,
08:40ce ne sera pas anonyme comme le cash, etc. »
08:42Donc on ne sait toujours pas où se positionner.
08:43Mais en plus, s'il y a quelqu'un pour gérer le compte,
08:45on se retrouve dans la même situation que les comptes bancaires,
08:48c'est-à-dire que c'est censurable.
08:49Si jamais il y a un événement extrême,
08:52que la justice demande à arrêter les fonds, etc.,
08:55évidemment que la BCE ne va pas dire
08:56« non, désolé, je n'arrête pas les fonds, elle va censurer. »
08:59Dans le cas de Bitcoin, ce n'est pas exactement pareil.
09:01La confidentialité est présente,
09:04on va dire qu'elle est améliorable, mais elle est présente.
09:06On parle de pseudonyma, donc ce n'est pas anonyme.
09:08On est caché derrière un pseudo quand on utilise Bitcoin.
09:11Mais en revanche, là où c'est moins bien d'un point de vue confidentialité,
09:14c'est qu'on a accès effectivement à toutes les transactions de façon publique.
09:18Donc si quelqu'un arrive à trouver qui se cache derrière un pseudo,
09:21en fait, il a accès à l'intégralité de sa vie financière.
09:23Donc ça, ce n'est pas génial.
09:25C'est pour ça qu'il y a des solutions techniques qui se développent en plus.
09:28Ce n'est pas le lieu d'en parler ici,
09:29mais en gros, on peut utiliser des solutions techniques supplémentaires
09:31pour protéger mieux sa confidentialité.
09:34Mais en revanche, sur la capacité à censurer,
09:36là, Bitcoin, il fait beaucoup mieux.
09:37On ne peut pas censurer Bitcoin, point.
09:39Même si demain, vous êtes un dissident politique,
09:42c'est ce qui se passe beaucoup à l'étranger,
09:44en Afghanistan, en Iran, à Hong Kong, etc.
09:46Les gens utilisent Bitcoin parce que le pouvoir ne peut pas censurer.
09:49Et donc, ce sont deux concepts qui sont différents.
09:52Et on ne peut pas, en tout cas sur l'aspect censurabilité,
09:54qui est vraiment la plus-value numéro un de Bitcoin,
09:58ce n'est absolument pas du tout pareil que l'euro numérique potentiel,
10:02puisqu'on ne sait toujours pas quand est-ce qu'il arrive ni comment.
10:04En même temps, cette crainte n'est pas forcément justifiée,
10:06parce que si on veut avoir accès à votre compte bancaire,
10:08aujourd'hui, de la manière la plus classique,
10:10on a accès à cette information.
10:11Tout à fait.
10:11Donc, pourquoi ce doute, en fait ?
10:13C'est un fantasme, mais qui n'a pas lieu d'être.
10:15Alors, le doute par rapport à ?
10:16Le doute par rapport à l'accès à l'information sur vos dépenses.
10:19Aujourd'hui, avec une banque traditionnelle, on en a accès.
10:22Il s'agit de deux choses différentes.
10:23La première, c'est qu'ici, il ne s'agit pas que d'informations,
10:25il s'agit de censures aussi, donc d'actions sur le compte.
10:28Et deux, c'est qu'aujourd'hui,
10:30la situation actuelle, c'est que des acteurs privés
10:32dans un marché plus ou moins libre
10:34vous permettent de changer de prestataire
10:35si jamais vous n'aimez pas tel ou tel prestataire.
10:38Il y a aussi, théoriquement,
10:39même s'il n'est pas toujours respecté,
10:41un droit au compte en France,
10:42donc on peut choisir de changer d'intermédiaire financier
10:44ou voire de changer de pays.
10:46On peut très bien se bancariser aussi à l'étranger.
10:48À partir du moment où le pouvoir politique,
10:50même si la BCE est censée être indépendante, etc.,
10:53il y a quand même des traités européens qui l'encadrent
10:55et une dimension politique dans son action,
10:57à partir du moment où c'est une autorité publique
11:00qui a visibilité et capacité de censurer.
11:03Là, on change de jeu.
11:03Là, c'est pas exactement la même chose.
11:06Sans aller dans les extrêmes,
11:08la comparaison la plus immédiate,
11:10même si, encore une fois, on n'y est pas encore,
11:11c'est ce qui se passe en Chine.
11:13C'est pas du tout pareil quand on a le pouvoir chinois
11:15qui est en capacité de pousser un yuan numérique
11:17et qui va dire,
11:18vous avez le droit de faire telle et telle dépense.
11:20En revanche, vous n'avez pas le droit de les faire
11:21de telle heure à telle heure
11:22et pas dans tel commerce.
11:23Et si vous ne vous comportez pas bien dans la rue,
11:25désolé, mais je ferme votre compte.
11:26On rentre dans un autre monde.
11:28Et je pense qu'en Europe,
11:30c'est un peu la situation cocasse
11:32par rapport à l'euro numérique.
11:33Personne n'en veut.
11:34C'est-à-dire que les intermédiaires financiers
11:35n'en veulent pas
11:36parce que pour eux,
11:37c'est un risque sur la stabilité financière.
11:39Et évidemment, c'est un risque de fuite des dépôts.
11:41Donc, ils n'aiment pas ça.
11:42Le citoyen n'en veut pas nécessairement
11:43parce qu'il a déjà accès
11:44à des moyens de paiement numériques
11:45qui fonctionnent très bien.
11:47Donc, ça ne sert à rien d'en rajouter un.
11:48Et il y a des risques sur la confidentialité
11:50et des risques politiques.
11:51Et finalement, il ne reste plus que la BCE
11:53qui a envie de le pousser pour
11:54on ne sait pas vraiment quelle raison.
11:57Et donc, on va regarder comment ça se passe.
11:58Mais je pense que ce serait une bonne idée.
12:00On a un débat ce premier semestre
12:02sur la mise en place de l'euro numérique en Europe.
12:03Ce serait intéressant d'avoir un débat public plus large
12:05que ce qui a lieu aujourd'hui.
12:08Alexandre, 30 secondes pour conclure.
12:10Un auditeur à qui vous avez donné envie,
12:13on va dire, d'investir dans des crypto-monnaies.
12:15Par quoi doit-il commencer ?
12:16De manière très raisonnable et raisonnée.
12:18Déjà de distinguer crypto de Bitcoin.
12:20Pour reprendre le propos que j'ai tenu tout à l'heure,
12:22on n'a pas du tout la même démarche
12:24lorsque l'on regarde un actif
12:26comme, je ne sais pas moi, le Dogecoin
12:27parce que le chien est mignon
12:28et qu'on a envie d'acheter quelque chose de collection
12:31que quand on regarde une alternative monétaire.
12:33Donc déjà, c'est de distinguer les deux.
12:35Et ensuite, comme je le disais,
12:36c'est de ne jamais se retrouver dans une situation
12:39où vous êtes forcé de vendre.
12:41Donc, l'approche par rapport à Bitcoin,
12:43c'est une approche de long terme, du quotidien.
12:46C'est comme ça.
12:47Nous, les outils qu'on a designés chez Bitstack,
12:50c'est pour accompagner ça au quotidien,
12:52c'est l'arrondi au quotidien,
12:53c'est les plans récurrents.
12:53Comment on commence ?
12:55Je ne vais pas faire de la publicité pour l'application,
12:58mais il y a une application très simple
12:59qui s'appelle Bitstack qui permet de le faire.
13:01Merci beaucoup, Alexandre Osachenko.
13:02Restez avec nous, on marque une courte pause
13:04avant de se retrouver pour notre émission spéciale
13:06Comment protéger son argent en temps de crise.
13:08Le numérique pour tous, ça continue dans quelques instants
13:10et c'est sur Sud Radio.
13:15Et pour poursuivre cette émission spéciale
13:17consacrée à la protection de notre argent en temps de crise,
13:19nous avons le plaisir d'accueillir un acteur
13:21au cœur de notre quotidien financier
13:22puisqu'il s'agit d'un banquier, on peut le dire ainsi.
13:25Jérémy Rosselli, bonjour.
13:26Vous êtes directeur général de N26.
13:29Merci d'être parmi nous.
13:31Donc, N26, c'est une banque en ligne.
13:34Et effectivement, l'utilisation de la banque
13:36a réellement changé ces dernières années
13:37avec l'arrivée de ce qu'on appelle les néobanques.
13:40Donc, dites-nous comment on consomme la banque aujourd'hui ?
13:42Alors déjà, on ne consomme pas la banque,
13:44on consomme les banques.
13:46Quand on regarde le paysage français,
13:48en fait, les Français,
13:49il y a à peu près 30% des Français
13:51qui ont plusieurs banques.
13:52Donc, ce n'est pas une banque, c'est plusieurs banques.
13:54Et quand on regarde un petit peu plus précisément,
13:56en fait, ces Français, maintenant,
13:57ils ont ouvert des comptes dans des banques en ligne,
13:59dans des néobanques.
14:00Et quand on voit les usages,
14:01les usages sont différents.
14:02On a souvent l'image de la banque traditionnelle
14:04dans laquelle on a le livret A ouvert par ses parents.
14:07Mais aujourd'hui, on a surtout l'usage
14:09des néobanques et des banques en ligne
14:11qui sont là pour le quotidien.
14:13Donc, ce qu'on observe, nous, pour nos clients,
14:15c'est que l'usage de la banque,
14:17c'est surtout pour des dépenses du quotidien,
14:19par exemple, des achats de nourriture,
14:22des achats de transport,
14:23toutes ces choses-là.
14:25Et surtout, on voit aussi une différence
14:26qui est un peu la même différence
14:27qu'on avait à l'époque
14:28où le téléphone portable est arrivé,
14:30où on avait le téléphone fixe
14:32et qui était à la maison,
14:33qu'on utilisait de moins en moins
14:34vis-à-vis du téléphone mobile,
14:36donc la néobanque, finalement,
14:38qui est toujours dans sa poche
14:38et qu'on utilise tous les jours.
14:40Mais j'ai envie de vous demander,
14:40pourquoi aujourd'hui,
14:41on va plutôt dans une néobanque
14:43qu'une banque physique ?
14:44Quels sont les avantages
14:45de l'une comparée à l'autre ?
14:47Alors, d'abord,
14:48le premier avantage,
14:49on ne va pas se mentir,
14:50et c'est très important aujourd'hui,
14:51c'est d'abord les coûts.
14:52Pour vous donner un ordre de grandeur,
14:54aujourd'hui, en France,
14:55un Français paye en moyenne
14:58plus de 200 euros de frais bancaires
15:00dans une banque traditionnelle,
15:01donc ça, c'est quelque chose
15:02qui est extrêmement important.
15:03Là, dans une néobanque
15:04ou dans une banque en ligne,
15:05vous pouvez avoir accès
15:06à un compte entièrement gratuit,
15:08donc ça, c'est la première
15:09vraiment dimension.
15:11Ensuite, vous avez beaucoup d'avantages,
15:12ça fonctionne en temps réel,
15:13donc vous allez voir tout de suite
15:14ce qui se passe sur votre compte,
15:15c'est extrêmement sécurisant,
15:17c'est extrêmement intuitif,
15:19c'est un peu comme si vous aviez
15:20une agence bancaire dans votre poche,
15:21là où vous êtes obligé
15:22de vous lever un samedi matin
15:23pour voir un banquier
15:23qui va vous vendre une SICAV.
15:25Entre 9h et 12h ?
15:26C'est ça.
15:27Alors, juste, on en parlait
15:29avec Alexandre,
15:30mais ce fantasme, effectivement,
15:32d'avoir des avoirs bloqués
15:33si on est dans une banque traditionnelle,
15:35avec vous, c'est la même chose
15:36ou alors il y a une fluidité
15:37qui fait que, même si on part à l'étranger,
15:39on peut se servir de son argent
15:40plus facilement ?
15:41Il y a plusieurs choses.
15:41D'abord, un, je pense
15:42qu'il ne faut pas jouer à se faire peur.
15:44La réalité, c'est que
15:45la réglementation bancaire
15:46est là pour protéger les clients.
15:48Quand on parle, par exemple,
15:49de la Grèce,
15:50où les clients pouvaient partir
15:51entièrement leur argent,
15:52l'idée, c'était surtout
15:53que les banques ne fassent pas faillite
15:55pour que les clients gardent leur argent.
15:56Donc ça, c'est aussi
15:57ça qu'il faut comprendre.
15:59Quand un scénario catastrophe
16:01peut se produire,
16:02la réalité, c'est d'abord
16:03de protéger les clients.
16:05C'est quelque chose
16:05qui est extrêmement improbable,
16:08c'est la réalité.
16:09Et surtout, vous avez toujours
16:10accès à votre argent
16:11la plupart du temps.
16:13Et après, je pense qu'aussi,
16:14il faut préciser,
16:15l'herbe n'est pas toujours
16:16plus verte ailleurs.
16:16On veut prendre son argent
16:17à l'étranger.
16:18La réalité, mon collègue
16:20parlait de Liban, typiquement.
16:21C'est très facile
16:22d'emmener de l'argent là-bas,
16:23mais c'est quasiment impossible
16:24de le ramener.
16:25Donc on pense souvent partir,
16:26mais on oublie que l'herbe,
16:28finalement, n'est pas plus verte ailleurs.
16:29C'est important de le dire.
16:30Mais avec la facilité
16:31dont vous parlez,
16:31on a envie de se demander
16:32si demain,
16:33les banques physiques
16:34continueront à exister,
16:35vu la pléthore de produits
16:36et puis cette agilité
16:38que vous permettez.
16:38C'est une vraie question
16:39qui peut se poser.
16:40Je pense que surtout,
16:41la réalité,
16:41c'est que ça va converger
16:42vers un modèle numérique
16:44qui sera d'ailleurs
16:45à l'avantage des clients
16:46parce qu'on parlait
16:47de se lever le matin
16:48pour voir un conseiller bancaire.
16:50Aujourd'hui,
16:51les néobanques
16:52ou les banques en ligne,
16:53vous pouvez faire
16:53la majorité des opérations
16:54du quotidien,
16:55mais vous êtes quand même
16:56obligé de vous déplacer
16:56dans une agence traditionnelle
16:57pour un crédit immobilier,
16:59par exemple.
16:59Demain,
17:00dans quelques années,
17:01c'est des choses
17:01qui seront parfaitement possibles
17:03depuis votre téléphone mobile
17:04ou depuis chez vous.
17:05Donc physiquement,
17:06finalement,
17:06c'est des choses
17:07qui vont bouger
17:07et on va plutôt se retrouver
17:08vers un modèle
17:09qui sera quasiment digital.
17:10Jérémy,
17:11Alexandre évoquait tout à l'heure
17:12ou exprimer
17:13une forme de scepticisme,
17:14on va le dire comme ça
17:15sur l'euro numérique.
17:17Pour vous,
17:17c'est une évolution logique
17:18de nos systèmes financiers
17:19ou alors un bouleversement
17:20pour une banque comme la vôtre ?
17:22Alors d'abord,
17:22je pense qu'il faut expliquer
17:23ce que c'est que l'euro numérique.
17:24Allons-y,
17:24alors pendant quelques secondes.
17:25L'euro numérique,
17:25c'est simplement des euros,
17:26sauf qu'au lieu d'être
17:27dans votre banque,
17:28ils sont déposés
17:29auprès de la BCE.
17:30Donc c'est concrètement
17:32simplement des euros
17:33que vous allez pouvoir dépenser,
17:34simplement dans l'usage.
17:35Donc là,
17:35on parle vraiment
17:36aux personnes qui nous écoutent,
17:39il n'y aura pas de différence.
17:40C'est simplement,
17:40vous allez devoir,
17:40au lieu de passer par votre banque,
17:41vous allez devoir passer
17:42par ce qu'on appelle
17:42un wallet,
17:43un portefeuille.
17:44Donc l'usage,
17:44en final,
17:45il va presque être plus compliqué.
17:47Pour les banques,
17:48là aussi,
17:48c'est presque un problème
17:50dans la mesure où,
17:51en fait,
17:51c'est des dépôts
17:52qui ne sont plus dans la banque.
17:53Donc qu'est-ce que ça a
17:54comme impact ?
17:55C'est que malheureusement,
17:56pour une banque,
17:57quand vous avez des dépôts,
17:58elle les prête
17:59à d'autres personnes
17:59pour financer l'économie.
18:01Si vous avez moins de dépôts,
18:02malheureusement,
18:02les banques ne vont pas
18:03pouvoir nécessairement
18:03financer plus l'économie.
18:06Donc on voit vraiment
18:07que d'un côté,
18:08il y a un usage
18:09qui n'est pas concret
18:11pour les clients
18:12et de l'autre,
18:13finalement,
18:13quelque chose
18:13qui est compliqué
18:14pour les banques.
18:15Donc oui,
18:16c'est poussé par la BCE.
18:17Pour le moment,
18:17le cas d'usage,
18:18il n'est pas prouvé.
18:19Je rebondis sur le mot concret.
18:20C'est vraiment important
18:21parce qu'aujourd'hui,
18:21effectivement,
18:22un épargnant,
18:22il est rassuré
18:23d'avoir quelque chose
18:24de tangible
18:24et cette évolution
18:28où tout cet argent
18:29va devenir numérique.
18:30Est-ce qu'il y a
18:31quand même des blocages
18:32pour certaines générations ?
18:33C'est compliqué
18:34et certaines générations
18:36peuvent être perdues
18:36sans avoir un conseiller physique
18:38qui leur dit
18:38où mettre leur argent ?
18:39Alors pour préparer l'émission,
18:40j'ai quand même regardé.
18:42On a plus de 90%
18:43de l'usage de l'argent
18:45qui est déjà digital aujourd'hui.
18:47C'est-à-dire qu'on dépense
18:49vraiment en termes juste
18:50d'argent d'espèce
18:51vraiment que très peu de choses.
18:53C'est déjà quelque chose
18:54qui est déjà ancré
18:55dans les usages aujourd'hui
18:56depuis plusieurs décennies
18:58et la réalité,
18:59c'est que,
18:59et j'aime bien
19:00quand on parle
19:01de différentes générations.
19:02Aujourd'hui,
19:02mes parents,
19:03ils regardent Netflix comme nous.
19:04Oui, ça prend un tout petit peu
19:05plus de temps
19:06mais la réalité,
19:07c'est que quand l'usage
19:08est plus simple,
19:08tout le monde l'adopte
19:09et c'est déjà le cas.
19:10Aujourd'hui,
19:11tout le monde utilise
19:11une carte bancaire
19:12et quasiment tout le monde
19:13utilise aussi
19:14une application bancaire.
19:15On parlait de sécurité
19:16qui est quand même
19:16un maître mot
19:17dans le pilotage
19:19de son argent.
19:20Vous allez me dire
19:21non, il n'y a pas de risque
19:22à avoir son argent
19:23mais on voit de plus en plus
19:24de hacking.
19:25Quel est le conseil
19:26vraiment ultime
19:27que vous donneriez
19:28à tous les gens
19:29justement qui pilotent
19:29une application ?
19:31Le vrai conseil
19:32vraiment que je peux partager
19:33parce qu'en l'occurrence
19:34en tant que banquier
19:35on l'observe tous les jours,
19:36ne donnez
19:37ou ne prêtez jamais
19:38des identifiants
19:39de votre compte.
19:40Jamais,
19:40au grand jamais
19:41et jamais la banque
19:42ne vous appellera
19:43pour vous demander
19:43vos identifiants.
19:45Donc vraiment,
19:45le risque il est plutôt humain,
19:47il n'est pas technique.
19:48C'est vraiment de faire attention
19:49d'abord à ce que les clients
19:51ne donnent pas
19:51leurs identifiants,
19:52ça c'est la première chose
19:53et le deuxième
19:53parce que quand même
19:54on va vous donner
19:54un deuxième conseil
19:57il n'y a pas de
19:59si c'est trop beau
20:00pour être vrai
20:00c'est que ce n'est pas vrai.
20:01Donc quand on vous propose
20:02d'investir dans quelque chose
20:04qui va vous rapporter beaucoup
20:05et que vous ne comprenez pas
20:06ne le faites pas.
20:07Il faut appeler quelqu'un
20:08très concrètement
20:09un vrai humain.
20:10Oui et appeler le numéro
20:11que vous avez trouvé
20:12sur internet
20:13pas le numéro de téléphone
20:14qu'on va vous donner
20:15dans un email.
20:16Le numéro du site internet
20:17effectivement
20:17de l'application
20:18de votre marque
20:19ça c'est important
20:19de le rappeler.
20:20Sur une note plus légère
20:22N26 c'est aussi
20:23avant tout
20:23une aventure entrepreneuriale
20:25aujourd'hui créer une banque
20:26ce n'est pas forcément
20:27ce qu'il y a de plus facile
20:27comment tout a commencé
20:29on va dire
20:29sur votre banque
20:30parce que l'histoire
20:31est assez atypique.
20:32Alors tout a commencé
20:32par deux jeunes autrichiens
20:34alors pas dans un garage
20:35mais dans un appartement
20:35pour l'anecdote
20:36qui était au 26 de la rue
20:38donc d'où le nom
20:39de l'application.
20:40Au départ en fait
20:41ils ont créé
20:42une carte pour les parents
20:44qui voulaient donner
20:44de l'argent de poche
20:45et contrôler un petit peu
20:46l'argent de poche
20:46et en fait ils se sont rendus
20:47compte que les parents
20:48gardaient la carte pour eux
20:49parce que justement
20:50ils étaient contents
20:50de pouvoir maîtriser leurs dépenses
20:52avoir des notifications
20:52en temps réel
20:53et là ils se sont rendus compte
20:54qu'en fait il y avait
20:55un challenge qui était
20:55beaucoup plus grand
20:56qui était justement
20:57d'innover dans le monde
20:59de la banque
20:59donc ça c'était il y a 10 ans
21:01dans un petit appartement
21:02où ils étaient obligés
21:02de scier les bureaux
21:04pour que ça rentre
21:04pour faire rentrer les employés
21:0610 ans plus tard
21:07on a 11 millions de clients
21:09en Europe
21:10et ça fonctionne extrêmement bien.
21:12Et bien c'est très inspirant
21:13pour tous les entrepreneurs
21:14qui nous écoutent
21:14merci beaucoup Jérémy Rosselli
21:16pour N26
21:16Alex Tanschenko
21:18pour Bitstack
21:19le numérique pour tous
21:20c'est fini pour aujourd'hui
21:21cette semaine encore
21:21un grand merci à tous
21:23d'être de plus en plus nombreux
21:24à nous suivre sur Youtube
21:26à interagir avec nous
21:27sur les réseaux sociaux
21:27et à télécharger
21:29nos émissions
21:29en podcast
21:30continuez
21:31il est temps pour moi
21:32de vous souhaiter
21:33une excellente fin de week-end
21:34et de vous dire
21:34à la semaine prochaine
21:35et à bientôt
21:36et à bientôt
21:37à bientôt
21:37Merci.