- il y a 4 semaines
Chaque soir, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Mais d'abord cette toute dernière information que nous vous avons appris en fin de journée.
00:03La série de concerts organisée par la France Insoumise Place de la République à Paris dimanche aura bel et bien
00:09lieu de 18h à minuit.
00:10Elle avait été interdite tout d'abord par arrêté préfectoral mais le tribunal administratif de Paris en a décidé autrement
00:16aujourd'hui.
00:17Bonsoir Manon Aubry, vous êtes députée européenne de la France Insoumise, co-présidente du groupe de la gauche au Parlement
00:22européen.
00:23Merci d'être là ce soir pour en discuter avec nous et avec Charles Sapin.
00:26Bonsoir éditorialiste politique au point et Aurore Malval, bonsoir Aurore, grand reporter au service politique de Marianne et avec nous
00:33à distance, Yann Asioma, superviseur du syndicat de police Allianz.
00:38Le tribunal estime donc Manon Aubry que les risques de troubles à l'ordre public invoqué par l'arrêté pour
00:43justifier l'interdiction pas suffisamment justifiée de votre série de concerts,
00:48finalement ces troubles ne sont pas justifiés.
00:51La venue des rappeurs Médine et Sosso Manès notamment, on en reparlera, les deux rappeurs qui posaient problème n'étaient
00:56pas prévus.
00:57Ce soir c'est une victoire pour vous ?
00:58Je crois d'abord que ce soir c'est un énorme camouflet pour le préfet de police de Paris et
01:05derrière manifestement les ordres politiques macronistes qui sont venus de plus haut.
01:11et dans notre pays l'état de droit prévaut et je crois que les raisons invoquées pour interdire cet événement,
01:21cette fête de la musique ont été démontées en main par le tribunal administratif
01:26qui a juste fait primer le droit parce que les raisons invoquées pour interdire cet événement...
01:34J'invite tout le monde à aller lire la décision du tribunal administratif, elle n'est pas très longue et
01:40il justifie le rejet de cet arrêté préfectoral pour trois raisons.
01:45La première, d'abord, cet arrêté était tellement loufoque qu'il mentionnait des personnes, des artistes, je pense à Manès
01:52et à Médine,
01:54qui n'étaient même pas prévus de jouer dans cet événement.
01:57Donc la première des choses, quand vous êtes préfet, apprenez à lire, regardez qui était prévu à notre événement.
02:02Et d'ailleurs, ils disent quand bien même il serait prévu, il n'y a pas de risque de trouble
02:10à l'ordre public.
02:10Ce sont des rappeurs, précisons, qui vous soutiennent régulièrement, qui peuvent apparaître aussi dans des meetings à la fille, dans
02:15sa Médine notamment ?
02:16Qui n'ont jamais été condamnés de quelque manière que ce soit.
02:20Ça, c'est la première raison pour laquelle le tribunal administratif a dévouté le préfet.
02:23Ce sont Nénès, on rappelle qu'il avait dit que tout le monde déteste la police quand il avait chanté
02:26à la fête de l'Huma,
02:26Non, mais il n'a pas été condamné.
02:28Exactement. Vous aviez un documentaire juste avant sur M. Bruel, qui lui est mis en examen pour des faits extrêmement
02:34graves.
02:35Je ne crois pas d'ailleurs que sa tournée ait été supprimée ou annulée d'une manière ou d'une
02:41autre.
02:41Et je pense que les troubles qui causent à l'ordre public sont bien plus importants.
02:45Je termine juste sur la décision administrative parce qu'elle est très importante.
02:48Première raison, non, il n'y a pas de trouble à l'ordre public.
02:51Et en plus, ce sur quoi ça se fondait, c'était loufoque.
02:55Deuxième raison, et je cite, il ne résulte pas de l'instruction que les organisateurs aient été impliqués dans des
03:02violences entre groupes antagonistes de l'ultra-gauche et de l'ultra-droite.
03:06Donc il n'y a aucune raison de penser qu'il y a quelque violence que ce soit.
03:09Et d'ailleurs, la France insoumise n'a jamais été impliquée dans quelque violence que ce soit.
03:13Et troisième raison, sur la sécurisation, le juge confirme que la préfecture a les moyens de sécuriser cette fête de
03:20la musique.
03:20Bref, ce qu'il faut retenir ce soir, c'est que dans un état de droit, toute tentative de censurer
03:26des événements, a fortiori des événements festifs, comme la fête de la musique, n'ont pas leur place.
03:32Et je regrette qu'on doive en arriver là.
03:34Mais je terminerai parce que j'ai envie d'être de bonne humeur, qu'il est vendredi soir, qu'on
03:38est tous écrasés par la chaleur et qu'on va avoir une bête fête de la musique dimanche.
03:40J'ai envie de dire merci au préfet de la police parce qu'il nous a fait une pub incroyable.
03:44Maintenant, il n'y a pas un parisien qui n'aura pas entendu parler de cet événement.
03:50Donc rendez-vous dimanche, place de la République à 18h, vous verrez que ce sera une belle fête.
03:53Alors on y reviendra, c'est ce que disaient certains de la gauche.
03:55Ça a fait un cadeau à la France insoumise, c'était un artiste du Monde qui révélait les coulisses, justement,
04:00de ce qui s'était passé à la majorité à Paris après cette interdiction.
04:04Comment en est-on arrivé là ?
04:05On va regarder, on va récapituler pour ceux qui n'étaient pas au courant, Manon Aubry, cette semaine, il y
04:09a eu ce tweet de Yonatan Arfi, le président du CRIF, qui s'étonnait de la tenue de votre fête
04:14de la musique.
04:14Voici ce qu'il disait, pourquoi laisse-t-on LFI s'approprier la place de la République un soir de
04:18fête de la musique ?
04:19La place de la République est le cœur battant de la fête de la musique.
04:22Pour LFI, la musique n'est pas une fin, c'est un moyen au service d'un agenda politique.
04:27Mercredi soir, donc j'invite tout le monde à lire le tweet de Yonatan Arfi, mercredi soir, la décision d
04:31'interdire est tombée.
04:32Voici comment hier soir, Jean-Luc Mélenchon, lors d'une prise de parole devant ses militants, a réagi. On l
04:36'écoute.
04:37Alors M. Arfi le lundi dit, il me semble que c'est légal, mais est-ce que c'est pertinent
04:45pour la démocratie ?
04:46Nous sommes plus d'un millier d'élus dans ce pays, hein ? Non, ça compte pas. Mais M. Arfi,
04:51ça, ça compte.
04:53Alors l'autre claque des talons et pouf, il interdit. On a alerté la préfecture de police au mois d
05:00'avril et ensuite, on a redemandé à six reprises.
05:04– Évidemment, le juge va nous donner raison, parce qu'on nous reproche des propos tenus par des gens qui
05:11seront même pas là.
05:12– Jean-Luc Mélenchon, qui fait donc, vous venez de l'entendre, le lien entre l'interdiction de la préfecture
05:17et le poste sur X de Yonatan Arfi.
05:20Yonatan Arfi qui lui a répondu, c'était ce matin, sur notre antenne, chez Apolline, de 9 à 10, avant
05:24la levée de l'interdiction de votre série de concerts. Écoutez-le.
05:28– Le concert prévu dimanche soir est posé un problème de principe républicain, parce que je ne veux pas que
05:32la fête de la musique puisse être privatisée
05:35par un parti politique, quel qu'il soit. De considérer que le préfet de police de Paris prendrait ses décisions,
05:42non pas en fonction de la loi,
05:44non pas en fonction de l'intérêt général des Français, mais en fonction d'un tweet du président du CRIF,
05:49c'est un complotisme putride dont Jean-Luc Mélenchon fait preuve
05:54et c'est une accusation grave contre le préfet de police de Paris.
05:57– Non, on brille, il y a un lien évident pour vous à la France insoumise de cause à effet
06:00entre l'interdiction et le poste sur X de Yonatan Arfi, pardon.
06:07– Qui a demandé l'interdiction de cet événement ?
06:10Yonatan Arfi a demandé l'interdiction de cet événement.
06:13Et à la suite de sa demande, manifestement, le préfet a donné suite à sa demande,
06:19y compris en basant de manière, d'un point de vue juridique, de manière complètement loufoque
06:26et absolument pas solide, cet arrêté qui a ensuite été débouté.
06:31Je regrette que le président du CRIF s'en prenne à une fête de la musique.
06:36Je regrette que le président du CRIF…
06:38– S'en prend pas une fête de la musique.
06:39– Il s'en prend un événement militant, c'est-à-dire une fête de la musique.
06:43– Mais vous savez, la fête de la musique, si vous voulez organiser, c'est le principe même de la
06:47fête de la musique,
06:47tel qu'elle a été créée.
06:48– Je ne suis pas un parti politique.
06:49– Tout le monde, mais vous comme d'autres, tout le monde peut organiser un événement de la fête de
06:53la musique.
06:53– Charles Sapon, est-ce qu'il fallait…
06:54– Et d'ailleurs, nous l'avions déjà fait l'an dernier, sans que ça pose de problème,
06:57à qui que ce soit, j'étais présente, c'était au canal Saint-Martin.
07:00– Ça pose un problème de principe républicain, sur la place de la République,
07:04qu'un parti politique organise un concert.
07:06Est-ce qu'il fallait organiser ce concert ?
07:08– Non, mais si vous voulez, en effet, on peut regoter longtemps sur une discussion de justice,
07:12le problème n'est pas tant juridique, il est sociétal.
07:15Pourquoi ? Parce qu'on assiste à la confiscation politique d'un événement festif,
07:19qui a été conçu, imaginé, créé, justement, pour être apartisan.
07:24Alors, je sais que dans la tradition marxiste, tout est politique,
07:26mais là, le problème, c'est que ce détournement d'un événement
07:30qui est fait pour réconcilier les gens, pour qu'il y ait une forme de communion,
07:34le problème, quand on le transforme en moment militant,
07:38qui plus est, sous l'aune de l'antifascisme,
07:42alors, voilà, en sachant que vous avez une conception, quand même,
07:45du fascisme très extensible, c'est-à-dire, c'est tout ce qui est à la droite d'Olivier Faure,
07:47en comprenant Raphaël Glucksmann, ça pose un problème, pourquoi ?
07:51Parce qu'on est à la veille d'une élection présidentielle,
07:56jamais le pays, à la veille d'une élection présidentielle, a été aussi fracturé.
08:00On est face à un événement de polarisation identitaire inédit.
08:05Les antidotes sont très, très rares.
08:07Vous avez des moments de réconciliation qui sont le 14 juillet, le 31 décembre,
08:12j'ose plus dire les victoires sportives,
08:14et la fête de la musique en éteint.
08:16Le problème, c'est qu'à partir du moment où il est accaparé par des partis politiques,
08:19il n'y a plus de réconciliation et de conciliation possible.
08:22Fermez les yeux et imaginez que tous les partis politiques
08:24se mettaient à faire leurs propres concerts à Paris.
08:27On aurait un Paris, un peu comme Berlin en 1945,
08:31avec des zones et des gens qui font quoi ?
08:34En fait, qui ne célèbrent plus la musique ensemble.
08:36Et c'est un vrai problème.
08:38Vous pouvez lire, mais c'est un vrai problème.
08:40C'est hallucinant ce que vous dites, monsieur.
08:42C'est absolument pas hallucinant.
08:44Est-ce que vous êtes d'accord avec Charles Sapin
08:46quand il explique que la France Insoumise, finalement,
08:48a profité de cet événement populaire apolitique
08:51pour le capter et en faire un événement politique ?
08:53Alors, je pense que la France Insoumise fait un événement politique.
08:56D'ailleurs, c'est une bataille culturelle.
08:58Elle s'inscrit, cette manifestation s'inscrit aussi dans ce cadre-là.
09:01C'est un événement festif et militant.
09:03Ceci étant, moi, je ne partage pas tout à fait l'opinion de Charles
09:05sur la fête de la musique.
09:07Tout à fait.
09:08Mais la fête de la musique, pour moi, a quand même été conçue
09:11par le gouvernement de François Mitterrand,
09:14vraiment sous l'égide du Parti Socialiste,
09:16avec un ministre emblématique qui était Jack Lang.
09:19Si on n'est pas de gauche, on ne peut pas participer à la fête de la musique.
09:22Ce n'est pas ce que je dis, mais ça correspondait à un programme politique
09:26porté par la gauche.
09:27Mais je ne suis pas militant, je ne peux pas venir.
09:28C'était un événement qui a été créé avec une empreinte politique.
09:33Ça ne veut pas dire qu'il vise à exclure les autres.
09:35D'ailleurs, a priori, une manifestation antiraciste
09:38ne devrait pas être excluante,
09:39puisque c'est peut-être des valeurs sur lesquelles
09:42qu'il peut faire encore consensus.
09:44Donc, il y a quand même dire que la musique est apolitique,
09:47dire que c'est quelque chose de festif,
09:48où en fait, le politique n'aurait pas du tout sa part,
09:50sachant que même dans ces années-là,
09:52la fête de la musique a été beaucoup accompagnée
09:53par des mouvements tels que SOS Racisme.
09:55Et je pense, Charles, que vous serez d'accord avec moi
09:57pour dire que c'était un mouvement qui faisait aussi de la politique
10:00et qui a imprimé durablement une certaine vision de la politique
10:03sur la gauche française.
10:05Donc, on ne peut pas déconnecter tout.
10:07Et effectivement, c'est aussi pour ça
10:09que le fait de l'interdire
10:12posait tout d'un coup un problème.
10:13Et d'ailleurs, a gêné, on voyait bien,
10:16et c'est aussi là où c'est un coup politique
10:18pour la France insoumise,
10:19parce qu'il y avait un côté un peu
10:20pile je gagne, face tu perds.
10:21C'est-à-dire que l'événement était autorisé,
10:23c'est une victoire pour la France insoumise.
10:25L'événement est interdit, c'est une censure.
10:27Et donc, la France insoumise avait beau jeu
10:30de s'en prévaloir et de dire qu'on cherchait.
10:32Ce qui a d'ailleurs un peu gêné à la mairie de Paris,
10:34tous les élus n'étaient pas d'accord,
10:35tous les élus de la majorité d'Emmanuel Grégoire
10:37n'étaient pas d'accord pour cette interdiction.
10:39Oui, ça a divisé la gauche, on est d'accord.
10:41Ça a divisé la gauche.
10:43Et le parallèle qui a été fait dans un article du Monde
10:46par une source interne d'ailleurs à la mairie de Paris
10:47qui disait,
10:49et si on avait, si Reconquête,
10:52organisé un concert nazi au Trocadéro,
10:56effectivement, ça montre bien l'ambiguïté et la gêne
10:59au sein, en tout cas, des socialistes de la mairie de Paris.
11:02On vous donne la parole tout de suite, Manon Oubry,
11:03mais j'aimerais qu'on aille faire un tour du côté de la région parisienne
11:07pour vous retrouver.
11:07Yvan Ascioma, vous êtes responsable Île-de-France
11:09du syndicat Alliance Police Nationale.
11:11Votre réaction, monsieur Ascioma,
11:13ce soir à la levée d'interdiction
11:14de toute cette série de concerts dimanche ?
11:18Écoutez, bonsoir.
11:19La levée d'interdiction nous concerne peu aux prouves.
11:22Je dirais que ça, c'est une décision administrative qui a eu lieu.
11:25Maintenant, ce qui va nous concerner,
11:27c'est effectivement de prendre en charge,
11:28que mes collègues, la police parisienne,
11:31va prendre en charge la sécurisation,
11:33je dirais le dispositif de sécurité
11:35qui va être mis en place autour de cet événement,
11:38qui va venir en plus de ce qui était,
11:41de ce qui est déjà prévu ailleurs,
11:42notamment comme à la place de la République de la Bastille.
11:46Mais monsieur Ascioma, je voulais...
11:47D'entre autres événements à Paris.
11:49Je vous lis ce qu'a dit le tribunal administratif.
11:51Enfin, il ne résulte pas de l'instruction
11:53que le préfet de police ne serait pas en mesure,
11:54eu égard à la nature, à l'ampleur
11:56et à la localisation des événements des manifestations
11:59prévues le 21 juin,
12:00d'assurer le maintien de l'ordre public
12:02en prenant les mesures de nature
12:03à garantir l'exercice de la liberté de réunion.
12:05Donc, pour le tribunal administratif,
12:07vous avez les moyens de gérer ?
12:09Mais le dispositif n'est pas encore établi.
12:12En fait, je crois que tout le monde était dans l'attente,
12:13justement, de la décision de ce tribunal administratif.
12:16Le dispositif policier de dimanche soir va effectivement
12:19maintenant s'adapter en fonction des événements
12:22qui sont prévus.
12:24Nous, la crainte qu'on a, effectivement,
12:26c'est simplement d'avoir...
12:28J'espère me tromper, hein.
12:31Mais la crainte, c'est qu'effectivement,
12:33encore une fois, il y a des violences
12:35et des gens qui viennent,
12:37place de la République,
12:38pour s'en prendre aux forces de l'ordre.
12:39Parce que, bien évidemment,
12:41que sous-entendu, il y a une connotation politique
12:43de cet événement avec, comme on le sait,
12:47des sous-entendus de violences policières
12:49qui sont générées par la France insoumise.
12:54Donc, la crainte, elle est là.
12:56C'est d'avoir, encore une fois,
12:57une population qui vient se greffer là
13:00et avec des hostilités envers les forces de l'ordre.
13:04Mais justement, Manon Aubry est avec nous sur ce plateau.
13:07Est-ce que vous pouvez rassurer, peut-être,
13:09ce syndicaliste d'Alliance
13:10et lui dire qu'il n'y aura ni débordement dimanche soir,
13:14ni slogan politique anti-police ?
13:17Écoutez, il suffit de voir, pour cela,
13:19je pense, l'historique des événements
13:21organisés par la France insoumise.
13:22Il n'y a pas besoin de remonter très loin.
13:24Il y a à peine de cela deux semaines,
13:26nous organisions un grand rassemblement
13:29sur la place de la mairie de Saint-Denis.
13:32Il y a eu plus de 26 000 personnes,
13:33soit un type d'affluence qu'on peut attendre
13:36pour dimanche pour la fête de la musique.
13:38Ça s'est extrêmement bien passé.
13:40Avec notre service d'ordre,
13:42en bonne collaboration avec les forces de l'ordre.
13:45Et je crois qu'on n'en est pas à notre premier coup d'essai.
13:47On a déjà organisé des événements place de la République.
13:50Ça a été le cas lors des dernières campagnes présidentielles.
13:53Et si vous me le permettez,
13:54je pense que la notion d'ordre public
13:56est ici instrumentalisée.
13:58C'est précisément ce que dit
13:59la décision du tribunal administratif
14:01à des fins politiques.
14:02C'est une forme d'arbre derrière lequel se cacher
14:08pour tenter de censurer un événement.
14:10Et enfin, je voudrais répondre à M. Sapin
14:11pour lui dire
14:13que je crois qu'on ne vit pas dans le même monde.
14:16Oui, la France Insoumise organise une fête populaire.
14:19Et je crois, au fond, que c'est ça qui vous dérange.
14:23Non, mais pourquoi vous faites le soir de la fête de la musique ?
14:25Ce dimanche, parce que c'est précisément la fête de la musique.
14:29Mais c'est une fête populaire en soi, déjà.
14:31Non, on brille, c'est déjà une fête populaire, la fête de la musique.
14:33Dans notre pays, et donc, parce qu'on est un mouvement politique,
14:36il ne serait pas interdit d'organiser des fêtes
14:39à destination des jeunes pour faire de la musique.
14:41Mais vous vous rendez compte de dans quelle...
14:44Je termine ma phrase que je ne vous ai pas interrompue, M. Sapin.
14:48Précisément, à la veille d'une présidentielle,
14:50il doit être possible de pouvoir faire la fête
14:52et pouvoir faire de la politique.
14:54Et je le dis d'autant plus que cette semaine,
14:56je reviens de Strasbourg, où de la même manière,
14:58nous avons organisé un événement, un meeting-concert
15:00que la mairie de Strasbourg a tenté de censurer.
15:03Et de la même manière, nous avons trouvé un lieu alternatif,
15:05nous l'avons organisé dans des très bonnes conditions,
15:07et il y a eu une influence record.
15:08Donc, je veux aussi sonner l'alerte à tous ceux
15:11qui tentent de restreindre les libertés fondamentales.
15:14Je pense que vous perdez à deux niveaux.
15:16D'abord, vous perdez parce que, sur le fond,
15:18vous nous renforcez.
15:19Vous renforcez dimanche, il y aura aussi des gens dans la rue
15:21qui vont être là, pas que pour la musique,
15:23mais pour défendre aussi les libertés fondamentales
15:25en disant, oui, on a le droit d'organiser des fêtes.
15:27Et puis, vous perdez...
15:28Est-ce que vous laisseriez le Rassemblement National
15:30ou Reconquête organiser sa propre fête de la musique ?
15:32Mais ils l'ont déjà fait à plein de reprises
15:34d'organiser des fêtes populaires.
15:34Et vous aviez protesté ?
15:36Moi, je proteste quand il y a des libertés fondamentales
15:40qui sont atteintes.
15:41Donc, quand il y a des manifestations
15:43avec des slogans néo-nazis.
15:45Mais par ailleurs, quand le Rassemblement National
15:47organise, je ne sais pas, ces fêtes de Jeanne d'Arc
15:49ou je ne sais quoi,
15:50personne ne les interdit.
15:51Moi, vous voyez, madame,
15:52le Rassemblement National,
15:53je le combat sur le terrain des idées.
15:55Et j'invite tout le monde,
15:56dans le cadre de cette campagne présidentielle,
15:57à nous combattre sur le terrain des idées
15:59plutôt que sur l'atteinte aux libertés fondamentales.
16:01Parce que sinon, ça va faire glisser notre pays
16:04sur une dérive autocratique qui est extrêmement grave.
16:07Aujourd'hui, on interdit des meetings et des concerts
16:09qui sont organisés par la France Insoumise.
16:11Demain, c'est quoi ?
16:12On va interdire à la France Insoumise d'exister ?
16:14Et je le dis en regardant la caméra droit dans les yeux.
16:18À tous ceux qui pensent qu'ils vont nous affaiblir
16:20de cette manière-là, au contraire,
16:22je pense qu'ils nous renforcent.
16:23Parce que ça démontre la nécessité encore plus forte
16:26d'une grande mobilisation populaire pour l'année 2027
16:29pour défendre nos libertés
16:30et pour tourner la page du Macron.
16:32Est-ce que vous pouvez nous assurer qu'il n'y aura aucun artiste
16:33qui va chanter « Tout le monde déteste la police »
16:35comme Soussou Ménès l'avait fait justement à la fête de l'humanité ?
16:38Vous savez quoi, madame ?
16:39Venez dimanche.
16:40Vous verrez, il y aura une belle fête populaire.
16:41Vous verrez, les gens chanteront, communions.
16:44C'est ça aussi notre pays qui fait France.
16:47La petite différence, par exemple, à l'aubri,
16:48avec une fête populaire,
16:50c'est-à-dire qu'une fête de la musique,
16:51il y a des concerts, il n'y a pas de prise de parole.
16:52Là, on parle d'une fête avec des concerts
16:54et des prises de parole.
16:55On est de fait sur un événement politique
16:57le soir de la fête de la musique.
16:59Mais vous pensez vraiment que la musique
17:00n'est pas politique dans notre pays ?
17:01Vous écoutez les chanteurs,
17:04leurs chansons, le contenu de leurs chansons ?
17:06Oui, il y a des artistes qui souhaitent encore
17:07s'engager dans notre pays.
17:09Et franchement, je vous les saluer
17:11parce que ce n'est pas facile.
17:12Et l'emprise sur le secteur culturel
17:14qu'on voit s'exercer de la part de l'extrême droite,
17:16vous avez peut-être vu, il y a eu mille artistes
17:18qui ont signé une tribune cette semaine,
17:20précisément en disant
17:21« Laissez-nous notre liberté ».
17:22Et c'est aussi pour défendre cette liberté
17:24qu'on organise ce concert ce dimanche.
17:25Quand Sosso Manès avait dit
17:26« Tout le monde déteste la police »
17:27et que ça avait été repris en cœur,
17:28ça avait fait polémique.
17:29Est-ce que vous l'aviez regretté ?
17:30Alors d'abord, ce n'était pas dans un événement
17:31qui a été organisé par la France.
17:32Non, c'était à la fête de l'Huma.
17:33Mais est-ce que vous l'aviez regretté ?
17:34Donc, interrogez les responsables
17:36de la fête de l'Huma.
17:36On l'avait fait à l'époque.
17:38Un événement politique pour le coup.
17:39Est-ce que vous l'aviez regretté ?
17:40Moi, ce n'est pas un slogan,
17:41mais je n'ai pas à regretter
17:42des propos que je n'ai pas tenus.
17:43Non, non, non, mais parce que...
17:44Non, non, non, c'est pas ça ma question.
17:45C'est quand même hallucinant.
17:46Non, ma question est...
17:47C'est une question qui nous sont posée.
17:48Non, ben non, je vous explique mon raisonnement.
17:50Allez-y, je vous en prie.
17:51Il devait venir, selon le préfet de police.
17:53Je ne sais pas comment son nom a été annoncé.
17:54Vous allez certainement me le dire.
17:56Finalement, il n'y a aucune affiche
17:57qui a affiché son nom.
17:58C'est quand même hallucinant.
17:59Il devait venir.
18:00On interdit sur la base de personnes
18:01qui n'ont jamais prévu d'être là.
18:03Mais la France Insoumise,
18:04c'est des rappeurs comme Medine.
18:04Vous étiez avec lui hier
18:06lors d'un rassemblement, bien sûr.
18:07Medine n'est pas non plus prévu dimanche.
18:07Non, il n'est pas prévu.
18:08Mais si un rappeur avec qui
18:09vous aviez des incointances
18:10venait et disait ça,
18:12par exemple, ce dimanche,
18:13tout le monde déteste la police,
18:14est-ce que vous le regretteriez ?
18:15Est-ce que je vous relis
18:16le premier paragraphe
18:17de la décision du tribunal administratif
18:18qui parle de Sosso Manès
18:20et qui dit, en parlant du rappeur
18:21Medine et Sosso Manès,
18:23non seulement ils n'ont pas prévu d'être là
18:24et ensuite, je cite,
18:25d'autre part et en tout état de cause
18:26que le préfet de police
18:28ne justifie pas au regard
18:29des pièces produites au dossier
18:30du risque de troubles matériels
18:32à l'ordre public.
18:32Donc, ce que dit le tribunal administratif,
18:34c'est combien même
18:35ils avaient prévu d'y participer.
18:37Ce que je dis, de nouveau,
18:38n'était pas le cas.
18:39Il faut que le préfet...
18:39Mais alors, comment leur nom
18:40s'est retrouvé là ?
18:41Mais demandez au préfet de police,
18:42je ne sais pas, interrogez-le.
18:43C'est pour ça que je vous dis,
18:45tout est hallucinant dans cette histoire.
18:47On interdit un événement
18:48sur la base de personnes
18:49qui n'ont pas prévu d'être là
18:50et en plus, le tribunal administratif
18:52dit combien même
18:53ils auraient prévu d'être là.
18:54Ça ne pose pas de troubles
18:55à l'ordre public.
18:56Dès lors, l'événement
18:56doit être maintenu.
18:58Donc, on ne devrait même plus
19:01être à discuter là.
19:02Moi, je n'aurais jamais imaginé
19:03qu'en 2026, je sois là
19:05sur un plateau télé
19:06à défendre juste la possibilité
19:07d'organiser une fête
19:08où on va chanter,
19:09on va danser,
19:10on va communier
19:11et juste laisser les gens
19:14faire la fête.
19:15Si j'ai un message
19:15pour ce vendredi soir,
19:16peut-être qu'avec cette chaleur...
19:18Donc, on laisse les slogans,
19:19on laisse n'importe quel slogan.
19:20Mais s'il y a des gens
19:22qui ont des slogans
19:24qui sont racistes,
19:25antisémites,
19:26tout ce que vous voulez,
19:27ça tombe sous le coup de la loi
19:28et ils peuvent être poursuivis
19:29en justice.
19:30Jusqu'à preuve du contraire,
19:31y compris les artistes
19:32qui sont incriminés ici
19:33n'ont jamais été condamnés,
19:34madame.
19:35Je peux vous citer,
19:36en revanche,
19:37d'autres artistes
19:37qui sont poursuivis en justice
19:38pour des faits bien plus graves,
19:39de nouveau,
19:40M. Patrick Bruel
19:41et je n'entends pas
19:42une grande vague
19:43d'annulation
19:44des préfets de police.
19:45Si, si, si,
19:46on en a reçu.
19:46Est-ce que le préfet de police
19:47a décrété l'annulation
19:49de la tournée
19:49de M. Patrick Bruel
19:50parce qu'il est poursuivis
19:51en justice ?
19:51Non, mais les festivals
19:52l'ont fait.
19:53Avec nous encore, pardon.
19:54C'est lui-même
19:54qui l'a annulé.
19:55Yvan Asioma
19:56du syndicat de police
19:57Alliance.
19:57S'il vous plaît,
19:58Yvan Asioma
19:59du syndicat de police
19:59Alliance Nationale,
20:01Cambo de Brégeon rappelle
20:01qu'il y aura pour la police
20:02dans la capitale
20:03plus d'une cinquantaine
20:04de zones à sécuriser
20:05dimanche soir
20:06dans des conditions
20:06pas faciles
20:07en raison de l'affluence
20:07et en raison,
20:08on va en parler
20:09dans quelques minutes,
20:10de cette chaleur.
20:11Est-ce que vous vous dites
20:12que ça sera quand même
20:13compliqué de sécuriser
20:14la place de la République ?
20:16Écoutez, ça va être
20:16encore une fois
20:17pour dimanche soir.
20:18On va rappeler
20:19plus de 1 000 policiers
20:21de la préfecture de police,
20:23notamment de la direction
20:24de la sécurité
20:24et de l'agglomération parisienne.
20:28Plus de 1 000 policiers
20:29qui vont être rappelés
20:30ou décalés.
20:31Ça veut dire qu'encore
20:311 000 policiers
20:32vont avoir
20:33leur dimanche de repos
20:34supprimé
20:35pour assurer la sécurité
20:37de tous les citoyens
20:38qui vont venir
20:39ce soir-là
20:39à la fête de la musique
20:40parce qu'effectivement
20:41comme vous venez de le dire,
20:42il y a tout un tas de sites,
20:43il y a énormément
20:44de sites à Paris
20:45où il va y avoir
20:46des événements.
20:47Donc encore une fois,
20:48bien sûr que le concert
20:50qui va être organisé
20:51à la place de la République
20:51va demander
20:52un effort supplémentaire
20:54dans l'organisation
20:55de l'ensemble
20:56de la sécurisation
20:57de la capitale.
20:59Mais bon,
20:59on a entendu
21:00ce que Mme Aubry a dit
21:01et on va l'apprendre au mot.
21:03Elle nous assure
21:04qu'il n'y aura
21:04aucune violence
21:05ni seulement
21:05anti-police ce soir-là
21:07qu'il n'y aura pas de...
21:09J'espère qu'il n'y aura pas
21:10de police...
21:10C'est ce que nous a dit
21:11effectivement,
21:12c'est ce que nous a dit
21:12ce soir.
21:15On sera là
21:17effectivement lundi
21:18pour le dénoncer
21:18dans le cas contraire.
21:20Évidemment.
21:20Et on vous invitera
21:21pour le dénoncer
21:22dans le cas contraire.
21:22Merci beaucoup.
21:23Merci à vous.
21:23Manon Aubry.
21:24Rendez-vous dimanche.
21:25On a aussi une marche
21:25contre le racisme
21:26à 14h,
21:27place Barbès.
21:28Donc vous aurez
21:28un beau dimanche.
21:29Venez passer votre dimanche
21:29avec la France Insoumise
21:30et faire la fête à la musée.
21:31Ce sera un chouette dimanche.
21:32Merci Manon Aubry.
21:33Merci à vous, Charles Sapin.
21:33Merci à vous.
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