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  • il y a 2 jours
Chaque week-end, Dominique Tenza vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Mais venons-en d'abord au deuxième grand titre de l'actualité de ce vendredi,
00:04le déchaînement de coups d'une violence inouïe qui a conduit à la mort de Louis.
00:09Louis, c'est un adolescent de 17 ans, piégé dans un guet-apens à Narbonne
00:13et roué de coups par une bande de cinq voyous dont trois, comme lui, sont encore mineurs.
00:18Le rappel des faits avec Eléa Morel.
00:22Ce chantier doit devenir une résidence de seniors, mais il est aujourd'hui un lieu de recueillement.
00:27Ici, samedi dernier, Louis, 17 ans, a été retrouvé inanimé suite à un guet-apens d'une rare violence.
00:34Des traces de sang sont encore visibles, des fleurs sont déposées devant le bâtiment.
00:39Le jeune homme est mort de ses blessures ce mardi.
00:42Selon le procureur de Narbonne, il avait déjà été violemment agressé.
00:46Il en ressort des fichiers de police qu'il avait déposé plainte le 11 mai 2026
00:50auprès du commissariat de Narbonne pour des faits mettant en cause d'autres jeunes
00:54sans aucun lien avec les mises en examen.
00:56Louis s'était également rendu dans une gendarmerie du Tarn le 12 juin dernier
01:00pour dénoncer des faits de violence en Réunion qui lui a valu une hospitalisation.
01:05Mais le jeune homme refuse de déposer plainte malgré l'incitation des gendarmes.
01:11Ces images du lynchage filmé vendredi soir par un des agresseurs
01:15et publié sur les réseaux sociaux ont permis aux enquêteurs d'identifier les suspects.
01:20Cinq personnes âgées de 17 à 19 ans ont été mises en examen pour tentative d'assassinat.
01:25Comme Louis, trois d'entre eux vivaient dans un foyer, étaient placés à l'aide sociale à l'enfance
01:30mais dans des structures différentes.
01:32Un des suspects, ce serait même vanté d'avoir lynché le jeune homme à son retour dans son foyer.
01:37Voilà pour ce rappel des faits et pour évoquer justement ce drame
01:41et les réactions qu'il suscite avec nous en plateau ce soir à Belboï.
01:43Bonsoir.
01:44Bonsoir.
01:44Président de l'association Tous Uniques, Tous Unis.
01:46Vous œuvrez notamment pour donner des repères à une partie de la jeunesse
01:50et quand on voit ça aujourd'hui, on se dit que certains en manquent cruellement de repères.
01:54Pour commenter ce triste fait d'actualité, Victor Hérault, bonsoir.
01:58Bonsoir, j'en ai eu la meilleure actuelle.
01:59Laurence Lévy, bonsoir, avocate pénaliste au Barreau de Paris.
02:02Vous nous direz notamment dans un instant ce que risquent ces cinq meurtriers présumés
02:06puisqu'on le rappelle, trois sont encore mineurs.
02:08Et puis Dominique Rizet, bonsoir Dominique d'être avec nous ce soir.
02:12On est frappés, on est frappés par la violence de ces images
02:16que nous avons évidemment décidé de flouter.
02:18Mais ce qui nous sidère, c'est le déchaînement de violence, Dominique.
02:21Moi, je ne suis pas frappé, Dominique.
02:22Vous n'êtes pas frappé ?
02:23Non, je ne suis pas frappé par la violence de ces jeunes parce qu'on en a raconté.
02:26Ces jeunes qui continuent de frapper, Louis qui est à terre, le bouffle.
02:28Qui lui sautent sur la tête, qui le piétinent, qui lui donnent des coups de pied dans la tête.
02:32Non, je ne suis pas frappé parce qu'on en a raconté plusieurs des histoires comme celle-ci.
02:36Ça n'arrive pas régulièrement, mais ça arrive.
02:38C'est arrivé, souvenez-vous, sur la dalle du 15e arrondissement
02:41avec ce jeune de 15 ans qui avait été, je ne me souviens plus son prénom et pardon.
02:45Yuri, je crois.
02:45Comment ?
02:46Yuri.
02:46Yuri, qui avait été, sa mère avait dénoncé l'effet,
02:49qui avait été frappé, piétiné, tabassé par une équipe de jeunes plus nombreuses que ceux-ci.
02:55Mais malheureusement, ça...
02:56Lui, s'en était sorti.
02:57Lui, s'en était sorti, absolument.
02:59Mais malheureusement, ça arrive.
03:00Et c'est la violence quotidienne.
03:02J'ai écouté Abel Bolli sur cette chaîne ce matin sur BFM TV.
03:05C'est la violence quotidienne de certains jeunes dans certains milieux, dans certains endroits.
03:10Et ça pose un vrai problème.
03:12Un vrai problème, bon, à la société qui reste sans voix.
03:15Parce que même si je dis ça ne me surprend pas, je reste quand même sans voix en voyant à
03:19chaque fois ce genre de comportements
03:24et qui sont en plus filmés, filmés et postés sur les réseaux sociaux.
03:30On rappelle que Louis a été lynché en pleine nuit, abandonné, totalement inerte et découvert au petit matin.
03:39C'est-à-dire qu'ils ont eu presque conscience de l'avoir tué et ça ne posait aucun problème.
03:45Ce qui est le plus choquant, à mon avis, c'est une hiérarchie là dans l'effroi,
03:49mais moi ce qui me surprend le plus, c'est ce qu'il y a après l'acte.
03:53Après le passage à tabac, dans les vidéos, on voit ceux qui se filment, ils se filment eux-mêmes,
04:00en train de tirer la langue, en se filmant à côté de lui, alors qu'il a des râles d
04:04'agonie.
04:04C'est insoutenable pour ceux qui n'ont pas vu les images, n'allez pas les voir, c'est insoutenable
04:07à voir.
04:07Il tire la langue devant lui comme s'il le narguait.
04:12On parle d'un jeune homme de 17 ans qui est à ce moment-là quasiment mort.
04:17Ça se voit au moment où il se filme.
04:20L'âge évidemment et des principaux suspects et de la victime,
04:26mais aussi justement ce fait de se filmer et ce fait de poster la vidéo.
04:30Je pense qu'il ne faut pas la voir seulement de la bêtise,
04:34même pas de l'inconscience de se dire on ne va pas se faire attraper,
04:36mais même pas réaliser qu'ils sont en train de publier les preuves en flagrant délice sur les réseaux sociaux.
04:40Je pense qu'il y a là un effet quasiment de mode, quasiment culturel,
04:46de se dire c'est un trophée.
04:48Je me filme et je montre ma victime, je tire la langue, je montre le point.
04:52C'est un trophée que je publie à mes camarades sur les réseaux sociaux.
04:56Là, il y a un effet de mode intéressant.
04:57L'un des suspects d'ailleurs se vante même en revenant dans son foyer d'avoir passé à tabac le
05:02jeune Louis.
05:02On va continuer évidemment d'en parler, mais j'aimerais qu'on aille à Narbonne justement retrouver Adélaïde Malavaux
05:07avec une très forte émotion évidemment qui s'est emparée de la ville depuis quelques jours et depuis ce drame.
05:15Oui, bien sûr, les suspects 5 hommes âgés de 17 à 19 ans ont été mis en examen et écroués
05:21après la mort de Louis XVII en 3 mineurs.
05:24Deux majeurs dont 3 étaient déjà connus de l'ASE, l'aide sociale à l'enfance,
05:28mais aucun n'était placé dans la même structure que la victime.
05:31Leur quasi-judiciaire est vierge de toute condamnation.
05:34Ils ont été mis en examen pour assassinat et placés en détention provisoire.
05:37De son côté, le procureur de Narbonne parle de faits d'une extrême gravité, des faits prémédités,
05:43mais le mobile reste pour le moment inconnu des enquêteurs.
05:46Le parquet retient donc la préméditation et évoque un guet-apens tendu à la victime.
05:51Une scène, vous l'avez dit, filmée, puis largement diffusée sur les réseaux sociaux.
05:55On y voit plusieurs jeunes rouins de coups la victime avant de la laisser inerte au sol.
06:00Le groupe est donc rapidement identifié et les auteurs interpellés.
06:03Ils sont tous les 5 mis en examen pour assassinat.
06:07Merci Adélaïde Malavaux en direct de Narbonne avec Aristide Saadna.
06:11On le disait, Laurence Lévy, que l'un d'entre eux s'était même vanté en rentrant chez lui.
06:16On va parler maintenant de ces jeunes, 3 mineurs, âgés de 16 à 20 ans, 5 suspects.
06:20Qu'est-ce que ça nous dit de ce sentiment d'impunité finalement ?
06:24Oui, c'est un sentiment de toute puissance et c'est ce que vous expliquez à l'instant,
06:28c'est que cette vidéo le démontre encore plus, puisqu'en fait on souhaite montrer son geste.
06:36De ce que j'ai lu également, il avait appelé plusieurs connaissances pour se vanter de ce fait-là.
06:44Et d'ailleurs, une de ces connaissances a été prévenir les policiers qui ont cherché Louis pendant des heures
06:51et il n'a été retrouvé qu'au petit matin.
06:53Par quelqu'un qui venait sur ce chantier finalement, puisqu'il avait été abandonné.
06:56Exactement, puisque les services de secours, de police et de secours ne l'ont pas trouvé alors qu'ils ratissaient
07:01le quartier.
07:02Et donc oui, il y a un sentiment de toute puissance sur des jeunes hommes, entre 16 et 20 ans.
07:10On est quand même sur une adolescence un petit peu avancée.
07:14À Belle Boye, vous travaillez régulièrement avec ces jeunes, pas avec eux, mais avec une partie de la jeunesse justement,
07:19on le disait, en manque de repères parfois.
07:21Ça vous surprend ? Ou alors, malheureusement, un peu comme Dominique Rizet, vous dites
07:26« Non, ça ne me surprend pas de voir ce déchaînement de violence et ces jeunes qui continuent de piétiner
07:31quelqu'un qui ne bouge plus. »
07:32Malheureusement, je ne suis pas surpris.
07:34Je ne dis pas qu'il faut s'y habituer, mais il faut vraiment le réaliser.
07:37Vous avez des jeunes qui grandissent dans la violence, pour la violence, au travers de la violence.
07:42Et ensuite, vous avez une mauvaise utilisation des réseaux sociaux avec des jeunes qui s'exposent à du contenu qui
07:48montre de la violence physique,
07:50sexuelle, le rapport à l'argent facile, le trafic de drogue.
07:53Vous avez beaucoup de vidéos aussi d'enfants qui tabassent leurs parents aussi.
07:57Ça fait légion.
07:58Et je vais rester poli pour ne pas dire l'ampleur des contenus que je découvre tous les jours.
08:01Et ce qui est terrible, lorsqu'on a affaire à des jeunes comme ça, dans l'extrême, qui atteignent ce
08:05niveau de barbarie,
08:06parce qu'il ne faut pas avoir peur de ces termes, c'est que ça nous enferme quelque part dans
08:10un cycle mortifère.
08:11C'est-à-dire indignation, marche blanche, plus jamais ça, discours de cow-boy politique, et on recommence au prochain
08:18drame.
08:18Et comme vous voyez, c'est toujours la même chose.
08:20Il faut que l'on puisse réaliser que ça existe.
08:22Tous les jours, il y a des rixes, par exemple.
08:24Il y a quelques semaines, je suis intervenu dans un collège, des classes de sixièmes.
08:27J'ai des mômes en sixième qui étaient déjà en deuil parce qu'ils avaient perdu des potes à eux
08:32qui étaient morts de coups de couteau dans des rixes,
08:34à 11 ans, en train de pleurer dans mon atelier.
08:37C'est ça, la réalité.
08:38Alors, bien entendu, ce n'est pas la majorité des jeunes encore heureux,
08:42mais cette minorité délinquante qui est de plus en plus bruyante, elle est vraiment à prendre au sérieux.
08:47Parce que leur exemple, c'est quoi ?
08:49Très longtemps, on a considéré que c'était une petite délinquance de jeunesse en jogging.
08:54Les cartels mexicains, les cartels colombiens, les cartels sud-américains,
08:59des vidéos qui pullulent sur les réseaux sociaux où on filme, comment on exécute des gens,
09:03comment on enterre des gens vivants.
09:05Et ils voient que ces trophées qui sont exhibés,
09:08quelque part, ça peut peut-être leur donner une image de dur avec tous les mouvements masculinistes.
09:13Et effectivement, comme vous l'avez dit, eux-mêmes, par mimétisme,
09:16veulent reproduire cette violence et afficher leurs trophées.
09:19– Mais vous le disiez tout à l'heure, ils s'affichaient complètement sur les réseaux sociaux,
09:23visage non flouté.
09:24– Bien sûr.
09:24– Évidemment, leur visage circule sur les réseaux sociaux et on ressort des vidéos qui leur appartiennent.
09:28On voit qu'il y a une mise en scène de cette violence quotidienne.
09:31– Bien sûr.
09:31– Et vous voyez, en écoutant avec Bolli qui parle des cow-boys politiques,
09:35du discours des cow-boys politiques.
09:38– On va oublier en réaction politique, justement.
09:40– Je suis à 200% à vos côtés, mais en France, on a une culture de l'excuse.
09:43D'ailleurs, on a quelque chose dans notre droit, parce qu'on est une démocratie,
09:46on est encore une fois une société hautement évoluée,
09:48et on ne doit pas changer.
09:50On ne doit pas aller vers le bas, on doit aller vers le haut.
09:52Et donc, on a une culture de l'excuse, et d'ailleurs, on parle d'excuse de minorité.
09:56Et vous en parlerez, Maître Lévy, bien mieux que moi.
09:59L'excuse de minorité, ça veut dire que quelqu'un qui est jeune et qui a commis un crime,
10:04là, on parlera même d'un assassinat, puisque visiblement, c'était prémédité.
10:08Je m'avance peut-être un peu, mais on a emmené ce jeune, on lui a tendu un guet-apens,
10:12et c'est ce qu'on nous dit, ce qu'on sait déjà, pour l'emmener dans cette usine,
10:16là où il a été battu à mort.
10:17Donc, ce serait un assassinat et plus un meurtre.
10:20Mais les peines maximales encourues sont divisées par deux,
10:22parce qu'il y a une excuse de minorité.
10:24Et à un moment, il va falloir cesser d'excuser.
10:27Est-ce que quand on a 17 ans, oui, on est mineur, mais on est excusable comme un mineur
10:34qui aura une peine qui sera diminuée de moitié ?
10:36Ou est-ce qu'on considère que cette personne de 17 ans, c'est un jeune adulte,
10:40mais c'est déjà un adulte, plus encore un mineur ?
10:42Vous voyez, on est sur un créneau qui est vraiment très particulier,
10:45et on décide de cogner et de cogner fort.
10:47Alors justement, Maître, ils ont 16 à 20 ans, 300 mineurs.
10:52Que risque-t-il ?
10:54Dominique le disait, ça ressemble à un assassinat,
10:57puisque c'était, semble-t-il, prémédité.
10:59Que risque-t-il s'ils sont condamnés ?
11:02Le procureur avait d'abord parlé d'une tentative d'assassinat,
11:05puisque Louis n'avait pas encore été découvert.
11:07Aujourd'hui, il est décédé, donc ça va être un assassinat,
11:10en considérant évidemment que les éléments de la préméditation peuvent être retenus.
11:14et ce que disait Dominique tout à fait, c'est cette excuse de minorité
11:18qui peut ou ne pas être retenue par les magistrats.
11:21Donc, il va y avoir une difficulté, c'est que 3 sont mineurs et l'un est majeur.
11:27Et que risque-t-il ?
11:30L'assassinat pour les majeurs, c'est 30 ans, en général.
11:33Donc, s'il y a une excuse de minorité, ça peut aller jusqu'à 15 ans.
11:36Encore une fois, faut-il que ça soit retenu par les magistrats.
11:4015 ans, oui.
11:4115 ans, ça veut dire 10-12 ans effectifs.
11:43Oui, même un peu moins, actuellement avec les remises de peine.
11:468 ans.
11:47Mais encore faut-il que ça soit retenu.
11:48Et je pense qu'on ne connaît pas le dossier, on n'a pas les éléments,
11:52mais encore faut-il que les magistrats se penchent sur cette question,
11:55à savoir ce qu'il s'est passé et si cette excuse peut être retenue ou pas.
11:59Et maître, ils sont 5, ils auront au moins 5 avocats,
12:02peut-être 2 avocats chacun, 10 avocats,
12:04et puis on va se retrouver dans une situation qui peut ressembler à ce qui s'est passé à Crépole,
12:08où tout le monde est identifié, tous ceux qui sont sur place,
12:12mais personne n'a donné le coup mortel.
12:14Donc, on discute.
12:16C'est semble-t-il déjà ce qui se passe dans les déclarations des uns et des autres ?
12:20Mais bien sûr, on sait bien que chacun va dire, Dominique, chacun va dire,
12:22c'est pas moi, oui, moi j'ai frappé, je reconnais que j'ai frappé,
12:24mais le coup mortel, d'ailleurs, on ne va peut-être même pas savoir qui l'a donné.
12:26Et il y en a un qui dira qu'il n'a que filmé.
12:28Il y en a qui aura des complicités, celui qui a filmé, il n'a pas frappé, peut-être ?
12:33Je n'ai pas regardé la vidéo, je n'ai pas voulu la regarder volontairement.
12:38Il me semble, en revanche, que des échos que j'ai pu avoir de cette vidéo,
12:42on voit véritablement plusieurs personnes porter des coups,
12:46mais l'un avait l'air de porter des coups de pied et des coups de poing au visage,
12:52qui pourraient être ceux qui ont engendré la mort ou pas,
12:54ou de toute façon, ça ne change rien, puisqu'ils sont tous ensemble.
12:57Donc, quels que soient les coups qui ont été portés, chacun aura une responsabilité.
13:02Et cette vidéo, ce sera peut-être le seul côté positif de cette vidéo,
13:07c'est qu'elle pourra peut-être apporter notamment des éléments.
13:10On ne pourra pas forcément dire, ah oui, mais ils sont en réunion, Dominique.
13:14Donc, chacun va avoir, on ne peut pas se réfugier en disant,
13:18ce n'est pas forcément moi qui ai porté ce coup,
13:20ou moi, j'ai juste donné un petit coup.
13:22Non, tout le monde aura porté des coups et la responsabilité.
13:24Pardon, Laurence, pardon Dominique, mais juste une dernière chose.
13:26Et les peines peuvent être différentes pour les uns et pour les autres.
13:31Pour moi, elles seront identiques.
13:33Elles peuvent être différentes.
13:34Une forme de solidarité, en tout cas, dans les peines.
13:36Forcément, à moins d'un an de l'élection présidentielle,
13:38cette affaire, vous l'imaginez, elle fait beaucoup réagir les politiques.
13:42Regardez, on a pris quelques réactions.
13:44Louis est le symbole d'un pays à la dérive.
13:47Ça, c'est ce que dit aujourd'hui Jordan Bardella,
13:50le symbole d'un pays à la dérive.
13:52Voilà ce que dit Gabriel Attal, qui lui appelle à un choc d'autorité.
13:55Les larmes et les mots ne suffisent pas.
13:57Un choc d'autorité, donc, pour l'ancien Premier ministre.
14:00Et puis, autre réaction, celle de Bruno Retailleau,
14:02le patron DLR, candidat également à la présidentielle.
14:05Il y a un an, nous avions fait voter une loi
14:07pour renforcer la justice des mineurs.
14:08Le Conseil constitutionnel en a censuré plusieurs dispositions essentielles.
14:11Quand les règles ne permettent plus de protéger,
14:13elles doivent être changées.
14:15Je veux redonner la parole par référendum aux Français
14:17pour durcir notre justice pénale.
14:19Victor Hérault, est-ce que les responsables politiques
14:23répondent là à une attente des Français, selon vous ?
14:25Ou alors, est-ce qu'ils sont déjà dans la préparation de la présidentielle
14:29et dans un programme présidentiel ?
14:31Les deux.
14:32Alors, l'avantage, puisque en politique,
14:34on pourrait dire que tout est récupération,
14:35mais l'avantage d'une campagne présidentielle,
14:37c'est de s'accaparer tous ces sujets-là
14:40et de les mettre au cœur de la table
14:40et que chacun puisse apporter ses propositions.
14:43Bon, la grande question, c'est est-ce que les propositions
14:45seront suivies d'actes, d'effets ?
14:47Ce que soulève Bruno Retailleau est assez intéressant
14:49puisque ça va encore plus loin, c'est de dire
14:51même si le politique arrive, par sa volonté,
14:53par ses actions, quelque part, à pondre un texte,
14:56il se peut que le Conseil constitutionnel derrière
14:58ou d'autres instances, qui peuvent être européennes également,
15:02censure ce texte avec les ciseaux d'Anastasie
15:03et qu'on se retrouve avec une mesure règle
15:05qui ne sert finalement pas à grand-chose.
15:07D'où le recours au référendum.
15:08D'où le recours au référendum.
15:09C'est quelque chose que je trouve là-dessus
15:13assez, comment dire, perfide
15:14et il faudrait qu'il y ait un vrai débat éclairé
15:16sur cette question-là, sans aucun populisme,
15:18mais il faudrait qu'il y ait un débat éclairé
15:19sur l'action du Conseil constitutionnel dans ce sens-là.
15:21Parce que si le Conseil constitutionnel
15:23et la Constitution sont considérés
15:24comme des choses immuables,
15:25mais qu'ils ne sont pas là pour soutenir,
15:27pour être le socle d'une volonté populaire,
15:29mais pour être un obstacle à des mesures politiques
15:31pour répondre à des attentes populaires,
15:33là on est face à un conflit juridique
15:35et je dirais même politique,
15:36voire, comment dire, républicain,
15:38assez grave, c'est-à-dire qu'il y aurait
15:40une défiance agrandie,
15:41si elle ne l'est pas déjà,
15:43entre les citoyens
15:44et la Constitution qui fonde notre République.
15:46Ça, ça peut être quelque chose de très dangereux.
15:49Le référendum pourrait être un moyen, justement,
15:50de contourner ce Conseil constitutionnel
15:52puisque le peuple aurait le fin mot sur cette histoire.
15:55Encore faudrait-il,
15:55c'est la difficulté avec le référendum,
15:56poser une question très précise,
15:58est-ce que ça peut rentrer dans le cadre
16:00de l'article 11
16:03qui encadre le référendum ?
16:04Tout ça, c'est des questions très juridiques
16:07qui peuvent aussi encore brouiller le débat.
16:08Est-ce qu'il faut durcir ou pas
16:10la justice des mineurs ?
16:12Moi, je pense qu'il faut faire attention
16:14à la fausse bonne idée,
16:15surtout à l'approche des élections présidentielles.
16:17Le problème de l'arsenal législatif en France,
16:19ce n'est pas qu'il soit incomplet,
16:21c'est qu'il n'est pas appliqué à 100%.
16:23Et c'est pour ça que,
16:24dès qu'un politique est élu,
16:26il pond une nouvelle loi pour dire
16:27« regardez ce que j'ai fait »
16:29sans s'assurer que le potentiel de l'arsenal
16:31déjà en place est utilisé à 100%.
16:33Mais effectivement, il faut durcir.
16:34Moi, je pense qu'une personne doit être jugée
16:36au prorata de la gravité de son acte.
16:39Parce que sinon, c'est injuste pour qui ?
16:41Déjà, pour les victimes, premièrement.
16:43Mais c'est injuste aussi pour tous ces jeunes
16:46qui grandissent dans les mêmes difficultés,
16:48qui habitent des fois dans les mêmes territoires difficiles,
16:50mais qui se comportent bien.
16:52Et qui se retrouvent stigmatisés
16:54parce qu'ils ont le malheur de s'habiller en jogging,
16:57d'habiter dans une cité,
16:58d'habiter dans une campagne reculée.
17:00Eux aussi ont vécu des choses difficiles,
17:01mais ils se battent au quotidien,
17:03que ce soit à l'école,
17:04que ce soit dans des dispositifs d'insertion ou de réinsertion.
17:06Et quand ils se retrouvent stigmatisés
17:08à cause de cette minorité délinquante,
17:10et j'utilise le mot délinquante
17:12pour ne pas être grossier en plateau,
17:14c'est ça qui est le plus injuste philosophiquement.
17:16Donc oui, il faut taper beaucoup plus fort.
17:18D'ailleurs, ce qui est profondément injuste
17:20dans cette affaire terrible,
17:21c'est que Louis était lui placé,
17:23la victime était placée à l'aide sociale à l'enfance,
17:25comme finalement trois des meurtriers présumés.
17:29Oui, Dominique ?
17:31Ces parents avaient passé un accord avec l'AZE.
17:33Exactement, c'est important de préciser.
17:35C'est important parce que les parents
17:36avaient des difficultés avec leur enfant,
17:39et c'est une démarche intelligente et courageuse
17:41d'aller consulter l'aide sociale à l'enfance
17:44en leur disant, on n'y arrive pas,
17:45c'est trop compliqué pour nous,
17:47est-ce que vous pourriez nous aider ?
17:48Donc l'idée, c'était qu'ils soient placés deux mois,
17:50je crois que c'est ça,
17:51avec une possibilité de trois mois supplémentaires.
17:55Ça veut dire que ces parents ont fait appel au système
17:57qui existe et qui fonctionne bien,
17:59et que quelque part,
18:01ce système a provoqué la mort de leur enfant,
18:03parce qu'ils l'ont mis dans les mains d'autres parents.
18:06Alors, le procureur de la République nous dit,
18:08les enfants, les cinq mis en examen,
18:09je dis les enfants, les jeunes,
18:10mis en examen,
18:11n'étaient pas dans le même foyer de l'AZE que Louis.
18:14Ils sentent qu'ils se connaissaient en tout cas,
18:16et qu'ils aient fréquenté à un moment
18:17le même cercle de connaissances.
18:18Et vous avez déjà le procureur qui ouvre le parapluie,
18:20parce qu'il dit également,
18:22les cinq mis en examen
18:24ne sont pas ceux qui avaient menacé Louis une précédente fois.
18:29Donc, ça n'a rien à voir avec la première équipe
18:31qui a menacé Louis.
18:32Mais qu'est-ce qu'en sait le procureur
18:33à ce stade de l'enquête ?
18:35Et si c'était une autre équipe,
18:36qui soit en lien avec la première,
18:38que ce ne soit pas les mêmes,
18:38que ce soit des copains des premiers,
18:40je trouve qu'il faut être vraiment plus prudent,
18:42et encore plus contre les procureurs de la République.
18:43Vous disiez les jeunes qui essayent justement de s'en sortir.
18:45Je vous lis ce que dit la tante
18:46qui se confie à nos confrères du Parisien,
18:48la tante de Louis.
18:49Il avait une promesse d'embauche
18:50pour les mois de juillet-août.
18:51C'était son premier job en restauration à Carcassonne,
18:53ce qu'il avait envie de faire ensuite.
18:55Il allait plutôt bien.
18:55Il avait une petite copine,
18:56comme on peut en avoir à 17 ans.
18:58Quel échec !
18:59Quel échec de la part de l'aide sociale à l'enfance
19:01qui n'a pas su et protéger Louis,
19:03et arrêter à temps ces meurtriers présumés.
19:05Et en plus, vous me corrigez si je me trompe,
19:07mais il me semble que le tabassage en règle
19:09ait eu lieu après 23h, en pleine nuit.
19:11Que faisaient-ils dehors,
19:13alors qu'ils sont censés être dans les foyers ?
19:14Et ça aussi, c'est une question.
19:16En fait, un jeune peut fuguer.
19:18Même un jeune, dès l'âge de 10-11 ans en foyer,
19:21peut partir à 22h, rentrer à 4h du matin,
19:24et l'éducateur a juste le droit de lui dire
19:26« Tu n'as pas le droit de sortir. »
19:28Sinon, il a interdit de le sortir,
19:29d'interdiction de l'empêcher de sortir.
19:32On le voit aussi dans les réseaux de prostitution des mineurs
19:34qui correspondent à l'exploitation sexuelle de celle-ci et ceux-ci.
19:37L'éducateur peut voir une berline qui vient chercher des jeunes.
19:41Il est juste obligé de noter que tel jeune est parti à 22h
19:44et rentré à 4h du matin,
19:45ou est rentré 2 ou 3 jours plus tard,
19:47en étant totalement impuissant.
19:49Et c'est vraiment terrible pour eux.
19:51Déjà qu'au niveau du métier des éducateurs,
19:52je le dis toujours,
19:53il y a les bons éducateurs qui se battent au quotidien,
19:55mais vous avez aussi des mauvais éducateurs
19:58qui sont dealers,
19:59qui sont proxénètes,
20:02qui perturbent les jeunes pour ne pas dire plus.
20:04Donc on doit se battre aussi à l'intérieur,
20:06dans tout ce flou artistique de l'État.
20:08Je vais vous poser une question.
20:09J'imagine que vous avez toujours l'espoir
20:10de pouvoir changer vos jeunes
20:13en difficulté de les faire progresser.
20:15Est-ce que ces 5 jeunes sont récupérables aujourd'hui ?
20:19Je ne sais pas.
20:20Il faudrait que je les rencontre.
20:21Mais en tout cas, l'espoir,
20:23de façon globale, je l'ai,
20:24parce qu'on a des belles réussites.
20:26Ces jeunes, on les aime.
20:27Et si on avait perdu espoir,
20:29on arrêterait.
20:30Mais ce que je disais ce matin,
20:31et je le répète,
20:32ce qui tue les éducateurs aujourd'hui,
20:34c'est la frustration que l'on ressent
20:36quand on sait qu'on arrive à toucher le cœur du jeune,
20:39mais quand on le relâche dans la nature,
20:41on ne sait pas ce que l'écosystème va en faire à nouveau.
20:45Ils ont 16 ans, effectivement,
20:47pour les plus jeunes.
20:48Sur les photos, ils semblent faire nuit.
20:50Vous le disiez, Dominique,
20:51les parents les ont confiés à l'aide sociale à l'enfance
20:53parce qu'ils ne pouvaient pas s'en occuper.
20:55Ils attendaient certainement
20:57que leur fils soit protégé.
20:58Absolument.
20:59On a une pensée pour les parents de lui,
21:00et puis on a une pensée aussi pour eux,
21:01parce que je vous signale que ce sont eux
21:03qui sont allés frapper à la porte des médias,
21:05pas chez nous,
21:06mais ils sont allés frapper à la porte
21:07de confrères journalistes
21:09qui ont réagi,
21:10qui ont diffusé cette vidéo.
21:12Et donc, c'est comme ça que tout a démarré,
21:13parce que les parents sont allés voir les journalistes.
21:16On demandait aux journalistes,
21:17aidez-nous.
21:18Et ça aussi, c'est quelque chose
21:20qui doit être souligné.
21:20Ça veut dire le grand désarroi
21:22des familles de victimes.
21:24Et puis, on ne va pas reparler
21:26des affaires du mois dernier,
21:28de l'affaire qui occupe toute la France en ce moment.
21:31Donc,
21:31on ne va pas reparler
21:32de l'affaire qui occupe toute la France en ce moment.
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