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  • il y a 2 jours
Place de l'expérience et des voyages dans le choix d'une carrière, accession des femmes dans les postes à responsabilité et importance des rôles modèles pour donner envie de se lancer, capacité à gérer des situations de crise et notamment l'inflation, l'IA source d'opportunités dans les métiers de service : face aux jeunes, Sophie Bellon, présidente de Sodexo, nous partage son expérience et ses convictions. Année de Production :

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00:00Masterclass avec BDL Club Invest, profitez d'experts qui accompagnent les plus grands investisseurs depuis plus de 20 ans
00:06avec les mêmes produits, la même rigueur et les mêmes performances.
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00:12BDL Club Invest, voyez plus grand pour votre argent.
00:27Bonjour.
00:28Bonjour. Comment ça va ? Bien ?
00:30Super.
00:32Ça a été une belle Masterclass aujourd'hui. Vous savez pourquoi ? Parce que c'est une des rares femmes
00:35qui est à la tête d'un géant mondial français.
00:39Et vous connaissez Sodexo, ça vous parle ?
00:41Oui, bien.
00:41Vous avez bûché un peu, vous avez bachoté un peu ? Les métiers de Sodexo, dans quel univers on est
00:46?
00:47Assoération.
00:48Assoération collective.
00:49Quand on mange dans une cantine, dans une entreprise, un hôpital, un stade ou ailleurs, souvent, il y a Sodexo
00:57qui est pas le plus grand.
00:58Pas loin, Sodexo, c'est le numéro 2 mondial de la restauration collective.
01:03Quif, chiffre d'affaires, vous avez une idée ?
01:0525 milliards, bim, un point.
01:07Combien de salariés dans le monde ?
01:09On fait un paquet.
01:10Combien ?
01:10412 milliards.
01:12425 milliards, exactement.
01:14Et c'est un groupe qui a été fondé il y a plus de 60 ans, donc numéro 2 mondial.
01:17C'est un acteur français.
01:19Elle, elle est la présidente.
01:21Et bien justement, tiens, la voilà.
01:23Bonjour Sophie Belon.
01:23Bonjour.
01:24Comment allez-vous ?
01:25Très bien.
01:26Merci d'être là.
01:26Oui, je suis ravie.
01:27Prête pour votre masterclass ?
01:29Tout à fait.
01:29Venez, je vous les présente.
01:31Sophie Belon, donc, la présidente de Sodexo.
01:34Je pense qu'on peut l'applaudir.
01:35Merci à vous d'être là avec nous.
01:40Il y a ce chiffre aussi.
01:42Sodexo sert 80 millions de repas quotidiennement dans le monde.
01:48C'est colossal.
01:49Est-ce que c'est bon ?
01:50Oui, bien sûr, c'est bon.
01:52C'est bon à déguster et c'est bon pour la santé.
01:57On a des engagements forts là-dessus.
02:00Sophie Belon qui ne connaît pas vos questions, donc ça sera pour vous une surprise.
02:04Oui.
02:05Oui, j'espère que je serai à la hauteur des questions.
02:10Allez, c'est donc parti pour la masterclass de Sophie Belon, la présidente de Sodexo.
02:15Allez, installez-vous, venez.
02:16C'est vous là.
02:25Et oui, dans la vraie vie, les étudiants et les patrons, les patronnes, notamment du CAC 40,
02:31ne se rencontrent quasiment jamais.
02:33Mais c'est normal, chacun est à son quotidien, chacun est à sa tâche.
02:37Les étudiants, vous, vous êtes concentrés, c'est normal, sur votre formation, sur vos diplômes.
02:41Et puis les dirigeants des grands groupes, ils gèrent non-stop.
02:44Ça prend du temps de leur multinationale.
02:46Nous, sur Public Sénat, chaque mois, on veut que les uns et les autres puissent se parler librement sur les
02:53sujets que notre jeunesse juge comme étant prioritaire.
02:56On va commencer par une photo.
02:58On a une photo de vous.
02:59On est juste après vos études.
03:01Vous êtes à New York.
03:03Oui.
03:03Parce que la solution de facilité eut été de rentrer chez Sodexo, fondée par votre père.
03:08Oui.
03:08Mais vous, vous ne faites pas ce choix-là.
03:10Non.
03:10Vous avez donc...
03:11En quoi c'est une séquence fondatrice que d'aller à New York faire autre chose ?
03:16En fait, justement, je venais de terminer mes études à l'EDEC, dans le Nord.
03:22Déjà pour une Marseillaise qui habitait Paris.
03:25Mais l'EDEC, ce n'était pas évident.
03:26Mais c'était vraiment super.
03:27J'ai adoré.
03:30Et en fait, après mes études d'école de commerce, mon père m'a dit, écoute, maintenant, ça serait bien
03:36que tu viennes chez Sodexo.
03:39Le fondateur de Sodexo qu'il a créé il y a 60 ans.
03:45En 1966, on fête notre 60e anniversaire cette année.
03:50Et je lui ai dit, non, en fait, tu nous as toutes élevées.
03:53On est quatre enfants.
03:54En disant, on ne confond pas organigramme et arbre généalogique.
03:58Donc là, moi, j'avais 22 ans.
04:03Et j'ai dit, non, 23 ans, je vais partir.
04:08Je vais aller voir autre chose.
04:09Et j'avais très envie d'aller à New York.
04:12Et où j'étais déjà allée, mais pour le plaisir.
04:16Où j'avais passé un mois, un été.
04:18Et du coup, je me suis fait embaucher au Crédit Lyonnais.
04:22En fusion-acquisition.
04:23En fusion-acquisition.
04:24C'était un stage de longue durée.
04:26Qui, au départ, devait durer un an.
04:28Mais moi, ça a duré pratiquement deux ans et demi, trois ans.
04:31C'est long comme stage, trois ans.
04:33Oui, c'est long.
04:34Mais bon, c'était prévu comme ça.
04:36Mais voilà.
04:37Puis après, il voulait me renvoyer en France.
04:38Mais moi, je voulais rester.
04:40Et donc, voilà.
04:42Vous êtes très dans la mode aussi.
04:43Oui.
04:43Alors après, comme le Crédit Lyonnais voulait me renvoyer à Paris.
04:47Et que moi, je voulais rester à New York.
04:49J'avais rencontré mon futur mari là-bas.
04:53Et du coup, j'ai travaillé en freelance dans la mode.
04:56J'ai fait du théâtre.
04:59J'ai même pensé à un moment que j'allais devenir actrice.
05:01Mais bon, non.
05:02Je me suis rendu compte que je n'étais pas la future Isabelle Adjani.
05:06Mais l'avantage, c'est que ça m'a appris à très, très bien parler anglais.
05:11Allez, c'est au tour, à présent, aux étudiants qui sont là.
05:15Et étudiantes, vous posez des questions en direct, sans filtre.
05:17Vous verrez, ils ont tous des parcours différents.
05:19Mais ils ont en commun d'être engagés.
05:20Ils ont fait, la plupart du temps, leur service civique ou du bénévolat.
05:24Et on remercie, comme chaque mois, l'Institut de l'engagement qui nous met en relation.
05:28Vous avez échangé avec eux sur leur sujet de préoccupation, leur centre d'intérêt.
05:32Première question, à présent, de Noé.
05:36Bonjour, Noé.
05:37Bonjour, madame.
05:39Donc, je m'appelle Noé.
05:40J'ai fait deux années de classe préparatoire.
05:42Aujourd'hui, je suis étudiant en école de commerce à Bordeaux.
05:44De votre côté, vous avez eu un parcours prestigieux.
05:47Vous êtes allé aussi dans une grande école de commerce.
05:50Quelles leçons vous avez apprises en école de commerce
05:53et que vous appliquez encore aujourd'hui dans votre rôle de présidente de conseil d'administration
05:57d'une très grande entreprise comme Sodexo ?
05:59Moi, je me rappelle de ce qui m'a le plus marqué aussi,
06:01c'est quand j'étais dans mon école, c'était les activités auxquelles je participais.
06:04Le STI, dans le Nord, c'était un guide qui était fait par l'école.
06:08Et c'était une mini-entreprise.
06:11Donc, je faisais partie de ce petit comité de direction,
06:15enfin, ou la petite équipe qui gérait le STI.
06:18On avait 60 étudiants qui bossaient, qui faisaient des articles.
06:22On allait visiter les restaurants, référencer les boulots.
06:25Et donc, je pense que c'est cette expérience-là du collectif
06:28qui, à mon avis, après, m'a le plus servi dans ma carrière.
06:33On a les questions de mail à présent.
06:38Bonjour, ma question est la suivante.
06:41Est-ce qu'à notre âge, vous vous projetiez comme une grande chef d'entreprise comme Sodexo ?
06:47D'abord, je n'ai pas souhaité rentrer chez Sodexo.
06:52C'était la facilité.
06:54Oui.
06:54Mon père m'a dit, viens, mais moi, j'ai dit non, je vais aller voir ailleurs.
06:59Il n'était pas très content, d'ailleurs, mais bon, c'était comme ça.
07:02Et après, quand j'ai décidé de rentrer...
07:05Pourquoi, d'ailleurs ?
07:06Parce qu'en fait, je suis restée aux États-Unis pendant huit ans
07:10et je suis revenue dans les années 91.
07:14J'avais eu deux petites filles là-bas.
07:18Et là, je me suis dit, qu'est-ce que je fais ?
07:21Est-ce que je bosse dans la finance ?
07:23Est-ce que je bosse dans la mode ?
07:25Est-ce que je bosse dans la production ?
07:28Est-ce que je vais chez Sodexo ?
07:30Toutes les options ont été ouvertes.
07:32Et je me suis dit, bon, il est peut-être temps d'essayer Sodexo.
07:39Et donc, je suis rentrée chez Sodexo en 94.
07:44Mon père, il m'a un peu fait attendre.
07:45Bon, il faut dire que j'ai eu un bébé encore en 92.
07:48Donc, 90, 91, 92.
07:49J'étais quand même bien occupée.
07:51Mais quand je lui ai dit, maintenant, j'ai envie d'aller chez Sodexo,
07:53il ne m'a pas donné un job tout de suite.
07:56Il m'a fait un peu attendre.
07:58Et c'est un peu la vengeance.
08:00Et en fait, quand je suis rentrée, je me suis dit, bon, si ça me plaît, évidemment, je vais rester.
08:05Mais si ça ne me plaît pas, ce n'est pas grave, je ferai autre chose.
08:09Et voilà.
08:09Et donc, je suis rentrée en 94.
08:11Et puis, presque, voilà, plus de 30 ans plus tard, j'y suis toujours.
08:18Elle est question de Mohamed à présent.
08:20Moi, j'ai une question à vous poser.
08:22Comment on se sent légitime d'être leader ?
08:26Parce que j'essaie un peu de prévoir les gens ce qu'ils peuvent dire,
08:30mais on peut très bien entendre du genre, bon, c'est la famille, etc.
08:34Comment, en fait, on peut montrer aux gens que vous êtes légitime d'être à ce poste ?
08:39Quand je suis rentrée dans l'entreprise, j'ai démarré très bas.
08:44J'ai monté les échelons progressivement.
08:47À partir du moment où tu rentres dans une entreprise, tu as un patron.
08:50Si tu es bon, tu vas progresser, tu vas monter.
08:53Si tu n'es pas bon, tu vas stagner ou même tu vas partir.
08:56Donc moi, quand je suis rentrée chez Sodexo, je suis rentrée avec cet état d'esprit.
09:00C'est comme ça qu'on m'avait élevée.
09:02Et du coup, je l'ai bien vécu, même si parfois mon père était très dur avec moi,
09:09même plus dur qu'avec certains autres collaborateurs.
09:12Mais je pense qu'il faisait ça pour notre bien.
09:15Pourriez-vous nous raconter une anecdote concernant un obstacle que vous avez dû faire face au cours de votre parcours
09:23?
09:23Et comment vous avez remédiait à ça ?
09:26Un obstacle que vous avez franchi ?
09:28Nous, un des pires moments de Sodexo, ça a été la crise du Covid.
09:32La crise du Covid, ça voulait dire que dans les entreprises, elles étaient fermées.
09:36Les écoles, elles étaient fermées.
09:38Puis de l'un coup, on nous dit que les écoles vont réouvrir.
09:40Donc, il fallait remobiliser tout le monde.
09:42Les hôpitaux, il y avait des malades, mais ils ne mangeaient pas.
09:46Les malades du Covid, nos équipes qui devaient aller travailler dans les hôpitaux,
09:50ils avaient peur.
09:51Ils avaient peur, ils ne savaient pas s'ils n'allaient pas être contaminés.
09:55Et notre activité, ça a été la pire crise du groupe en 60 ans.
10:02Et en fait, on a perdu en deux mois un tiers de notre chiffre d'affaires.
10:07Et en fait, qu'est-ce qu'on a fait à ce moment-là ?
10:10Moi, je n'étais pas directrice générale, mais on était très, très souvent.
10:14On avait des très longues journées en Teams pour décider.
10:17On a remis le pouvoir sur le terrain.
10:21Parce que nos équipes, un responsable de site dans un hôpital,
10:27un responsable de site dans un restaurant, dans une entreprise comme celle-là,
10:31soit l'entreprise, elle était ouverte, soit l'entreprise, elle était fermée.
10:33Donc, c'est eux qui ont su ce qu'il fallait faire.
10:36Et en fait, c'était le bon choix.
10:38Et on n'avait jamais vécu une crise comme ça, aussi forte.
10:41Mais en fait, c'était de faire confiance, de faire confiance aux équipes qui étaient les plus proches du terrain,
10:47les plus proches de nos clients, de nos consommateurs, de ces nouveaux besoins et de tous ces changements.
10:54Et c'est eux qui ont permis cette adaptation.
10:59Je m'appelle Baptiste Eugé et avec Mathieu, mon associé, nous avons lancé notre start-up de vêtements durables pour
11:05bébés.
11:05Bravo.
11:06On commence à avoir une petite équipe de stagiaires.
11:08Et je voulais savoir, est-ce que vous avez fait des erreurs majeures de management ?
11:12Et quelles leçons vous avez pu en tirer ?
11:14Bien sûr, si tant est que vous ayez fait des erreurs.
11:17Je pense que ce qui est le plus dur dans le management, enfin moi, ce que je trouve le plus
11:21dur,
11:22c'est de mettre la bonne personne au bon endroit.
11:27Parce que chacun a quelque chose à apporter.
11:32Mais par contre, il faut détecter le potentiel, les forces d'un collaborateur, d'une collaboratrice et les mettre au
11:42bon endroit.
11:43Et les erreurs que j'ai peut-être faites, c'est que parfois, s'il y avait quelqu'un qui
11:47n'était pas au bon endroit,
11:49c'est parfois peut-être d'avoir laissé cette personne trop longtemps dans un rôle qui ne convenait pas.
11:56Et du coup, ce n'est pas bon. Ce n'est pas bon pour la personne, ce n'est pas
12:00bon pour l'équipe et ce n'est pas bon pour l'entreprise.
12:05Voilà, c'est peut-être l'erreur que j'ai faite.
12:08Donc, il faut être attentionné à ses équipes et il faut les écouter, il faut les observer, il faut voir
12:13ce qui marche, ce qui ne marche pas.
12:14Et ce n'est pas parce que quelqu'un ne performe pas dans un rôle que la personne doit nécessairement
12:21quitter l'entreprise.
12:22Il y a peut-être autre chose où elle sera beaucoup plus à l'aise et où elle apportera beaucoup
12:28plus.
12:28Et c'est ça qu'il faut arriver à trouver.
12:30Bonjour, alors je suis étudiante en l'essence de l'être moderne.
12:33Et j'aurais aimé savoir quel est le meilleur conseil que vous avez pu recevoir de la part de votre
12:38père
12:38et que vous pourriez aujourd'hui transmettre à des étudiants comme nous ou des jeunes qui peuvent aussi être en
12:43début de carrière professionnelle.
12:45C'était quelqu'un qui n'était pas conventionnel, qui s'intéressait.
12:49On est dans un métier de service avec, comme je l'ai dit, beaucoup de femmes, beaucoup d'hommes
12:52qui s'occupent de millions, de dizaines de millions de personnes tous les jours.
12:56Il était très intéressé par les femmes et les hommes.
13:00Et il était aussi à l'aise avec un ministre ou un grand chef d'entreprise
13:06que le plongeur ou le serveur dans un de nos restaurants.
13:10Et en fait, ça, ça a été aussi une grande leçon de s'intéresser aux femmes et aux hommes
13:17et d'aller détecter le potentiel de chacun pour justement faire grandir.
13:24D'ailleurs, il a écrit un livre qui s'appelle « Servir et faire grandir ».
13:27Et je pense que ça, c'est quelque chose qui m'a inculqué,
13:32qui nous a inculqué aussi à mes frères et sœurs
13:35et qui l'a inculqué, qui l'a aussi mis comme un mode de fonctionnement dans l'entreprise.
13:43Il vous a aussi élevé dans l'idée que rien n'était impossible.
13:46Ça, c'est pas un enseignement qu'on peut transmettre ?
13:49Bah oui.
13:49Sauf si je me trompe.
13:50Non, non, mais c'est vrai.
13:51Rien n'était impossible.
13:52Oui, rien n'était impossible.
13:54Lui, quand il a démarré de rien, il n'imaginait pas du tout.
13:57Il a vraiment démarré de rien ?
13:58Oui, il a démarré de rien.
13:59Il a démarré à Marseille et son père faisait du ravitaillement maritime.
14:06Et en fait, le ravitaillement maritime, il sentait que ce n'était pas un marché,
14:13c'était un marché qui allait baisser.
14:16Et donc, il s'est dit, non mais moi, il faut que je trouve autre chose.
14:19Et au départ, d'ailleurs, il a voulu créer son entreprise et l'appeler Bélon.
14:22Et son père lui a dit, non, non, parce que si tu te plantes Bélon, ça va mettre le trouble
14:28sur le nom.
14:29Ça va être la honte de la famille.
14:31Donc, trouve un autre nom, mais n'appelle pas ton entreprise Bélon.
14:35Et c'est vrai que de démarrer de rien et se dire qu'aujourd'hui, on est le deuxième acteur
14:41mondial dans notre secteur d'activité,
14:45ben oui, rien n'est impossible.
14:47Donc, je suis Emma, je suis étudiante en dernière année de pharmacie industrielle.
14:51Et je voulais savoir, selon vous, quels seraient les axes encore à développer
14:56pour permettre aux femmes d'accéder à des postes à responsabilité, justement ?
15:01Moi, je me rappelle, quand je suis devenue directrice générale de Sodexo Entreprises en France,
15:07donc c'était une business unit de la France, un de nos segments,
15:12à l'époque, il n'y avait pas de femme directrice générale d'un business comme celui-là.
15:18Et donc, il y avait beaucoup de femmes qui étaient des employés de service qui venaient me voir
15:22quand on faisait des cérémonies pour célébrer que les personnes étaient là depuis 10 ans,
15:28depuis 20 ans ou de formation qualifiante.
15:30Elle venait me voir et me disait « Oh, c'est tellement formidable ! »
15:33Alors, moi, je me disais « Ah bon ? Super, mais qu'est-ce qui est formidable ? »
15:37Alors, je pensais qu'elle allait me dire « Oh, ben, vous vous rencontrez, vous avez la fille de Pierre
15:40Bénon ! »
15:41Non, ce qu'elle trouvait formidable, c'est que j'étais une femme.
15:44Alors, je dis « Ah bon ? Ben, super ! »
15:46Et là, j'ai vraiment pris conscience et je leur ai dit « Mais pourquoi c'est formidable ? »
15:51Elle me dit « Mais parce qu'on se rend compte que c'est possible ! »
15:54Et donc là, on se rend compte que c'est vrai qu'en tant que femme,
15:57et à l'époque, je n'étais pas présidente de Sodexo,
16:00j'étais directrice générale d'une business unit.
16:04Et donc, je me suis rendue compte que c'était important
16:07parce que pour ces femmes, ça voulait dire que c'était possible.
16:10Et si elles n'avaient pas un modèle ou quelqu'un qui l'avait déjà fait,
16:13elles se disaient « Peut-être que ce n'est pas possible. »
16:14Et d'ailleurs, pour finir aussi comme exemple,
16:18quand je suis arrivée dans cette activité-là,
16:20le premier jour, on était dans une salle de réunion
16:22et puis voilà, je suis rentrée, j'avais mon prédécesseur qui était à côté de moi,
16:26je me suis mise là, c'était juste pour faire connaissance.
16:30Donc, je n'avais rien à faire.
16:31Et quand je suis rentrée dans cette salle,
16:33il y avait une table et puis il y avait une vingtaine de personnes dans la table,
16:36que des hommes, que des hommes.
16:37Et là, alors, moi, je n'ai même pas réfléchi,
16:40mais j'ai mon cœur qui s'est mis à battre très, très, très vite.
16:43Je suis devenue toute rouge.
16:44Et je me suis dit « Mais qu'est-ce que je fais là ? »
16:46« Qu'est-ce que je fais là ? »
16:47Il n'y avait que des hommes.
16:47Et puis en plus, je me suis dit « Mais je vais devenir leur patronne. »
16:49Mais ça va être terrible.
16:51Puis je me suis dit « Bon, on se calme.
16:53De toute façon, tu n'as rien à faire.
16:55Tu t'assieds, t'écoutes, tu regardes. »
16:58Puis bon, ça s'est très bien passé.
17:00Mais après, je me suis quand même dit…
17:01Après, quand même, bon, ça a duré deux jours, la réunion.
17:04Puis au déjeuner, je me disais « Ah, mais quand même, c'est amusant.
17:07Il y a une douzaine de directeurs régionaux.
17:10Mais pourquoi il n'y a pas de femmes dans ces rôles ? »
17:13Il me disait « Ah non, ce n'est pas un rôle pour les femmes. »
17:15Non.
17:16Si.
17:17Il a pris la porte directe, celui-là ?
17:18Non, non, non, pas du tout, pas du tout.
17:20J'ai continué.
17:20Je me dis « Ah bon, mais pourquoi ce n'est pas un rôle pour les femmes ? »
17:24« Parce que le soir, on ne rentre pas à la maison. »
17:26« Ah bon ? »
17:27Mais j'ai dit « Mais qu'est-ce que vous faites alors ? »
17:28Alors, pour le directeur régional de la région…
17:30Un des directeurs régionaux de la région parisienne.
17:34Alors, je lui ai dit « Ah oui, mais on rentrait tard. »
17:38Ok.
17:39Et puis celui qui était à Bordeaux, alors je lui ai dit « Et vous ? »
17:42« Ah ben oui, mais moi, si je dois aller voir un client à Toulouse, je ne rentre pas à
17:46la maison. »
17:47Ok.
17:48J'ai dit « Mais vous savez, moi, aujourd'hui, c'est dans un job… »
17:51J'étais dans un job sur la fidélisation des clients au niveau du groupe.
17:56Et là où on était les meilleurs en fidélisation, c'était aux États-Unis.
18:00Donc régulièrement, j'allais visiter notre filiale américaine pour passer du temps avec les Américains,
18:06pour comprendre qu'est-ce qui faisait de bien.
18:07Donc je leur ai dit « Mais vous savez, moi, je suis dans un job aujourd'hui et le soir,
18:13je ne suis pas à la maison.
18:15Quand je dois voyager, j'ai une responsabilité qui fait que je dois voyager, ce que j'adorais d'ailleurs.
18:22»
18:22Et alors là, ils ne disaient plus rien.
18:26Et donc pourquoi je vous raconte ça ?
18:28Parce qu'effectivement, tout est possible.
18:30Tout est possible qui que vous soyez.
18:32Donc voilà, en fait, les conseils, c'est d'avoir des road models, c'est de former les gens.
18:37C'est qui, d'ailleurs ? Ça a été qui, votre rôle modèle à vous ?
18:41Moi, j'étais quand même un peu influencée par…
18:43Christine Lagarde.
18:44Oui, mais en tant que femme…
18:46Oui, en tant que femme, je parlais de la séminaire.
18:47Oui, en tant que femme, j'apprécie beaucoup Christine Lagarde.
18:50C'est sûr.
18:52Non, mais vous voyez, j'aime aussi des femmes comme Mère Thérésa ou comme Sœur Emmanuelle.
18:58C'est le fait qu'une femme soit arrivée à vivre ses convictions et même dans un environnement masculin.
19:08Et c'est rien contre les hommes.
19:10Parce que de toute façon, on ne veut pas que des femmes.
19:12Il faut les deux.
19:13Il faut un équilibre.
19:14C'est la mixité qui fait qu'on va être performant.
19:18Quentin Herta-Colignan, je suis doctorant en droit et économie de la gouvernance des données à Paris Dauphine-PSL.
19:25Le contexte actuel, le contexte géopolitique, nous rappelle que des crises peuvent survenir, qu'on ne peut pas les anticiper
19:32et que ces crises génèrent des aléas importants, notamment sur l'inflation.
19:38Lorsque l'on sert 80 millions de repas chaque jour, comment est-ce que l'on peut concilier ce prix
19:45aléatoire des denrées alimentaires avec la quête permanente de votre groupe
19:52de garantir la qualité des produits et de ses services ?
19:56Nous, toutes les denrées ou les services qu'on achète, ça représente 40% à peu près de notre chiffre
20:02d'affaires.
20:04Un autre poids très important, c'est la masse salariale.
20:07Mais donc 40% du chiffre d'affaires, c'est très important.
20:10Aujourd'hui, on s'appuie sur nos équipes achats, évidemment.
20:14On essaie d'être très en anticipation et quand il y a des ruptures de produits ou quand il y
20:19a des augmentations vraiment trop fortes, on change les produits.
20:25Et en fait, aujourd'hui, on s'appuie aussi sur, je ne sais pas s'il y aura une question
20:32sur le sujet ou pas, mais sur de l'intelligence artificielle.
20:35Avant, pour changer un produit dans un menu, ça pouvait prendre 15 heures à un responsable de site.
20:40Aujourd'hui, ça prend une ou deux heures.
20:43Donc, en fait, on va adapter nos produits et le sourcing de nos produits à ce qui est compatible pour
20:55justement garder la qualité.
20:57Comment voyez-vous l'avenir avec l'intelligence artificielle pour votre groupe, justement, dans cette dimension ?
21:03Moi, je le vois comme une opportunité.
21:05On dit, ah ben oui, l'intelligence artificielle, ça va être arrêter le chômage, des jobs qui ne vont plus
21:14exister.
21:14Nous, on est dans un métier de service.
21:15Un métier de service, c'est s'occuper des gens, être attentionné.
21:20Et d'abord, déjà, je dis, un smiley ne va jamais remplacer un vrai sourire.
21:24Là, je vous vois, je vous regarde dans les yeux, vous me souriez, ça me fait plaisir.
21:29Et donc, ça, c'est déjà très important.
21:31Et je pense que l'intelligence artificielle dans nos métiers, ça va remplacer des tâches qui sont répétitives.
21:38Là, je vous ai donné tout à l'heure l'exemple de changer un produit dans un menu, d'adapter
21:44le menu.
21:45Ce n'est pas très intéressant de passer 15 heures à adapter le menu.
21:49Et donc, c'est beaucoup mieux de le faire en une heure ou deux.
21:51Et puis après, que notre responsable de site, il aille passer du temps dans le restaurant.
21:55Il aille discuter avec ses consommateurs.
21:57Ils demandent si telle recette et justement avec tel nouveau produit, ça leur plaît, qu'est-ce qui pourrait changer.
22:04Et voilà.
22:04Et je pense que dans les métiers de service, ça va être une opportunité de faire mieux,
22:09d'être plus en adéquation avec ce qu'attendent nos clients et nos consommateurs.
22:15Et aussi, du coup, de continuer à se développer et d'améliorer la qualité de ce qu'on fait.
22:23Allez, on continue avec une série de questions, oui ou non.
22:26Vous répondez par oui ou par non et vous expliquez un petit peu, évidemment, les raisons de cette réponse.
22:31Oui ou non, vous êtes une dirigeante discrète.
22:34Oui.
22:34Vous ne cherchez pas la lumière, vous ne cherchez pas à faire la ligne des médias.
22:38Oui, mais en fait, quand même, quand je suis devenue présidente de Sodexo il y a 10 ans,
22:43tout d'un coup, c'était comme si j'étais devenue une personne, mais complètement différente.
22:47Je comprends tout le monde, les journalistes, ils voulaient m'interviewer.
22:52Surtout que quand on avait annoncé que j'allais devenir présidente, il y avait déjà eu une campagne.
22:58Je me rappelle à un moment, j'étais aux Etats-Unis et tout le monde voulait me parler,
23:02il ne voulait pas se parler.
23:03Je me dis, mais je n'ai rien fait là.
23:04Donc, non.
23:05Oui ou non, ça ne vous gêne pas de dire à vos collaborateurs, je ne sais pas.
23:09Ah non, ça ne me gêne pas du tout.
23:12Ça ne me gêne pas du tout parce que, et d'ailleurs, quand je suis arrivée dans mon premier job
23:18opérationnel
23:19et que je leur ai dit, écoutez, voilà, moi, il y a plein de choses que je ne sais pas
23:24parce que je n'ai pas eu votre expérience.
23:26Par contre, j'ai vu d'autres choses.
23:27J'ai vu de l'international chez Sodexo, j'ai travaillé sur tel sujet, sur la rétention, sur l'engagement.
23:34Et du coup, c'est parce qu'on est différent qu'on va faire mieux ensemble.
23:40Oui ou non, vous mangez à la cantine chez Sodexo ?
23:43Oui, oui, oui, bien sûr.
23:44Bon, pas tous les jours.
23:46Non, dans le restaurant d'entreprise ?
23:47Oui.
23:48En fait, le problème, c'est que ce n'est pas bien, je n'ai pas trop le temps de
23:51manger,
23:52donc on m'amène à un plateau et souvent, je fais des réunions avec des collaborateurs dans mon bureau.
23:58Mais quand j'y vais, je suis très contente.
24:00Oui ou non, on peut rester optimiste quand on voit le monde tel qu'il est aujourd'hui ?
24:05Oui, on peut rester optimiste.
24:07On peut aussi ne pas l'être.
24:08On peut rester optimiste et puis on peut rester optimiste aussi quand on est un jeune français,
24:14quand on est un jeune européen.
24:18parce que je pense que, même si c'est compliqué...
24:21Ah oui, c'est compliqué, l'ascenseur social ne fonctionne pas bien.
24:24Il y a du chômage, le chômage des jeunes n'est pas à 16 %.
24:27C'est compliqué, mais je pense...
24:29Il y a qui va prendre le job des jeunes, on voit ça aux Etats-Unis parfois.
24:33Oui, mais je pense qu'en France, il faut faire attention à la réglementation,
24:38il faut faire attention à la réglementation de l'Europe.
24:40Mais bon, quand on voit les Etats-Unis, quand on voit la Chine,
24:44je pense que l'Europe et la France notamment, on a énormément d'atouts.
24:49Et par rapport...
24:52Voilà, et notamment sur l'éthique, sur les engagements.
24:55Et je trouve que les jeunes aussi sont tellement engagés.
24:58Moi, j'admire.
24:59Je pense qu'au même âge, là, quand vous m'avez vue sur la photo,
25:02je ne pensais pas du tout à tous les sujets auxquels vous pensez aujourd'hui.
25:06J'étais beaucoup plus naïve et moins préoccupée par...
25:12Le monde était aussi peut-être un peu plus léger à l'époque.
25:14Peut-être.
25:14Justement, Sophie Vellon, on va passer à la question inversée.
25:17C'est vous, désormais, qui posez une question à nos amis étudiants
25:20qui répondront dans la foulée.
25:22Oui, alors moi, ma question, c'était si vous deviez choisir un critère,
25:27et par rapport...
25:29Là, vous allez bientôt, ou à un moment, terminer vos études.
25:34Quel serait le critère que vous choisiriez ?
25:37Mais pas 36, un chacun.
25:39Parce que quel serait le critère que vous choisiriez pour votre premier emploi ?
25:44Moi, c'est la mobilité.
25:46Je veux être mobile.
25:48Enfin, je veux rentrer dans une entreprise qui va directement me laisser l'opportunité d'être mobile.
25:51Et je sais que c'est compliqué.
25:52En France, à l'international ?
25:53À l'international.
25:54Mais je sais que c'est compliqué.
25:55Enfin, je discute avec pas mal d'entreprises.
25:57Et j'ai l'impression qu'il faut être senior quand même la plupart du temps.
26:01Pas tous, mais j'ai entendu de nombreuses fois ce cas-là.
26:05Non, en fait, je pense que vous savez, quand c'est important pour vous, il faut dire les choses.
26:10Moi, je dis à tous nos collaborateurs, et pas que les jeunes,
26:13je dis, mais si vous voulez vraiment quelque chose, dites-le, parce qu'on ne peut pas le deviner.
26:17Par exemple, notre patronne de la Chine, aujourd'hui, c'est une Française.
26:22Et après le Covid, je peux vous dire, pas beaucoup de monde...
26:25C'était quand même assez dur, les conditions de confinement en Chine.
26:30Pas beaucoup de monde voulait aller en Chine.
26:32Et cette collaboratrice, elle, son rêve, c'est d'aller en Chine.
26:35Je dis, ok, on y va.
26:37Et donc, voilà.
26:38Et donc, en fait, il faut dire les choses.
26:41Donc, si vous, c'est de la mobilité.
26:43Alors après, oui, il y a peut-être...
26:44Si vous êtes dans une entreprise que française,
26:46vous allez avoir de la mobilité en France.
26:48Mais il faut vous orienter vers une entreprise internationale
26:51où ils vont vous dire, bah oui, nous, ça nous intéresse.
26:55Et comme ça, vous allez maximiser vos chances d'aller à l'international.
27:03Ça rejoint un petit peu Mohamed.
27:05Je dirais, c'est la flexibilité.
27:07Mais du coup, au sein d'une entreprise,
27:09ça nous permet de montrer notre motivation,
27:12de montrer nos envies et nos compétences
27:16et de ne pas être tout de suite mise dans une case trop stricte
27:22parce qu'on ne peut pas montrer tout ce qu'on peut faire.
27:26C'est très bien.
27:27Et moi, je vais faire un peu la pub pour les grandes entreprises,
27:29même si c'est super de monter une start-up aussi
27:31ou de travailler dans une petite entreprise.
27:33Mais je pense que dans une grande entreprise,
27:35si vous avez cette flexibilité,
27:37si vous êtes ouverte à apprendre des nouvelles choses,
27:40vous pouvez rester pendant 20 ans, pendant 30 ans
27:42en faisant des choses tellement différentes
27:44que vous avez finalement l'impression de changer d'entreprise.
27:48Et donc, super.
27:50Allez, merci à vous.
27:51Merci Sophie Bélon pour cette Masterclass.
27:53Ça vous a plu ?
27:54Oui, ça a passé très, très vite.
27:55Ça vous a plu aussi ?
27:57Je pense qu'on pourra la remercier.
27:58Merci à vous.
27:59Merci.
27:59Merci à vous.
28:03Voilà, Masterclass est fini pour aujourd'hui.
28:05Ça continue sur les réseaux sociaux.
28:06D'autres questions vous seront posées, Sophie Bélon,
28:08dans quelques instants par d'autres étudiants.
28:10Émission enregistrée depuis la Maison Sanofi à Paris.
28:13Masterclass, c'est aussi du replay sur publicscana.fr.
28:16À très vite.
28:18Merci, Antonio.
28:20Merci beaucoup.
28:21Merci.
28:22Merci.
28:49BDL Club Invest
28:52BDL Club Invest
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