00:00Déjà, être pour ou contre l'immigration, peu importe la position, c'est aussi absurde que d'être pour ou
00:06contre le soleil.
00:07Les migrations internationales, elles existent depuis que l'humanité existe,
00:11et il y a assez peu de pays qui ont une expérience réussie d'autarcie, ça n'existe pas.
00:16Et quand bien même on peut fermer à double tour les frontières quelques temps, ça ne tient jamais très longtemps,
00:21et souvent, en réalité, les pays font le choix entre de l'immigration légale, que je connais, que j'identifie,
00:27que je vois,
00:28et de l'immigration illégale, parce que les flux persistent, qui évidemment là, est une immigration qui va poser davantage
00:34de problèmes, de désordres,
00:35en raison du fait que là, on a des populations qui sont exposées à des trafics, à la précarité, etc.
00:42Et donc, la question pour la France, c'est assez simple, comme la question pour tous les pays, c'est
00:48sommes-nous un pays inclusif ?
00:49Ou sommes-nous un pays qui pense pouvoir restaurer sa grandeur en se rapetissant et en fermant ses frontières ?
00:56Vous avez un peu la réponse qui est la mienne, évidemment, et je pense que oui, nous avons la capacité,
01:01nous l'avons prouvé, nous y reviendrons, à inclure dans ce pays.
01:04Catherine Quirière, qu'est-ce qui se passerait si, là, claquement de doigts, du jour au lendemain, les immigrés sans
01:09papier étaient mis dehors de vos hôtels-restaurants en France ?
01:12Alors, d'abord, nous n'avons pas les chiffres si nous avons des migrations sans papier, mais pour autant, je
01:18vais vous donner un chiffre simple.
01:20En 2022, 59% des établissements de notre secteur annonçaient réduire leur activité faute de personnel suffisant.
01:28Et donc, le recours aux travailleurs d'origine étrangère était régulier parce que nous avons besoin de ces travailleurs.
01:35D'abord, parce que nous avons besoin de manœuvres qualifiées et non qualifiées, et souvent, ces travailleurs-là prennent des
01:41jobs que nos travailleurs français ne veulent pas prendre.
01:44Je pense aux plongeurs, je pense aux femmes de ménage, je pense... C'est un fait.
01:49Alors, est-ce que, évidemment, nous, on ne confond pas, et comme M. Hamon, l'immigration de travail et l
01:55'immigration clandestine ?
01:57On n'est pas sur ce sujet-là, on a des règles qui sont très strictes, mais parfois, il faut
02:01le reconnaître, qu'on découvre dans nos activités, dans nos entreprises, des travailleurs sous alias.
02:08Quand vous avez une population, voilà, qui n'a pas de papier, etc., qui ne chipote pas sur le salaire,
02:14parce que, voilà, il y a aussi ça, il faut juste le dire,
02:17et qui accepte des salaires, parfois, qui ne sont pas élevés, peut-être qu'il y a une partie de
02:22jeunes très formés qui ne veulent pas travailler pour ces salaires-là aussi.
02:25Je veux dire, il y a aussi ça, c'est une réalité. Et puis, derrière, tous ces salariés qui sont
02:30ou sans papier, ou avec papier, qui ont des petits salaires,
02:34personne ne se pose la question de là où ils vivent et comment ils vivent. Et ça, il faut quand
02:37même se poser la question,
02:38parce qu'une fois qu'ils sortent du restaurant ou du chantier dans lequel ils travaillent, pour lequel ils ne
02:44sont pas assurés,
02:44s'il y a le moindre problème, on ne les connaît pas, je veux dire, ça, c'est un vrai
02:47problème de fond, qu'on n'est pas obligé de cautionner, quand même.
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