- il y a 2 jours
Protéger les enfants en danger, une mission essentielle des pouvoirs publics : aujourd'hui, 400 000 mineurs sont suivis par l'Aide Sociale à l'Enfance, dont 220 000 retirés de leur milieu familial sur décision judiciaire. Pouponnières, foyers, familles d'accueil, accompagnement vers l'autonomie, les structures et dispositifs sont pour l'essentiel gérés par les départements. En décembre 2019, un jeune de 17 ans trouvait la mort après avoir été poignardé et alors qu'il était hébergé dans un hôtel social des Suresnes (92). Depuis, le sénateur des Hauts-de-Seine Xavier Iacovelli a fait de ce sujet une priorité de son mandat, pour que ces enfants placés sous la protection de la République et parmi les vulnérables, voient leurs droits respectés. Année de Production :
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00:11Je vais te débarbouiller le visage, d'accord ?
00:18Je mouille le gant.
00:21Tu veux le faire ?
00:22C'est une scène banale qui pourrait se passer dans n'importe quelle crèche.
00:28Sauf qu'ici, nous sommes dans une pouponnière, là où sont placés les enfants que la justice a sorti de
00:34leur milieu familial.
00:35Là, on va aller dans la chambre ? Tu vas aller te coucher ?
00:38Allez, je me suis dedans.
00:43Pour cet enfant, comme pour la trentaine qui sont accueillis ici, la pouponnière est leur lieu de vie, 24h sur
00:5024.
00:50Mon sieste ?
00:51Quel un ?
00:52Quel un ?
00:53Oh, oui, mon collant.
00:55Bonne nuit, sieste, Alain.
00:57C'est des enfants qui ont des situations particulières, parce que du coup, ils ont une histoire particulière.
01:02Ils ont été placés pour une raison, qui peut être diverse.
01:06Ça peut être maladie psychique, alcoolisme, drogue, etc.
01:12Donc déjà, ils ont un vécu particulier.
01:14Donc voilà, ils ont un développement particulier chez nous, puisqu'ils ne vivent pas comme les enfants lambda avec leurs
01:22parents en permanence.
01:23Donc ils réclament beaucoup d'attention.
01:26Ils ont des développements un peu plus ralentis, généralement.
01:29C'est pour ça qu'il y a différents professionnels qui interviennent à la pouponnière pour les aider à évoluer
01:38au mieux, comme psychomotricienne, orthophoniste, kiné, un peu de tout.
01:45La pouponnière du Plessis-Robinson est une des structures de l'aide sociale à l'enfance des Hauts-de-Seine.
01:52Aujourd'hui, Xavier Iacovelli, sénateur du département, est venu voir comment s'organise cette prise en charge d'urgence pour
02:01les plus petits.
02:05Bonjour, mademoiselle, ça va ?
02:09Alors comment tu t'appelles ?
02:11Normalement, l'accueil ici est limité à 4 mois, renouvelable une fois, mais la réalité est parfois différente, faute de
02:19solution.
02:19Ce petit moulou, il vient d'arriver.
02:21Oui.
02:22Mouamba, ça fait depuis novembre.
02:26Ce petit moulou qui est là, ça fait depuis l'été dernier.
02:29Et est-ce qu'il y a des prévisions de placement en famille d'accueil ou comment ?
02:35Alors, on ne peut pas encore en parler, mais c'est prévu par ici.
02:38D'accord.
02:39Bon, c'est une bonne nouvelle.
02:40On n'en est pas au courant.
02:41C'est une bonne nouvelle.
02:42Oui.
02:42Sur ce groupe, qu'un seul.
02:44D'accord.
02:45Et en fait, c'est parce qu'on manque de famille d'accueil, c'est ça ?
02:47Oui, tout à fait.
02:48Avant, on en avait beaucoup plus et on a de moins en moins.
02:51Tous les spécialistes de la protection de l'enfance nous disent qu'en fait, le placement individualisé, entre guillemets, en
02:56famille, est le meilleur.
02:58Qu'on préconise de nous en faire pour les enfants, c'est toujours mieux que la collectivité.
03:03Bien sûr.
03:04Faute de familles d'accueil assez nombreuses, les pouponnières ne désemplissent pas une mission essentielle pour les Hauts-de-Seine.
03:12Aujourd'hui, on a deux pouponnières dans le département et avec une volonté aussi du président Sifridi, du président du
03:18département des Hauts-de-Seine, d'investir massivement dans la protection de l'enfance pour rattraper aussi un retard qui
03:22avait été là depuis des années.
03:24Et donc tout ça, c'est un cadre qui coûte excessivement cher effectivement au département et au département des Hauts
03:29-de-Seine en particulier, mais qui est aujourd'hui nécessaire pour protéger ces enfants qui sont sous notre responsabilité.
03:34Si le département dépense aujourd'hui plus de 250 millions d'euros par an pour l'aide sociale à l
03:41'enfance, cette mission n'a pas toujours été une priorité, jusqu'à conduire à des mises en danger d'enfants
03:48placés.
03:49J'en ai où ?
03:51Ici, on est rue de la Cerisée à Surenne, à l'hôtel Savoie. En fait, c'était un hôtel, enfin
03:56c'était un hôtel social. Et c'est là où en fait tout a commencé. Et c'est là qu
03:59'il y a eu le jeune Jess qui a été tué par un autre enfant de la ZEU.
04:05Et en fait, on s'est rendu compte en creusant un peu qu'il y avait 29 enfants de l
04:09'aide sociale à l'enfance qui étaient placés dans un hôtel social sans encadrement, sans référents et livrés un peu
04:15à eux-mêmes entre 15 ans et 18 ans.
04:17Ce drame, survenu en 2019, servira de révélateur. Ils étaient à l'époque 10 à 20 000 enfants placés dans
04:26des hôtels d'urgence, faute d'investissements suffisants de certains départements.
04:31Donc ça a été un drame qui était donc à proximité de chez moi et qui m'a poussé en
04:35fait à m'engager complètement dans la protection de l'enfance et à faire de cette cause la cause de
04:41mon mandat en fait.
04:43En 2022, la loi Taquet a interdit l'hébergement d'enfants placés en hôtel. Depuis, les Hauts-de-Seine investissent
04:52dans des structures pérennes.
04:53La plupart sont gérées par des fondations ou associations comme les apprentis d'Auteuil.
04:59Bonjour monsieur le sénateur. Bonjour madame, vous allez bien ? Oui, bienvenue à Apprentis d'Auteuil. Merci d'autre accueil.
05:03Vous êtes sur le site du campus Saint-Philippe des Apprentis d'Auteuil. D'accord. Et on va aller visiter
05:08la maison d'enfants à caractère social.
05:10Ok.
05:11Ici, à Meudon, les enfants placés ont entre 12 et 18 ans. Et pour les plus âgés, à partir de
05:1816 ans, l'accent est mis sur la préparation de la vie après le foyer.
05:23Donc là, c'est des jeunes qui ont entre 16 et 18 ans. Et l'objectif, c'est de les
05:28préparer à la sortie. En tout cas, pas la sortie de l'aide sociale à l'enfance, puisqu'on a
05:32la possibilité de les accueillir jusqu'à 21 ans.
05:34Mais au moins, la sortie du collectif. D'accord. Pour arriver dans l'autonomie. Ce qui est un peu compliqué
05:40aussi, c'est-à-dire que, nous, nos enfants, on ne leur demande pas à 16 ans, entre 16 et
05:4618 ans, de préparer déjà leur départ et leur autonomie.
05:51Bonjour, ça va ? Salut.
05:54Oui. Je suis bien dit à Coveli, je suis vice-président du Sénat.
05:57Et comment s'est-ce que ça se passe la semaine dernière ?
05:58Oui.
05:59Ça se passe plutôt bien.
06:01Oui ?
06:01Ah ben, on voit que t'as le sourire, en tout cas, quand tu te dis que ça se passe
06:04bien.
06:05En plus, t'as une belle chambre, là, toute neuve, toute repeinte.
06:08Ah, il faut que tu nous la montres, la chambre.
06:10Oui, oui. Tu montres ta chambre, Mélvin ?
06:12Allez, tout là-bas.
06:14Allez.
06:14Tu suis, Paresse ?
06:17Elle est grande, hein ?
06:19Alors, t'as quoi comme vue, là ?
06:20Ah, là, il y a une très belle vue.
06:21Ah, génial.
06:23La priorité pour Mélvin, c'est de s'inscrire dans une formation. Lui se verrait bien dans l'animation.
06:29Et après, tu veux travailler dans... Tu préférais quoi ? Dans les centres de loisirs ? Dans... Dans les colos
06:36? Dans quoi ? T'as un truc ?
06:37Dans les héros, au foyer.
06:39Ouais. Au foyer aussi ? Tu aimerais travailler dans les foyers ?
06:41Ouais, c'est bien.
06:42Ouais ?
06:42En fait, tu aimerais t'occuper des... Comme les personnes se sont occupées de toi, c'est ça ?
06:54Il faut à la fois réussir à prendre en charge un collectif, donc un groupe de jeunes de 12, et
07:00à la fois être en capacité de prendre en charge chaque jeune et chaque individu.
07:05Et individualiser la prise en charge.
07:07Oui, et puis en fait, c'est des individus, donc c'est de la dentelle. Chaque situation est différente et
07:12il n'y a pas un modèle général qui s'applique à tous les enfants.
07:16C'est ça.
07:16En plus de la formation, la priorité est de préparer leur vie hors du foyer à leur majorité. C'est
07:23le rôle du service d'accompagnement vers l'autonomie, le SAVA, aux côtés des jeunes de 16 à 21 ans.
07:30Voilà, on arrive sur le SAVA, je vous présente l'équipe. Voilà.
07:36Bonjour.
07:37Bonjour.
07:37C'est que j'ai bien que m'a dit.
07:39Éducateur, psychologue, chef de service, une équipe pluridisciplinaire est aux côtés des jeunes pour les guider dans tous les domaines.
07:46Parce qu'on les accompagne dans tout ce qui est droit commun, apprentissage, droit commun, administratif.
07:53Gérer un budget aussi.
07:55Exactement, la gestion d'un budget.
07:56La santé.
07:58Et puis on a aussi ACITA qui a arrivé, ça fait pas très longtemps, dans nos services, qui les accompagnent
08:02dans leur logement pour la gestion de leur organisation.
08:06Faire le ménage, faire un manger.
08:08Exactement.
08:09Ils ont aussi encore accompagné.
08:10Oui, bien sûr.
08:12Ça coûte cher, certes, mais ça coûtera encore plus cher si on ne les accompagne pas.
08:15Exactement.
08:16Parce qu'en fait, c'est souvent les mêmes publics.
08:18Ceux qu'on n'a pas accompagnés jusqu'à l'autonomie réelle, en fait, on les retrouve ensuite dans les
08:22bénéficiaires des minimas sociaux, parfois dans la délinquance, dans la prostitution.
08:26C'est-à-dire que si on ne les accompagne pas réellement dans cette autonomie, dans cette recherche aussi d
08:30'un emploi, d'un métier et d'une vie normale, en fait, ça coûte beaucoup plus cher à la société
08:37après.
08:37Exactement.
08:39Investir plus et mieux pour que les enfants de l'aide sociale réussissent leur vie, c'est le combat de
08:46plus en plus d'anciens enfants placés, comme Stéphane et Angie, qui militent au sein de l'ADPAP, une association
08:53qui fédère et accompagne les anciens de l'ASE.
08:57Ce jour-là, ils viennent exposer aux sénateurs les difficultés rencontrées.
09:03Bonjour.
09:04Bonjour.
09:05Ça va ? Vous allez bien ?
09:06Oui, et vous ?
09:07Enchanté, Stéphane.
09:08Bonjour, Xavier. Enchanté.
09:09Comme tous passés par l'ASE, ils ont connu des obstacles, des freins qui empêchent d'avancer.
09:15Pour Stéphane, c'est le fait que sa mère biologique garde l'autorité parentale.
09:20Tu as été placé de tes 7 jours à tes 18 ans, mais que tu dépendais encore fiscalement de tes
09:27parents et de l'autorité parentale, en fait, pendant 18 ans.
09:30Oui, oui. Et j'ai eu ma carte d'identité non valable depuis mes 14 ans jusqu'à mes 18
09:34ans. C'est-à-dire que j'avais un permis, j'avais un BSR. C'était compliqué d'avoir le
09:38BSR, de ne pas mettre en place le permis.
09:40Parce qu'en fait, il fallait toujours l'autorisation de tes parents alors que tes parents n'étaient plus dans
09:43ta vie.
09:44Angie, elle, a eu un parcours chaotique, enchaînant des familles d'accueil et des foyers jusqu'à connaître la rue
09:52à sa majorité.
09:53Tu as fait plusieurs départements sur toute la durée de ton classement ?
09:56J'ai énormément bougé, j'ai énormément été à droite à gauche.
10:00Mais donc du coup, il y avait une rupture à chaque fois, en fait ? C'était pas les mêmes
10:03référents ? Tu repartais à zéro, en fait, tous les 6 ans ?
10:06S'il n'a pas de recette miracle, Xavier Iacovelli pense que trop souvent, les droits des enfants placés ne
10:12sont pas respectés et veut désormais s'assurer que cela puisse être le cas.
10:17L'avantage d'un avocat qui soit nommé dès le début du placement, c'est-à-dire qu'en fait,
10:22tu n'auras jamais le numéro de téléphone du juge, tu n'auras quasiment jamais le numéro du référent à
10:27zéro d'ailleurs, mais par contre, tu auras toujours le numéro de téléphone de ton avocat.
10:31Et donc en fait, c'est vraiment cette personne de confiance qui est là uniquement dans l'intérêt du respect
10:38de tes droits, en fait.
10:39Cette idée de l'avocat obligatoire, Xavier Iacovelli, l'apporte de longue date. En 2025, le sénateur a déposé une
10:47proposition de loi en ce sens, reprise par une députée à l'Assemblée et votée en décembre 2025.
10:56Au Sénat, ce texte arrive enfin en ce mois de mai 2026, un jour important pour le sénateur sur un
11:04sujet trop souvent ignoré.
11:06En fait, le problème de la protection de l'enfance, c'est que les enfants, ils ne votent pas.
11:10Les parents de ces enfants qui sont sous mesure éducative, généralement, c'est des gens qui sont très éloignés de
11:16la chose publique.
11:17Et donc forcément, ce n'est pas électoraliste en fait comme domaine. Et donc c'est souvent les premiers sacrifiés.
11:25Mais au moment du passage du texte, une partie des sénateurs et du gouvernement hésitent sur l'utilité d'un
11:31avocat pour les moins de 7 ans
11:33ou sur la capacité des avocats à assurer cette aide juridictionnelle.
11:38Mais les défenseurs du texte ne lâchent pas.
11:41Mais quel adulte ici accepterait d'entrer seul dans un tribunal lorsque toute sa vie est en jeu ?
11:47Quel adulte accepterait ici d'être placé, séparé de sa famille sans être défendu ?
11:51Alors oui, lorsqu'on parle d'un avocat obligatoire, en assistance éducative, nous ne parlons pas d'un luxe procédural.
11:57L'avocat n'est pas là pour décider à la place du juge. Il est là pour défendre les droits
12:01de l'enfant. Il sera le gardien de ses droits.
12:05Après plusieurs revirements, l'entrée en vigueur de l'avocat obligatoire est fixée au 6 janvier 2027 avant d'être
12:13soumise au vote.
12:14Qui est pour ? Qui est contre ? Qui s'abstient ? Le texte est adopté à l'unanimité.
12:23Au côté d'Aïda Adizadeh, la députée socialiste qui a fait voter le texte à l'Assemblée, Xavier Iacovelli peut
12:31savourer une victoire pour les enfants placés.
12:34Super, bravo.
12:35Merci à moi.
12:36Donc là, c'est vraiment une victoire sur le fond et on est très contents du résultat.
12:42Et encore une fois, on attend avec impatience le vote de l'Assemblée nationale.
12:47L'aboutissement d'une bataille pour Xavier Iacovelli qui compte bien poursuivre son combat pour les jeunes confiés à l
12:54'aide sociale à l'enfance.
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