- il y a 2 jours
Au sommaire de ce Mediterraneo découvrez comment les producteurs d'agrumes italiens coopèrent avec des associations marseillaises pour une agriculture solidaire et éthique. Rencontre avec des moines orthodoxes qui ont fuit la guerre en Ukraine. Ils ont trouvé refuge, en Italie. Enfin nous partirons à l'assaut des Météores, en Grèce. Ces pitons rocheux rapprochent les religieux orthodoxes et les alpinistes des étoiles. Année de Production :
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00:06Au sommaire de ce Méditerranéau, découvrez comment des producteurs d'agrumes italiens
00:11coopèrent avec des associations marseillaises pour une agriculture solidaire et éthique.
00:17Rencontre avec des moines orthodoxes qui ont fui la guerre en Ukraine,
00:20ils ont trouvé refuge en Italie.
00:23Enfin, nous partirons à l'assaut des météores en Grèce.
00:26Ces pitons rocheux rapprochent les religieux orthodoxes et les alpinistes des étoiles.
00:53Ces agrumes produits en Calabre partiront bientôt pour la France.
00:57Ces exportations sont le fruit d'une collaboration entre les producteurs et une association phocéenne
01:03qui partage les mêmes valeurs éthiques au service d'une agriculture responsable.
01:08Donc avant de partir pour l'Italie, un détour par Marseille s'impose.
01:22A Marseille, le réseau des paniers marseillais regroupe 30 associations de maintien de l'agriculture paysanne, les AMAP.
01:30Un système de contrat d'abonnement solidaire et de vente directe entre des paysans et des consommateurs
01:37qui s'investissent bénévolement.
01:39En deux heures, 6 tonnes d'agrumes vont être distribuées et repartir dans tous les quartiers de Marseille.
01:4914 mandarines, 7 citrons et 7 avocats.
01:52Et les bergamotes.
01:57Des fruits en provenance du sud de l'Italie, de la Calabre.
02:01Une distance exceptionnellement longue, justifiée par une situation particulière.
02:0737 plus 28.
02:08M. le trésorier.
02:09On n'a pas réussi à trouver des agrumes qui correspondaient à notre demande et à nos...
02:15Combien ? 400...
02:165 à 6 tonnes.
02:17Oui.
02:185 à 6 tonnes à chaque distribution, 40 tonnes par saison.
02:22Et donc on s'est tourné vers la Calabre.
02:23Ça en bio, en région Provence, Alpes-Côte d'Azur.
02:26C'est complexe.
02:26Et c'est un de nos adhérents qui nous a envoyés vers la Calabre, qui a vraiment un projet social
02:32qui est vraiment dans nos valeurs, puisqu'il lutte contre la mainmise de la mafia sur les agrumiculteurs
02:39qui exploitent la main-d'œuvre migrante d'Afrique.
02:43Et donc on est allés vers eux pour récupérer nos délicieux agrumes.
02:49Jusqu'ici, ce sont les Calabrés qui sont venus à Marseille.
02:52Mais c'est la première fois que les paniers marseillais, le plus gros client de la coopérative,
02:57avec 5% des quelques 800 tonnes récoltées chaque année, viennent à Rosarno.
03:04Laurence et Clément arrivent dans une ville de Calabre, capitale des agrumes,
03:10fondée au 7e siècle avant Jésus-Christ par des migrants grecs sous le nom de Medma.
03:15C'est parti, c'est parti, c'est parti, c'est parti.
03:32Bienvenue à Calabre.
03:33Alors expliquez-nous l'histoire de SOS Rosarno et Magneterra,
03:37comment c'est né et pourquoi ça s'est créé.
03:40SOS Rosarno est né après des événements graves
03:47qui sont connus sous le nom de la révolte de Rosarno.
03:52Jeudi soir, intervention des forces de l'ordre dans les rues de cette petite localité de Calabre.
03:58Ces Africains sont en colère et manifestent violemment.
04:0167 personnes seront blessées, immigrés et policiers.
04:05Regardez ce qu'ils ont fait, il faut qu'ils s'en aillent, ce sont des bêtes féroces, on ne
04:09veut pas vivre avec eux.
04:11Sauf que cette main d'oeuvre, c'est une aubaine pour les agriculteurs qui les emploient,
04:15corvéables et sous-payés, logés dans des conditions déplorables.
04:20Chaque année, environ 4000 Africains viennent travailler ici en Italie,
04:24beaucoup, illégalement, pour faire vivre leur famille en Afrique.
04:29Derrière ces agressions, il faut y voir la main de la mafia calabrese,
04:32qui gère le marché du travail au noir.
04:37Une situation qui prend racine dans la fin de l'âge d'or, de l'après-guerre.
04:44À cette époque, Rosarno connaît un boom économique notable
04:47qu'il a fait surnommer la Petite Amérique, un endroit vraiment riche grâce aux agrumes.
04:54Pourquoi les agrumes sont devenus moins rentables que dans les années 50-60 ?
04:59Parce que la grande distribution est rentrée dans le jeu
05:03et a commencé à exploiter de manière pas normale la production,
05:10en abaissant les prix.
05:11Et ça, ça a créé une crise économique sans précédent.
05:15Raison pour laquelle les gens ont deux choix.
05:20Ou tu abandonnes la culture, ou tu tailles là où tu peux tailler.
05:24Là où tu peux tailler, c'est sur les travailleurs agricoles,
05:27ceux qui viennent pour la récolte.
05:29Il fallait trouver une autre réponse à ce problème social.
05:31Elle défend le droit des petits producteurs et des travailleurs agricoles,
05:36ceux qui viennent pour la cueillette.
05:37L'association a été créée pour donner une réponse à tout cela.
05:50Les objectifs du projet sont au nombre de trois.
05:53Un, respect de l'environnement.
05:56Comment ?
05:57Avec une production agroécologique, biologique,
05:59sans utilisation de substances chimiques,
06:02pour ne pas abîmer le sol.
06:04Deux, respect de toutes les personnes.
06:06Pas seulement les travailleurs,
06:08mais aussi les producteurs et également les consommateurs
06:10qui peuvent avoir un fruit de qualité à prix clair et honnête.
06:17Le troisième objectif est le mutualisme et la solidarité.
06:24Pour nous, c'est très important parce que grâce à ça,
06:27on peut intervenir au nord-est de la Syrie,
06:30au nord de l'Irak, dans le Kurdistan irakien.
06:32On peut contribuer à l'aide humanitaire à Gaza
06:40et on peut soutenir dans Besso l'hôtel social pour nos travailleurs à San Ferdinando.
06:49On peut aussi aider une ONG
06:51qui sauve des migrants en mer et tant de choses.
06:58Comment le fait-on ?
07:00C'est très simple.
07:01Parce qu'on a la possibilité de vendre en direct
07:03ce que nous produisons.
07:06Si nous n'avions pas cette possibilité,
07:08nous ne pourrions rien faire.
07:16Si on peut offrir chaque année 50 tonnes
07:20aux familles nécessiteuses à travers toute l'Italie,
07:23c'est parce qu'il existe des groupes
07:25comme les paniers marseillais
07:26qui achètent directement notre production.
07:31Du coup, on peut dire que
07:33quand nous offrons une caisse d'orange
07:34à une famille dans le besoin à Turin,
07:37les paniers marseillais ont offert
07:38quelques kilos de cette caisse.
07:41On utilise cette maxime
07:43« Qui peut faire ce qu'il peut
07:45pour celui qui ne peut pas ? »
07:47Ça, c'est notre philosophie.
07:50À côté de la solidarité,
07:52l'aspect agroécologique du projet reste majeur,
07:55y compris lorsqu'il faut expliquer aux consommateurs
07:58que vouloir des mandarines sans pépins
08:00est un non-sens.
08:04Naturellement, c'est un peu fastidieux
08:05quand on les mange,
08:06mais les graines sont comme un cerveau
08:09pour la plante.
08:12La graine commande à la racine
08:14d'envoyer dans le fruit
08:15les substances nutritives,
08:17la plus grande quantité
08:19de substances nutritives.
08:24C'est le côté positif
08:26de la présence des pépins.
08:30Plus il y a de substances nutritives,
08:32plus il y a d'arômes.
08:40Maintenant, on va rencontrer
08:41un autre associé de SOS Rosarno
08:43et Mani et Terra,
08:45qui s'appelle Gabriel
08:46et qui vous montrera
08:48que SOS Rosarno,
08:49ce n'est pas que des oranges,
08:50des mandarines
08:51et des clémentines,
08:52mais bien d'autres choses.
08:56Qu'est-ce qu'il fabrique, là ?
08:58Actuellement, il fait du pecorino
09:00qui permettra ensuite
09:01de faire de la ricotta
09:03très chaude et très bonne.
09:09Maintenant, je vais vous montrer
09:11autre chose.
09:17SOS Rosarno, c'est un projet local,
09:19mais avec une ouverture
09:20vers le monde.
09:21On peut dire
09:22que nous sommes internationalistes.
09:27Là, ce sont des produits
09:30des producteurs
09:31de la coopérative Mani et Terra
09:32qui sont engagés
09:34dans SOS Rosarno.
09:37Et là, c'est une série de projets
09:41que nous commercialisons
09:42pour les soutenir.
09:51Mais le projet phare
09:53de la coopérative
09:54en matière de solidarité
09:56reste les foyers
09:57d'hébergement sociaux
09:58pour les travailleurs
09:59agricoles étrangers.
10:01Dambesso a été aménagé
10:03dans un ancien hôtel,
10:05reconverti pour accueillir
10:0680 travailleurs
10:07en appartement.
10:12Oui, Dambesso aussi,
10:13ça sentait beaucoup de choses
10:15parce que maintenant,
10:16je suis propre.
10:17Il n'y a pas les maladies ici.
10:19Mais maintenant,
10:20tu travailles en physique.
10:22Tu viens la nuit,
10:22tu ne peux pas dormir tranquille.
10:24Chaque fois que tu attends
10:25le bruit,
10:26tu ne peux pas dormir bien.
10:28Ça, ce n'est pas joli.
10:30il tourne dans le tour de l'Italie.
10:31Quand je quitte ici,
10:33chaque fois que je parle avec eux,
10:35ils laissent mon place.
10:36Quand je reviens,
10:37je prends mon place.
10:48Dambé, ça veut dire
10:48la dignité,
10:49sous la maison.
10:51Donc, on a dit,
10:52comme nous travaillons
10:52sur la dignité,
10:54on va appeler le foyer
10:55Dambé-Sous,
10:56la maison de la dignité,
10:57parce que ceux qui viennent
10:59sont en quête de dignité.
11:00Il faut qu'ils soient respectés.
11:01C'est des travailleurs
11:02et qu'on les considère
11:04comme des humains,
11:05pas comme des animaux.
11:09Notre objectif,
11:10c'est de démonter
11:11les ghettos
11:12et dire à l'État
11:14qu'avec zéro héros,
11:17on peut faire grand.
11:18Seulement,
11:19il faut avoir la volonté.
11:21La politique
11:21de SOS Rosano,
11:23c'est ça,
11:24ajouter quelques centimes
11:25au prix d'achat
11:26des produits
11:27pour pouvoir financer
11:28les différentes réalités,
11:30les différents projets.
11:32Nous, on en bénéficie
11:33parce qu'on a passé
11:35un accord
11:35avec la coopérative
11:37Manetera
11:37qui, après chaque fin
11:39de saison,
11:40nous verse quelque chose.
11:41Les églises évangéliques
11:43et valdoises,
11:44à travers l'Europe,
11:46donnent aussi
11:47leurs contributions.
11:48Donc, le projet
11:49est à 100 %
11:50financier, soutenu,
11:51sans l'apport étatique.
11:54Ici, c'est le projet pilote.
11:56On veut que ça soit
11:57reproduit à travers l'Italie
11:59selon les saisons
12:00parce que les travailleurs
12:02immigrés se déplacent
12:03comme vous l'avez dit
12:04en fonction des saisons.
12:05Là, si on a la possibilité
12:06de faire une chaîne
12:07d'auberge
12:08et cela permettrait
12:10aux travailleurs immigrés
12:11d'avoir un toit
12:12à chaque fois
12:12qu'ils se déplacent
12:13selon les régions
12:14et selon les saisons,
12:16ça leur permettrait
12:16d'éviter des maladies
12:17et beaucoup d'autres choses
12:18parce que la population
12:19italienne est vieille.
12:20C'est la deuxième population
12:22qui vient dans le monde
12:23après le Japon.
12:24Il n'y a personne.
12:25Les jeunes sont allés
12:26à l'aventure ailleurs
12:28pour trouver une meilleure vie.
12:30Qui reste ?
12:30Ce sont les immigrés,
12:31surtout les subsahériens.
12:33Si ces immigrés-là
12:34sont maltraités,
12:35qu'un jour,
12:36avec le réveil de l'Afrique,
12:38ils resteront chez eux.
12:39Qui, ici,
12:40va récolter les agrumes ?
12:42Personne.
12:45Si les agrumes
12:46de SOS Rosarno,
12:47mani et terre,
12:48sont remarqués
12:49pour leur saveur,
12:50c'est sans doute aussi
12:51parce qu'ils ont le goût
12:53de la dignité.
13:03On reste en Italie
13:04où des moines ukrainiens
13:05ont trouvé refuge
13:06depuis le début
13:07de la guerre
13:08avec la Russie.
13:09À Carbone,
13:10dans la province
13:11de Potenza,
13:13cette petite communauté
13:14orthodoxe
13:14se mêle à la population
13:16et à ses traditions locales.
13:30Carbone est devenu
13:32notre foyer.
13:33Tous les habitants
13:33font partie
13:34de notre famille.
13:38Le père Gabriel
13:39est arrivé ici
13:40il y a deux ans.
13:41C'est à Carbone,
13:42dans la province
13:43de Potenza,
13:44au milieu des bois
13:45des Apenas lucaniens,
13:47qu'il a trouvé refuge
13:48loin de la guerre.
13:50Son monastère en Crimée
13:51a été occupé
13:52par les Russes.
13:53Il a réussi à s'enfuir
13:54avant d'être arrêté.
13:55Un sort commun
13:56à de nombreux religieux
13:58qui ont condamné
13:58la prise d'opposition
13:59du patriarche de Moscou,
14:01Cyril,
14:01en faveur de l'attaque russe
14:03contre l'Ukraine.
14:09Carbone est un petit village
14:10très charmant,
14:11idéal pour la réflexion
14:13et la prière.
14:14Au contact de la nature,
14:16on peut se retrouver
14:16plus facilement.
14:25J'ai très envie
14:27de rentrer chez moi,
14:28mais maintenant,
14:29je ne suis plus seule.
14:30Je fais partie du monastère
14:32et là où il se trouve,
14:33je suis chez moi.
14:35Des réfugiés de guerre
14:37pour lesquels
14:37les habitants
14:38ont mis à disposition
14:39gratuitement
14:40deux appartements.
14:41Un troisième
14:42a été acheté
14:43par le métropolite
14:44orthodoxe d'Italie,
14:45Polycarpos.
14:46Le patriarcat,
14:48le diocèse,
14:48la municipalité
14:49et les citoyens
14:50sont tous unis
14:51pour les accueillir.
14:53Mais l'histoire
14:54a réservé aux moines
14:55une rencontre inattendue,
14:57celle avec leurs propres racines
14:59de chrétiens orthodoxes.
15:01En effet,
15:01c'est à Carbone,
15:02vers la fin du Xe siècle,
15:03que saint Luc d'Armentum
15:05fonda une communauté monastique,
15:07une communauté
15:08qui a recommencé à vivre.
15:12Lorsque nous sommes arrivés
15:13en Basilicate,
15:14nous ne connaissions pas
15:15l'histoire de saint Luc d'Armentum.
15:18Mais,
15:18grâce à un effort collectif,
15:20nous avons réussi
15:21à ramener ces reliques ici.
15:29Saint Luc a pu rentrer chez lui
15:31et accompagner
15:31de ses nouveaux disciples
15:32qui ont fait revivre
15:34sur ces anciennes
15:35terres byzantines
15:36le rite grec
15:37disparu au XVIIe siècle.
15:48Cinq moines
15:49pour 500 habitants.
15:57Dans le grenier,
15:59un petit atelier de couture
16:00où sont réalisés
16:01les vêtements liturgiques.
16:02La liturgie dans l'ancienne Cabavin,
16:05une cuisine simple.
16:07Un matin,
16:08Carbone s'est réveillé
16:09et a découvert
16:10que la légende
16:11était devenue une réalité.
16:16Quand nous étions enfants,
16:18on nous racontait toujours
16:20que des moines
16:20vivaient parmi nous.
16:22Des moines
16:23qui cultivaient
16:24des herbes médicinales.
16:26Pour moi,
16:27le plus beau moment
16:28a été lorsque
16:29nous avons vu
16:30pour la première fois
16:31ces moines
16:31se promener
16:32dans les rues du village.
16:37Après tant d'années,
16:38les moines
16:39sont revenus
16:40et nous avons été
16:41les premiers témoins
16:42de cette grande réalité
16:44que nous vivons aujourd'hui
16:45dans notre village.
16:46de cette grande réalité
16:48que aujourd'hui
16:49nous vivons
16:50ici
16:50dans notre pays.
17:01Des monastères perchés
17:03sur d'impressionnantes
17:04formations rocheuses,
17:06nous sommes dans les météores,
17:08sites classés
17:08au cœur de la Grèce.
17:10Il attire de plus en plus
17:12de touristes
17:12et d'alpinistes,
17:13c'est la deuxième région
17:15la plus visitée du pays.
17:16Cette affluence
17:17est ressentie
17:18autant comme une opportunité
17:19qu'une menace
17:20pour le village
17:21de Kalambak.
17:32C'est un site unique au monde.
17:35En plein cœur
17:35de la Grèce continentale,
17:37il surplombe la vallée
17:39des pitons rocheux majestueux.
17:42Niches à leur semée,
17:44ces monastères,
17:45centenaires,
17:46le plus haut culminent
17:47à 63 mètres
17:48au-dessus du vide.
17:49En grec,
17:51météora signifie
17:52suspendu dans les airs.
17:54Une prouesse architecturale
17:55qui a débuté
17:56au XIVe siècle.
17:58A force de travail,
17:59des moines orthodoxes
18:00ont creusé la pierre,
18:02construit 24 sites religieux,
18:046 sont encore actifs.
18:06Le but,
18:07s'isoler des tentations humaines,
18:09se protéger des pillards.
18:11Ils étaient 300 religieux
18:12au XVIe siècle,
18:13ne sont plus
18:14qu'une quinzaine aujourd'hui.
18:15Un honneur
18:16d'appartenir
18:16à cette communauté monastique
18:18très impliquée,
18:19parfois recluse.
18:20Ce moine
18:21est le seul
18:22à accepter notre caméra.
18:37En cette période pascale,
18:39Ionisio s'entonne un chant
18:40sur la crucifixion du Christ.
18:47La semaine sainte
18:48est toujours
18:49une période spéciale.
18:52Par ses chants,
18:53c'est émouvant
18:54de revivre
18:55le voyage du Christ
18:56à Jérusalem,
18:58de revivre
18:59cette humiliation
19:00subie volontairement
19:01car il a choisi
19:02la passion.
19:04Son dévouement,
19:05ce religieux
19:06l'a choisi très jeune.
19:07Originaire de la région,
19:09il rêvait d'exercer ici,
19:10suite à une longue période
19:12d'initiation,
19:13d'acceptation,
19:14il est aujourd'hui
19:15en charge
19:15de ce monastère
19:16dans la vallée.
19:18Après un réveil
19:19à 3h du matin,
19:20ses journées
19:20sont rythmées
19:21par les messes,
19:22les appels à la prière
19:23avec un cimandreau métallique
19:28ou un talendo en bois
19:32et surtout,
19:34quotidiennement,
19:35entretenir le site,
19:36les jardins
19:37pour accueillir
19:38les fidèles.
19:41Nous devons respecter
19:44la maison de Dieu,
19:45la garder belle
19:46et propre
19:47pour que chacun,
19:48chaque pèlerin
19:50puisse profiter
19:51de cet espace sacré,
19:52de la beauté
19:54de la nature.
19:56Une beauté
19:57qui attire chaque année
19:58toujours plus de curieux
19:59dans la région.
20:00Lui ne voit pas cela
20:01d'un mauvais oeil,
20:02peut-être parce que
20:03le monastère
20:03qu'il habite seul,
20:04en contrebas,
20:05est assez peu fréquenté.
20:07Pour Ionisios,
20:08il faut rester ouvert
20:09sur le monde,
20:10c'est dans l'intérêt
20:11de sa communauté.
20:15Il y a deux catégories
20:17de moines.
20:17Ceux qui pensent
20:19qu'on ne peut pas
20:19accepter de visiteurs,
20:21ce sont les successeurs
20:22des premiers ermites
20:23et ceux qui pensent
20:25que les visiteurs,
20:26grâce à leur argent,
20:28permettent de préserver
20:29et rénover les lieux,
20:30les agrandir,
20:31mais aussi aider
20:33les nécessiteux.
20:34Je fais partie
20:35de la deuxième catégorie.
20:38Les météores
20:39accueillent 25 000 visiteurs
20:41par jour
20:41durant la haute saison.
20:44Le long de la route
20:45montagneuse,
20:46parfois difficile
20:46de circuler,
20:47surtout au coucher
20:48du soleil.
20:49Tout le monde
20:50veut sa photo,
20:51succès garanti
20:52sur les réseaux sociaux.
20:53Il faut quand même
20:54bien qu'on puisse
20:54aussi admirer la culture,
20:57ici admirer des paysages
20:58qui sont extraordinaires,
21:00peut-être même
21:01certainement uniques
21:02sur notre planète.
21:04Et si on peut
21:05les préserver,
21:05c'est encore mieux,
21:06mais il faut quand même
21:07qu'on puisse les voir.
21:09Le nombre n'est pas
21:10un problème
21:11pour les représentants
21:12de l'Office du tourisme.
21:13Il soutient la stratégie
21:15basée sur ce développement
21:16touristique et économique.
21:18Le défi est de conserver
21:22l'authenticité
21:23et de pouvoir augmenter
21:24le nombre de visiteurs
21:25dans le futur.
21:26Nous devons être capables
21:27de construire
21:28de nouvelles infrastructures,
21:30comme des toilettes publiques
21:31par exemple.
21:31Nous devons agrandir
21:33les routes,
21:33faire plus de lieux
21:34de stationnement
21:35près des météores,
21:36mais aussi mettre en place
21:37des cartes digitales
21:39des sentiers,
21:40tout ce qui est en lien
21:41avec le tourisme.
21:43Dans cette partie
21:44de la Thessalie,
21:45il n'y a pas
21:46que des monastères.
21:47Les Midictours
21:48sont cernés
21:49de forêts de chênes,
21:51idéales pour quiconque
21:52fuit la foule
21:53et décide de découvrir
21:54la région autrement.
21:56Il y a une cinquantaine
21:58d'années,
21:58chèvres et bergers
21:59sillonnaient les lieux.
22:00Les troupeaux
22:01les ont quittés
22:02avec l'arrivée
22:02des touristes.
22:04À quelques encablures
22:05décide de visiter,
22:06la nature est aujourd'hui
22:07arpentée par des randonneurs
22:08en quête de calme,
22:09d'authenticité.
22:12Après une heure
22:13de marche sportive,
22:14sans rencontrer
22:15âmes qui vivent,
22:16ce groupe accède
22:17par des chemins escarpés
22:18à une ancienne chapelle
22:20construite par des ermites.
22:25Il y avait un toit
22:26et ici le sol.
22:27On imagine les poutres.
22:29Ils avaient aussi
22:30une citerne
22:31pour collecter de l'eau.
22:32Vous pouvez voir
22:33un couloir qui descend,
22:35une sorte de gouttière
22:36creusée au burin
22:37qui conduit l'eau
22:38jusqu'à l'intérieur.
22:44Un site isolé,
22:46intimiste,
22:46à l'écart
22:47des sentiers battus,
22:48il permet de comprendre
22:49l'histoire des météores
22:51autrement.
22:52C'est important,
22:52c'est une façon
22:54de connaître un peu
22:55la culture
22:56et la vie des gens
22:57un peu plus,
22:57je pense.
22:59On essaye bien sûr
23:00d'être respectueux
23:01des us et des coutumes
23:02et de ne pas forcément
23:03venir avec des gros cars,
23:05de polluer.
23:08Faire découvrir
23:09sa région natale
23:10en prenant le temps.
23:13Vous savez ce que
23:14« météora » signifie ?
23:15C'est le mantra
23:16de Christos Papayorgopoulos.
23:18Même s'il est guide,
23:20il dénonce
23:20la fréquentation,
23:21la stratégie
23:22du tout
23:23pour le tourisme.
23:26C'est dévastateur
23:28pour la zone
23:28et pour l'économie aussi
23:30parce que c'est
23:31ce que j'appelle
23:32du tourisme
23:33fast-food.
23:34Ils viennent,
23:35ils repartent,
23:36ils laissent juste
23:37des déchets derrière eux.
23:38Cela fait aussi
23:39beaucoup de bruit
23:40alors que c'est
23:41un site religieux ici.
23:42Il y a des espèces
23:43protégées.
23:44mais le tourisme
23:45est le pilier
23:46de l'économie ici.
23:47Et malheureusement,
23:48ce tourisme de masse
23:50n'est pas contrôlé.
23:51Pour des raisons
23:52politiques,
23:53disons.
23:55S'éloigner de la foule,
23:56prendre de la hauteur,
23:58c'est aussi ce qui attire
23:59certains visiteurs
24:01à Kalambaka.
24:02Sur les faces abruptes
24:04des météores,
24:04on les aperçoit
24:05tels de minuscules
24:06funambules.
24:07Comme les premiers
24:08ermites,
24:09plusieurs siècles avant eux,
24:10des passionnés
24:11d'adrénaline
24:12grimpent,
24:12ils viennent du monde entier
24:13car la région
24:14est l'un des sites
24:15d'escalades
24:16les plus réputés
24:17du pays.
24:18Ok.
24:20On va commencer
24:21par le côté droit
24:21et on peut aller
24:22déposer les affaires
24:23à gauche.
24:23Mais c'est surtout
24:24la roche si particulière
24:25qui attire les grimpeurs.
24:27Il y a des millions
24:28d'années,
24:28ici se trouvait
24:29le delta d'un fleuve
24:31qui a charrié
24:32sédiments,
24:33coquillages,
24:33pour créer
24:34ces falaises
24:35façonnées par les ans.
24:37C'est un naturel
24:38concret.
24:40Vous pouvez trouver
24:41différents types
24:41de matériaux
24:42En fait,
24:43c'est une sorte
24:43de béton naturel.
24:44On y trouve
24:45tout type de matériaux,
24:46des grosses pierres,
24:47des minuscules galets.
24:50Escalader ici,
24:51c'est toujours
24:51une expérience.
24:58Ici,
24:59il y a ces petits galets,
25:00celui-là
25:00est plutôt gros.
25:02Il faut se positionner
25:03sur ces petites structures.
25:04Elles ont différentes couleurs,
25:06différentes textures.
25:07Parfois,
25:07elles sont couvertes
25:08de mousse,
25:09donc il faut utiliser
25:10les bonnes.
25:10et au plus vous grimpez,
25:12au plus c'est raide
25:13et au plus les galets
25:14sont fins,
25:14au plus la voie
25:15est difficile.
25:17Il faut choisir
25:18les bonnes prises
25:19et prier un peu
25:20pour qu'elles restent
25:20là où elles sont.
25:26Des paysages
25:27qui resteront gravés
25:28dans la mémoire
25:29des deux millions
25:30de personnes
25:30qui visitent
25:31les météores
25:32chaque année.
25:38Il y a toujours
25:39de nouvelles découvertes
25:40dans ce magazine,
25:41alors à bientôt
25:42dans Méditerranée.
25:58Sous-titrage Société Radio-Canada
25:58Sous-titrage Société Radio-Canada
26:02Sous-titrage Société Radio-Canada
26:05Sous-titrage Société Radio-Canada
26:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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