- il y a 6 semaines
Après avoir été pendant longtemps l’un des meilleurs journalistes de la presse française, au point qu’il finit par diriger l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le redressant de façon spectaculaire, ce connaisseur hors-pair de la politique intérieure est retourné à sa véritable passion, l’Histoire - particulièrement l’Histoire des relations internationales du XXIème siècle.
Doté d’une inépuisable curiosité jamais satisfaite, ce qui le conduit à creuser ses sujets sans crainte de déranger les conformismes historiographies les mieux établis, et d’une inépuisable puissance de travail, cet homme trop modeste a livré en moins de vingt ans une série d’ouvrages impressionnants. Il est si savoureux de lire, tant est grand le bonheur de le voir faire pièce aux pires idées reçues (par exemple sur "l’amitié franco-américaine" - voire "L'ami américain", son ouvrage le plus connu), que nous lui consacrons quatre conversations.
Commençons ici par son "Histoire de la Droite française - 50 ans de coups tordus" qui révèle des "dessous des cartes" pleins de résonances pour aujourd’hui - par exemple sur les conditions de l’arrivée au pouvoir du général De Gaulle en 1958 (on découvrira dans ce premier épisode une stupéfiante "archive sonore" sur le coup d’Etat rebaptisé "coup de chien" qu’il appelait de ses vœux ; ou sur le soutien de l’OAS par les Etats-Unis, ou sur l’aide que Washington apporta, avec Mitterrand, au lancement du Front National de 1982 à 1986 etc. Féroce et passionnant.
Doté d’une inépuisable curiosité jamais satisfaite, ce qui le conduit à creuser ses sujets sans crainte de déranger les conformismes historiographies les mieux établis, et d’une inépuisable puissance de travail, cet homme trop modeste a livré en moins de vingt ans une série d’ouvrages impressionnants. Il est si savoureux de lire, tant est grand le bonheur de le voir faire pièce aux pires idées reçues (par exemple sur "l’amitié franco-américaine" - voire "L'ami américain", son ouvrage le plus connu), que nous lui consacrons quatre conversations.
Commençons ici par son "Histoire de la Droite française - 50 ans de coups tordus" qui révèle des "dessous des cartes" pleins de résonances pour aujourd’hui - par exemple sur les conditions de l’arrivée au pouvoir du général De Gaulle en 1958 (on découvrira dans ce premier épisode une stupéfiante "archive sonore" sur le coup d’Etat rebaptisé "coup de chien" qu’il appelait de ses vœux ; ou sur le soutien de l’OAS par les Etats-Unis, ou sur l’aide que Washington apporta, avec Mitterrand, au lancement du Front National de 1982 à 1986 etc. Féroce et passionnant.
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00:00:00Alors mon cher Éric Brancard, on peut dire que je l'ai mérité cet instant.
00:00:30De vous retrouver, de vous accueillir chez moi, vous êtes déjà venus, mais je voulais que des caméras tournent pour graver dans le marbre, si l'on peut dire, ou sur la pellicule, des conversations qui accompagnent mes lectures de vos livres et qui, chaque fois, me font songer pendant des jours et des jours.
00:00:51Alors, vous avez été un peu réticent, cher Éric Brancard, pourquoi ?
00:00:58Plus de fois, vous avez dit non !
00:01:00C'est pas ça !
00:01:01Vous devez être à mes premiers invités, vous n'êtes pas le premier !
00:01:04C'est pas ça, c'est que j'ai vu vos émissions qui sont toutes passionnantes, mais alors vous tarabustez vos invités sur leur vie privée, sur leur enfance, etc.
00:01:12Je n'ai rien de passionnant à raconter sur moi.
00:01:15Non, mais parce que certaines personnes, oui, voilà.
00:01:18Voilà, mais certaines, oui, alors voilà.
00:01:20Voilà, et vous, vous êtes un Parisien de Paris ?
00:01:23Oui.
00:01:24Une famille parisienne ?
00:01:25Plusieurs générations, oui.
00:01:27Votre nom a une petite sonorité italienne, quand même, non ?
00:01:30Oui, oui, oui, d'origine très ancienne, du côté de mon père, oui, mais ça remonte à la fin du 19e siècle.
00:01:36Mais tout le monde est parisien chez moi.
00:01:38Bon, alors, ne parlons plus de vous, de toute façon, vous vous effacez devant vos livres.
00:01:42Vos livres, alors là, j'ai un autre reproche à vous faire, on commence mal.
00:01:47Ils sont énormes.
00:01:48Pour qui lisent chacun de vos livres ?
00:01:50J'en ai quelques-uns devant moi, on ne pourra pas tous les évoquer, il y en a une quinzaine.
00:01:56Chacun est une révolution, enfin, moi, en tous les cas.
00:02:00Je cite, pour commencer, le dernier en date, puisque nous sommes dans la période de Noël, on achète des livres, achetez les 300 jours, c'est le dernier, je crois, il est paru cet été, enfin...
00:02:11Il est paru au printemps dernier.
00:02:13Ah, au printemps, au printemps.
00:02:14Écoutez, c'est le genre de livre, quand on l'a fini, s'il reste un peu de place pour lire le texte, parce que moi j'ai tout couvert de notes, on a envie de le reprendre tout de suite.
00:02:24Tellement il y a de choses, en 400 pages, 300... ah non, oui, 390, il est incroyable ce livre.
00:02:31On va y revenir, parce qu'on va commencer par le commencement, c'est mieux avec cette foison.
00:02:35Bon, mais ce livre, 300 jours, répond, je ne sais pas d'ailleurs pourquoi vous n'avez pas mis 600 jours, mais bref, répond à une question que je me suis toujours posée, Eric.
00:02:45Je ne vous l'ai pas dit ça.
00:02:47Je me souviens, déjà, à l'école, je me l'ai posée.
00:02:50Comment il se fait que le Reich étant absolument battu à partir de l'été 43, il n'y avait plus d'Allemands en Afrique du Nord, Mussolini était renversé,
00:03:06après Stalingrad, il y a eu Kursk, et après ce que vous appelez la Barbarossa à l'envers, c'est-à-dire que les troupes russes déferlent vers l'Allemagne,
00:03:17on est en 43, et Hitler...
00:03:20Ça, c'est 44, ça, Barbarossa à l'envers, c'est 44, c'est l'opération Bagration.
00:03:25Après Kursk, mais Kursk, c'est quand même l'été 43.
00:03:27Kursk, c'est le vrai tournant.
00:03:29Oui, Kursk, c'est le vrai tournant.
00:03:30C'est l'été 43.
00:03:31Absolument, c'est l'été 43, c'est juillet-août 43, et puis le front se stabilise, et puis il y a la poussée finale de l'été 44, que j'appelle Barbarossa à l'envers.
00:03:39Comment se fait-il qu'Hitler ait tenu si longtemps ? Je me suis toujours posé cette question,
00:03:44parce que finalement, la fin de la guerre, c'est mai, et encore, au mois de mai, il y a encore des troupes allemandes de 45,
00:03:52il y a encore des troupes allemandes au Danemark, en République tchèque, etc.
00:03:55Donc, comment se fait-il...
00:03:57Et puis après, il y aura Hiroshima.
00:03:58Comment se fait-il qu'alors, quand l'été 43, évidemment, les carottes sont cuites,
00:04:03et pendant deux ans, ça continue ?
00:04:05Je me suis toujours posé la question, j'ai la réponse dans ce livre,
00:04:08on n'y viendra peut-être pas dans cette émission,
00:04:10mais comme j'ai envie de faire une vingtaine d'émissions avec vous, nous avons le temps.
00:04:14Bon, la matière est énorme.
00:04:18Je vous ai reproché votre semblant de timidité,
00:04:23vous ne vous imposez pas,
00:04:25vous êtes connu pour un livre qui est mirobolant,
00:04:30qui s'appelle L'Ami Américain,
00:04:32mais tous vos livres sont mirobolants.
00:04:35Alors, je le montre à la caméra, tout le monde connaît ce livre.
00:04:37Ça, c'est la première édition.
00:04:39Il est maintenant en poche, celle-là est malheureusement épuisée.
00:04:42L'Ami Américain, la thèse, c'est que, évidemment, c'est une ironie, l'Ami Américain.
00:04:49De Gaulle fait s'envoie, c'est l'Ami des Etats-Unis,
00:04:51mais il sait très bien que les Etats-Unis ont pour cible principale,
00:04:54enfin, une des cibles principales, sur le long terme, la puissance française.
00:04:59Absolument.
00:05:01Et quand on dit De Gaulle, ce n'est pas De Gaulle, c'est la France qui les antiquine.
00:05:05C'est la France qui veut avoir les mains libres.
00:05:07En fait, c'est ça. Ça n'est pas la France en tant que telle, c'est la France quand elle veut être indépendante.
00:05:12Et ça nous éclaire sur la conception que les Américains ont de l'amitié et que la puissance américaine a de l'amitié.
00:05:18L'amitié n'existe pas entre les peuples.
00:05:20Il peut y avoir des rapports plus ou moins égaux.
00:05:23Et ce qu'ils veulent, ce sont des vassaux.
00:05:25Et dès lors que la France était une vassale, comme elle avait été vis-à-vis des anglo-saxons et des anglais entre les deux guerres,
00:05:32et comme la 4e République le sera entre 1947 et 1958, tout allait très bien.
00:05:38À partir de 1958...
00:05:38Les vassales somptueux, les gens de la Loire, Versailles, le Louvre, ils adorent ça.
00:05:43Ah, ils adorent.
00:05:43Mais politiquement, il faut leur foutre la paix.
00:05:47Exactement.
00:05:47Il faut les suivre.
00:05:49Exactement.
00:05:50Ce qui n'est pas le cas de De Gaulle.
00:05:51Ils s'acharnent contre lui.
00:05:53On va y venir, l'ami américain, au point d'ailleurs, directement ou indirectement, de vouloir le faire assassiner.
00:06:00Alors ça, c'est une affaire compliquée.
00:06:03Mais il est certain qu'ils ont vu d'un très bon oeil les attentats contre De Gaulle, notamment ceux de l'OAS.
00:06:10On a trouvé, d'ailleurs, les services de renseignement français ont trouvé des explosifs dans les arsenaux de l'OAS qui étaient de marque américaine.
00:06:21Ça, c'est absolument attesté.
00:06:23Quand vous regardez les notes que l'ambassade américaine a envoyées au département d'État,
00:06:28on est frappé par l'attente qui est la leur, qu'il arrive quelque chose à De Gaulle.
00:06:33Alors ça, c'était quelque chose de violent en 1961, 1962, 1963.
00:06:37Et puis, un accident politique en 1968.
00:06:41Là, c'est très intéressant aussi.
00:06:42Ils ont favorisé aussi.
00:06:44Et ça, je vous le montrais.
00:06:46Vous reprenez même des informations de Michel Debré en personne.
00:06:51Absolument.
00:06:52Qui vit spécialement en code bandit.
00:06:54Qui le juge être un agent américain.
00:06:56Absolument.
00:06:57Tout ça est passionnant.
00:06:58Tout ça est passionnant.
00:06:58On va y revenir, l'ami américain.
00:07:00Mais une question se pose quand même, avant de commencer à voir vos livres,
00:07:06puisqu'il n'y en a pas qu'un.
00:07:09Vraiment, l'ami américain, c'est l'arbre qui cache d'une immense forêt.
00:07:12On a parlé d'un autre livre magnifique qui s'appelle De Gaulle et les grands.
00:07:15Et puis alors, parlons aussi de cet autre ouvrage sur lequel nous reviendrons,
00:07:21L'aigle et le léopard, les liaisons dangereuses entre l'Angleterre et le Troisième Reich.
00:07:26Ça, c'est vraiment la collusion anglo-saxonne, pour reprendre un mot du général De Gaulle,
00:07:29en comprenant l'Allemagne.
00:07:31Absolument.
00:07:31C'est ce que j'appelle l'Occident, moi.
00:07:33Pour moi, ça va d'El Zinqui à Los Angeles.
00:07:37Et le nœud, c'est l'extrême proximité entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne,
00:07:43notamment l'Allemagne nazie.
00:07:44Absolument.
00:07:45Si Churchill n'avait pas été là, l'Angleterre était prête à pactiser.
00:07:49Ah ben ça, en tant que français, on doit infiniment à Churchill.
00:07:53Qui était un personnage complexe, pas tout d'un bloc, mais qui aimait la France incontestablement
00:07:59et qui avait bien compris que si son pays pactisait, Hitler gagnait la guerre.
00:08:06Ce n'était pas un épiphénomène, le roi Édouard VIII, finalement déposé.
00:08:10Non, c'est la face émergée.
00:08:13Émergée.
00:08:14Qui fait le salut nazi, d'ailleurs, tout roi qu'il était.
00:08:16Ah oui, il était très très content.
00:08:17Il a fait son voyage de noces en Allemagne, il a été reçu par Hitler, on a traité son épouse.
00:08:25Non, il est allé plusieurs fois en Allemagne, mais invité par Hitler une seule fois.
00:08:28Ah bon, c'est Göring son grand référentement, je crois.
00:08:31Il connaissait tout le monde.
00:08:33Il connaissait tout le monde.
00:08:34Il connaissait Ribbentrop qui avait été ambassadeur d'Allemagne en Angleterre, pardon,
00:08:39et qui était en plus l'amant de sa femme.
00:08:41Et apparemment, il le savait, ça ne l'ennuyait pas.
00:08:43Il s'en fichait.
00:08:43Oui, oui, non, mais il connaissait absolument tout le monde.
00:08:46Ah mais les liaisons entre...
00:08:47Qui n'a pas compris les liaisons structurelles entre la Grande-Bretagne,
00:08:53qui entre nous soit dit par la banque, par la Citi,
00:08:57commence dès 1919 ou 1920 à relever l'économie allemande.
00:09:02Absolument, absolument.
00:09:03Du connivence avec Schartes, c'est comme ça que l'Allemagne se relève.
00:09:06Absolument.
00:09:07Mais qui n'a pas compris ces connivences-là, n'a pas compris l'équilibre du monde.
00:09:10Ce qui est important, c'est que vraiment l'affaire Edouard VIII, elle est pittoresque,
00:09:13mais je le répète, c'est la face émergée.
00:09:15Parce qu'en réalité, il y avait des interconnexions entre les deux économies,
00:09:19entre le capitalisme et la finance anglo-saxonne et les Allemands,
00:09:23mais aussi, ça allait jusqu'aux syndicalistes.
00:09:27Ça allait jusqu'aux groupes de presse.
00:09:29Un parti politique pro-nazi.
00:09:31Et un parti politique pro-nazi, mais qui a été minoritaire.
00:09:34Mosley a été très actif, mais il n'a jamais réussi à faire élire un député
00:09:39à cause du mode de scrutin britannique.
00:09:42Majorité a un tour.
00:09:43Mais il était, comment dirais-je, emblématique, mais minoritaire.
00:09:50Bon.
00:09:51Alors, ne commençons pas sur l'aigle du Léopard,
00:09:53parce qu'il y a trop de choses à dire,
00:09:54on lui consacrera peut-être toute une émission, je n'en sais rien.
00:09:58Il faut aussi dire qu'il y a les États-Unis derrière,
00:10:00et qu'Hitler, c'est à vous que je le dois de le savoir,
00:10:02qu'Hitler a toujours transporté avec lui une photo
00:10:05d'un homme qu'il a admiré du début à la fin de sa vie,
00:10:07qui est Henri Ford.
00:10:08Absolument.
00:10:09Qui était son maître à penser.
00:10:10Alors, il n'a pas eu la photo dans le bunker.
00:10:12Ah, peut-être pas.
00:10:13Mais il l'avait dans son bureau à l'agencellerie.
00:10:15Alors, le bunker, là, on en apprend des choses sur le bunker,
00:10:18jusqu'au dernier repas d'Hitler, spaghettis à la tomate,
00:10:23quelques heures avant de se suicider, il mange de bon appétit.
00:10:25Il paraît qu'il a mangé de très bon appétit.
00:10:26Bon, enfin, ça fait partie des détails absolument saisissants.
00:10:30Mais, mon cher, je vous ai connu pas du tout historien,
00:10:36et c'était, encore que, c'était il y a si longtemps,
00:10:40je crois vous avoir croisé à la Fondation Charles de Gaulle,
00:10:43à l'époque, on disait l'Institut Charles de Gaulle,
00:10:44à l'occasion d'un colloque qu'organisait Bernard Tricot.
00:10:52J'étais dans cette équipe-là pour le centenaire
00:10:55de la naissance du général de Gaulle,
00:10:56qui était aussi le cinquième année.
00:10:57C'était un très beau colloque, international.
00:10:59Ah oui, à l'UNESCO, qui a duré 8 ou 10 jours,
00:11:01c'était un colloque marathon.
00:11:03Et on a fait venir...
00:11:04Avec un message de Nixon,
00:11:06qui est le seul précédent américain qui est respecté de Gaulle, d'ailleurs.
00:11:10Oui.
00:11:10Il a admiré, même, un peu.
00:11:12Oui.
00:11:12Il a un peu admiré de Gaulle, Nixon.
00:11:14Bon.
00:11:15Mais, bref, je reviens à nos premières rencontres.
00:11:18Est-ce qu'on s'est rencontrés à la Fondation Charles de Gaulle
00:11:20en 88 ou 89 ?
00:11:22Ça fait...
00:11:22On a dû s'y croiser.
00:11:23Quelque chose comme 40 ans.
00:11:25Quelque chose comme ça.
00:11:26Je crois vous avoir rencontrés aussi chez quelqu'un
00:11:28dont je me plais à te dire le nom,
00:11:30qui est une de vos grandes amies,
00:11:32et peut-être un peu informatrice,
00:11:34Marie-France Garraud.
00:11:35Oui, absolument.
00:11:36Oui, on s'est rencontrés chez Marie-France Garraud, sûrement.
00:11:39Souvent.
00:11:39Kev Atole France, dans les années 90,
00:11:42son grand ami, le général Gallois, était là.
00:11:46On reparlera peut-être de ce personnage étrange
00:11:48qui est le général Gallois.
00:11:49Et elle avait consulté une petite équipe
00:11:53pour sa revue Géopolitique.
00:11:57Absolument.
00:11:57C'est peut-être à ce moment-là,
00:11:58parce que j'ai collaboré de très très loin,
00:12:00nous étions jeunes, nous étions jeunes.
00:12:02Et puis, on s'est retrouvés...
00:12:06Ensuite, vous avez fait un livre sur Philippe de Villiers.
00:12:10Oui, oui, ça m'est arrivé.
00:12:12Et dans la campagne de Philippe de Villiers européenne.
00:12:13La première biographie que j'ai écrite,
00:12:16c'est celle de Philippe de Villiers.
00:12:182004-2005.
00:12:18Et ça remonte très loin.
00:12:20Ça remonte très loin.
00:12:21C'est à 1993.
00:12:23Ah, c'était 93 ?
00:12:2493.
00:12:25C'est avant la campagne des législatives de 93.
00:12:27Votre ouvrage sur Philippe de Villiers ?
00:12:29Absolument.
00:12:29Ah bon, mais vous avez refait une autre version.
00:12:31Oui, il y a eu une autre édition en 2007.
00:12:33C'est ça.
00:12:34Parce que je vous ai croisé pendant la campagne que je faisais.
00:12:37Je vous ai recroisé.
00:12:38Enfin, je ne sais pas de vous croiser.
00:12:39Et je vous ai connu comme directeur de Valeurs Actuelles.
00:12:45Un journal auquel vous avez...
00:12:46De la rédaction.
00:12:47De la rédaction, oui.
00:12:49Oui.
00:12:50C'est pas la même chose.
00:12:51C'est pas la même chose, certes.
00:12:52Faisons attention à ce que nous disons.
00:12:55Et vous êtes entré très tôt à Valeurs Actuelles.
00:12:58Très tôt.
00:12:58Parce que je vous ai connu en somme comme journaliste.
00:13:01Pas du tout comme historien.
00:13:02Oui, oui, oui.
00:13:02C'est pas assez différent.
00:13:03En fait, je passais à l'agrégation d'histoire.
00:13:05En 1983.
00:13:07Que j'ai raté à très peu, mais que j'ai raté.
00:13:08Et je n'ai pas voulu la repasser.
00:13:10Mais tant mieux, parce que vous auriez été professeur d'histoire, barbou, incapable de dire la vérité.
00:13:16Parce que j'en ai connu des plus brillants de moi.
00:13:17Pour ne pas garder sa carrière intacte.
00:13:22Alors que là, vous êtes libre de dire la vérité.
00:13:24Et donc, je suis entré en 1983 à Valeurs Actuelles.
00:13:27Parce que Valeurs Actuelles avait été saignée.
00:13:29Littéralement, la rédaction avait été saignée.
00:13:31Par la création d'un journal qui était pas mal, d'ailleurs, qui s'appelait Magazine Hebdo.
00:13:36Et qui avait vraiment fait partir la moitié de la rédaction.
00:13:40Et Raymond Bourguis, le fondateur de Valeurs Actuelles, cherchait des gens pour remplacer cette partie de la rédaction.
00:13:48Et il cherchait des historiens, des géographes, des gens qui avaient été admissibles de l'ALENA.
00:13:52Il voulait des journalistes cultivés.
00:13:54Alors, je sais pas si je correspondais tout à fait à ce qu'il voulait.
00:13:56Mais enfin, il m'a recruté.
00:13:58Et je lui dois beaucoup.
00:13:59Et vous étiez très très jeune.
00:14:00Je lui dois beaucoup.
00:14:01J'ai 25 ans.
00:14:02Ah oui.
00:14:02Et je lui dois beaucoup.
00:14:04Parce qu'il m'a appris infiniment de choses.
00:14:06Et notamment, une règle majeure du journaliste qui doit être avant l'idéologie.
00:14:12Je ne blâme ni ne loue, je raconte.
00:14:14Et Valeurs Actuelles était certes engagée à droite.
00:14:18Et bien identifiée à droite.
00:14:19Mais c'était un journal d'information.
00:14:21Une droite qui était pas spécialement gauliste, d'ailleurs, à l'époque.
00:14:23À l'époque, quand il a été créé, non, pas du tout.
00:14:26Quand il a été créé, ils étaient très pro-américains.
00:14:31Bourgine lui-même avait été algérie française, etc.
00:14:34Mais c'est un des types les plus attachants que j'ai connus.
00:14:38Il m'a donné ma chance.
00:14:40Et il savait que j'étais gaulliste.
00:14:41Il était sénateur, en plus.
00:14:43Il était sénateur de Paris, RPR.
00:14:45Il était très ami de Chirac.
00:14:46Et très ami de quelqu'un avec qui j'ai travaillé,
00:14:49et pour lequel j'ai infiniment de respect,
00:14:51qui est Michel Debray.
00:14:51Michel Debray, ça c'était un de vos grands zones.
00:14:54Et c'est, absolument, ça on peut y revenir.
00:14:57Et c'est Michel Debray qui m'a conseillé...
00:14:59Premier ministre, premier premier ministre de la Ve République.
00:15:03Après, que j'ai raté la gégation,
00:15:04qui m'a conseillé d'aller voir du côté de Bourgine,
00:15:06en me disant, c'est un authentique patriote.
00:15:09Ah, c'est Debray ?
00:15:09C'est Debray, absolument.
00:15:10C'est Michel Debray.
00:15:11Mais qu'est-ce que vous faisiez dans l'entourage de Debray ?
00:15:13Oh là là, mais ça, ça remonte très loin.
00:15:15Alors, ça remonte...
00:15:16C'est pas grave.
00:15:17Ça remonte à 78.
00:15:18Alors là, j'avais que 20 ans,
00:15:20et je faisais partie d'un comité que Michel Debray avait créé,
00:15:23qui s'appelait le Comité pour l'indépendance et l'unité de la France,
00:15:26qui a joué un rôle, absolument.
00:15:27Vous étiez déjà patriote ?
00:15:29Ben déjà.
00:15:30Et déjà gaulliste, vous voyez ?
00:15:31Et c'est d'ailleurs fort de ce comité qu'il a rejoint la liste de Chirac
00:15:37pour les européennes de 1979,
00:15:40qui a été une campagne absolument magnifique, prémonitoire,
00:15:44parce que tous les thèmes qui ont été abordés à ce moment-là
00:15:46sont devenus des thèmes, ce sont les thèmes d'aujourd'hui,
00:15:49ce sont des thèmes qu'on a...
00:15:50C'est l'appel de Cochin, magnifique à relire,
00:15:53qui est une prophétie.
00:15:55Absolument, mais qui est aujourd'hui devenu un repoussoir
00:15:57pour une partie de la droite française.
00:15:59Je crois que c'est décembre 78.
00:16:01C'est décembre 78, absolument.
00:16:03Écrit en partie par...
00:16:06C'est Pierre Juillet et Marie-France Garraud qui l'ont suscité,
00:16:09mais Chirac l'a relu, il ne faut pas raconter que Chirac ne lisait rien, etc.
00:16:14Bon, il était cercle sous leur influence, mais enfin...
00:16:16C'était à l'hôpital d'ailleurs, par exemple.
00:16:18Il est où l'appel de Cochin, il a l'accident en Corrèze.
00:16:21Oui, il s'était cassé la jambe.
00:16:23Oh ben pire que ça, non, non, je crois qu'il avait...
00:16:24Voilà.
00:16:25Ça, je raconte tout ça, oui, absolument.
00:16:27Alors, Michel Debré, vous le rencontrez et il vous dirige vers Bourgine et vous entrez à Valor d'Azur.
00:16:36Ah non, mais je le connaissais très bien, je le connaissais depuis 1977.
00:16:41Et donc...
00:16:42Comment le connaissiez-vous ?
00:16:44Par ce comité pour l'indépendance de la France auquel j'avais adhéré.
00:16:47Ça se passe dans ce sens.
00:16:48Et à 20 ans, je m'occupais des jeunes de ce comité, voilà.
00:16:50Vous savez tout.
00:16:51Et j'étais aussi au RPR, pour tout vous dire.
00:16:54Mais s'il y avait deux fidélités, c'était celle de Debré qui primait celle du RPR.
00:16:57Mais enfin, le RPR étant dans les rails idéologiques de Michel Debré, j'étais tout à fait chéracien à ce moment-là.
00:17:07Debré, sur lequel vous n'avez jamais écrit, si je me trompe ?
00:17:13Non, non, non.
00:17:14Enfin, j'en ai parlé souvent.
00:17:15Il y a des biographies de Michel Debré.
00:17:17Je n'ai pas écrit de biographie, parce qu'il y a une formidable biographie qui existe, mais qui est vraiment remarquable, que je recommande à tout le monde.
00:17:25C'est celle de Patrick Samuel.
00:17:27Patrick Samuel, ce que vous allez dire.
00:17:28Elle est parue une première fois il y a une dizaine d'années, et une deuxième fois chez Perrin, il y a deux ans.
00:17:34Et je la conseille, parce que c'est en même temps une biographie de la France des années 60 et 70.
00:17:42D'ailleurs, je crois avoir rencontré un des fils de Michel Debré chez vous, qui était Bernard Debré.
00:17:51Bernard, Bernard Debré, sûrement plus tard.
00:17:53J'ai rencontré chez vous aussi.
00:17:54Finalement, je vous connais depuis si longtemps, je me perds dans toutes ces dates.
00:17:59Mais vous avez dû être embarrassé en 1981, parce qu'il y avait trois candidats gaullistes.
00:18:06Moi, je votais Debré, j'ai fait la campagne de Debré, je votais Debré.
00:18:09Et Marie-France Garraud, qui est à l'époque, mais que je ne connaissais pas encore.
00:18:15J'ai connu Marie-France Garraud en 1983.
00:18:18Mais j'aimais bien sa campagne, mais qui était entièrement axée sur le danger soviétique,
00:18:22qui parlait peu de la France, qui est une campagne brillante.
00:18:26Mais voilà.
00:18:28Elle a pris des voix à Debré qui n'a fait que 2%, ce n'était pas beaucoup.
00:18:31Il a fait 1,9%.
00:18:33Marie-France Garraud a fait 1,6% et Chirac a fait 17%.
00:18:37Il y a une histoire que je raconte dans l'histoire secrète de la droite, c'est celle de cette candidature.
00:18:42Je pense que Chirac a fait une erreur majeure en se présentant.
00:18:47Quand Debré était seul candidat du RPR, les sondages sont montés...
00:18:50Alors là, on parle de 79.
00:18:51On parle de 81.
00:18:52De 81.
00:18:5381.
00:18:54Élection présidentielle de 81.
00:18:56Il venait de créer le RPR en 76.
00:18:58En 76.
00:18:59Il fallait qu'il soit candidat, pourquoi pas ?
00:19:00Eh bien parce qu'il n'avait aucune chance d'être élu.
00:19:04Aucune.
00:19:05Et en fait, le pari de Chirac, c'était...
00:19:08Face à Giscard.
00:19:09C'est Giscard qui était supposé être réélu en 80.
00:19:12Giscard a d'ailleurs fait 20, 28 ou 29% au premier tour.
00:19:15Chirac n'en a fait que 17.
00:19:17Et il l'avait abandonné Matignon en 76.
00:19:21Et donc, aux yeux d'une partie de la droite, il passait pour un traître.
00:19:25Ce qui n'était pas, parce que Giscard n'était pas son allié.
00:19:28Bon, en plus, il a démissionné parce que...
00:19:32Il a même fait battre au second tour, tout le monde le sait.
00:19:34Il a fait battre au second tour, mais ça, c'est en 80.
00:19:36C'est encore un autre livre, ça.
00:19:38Voilà.
00:19:38Donc, moi, je pense que Debré aurait dû y aller.
00:19:41Il aurait fait 15, 16%.
00:19:43Il n'aurait pas été élu.
00:19:44Il aurait dû y aller.
00:19:45D'ailleurs, Debré lui avait été allé voir Chirac.
00:19:48Il avait dit, vous faites la bêtise de votre vie.
00:19:50C'est moi le candidat.
00:19:50Laissez-moi y aller.
00:19:51Ça serait une candidature de témoignage.
00:19:54Mais les sondages ont donné jusqu'à 15, 16%.
00:19:57Debré.
00:19:57Debré, bien sûr.
00:19:58Et puis, dès que Chirac s'est présenté, il est tombé à 2.
00:20:00Et c'est exactement ce qu'il a fait.
00:20:011,9.
00:20:03Alors, cela dit, Debré, il n'y en a pas voulu.
00:20:06Ni Chirac, d'ailleurs.
00:20:07Parce qu'il savait que quoi qu'il arrive, même en additionnant les scores de Marie-France Garraud et de Michel Debré...
00:20:12On n'arrivait pas en face de Giscard quand il est sortant.
00:20:15Et les deux hommes se sont réconciliés après.
00:20:18Voilà.
00:20:18Bon.
00:20:19Pourtant, Giscard...
00:20:20On va en parler, Giscard.
00:20:21Bon.
00:20:21Mais j'ai trop de sujets.
00:20:23Je me fais figure d'être au pied d'une montagne, escaladé.
00:20:27On va vraiment...
00:20:29Calmons-nous, cher Éric, et essayons de nous donner plusieurs émissions.
00:20:33Parce que vraiment, ça le vaut.
00:20:34Puis il y a trop longtemps que j'attends cela.
00:20:36Alors, là, vous faites référence à un autre livre qui s'appelle Histoire secrète de la droite, qui date de 2009, ou quelque chose comme ça.
00:20:492008, exactement, puisque c'était pour les 50 ans de la 5e.
00:20:56Voilà.
00:20:57Et vous avez compris, d'ailleurs, qu'en 2008, tout s'est arrêté.
00:21:00En fait, tout s'est arrêté en 2007 et 2008.
00:21:02L'élection de Sarkozy.
00:21:03L'élection de Sarkozy.
00:21:04Là, c'est fini. Il n'y a plus de 5e République.
00:21:07Je ne me rappelle pas si il y a encore une République, d'ailleurs.
00:21:09En tout cas, il n'y a plus de démocratie.
00:21:10Surtout, il n'y a plus de politique étrangère de la France.
00:21:12Et il n'y a plus de politique étrangère.
00:21:13Et il n'y a plus de démocratie.
00:21:14Parce que la France n'existe que par sa politique étrangère.
00:21:17Et ça, c'est dès lors qu'on sacrifie...
00:21:20On dirait Bainville.
00:21:21Cette voie unique et originale, la France entre dans une mauvaise passe.
00:21:29Bainville et Richelieu, d'ailleurs.
00:21:31La France n'existe que par une politique étrangère.
00:21:33C'est le point de départ.
00:21:35Mais quand elle n'a plus de politique étrangère, elle tombe très bas.
00:21:38C'est à quoi...
00:21:39Sarkozy était vraiment l'artisan de ça.
00:21:41Outre celui qui a foutu un coup de pied à l'ensemble des Français en s'asseyant, si on peut dire, sur le...
00:21:50On ne peut pas donner un coup de pied en s'asseyant, d'ailleurs.
00:21:52Mais enfin, donner un coup fatal à la démocratie en s'asseyant sur le référendum de 2005.
00:22:00Ça, c'est 2007.
00:22:02C'est la forfaiture absolue.
00:22:03Parce que faire démentir les mandataires par les mandants, ou plutôt l'inverse, les mandants par les mandataires, c'est-à-dire la voix du peuple, par les représentants du peuple, ça, c'est une forfaiture absolue.
00:22:15Absolue, absolue. Or, qu'est-ce qu'il demande au Congrès en 2008 ?
00:22:21C'est de démentir la voix des Français qui avait dit non au référendum constitutionnel de 2005.
00:22:28Donc, pour moi, c'est la haute trahison.
00:22:30La haute trahison. D'ailleurs, dans la même période, la haute trahison disparaît de la Constitution.
00:22:35Oui. Cherchez le coupable.
00:22:37Cherchez le coupable.
00:22:39Vous n'avez pas grandement suétude pour le personnage Sarkozy, moi non plus.
00:22:42Ça a dû vous poser des problèmes, parce que quand même, vous dirigez un des hebdomadaires de droite qui n'en avait pas tant que ça.
00:22:49Tout à fait ouvertement, j'ai été absolument menacé. On m'a expliqué qu'il fallait...
00:22:55Comme directeur de Valence Actuelle ?
00:22:56Ah oui, bien sûr. Bien sûr. L'entourage de Sarkozy téléphonait, etc. Mais je dois dire que la direction de Valence Actuelle a été, mais alors, parfaitement convenable avec moi.
00:23:07D'ailleurs, ça vous a permis de remonter Valence Actuelle assez haut.
00:23:10Bref. Ce livre, donc. Alors, je l'ai redécouvert ces derniers jours, en sachant que j'allais enfin vous rencontrer, enfin, avec une caméra.
00:23:22Et il s'ouvre par une citation qui vous va comme un grand, je dois dire.
00:23:28Alors, il faut dire que ce livre est écrit avec un de vos compères, Arnaud Folk.
00:23:32Absolument.
00:23:33Qui est toujours, d'ailleurs, à Valence Actuelle aujourd'hui.
00:23:35Oui, qui fait des suppléments formidables.
00:23:37Bon. La phrase que vous avez choisie pour exergue de cette histoire secrète de la droite, 1958-2008, il y a 50 ans et il y a 50...
00:23:51Il y a une affaire par an.
00:23:53Voilà, il y a une affaire par an.
00:23:54Mais lisez le sous-titre, parce que ce n'est pas une histoire strictement politique.
00:23:5750 ans d'intrigue et de coup tordu.
00:24:00Voilà.
00:24:00Ce n'est pas une histoire politique.
00:24:02Et donc, il y a un coup tordu par an.
00:24:03Oui.
00:24:03La phrase, donc, est d'Honorène Balzac.
00:24:08Elle vous va comme un gant.
00:24:10Ça m'a fait rire quand j'ai tombé dessus l'autre jour.
00:24:12Il y a deux histoires.
00:24:14Ça annonce toute votre œuvre qui suit.
00:24:16Il y a deux histoires.
00:24:17L'histoire officielle, qui est menteuse.
00:24:21Et l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements.
00:24:25Voilà.
00:24:25C'est Balzac qui dit ça.
00:24:26On peut dire que c'est la définition du complotisme.
00:24:28Ben, Balzac serait aujourd'hui le chef des complotistes.
00:24:33Passerait pour un complotisme.
00:24:35Mais cela dit, on reparlera peut-être du complotisme.
00:24:38Ben non, parlons-en tout de suite.
00:24:39Est-ce que vous passez pour complotistes ?
00:24:40Mais le complotisme est tout de même une chose très préoccupante.
00:24:43Parce que, à la fois, on traite de complotistes les gens qui s'intéressent à la face cachée des événements.
00:24:48Mais en même temps, vous êtes véritables complotistes qui font profession de tout compliquer, de tout rendre conforme aux complotistes.
00:24:57D'inventer des trucs.
00:24:58Et donc, qui discrédite les gens qui s'intéressent à ces fameuses poses cachées.
00:25:03Donc, le complotisme, c'est un vaste sujet.
00:25:06Le terme a été, il faut le savoir, inventé par la CIA.
00:25:10Ah bon ? Encore une fois alors ?
00:25:12Absolument. Il a été inventé par la CIA pour discréditer les gens qui s'intéressaient à une opération qui s'appelait MK-Ultra.
00:25:19Et qui consistait, j'ai eu beaucoup d'expérimentations de la CIA dans les années 60 et 70.
00:25:24Dont l'une particulièrement ignoble qui consistait à distribuer sur les campus universitaires de la drogue, du LSD, etc.
00:25:33Pour voir un peu ce que ça donnait.
00:25:35Bon, on le sait.
00:25:37Puisque, je crois que c'est Bill Clinton, quand il était président.
00:25:42Qui a déclassifié tout ça et qui s'est excusé devant le Congrès pour ces opérations menées par la CIA.
00:25:48Donc, à partir de...
00:25:50C'est Clinton ou c'est Carter ?
00:25:52Non, non, Clinton.
00:25:53Ça ressemble à Carter.
00:25:55Ça ressemble, mais c'est du...
00:25:56Bon, bon, c'est du Clinton.
00:25:58C'est du Clinton.
00:25:59Et il a eu raison.
00:26:01Et donc, ça n'est plus du complotisme.
00:26:03Mais jusqu'à maintenant, enfin, jusqu'à cet aveu fait par Clinton, c'était considéré comme du complotisme.
00:26:10Le mot a été lancé par la CIA pour protéger, quoi.
00:26:13Mais il faut néanmoins se méfier des gens qui voient des complots derrière toute chose, parce qu'ils discréditent l'idée même de recherche.
00:26:19Ils fantasent, ils réfléchissent surtout dans leur coin, leur petite bicyclette.
00:26:22Puis qu'on n'a pas marché sur la lune, etc.
00:26:25Il y a des gens qui disent qu'on n'a pas marché sur la lune.
00:26:26Oui, absolument.
00:26:27Et alors, ce qui est très drôle, c'est que ces gens se fondent sur un documentaire dont j'ai oublié le nom de l'auteur,
00:26:38qui a été fait, qui est un documentaire canular fait par la télé américaine en 1995, dans les années 90.
00:26:48Avec Armstrong, non ?
00:26:50Non, il n'y a pas Armstrong, mais il y a d'anciens collaborateurs de Nixon, il y a Kissinger, qui a beaucoup d'humour, etc.
00:26:58Et tous ces gens expliquent que, oui, on a demandé à Stanley Kubrick de prêter sa caméra, etc.
00:27:05Bon, et pendant une heure, ils vous expliquent que c'est un canular.
00:27:10Enfin, qu'ils ne sont jamais allés sur la lune.
00:27:12Et à la fin, évidemment, ils disent, si on vous a bien eu, on y est allé.
00:27:16On voit un compte de craque, oui.
00:27:17Et donc, c'est vraiment un très grand film américain, parce qu'ils ont quand même beaucoup de qualité cinématographique.
00:27:23On n'en verse pas dans la canophilie, on a lancé comme ça.
00:27:27Mais vous avez des complotistes qui ne sont pas allés au bout, qui ont regardé le film, qui n'ont pas vu la conclusion,
00:27:33et qui croient, dur comme fer, que c'est une opération.
00:27:36Mais je crois que Armstrong avait ajouté foi, en rigolant aussi un peu, à ce genre de...
00:27:40Je crois qu'ils ont refait des prises.
00:27:43Il y avait des films qui n'étaient pas très nets, etc.
00:27:45Et donc, ils ont refait des prises a posteriori, en studio.
00:27:49Ça, c'est possible.
00:27:50Vous voyez, ça a été tourné en studio, la descente, sur la lune.
00:27:54Mais tout ça, c'est une blague.
00:27:54Non, mais il faut se méfier du complotisme, vous avez raison.
00:27:57Par contre, il faut aimer la vérité.
00:27:58Mais voilà, exactement.
00:28:01Il faut raconter.
00:28:03C'est là où vous me sidérez, parce que vous en sortez tant et tant de vérités,
00:28:08que je vous dis, mais comment cet homme vit-il ?
00:28:10Combien de gens avez-vous à votre disposition, Éric ?
00:28:13Ah, mais je suis tout seul dans cette affaire-là.
00:28:15Vous êtes aidé par votre délicieuse femme, peut-être, non ?
00:28:18Ah non, elle n'est pas du tout.
00:28:20Elle relit, elle relit.
00:28:21Ah bon, c'est pas possible.
00:28:23Vous dormez trois heures et demie par nuit, ou quoi ?
00:28:26Je ne dors pas beaucoup, mais je dors très bien.
00:28:29Et vous travaillez à six heures du matin ?
00:28:31Oui.
00:28:33Ma jalousie est à son compte.
00:28:34C'était le rêve de ma vie, de me réveiller à six heures du matin.
00:28:37Je suis loin.
00:28:38Et vous travaillez toute la matinée ?
00:28:40Ça dépend.
00:28:41Toute la journée ?
00:28:42Ça dépend.
00:28:43Vous n'arrêtez pas ?
00:28:43Oui, oui.
00:28:44Non, je travaille tous les jours, ça c'est certain.
00:28:45Ça, c'est sûr.
00:28:48Et à un rythme qui peut être, effectivement, très soutenu.
00:28:52Ce n'est pas d'ailleurs de la timidité, un peu de la timidité chez vous, mais c'est
00:28:56aussi de la discrétion, parce que vous avez besoin de travailler, tout simplement.
00:28:59Vous ne vous répandez pas dans les télévisions.
00:29:01Non.
00:29:03Écologues et tout ça, parce que vous travaillez.
00:29:05Et quelquefois, d'ailleurs, vous voyagez.
00:29:06Vous allez souvent aux États-Unis, qui est un de vos sujets, la politique américaine,
00:29:11Oui, c'est arrivé, mais là, en ce moment, non ?
00:29:13Pour voir les bibliothèques, et vous trouvez des trucs, je ne sais pas, dans 300 jours,
00:29:20j'y reviens, parce que j'en sors de ce 300 jours-là, éberlués, vous trouvez, par
00:29:27exemple, que quelques jours avant, on est en avril 1945, l'effondrement, non pas du Reich,
00:29:38il est déjà effondré, mais de Berlin, on donne un dernier concert.
00:29:44À l'Opéra de Berlin.
00:29:45À l'Opéra de Berlin, c'est Wagner, comme par hasard.
00:29:47Absolument.
00:29:48Absolument.
00:29:48Et qu'à la fin de cette ultime représentation de Wagner...
00:29:52Du crépuscule des dieux.
00:29:53Oui, en plus, le crépuscule des dieux, c'est quelque chose de théâtral à un point.
00:29:59Eh bien, on distribue des pastilles de cyanure.
00:30:02Oui, absolument.
00:30:04Absolument.
00:30:04C'est incroyable, ça.
00:30:05Absolument.
00:30:06Alors, pour les gens qui le veulent, pour les dignitaires surtout, qui savent qu'ils
00:30:10ne s'en sentiront pas.
00:30:11Alors, on va au crépuscule des dieux, et puis on prend une capsule de cyanure qu'on
00:30:16crampe en un tranché, et c'est fini.
00:30:18Le cyanure joue un grand rôle dans cette carrière-là.
00:30:20Oui, c'est un détail qui en dit long sur la mentalité.
00:30:23C'est terrible, on décompte.
00:30:25Et d'autres choses qui sont plus piquantes et charmantes, on ne sait pas où vous avez
00:30:29dégoté ça, toujours dans les 300 jours.
00:30:31Ça, ce n'est pas charmant.
00:30:32La chienne blondie, qui est une des chiennes d'Hitler, dont tout le monde sait qu'il
00:30:39aimait les animaux, en particulier les chiens, sur laquelle il tire d'ailleurs pour
00:30:43éprouver la validité d'un revolver.
00:30:47Non, non, non, pas du tout.
00:30:49Il tire de ci.
00:30:49Il l'a fait empoisonner au cyanure, avant lui-même de prendre le cyanure, et il
00:30:53voulait voir si le cyanure fonctionnait bien.
00:30:55Ah oui, c'était ça, pour tester le cyanure.
00:30:57Parce qu'Hitler était tellement méfiant, qu'il voulait éprouver l'efficacité du cyanure,
00:31:03car disait-il, si quelqu'un m'a trahi, il peut avoir donné une capsule qui ne fonctionne
00:31:08pas, et donc je peux être capturé.
00:31:10Et oui, parce que les Russes sont à 300 mètres, et donc il fait tester la capsule
00:31:16de cyanure sur son chien.
00:31:19Blondie.
00:31:19Blondie.
00:31:21Qui a deux chiots.
00:31:22Qui a des chiots qui sont restés à Berchtesgaden, donc dans son chalet des Alpes-Ravaroises.
00:31:27Alors, qui sont ensuite apportés à...
00:31:30Ah non, les chiots sont restés à Berchtesgaden.
00:31:32Ils ont restés, et il y en a un qui est... dont s'empare la deuxième DB.
00:31:39Quand elle... parce que c'est la deuxième DB qui occupe...
00:31:42Qui entre à Berchtesgaden.
00:31:43Berchtesgaden, les Américains étaient d'en bas.
00:31:45Dans des conditions sur lesquelles on reviendra aussi, parce que les Américains ne voulaient
00:31:48pas du tout rentrer en Allemagne.
00:31:51C'est le futur général de Boissieu.
00:31:54Le gendre.
00:31:54Le gendre, qui lui n'avait pas froid aux yeux, qui est monté jusqu'au chalet,
00:31:58qui a vu qu'il n'y avait aucun danger, parce que l'ESS avait tout incendié,
00:32:02etc.
00:32:02Et là, il y a une chose tout à fait...
00:32:04Enfin, je ne sais pas si on anticipe, mais...
00:32:06Allons-y, vous savez, la conversation, c'est la pagaille.
00:32:08Et donc, il rentre dans la bibliothèque privée d'Hitler.
00:32:12Le chalet avait été incendié par les SS, mais beaucoup de livres avaient été
00:32:15mis dans un bunker souterrain.
00:32:17Et il trouve un livre.
00:32:17Et il trouve...
00:32:19Dans la bibliothèque d'Hitler.
00:32:20Dans la bibliothèque d'Hitler, traduit en allemand, donc...
00:32:23Il trouve la traduction allemande d'un ouvrage de De Gaulle.
00:32:26Voilà.
00:32:28Annoté de la main d'Hitler.
00:32:30Par le chancelier.
00:32:30Il a dit, mais je vais donner ça, non pas à mon beau-père.
00:32:32Ils étaient fiancés seulement.
00:32:33Il s'est marié en 45, peu de temps après.
00:32:3546.
00:32:36En 46, peut-être.
00:32:37Avec Elisabeth, c'était la fille de la ville.
00:32:39Et il dit, je vais ramener ça à mon beau-père, ou à mon futur beau-père.
00:32:44Et là, il l'est arrêté par un soldat américain.
00:32:46Car de même que les Américaines ne voulaient pas monter jusqu'au Berghof de peur de rencontrer
00:32:50des SS.
00:32:51Une fois que les Français ont libéré, ils ont dit, oui, mais c'est nous qui occupons.
00:32:54Et donc, ils ont sécurisé, comme on dit, les lieux.
00:32:56Et ils ont vu ce capitaine de Boissieu, je crois qu'il était capitaine, qui sort avec
00:33:03un livre.
00:33:04Et ils disent, mais vous n'avez pas le droit d'emporter quoi que ce soit.
00:33:07Il explique qui il est, mais le GI ne sait même pas qui est de Gaulle, prend le livre
00:33:12et le jette dans un bras zéro.
00:33:14Voilà.
00:33:15Si bien qu'on n'a pas le livre.
00:33:16Et c'est Boissieu qui raconte ça dans ses mémoires.
00:33:18La traduction allemande de Gaulle.
00:33:19Et on n'a pas, on n'a pas surtout les annotations du chancelier.
00:33:23Parce qu'il faut savoir que l'armée de métiers a eu un petit succès en France, mais
00:33:27très confidentiel.
00:33:28Beaucoup plus grand en Allemagne.
00:33:29Mais il a été traduit en Allemagne.
00:33:30Et Guderian, le maître des blindés, s'en est inspiré beaucoup.
00:33:35Voilà.
00:33:35Un autre personnage, Guderian, il faudrait qu'on en parle.
00:33:37Mais enfin, il nous faudrait des heures et des heures.
00:33:40Mais ce qui est, je reviens à la chienne et au chiot, c'est que, en revanche, Boissieu
00:33:47découvre deux chiots et il en prend un de Blondie qui a suivi son maître jusqu'à
00:33:57la mort à Berlin et il l'offre au général de Gaulle.
00:34:01Absolument.
00:34:02Qu'il a gardé jusqu'à, dans les années 40, même peut-être au début des années 50.
00:34:06Oui, un chien, ça peut vivre 15 ou 20 ans.
00:34:09Mais c'est ce chien, d'ailleurs, que réprimande Gaston de Bonneval un jour et de Gaulle qui
00:34:17était très sensible à la souffrance animale et je crois à la souffrance tout court.
00:34:21Et de Gaulle lui dit, ne le maltraitez pas, ce n'est pas sa faute.
00:34:24Ne le maltraitez pas, ce n'est pas sa faute.
00:34:26Et c'est le petit chiot de la chienne préférée d'Hitler.
00:34:31Absolument.
00:34:33Et qui reste à Colombais.
00:34:35Absolument.
00:34:35Il y a des détails qui sont, c'est assez bouleversant.
00:34:38Bon bref, évidemment nous dérivons, mais j'en reviens à cet ouvrage de 2008, à l'époque
00:34:45dont vous dirigez la rédaction de Valors Actuelles et avec Arnaud Folk vous reprenez
00:34:5050, vous appelez ça gentiment des intrigues et des coups tordus, qui jalonnent la Ve République.
00:34:58Mais déjà pointe, ce qui sera un de vos grands sujets, l'importance des services secrets et l'importance des services secrets dans un autre sujet qui vous passionne,
00:35:13les relations entre les États-Unis et la France.
00:35:16Bon, ça donnera l'avenir américain, mais vous en parlez déjà dans cet ouvrage.
00:35:21Alors, évidemment, on ne peut pas... Il faudrait le rééditer avec une actualisation.
00:35:27Il faudrait le mettre à jour et trouver une affaire par an encore, parce qu'il faut garder ce rythme annuel.
00:35:32Ah oui, mais alors, attendez, cher Éric, il y a des coups tordus, comme vous dites, qui mériteraient des développements.
00:35:44Vous apprenez par exemple, un exemple, qui pourra sans doute plaire ou intéresser nos chers amis de TV Liberté,
00:35:52vous consacrer deux passages, deux coups tordus, un à Bruno Maigret et l'autre surtout à Le Pen,
00:36:07qui s'engage dans une relation fructueuse pour l'un et pour nous.
00:36:13Oui, c'est l'histoire de l'émergence du Front National en 1983.
00:36:16Voilà. Et même plus tôt, parce que moi, je ne savais pas du tout, j'ai relu ça l'autre jour.
00:36:22Qu'est-ce que vous dites, samedi 29 mai, 82, Palais de l'Élysée,
00:36:29alors vous mettez en scène des chefs d'État ou des dignitaires africains qui poirotent, qui poirotent, qui poirotent,
00:36:35devant la porte du bureau d'un des principaux conseillers de Mitterrand,
00:36:43chargé des affaires africaines et malgaches, comme on dit.
00:36:46Guy Pen.
00:36:47Guy Pen.
00:36:49Ce qui est amusant, c'est que la secrétaire dit qu'il a été retardé par des embouteillages,
00:36:54mais on voit finalement surgir, avec un grand retard, au grand ordre des dignitaires africains,
00:37:00Guy Pen, accompagné de Le Pen.
00:37:07Et là, nous sommes quand même en mai 82.
00:37:10Et là, vous racontez la genèse de cette rencontre entre Guy Pen, qui connaissait d'ailleurs par ses études...
00:37:19C'était connu à la Corpo de droit.
00:37:20Qui connaissait Le Pen, et qui se raconte des craques.
00:37:24D'ailleurs, les Africains entendent des rires dans le bureau, ou soi-disant, il n'y a personne, parce qu'il paie des prix dans les embouteillages, prétendument.
00:37:33Et ils se racontent des souvenirs, mais surtout, ils mettent en place une machination, là, pour le coup.
00:37:41C'est un complot.
00:37:45Mitterrand comprend qu'il ne gardera pas les communistes, en fait, c'est ça.
00:37:50Et qu'il a donc besoin, puisque la gauche sera morcelée, de morceler la droite, et de faire monter ce fameux Le Pen.
00:37:58Et ça, ça remonte très loin, puisque c'est en mai 82, à Orléans, que Mitterrand, au fond, fait un appel du pied à Le Pen,
00:38:09qui répond aussitôt en disant que c'est très gentil de parler du pluralisme.
00:38:13Mais moi, je suis là.
00:38:15En 81, il n'avait pas le plus.
00:38:16Alors, si je ne me trompe, à l'époque, il y avait ce qu'on appelait le CSA.
00:38:20Et en fait, Conseil supérieur de l'université.
00:38:22Oui, en fait, ce que fait Mitterrand...
00:38:23Dirigé par Michel Cotta.
00:38:25Ce que fait Mitterrand, c'est de demander qu'on donne la parole au Front National, qui est à l'époque groupusculaire,
00:38:33puisque Le Pen n'a même pas pu se présenter en 1981.
00:38:36En 1974, il a fait 0,7%.
00:38:39Mais il ne faut pas se méprendre sur cette affaire-là.
00:38:42C'est vrai que, comme vous le dites très bien, Mitterrand a mis le pied à l'étrier à Jean-Marie Le Pen.
00:38:47Mais Jean-Marie Le Pen bénéficiait d'une situation qui commençait à bouger.
00:38:53En France, en matière d'immigration, etc., d'insécurité.
00:38:58Et donc, je pense que même si Mitterrand n'avait pas rendu ce service à Le Pen incontestable,
00:39:04le mouvement partait.
00:39:07À Dreux, il n'y a pas eu besoin de Mitterrand.
00:39:09À Dreux, 83.
00:39:10Sauf si le RPR avait enfourché ce dada.
00:39:14Ah, mais ça, c'était rigoureusement impossible.
00:39:16À l'époque, parce que...
00:39:17Enfin, à l'époque, c'est devenu de plus en plus impossible.
00:39:19Mais Chirac était...
00:39:21Vous savez, le programme du RPR de 91, c'est la période des odeurs...
00:39:25Oh, mais je sais bien, j'ai écrit là-dessus.
00:39:27Bon, ça, c'est tout ça.
00:39:28Et j'ai comparé...
00:39:29Chirac ne rechignait pas à la...
00:39:31Oui, mais il y avait une antipathie personnelle.
00:39:34Et d'ailleurs, ça, c'est un mystère.
00:39:37C'est un mystère.
00:39:38Je n'ai jamais élucidé.
00:39:40Mystère Chirac.
00:39:41Personnel entre Chirac et Le Pen.
00:39:43Il pouvait y avoir...
00:39:44Vous savez que quelqu'un comme Pasqua a organisé une rencontre.
00:39:48Enfin, bon, vous savez ça très bien.
00:39:50Mais il ne pouvait pas se sentir.
00:39:52Et l'un comme l'autre.
00:39:53Pasqua et Le Pen se rencontraient via Mark Yanni,
00:39:57quelquefois moi-même, d'ailleurs, au Parlement européen.
00:39:59Bien sûr.
00:40:00Il y avait des connivences.
00:40:01Ça se passait à Strasbourg.
00:40:03Oui, alors, je parle de ça parce que...
00:40:06Je voudrais ajouter mon grain de sel.
00:40:08Je crois qu'il faut réactualiser cet épisode.
00:40:13Tout de même,
00:40:15Mitterrand fait tout ce qu'il peut pour faire passer Le Pen à la télévision.
00:40:19On dit 84, mais la première fois...
00:40:22C'est l'heure de vérité.
00:40:23C'est fin 83, je crois.
00:40:24Au début 83.
00:40:25Oui, mais le 29 juin...
00:40:28Doctus cum libro.
00:40:29Je suis avec votre livre, mon cher.
00:40:30Le 29 juin 82, Le Pen est invité au journal ETF1.
00:40:36Déjà.
00:40:37Donc, c'est peu après, d'ailleurs, l'entrevue avec Guy Pen,
00:40:40qui était en mai le mois précédent.
00:40:42Ah oui, ça avait porté ses fruits, incontestablement.
00:40:44Donc, déjà en 82, l'opération mise sur l'ambite de Le Pen,
00:40:50était lancée.
00:40:52Bon, il faut relire ce livre si on le trouve encore,
00:40:54mais je crois qu'il faudra que vous reveniez sur la politique intérieure française.
00:40:58Parce qu'elle est tellement dépendante,
00:40:59c'est là où je voulais en venir,
00:41:01de la politique extérieure, comme vous le disiez d'entrée de jeu,
00:41:05qu'elle est passionnante.
00:41:06Mais vous ne voyez pas autre chose, si je crois, pardon, je vais dire ça,
00:41:11qu'il y a un autre acteur dans la pièce,
00:41:14qui est Reagan, et qui est la Céline.
00:41:18Que Le Pen a rencontré, d'ailleurs, à l'époque.
00:41:20En 81.
00:41:23Et Reagan et Mitterrand et Le Pen ont le même adversaire.
00:41:28C'est le gaullisme.
00:41:30Et ça tombe très bien, parce que tout à l'heure,
00:41:33vous parliez de l'appel de Cochin, 78,
00:41:37de la campagne européenne 79,
00:41:39avec Debré, sur des thèmes extrêmement nationaux.
00:41:43Donc, prémonitoires, je le répète.
00:41:47Prémonitoires, très opposés à la supranationalité européenne,
00:41:51c'est-à-dire l'intégration dans le...
00:41:54On le sait maintenant, on le devinait avant,
00:41:57et De Gaulle le savait parfaitement,
00:41:58l'Union européenne, et auparavant,
00:42:00la communauté économique européenne,
00:42:03est montée par les États-Unis.
00:42:05Ça, c'est l'objet d'un autre de vos livres.
00:42:07Et il y en a d'autres, d'ailleurs, dont Philippe de Villiers,
00:42:11enfin, il y en a pas mal.
00:42:14Christophe Baudouin,
00:42:16il y en a pas mal d'auteurs.
00:42:21Un autre de nos amis, John Lowland,
00:42:25voilà, qui ont tous décrit...
00:42:28Il y a un autre livre d'un certain Christophe Réveillard, etc.
00:42:31Ah ben, qui est Christophe Réveillard,
00:42:33c'est sa thèse, c'est quelque chose d'indépassable.
00:42:35Ah ben, je sais...
00:42:36Indépassable, la thèse de Christophe Réveillard.
00:42:37C'est assez professeur, je suis dit, à l'heure...
00:42:39C'est formidable.
00:42:40Oui, formidable.
00:42:41Qui prouve, donc, je reviens là,
00:42:43la machination, enfin, le montage...
00:42:45Ah ben, ça, on pourra en parler longtemps.
00:42:47On pourra en parler longtemps de l'Union...
00:42:49On en parlera de ce qui sera l'Union européenne
00:42:52par les États-Unis, à la fin de la guerre,
00:42:55à la fois pour recycler l'Allemagne,
00:42:57toujours la même chose,
00:42:58surtout garder l'Allemagne,
00:43:01en écartant le plan Borganto, on y reviendra.
00:43:04Comme ça, ils n'ont pas eu tort.
00:43:05Parce que c'était monstrueux, le plan Borganto.
00:43:11Vous avez des infections,
00:43:13vous avez des sensibilités.
00:43:16Ça consistait à détruire l'Allemagne, bon.
00:43:19Elle a pastoralisé.
00:43:21Elle a pastoralisé.
00:43:23Ça allait quand même très, très loin.
00:43:25En fait, elle puissance agricole.
00:43:26Pardon, mais je reviens sur 300 jours.
00:43:28Je raconte comment,
00:43:29lorsque le plan Borganto a été éventé
00:43:31par la presse américaine,
00:43:34les Américains ont dit
00:43:35que c'est comme si 30 divisions de la Wehrmacht
00:43:37étaient sorties du néant.
00:43:38C'est-à-dire que ça redynamisait
00:43:40la volonté de défense des Allemands
00:43:41et ça fait partie des erreurs psychologiques
00:43:44qui ont prolongé la guerre de six mois.
00:43:46Oui.
00:43:46Parce que ce plan Borganto a été très éventé en Allemagne.
00:43:51Ça a consisté en effet
00:43:52à supprimer l'Allemagne comme puissance.
00:43:55Bon.
00:43:55Est-ce que vous voulez un petit peu de...
00:43:56Merci.
00:43:57Un peu d'orangeable ?
00:43:58Tout va très bien.
00:43:59Ou un jus de thomas, non ?
00:44:01Vous voulez pas un peu...
00:44:01Non, ça va. Très bien.
00:44:02Ou un peu de café, dites-moi.
00:44:03Un petit café peut-être.
00:44:04Alors, on va venir au café.
00:44:05Mais alors, attendez.
00:44:06Parce que le café, il faut que je me lève
00:44:08et là, je ne vous lâche pas sur ce sujet.
00:44:10Non, non, mais alors...
00:44:10Ne vous levez pas.
00:44:11Donc, Borganto
00:44:12est écarté.
00:44:17Sa visa.
00:44:19Façon puzzle, quoi.
00:44:21Vous voyez ce que je veux dire ?
00:44:22Mais ce n'était pas si bête.
00:44:23C'était la politique de Richelieu.
00:44:26Tenir les affaires d'Allemagne
00:44:27en aussi mauvaise part qu'il se pourra.
00:44:29C'est une vieille constante
00:44:30de la politique française.
00:44:31Diviser l'Allemagne.
00:44:33Et puis, lui interdire l'industrie
00:44:35et donc la puissance.
00:44:37Bref.
00:44:39Pour la France, ce n'était pas si mal.
00:44:41Mais passons.
00:44:42Parce qu'il faut revenir aussi...
00:44:43De Gaulle était très contre.
00:44:44Le flamant gunther.
00:44:45Mais oui, mais c'est une de ses erreurs
00:44:47en général d'avoir toujours pris
00:44:49les Allemands pour des...
00:44:50Il a bien compris que ça ne marchait pas.
00:44:51C'est pas pour des partenaires.
00:44:52Il recommencera en 1963.
00:44:54Ça fait flop en 1964.
00:44:55Enfin, bon, bref.
00:44:57Passons.
00:44:59L'autre plan, celui d'Alain Deleuze,
00:45:01CIA,
00:45:02l'amorce même de la CIA,
00:45:05consiste à, au contraire,
00:45:07intégrer l'Allemagne
00:45:09dans une super-Allemagne
00:45:11qui s'appelle...
00:45:12Ça, je vous suis tout à le fait.
00:45:14Oui.
00:45:15Une super-Allemagne
00:45:16qui s'appellera l'Union européenne,
00:45:19qui est la construction
00:45:19supranationale européenne.
00:45:20Qui commence par s'appeler la CECA,
00:45:22qui a failli s'appeler la CED,
00:45:24et qui finit par s'appeler
00:45:25l'Union européenne,
00:45:26enfin, ça s'est rappelé
00:45:26la Communauté économique européenne.
00:45:28Voilà.
00:45:28Tout ça, c'est une construction
00:45:29états-unienne.
00:45:31Je ne dis pas américaine,
00:45:32parce que j'en ai assez
00:45:32qu'on confonde
00:45:34les États-Unis
00:45:36avec l'ensemble du continent.
00:45:37Non, ça, c'est une de mes bicyclettes.
00:45:40Mais, c'est au point, d'ailleurs,
00:45:43que sont mises aux commandes
00:45:45de ce qui deviendra
00:45:47l'Union européenne
00:45:47des dignitaires nazis
00:45:50qui font aussi clé.
00:45:52Pas tous, mais un certain nombre.
00:45:53Ça finira...
00:45:54Oui, pas tous, quand même.
00:45:55Un certain nombre.
00:45:56Ça finira par confier
00:45:57la Commission européenne
00:45:58à l'un de ses premiers présidents,
00:46:00Walter Hashtag,
00:46:01qui était un nazi pur sucre.
00:46:03Il y en a tant et plus.
00:46:05Je reviens à cela,
00:46:07parce que je voudrais finir
00:46:10sur la circonstance du plan
00:46:15consistant à monter Le Pen
00:46:17et le Front National de toutes pièces,
00:46:20qui a pour but d'éliminer un gaullisme
00:46:22qui revenait donc
00:46:23à l'origine pure du gaullisme,
00:46:27au fond, à la résistance
00:46:28qui était l'appel de Cochin,
00:46:31prémonitoire, comme on a dit,
00:46:33et qui menaçait
00:46:34la construction européenne
00:46:35et qui menaçait
00:46:36l'équilibre
00:46:37voulu par les États-Unis
00:46:40en Europe.
00:46:41Même la chale de plan
00:46:42sur les nationalités.
00:46:43Alors là, je vous suis partiellement.
00:46:45Bon.
00:46:45Partiellement.
00:46:46Je vais vous dire pourquoi.
00:46:47Parce qu'en 81,
00:46:48et donc à fortiori en 82,
00:46:50en 83,
00:46:51au moment de l'émergence
00:46:51de Le Pen,
00:46:53Chirac avait déjà rompu
00:46:54avec ce gaullisme-là.
00:46:55Il avait rompu
00:46:56avec ce gaullisme-là en 81.
00:46:58Il y est revenu sporadiquement après,
00:46:59dans des circonstances
00:47:00tout à fait louables,
00:47:02comme la Deuxième Guerre d'Irak,
00:47:03etc.
00:47:04Mais il n'était déjà plus
00:47:05sur cette crise-là.
00:47:06C'est pourquoi Marie-France Garraud
00:47:06se déclare contre lui.
00:47:08Absolument.
00:47:08Déjà, il avait un peu viré.
00:47:10Absolument.
00:47:10En fait, il rompe en 79,
00:47:13après les élections européennes.
00:47:14Oui, parce qu'il fait 15% là.
00:47:16Parce qu'il fait 15%.
00:47:17Et alors ça,
00:47:18pour Chirac,
00:47:19qui est un pragmatique,
00:47:20j'ai défendu ses idées
00:47:21qui n'étaient peut-être pas mauvaises,
00:47:22mais ça ne rapporte 15%.
00:47:24Et il ne se projette pas.
00:47:25Parce qu'il a toute la presse
00:47:26contre lui, évidemment.
00:47:27Et il a toute la presse contre lui.
00:47:28Au bénéfice de Mme Veil.
00:47:29Absolument.
00:47:30Qui fait, elle, 28%, je crois.
00:47:32Elle fait 28%.
00:47:33C'est ça.
00:47:33Donc ces élections européennes,
00:47:35c'est un tournant.
00:47:36Et là où...
00:47:36Là, il abandonne.
00:47:37Vous avez complètement raison.
00:47:38C'est que le gaullisme va se retirer du RPR
00:47:41à ce moment-là, progressivement.
00:47:43Et la marée, en se retirant,
00:47:46va faire que d'autres vont prendre la place.
00:47:48Et cet autre, c'est évidemment
00:47:49le Front National de l'époque
00:47:51qui va reprendre des thèmes nationalistes.
00:47:54Voilà.
00:47:54Et plus seulement nationaux,
00:47:56mais nationalistes.
00:47:57Mais enfin, quand même,
00:47:58il y a certaines puissances
00:47:58qui poussent à la roue,
00:47:59notamment la presse
00:48:00qui moque le nationalisme hors d'âge
00:48:04de l'appel de Cochat
00:48:06et de la liste Chirac de 1979.
00:48:08Le grand thème, c'était Giscard
00:48:10qui avait quand même le génie du formule
00:48:11et qui avait lancé à l'époque.
00:48:13Jacques Chirac est frileux.
00:48:16Le RPR est frileux.
00:48:17Il ne faut pas être frileux.
00:48:18Oui, alors ça, on a vu
00:48:19ce que ça donnait de ne pas être frileux.
00:48:20Oui, effectivement.
00:48:21Quand il fait froid,
00:48:22il faut le découvrir, n'est-ce pas ?
00:48:23Oui, voilà.
00:48:24C'est tout bête.
00:48:25C'est tout bête.
00:48:27Mais là, on va revenir sur Giscard.
00:48:28Mais bon, on ne va même jusqu'à demain matin.
00:48:30Le fait est que le gaullisme
00:48:33est quand même un danger
00:48:35au moins Chirac
00:48:37qui est potentiellement un danger
00:48:39parce qu'il peut revenir
00:48:40à ses premiers amours
00:48:41et qu'il faut l'éliminer comme...
00:48:43Je n'aime pas citer Marie-France Garraud
00:48:44parce qu'il y avait beaucoup de choses
00:48:46qui lui ont été apocryphes
00:48:49qu'elle n'a jamais dites, par exemple.
00:48:50Mais il y a une chose
00:48:51qu'elle disait très gentiment sur lui
00:48:53en disant
00:48:53quand il suit son instinct,
00:48:55il est impeccable.
00:48:56Quand il commence à ne plus le suivre,
00:48:58il devient dangereux.
00:48:59Quand il réfléchit trop, oui.
00:49:00Mais elle disait qu'il avait un instinct...
00:49:02On lui a attribué beaucoup de choses,
00:49:03notamment une phrase sur les bidets.
00:49:04Ah oui, mais ça, c'est faux, c'est faux, c'est faux.
00:49:06Je tiens à le dire
00:49:07parce que quand on parle de Marie-France Garraud...
00:49:08C'est faux.
00:49:08Elle n'a jamais dit ça
00:49:09et ça la mettait très en colère.
00:49:11Moi aussi.
00:49:12Par contre, quand Chirac suit son instinct,
00:49:14il est excellent.
00:49:15Ça, je peux vous dire que...
00:49:17Donc, c'est un danger
00:49:18pour la construction européenne, Chirac,
00:49:19potentiellement.
00:49:20Ah oui, oui, oui.
00:49:20Et le gaullisme.
00:49:22Enfin, pour cette construction européenne-là.
00:49:24Et si je suis revenu à l'origine...
00:49:26Ben oui, pour celle-ci, bien sûr.
00:49:28Si je suis revenu à l'origine
00:49:30de la dite construction européenne,
00:49:31origine états-unienne,
00:49:34c'est parce que je crois,
00:49:35mordicus,
00:49:36et j'ai beaucoup de billes,
00:49:37mais c'est peut-être pas le sujet d'aujourd'hui,
00:49:40que les États-Unis ont été acharnés
00:49:44à tuer Chirac
00:49:46comme opposition gaulliste potentielle
00:49:49et potentiellement majoritaire
00:49:51à Mitterrand.
00:49:55Mitterrand, dont il n'avait pas
00:49:56grand-chose à craindre,
00:49:57en fait.
00:49:58Parce qu'on apprend dans un autre livre
00:50:00que Mitterrand était très assidu
00:50:01dans les années 50,
00:50:02un autre de vos livres
00:50:03de l'ambassade des États-Unis.
00:50:05Certainement, l'homme politique
00:50:06de la 4e mai de l'année 60,
00:50:08qui allait le plus souvent
00:50:08à l'ambassade des États-Unis.
00:50:10Et ça, on le sait,
00:50:11grâce au document américain déclassifiqué.
00:50:13Voilà. Alors ça, c'est encore
00:50:13un autre de vos livres.
00:50:15Mais, donc,
00:50:18cette conjonction est terrible
00:50:20entre Le Pen anti-gaulliste patenté,
00:50:23Mitterrand anti-gaulliste patenté,
00:50:26et les États-Unis,
00:50:27qui craignent le gaullisme de Chirac,
00:50:29instinctif, pour reprendre ce mot-là,
00:50:32comme la peste.
00:50:33Et d'ailleurs, on l'a bien vu,
00:50:34en 2003,
00:50:35au moment de la 2e guerre du Golfe.
00:50:37Ben oui.
00:50:39C'est quand Chirac,
00:50:40une extrémiste se réveille.
00:50:42Mais, bon.
00:50:45Et nous avons beaucoup d'éléments
00:50:46qui montrent,
00:50:48cher Eric,
00:50:49c'est pour ça qu'il faut reprendre
00:50:50cette histoire secrète,
00:50:51au moins sur ce point,
00:50:52que les États-Unis sont intervenus,
00:50:55les premiers sans doute,
00:50:58dans la montée en puissance
00:50:59du Front National.
00:51:00Franchement,
00:51:03c'est vous qui le dites,
00:51:03parce que je l'ignore absolument.
00:51:04Et vous-même,
00:51:05vous connaissez le rôle
00:51:06de certains personnages
00:51:08qui se sont retrouvés
00:51:10lors de cette fameuse élection européenne,
00:51:12alors la suivante,
00:51:13non pas celle de 79,
00:51:14mais de 84,
00:51:16qui est la percée,
00:51:17qui voit Le Pen arriver à 11%,
00:51:19le Parti communiste étant à 11,2%.
00:51:22C'est un énorme score,
00:51:27mais il n'est pas arrivé de 0,7%,
00:51:30ou de 74,
00:51:3110 ans plus tard,
00:51:32à 11%,
00:51:34comme ça.
00:51:36D'abord, il faut de l'argent.
00:51:38Oui, bien sûr.
00:51:39Et cet argent,
00:51:40il ne peut venir que de quelqu'un
00:51:41qui est sur la liste.
00:51:44Et personne n'a remarqué
00:51:45qu'en numéro 4,
00:51:46sur cette liste,
00:51:48FN de 84,
00:51:50figure un Roumain,
00:51:53Gustave Pornéa,
00:51:56Pornéa, je crois.
00:51:57Pornéa, oui,
00:51:57je me souviens très bien de ce nom.
00:51:59qui est élu,
00:52:00numéro 4,
00:52:01qui arrive,
00:52:02l'ignable Vauvert,
00:52:03et qui apporte des millions et des millions.
00:52:05Parce que comme il est sur la liste,
00:52:06il peut la financer.
00:52:08Qui est ce Pornéa ?
00:52:09Un Roumain,
00:52:11d'origine roumaine,
00:52:12qui en 48,
00:52:13s'installe en France,
00:52:16prétend qu'il est l'ambassadeur
00:52:18de l'ancien gouvernement polonais,
00:52:22discrédité,
00:52:23puisque c'était un gouvernement en exil,
00:52:26que finalement,
00:52:26tout le monde reconnaîtra,
00:52:27le gouvernement accrédité,
00:52:30si on peut dire,
00:52:31par Moscou.
00:52:32Alors aussi,
00:52:32il faudra revenir sur le sujet,
00:52:34comme on a cédé à Staline.
00:52:37Bref,
00:52:39il s'exile à Paris,
00:52:41mais il fait une carrière universitaire
00:52:43brillante aux Etats-Unis,
00:52:45notamment,
00:52:46principalement à l'université de Columbia,
00:52:52à New York,
00:52:53devient d'ailleurs un des dirigeants
00:52:54de l'université,
00:52:56ainsi qu'à Londres,
00:52:57où il reçoit quantité de décorations
00:53:00universitaires britanniques.
00:53:03Et il est cependant à Paris
00:53:06sans obtenir la naturalisation française.
00:53:12Il ne l'obtient pas dans les années 50,
00:53:15il ne l'obtient pas dans les années 60,
00:53:18ni dans les années 70,
00:53:20mais ça fait plus de 30 ans
00:53:21qu'il est en France,
00:53:23même 35 ans,
00:53:24sans avoir cette nationalité.
00:53:26Donc vous voulez dire
00:53:27qu'on lui a facilité les choses
00:53:28pour qu'il puisse se présenter.
00:53:30Pour pouvoir être candidat...
00:53:32En juin 84.
00:53:33En juin 84.
00:53:34Et apporter les fameux millions.
00:53:36Et en plus,
00:53:37ce type a une autre carte dans sa manche
00:53:39qui est Moun,
00:53:40la secte de Moun,
00:53:41dont il est un dirigeant.
00:53:43Il y a beaucoup de gens
00:53:44qui sont autour de Le Pen
00:53:48qui appartiennent à Moun
00:53:49à cette époque-là.
00:53:50Bon.
00:53:51Il y a aussi un certain Pierre Serac
00:53:54qui, lui, est le dirigeant de Moun
00:53:56en France,
00:53:58en France,
00:53:59et dont Le Pen fera un député,
00:54:02cette fois en 86.
00:54:03Ainsi qu'un certain Michel de Roustolland
00:54:05qui a joué un grand rôle ensuite
00:54:08au RN, au FN,
00:54:11et qui a nié être membre de la secte Moun,
00:54:13mais enfin,
00:54:14qui était membre de son faunet
00:54:16et qui était un ami d'un certain
00:54:18colonel Pâques
00:54:19qui était le bras droit
00:54:22de Moun en personne.
00:54:24Bref.
00:54:24Écoutez, la prochaine fois,
00:54:25je vais amener un carnet,
00:54:26je vais prendre des notes.
00:54:27Mais je vais...
00:54:28Mais vous...
00:54:29Tout ça est enregistré, mon cher,
00:54:30vous regarderez,
00:54:31vous prenez des notes.
00:54:32Mais oui, mais j'ai enquêté là-dessus.
00:54:33C'est inutile de dire
00:54:34que ça me passionne.
00:54:35Autre témoignage,
00:54:37il faut que vous alliez lui demander,
00:54:39c'est notre maître à tous,
00:54:40si l'on peut dire,
00:54:41c'est Martial Bild.
00:54:43Martial Bild,
00:54:44dans la même époque,
00:54:4582-83,
00:54:47devient le président
00:54:49des jeunes du parti
00:54:52de Le Pen.
00:54:54Et il dit en 84,
00:54:57mes petits gars,
00:54:58parce que c'est dans les partis politiques,
00:55:00c'est surtout les jeunes
00:55:01qui collent,
00:55:01qui tractent, etc.
00:55:02C'est beaucoup.
00:55:03Doutons, il y avait encore des militants,
00:55:05parce que ça,
00:55:05c'est une affaire totalement
00:55:07fort close.
00:55:08Mais oui,
00:55:09mais il n'y en a plus aujourd'hui.
00:55:10C'est ce que je vous dis.
00:55:10C'était puissant, oui.
00:55:12On n'a rien eu à faire,
00:55:14dit Martial Bild.
00:55:15Allez, allez, allez,
00:55:16le solliciter,
00:55:18il est tout à fait prêt,
00:55:18je ne dis pas ça,
00:55:19sans son accord,
00:55:20sans qu'il m'ait donné son accord.
00:55:22Martial, je veux dire,
00:55:22Martial Bild.
00:55:23On n'avait rien à faire.
00:55:25La secte Moon a pris en main
00:55:26complètement,
00:55:28pour les tractages,
00:55:30pour les boitages,
00:55:31c'est-à-dire mettre des prospectus
00:55:33ou des prospectis
00:55:33dans les boîte aux lettres,
00:55:35pour l'affichage.
00:55:37Tout a été pris en main
00:55:38par des gens
00:55:39qui ne parlaient absolument pas français,
00:55:41mais qui ont débarqué en masse,
00:55:43alors des Asiatiques,
00:55:44des Américains, etc.,
00:55:44qui ont fait la campagne
00:55:47de Le Pen en 1984.
00:55:49C'est comme ça
00:55:49que Le Pen est arrivé
00:55:50à 11%.
00:55:51Ne me dites pas
00:55:53qu'il n'y a pas
00:55:53un objectif concerté,
00:55:56certainement avec Mitterrand,
00:55:58dont c'était aussi
00:55:59l'intérêt,
00:56:02pour faire monter Le Pen
00:56:03contre le gollisme.
00:56:04Non, mais je ne conteste pas,
00:56:05je n'ai pas du tout
00:56:06ces informations.
00:56:06Maintenant, je ne les ai.
00:56:07Mais je ne les ai pas.
00:56:09Mais ne contestez pas non plus
00:56:10que, objectivement,
00:56:12la situation était favorable
00:56:13à une montée.
00:56:14Alors, peut-être,
00:56:15la montée aurait été moindre
00:56:16s'il n'y avait pas eu
00:56:17cette autorisation
00:56:19donnée par Mitterrand
00:56:20que Le Pen soit invité, etc.
00:56:2282 TF1,
00:56:23l'ordre de l'hériture 84.
00:56:25Ce renfort extérieur
00:56:26de la secte Moon.
00:56:27Qui parle de la renforce,
00:56:28et de l'argent et des hommes
00:56:29à foison pour faire la campagne.
00:56:33Oui.
00:56:33Mais, on voyait déjà
00:56:35au municipal,
00:56:36à Paris,
00:56:37en 1983,
00:56:39dans le 20ème,
00:56:40où Le Pen a fait 8 ou 10%,
00:56:41à Dreux,
00:56:42où Stierbois a percé.
00:56:44Oui, mais ça,
00:56:44c'est après 1942.
00:56:46Oui, oui.
00:56:46Il perce après
00:56:48le TF1 de Le Pen.
00:56:51Et d'ailleurs,
00:56:53on peut en parler sans fin,
00:56:55parce qu'il y a aussi
00:56:56l'affaire Farwell derrière.
00:56:58C'est-à-dire,
00:56:58Mitterrand a besoin
00:57:00de donner des gages
00:57:01aux États-Unis.
00:57:03Ça, c'est sûr.
00:57:04Il a pris des ministres communistes,
00:57:05il s'en débarrassent en 1983,
00:57:07et en mars 1983,
00:57:09après les municipales,
00:57:11et il se débarrassent aussi
00:57:14de 47 diplomates russes
00:57:17qu'il renvoie.
00:57:18Tout ça pour donner des gages
00:57:19à Reagan.
00:57:20Il y a une entente.
00:57:23Ils s'entendaient très bien,
00:57:24effectivement.
00:57:25parfaite,
00:57:26et notamment
00:57:27avec des répercussions
00:57:28sur la politique étrangère française.
00:57:30Et ce n'est pas la première fois,
00:57:31parce que toujours dans ce livre,
00:57:32alors je pensais
00:57:33qu'on ne parlerait
00:57:33que de politique internationale,
00:57:34mais ce n'est pas la peine
00:57:35de préparer quoi que ce soit.
00:57:36Dans ces conversations,
00:57:37on fait tout autre chose
00:57:37quand on se retrouve
00:57:38devant les caméras.
00:57:40mais c'est 58,
00:57:43le retour du général de Gaulle,
00:57:45alors coup d'État,
00:57:46pas coup d'État,
00:57:47en tous les cas coup de chien.
00:57:48Je dis coup de chien à dessein
00:57:49parce qu'on apprend
00:57:50dans le premier chapitre,
00:57:52le premier des 50 chapitres
00:57:54de l'histoire secrète
00:57:55de la droite,
00:57:56il est toujours en vente au fait ?
00:57:58Non.
00:57:59Non, il est épuisé.
00:58:00Oui, il faut le refaire.
00:58:03On apprend qu'au fond,
00:58:06ce 58,
00:58:07ça n'arrive pas de rien.
00:58:10Et que le RPF
00:58:12que de Gaulle crée en 1947
00:58:14et dont on dit
00:58:15qu'il le met en veilleuse
00:58:16après les élections de 51,
00:58:18qui voit le reflux
00:58:20de ses candidats
00:58:20à cause des apparentements,
00:58:23on dit ce que c'est.
00:58:24C'est une horreur institutionnelle
00:58:25les apparentements.
00:58:26Dites ce que c'est
00:58:27parce que peut-être que...
00:58:27Les apparentements,
00:58:28c'est un mécanisme
00:58:30qui avait été mis au point
00:58:32par les socialistes
00:58:33et le MRP,
00:58:34les démocrates chrétiens
00:58:35de l'époque,
00:58:37pour empêcher le RPF
00:58:39d'arriver au pouvoir
00:58:40puisque le RPF
00:58:40avait fait plus de 40%
00:58:44aux élections municipales
00:58:45de 1947.
00:58:46Et donc...
00:58:47C'était un danger
00:58:48pour les élusatifs.
00:58:49C'était un raz-de-marée.
00:58:50Donc, même la proportionnelle
00:58:52classique ne suffisait pas
00:58:53à l'arrêter.
00:58:54Donc, on a mis au point
00:58:55ce système des apparentements
00:58:56qui autorisait des gens
00:58:57absolument opposés
00:58:59à s'allier sur une même liste,
00:59:01quitte à siéger ensuite
00:59:03qui dans la majorité,
00:59:04qui dans l'opposition,
00:59:05mais pour empêcher
00:59:07les listes RPF d'arriver.
00:59:08Et ça a été fait sur mesure
00:59:10pour empêcher de Gaulle
00:59:11d'arriver au pouvoir.
00:59:12Et donc, après 51,
00:59:13effectivement,
00:59:14qui a vu le RPF
00:59:15faire à nouveau
00:59:16un très gros score,
00:59:17un peu moins de 40,
00:59:18mais un très gros score,
00:59:19mais ils n'ont pas pu
00:59:21arriver au pouvoir.
00:59:22Et donc,
00:59:22de Gaulle s'est
00:59:22progressivement retiré
00:59:25et il a mis officiellement
00:59:26le RPF en sommeil,
00:59:28en tout cas,
00:59:28lui n'a plus d'activité,
00:59:30en 53.
00:59:32Or,
00:59:33on découvre
00:59:34que c'est un faux sommeil.
00:59:38Oui, tout à fait.
00:59:39Parce que...
00:59:39Parce qu'il garde
00:59:40l'essentiel des équipes,
00:59:41notamment un certain Faucard,
00:59:44et puis les équipes
00:59:45du BCRA,
00:59:47c'est-à-dire des services secrets
00:59:48mis en place à l'on...
00:59:49en cibre,
00:59:50qui avaient beaucoup appris
00:59:52dans la résistance
00:59:52et qui savaient
00:59:53qu'il fallait,
00:59:55même si on était en sommeil,
00:59:56rester actifs
00:59:58et vigilants.
00:59:59Voilà.
01:00:00Et ils vont s'avérer
01:00:01très utiles
01:00:02en 58,
01:00:04et ainsi qu'en 68,
01:00:05d'ailleurs,
01:00:06on verra,
01:00:06on passera par le sac.
01:00:08Mais,
01:00:11de Gaulle,
01:00:12réunis en 53,
01:00:15donc,
01:00:15c'est pas tellement
01:00:16mis en sommeil.
01:00:18C'est le dernier
01:00:19conseil national.
01:00:20Ah non, il y en a en 54.
01:00:22Oui, mais auquel il assiste,
01:00:23je crois vraiment
01:00:24que c'est un des derniers.
01:00:25Voilà.
01:00:27Attendez, excusez-moi,
01:00:27mais ma science est récente.
01:00:29En 54 aussi,
01:00:31de Gaulle réunit
01:00:33les responsables départementaux
01:00:35de l'RPF
01:00:36et il leur dit...
01:00:41Alors, vous écrivez,
01:00:41les réseaux gaullistes
01:00:42qui sommeillaient
01:00:43depuis la fin du RPF
01:00:44se réveillent instantanément.
01:00:45Ça, c'est en 58.
01:00:46Mais en 58,
01:00:47il réunit
01:00:48les délégués
01:00:52départementaux
01:00:53et régionaux
01:00:54de l'RPF.
01:00:55Le pays,
01:00:56alors qu'il est,
01:00:56ne partira pas
01:00:57vers les sommets
01:00:58tout seul.
01:00:59Il n'en a pas l'idée,
01:01:00il n'en a pas l'instinct,
01:01:01il n'en a pas l'envie.
01:01:042025.
01:01:06C'est seulement le trouble,
01:01:07les douleurs,
01:01:08les inquiétudes
01:01:09qui peuvent créer l'occasion.
01:01:10Cette occasion,
01:01:12si elle se présente,
01:01:14il faut la saisir.
01:01:15Et je la saisirai,
01:01:17je vous le promets.
01:01:19Sera-t-il une occasion électorale ?
01:01:22Ce n'est pas probable,
01:01:23mais ce n'est pas impossible.
01:01:27Nous sommes en 2025.
01:01:28Moi, je dis la même chose.
01:01:29L'élection électorale,
01:01:30ta ta.
01:01:31Mais,
01:01:32encore une fois,
01:01:32je ne vous engage pas.
01:01:33Moi, j'ai cessé de voter
01:01:35depuis longtemps.
01:01:35Il peut arriver une période
01:01:39d'angoisse générale
01:01:40dans laquelle on puisse faire
01:01:41une opération.
01:01:45Je ne dis pas que ce sera
01:01:46identiquement la même
01:01:48que celle de 1947.
01:01:51Je ne sais pas.
01:01:53Ce sera peut-être
01:01:53une opération fort différente,
01:01:55mais ce sera de toute façon
01:01:57une opération destinée
01:01:58à nous mettre au pouvoir.
01:02:00Une opération à nous mettre au pouvoir.
01:02:02à me mettre au pouvoir
01:02:05pour changer le régime
01:02:07et la politique de la France.
01:02:09Eh bien, cette occasion
01:02:10peut-être également différente
01:02:12car elle peut être
01:02:13un coup de chien.
01:02:14Il ne dit pas un coup d'État,
01:02:15mais qu'est-ce que c'est ?
01:02:16Vous savez, dans l'ancienne France,
01:02:17on parlait de coup de majesté.
01:02:19Un coup.
01:02:21C'est tout à fait possible.
01:02:22Il est possible
01:02:23que nous soyons amenés
01:02:24à faire un coup de chien.
01:02:27Lequel coup de chien
01:02:28peut tout à fait réussir
01:02:30dans une ambiance
01:02:31et pas du tout
01:02:32quand il n'y a pas d'ambiance.
01:02:34C'est-à-dire
01:02:34quand le peuple
01:02:35n'en peut plus, quoi.
01:02:37On ne fait pas le 18 juin
01:02:38sans le malheur.
01:02:39On ne fera pas
01:02:40le 18 juin à froid.
01:02:41Ça n'existe pas.
01:02:42Ce sont des blagues.
01:02:45Voilà.
01:02:45Alors, il faut dire
01:02:46pourquoi il dit ça.
01:02:48Alors, je voudrais
01:02:48vous entendre là-dessus, oui.
01:02:50Oui, pourquoi il dit ça ?
01:02:51Parce que,
01:02:52alors qu'il met le RPF
01:02:53en sommeil
01:02:53et que c'est la dernière,
01:02:54une des dernières fois
01:02:55où il n'interrien
01:02:56devant les cadres.
01:02:57Il dit ça parce que
01:02:58énormément de fidèles
01:02:59et notamment de résistants,
01:03:01etc.
01:03:03Qui était prêt vraiment
01:03:04à faire n'importe quoi
01:03:05pour lui.
01:03:05Là, on est le 11 juillet
01:03:0654 quand même.
01:03:07Oui, oui, c'est ça.
01:03:08Mais alors après,
01:03:09il n'y a plus d'intervention
01:03:10devant le RPF.
01:03:10Je suis formel.
01:03:11C'est la dernière fois
01:03:12qu'il parle.
01:03:12Enfin, le coup d'État
01:03:14de 58,
01:03:15il n'est même pas 4 ans plus tard.
01:03:15Oui, mais il ne parle plus
01:03:16devant les cadres.
01:03:17C'est ça que je veux dire.
01:03:18Et donc,
01:03:19beaucoup de gens
01:03:19lui faisaient
01:03:20parvenir des mots,
01:03:22etc.
01:03:22en lui disant
01:03:24mais si vous faites
01:03:25quelque chose,
01:03:25on est derrière vous.
01:03:26Et en fait,
01:03:28c'est des militants
01:03:29du RPF
01:03:29qui disaient
01:03:30mais il faut faire
01:03:31un coup d'État,
01:03:31mon général.
01:03:32Ça ne peut pas durer
01:03:32comme ça.
01:03:33Le coup de chien,
01:03:33c'est quoi ?
01:03:34Ça a été le pouce
01:03:35des généraux.
01:03:36Oui.
01:03:36Et il a profité
01:03:37du pouce des généraux
01:03:38pour revenir.
01:03:38Ça a été sa quête.
01:03:40Ça a été sa quête
01:03:41qui est une chose
01:03:42monstrueuse.
01:03:42En 58,
01:03:43quand le gouvernement,
01:03:45je crois que c'est celui
01:03:45de Félix Gaillard,
01:03:46je ne sais plus.
01:03:46Félix Gaillard,
01:03:47absolument.
01:03:48ou Fiblin,
01:03:52l'armée se met
01:03:53à bombarder
01:03:54des bases du FLN
01:03:56en Tunisie
01:03:57sans aucunement
01:03:58l'accord de l'État-major
01:03:59à Paris,
01:04:00en tous les cas.
01:04:01Absolument.
01:04:01Tout à dire que le gouvernement
01:04:02n'a plus la maîtrise
01:04:03de l'armée.
01:04:04Voilà l'occasion.
01:04:05De l'armée.
01:04:06Attendez,
01:04:07je répète,
01:04:08parce que nous sommes
01:04:08en 2025
01:04:09et j'ai toujours un truc
01:04:10dans le coin de ma tête,
01:04:11moi.
01:04:12Quand le gouvernement
01:04:13ne maîtrise plus l'armée.
01:04:15J'ai dit.
01:04:16Vous voyez ce que je veux dire.
01:04:17Bref.
01:04:18Et ce coup de 58,
01:04:20il vient de loin.
01:04:21C'est pour ça qu'on pourrait dire
01:04:22que j'aime assez dire
01:04:23que la Ve République
01:04:24commence le 18 juin 1940
01:04:26en réalité.
01:04:27Parce que ce sont
01:04:27les mêmes zones.
01:04:28Ce sont les mêmes zones.
01:04:29C'est le BCRA,
01:04:30c'est le RPF.
01:04:31Tout ça mené
01:04:32par certainement
01:04:33le plus gaulliste
01:04:34de tous les gaullistes
01:04:35qui est Faucard
01:04:36dont nous aurons
01:04:37à reparler.
01:04:41Et que vous avez suivi
01:04:41un peu d'ailleurs
01:04:42Faucard.
01:04:44Non,
01:04:44je ne l'ai jamais rencontré.
01:04:46Non.
01:04:46Mais que vous avez
01:04:47suivi les exploits.
01:04:49Ah oui,
01:04:49bien sûr.
01:04:50Parce que c'est certainement
01:04:51celui qui a le plus vu
01:04:52général de Gaulle
01:04:53jusqu'en 69.
01:04:54Ah oui.
01:04:55Tous les soirs avec de Gaulle.
01:04:56Oui, oui, absolument.
01:04:58Je crois d'ailleurs
01:04:59qu'il finissait
01:05:00par le lacet un peu
01:05:01parce qu'il venait
01:05:02lui parler de l'Afrique,
01:05:03de l'Afrique,
01:05:03de l'Afrique.
01:05:03Il y en avait marre.
01:05:04Et de Gaulle,
01:05:05on avait un peu assez
01:05:06à la fin.
01:05:08En fait,
01:05:08je n'ai jamais rencontré
01:05:09Faucard,
01:05:09mais je l'ai croisé
01:05:10un jour
01:05:10à Matignon
01:05:12en allant voir Chirac.
01:05:14Chirac était
01:05:15Premier ministre
01:05:16à Matignon
01:05:17pendant la première
01:05:17cohabitation
01:05:18et il était son conseiller.
01:05:19On ne disait plus
01:05:20affaires africaines
01:05:21et malgaches.
01:05:22On disait
01:05:22il était conseiller.
01:05:24Et donc,
01:05:25on allait interdiver
01:05:26Chirac
01:05:26et on a croisé Faucard.
01:05:27J'ai donc vu Faucard
01:05:28qui,
01:05:29mais voilà,
01:05:29je lui ai même passé la main.
01:05:30Est-ce que vous savez,
01:05:31c'est que,
01:05:32je source ce que je viens de lire,
01:05:36il avait gardé des archives
01:05:38à l'Institut Charles de Gaulle
01:05:39où nous nous rencontrâmes.
01:05:41Et je crois
01:05:41qu'il les a sortis lui-même
01:05:43d'ailleurs,
01:05:43ces archives.
01:05:44Il semblerait, oui.
01:05:45Mais ça ne nous a pas empêché
01:05:46de trouver
01:05:47à l'Institut Charles de Gaulle
01:05:47un jour
01:05:48les enregistrements
01:05:50des bandes magnétiques
01:05:51où l'on entend
01:05:52de Gaulle dire cela.
01:05:53Bien sûr, on l'entend.
01:05:54Tout à fait.
01:05:54Ce n'est pas des phrases en l'air.
01:05:56Vous avez les bandes.
01:05:57Bien sûr.
01:05:57Et il reste encore
01:05:58beaucoup de choses de Faucard.
01:06:00Alors,
01:06:00je crois que tout ce qui concernait
01:06:02la politique étrangère
01:06:03est parti.
01:06:04Mais il y avait des fiches
01:06:06de police
01:06:06qu'il avait fait établir
01:06:08ou qui lui avaient été données
01:06:09par les renseignements généraux,
01:06:10etc.,
01:06:11qu'il avait établies
01:06:12au moment du RPF
01:06:13et dont je me suis servi
01:06:14dans un autre livre
01:06:15qui s'appelle
01:06:16La République des imposteurs
01:06:17sur la 4ème République.
01:06:19Et ça,
01:06:19c'était resté
01:06:20à la fondation Charles de Gaulle
01:06:22et c'est grâce à la fondation
01:06:23Charles de Gaulle
01:06:23que j'ai pu faire ce livre.
01:06:24Mais je crois
01:06:26qu'il avait déménagé
01:06:27beaucoup,
01:06:28beaucoup,
01:06:28beaucoup d'archives.
01:06:29Mais vous avez trouvé
01:06:30malgré tout
01:06:30ces bandes magnétiques
01:06:31où on entend de Gaulle
01:06:32dire ce que je viens de dire.
01:06:33Tout à fait.
01:06:34Ce qui est quand même
01:06:35constitutif d'une préparation
01:06:38de coup d'État quand même.
01:06:39à l'occasion de votre émission.
01:06:41Parce que ça,
01:06:41je peux vous l'envoyer
01:06:42et vous l'avez
01:06:43dans la minute.
01:06:44vous feriez ce cadeau
01:06:45à la grande télévision française.
01:06:47Mais bien sûr.
01:06:48Je veux dire TV Liberté.
01:06:50Vous savez qu'on a dépassé
01:06:50le million d'avenir,
01:06:51on n'est pas peu fiers.
01:06:54Mais là, mon cher,
01:06:55vous êtes piégé
01:06:56parce que vous êtes devant
01:06:57des caméras
01:06:58et vous faites une promesse.
01:06:59Je ne vous lâcherai pas.
01:07:00Je fais cette promesse.
01:07:02Entendre de Gaulle
01:07:03parler de la préparation
01:07:04d'un coup de chien.
01:07:05Bien sûr.
01:07:07Nous sommes des gens
01:07:09comme nos militants
01:07:11qui attendons l'occasion.
01:07:12Nous ne le dissimulons pas.
01:07:14C'est ça.
01:07:14Nous attendons l'occasion
01:07:15et je vous ai dit
01:07:16qu'est-ce qui peut faire naître l'occasion.
01:07:18Il n'y a pas autre chose
01:07:19qui puisse faire naître l'occasion
01:07:21que le malheur,
01:07:23que l'inquiétude,
01:07:24que le trouble
01:07:25et que le dégoût.
01:07:26Il n'y a pas autre chose.
01:07:27Il ne faut pas nous illusionner.
01:07:29Le pays, à l'heure qu'il est,
01:07:30ne partira pas
01:07:31vers les sommets tout seul.
01:07:33Il n'en aura pas l'idée.
01:07:34Il n'en a pas l'instinct.
01:07:36Il n'en a pas l'angénie.
01:07:37Par conséquent,
01:07:38c'est seulement le trouble,
01:07:40les ennuis,
01:07:41les douleurs,
01:07:43les inquiétudes
01:07:44qui peuvent créer l'occasion.
01:07:48Cette occasion,
01:07:48si elle se présente
01:07:50sous la forme de l'ambiance,
01:07:51alors là, il faut la saisir.
01:07:53Je la saisirai.
01:07:54Je vous le promets.
01:07:57Sera-ce une occasion électorale,
01:07:58ce n'est pas absolument impossible.
01:08:00Il peut arriver une période
01:08:02d'angoisse générale
01:08:04ou d'ennui générale,
01:08:05d'inquiétude générale,
01:08:07dans laquelle on puisse
01:08:08faire une opération électorale.
01:08:10Je ne dis pas que ce sera
01:08:11identiquement la même
01:08:12que celle de 47,
01:08:13je n'en dis.
01:08:14Je ne dis pas.
01:08:15Ce sera fait une opération
01:08:16de forme différente.
01:08:17Mais ce sera de toute façon
01:08:19une opération destinée
01:08:21à nous mettre au pouvoir,
01:08:22à me mettre au pouvoir,
01:08:24pour changer le régime.
01:08:26Bien.
01:08:26Cette occasion peut être
01:08:27également toute différente.
01:08:29Elle peut être
01:08:30un coup de chien.
01:08:31C'est tout à fait possible.
01:08:33Et il est possible
01:08:34que nous soyons amenés
01:08:35à faire un coup de chien.
01:08:37Lequel coup de chien
01:08:38peut tout à fait réussir
01:08:40dans une ambiance.
01:08:42Vous me comprenez.
01:08:43Et pas du tout
01:08:44quand il n'y a pas d'ambiance.
01:08:45On ne fait pas le 18 juin
01:08:47sans le malheur.
01:08:48C'est un fait.
01:08:49Je n'y fais rien.
01:08:50On ne fait pas le 18 juin
01:08:51à froid.
01:08:52Ça n'existe pas.
01:08:53Ce sont des blagues.
01:08:55Par conséquent,
01:08:55on peut faire
01:08:56toutes sortes de choses
01:08:57quand l'ambiance s'y prête.
01:08:59Et à ce moment-là,
01:09:01merci.
01:09:04Bon.
01:09:05Alors,
01:09:06mon cher,
01:09:08nous avons trop de choses
01:09:08à nous dire.
01:09:09Il faut que nous nous interrompions
01:09:10et que nous reprenions
01:09:12non pas encore
01:09:14sur les lignes
01:09:14de politique étrangère.
01:09:15Je vous retrouverai plus tard
01:09:16comme historien
01:09:17des relations internationales.
01:09:20Mais toujours
01:09:21sur la politique française
01:09:22avec un épisode terrible
01:09:23qui va passionner
01:09:24beaucoup de nos auditeurs,
01:09:25je pense,
01:09:26c'est-à-dire l'OS.
01:09:27Donc,
01:09:28vous êtes d'accord
01:09:29pour qu'on commence
01:09:29un petit marathon
01:09:30de conversation ?
01:09:31Absolument.
01:09:33Alors,
01:09:34à très vite.
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