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  • il y a 6 minutes
Ce mercredi 10 juin, François Sorel a reçu Salime Nassur, fondateur de Maars, Matthieu Soulé, responsable du labo de Cathay Innovation à San Francisco, et Frédéric Simottel, journaliste BFM Business. Ils se sont penchés sur le partenariat de General Motors avec Peak Energy pour développer des batteries destinées aux data centers, l'impact de l’IA sur l’emploi dans la Silicon Valley, ainsi que sur l'avenir de la marque SFR, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:05Le retour du débrief de l'actu tech, merci d'être là en ce mercredi soir, toujours un plaisir d
00:10'aller à votre rencontre, peut-être à la fois dans votre voiture, chez vous, peut-être êtes-vous en train
00:17d'écouter Tech & Co en replay, en podcast, vous le savez on est là chaque soir 19h30, 21h.
00:23Avec ce soir sur le plateau, Salim Nassur, fondateur de Mars, Mathieu Soulet, responsable du labo de KT Innovation à
00:30San Francisco, et Frédéric Simotel, journaliste à BFM Business.
00:34On va parler maintenant du constructeur automobile General Motors, que vous connaissez tous, bien sûr, et qui a une espèce
00:44de stratégie assez intéressante, parce que vous savez que depuis que Donald Trump est arrivé au pouvoir,
00:47la voiture électrique, elle n'est plus forcément le truc indispensable, puisque le moteur thermique revient, etc.
00:58Et General Motors dit, mais qu'est-ce que je vais faire de toute cette R&D que j'ai
01:01pu mettre en place, et notamment de toutes ces batteries que j'ai créées ou imaginées pour mes voitures ?
01:07Et je trouve que c'est plutôt malin, General Motors va s'associer à une start-up qui s'appelle
01:12Peak Energy, pour créer des batteries en fait qui nous permettront tout simplement d'alimenter des data centers.
01:21Petit reportage sur ce sujet, et on revient juste après, regardez.
01:26La marche arrière de Donald Trump sur la réduction des émissions carbone fait turbiner les constructeurs.
01:32Comme ils peinent à écouler leurs modèles électriques, certains se tournent vers les secteurs où la demande en énergie explose.
01:37C'est le cas des data centers qui doivent régulièrement absorber les fluctuations de consommation des puces,
01:43mais aussi des sites industriels qui cherchent à lisser les pics de demandes en énergie.
01:47Après Ford ou l'équipementier Valeo, c'est donc General Motors qui va fabriquer des dispositifs dédiés.
01:52GM va s'associer aux spécialistes Peak Energy afin de produire des batteries aux Etats-Unis.
01:58Avec une phase de test en 2028, elles auront la particularité de fonctionner au sodium, disponible sur le sol américain,
02:05plutôt qu'au lithium, comme c'est majoritairement le cas aujourd'hui.
02:08Le sodium n'a pas besoin d'être refroidi, ce qui est censé rendre les batteries plus fiables et moins
02:13coûteuses à exploiter.
02:14Ce projet s'inscrit dans un investissement global de 900 millions de dollars, annoncé il y a quelques jours par
02:19GM.
02:20Mais face à la concurrence chinoise, la bataille n'est pas gagnée.
02:24CATL et BYD sont aujourd'hui les fabricants de batteries au sodium les plus avancés.
02:29Et reportage signé Erwan Maurice de la rédaction de BFM Business.
02:34Voilà la batterie qui se retrouve des facultés insoupçonnées finalement.
02:41Alors on a beaucoup parlé de grid énergie il y a quelques années de ça, je ne sais pas si
02:44vous vous en souvenez.
02:45Vous avez une voiture, une Zoé ou une Tesla, vous la garez chez vous, elle se branche en fait sur
02:51votre réseau électrique.
02:52Et le réseau électrique ne va plus pomper le réseau EDF ou ENGIE, mais va pomper le réseau de votre
02:58batterie.
02:58Finalement ça fait des...
02:59Je t'ai déjà présenté ça.
03:01Je t'ai déjà présenté ça aussi.
03:01On en entend beaucoup moins parler de cette technologie.
03:04Ça marche, dans les exploitations agricoles ça marche pas mal.
03:09Tu as des tracteurs qui se chargent dans la journée et le soir restituent leur énergie pour certains de leurs
03:17hangars, enfin des travaux agricoles.
03:19Et dans les data centers bien évidemment ça a tout son sens.
03:22Ces data centers qui sont extrêmement gommants en énergie.
03:26C'est une réalité ça Mathieu ? Tu en entends parler dans la Cine-Cole-Vallée ?
03:29Oui, alors dans le cas de GM en fait il y a deux partenariats qui sont différents.
03:32Il y a celui sur les data centers, ça a été fait en fait annoncer il y a quelques mois.
03:36C'est un partenariat avec une boîte qui s'appelle Redwood de Materials qui recycle en fait les batteries.
03:41Donc en fait General Motors donne des batteries secondaires, parfois premières aussi.
03:44Et ils ont bossé après.
03:46Donc des batteries qui étaient dans des voitures c'est ça ?
03:48Voilà, exactement dans des voitures ou des batteries neuves aussi qui donnent à Redwood Materials qui faisait du recyclage de
03:54batteries.
03:55Et qui l'utilise pour notamment une boîte qui s'appelle Cruzo AI, donc un des Neo-Cloud dessus.
03:58Donc ça c'est le partenariat qui avait été annoncé il y a quelques mois, c'est le data center.
04:01Et là le Peak Energy c'est un peu différent, c'est sur le sodium.
04:04Donc c'est des batteries qui ne sont pas utilisées pour les voitures.
04:07C'est des batteries en fait stationnaires, on appelle ça, qui sont utilisées plutôt justement sur la partie grid.
04:11Donc c'est plutôt des électriciens qui utilisent ça quand il y avait du vent, du solaire, etc. qu'ils
04:15fournissent.
04:16On stocke ça sur des énormes batteries en fait sodium, là en l'occurrence.
04:20Donc l'annonce avec Peak Energy c'est plutôt sur la partie dessus.
04:23Et ça correspond, ou c'est en rebondissement, Ford avait aussi annoncé un business Ford Energy.
04:29Ils ont bossé notamment avec Cattle, C-A-T-L en anglais, l'acteur chinois qui fait des batteries.
04:35Et donc en fait c'est en miroir de ce que font les Chinois.
04:37C'est pas les Américains qui ont inventé ça.
04:39BYD, le constructeur automobile, est un énorme acteur des batteries.
04:42Ils ne font pas que des batteries pour les voitures.
04:44Ça sert aussi pour fournir ce qu'on appelle les batteries stationnaires pour les parties en fait à grande échelle.
04:52Pour faire simple, les Tesla aussi pour les électriciens et aussi parfois pour les data setters.
04:55Donc c'est vraiment une volonté de diversification des acteurs.
04:58En disant finalement qu'on est un spécialiste des cellules électriques, des batteries, etc.
05:02Et qu'on en produit, General Motors, ils produisent en fait les cellules avec une GenVenture, avec LG aux Etats
05:08-Unis.
05:08Donc c'est ça qu'ils produisent.
05:09Et donc finalement c'est une usine qui produit pour les voitures.
05:11Ça peut aussi produire pour d'autres usages.
05:13Et donc c'est en réflexion, en tout cas en miroir pour moi, de ce qu'ont fait les Chinois.
05:18On parlait de BYD.
05:19BYD qui se retrouve sur la liste des constructeurs indésirables aux Etats-Unis.
05:25C'est pas anodin.
05:26Et avec beaucoup d'autres bien évidemment.
05:28Ça a été controversé parce que Ford a fait cette partenariat avec CITL,
05:31qui est le concurrent principal de BYD.
05:34Ils ont redit quand l'administration Trump, où Trump était en Chine,
05:38il y a quelques semaines, que le partenariat était justement un exemple de collaboration entre Ford et dessus.
05:43Pour l'instant le partenariat court toujours, après on verra jusqu'à où il va.
05:46Parce que l'idée c'est que, en fait, toutes ces boîtes pourraient aider les militaires chinois.
05:51C'est ça en fait le...
05:53Potentiellement, voilà.
05:53Potentiellement c'est ça.
05:54S'il y a des liens avec les militaires chinois,
05:55l'armée américaine dit on veut pas bosser avec, pour faire ça.
05:59Salim, ce sujet ?
06:01Que je n'aurais pas dit mieux.
06:02T'as été très complet.
06:04Pour le coup, je vais déplacer le débat, parce que t'as très bien résumé la situation.
06:08Moi, si j'apporte un autre angle, je dirais qu'il y a deux trucs là-dessus que je trouve
06:13intéressants.
06:14Un, c'est que ça nous rappelle, comme un peu plus à chaque fois qu'on en parle,
06:17que toute cette partie, il y a un data center, il y a beaucoup de physique en fait.
06:22Et que sans...
06:24On était à l'époque, à une époque où on parlait beaucoup de software.
06:27Après on a parlé aussi d'hardware.
06:28Mais là, c'est vraiment de l'énergie, du physique.
06:30Donc du vraiment, voilà, brick and mortar.
06:33Donc ça, c'est le premier truc.
06:34Et le deuxième truc,
06:37on me dit souvent que je suis un peu trop admiratif des Etats-Unis.
06:41Et pas que, parce qu'il y a plein de trucs qui ne sont pas bien.
06:43Tu le sais bien, puisque tu habites dans la Silicon Valley, comme j'ai pu le faire.
06:46Mais moi, je trouve ça assez remarquable de dire qu'une grosse boîte, comme j'irais,
06:50arrive à pivoter comme ça.
06:52J'aimerais qu'il y ait plus de boîtes françaises.
06:53C'est-à-dire, ok, là, ce marché-là, il est en train de se réduire.
06:57Je vais aller sur un autre marché.
06:58Et un marché qui est en croissance.
07:00Et nous, soit on met beaucoup de temps.
07:02Je pense qu'on parlera des CFR tout à l'heure.
07:04On met beaucoup de temps à pivoter.
07:05Ou soit on ne pivote pas et on se mange le mur.
07:07Donc ça, pour moi, c'est une belle leçon de savoir réorienter son entreprise,
07:11quelle que soit sa taille, pour aller vers un marché qui est prometteur.
07:13Là, il y en a un autre qui est en train de décliner.
07:15Fred, c'est vrai qu'en plus, tous ces constructeurs automobiles,
07:17pendant des années, on leur a dit, attention, l'électrique, c'est l'avenir.
07:20Bientôt, vous n'aurez plus de thermique.
07:22Ils ont investi des milliards.
07:23Et finalement, c'est pas mal de rebondir, de pivoter sur toute cette R&D,
07:28qu'elle serve à quelque chose.
07:29Ça, et ce qu'il faut remarquer, c'est tout l'écosystème aussi qui est en train de pivoter.
07:34On se demandait, alors c'est vrai que le CES était parfois un peu plus salon auto
07:38que salon de la technologie.
07:40Mais on voyait quelqu'un qu'on connaît bien ici, qui est Valeo.
07:43Valeo, on les voyait faire leurs innovations dans la voiture.
07:46Évidemment, pour le CES, c'était bien.
07:47Mais qu'est-ce qu'on voit ?
07:48On voit que Valeo, aujourd'hui, travaille aussi dans les parties data center
07:52parce qu'ils savent refroidir, parce qu'ils ont aussi une expertise industrielle.
07:57Parfois, l'appareil industriel, on change un peu.
07:59Enfin, je le dis simplement, mais c'est un peu plus complexe que ça.
08:01C'est le troisième.
08:02Oui, mais ils ont cette expertise industrielle que ce soit la supply chain, la production et puis ensuite la livraison.
08:08Donc là aussi, ils savent faire.
08:10Ils sont tous en train de se dire, quels sont nos axes de croissance aujourd'hui ?
08:13Alors oui, on va développer des produits toujours plus rapides, plus performants, plus solides, etc.
08:17Mais là, on voit des choses et on voit tous les spécialistes d'électronique de puissance,
08:20justement, qui jouent sur cette partie data center.
08:23On voit les fabricants de systèmes thermiques et de pompes qui sont aussi en train de se tourner vers,
08:26« Tiens, comment on va refroidir ces data centers ? »
08:29Il faut quand même voir qu'un data center, aujourd'hui, c'est des centaines de millions de kilomètres de
08:34fibres,
08:35pour relier tout ça, qu'un serveur, enfin, NVIDIA et tout ça, c'est d'une complexité incroyable.
08:43On a toujours l'impression que c'est des cartes serveurs, on les enlève, on les met.
08:46Non, c'est beaucoup plus complexe que ça.
08:47Je parle des usines, des AI factory.
08:50Et donc, si c'est plus complexe que ça, ça demande aussi beaucoup d'énergie.
08:54Et donc là, il y a tout le monde qui se regarde.
08:55Et je trouve que c'est intéressant de voir un General Motors, de voir un Valeo,
08:59de voir, enfin, ce que fait la Chine depuis longtemps,
09:02mais de les voir intégrer, chercher cette diversification, aller vers ces data centers.
09:10Et là, pour le coup, c'est vrai que la Chine a pris un joli coup d'avance.
09:13Parce que quand on voit un BYD, même s'ils sont interdits,
09:16enfin, sur la liste non aux États-Unis, je crois qu'ils contrôlent pratiquement tout.
09:21Et puis à la fin, on a même vu...
09:22Il y a Tesla qui peut peut-être jouer, une carte à jouer, non ?
09:25Parce qu'ils sont quand même...
09:26Historiquement, ils le font.
09:28Ils ont racheté SolarCity.
09:30L'intégration, ils vont même jusqu'au panneau solaire.
09:33Et l'intégration avec les mètres, c'est assez long là-dessus.
09:35Mais c'est vrai qu'ils n'en ont pas beaucoup parlé dans le projet TerraFab.
09:38Mais on peut imaginer que ça pourrait être aussi une source d'énergie maîtrisée par l'industrie de Tesla
09:46pour alimenter ces...
09:47Mais je pense que pour eux, ils n'en ont pas parlé, parce que pour eux, c'est naturel.
09:50Oui, oui, oui.
09:51Et d'ailleurs, je regardais les investisseurs, je trouvais que les investisseurs, ils commencent à...
09:54Je parlais de Valeo, parce que ce qui m'avait attiré un jour, c'était de...
09:57Enfin, il y a quelques semaines, c'est que je voyais que Valeo a été placé,
10:00parfois dans les valeurs pour les data centers, dans l'écosystème data center.
10:04Leur cours de force est montée dernièrement.
10:06Leur cours de General Motors, c'est intéressant de voir aussi qu'ils ont cette perception-là.
10:12Et donc là, oui, comme tu dis, après, nous, on a un Valeo, on a un OP Immobilier qui est
10:18en train de bouger.
10:19Enfin, voilà, il faut que tout le monde...
10:20Mais on bouge moins vite, c'est le temps que ça arrive, qu'on fasse 50 réunions, qu'on se
10:25décide.
10:28Après, il y a aussi, entre guillemets, un legacy humain, un legacy...
10:33Oui, mais le legacy humain, pardon, je te coupe, mais pour être, vous le savez, presque tous les jours,
10:38dans différentes boîtes et de grande taille, le legacy humain, il est dans la tête, en fait.
10:42On n'a pas cet esprit de croissance dont je parle toujours.
10:45Et tu vois, il y a des trucs où, quand tu es aux US, ça se décide en une réunion.
10:49Ici, il faut en faire 50, mais comme... Enfin, allez, même pas 50, on va en faire 4 ou 5.
10:53Mais 4 ou 5, le temps d'aligner les agendas, il s'est passé des mois, voire une année.
10:56Et pendant ce temps-là, les autres ont avancé.
10:57Tu sais, t'as qu'à voir à quelle vitesse vont les chartes IA dans l'entreprise pour pouvoir développer...
11:01Non mais, je parle juste de ça.
11:04Oui, tous les gens se disent, il faut aller vers l'IA, il faut aller vers l'IA,
11:06mais il suffit de quelques-uns qui...
11:07Alors qui, logiquement, portent des gardes-fous, disent, attention, il ne faut pas faire n'importe quoi,
11:11mais parfois, ça va jusqu'à une situation de blocage, et on a...
11:14Et là...
11:15Oui, mais dans le domaine de l'auto, tu as ça aussi, hein ?
11:17Non, parce qu'une chartillat, t'as raison, si t'es dans un grand groupe et que t'as des
11:20syndicats, etc.,
11:21c'est plus compliqué, tu vas te faire bloquer, etc.
11:23Mais il faut rappeler que le tissu économique français, c'est pas que des grands groupes, c'est des PME.
11:27Et les PME, aujourd'hui, tu vois, j'étais même l'autre jour dans une PME,
11:30les gars, ils me disent, on va se mettre à faire une chartillat.
11:32Je leur rappelais gentiment, je leur dis, bah, nous, chez Google, on l'avait fait en 2016, c'était il
11:36y a 10 ans.
11:37Alors d'accord, c'est Google, mais entre 2022-2023, où tu achetais GPT, t'es apparu,
11:41et 2026, où tu commences à te dire, peut-être qu'il faut que je fasse une chartillat,
11:46c'est qu'il y a un moment où t'es pas allé assez vite et tu t'es pas
11:47adapté.
11:48Si je peux me permettre, moi, qu'il y ait les deux passeports américains et français,
11:52en l'occurrence, Renault avait quand même lancé une file à l'énergie il y a quelques années,
11:54alors que GM vient de commencer, entre guillemets, il y a quelques temps.
11:57C'est pas exactement aussi radical.
12:00Je veux dire, les grands groupes américains hors tech sont pas forcément beaucoup moins réunionnites,
12:05pour être clair.
12:05Après, ils peuvent bouger parfois plus vite, à un moment.
12:07Mais sur ces sujets-là, les Américains, à part Tesla, sont plutôt en retard, en fait,
12:11historiquement, par rapport aux Chinois.
12:12Non, non, non, de toute façon, je parlais pas aux Chinois, je parlais des Français.
12:15Et puis, souviens-toi, General Electric, Jack Welch avait dit,
12:19nous, dans 20 ans, on sera plus une boîte électrique, on sera une boîte de software.
12:23Bon, enfin, ils ont fait machine arrière.
12:25Et à côté de ça, chez nous, on voit des Chinois Electric qui sont en train de très bien fonctionner,
12:28qui ont même racheté un gros Américain, un Viva, enfin, ils en ont racheté l'autre depuis.
12:34Non, non, non, non, parce qu'en fait, et c'est pas pour faire du French Bashing,
12:37mais il y a un moment où on peut pas à chaque fois citer les quelques bons exemples qu'on
12:40a
12:40pour cacher la forêt de misère.
12:42Je suis désolé de gens qui vont pas assez vite, qui prennent pas des décisions.
12:45C'est vite, qui n'ont pas de vision sur où on va aujourd'hui.
12:48Ça cache aussi la misère américaine.
12:52Encore une fois, tu prends les 500 boîtes cotées aux Etats-Unis, tu prends les 500 en France,
12:58il n'y a pas photo.
12:59Oui, mais alors...
13:00Il n'y a pas photo.
13:01On termine là-dessus, Fred, après.
13:02En fait, les 10 ans de VivaTech, cette année qui est lieu, la semaine prochaine,
13:05on y sera avec Tech & Co, etc.
13:07On aura plein d'émissions, ça va être formidable.
13:09Tu vois, sur les 10 ans, quelqu'un m'a interrogé tout à l'heure,
13:12il me dit, mais en 10 ans, on n'a pas vu des start-up, tout ça.
13:15Estral n'a que 3 ans.
13:16J'ai dit, oui, mais en 10 ans, tu regardes les entreprises,
13:18quand même, comment elles se sont transformées ?
13:20Alors, peut-être pas suffisamment vite.
13:21Mais aujourd'hui, je pense qu'il y a, même il y a 5 ans,
13:24faire parler à un LVMH, faire parler à un L'Oréal,
13:27faire parler à un Carrefour de digital,
13:29c'était un peu compliqué.
13:30Aujourd'hui, ils ont quand même franchi allègrement ce pas.
13:33Alors, je ne sais pas si c'est grâce à VivaTech,
13:34mais en tout cas, VivaTech est un bon marqueur.
13:37Je vous propose d'aller maintenant
13:39chez Mathieu Soulé, dans la Silicon Valley.
13:42Tu vis où à San Francisco ?
13:43Exactement, dans San Francisco.
13:45Voilà.
13:46Tout le monde est invité chez toi.
13:48Tu es responsable du Labo 4T Innovation à San Francisco.
13:53Et il y a un truc qui est hyper intéressant en ce moment,
13:56c'est cette tendance de l'IA qui détruit les emplois.
14:01Et il y a des études qui sortent,
14:02notamment une qui, dit ceci,
14:04plus de 120 000 postes ont été supprimés
14:06depuis le début de l'année.
14:09Et la plupart des dirigeants de ces boîtes
14:11invoquent le virage dans l'intelligence artificielle
14:14pour justifier les licenciements.
14:17Alors, il y a plein d'infos dans tout ça.
14:18Est-ce que, finalement, l'IA,
14:20c'est la bonne excuse pour dire
14:21qu'on va dégraisser la boîte
14:23parce qu'on ne sait pas trop quoi dire ?
14:25On va dire que c'est à cause de l'IA,
14:26ça va être génial et ça passera crème ?
14:28Ou est-ce que, vraiment, à ton avis,
14:30l'IA a un impact sur l'emploi aujourd'hui ?
14:32120 000, ce n'est pas anodin.
14:34Depuis le début de l'année.
14:35Alors, c'est un des débats les plus passionnés
14:36de la vallée depuis deux ans,
14:37à savoir est-ce que ça détruit beaucoup d'emplois,
14:39est-ce que ça en crée, etc.
14:40Alors, je dirais que la réponse, sans doute,
14:41je ne suis pas normand, mais c'est un peu au milieu.
14:43Alors, ce qui s'est passé, les chiffres sont là.
14:45Pour l'instant, il y a eu 120 000 annonces
14:47de suppression de postes dessus.
14:48Alors, on parle, quand on dit 120 000,
14:50c'est quoi ?
14:50C'est 8 000 chez Meta,
14:51il y a plusieurs milliers chez Autodesk, etc.
14:53Donc, c'est des boîtes concrètes dessus.
14:54Mais ça, c'est dans l'industrie tech.
14:56Et il y a une autre étude qui est sortie
14:58il y a une semaine que je vais vous citer.
14:59Alors, juste pour remettre dans le contexte,
15:01le taux de chômage aux Etats-Unis,
15:02c'est 4,3 % en général.
15:04Et dans la tech, c'est 3,8 %.
15:05Donc, on est quand même à des niveaux assez bas.
15:07Pour l'instant, on n'est pas encore
15:08dans le chômage de masse dans la tech.
15:10Et par contre, la création d'emplois
15:14de type technologique dans les boîtes non tech,
15:16en fait, a grossi, pour le coup,
15:18de juste 70 000 emplois,
15:20juste en mai, pour donner une idée.
15:21Et donc, en fait, paradoxalement,
15:23les boîtes de tech, ça c'est...
15:24Mais encore une fois,
15:25on parle de 6 millions de personnes.
15:26S'il fait moins 50 000, plus 50 000,
15:28ça joue, mais c'est 1 %, en fait.
15:30Et paradoxalement, les jobs,
15:31notamment en cloud computing, en IA,
15:33qui ne sont pas dans les boîtes de tech,
15:34sont en croissance.
15:35Donc, les deux arrivent en même temps.
15:37Et pour revenir à la question
15:38que tu posais, François,
15:39en effet, alors, on parle de AI-washing,
15:41quand on avait le greenwashing à l'époque.
15:42L'AI-washing, ça veut dire quoi ?
15:43Ça veut dire qu'on annonce
15:44des suppressions de postes à cause de l'IA.
15:46En général, c'est pour dire deux choses.
15:48C'est que l'IA va remplacer les gens,
15:50ou il remplace déjà les gens
15:51qu'on licencie.
15:53Et où, et c'est un peu le deuxième sujet,
15:55c'est qu'on justifie, en fait,
15:56ces suppressions d'emploi
15:57en disant qu'on a besoin de ces budgets-là
15:58pour réinvestir dans l'IA.
15:59C'est notamment ce qu'annonçaient
16:00Meta ou Amazon.
16:01Donc, la réalité,
16:03c'est sans doute un prétexte
16:04pris de plus en plus.
16:05Et là même aussi,
16:06pour penser juste aux déclarations
16:08de Sam Altman ou de Dario
16:10côté Anthropique,
16:11qui a annoncé il y a quelques mois
16:12tous les cols blancs,
16:13c'est fini dessus.
16:14Bon, ils ont changé d'avis,
16:15en tout cas, dans les discours
16:17depuis quelques semaines.
16:18Et pour l'instant,
16:19et je peux vous dire,
16:20pour connaître assez bien
16:21Stanford et Berkeley,
16:22il y a des chercheurs
16:22qui, tous les jours,
16:23regardent à la loupe
16:24est-ce que ça crée ou pas.
16:25Pour l'instant,
16:26dans les chiffres de l'emploi,
16:27ça ne se voit pas.
16:28Donc, à ton avis,
16:29ce chiffre-là ?
16:30Il t'a dit énormément.
16:32Non, c'est qu'aujourd'hui,
16:33il y a des choix supprimés avec ça,
16:35mais en fait,
16:35il y en a aussi pas mal
16:36qui sont créés.
16:37Et donc, la réalité,
16:38ce n'est pas forcément...
16:39Voilà, on ne perd pas 20%
16:40de chômage aujourd'hui.
16:41Moi, je suis halluciné
16:43par ce débat, en fait.
16:44Ça fait des années
16:44qu'on a ce débat.
16:45Ça fait 10 ans
16:45qu'on a ce débat
16:46et je n'arrive pas
16:47à comprendre
16:48ce qu'on n'arrive pas
16:48à comprendre.
16:49En d'autres termes,
16:51et à un moment,
16:51c'est assez simple.
16:52À une époque,
16:53il y avait des entreprises
16:53qui finançaient des talents.
16:56Aujourd'hui,
16:56tu as des entreprises
16:57qui vont financer de l'IA
16:59pour se séparer
17:00de ceux qui n'ont pas de talent.
17:02Je vais essayer de la refaire.
17:03C'est-à-dire qu'à un moment,
17:04tu te mets à la place
17:05d'un chef d'entreprise.
17:06Est-ce que tu vas continuer
17:08à payer ?
17:10Il faut regarder au cours.
17:11On parlait de deux coups tout à l'heure.
17:12Tu veux payer quelqu'un
17:13qui va bosser moins bien
17:16qu'une IA ?
17:17Non.
17:17Si à un moment,
17:18l'IA est supérieure,
17:19tu vas payer l'IA
17:19parce qu'il n'y aura pas
17:22d'arrêt maladie.
17:23Il n'y aura pas tout ça.
17:24En revanche,
17:25si tu es le même chef d'entreprise,
17:26mais que tu as un vrai talent,
17:28quelqu'un qui est bon
17:29dans son métier,
17:30mais qui en plus maîtrise l'IA,
17:32au lieu de faire 10 choses,
17:34il en fera 100.
17:35Et donc,
17:36c'est tout dans l'intérêt
17:37des gens de pouvoir,
17:38enfin des entreprises,
17:39de garder ces talents
17:40qui vont maîtriser
17:40à la fois leur métier,
17:42leur expertise
17:43et l'utilisation de l'IA
17:44pour être encore plus productif
17:45pour l'entreprise
17:47et apporter plus de croissance,
17:48plutôt que se dire
17:49est-ce que c'est le débat
17:50de je vis avec des gens,
17:50je vis par des gens ?
17:51Ceux qui vont perdre leur emploi,
17:52c'est ceux qui ne sont pas bons
17:53et ceux qui seront moyens
17:54et qui ne pourront pas avoir
17:58un edge par rapport
17:59à un IA.
18:01Pour moi,
18:01je le vois tous les gens
18:02d'entreprise
18:03et pas que dans
18:03les grandes entreprises,
18:04même dans un cabinet
18:05d'avocats aujourd'hui,
18:06les gens te disent
18:07tu vois,
18:07tu as un avocat
18:08qui se dit,
18:09j'étais encore
18:10il n'y a pas longtemps,
18:11il dit,
18:11moi aujourd'hui,
18:12le travail que me rend
18:13un Claude,
18:14on parlait de Claude,
18:15est meilleur que celui
18:16de mon analyste.
18:17il y a un moment,
18:18je me pose la question.
18:19Donc si en plus,
18:19il se trouve que l'analyste,
18:20il n'a pas envie de se lever
18:21le matin,
18:22il n'a pas envie
18:22d'y venir bosser,
18:24tu dis,
18:24ok, ça va.
18:25Si par contre,
18:25ce même analyste,
18:27il utilise vraiment l'IA,
18:28il va t'abattre
18:29beaucoup plus de boulot.
18:30Et pour cet avocat,
18:31il aura peut-être
18:32moins de choses à gérer.
18:33Donc,
18:34c'est pas,
18:36je pense que la casse sociale
18:38et que j'annonce
18:38depuis longtemps,
18:39elle va se faire
18:40pour ceux
18:40qui ne se mettent pas
18:41au niveau.
18:43Est-ce que tu ne penses pas
18:44aussi que tout dépend
18:45de l'activité de la société ?
18:46Moi, j'ai déjeuné,
18:47alors je ne veux pas
18:48citer la boîte,
18:49mais avec un patron
18:50d'une énorme boîte européenne
18:52qui me disait qu'aujourd'hui,
18:54ils savent que l'IA
18:55va avoir un impact
18:56sur leur effectif
18:57parce qu'il y a
18:57énormément d'ingénieurs
18:59et que ces ingénieurs
19:00vont être remplacés
19:00par l'IA.
19:01Ça, c'est une certitude.
19:03Sauf qu'aujourd'hui,
19:04ils n'arrivent même pas
19:04à imaginer le nombre
19:06d'employés
19:07qui vont être impactés
19:08en fait par cette IA.
19:10Et je pense que
19:12tout dépend
19:12dans quel secteur
19:13tu te trouves, tu vois.
19:15Tu as raison en partie
19:16dans le sens où
19:17oui, bien sûr,
19:18il y a un impact sectoriel.
19:20Après, encore une fois,
19:21c'est pour ça que je...
19:21Si tu analyses des documents
19:22et parfois,
19:23il te faut des cols blancs
19:25pour analyser des documents
19:26parce que ce sont
19:27des documents très techniques
19:29avec des normes de sécurité,
19:31de réglementation
19:32hyper poussées.
19:33Aujourd'hui,
19:33c'était des humains
19:34qui faisaient ça,
19:35qui étaient très bien payés
19:35parce que ce n'était pas
19:37simplement du tri de papier,
19:38c'était des trucs
19:38hyper pointus.
19:40Demain, l'IA a fait ça.
19:41Elle va détruire
19:44des milliers d'emplois.
19:46Bien sûr, mais ce n'est pas demain,
19:47c'est aujourd'hui d'ailleurs.
19:47C'est aujourd'hui, c'est aujourd'hui.
19:48Mais oui, mais encore une fois,
19:49si tu prends tous ces dossiers,
19:51il y a un moment,
19:51tu pourras traiter plus de dossiers.
19:53Il te faudra quand même
19:53un peu d'humains.
19:54Oui, Fred.
19:54Alors première chose,
19:56sur le nombre d'emplois,
19:57très vite,
19:58de la même façon
19:59que là,
19:59les grandes APIO
20:00vont peut-être assécher
20:00un peu l'accès au capital.
20:02Je pense que
20:04dans la Silicon Valley,
20:05ils ont pas mal asséché
20:05les emplois
20:06en santé de Covid.
20:08et donc aujourd'hui,
20:09quand il y a des gros licenciements,
20:10nous, on est un peu surpris,
20:12mais là-bas,
20:12c'est vrai qu'ils avaient
20:13tellement regretté.
20:15Deuxième chose,
20:16j'avais mis dans les sujets
20:17Walmart.
20:17Walmart, tu vois,
20:18ils ont dit,
20:19j'avais sorti un article,
20:20Walmart dit,
20:21mais nous,
20:21c'est pas le nombre de personnes
20:23qu'on va supprimer,
20:23on est en train de former
20:24tout le monde à l'IA
20:25et justement,
20:25on rend les gens
20:26beaucoup plus efficaces.
20:27Donc nous,
20:28on va pas supprimer l'emploi,
20:28on va le transformer.
20:29Et dernière chose,
20:31moi, je pense que
20:31c'est une voie pour l'ingénieur
20:33parce qu'un ingénieur,
20:34c'est quoi ?
20:34Un ingénieur,
20:35c'est quelqu'un
20:35qui sait gérer la complexité
20:37en structurant son raisonnement
20:38et en le modélisant.
20:39Eh bien, aujourd'hui,
20:40les ingénieurs,
20:40ils font pas ça.
20:41Ils sont souvent en train
20:42de faire des trucs rébarbatifs,
20:43des lignes de code.
20:44Eh bien là,
20:44ça va redonner vraiment
20:46le sens au métier de l'ingénieur.
20:48Donc, tu vois,
20:48quand on dit,
20:49ouais,
20:49je vais me supprimer
20:49les ingénieurs,
20:50moi, j'y crois pas.
20:51Je pense qu'il faut vraiment,
20:52quand on est patron,
20:53c'est se dire,
20:54attends,
20:54je vais redonner le sens
21:03à venir de la marque SFR
21:05pour ses abonnés particuliers
21:06et entreprises.
21:07L'opérateur télécom
21:08va être intégré
21:09dès la première année
21:10par ses repreneurs
21:11Bouygues,
21:11Free et Orange
21:12et aucun des trois concurrents
21:14ne compte conserver
21:15les différentes marques
21:16de SFR.
21:17Mathieu Perchberti
21:18nous explique tout ça.
21:21L'autorité de la concurrence
21:22veille sur le rachat de SFR.
21:24Son président,
21:25Benoît Curé,
21:25ne s'oppose pas
21:26au principe d'un retour
21:27à trois opérateurs télécoms,
21:29même si, dit-il,
21:30l'opération ne va pas de soi.
21:32Il souligne
21:33un risque de coordination
21:34entre Bouygues,
21:35Free et Orange
21:36lorsqu'ils vont prendre
21:36possession ensemble
21:38de l'opérateur vendu
21:39par Patrick Drahi
21:40fin 2027.
21:41Le découpage de SFR
21:42prendra ensuite
21:43plusieurs années
21:44et ses concurrents
21:45devront donner des gages
21:46d'indépendance
21:47pendant cette période
21:48de transition.
21:49Les vieux démons
21:50des télécoms
21:50ressurgissent 20 ans
21:51après la condamnation
21:53d'Orange, SFR et Bouygues
21:54pour entente,
21:55ce qui avait conduit
21:56à l'arrivée de FreeMobile
21:57en 2011.
21:58Le président de l'autorité
21:59de la concurrence
22:00souligne également
22:01que cette opération
22:02de concentration
22:03devra prouver
22:04qu'elle améliore
22:05le service
22:05ou la qualité des réseaux
22:06pour le consommateur
22:08qui risque de subir
22:09une augmentation des prix.
22:10Mais Benoît Curet
22:11conclut toutefois
22:12que l'opération
22:13va dans le sens
22:14de la concentration
22:15du secteur des télécoms
22:16en Europe,
22:16s'inscrivant ainsi
22:17dans l'esprit
22:18du rapport Draghi.
22:20Voilà,
22:21c'est une page
22:21dans le monde
22:22des télécoms français
22:23qui est en train
22:23de se tourner,
22:24alors elle va se tourner
22:24lentement
22:25parce qu'entre
22:26la réglementation,
22:27les différents accords,
22:29essayer de dépatouiller
22:30tout ça parce qu'en fait
22:31déstructurer SFR
22:33qui compte aujourd'hui
22:3420 millions de clients,
22:35c'est quelque chose
22:36de titanesque.
22:37Ça va prendre
22:38sans doute deux ans,
22:39enfin un an et demi,
22:40deux ans à peu près.
22:42Mais je voulais avoir
22:43votre avis
22:44là-dessus,
22:46trois opérateurs
22:47au lieu de quatre.
22:48Comment ça se passe ?
22:49Alors aux Etats-Unis,
22:49il y a combien d'opérateurs ?
22:51Une bonne question.
22:51Alors les deux plus grosses
22:52c'est AT&T et Verizon.
22:54Historiquement,
22:54il y avait T-Mobile.
22:56T-Mobile qui est un petit peu
22:57le challenger.
22:57Et après,
22:58je crois qu'en français
22:59on dit des MVNO,
23:00donc il y a pas mal
23:00de fermes.
23:01Oui, opérateurs virtuels.
23:02Et c'est vrai que,
23:03pour vous donner
23:04des idées de prix,
23:05on paye plutôt
23:06entre 60 dollars
23:07et 100 dollars dessus.
23:08Donc c'est des métiers
23:09plutôt très profitables
23:09aux Etats-Unis.
23:10Là où en tout cas,
23:11Free avait...
23:12Et souvent pas avec
23:13la qualité de réseau
23:13qu'on a en France.
23:15Là pour le coup,
23:16même dans la Silicon Valley,
23:17des fois mon téléphone
23:21il y a encore des problèmes
23:21de zone blanche,
23:22même dans la BRM.
23:24Oui, donc passé
23:25de trois opérateurs à quatre,
23:27alors...
23:27De quatre à trois.
23:28Pardon, de quatre à trois.
23:29Salim, quel est ton point de vue ?
23:31En fait, c'est simple.
23:32Il y a des règles comme ça
23:33qui sont immuables.
23:34Moi j'aime bien,
23:35ça fait tous un moment
23:36qu'on est dans la tech
23:36et qu'on voit tout ça.
23:37Il y en a deux
23:39auxquelles se confrontent SFR.
23:41La première,
23:41c'est qu'il y a très peu
23:42de marchés en fait
23:43qui existent
23:43où tu as plus de trois
23:45acteurs dominants.
23:46Donc en fait,
23:47c'était déjà le débat
23:47qu'en Free est arrivé.
23:48Il y en a un quatrième.
23:50Quatre acteurs majeurs
23:51sur un marché,
23:52il y en a toujours
23:52au moins un de trop.
23:54Là, c'est SFR qui a perdu.
23:55Donc ça, c'est un truc
23:56que tu retrouves
23:56dans toutes les industries.
23:57C'est assez marrant.
23:58Deuxième truc
23:59qui est assez immuable
24:00et on en parlait tout à l'heure
24:01et là, c'est une bonne conclusion
24:03de cette émission finalement.
24:04Même si on ne conclut pas l'émission,
24:06mais si tu ne t'adaptes pas
24:09suffisamment vite,
24:10tu sors du marché
24:10et ça va de plus en plus vite.
24:12Et c'est ce qui est arrivé
24:12chez SFR.
24:14C'est toujours triste
24:15de voir une belle marque
24:16parce que c'était quand même
24:18en même temps, pour les avoir
24:19un peu pratiqués,
24:21les réunions nides
24:22dont on parle tout à l'heure,
24:23je vous donne juste
24:24une anecdote.
24:25Un moment, justement,
24:25j'étais dans la Silicon Valley,
24:26je reçois un coup de fil
24:27de quelqu'un de chez SFR.
24:29Je n'étais pas disponible.
24:30Il me dit OK, on se voit.
24:32Je prends un rendez-vous
24:32à minuit et moi là-bas.
24:33Pour eux, il était 9 heures.
24:35On fait une réunion.
24:36Quand je reviens en France,
24:37on en fait une autre.
24:38On en fait une autre.
24:39Et ça a pris huit mois
24:42pour ne pas aboutir à un projet.
24:44Mais ça, c'était quand
24:44tu étais chez Google ?
24:46Non, c'était juste après.
24:47Mais si tu veux,
24:49c'était vraiment pour moi
24:50le syndrome de l'entreprise
24:52qui ne s'adapte pas,
24:54qui ne va pas assez vite.
24:55Après, c'est un exemple isolé,
24:57ce que tu racontes.
24:57Il y avait sans doute,
24:58et je l'espère en tout cas,
25:00des collaborateurs
25:01qui étaient beaucoup plus
25:02performants et efficaces.
25:04Oui, mais pardon,
25:07vraiment,
25:08aujourd'hui,
25:09j'en fais mon cheval de bataille.
25:11Il faut qu'on arrive
25:12à changer la mentalité des gens
25:14globalement,
25:14mais en entreprise.
25:16On n'est plus,
25:17on ne peut plus continuer.
25:17Tu es un peu sévère
25:18sur la mentalité des gens.
25:18Je suis super sévère,
25:19mais regarde.
25:20Nous, en plus,
25:21nous, on les côtoie.
25:22Oui, on les côtoie.
25:23Et rappelons que SFR,
25:25en son cas,
25:25Altice a été notre actionnaire
25:26principal pendant de nombreuses années.
25:28C'est pour ça,
25:28vous avez une relation amoureuse.
25:29Non, pas du tout.
25:31On fait notre job.
25:32Je t'assure.
25:33Et autant,
25:34on voit les défauts
25:36et on va dire
25:37les obstacles
25:37qu'a aujourd'hui SFR,
25:40mais il faut voir aussi...
25:41Tu ne peux pas être
25:42une boîte comme SFR
25:43et avoir un...
25:44Que ce soit en interne
25:45quand tu bosses
25:46avec des prestataires,
25:47que ce soit
25:48en relation client,
25:49quand même,
25:49ils avaient quand même
25:51beaucoup de casseroles
25:52avec la relation client.
25:53Oui, mais comme les autres,
25:55je pense que là-dessus,
25:55ils sont tous
25:56un peu équivalents
25:57quand on prend...
25:58Parce qu'ils ont...
25:59Parfois,
25:59ils ont été premiers
25:59dans la relation client,
26:00parfois,
26:00ils ont été second.
26:01Moi, je trouve que
26:02le travail qu'a fait
26:03Mathieu Koch,
26:04qui est leur DG,
26:05c'est un type super.
26:06Oui, mais c'était trop tard.
26:08Dans des conditions
26:09pas faciles en plus.
26:09Dans des conditions
26:10pas faciles,
26:10je pense que là,
26:11le souci,
26:12c'est que d'un côté,
26:14les patrons sont...
26:15Je pense que le coût du Covid,
26:18Patrick Drahi,
26:19pour moi,
26:19il a un peu lâché l'affaire.
26:20Il essayait de réduire
26:21les coûts un peu partout.
26:23On se trouve
26:23de tous les excuses.
26:24Les autres l'osés,
26:25mais eux,
26:25l'ont fait un peu plus brutalement.
26:28Aujourd'hui,
26:29moi,
26:29ce qui m'attriste un peu...
26:29Alors que le Covid
26:30n'a pas impacté
26:30les opérateurs télécoms
26:31parce qu'on continue
26:32à payer nos abonnements.
26:34Oui, mais excusez-moi,
26:36on l'a dit tout à l'heure.
26:37Comment on peut expliquer
26:38aujourd'hui
26:38qu'on a quatre opérateurs
26:41et qu'aucun,
26:42à la rigueur free,
26:44soit véritablement sur l'IA ?
26:45Il y a aussi Orange
26:46avec la partie Orange business,
26:48si tu veux.
26:48Mais ils ne sont pas sur l'IA.
26:49Donc ça veut dire
26:50qu'ils n'ont pas la vision
26:51et que le temps...
26:52Je ne suis pas sûr
26:52qu'il y ait une Titi Mobile
26:53ou Verizon
26:55soit dans l'IA.
26:56Non, par contre,
26:57je pense que...
26:58Je pense que quand François disait
26:59que pour moi,
27:00il y a deux choses.
27:01La première,
27:01c'est qu'il faut quand même
27:02aller vite
27:02parce qu'aujourd'hui,
27:04imagine attraper des nouveaux clients
27:05pour SFR,
27:06c'est impossible.
27:07Aujourd'hui, ça y est,
27:08tout le monde est au courant
27:09de SFR se faire acheter.
27:10Donc comment on fait ?
27:11Quand on va renouveler
27:12les contrats des entreprises,
27:13alors c'est là où il va falloir...
27:14Moi, je pense que c'est là
27:15où il va falloir très vite
27:16faire les liens.
27:17Le gars de SFR
27:18sera avec un gars de Orange
27:19ou un gars de Bouygues Télécom.
27:21Il faut faire ces alliances
27:21assez vite.
27:22Là, je pense que sur le terrain,
27:24il va falloir aller
27:25assez vite de ce côté-là.
27:26Et puis, Benoît Cœuré,
27:27il joue son rôle.
27:28Il lève le bâton
27:29en disant
27:29attention,
27:30parce que moi,
27:31je suis persuadé
27:31que les prix,
27:32pas sur les mobiles,
27:32mais je suis persuadé
27:33sur le fixe,
27:34ça va augmenter.
27:35Mais ça, c'est clair.
27:36Moi, je veux juste dire un mot
27:37et je continue à le dire.
27:39Les entreprises,
27:40il va falloir qu'elles s'adaptent
27:41ou qu'elles disparaissent
27:42et ça va être
27:42de plus en plus violent.
27:43Donc ça, tant qu'on ne comprend pas,
27:45le monde a changé,
27:46il faut aller plus vite.
27:47Et je trouve,
27:47on ne va pas assez vite ici.
27:48Je suis désolé.
27:49Oui, mais là,
27:50vous voyez,
27:50on est en retard.
27:51Donc, on va trop vite.
27:52Merci beaucoup à tous les trois.
27:54Merci, Salim Nassur,
27:55fondateur de Mars.
27:56Merci à Mathieu
27:56d'être venu nous voir.
27:57Merci à vous.
27:58Bon retour à San Francisco
27:59et on espère te revoir bientôt.
28:01Tu es responsable
28:02du labo de KT Innovation
28:03à San Francisco.
28:04Et merci à toi, Fred.
28:05On se retrouve demain soir
28:08pour Tech & Co.
28:09La quotidienne, bien sûr.
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