- il y a 10 heures
Avec Dr Yann Penverne, président de SAMU-Urgences de France
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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-06-09##
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NewsTranscription
00:01Bonjour à toutes et à tous, bonjour Gilles Gansman, bonjour Félix Mathieu, on parle beaucoup de la justice, des dysfonctionnements
00:09de la justice aujourd'hui, dans C'est quoi le problème ?
00:11On va évoquer les urgences, on l'a évoqué la semaine dernière, les temps d'attente aux urgences, le temps
00:18d'attente a augmenté de presque une heure en dix ans, il y a beaucoup de choses à dire,
00:22on sera avec le docteur Yann Penvern dans un instant, président de SAMU Urgence de France, on va revenir évidemment
00:30sur l'affaire Liana, l'émotion nationale, l'indignation, la colère,
00:36la maman de la petite Rosa qui n'avait pas eu de réponse à sa plainte pour viol, porte plainte
00:41contre l'Etat, on va parler également de l'absentéisme,
00:46là aussi c'est une enquête qui nous apprend qu'il y a de plus en plus d'absentéisme, même
00:51chez les cadres, même dans le privé, à quoi est-ce dû ?
00:54Bref, beaucoup de sujets avec vous Gilles ?
00:55Je vais vous parler de la nouvelle émission de Netflix à laquelle a participé François Hollande, qui s'appelle Dans
01:01la sauce,
01:02alors est-ce qu'un président doit être Dans la sauce ? C'est une émission où les humoristes se
01:07vannent, mais d'une façon violente,
01:09et évidemment ça a beaucoup fait parler que François Hollande participe à ces émissions, on a des débatteurs très politiques,
01:16j'imagine qu'ils vont réagir à 10h30, et puis on parlera de l'INSEE qui alerte sur la France
01:23qui vieillit,
01:24en 2030 on sera déjà, il y aura plus de personnes de plus de 60 ans en France,
01:31évidemment ça pose des questions sur les enjeux de la présidentielle, sur la retraite, sur la population qui vieillit,
01:40on ne fait plus d'enfants, et on devient également peut-être un petit peu plus égoïste dans les couples
01:47qui n'ont plus envie d'avoir d'enfants,
01:48et puis pour finir, dans deux jours c'est le démarrage de la Coupe du Monde,
01:53et la délégation iranienne est arrivée à Tirouana, parce qu'évidemment Trump ne veut pas que ça soit sur le
02:00territoire américain,
02:01mais il se passe plein de choses avec cette Coupe du Monde.
02:03On va en reparler tout à l'heure.
02:050826-300, si vous voulez réagir à ces trois sujets.
02:08Le temps d'attente aux urgences a augmenté de quasiment une heure en 10 ans, selon une étude récente,
02:13alors c'est une moyenne, parce qu'on va avoir des appels, et on attend vos témoignages au 0826-300
02:19-300,
02:20de gens qui vont nous dire, ma mère a attendu, j'ai attendu plus de 10 heures, etc.
02:24Il y a des temps d'attente qui sont très très longs, mais la moyenne...
02:29C'est 3h10 en moyenne, effectivement, Valérie, parfois sur des brancards quand il n'y a pas de lit.
02:343h10 en moyenne d'attente entre l'arrivée aux urgences et la sortie après des soins.
02:38C'est une étude de la Dresse qui révèle ce chiffre, la direction statistique du ministère de la Santé.
02:43Une heure de plus, donc effectivement, en 10 ans.
02:45La photo manque de moyens, estime beaucoup dans les rendus personnels hospitaliers,
02:49manque de moyens, manque de lits, etc. On le dit souvent.
02:51Mais pas que. La ministre de la Santé estime qu'on va parfois aux urgences à tort,
02:55alors qu'on pourrait aller ailleurs, chez son médecin, ou pourquoi pas dans une maison de santé.
03:00Donc la semaine dernière, Stéphanie Riste a annoncé qu'elle allait étendre le filtrage par le 15.
03:05Vous savez, ça se fait déjà par endroits lorsque, notamment, les urgences sont en souffrance durant l'été,
03:10ou alors quand il y a des pics d'épidémie avec les virus d'hiver.
03:13Eh bien, dès l'automne prochain, dans une centaine d'hôpitaux du pays, dès cet automne,
03:17donc il faudra appeler le 15 d'abord, pour savoir si on est admis aux urgences,
03:21ou si, eh bien, on nous envoie ailleurs, s'il faut aller ailleurs.
03:25Les agences régionales de santé, en fait, vont décider, au cas par cas,
03:27si c'est un filtrage 24 heures sur 24, comme ça, par le 15,
03:30ou si c'est seulement, par exemple, pour la nuit, ou pour le week-end, pour certaines périodes.
03:35En tout cas, la ministre de la Santé estime que cette régulation, par le 15,
03:38ça permet de faire baisser la fréquentation des urgences de 20% tout de même,
03:42sans dégrader l'accès aux soins, assure Stéphanie Riste,
03:45puisque l'idée, c'est que si on vous refuse aux 15, c'est qu'il y a une autre
03:48solution pour aller ailleurs.
03:50Son objectif, en tout cas, à la ministre de la Santé,
03:52c'est de généraliser d'ici deux ans ce système de réorientation des patients.
03:56Alors, la ministre a lancé d'autres pistes pour désengorger des urgences. Lesquelles ?
04:01Oui, l'idée, ce serait aussi de pouvoir admettre directement à l'hôpital
04:04certains patients sans passer forcément par la case urgence, comme c'est le cas actuellement.
04:09Par exemple, des patients très âgés qui ont plusieurs pathologies et qui viennent des EHPAD,
04:14qui pourraient être admis à l'hôpital directement sans aller aux urgences d'abord.
04:18La ministre de la Santé veut aussi doter tous les établissements de santé d'un gestionnaire de lits.
04:23Alors, il faut savoir que les trois quarts des hôpitaux en ont déjà un.
04:26Quelqu'un qui serait chargé de repérer les lits inoccupés dans les services
04:30pour y envoyer les patients des urgences pour les désengorger.
04:33Enfin, la ministre de la Santé veut aussi développer des salons d'attente
04:36pour éviter que certains patients mobilisent des lits quand ils n'ont pas besoin de lits,
04:40c'est-à-dire par exemple des patients qui attendent une opération ou un transport sanitaire.
04:45Alors, Docteur Yann Penverne, bonjour.
04:47Vous êtes président de SAMU Urgences de France.
04:50Bonjour, merci d'être avec nous ce matin.
04:52Juste une question.
04:53Si je vais aux urgences et que je n'ai pas appelé le 15, on va me mettre à la
04:55porte.
04:57Bonjour.
04:58Merci de me donner la parole sur ce sujet important
05:01puisque la régulation de l'accès aux urgences
05:05n'est pas synonyme de restriction de l'accès aux soins.
05:07Je crois que c'est important de le réaffirmer vis-à-vis des gens qui nous écoutent.
05:12On est dans une mission de service public.
05:14Évidemment, on accueille tout le monde,
05:16même les patients et particulièrement les patients les plus fragiles et les plus vulnérables.
05:20Le sujet aujourd'hui est de bien orienter le patient dans la bonne filière de soins
05:25pour qu'il soit au bon endroit, au bon moment.
05:28Donc, les patients qui relèvent des urgences rentreront aux urgences
05:31comme ils doivent rentrer aux urgences pour être évidemment soignés.
05:35Mais un certain nombre de patients, effectivement, relèvent d'une prise en charge
05:38avec nos collègues de la médecine de ville
05:40et donc pourraient tout à fait être pris en charge par les médecins libéraux
05:45avec qui on travaille sur des articulations ville-hôpital
05:48pour répondre aux besoins de soins de la population.
05:51Donc ça, c'est régulation à l'accès et réorientation des patients.
05:56C'est un point, mais qui concerne, vous comprenez bien, des patients valides,
05:59ceux qui sont en capacité de marcher, ceux qui sont en capacité de pouvoir aller
06:04vers un cabinet de médecine générale, par exemple.
06:07Les patients aux urgences, vous l'avez dit, sont des patients qui sont parfois sur des brancards.
06:13Et donc, il y a un autre sujet qui a été évoqué, c'est l'avance des urgences
06:16qui constitue une ultra priorité pour nous,
06:19puisque on sait que la régulation à l'accès fait baisser effectivement
06:23un peu la fréquentation des services d'urgence,
06:27mais pour un certain type de patients, notre priorité,
06:29c'est de fluidifier la prise en charge de ceux qui sont sur des brancards
06:33et qui, le rapport de la direction de la statistique l'illustre très bien,
06:37pour qui on a du mal à trouver des lits,
06:39et notamment lorsqu'ils sont âgés et donc avec des conséquences sur leur santé.
06:43Donc il est urgent pour aujourd'hui, le diagnostic est fait,
06:47les préconisations sont faites, il faut passer au temps de la concrétisation
06:52et c'est ce qu'attendent les professionnels de santé,
06:54d'abord pour les patients et aussi pour leurs conditions de travail.
06:56Mais vous ne m'avez pas répondu, je vais aux urgences là sans appeler le 15,
07:03on va me mettre à la porte parce que je n'ai pas appelé le 15 ?
07:07Non, alors vous serez accueilli par un professionnel de santé
07:10qui va évaluer immédiatement si vous avez une situation de détail,
07:16si c'est le cas, évidemment vous rentrez immédiatement et vous êtes pris en charge,
07:20si vous ne relevez pas d'une détresse évidente, on vous demandera,
07:26sauf conditions particulières, je pourrais détailler juste après,
07:29effectivement d'appeler le 15 pour bénéficier d'une régulation médicale.
07:32Certains patients rentreront directement, les patients qui relèvent,
07:36les patients vulnérables, les patients qui ne parlent pas français,
07:40les patients qui relèvent d'une prise en charge en santé mentale,
07:43évidemment tous ces patients-là, on se doit de les protéger
07:46et ils rentreront pour une évaluation par le médecin ou l'infirmière d'accueil.
07:50D'accord.
07:51Est-ce que les gens aujourd'hui passent beaucoup sur internet à s'auto-évaluer ?
08:00Et est-ce que, évidemment, moi j'ai une douleur, j'ai de la fièvre,
08:04je vomis, j'ai mal au ventre, j'ai peur d'avoir une appendicite,
08:08donc je viens.
08:09Et peut-être, j'ai rien du tout,
08:11mais j'ai vu sur internet que des vomissements, une douleur à tel endroit,
08:16vous avez des chances d'avoir une appendicite.
08:18Vous faites quoi ?
08:19Et finalement, j'ai rien du tout, c'était un problème d'estomac
08:23parce que j'avais mangé quelque chose de pas bon.
08:26Vous ne pouvez pas me reprocher d'être venu aux urgences ?
08:29Alors, il n'y a aucun reproche à faire aux patients.
08:31Je crois que c'est un message important
08:32parce que les patients qui viennent aux urgences, ils ne viennent pas par plaisir.
08:35Je crois que c'est important de leur dire,
08:37ils viennent parce que soit ils ont une inquiétude,
08:39ils n'ont pas une bonne lecture du système de soins
08:41et l'orientation dans le système de soins peut être complexe parfois pour certains patients.
08:46Donc, ce n'est surtout pas un reproche à leur faire.
08:48Notre responsabilité, c'est de les orienter au mieux.
08:51Donc, appelez avant de vous déplacer, appelez votre médecin traitant.
08:54Il y a un vrai sujet aussi,
08:56il y a un certain nombre de patients qui n'ont pas de médecin traitant.
08:58Lorsque vous avez un médecin traitant, vous appelez votre médecin traitant.
09:02Si vous n'avez pas de médecin traitant,
09:03vous essayez de trouver un créneau de soins non programmés,
09:07c'est-à-dire rendez-vous avec un médecin.
09:09Et à défaut, évidemment qu'il faut appeler le 15,
09:12appeler le service d'accès aux soins,
09:14pour que vous ne restiez pas sans solution,
09:17que vous ne renonciez pas aux soins, c'est très important.
09:20Et puis, que vous soyez orienté,
09:21le patient, au bon endroit, au bon moment.
09:24Et en tout cas...
09:26Mais à une époque, le médecin traitant,
09:27il faisait sa tournée du matin.
09:29C'est-à-dire que moi, j'aurais eu mal dans la nuit,
09:31il serait venu le matin me voir.
09:33Et ça, ça faisait une vraie sélection.
09:35Les médecins traitants ne font plus leur tournée.
09:38Il y a SOS médecin.
09:39Il y a SOS médecin, mais ce n'est pas le même prix
09:41que le médecin quand il faisait sa tournée.
09:43Est-ce qu'il ne faudrait pas réimaginer
09:45la tournée des médecins du matin ?
09:49Alors, nos collègues de la ville,
09:51on parle des urgences, évidemment.
09:53Moi, je suis en responsabilité
09:55de représenter les prophétiens de l'urgence.
09:57Mais pour nos collègues de la ville,
09:59ils sont aussi extrêmement occupés.
10:01Pour autant, un certain nombre s'organisent
10:04pour répondre à ce qu'on appelle
10:07les créneaux de soins non programmés,
10:08c'est-à-dire les patients qui n'ont pas
10:10de rendez-vous fixés à 15 jours,
10:11mais qui ont un problème de santé aiguë
10:13et qui prennent en charge.
10:16Après, la ville, ce qu'on appelle
10:18la médecine de ville, a aussi ses limites
10:20en termes de capacité à faire.
10:21Et donc, c'est vrai qu'un certain nombre
10:23de patients viennent aux urgences
10:24par défaut de solution.
10:26Mais docteur, vous allez aller sur Doctolibre,
10:29vous n'avez pas les rendez-vous
10:30sans rendez-vous.
10:32Et il n'y a plus de secrétaire médical.
10:34Donc, ce n'est pas vrai ce que vous dites.
10:35Moi, j'ai mal, je vais appeler mon médecin.
10:36Je peux vous dire que mon médecin
10:38traitant personnel, je suis obligé
10:40de passer par Doctolibre.
10:41Et dans Doctolibre, c'est les créneaux
10:43qui sont disponibles.
10:44Et s'il n'a pas de créneaux,
10:46je ne peux pas me mettre
10:48entre 2-3 créneaux
10:49puisque je n'ai plus d'interlocuteur.
10:50Il y a le problème de la médecine de ville aussi,
10:52sinon, dans cette surcharge des urgences.
10:57Alors, oui.
10:58Évidemment, tous les patients
11:00qui ne trouvent pas de solution en ville,
11:01en tout cas pour partie,
11:03certains qui ont besoin de soins,
11:04parfois, sollicitent les urgences.
11:06Et donc, tout l'enjeu,
11:07c'est de pouvoir appeler le 15
11:08pour être mis en relation
11:10avec le SAMU-7,
11:12le service d'accès aux soins,
11:13qui, aujourd'hui, arrive
11:14à réorienter vers la ville
11:17pour répondre à ce que vous évoquiez
11:19à l'instant,
11:19vers des créneaux de soins non programmés,
11:21donc des rendez-vous rapides,
11:22en 48 heures,
11:24avec un médecin généraliste
11:26ou un autre professionnel de santé
11:27qui pourra répondre
11:29aux besoins de soins des patients.
11:31Donc là, il y a aussi un sujet
11:32de bonne orientation des patients
11:34dans le système de santé
11:35puisque je crois que je vais réaffirmer
11:37quelque chose qui peut paraître important,
11:39évident aussi,
11:40mais notre engagement premier,
11:42nous, en tant que professionnels de santé,
11:43c'est de répondre aux besoins de soins
11:45de la population.
11:45Ce n'est surtout pas
11:46de passer la responsabilité aux autres.
11:49Voilà, maintenant,
11:50évidemment que nos collègues de la ville
11:52prennent en charge des patients
11:53qui relèvent de la ville
11:54et nous, urgentistes,
11:56il faut qu'on puisse se concentrer aussi
11:57sur parties qui relèvent
11:59de la médecine d'urgence
12:00puisqu'un certain nombre de patients
12:01qui se présentent aux urgences
12:03ou qui sont aux urgences
12:04devraient pouvoir être pris en charge ailleurs.
12:06Alors, on va continuer cette discussion.
12:10On va parler aussi de la difficulté,
12:11aujourd'hui,
12:11que vous avez à trouver des lits.
12:13On a depuis des années entendu
12:15des urgentistes,
12:17des médecins raconter
12:18qu'ils passent des heures et des heures
12:20à trouver des lits
12:21pour pouvoir admettre
12:23des patients à l'hôpital
12:24et puis on vous attend,
12:26auditeurs de Sud Radio,
12:27on aura Sébastien en ligne avec nous,
12:280826 300 300.
12:30A tout de suite
12:31pour nous raconter
12:33votre expérience aux urgences.
12:34A tout de suite.
12:35Or, Valérie Expert.
12:36Avec vous sur Sud Radio,
12:38dans ce 10h midi,
12:39nous parlons du temps d'attente
12:42aux urgences
12:42qui a augmenté,
12:44les solutions proposées
12:45par la ministre de la Santé.
12:48On en parle avec le docteur
12:49Yann Penverne,
12:51président du SAMU Urgences de France.
12:53On a Sébastien qui voulait intervenir.
12:56Bonjour Sébastien.
12:57Oui, bonjour à tous.
12:58Bonjour.
12:59Quelle est votre expérience
13:01aux urgences ?
13:02En fait, il y a quelque temps,
13:04j'ai eu à le faire
13:04à 15 jours d'intervalle,
13:06j'ai dû aller deux fois aux urgences
13:07pour la même chose.
13:08Ma fille, en fait,
13:10était tombée dans les escaliers
13:11et s'était tapée la bouche
13:12contre une marche d'escalier.
13:15Donc, elle avait 5 ans
13:16à ce moment-là.
13:17Et donc, du coup,
13:18on a appelé le SAMU
13:21pour savoir ce qu'il fallait faire.
13:22Ils nous ont orientés
13:22vers des urgences pédiatriques
13:24sur l'hôpital Nord de Marseille,
13:26par exemple.
13:26D'accord.
13:27Et donc, quand on est arrivés,
13:28en fait, on a à peu près attendu,
13:30je pense,
13:31entre 3 heures et 4 heures.
13:33Après, c'était...
13:35On s'est fait recevoir
13:36par une externe,
13:39d'abord,
13:39qui appelait un interne.
13:41Sachant que ma femme
13:41était médecin,
13:42il était presque moins qualifié
13:43qu'elle
13:45pour le recevoir, ma fille.
13:47Et ce qui m'a choqué,
13:48en fait,
13:48ce n'était pas forcément
13:50le temps d'attente,
13:51c'était surtout les gens
13:52qui venaient,
13:52qui étaient là
13:53pour juste des problématiques
13:54de fièvre
13:54et de bobologie
13:56et qui venaient directement
13:57aux urgences
13:57sans se poser de questions,
13:59en fait.
14:00C'est vrai qu'on a
14:01notre enfant
14:01avec la bouche en sang
14:03comme ça,
14:04on se dit,
14:04bon,
14:0515 jours plus tard,
14:06elle retombe
14:07pas tout à fait
14:08de la même façon
14:08mais là,
14:09sur le bord de la vie,
14:10elle est assez agitée.
14:12Et elle retombe
14:12au même endroit,
14:13sur la même zone.
14:14Du coup,
14:14on s'est dit,
14:15bon,
14:15ça ne sert à rien,
14:15on ne va pas aller courir
14:16jusqu'à Marseille,
14:17on va aller juste
14:18avec son Provence
14:18qui est à côté
14:19et on est allés aux urgences.
14:21Et là,
14:21en fait,
14:22il n'y avait pas de médecin.
14:23Pas de médecin aux urgences
14:24mais où il y a un hôpital ?
14:27Non,
14:27non,
14:27il n'y a pas de médecin,
14:29c'est les infirmières
14:29qui gèrent
14:30les premières interventions
14:34et là,
14:34vous retrouvez
14:35quand vous avez un enfant,
14:36vous avez une urgence
14:36qui n'est pas pédiatrique,
14:37c'est une urgence
14:38qui est pour tout le monde
14:39et vous retrouvez
14:40à côté de gens
14:40en état d'ivresse,
14:42des gens en délire psy,
14:44enfin,
14:44c'est quand même hallucinant
14:46et face à ça,
14:47j'ai trouvé
14:47que le personnel médical
14:48était fantastique,
14:50j'ai été trouvé
14:50hyper courageux
14:52donc le temps d'attente,
14:53moi,
14:53je n'ai rien dit,
14:54je l'ai pris sur moi,
14:55mais là,
14:55cette fois-ci,
14:55on n'a attendu
14:56que deux heures et demie
14:58mais c'était,
15:00comment dire,
15:01rocambolesque
15:02et là,
15:03récemment,
15:03on a eu une discussion
15:04parce qu'on a des copains
15:05quand même
15:05qui sont dans le milieu médical
15:06et d'autres ou pas
15:07et quand on apprend
15:08que par exemple,
15:08on a des subventions
15:09de plusieurs millions d'euros
15:10pour des médiathèques
15:11dans des petits villages
15:12ou des villes moyennes
15:14autour de chez nous
15:15et qu'on voit
15:16le manque de moyens
15:17dans les hôpitaux,
15:18je peux vous dire
15:18que franchement,
15:20ça a se posé des questions
15:20sur la priorisation
15:21de l'argent public
15:23vis-à-vis de tout ça.
15:25Merci de votre témoignage,
15:27Sébastien.
15:27docteur Penverne,
15:29je crois que dans ce que
15:29vient de dire Sébastien,
15:30on entend un petit peu
15:31tous les reproches
15:32qui sont faits aux urgences,
15:34un temps d'attente,
15:35des médecins pas forcément,
15:37des internes
15:37qui ne sont pas forcément
15:39très qualifiés
15:40et puis ce sentiment
15:40que les gens qui sont là
15:43ne devraient pas être là.
15:45C'est un peu à chaque fois
15:45qu'on va aux urgences,
15:46on se dit
15:46mais qu'est-ce que ces gens
15:47font là ?
15:48Ils n'ont rien,
15:49la bobologie,
15:50c'est une critique
15:51qu'on fait souvent
15:52aux urgences.
15:55Oui,
15:56j'ai entendu aussi
15:56de votre auditeur
15:58la reconnaissance
15:59envers les professionnels
16:00de santé
16:01et donc
16:02merci
16:03et je le rejoins
16:04vis-à-vis de l'engagement
16:05de tous les professionnels
16:06de santé
16:06qui oeuvrent
16:07chaque jour
16:08dans nos structures
16:09de médecine d'urgence.
16:11Un certain nombre
16:12de patients,
16:12je l'ai dit tout à l'heure,
16:13peuvent trouver
16:14une solution alternative.
16:16C'est tout un enjeu,
16:17c'est toute la régulation
16:18du flux en amont.
16:19Mais pourquoi
16:20ce qu'on attend ?
16:21C'est aussi parce que
16:22les professionnels de santé
16:23sont occupés
16:24avec d'autres patients
16:25et particulièrement
16:26tous les patients
16:27qui sont en soins
16:28et ceux qui restent
16:29en attente de lits
16:30et qu'il faut aussi
16:32surveiller,
16:33qu'il faut aussi assister.
16:34Donc on a un sujet
16:35pour l'attente des lits
16:36qui est un sujet
16:38majeur,
16:39ultra prioritaire.
16:40Aujourd'hui,
16:41moi ce que je veux dire
16:41c'est qu'il y a fatalité,
16:43les changements sont possibles,
16:44il faut qu'on puisse
16:45prendre les décisions
16:45parce que les solutions
16:46elles existent
16:47pour pouvoir hospitaliser
16:49des patients rapidement
16:50et notamment
16:50les plus âgés
16:51qui sont des patients
16:53qui vont potentiellement
16:55se dégrader
16:55en termes d'état clinique.
16:57Et donc il faut pouvoir
16:58les hospitaliser
16:58dans des services
16:59mais même en délit.
17:01Voilà,
17:02alors après,
17:02pour revenir sur ce que disait
17:04votre auditeur,
17:06effectivement,
17:07on a un sujet
17:07d'orientation.
17:08Parfois,
17:09les patients se présentent
17:10dans le service d'urgence
17:11de proximité,
17:12c'est du bon sens,
17:13on a envie de faire ça.
17:14Mais l'enjeu,
17:16c'est aussi de pouvoir
17:17peut-être appeler
17:18avant de se déplacer
17:20parce qu'il vaut mieux
17:22faire peut-être
17:2210 minutes,
17:23un quart d'heure
17:23ou une demi-heure de route
17:25pour aller au bon endroit
17:26au bon moment.
17:27Je prendrais un exemple,
17:28un accident vasculaire cérébral,
17:30la réponse n'est pas forcément
17:31dans le service d'urgence
17:32de proximité,
17:33il vaut mieux avoir
17:34une régulation médicale,
17:36un transport sanitaire
17:37avec des ambulanciers privés
17:38vers une unité neurovasculaire
17:41qui se situe peut-être
17:42à une demi-heure de route,
17:45je ne sais pas par exemple,
17:46mais aller au bon endroit,
17:48au bon moment.
17:49Voilà,
17:49donc il y a un vrai sujet
17:52d'orientation du patient
17:53dans le système de santé
17:54de manière pertinente
17:56pour qu'il soit pris en charge
17:58de manière qualitative.
17:59Mais pourquoi on manque de lit ?
18:00Pourquoi il n'y a pas de lit ?
18:02Alors,
18:03je rejoins aussi
18:04ce que disait votre auditeur
18:05sur les moyens à mettre
18:06au niveau de l'hôpital.
18:07Il y a un sujet alors
18:08de capacité en termes de nombre
18:10mais aussi principalement
18:11de disponibilité.
18:12Le rapport de l'adresse,
18:14la direction de la statistique
18:15l'illustre bien.
18:16Le matin,
18:17on a plus de difficultés
18:19à trouver des lits
18:20et notamment pour nos patients
18:21les plus âgés.
18:22Donc,
18:23il va falloir mettre en place
18:24des systèmes
18:25qui permettent de libérer
18:26les lits précocement
18:27pour que les patients
18:28qui sont des patients sortants
18:30puissent évidemment libérer le lit
18:33et que les patients en attente
18:34puissent monter
18:35sans que ce soit,
18:36je dirais,
18:37préjudiciaire pour leur état de santé
18:38puisqu'ils sont
18:38pour la plupart sortants.
18:42Vous voyez,
18:42il y a tout un process
18:43de fluidification,
18:45de libérer les lits.
18:46On manque parfois
18:47de transporteurs sanitaires privés,
18:50d'ambulances privées
18:51pour que les patients
18:53sortent de l'hôpital.
18:54Donc,
18:54il y a un sujet aussi
18:55de renforcer
18:55les transporteurs
18:57ou les ambulanciers privés
18:58pour fluidifier finalement
19:00la prise en charge
19:01des patients
19:02qui sont en train de sortir,
19:03qui vont plus facilement
19:04libérer le lit
19:04et donc libérer la place
19:06de tous ceux,
19:07toutes celles et ceux
19:08qui sont en attente
19:08dans nos services d'urgence.
19:09Alors,
19:10j'ai vu qu'une des solutions,
19:11entre autres,
19:12dans un article du Point
19:13et parfois utilisée
19:15par le SAMU de Lyon,
19:16c'est l'IA.
19:17L'IA qui analyse
19:19votre voix,
19:20votre respiration,
19:22votre débit
19:22de chaque mot,
19:24de votre comportement
19:25et qui décide
19:26de vous envoyer
19:27à l'hôpital
19:28ou pas.
19:29Est-ce que vous pensez
19:30qu'à l'avenir,
19:31l'IA pourrait,
19:33alors pas désengorger
19:34les urgences
19:35mais apporter
19:35une vraie solution ?
19:38Alors,
19:38l'IA,
19:39évidemment,
19:39c'est un outil
19:40qu'on intègre
19:41déjà en médecine d'urgence
19:42à plein de niveaux
19:43et vous avez raison
19:44de dire que ce sera
19:46une aide très précieuse
19:47pour,
19:48je dirais,
19:49faciliter notre métier.
19:50Ce qu'il faut dire
19:51à vos auditeurs,
19:52c'est évidemment,
19:53ça ne remplacera pas
19:54les soignants.
19:54La relation humaine,
19:56l'humain va rester
19:56au centre
19:57de notre pratique
19:58parce que c'est vraiment
20:00notre essence
20:01mais ça va faciliter
20:03la gestion des flux
20:04des patients,
20:05la gestion,
20:06vous l'évoquez à l'instant,
20:08de l'analyse
20:08des appels téléphoniques
20:10pour limiter
20:11le risque d'erreur,
20:12pour prioriser
20:13certaines demandes
20:14par rapport à d'autres,
20:15pour anticiper
20:16tous les flux
20:17de patients,
20:19pour faciliter
20:20certains diagnostics
20:21et je pense notamment
20:21à la radio,
20:22aux radiographies
20:23faites aux patients.
20:24donc on intègre
20:26déjà l'intelligence
20:27artificielle
20:28et c'est que le début,
20:29il va falloir
20:30qu'on continue
20:31de travailler
20:31avec ces nouvelles
20:32technologies évidemment
20:33au bénéfice
20:34des patients
20:35mais aussi des professions.
20:36Vous êtes pour
20:37que lorsqu'on appelle
20:38le 15,
20:39tout soit analysé
20:40par l'IA
20:41avant de tomber
20:41sur une personne humaine ?
20:44Alors,
20:44je pense qu'on peut
20:46paralléliser les deux,
20:47c'est-à-dire
20:47que l'intelligence
20:48artificielle,
20:49vous l'évoquiez,
20:50sur la reconnaissance
20:51de mots,
20:52de cris,
20:52de souffles,
20:53d'une respiration
20:54par exemple,
20:55pourrait tout à fait
20:57surprioriser un appel
20:58et faire en sorte
21:00que cet appel
21:00soit traité
21:01avant d'autres
21:02considérant
21:02qu'il y a
21:05potentiellement
21:05une urgence.
21:06C'est aussi le travail
21:07de nos assistants
21:07de régulation médicale,
21:09c'est les professionnels
21:10qui décrochent
21:11les 37 millions d'appels
21:12par an en France
21:13quand même
21:13et donc l'IA
21:15va nous faciliter
21:17le travail
21:17pour prioriser
21:19ces appels.
21:20Et puis,
21:21c'est aussi l'occasion
21:22si vous voulez,
21:22lorsqu'on a une écoute
21:24par l'intelligence
21:25artificielle
21:25de l'appel
21:26de pouvoir
21:28corriger
21:28une erreur
21:29possible
21:30d'interprétation
21:31ou d'orientation
21:32d'un praticien
21:33parce que
21:34l'erreur,
21:35évidemment,
21:36on lutte
21:37au quotidien
21:38pour éviter,
21:39pour prendre
21:40les bonnes décisions
21:41mais on est tous
21:42faillibles
21:42et donc l'enjeu
21:43de l'IA
21:44c'est de pouvoir
21:45corriger le tir
21:45aussi à un moment
21:46donné
21:47où on pourrait
21:47percevoir
21:48peut-être
21:50une mauvaise
21:51orientation.
21:51Est-ce que
21:52une dernière question
21:54sur l'attractivité
21:55des services d'urgence
21:56pour les médecins
21:57on sait qu'il y a
21:59beaucoup de jeunes
22:01étudiants
22:02enfin de jeunes médecins
22:03se dirigent
22:04vers le salariat
22:05vers des laboratoires
22:07de moins en moins
22:08vers de la pratique
22:10même individuelle
22:11est-ce que c'est le cas
22:11aussi pour les
22:12pour les médecins
22:13urgentistes ?
22:15C'est moins attractif
22:16que par le passé ?
22:17Alors merci
22:18c'est une question
22:19centrale
22:20la médecine d'urgence
22:22est une médecine
22:22attractive
22:23passionnante
22:24elle ne fait pas
22:25débat auprès
22:26des plus jeunes
22:28confrères
22:28sur l'intérêt
22:29même du métier
22:30notre préoccupation
22:31aujourd'hui
22:32c'est que les conditions
22:33de travail
22:33font qu'un certain
22:36nombre
22:36et notamment
22:36les plus jeunes
22:37s'interrogent
22:39sur leur avenir
22:40et pensent
22:40à changer
22:41d'orientation
22:41et de spécialité
22:42donc c'est pour nous
22:44un enjeu majeur
22:45de faire en sorte
22:46que les conditions
22:46de travail
22:47s'améliorent
22:48alors d'abord
22:48pour les patients
22:49parce qu'on les prendra
22:50mieux en charge
22:50mais aussi
22:51pour faire en sorte
22:52que nous soyons
22:53plus attractifs
22:54pour assurer
22:55la réponse
22:56de demain
22:57parce que la question
22:57demain c'est
22:58si nos plus jeunes
22:59changent de spécialité
23:00comment est-ce qu'on va
23:01assurer la prise en charge
23:02des patients
23:03dans les services
23:04d'urgence ?
23:04On a pu évoquer
23:05ce sujet avec la ministre
23:06de la santé
23:07la semaine dernière
23:07au congrès national
23:08de médecine d'urgence
23:10voilà il y a
23:11pardonnez-moi
23:12je vais le dire
23:12de manière un peu simple
23:13mais il y a urgence
23:14à agir
23:14urgence à concrétiser
23:16les changements
23:16pour que
23:17on puisse fidéliser
23:18nos plus jeunes médecins
23:19et que
23:20voilà
23:21une approche générationnelle
23:22de la pratique
23:24Merci beaucoup
23:25d'être intervenu
23:26ce matin
23:26docteur Yann Penvern
23:28président de
23:28SAMU Urgence de France
23:29et on rappelle
23:30le travail phénoménal
23:32qui est fait
23:33par les médecins
23:34par
23:37tous ces professionnels
23:38de santé
23:39qui ne sont pas en cause
23:41en fait
23:42quand on parle
23:43d'attente aux urgences
23:44et il faut
23:45comme Sébastien
23:45notre auditeur
23:46le disait
23:46saluer
23:47tous ces médecins
23:49ces infirmières
23:49qui sont là
23:51dévoués
23:51au service des patients
23:52Merci à vous
23:53on se retrouve nous
23:54dans un instant
23:54pour commenter l'actualité
23:5710h midi
23:58mettez-vous d'accord
23:59Sud Radio
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