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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-02-26##
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NewsTranscription
00:00C'est quoi le problème ? Alors, Félix Mathieu, effectivement, on l'a évoqué, ça fait longtemps que ce sujet
00:06est évoqué,
00:08de faire payer les secours à ceux qui prennent des risques inconsidérés, sauf que là, c'est un rapport de
00:12la Cour des comptes qui le préconise.
00:14Oui, parce qu'elle fait ce constat, effectivement, le nombre d'opérations de secours en montagne a bondi depuis 2012,
00:20et du coup, l'addition aussi, plus 54% sur une décennie. En gros, vous avez près de 10 000
00:26interventions par an.
00:27Et à plus de 10 000 euros l'intervention en moyenne, c'est assez simple, le calcul.
00:31Vous faites 10 000 fois 10 000, ça fait plus de 100 millions d'euros par an, 110 millions d
00:36'euros même, selon la Cour des comptes.
00:38Alors, il y a plusieurs raisons à ça, mais la principale, peut-être, c'est que la montagne est de
00:42plus en plus fréquentée.
00:44Il y a les skieurs, le fameux hors-piste, qui cause souvent des drames, vous l'évoquiez.
00:48Mais il n'y a pas que ça. Il y a, par exemple, là aussi, pourquoi pas ceux qui font
00:53de l'escalade.
00:53Il y a de plus en plus d'amateurs d'escalade, les vététistes, le parapente, l'ultra-trail,
00:59parfois des sports extrêmes ou tout simplement des activités en montagne qui sont devenues très à la mode
01:04et qui attirent de plus en plus de monde.
01:06Et donc, que propose la Cour des comptes, concrètement ?
01:09De remettre en cause déjà ce vieux principe de la gratuité des secours.
01:14C'est un principe qui était, j'allais dire, intangible.
01:16Bon, la preuve qu'il ne le serait sans doute plus, mais ça date de l'ancien régime.
01:19C'est ce principe de gratuité des secours avec cette idée de la Cour des comptes
01:24qu'on pourrait, par exemple, sanctionner les recours abusifs aux secours,
01:28faire payer quand l'intervention a été rendue nécessaire par quelqu'un qui a pris de gros risques,
01:32qui a été négligent, imprudent, faire payer la personne secourue.
01:37La Cour des comptes note que ça se fait à l'étranger.
01:42Il y a certains pays qui le pratiquent déjà, que ce ne serait donc pas totalement impossible.
01:46Sinon, il y aurait des solutions alternatives un peu entre les deux.
01:49Par exemple, mettre à contribution les organisateurs de compétition,
01:53qu'ils soient chargés de payer les secours,
01:56ou pourquoi pas inciter les skieurs, au moment où ils vont payer leur forfait,
02:01à prendre aussi une assurance au passage qui serait, si ce n'est obligatoire,
02:05au moins ils seraient fortement incités à le faire.
02:07Parce qu'en assurance civile ne paye pas, du coup.
02:10J'ai un accident, j'ai posé la question à notre...
02:12Alors, on est avec Yannick Valençant, bonjour.
02:16Vous êtes président du syndicat interprofessionnel de la montagne.
02:20On va... Alors, je vais un commentaire d'une auditrice, Martine,
02:23qui me dit que ce serait tout à fait normal de faire payer les inconscients
02:27qui font du hors-piste ou qui font prendre des risques aux sauveteurs.
02:30Alors, est-ce que c'est un...
02:31Est-ce que les gens prennent plus de risques qu'avant Yannick Valençant ?
02:37Donc, oui, je suis président du syndicat, je suis également guide de haute montagne,
02:40donc je connais bien ces problématiques.
02:42Moi, je suis une auditeur d'escalade et des canyons,
02:43donc je connais bien l'ensemble des sports à risque, en fait.
02:46Je pense qu'il faut d'abord revenir à quelques notions élémentaires.
02:51La montagne est un milieu naturel qui, en elle-même, est dangereuse,
02:55au même titre que l'océan.
02:57Le fait d'aller en montagne, ça expose à des risques naturels,
03:00au même titre qu'aller faire de la voile ou aller nager en mer
03:02ou dans un plan d'eau qui n'est pas une piscine.
03:07Donc, le fait d'avoir à un moment donné besoin de secours
03:10n'est pas forcément la marque d'une imprudence.
03:12Et d'ailleurs, quand on consulte les spécialistes,
03:16le nombre de secours appelés inconsidérément
03:20ou qui serait le fait d'une imprudence caractérisée,
03:25si vous voulez, en tout cas supérieure à la moyenne,
03:27c'est une infime minorité des cas des secours.
03:29Donc, voilà, premier problème, la montagne en elle-même est un milieu dangereux.
03:36Il y a autre chose qui me gêne un petit peu
03:38dans certaines considérations de la Cour des comptes
03:41ou en tout cas certaines idées qui en découlent,
03:43c'est le fait d'aller dire,
03:45intéressons-nous au coût des secours en montagne.
03:48Mais à ce moment-là, pourquoi n'étudie-t-on pas
03:51le coût des secours en mer ou les secours routiers ?
03:55Parce que des secours, il y en a partout.
03:58Et si on commence à toucher aux secours en montagne,
04:01pour moi, ça risque de rompre deux principes fondamentaux de la République.
04:04D'une part, l'égalité des citoyens devant des services publics.
04:09Les secours, c'est un service public.
04:10Pourquoi en préverait-on les montagnards
04:13plutôt que d'autres catégories de citoyens ?
04:16Et puis, ça rend également un principe de solidarité.
04:21Certes, des gens qui ne vont jamais en montagne,
04:23en tant que contribuables, vont payer le secours en montagne.
04:26Mais de la même manière, les montagnards
04:27qui ne vont jamais en mer vont payer le secours en mer.
04:29Ou des gens qui ne fument pas, ne boivent pas,
04:32et n'ont parfois pas le permis,
04:34vont payer les secours pour des gens
04:37qui passent des SMS au volant
04:38ou l'hospitalisation de gens
04:40qui ont un ulcère ou une cirrhose du foie.
04:42Bon, voilà, je trouve que c'est risqué
04:45d'entailler, finalement, des grands principes de la République
04:49pour des économies de bout de chandelle, d'une certaine manière.
04:52Oui, mais elle est là la vraie question.
04:54C'est qu'est-ce qu'aujourd'hui, cette solidarité nationale
04:56qui a été le fondement de notre République,
04:59sur lequel tout est organisé,
05:01on parlera tout à l'heure de la sécurité sociale
05:05et de différentes choses dans les débats,
05:08est-ce que, finalement, en 2026,
05:10on peut se permettre ça
05:13puisque l'économie a changé ?
05:15Quand l'économie était florissante,
05:16on pouvait imaginer une solidarité.
05:18Maintenant, est-ce qu'on ne peut pas responsabiliser les citoyens,
05:22mais que ça soit aussi pour les ulcères,
05:24pour les cigarettes,
05:25pour un tas de choses
05:27où tout le monde contribue à la sécurité sociale,
05:29même les non-fumeurs payent pour les cancers des fumeurs ?
05:33Donc, je comprends ce que vous voulez dire,
05:34mais la question, c'est est-ce qu'en 2026,
05:37on peut se permettre ça ?
05:38Parce que la donne change financièrement.
05:41Alors, il y a sans doute des économies à faire.
05:43Certaines pistes sont évoquées par la Cour des comptes.
05:45Par exemple, on pourrait considérer
05:47que ceux qui ne contribuent pas à la solidarité nationale,
05:49par exemple, les touristes étrangers
05:51qui viennent faire du ski,
05:52soient mis à contribution pour les secours, par exemple.
05:55Pourquoi pas ?
05:56Là, il n'y aurait pas de problème de rupture d'égalité
05:57entre les citoyens français face à un service public.
06:02Éventuellement, mutualiser les services.
06:03Aujourd'hui, on a trois services de secours différents.
06:05L'un qui relève de la police nationale,
06:07l'autre de la gendarmerie,
06:08et les troisièmes des pompiers.
06:09Il y a des pistes aussi qui sont évoquées.
06:10Je ne me prononce pas là-dessus
06:11parce que je ne suis pas spécialiste
06:13de l'organisation des forces de l'ordre.
06:14Mais sur le reste, si on parle des coûts,
06:18finalement, quel est le choix qui est proposé
06:20d'une certaine manière ?
06:21C'est de rester dans un système républicain
06:24que nous connaissons en France,
06:25donc solidarité, gratuité de service,
06:27certains services publics,
06:28ou alors de s'orienter vers un système à l'américaine
06:32où, finalement, chaque citoyen est responsable
06:36de ses propres risques
06:37et des éventuels coûts que ça engendre.
06:40Il faut connaître un petit peu les États-Unis
06:43pour voir ce qui se passe là-bas
06:44avec tout un tas de laissés pour compte,
06:46notamment au niveau des sanitaires, par exemple.
06:51Et en gros, certains bénéficient de secours ou de soins
06:56quand ils peuvent se les payer
06:57et les autres n'en bénéficient pas.
06:59Donc, c'est effectivement des choix de société importants.
07:01Mais il faut savoir aussi que pour n'importe quel citoyen,
07:04le fait de transférer la charge de ces secours
07:06non plus à la collectivité des contribuables
07:10par leurs impôts,
07:10mais de le transférer à des assurances privées
07:14puisque, finalement, c'est ce qui va se passer,
07:15c'est ce qui pourrait se passer
07:16si on s'orientait là-dessus,
07:17ça reviendrait plus cher à chacun.
07:19C'est-à-dire que si seuls les montagnards
07:22devaient payer le coût de leurs secours,
07:25eh bien, le coût de leurs assurances exploserait.
07:29De la même manière,
07:30si seuls les pratiquants de la mer ou de la nage
07:32en eau libre ou en des piscines
07:33devaient payer des secours maritimes,
07:35eh bien, ils devraient payer des assurances
07:37qui coûteraient bien plus cher que leurs impôts.
07:38Mais là, on parle de comportements irresponsables
07:45ou hors la loi.
07:47Oui, on en parle à tort.
07:49En fait, on en parle à tort.
07:50C'est-à-dire que vous ?
07:51Oui, d'accord.
07:53Statistiquement, c'est très faible,
07:54ce genre de choses.
07:55Ce n'est pas ça qui impacte les coûts.
07:56Ce qui impacte réellement les coûts,
07:58c'est l'augmentation, de manière générale,
07:59de la fréquentation de la montagne.
08:02Et j'allais dire, d'une certaine manière,
08:03l'économie touristique de montagne
08:05devrait s'en réjouir, d'une certaine manière.
08:08Et d'autre part, en ce qui concerne les comportements à risque,
08:10il faut savoir qu'effectivement, on cite souvent,
08:12comme exemple, les secours en alpinisme
08:14ou en ski hors-piste, par exemple,
08:16qui sont les disciplines les plus à risque.
08:17Ça représente, grosso modo, 50 morts par an.
08:21Alors que parallèlement, il y a à peu près 200 morts par an
08:24de la simple randonnée sur les chemins.
08:26Donc, oui, bien sûr.
08:29On va y revenir avec vous, 0826 300 300,
08:33si vous voulez témoigner, réagir à ce qui vient d'être dit
08:36par Yannick Valençon, président du syndicat interprofessionnel
08:39de la montagne.
08:41C'est intéressant de vous avoir, d'entendre ce point de vue,
08:44effectivement, qui va en brèche un peu les idées reçues,
08:48puis s'interroger sur cette proposition de la Cour des comptes, du coup.
08:52A tout de suite.
08:54Sud Radio.
08:55Sud Radio.
08:55Parlons vrai.
08:56Parlons vrai.
08:56Sud Radio.
08:57Parlons vrai.
08:58Mettez-vous d'accord.
08:59Valérie Expert.
09:01Et on est de retour avec vous sur Sud Radio.
09:03C'est quoi le problème ce matin, Félix Mathieu ?
09:07C'est cette question qui revient, on l'a dit,
09:10c'est un petit peu un serpent de mer ou un marronnier.
09:13C'est selon quand il y a des accidents en montagne,
09:16quand il y a des avalanches,
09:17que les secours sont appelés.
09:20Régulièrement, on s'interroge sur la responsabilité de ces gens
09:23qui font du hors-piste, par exemple, ou de l'escalade,
09:26et qui, de leur imprudence,
09:31mettent parfois en danger,
09:33c'est ce que me dit une auditrice,
09:36les secours.
09:37Et on a avec nous Yannick Valençant,
09:39qui modère très fortement
09:42cette idée reçue,
09:43selon laquelle il y aurait une recrudescence de ces accidents.
09:48Vous êtes, Yannick Valençant,
09:49vous êtes toujours avec nous,
09:50président du syndicat interprofessionnel de la montagne.
09:54Et on a Fabrice, un auditeur,
09:55qui voulait réagir.
09:57Bonjour Fabrice.
09:58Bonjour Valérie.
09:59Bonjour.
10:02Oui, personnellement, moi,
10:04je ne me place pas sur l'aspect,
10:05j'entends évidemment tous les arguments,
10:08je ne me place pas forcément
10:10sur l'aspect économique des choses.
10:12Moi, je me placerais beaucoup plus
10:13sur les valeurs de la société
10:16qui sont mises à mal,
10:19depuis très longtemps,
10:20et de plus en plus,
10:22à savoir le rapport entre les droits et les devoirs.
10:25On a tous des droits,
10:26et pour obtenir ces droits,
10:28on cultive des devoirs.
10:29Logiquement.
10:30Et moi, je serais justement favorable
10:33à, non pas généraliser,
10:36ce serait de la pire folie,
10:37puisqu'il y a la solidarité nationale
10:41qui doit intervenir.
10:42Mais en revanche,
10:43quand on fait le choix
10:44de faire du hors-piste,
10:46quand on fait le choix à la mer
10:47d'aller se baigner,
10:49si c'est interdit,
10:50ou au-delà des limites autorisées,
10:52eh bien, on doit en assumer les conséquences.
10:54C'est-à-dire que,
10:55dans ce cadre-là,
10:56moi, je serais favorable
10:57à ce qui est participation financière,
10:59est-ce que la facture soit envoyée ?
11:01OK.
11:01On vous dit que là,
11:02les pistes sont là.
11:03Vous décidez par vous-même
11:05d'aller ailleurs,
11:06donc de mettre en danger
11:07la vie des secouristes,
11:08de la vie...
11:09Voilà,
11:09tout simplement.
11:12Eh bien,
11:12il faut en assumer les conséquences.
11:13Quand on fait des choix,
11:14on en assume les conséquences.
11:15Voilà.
11:16Je ne suis pas pour la généralisation
11:18du règlement
11:20des secours,
11:21évidemment,
11:22parce que,
11:22non,
11:23ça,
11:23c'est impensable.
11:24Mais moi,
11:25je pense que,
11:26dans un cas comme ça,
11:27on doit responsabiliser les gens.
11:30Bah, OK,
11:30vous décidez
11:31d'outrepasser,
11:33quelque part,
11:34la loi,
11:35les règles,
11:36eh bien,
11:36vous en assumez les conséquences.
11:38Alors,
11:39Félix Mathieu,
11:39merci de votre témoignage.
11:41Je pense que Yannick Valençant
11:42va vous répondre.
11:43Mais Félix avait une question
11:44qui peut être une conséquence
11:46de ce que vous dites.
11:47Je crois que vous craignez aussi,
11:49il pourrait y avoir ce risque
11:50que les gens n'osent plus
11:52appeler les secours,
11:53si on entrait dans cette logique,
11:55parce qu'ils auraient peur
11:56de la facture
11:58qu'on viendrait leur réclamer
11:59après coup.
11:59Il y a ça aussi
12:00comme appréhension.
12:02Ce n'est pas possible
12:02de distinguer,
12:03comme le dit notre auditeur,
12:04les seuls cas
12:05dans lesquels
12:06la personne secourue
12:07a pris un gros risque,
12:09Yannick Valençant ?
12:10Alors,
12:11il y a plusieurs choses.
12:13Déjà,
12:13pour répondre à l'auditeur,
12:14dont je ne me rappelle plus
12:15le prénom,
12:16désolé.
12:17Fabrice.
12:18Voilà, Fabrice.
12:19Pour répondre à Fabrice,
12:21la loi en France
12:22n'interdit pas
12:24d'aller dans,
12:25on va dire,
12:26le hors-piste au sens large,
12:27sachant que le hors-piste,
12:28c'est l'immense majorité
12:29du territoire des Alpes
12:30et des montagnes en général.
12:32Il y a une liberté
12:33d'aller sur le terrain naturel
12:34de manière générale
12:35et il n'y a qu'exceptionnellement,
12:37très exceptionnellement,
12:38par exemple,
12:38sur un risque 5,
12:39sur l'échelle de 5
12:40en risque d'avalanche,
12:42que parfois,
12:42des préfets
12:42ou des communes
12:43décident de prendre
12:44un arrêté municipal
12:45ou préfectoral
12:46interdisant la pratique.
12:47Donc,
12:48le fait de se retrouver
12:49en hors-piste
12:50ou en alpinisme
12:51ou en escalade
12:52ou je ne sais quoi
12:52à un moment donné
12:53ne relève pas du tout
12:54d'une infraction à la loi.
12:56D'autre part,
12:59il existe déjà...
13:00Pardon,
13:01le hors-piste,
13:01ce n'est pas une infraction
13:02à la loi ?
13:03Non,
13:03pas du tout.
13:04Absolument pas.
13:07Seulement,
13:07quand un arrêté préfectoral
13:08est pris
13:09dans des circonstances
13:10exceptionnelles
13:10qu'on a pu connaître
13:12récemment...
13:12Quand des risques
13:13d'avalanche,
13:13c'est ça ?
13:15Oui,
13:16disons que
13:18les autorités publiques
13:19vont évaluer
13:20les risques particuliers
13:21à un moment donné
13:22et puis dire
13:22si les risques
13:23sont très supérieurs
13:24à la moyenne,
13:25voire incommensurables,
13:26éventuellement,
13:27ils peuvent prendre
13:27un arrêté limité
13:28et qui,
13:29pendant quelques jours,
13:30va interdire,
13:30par exemple,
13:31aux remontées mécaniques
13:32d'ouvriers
13:32ou aux gens
13:33de pratiquer le hors-piste,
13:33mais c'est très exceptionnel.
13:36En dehors de ça,
13:37le principe,
13:37on a le droit
13:37d'aller partout
13:38et j'allais dire
13:38d'une certaine manière,
13:39heureusement.
13:41Parce que sinon,
13:41on ne pourrait plus bouger
13:42sur le territoire.
13:43La totalité
13:44ou la quasi 98%
13:45du territoire
13:46est entre guillemets
13:47hors-piste,
13:47c'est-à-dire hors-limites
13:48gérées par la puissance publique.
13:50Alors,
13:51d'autre part,
13:52en ce qui concerne
13:54maintenant
13:54la responsabilisation,
13:57voire le remboursement
13:58des secours
13:59quand on estime
14:00que les risques
14:01ont été pris
14:01ou les imprudences
14:04manifestes
14:04ont été commises.
14:05Bon,
14:06l'arsenal juridique,
14:07il existe déjà.
14:08C'est-à-dire que,
14:09par exemple,
14:10des gens qui,
14:11à Chamonix,
14:12ont décidé
14:12d'appeler les secours
14:13alors qu'ils étaient
14:13simplement fatigués
14:14et qu'ils n'étaient pas
14:15du tout en danger,
14:15eh bien,
14:16dans des cas comme ça,
14:17les gens ont été condamnés
14:19à une amende
14:20qui couvrait
14:22le montant des secours.
14:24Donc,
14:24ça,
14:25ça existe déjà.
14:25Mais encore une fois,
14:26quand on regarde
14:27les statistiques,
14:29ces cas-là,
14:30c'est-à-dire des cas
14:31de recours abusifs
14:31aux secours,
14:32sont extrêmement rares.
14:33De l'aveu même
14:34des spécialistes
14:35des secours,
14:36c'est une infime minorité.
14:37Donc,
14:38le gros de l'explosion
14:39des coûts des secours,
14:41c'est une explosion
14:43de la fréquentation
14:44de la montagne en général.
14:45Et encore une fois,
14:46je ne pense pas
14:47qu'on puisse dire
14:48que de simples randonneurs,
14:49puisque finalement,
14:49c'est le gros des secours
14:51et c'est le gros des victimes
14:52et de manière générale,
14:53de simples randonneurs
14:54qui vont marcher
14:55et qui se retrouvent
14:55dans une situation
14:56qu'ils n'avaient pas prévue,
14:59sont eux-mêmes
15:00totalement inconscients
15:01et des irresponsables.
15:04Ils sont juste
15:04allés se promener.
15:05Voilà.
15:06On a Chantal
15:08qui voulait réagir également.
15:09Bonjour Chantal.
15:10Bonjour à tous.
15:12Bonjour.
15:12Oui, alors moi,
15:14je suis en partie
15:15d'accord sur le principe
15:17de ce monsieur.
15:18Mais malgré tout,
15:19il faut responsabiliser
15:20les gens
15:21qui ne respectent pas
15:23les interdits quand même.
15:24Oui, mais ce n'est pas interdit.
15:26Moi, ce que je découvre
15:27ce matin avec Yannick Valençon,
15:28c'est que le hors-piste
15:29n'est pas interdit.
15:30Oui, ça devrait l'être
15:32parce que je trouve que
15:33si vous voulez qu'on ne leur demande pas
15:34de rembourser à 100% les frais,
15:37oui, mais on pourrait demander
15:38une cote part
15:39pour tout ce qui est
15:40donc prise de danger
15:41par rapport aux secours
15:44ou par rapport aux gens
15:45qui travaillent dans ces domaines.
15:47Il n'y a aucune raison.
15:48On demanderait 20% par exemple
15:50du coût total,
15:52que ce soit d'ailleurs
15:53à l'hôpital,
15:54sur les pistes,
15:55dans le sport, etc.
15:57Moi, je trouve qu'on laisse
15:59la liberté aux gens
16:00de faire n'importe quoi
16:01et ça coûte très cher
16:02à la société
16:03donc il faudrait quand même
16:04essayer d'apprendre aux gens
16:05à être un petit peu responsable
16:07donc on peut faire du ski
16:08sans faire prendre des risques
16:09à d'autres gens.
16:10Oui, alors Yannick,
16:12on évoquait avec Yannick Valençon,
16:13je crois que c'est Gilles
16:14qui le disait en début d'émission
16:15ou je ne sais plus,
16:16non, c'est peut-être vous
16:16Yannick Valençon,
16:17c'est la même chose
16:18pour les secours en mer,
16:20c'est la même chose
16:21on va dire que les gens
16:22qui fument
16:23et qui ont un cancer,
16:24c'est pas bien fait
16:26pour eux,
16:27mais c'est de leur faute
16:27que ceux qui boivent,
16:29ils n'ont qu'à payer
16:30leurs frais
16:32s'ils développent
16:32un cancer du foie,
16:34etc.
16:35C'est pourquoi,
16:36effectivement,
16:38c'est le fondement
16:39de la solidarité.
16:40Moi, je voulais demander
16:41à Yannick Valençon,
16:43pourquoi cette décision
16:44de la Cour,
16:45ou cette suggestion
16:46de la Cour des comptes ?
16:50Je connais,
16:51en tout cas,
16:51dans notre domaine
16:52de montagne,
16:53je connais assez bien
16:54le fonctionnement
16:55de la Cour des comptes
16:56et bien souvent,
16:58ils ont quand même
16:59une vision
17:01essentiellement comptable
17:02des choses,
17:03sans forcément évaluer
17:04toutes les conséquences
17:05de certaines préconisations.
17:06Ça peut arriver,
17:08en tout cas,
17:08je ne remets pas en cause
17:09la compétence,
17:10évidemment,
17:11des comptables publics,
17:12mais voilà,
17:13je pense qu'il faut évaluer
17:15l'ensemble des choses.
17:16C'est vrai que,
17:17par exemple,
17:18comme je le disais
17:18tout à l'heure,
17:19si on décide
17:20de reporter la charge
17:21du financement
17:22d'un service public,
17:22ici des secours
17:24sur des initiatives privées,
17:26en l'occurrence,
17:26des assurances,
17:27eh bien,
17:28ce qu'on ne va pas payer,
17:29ce qu'on ne va plus payer
17:30en impôts,
17:31en contributions sociales,
17:32etc.,
17:33on va le payer
17:33en assurance.
17:34Et,
17:35de fait même
17:36que ce soit
17:36des opérateurs privés
17:37qui soient à la tête
17:38des assurances,
17:39ça va nous coûter
17:40beaucoup plus cher.
17:41Alors,
17:41certes,
17:42celui qui ne pratique
17:43pas la montagne
17:43ne paiera pas
17:44une assurance
17:45pour la montagne,
17:45mais il paiera
17:46beaucoup plus cher
17:46pour son assurance
17:47à lui,
17:48pour aller nager en mer
17:49ou je ne sais quoi.
17:50Donc,
17:50il faut évaluer
17:51les choses
17:52de façon globale
17:52et bien analyser
17:54les conséquences.
17:56Typiquement,
17:57si l'enjeu ici,
17:58c'est de réduire
17:59la dépense publique,
18:00eh bien,
18:00par exemple,
18:01les secours gratuits
18:02aux clientèles étrangères,
18:04eh bien,
18:05ça représente 17%
18:06de la somme.
18:06Rien qu'en faisant payer
18:09les utilisateurs étrangers
18:10de nos secours,
18:11on économise déjà
18:1220 millions d'euros
18:13sur les 110,
18:14par exemple.
18:15Donc,
18:15les économies qu'on cherche
18:16à trouver,
18:17elles sont simples
18:17sans forcément
18:19aller revendre
18:20pour remettre en cause
18:20le principe
18:21de solidarité nationale
18:22et de gratuité
18:23d'un service de secours.
18:24Juste une idée,
18:25je me casse la jambe
18:27en faisant du hors-piste,
18:29hélicoptère,
18:29hélettroyer,
18:30tout ça,
18:30ça coûte combien ?
18:33La moyenne des secours,
18:35la moyenne du prix
18:36d'une intervention
18:36héliportée,
18:37c'est 11 000 euros.
18:39Après,
18:39les frais de santé,
18:40je n'en sais rien,
18:40mais en tout cas,
18:41pour l'évacuation héliportée,
18:43la moyenne,
18:44c'est 11 000 euros
18:44par intervention.
18:45Et sur une année,
18:46sur une saison de ski,
18:48ça coûte combien,
18:49la vie, là ?
18:51Alors,
18:51je ne connais pas le détail
18:53mois par mois
18:54et saison par saison,
18:55mais la globalité
18:57du service de secours
18:58en montagne,
18:58c'est 110 millions
18:59d'euros par an.
19:04Mais ça comprend tout,
19:05c'est-à-dire,
19:07comment dire,
19:09l'entraînement,
19:11la rémunération
19:11de l'ensemble
19:12des équipes de secours
19:13à l'année,
19:14l'entretien des machines,
19:15c'est des hélicoptères,
19:16ce n'est pas donné,
19:18avec l'amortissement
19:19des machines,
19:19etc.
19:20In fine,
19:21ce n'est pas tant que ça.
19:22Je rappelle par exemple
19:23qu'une école,
19:23une simple école
19:25qui a le monopole
19:26de la formation
19:26des moniteurs de ski,
19:27par exemple,
19:28en France,
19:30comment dire,
19:31formation qui a vocation
19:32à disparaître à terme,
19:33soit dit en passant,
19:34elle a un budget
19:36de 24 millions d'euros.
19:37Donc moi,
19:37typiquement,
19:38je préfère payer
19:39110 millions d'euros
19:40pour un service de secours
19:41et un principe de solidarité
19:42que dépenser,
19:45par exemple,
19:4524 millions d'euros par an
19:47à former des moniteurs de ski.
19:48Est-ce que faire du hors-piste,
19:49c'est un gros risque ?
19:53Ce n'est pas toujours
19:54un gros risque.
19:55Encore une fois,
19:56ça dépend des conditions
19:57du moment.
19:58On a une échelle
19:59de 1 à 5
19:59pour le risque d'avalanche.
20:01Aller faire du hors-piste
20:02par risque 1 ou 2,
20:03ce n'est pas
20:03du tout un gros risque.
20:05Et puis,
20:06il y a plein de stratégies
20:08qui sont développées
20:08par les professionnels
20:09pour aller au bon endroit
20:11au moment T,
20:12si vous voulez.
20:13par principe,
20:14mais de façon générale,
20:15de toute façon,
20:16la montagne
20:17est un environnement
20:18naturel dangereux
20:19au même titre
20:20que l'océan.
20:20Vous l'avez rappelé,
20:23le chiffre nous a surpris
20:24sur le nombre de morts
20:26en randonnée chaque année.
20:28C'est 150 morts,
20:29c'est ça ?
20:30À peu près,
20:31c'est ça.
20:31Globalement,
20:32il y a 200 morts,
20:32200 victimes mortelles
20:34par an en montagne.
20:36Et sur ces 200,
20:38l'immense majorité,
20:39ce sont des randonneurs
20:40à pied.
20:41On peut se dire
20:42que comme tous les rapports
20:42de la Cour des Comptes,
20:43il servira à caler une armoire.
20:46Donc,
20:46on aura l'occasion,
20:47je pense,
20:48de redébattre
20:49du sujet encore.
20:51Mais je trouvais intéressant
20:53les éléments
20:53que vous nous avez donnés.
20:55Moi,
20:55j'ai appris des choses.
20:56que le hors-piste
20:57n'est pas interdit
20:59et que les accidents,
21:01finalement,
21:01ne sont pas si nombreux que ça
21:03et qu'il faut faire attention
21:04peut-être,
21:04effectivement,
21:05à l'effet de loupes
21:07quand il y a des incidents dramatiques.
21:10Merci à vous.
21:10Merci,
21:11Yannick Valençand,
21:12d'avoir été avec nous,
21:13président du syndicat interprofessionnel
21:15de la montagne.
21:16Et merci à vous,
21:18Félix Mathieu.
21:19Nous,
21:19on se retrouve
21:19dans un instant
21:20pour les débats,
21:23un commentaire de l'actualité.
21:24A tout de suite.
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