Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 heures
Avec Joseph Tayefeh, secrétaire général de Plastalliance

Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

---

🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

---

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-04-17##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Or c'est quoi le problème ? Eh bien on a beaucoup parlé du carburant, mais un autre produit pourrait
00:04bien avoir ses prix flambés
00:05et même certains produits être indisponibles en rayon. Je veux parler du plastique.
00:10Oui, puisqu'il est omniprésent effectivement autour de nous, surtout dans les emballages.
00:14Le plastique issu de produits dérivés du pétrole, même si aujourd'hui il y a une bonne partie qui est
00:18recyclée,
00:19mais quand même un quart du polyéthylène par exemple provient du Moyen-Orient, selon l'analyste SNP Global.
00:24Certaines entreprises craignent d'ores et déjà une rupture d'approvisionnement peut-être.
00:29Si cela arrivait, il y a quelques semaines de réserve, mais même sans parler de rupture totale,
00:34c'est comme pour les carburants, qui dit raréfaction, dit forcément une conséquence sur les prix de la matière première.
00:39Le prix de la tonne de polytéréphtalate, c'est ce qui est utilisé pour les bouteilles en plastique par exemple,
00:44a presque doublé depuis le début de cette crise en dépassant 1400 euros la tonne.
00:48Oui, et donc il va falloir y évaluer ce que ça va avoir comme conséquence sur nous, sur notre quotidien.
00:56Oui, les professionnels du plastique, on va l'entendre dans un instant, nous parlent d'une crise sans précédent.
01:01Le blocage des produits pétroliers s'installe dans la durée, plus que lors des crises géopolitiques précédentes.
01:06Et le plastique est effectivement plus omniprésent que jamais dans nos vies.
01:09On parlait des emballages, mais il y a aussi plein de produits dans le domaine de la santé,
01:12notamment à ces panodins, les poches de perfusion, les gants à usage unique,
01:16dans les cathéters, les seringues, les blouses, etc.
01:19C'est un domaine, la santé oblige, pour lequel en plus on utilise des produits à usage unique, jetables,
01:24avec interdiction d'utiliser du plastique recyclé.
01:27Donc je veux dire, là, en termes de coût de la matière première,
01:29ça va être l'impact pourrait être plus direct encore que par exemple pour les bouteilles en plastique.
01:34Les finances de notre système hospitalier déjà exsangues n'auraient vraiment pas besoin,
01:38on l'imagine bien, de voir monter en flèche les prix de ces objets qui sont utilisés au quotidien par
01:43les soignants.
01:43Parce que ça a été haro sur le plastique, Joseph Taillefais, secrétaire général de Plastalliance,
01:50vous avez publié Stop au plastique bashing.
01:53C'est vrai que le plastique, il y a eu une véritable offensive,
01:58les pailles, les sacs plastiques chez les commerçants.
02:02Le plastique, c'est mal, sauf que le plastique, il y en a partout.
02:07Alors on essaye, dans la mesure du possible, qu'il y en ait le moins possible,
02:11mais on en a besoin du plastique.
02:13Et c'est ce que vous me disiez en arrivant, c'est qu'on se rend compte, quand il n
02:16'y en a plus, qu'on en a besoin.
02:17En fait, j'ai l'impression qu'on revit encore la même histoire que le Covid.
02:20C'est-à-dire que pendant le Covid, il manquait des masques.
02:22Les masques, c'est du plastique, c'était du polypropylène.
02:25Le gouvernement n'était pas prêt, n'avait pas fait de stock.
02:27Et on s'est retrouvé, en fin de compte, à manquer, on va dire, de ce type de produit.
02:31Là, ce qui se passe actuellement, j'ai envie de dire, c'est Covid x 100.
02:34Parce que ce n'est pas que sur les masques, c'est sur les produits de santé dont vous avez
02:37cité,
02:37sur lesquels je n'entends pas le gouvernement mettre des stocks stratégiques,
02:40alors qu'il va y avoir des problèmes d'approvisionnement également pour ces produits-là.
02:44Mais c'est sur l'ensemble, on va dire, de l'activité.
02:46L'emballage, c'est une chose, c'est quelque chose qu'on voit rapidement dans les supermarchés.
02:50Mais vous avez, on va dire, des produits divers et variés.
02:53Actuellement, on va dire, au Japon, par exemple, la fabrication de baignoires est suspendue par le numéro 1.
02:57Ils ne font plus de baignoires et de lavabo.
02:58Donc, on va dire, on commence, on va dire, à aller sur des produits.
03:01Là, j'ai un adhérent sur des casques de chantier.
03:02Il ne sait pas s'il pourra fournir des casques de chantier.
03:05Un tel, c'est pour de la tuyauterie.
03:06L'autre, c'est pour d'autres applications.
03:08Et en fait, la famille des matériaux plastiques, c'est effectivement la seule famille de matériaux
03:12qui est présente dans tous les secteurs.
03:13Et donc, à partir du moment où vous avez un renchérissement du prix,
03:16donc effectivement, le prix, au final, augmente.
03:18Mais le problème du prix, j'ai presque envie de dire...
03:22A la rigueur, c'est la meilleure des mauvaises nouvelles.
03:26Parce que vous êtes en train de dire, on va manquer de plastique.
03:28Il n'y a plus rien qui sort actuellement.
03:31Nous, on est en contact avec vraiment les producteurs et les pétroliers.
03:34Et ils sont très inquiets.
03:35Ils l'ont dit, enfin, je ne vais pas utiliser le même terme, on va dire, qu'ils ont employé.
03:39Mais on va dire qu'on est foutus.
03:40Voilà, on va dire, et on est en poli.
03:41Donc, c'est très, très compliqué actuellement.
03:44Et ce que Trump, actuellement, est en train de faire, rajoute de la complication.
03:47Parce qu'on est parti, on va dire, d'un blocus, d'un détroit d'Hormuz qui était partiellement fermé,
03:52mais qui permettait d'alimenter la Chine et l'Inde.
03:54Parce que la Chine et l'Inde ont besoin énormément de plastique également pour leur activité.
03:58Avec un blocus américain qui empêche la Chine et l'Inde d'avoir ces produits.
04:01Donc, ce qui veut dire que la Chine et l'Inde sont en train d'aller chercher le plastique partout
04:05ailleurs où ils peuvent y aller.
04:06Et en l'occurrence, ils sont sur le terrain de chasse, des Européens aussi.
04:08Et donc, on se retrouve en compétition avec eux.
04:10Et on n'a pas forcément les mêmes moyens financiers pour se concurrencer avec eux.
04:14Qu'est-ce qu'on fait s'il n'y a plus de poche de transfusion dans les hôpitaux ?
04:18Comment on gère ce que disait Félix sur les gants qui peuvent être à usage unique ?
04:24On fait comment ?
04:24Alors moi, je me rappelle, justement, pendant le Covid, il manquait des blouses.
04:28Les soignants avaient mis des sacs poubelles.
04:29Et bien là, même les sacs poubelles, je ne suis même pas sûr qu'ils pourront les mettre.
04:32Donc, à un moment donné, on arrive à une situation dans laquelle je pense que le gouvernement doit absolument prévoir
04:36des stocks.
04:37C'est-à-dire vraiment sur ce terrain-là, sur la partie santé, il doit commencer à stocker.
04:41Il doit commencer, on va dire, à vérifier s'il y a assez d'approvisionnement.
04:44Parce qu'à un moment ou à un autre, quand il n'y a plus de matière première qui sort,
04:47s'il n'y a plus de polyéthylène, s'il n'y a plus de polypropylène, on ne peut pas
04:50faire de magie.
04:50À un moment donné, on ne peut pas faire du recyclé, comme vous l'avez rappelé, parce qu'il y
04:53a des normes, effectivement, en contact.
04:55Et on ne peut pas mettre du verre pour faire des...
04:57On ne va pas revenir au seringant verre, on ne va pas mettre du papier carton, on ne va pas
04:59mettre de l'aluminium.
05:01Le plastique, c'est vraiment le matériau dans les secteurs de la santé qui est prédominant.
05:04Et donc, aujourd'hui, vraiment, je tire la sonnette d'alarme.
05:06Vraiment, j'en profite pour le faire.
05:07Vous n'êtes pas alarmiste.
05:09Ah non, mais il faut être réaliste.
05:10Je veux dire, à un moment donné, gouverner, c'est prévoir.
05:11Donc, à un moment donné, je comprends le côté rassuriste du gouvernement.
05:15Mais moi, ça fait dès le 1er mars, dès le lendemain de la guerre, sur France Info, j'avais dit,
05:19attention, ça va être très problématique.
05:21Et au fur et à mesure qu'on avance, on se rend compte que ça s'aggrave de jour en
05:24jour.
05:25Et on voit Patrick Pouyanné, ne serait-ce que sur la partie carburant, quand il vous dit que dans trois
05:29mois, on n'aura plus rien.
05:30Donc, vous imaginez bien que sur tout le reste, le nafta et la fabrication de produits plastiques va être secondaire.
05:35On va d'abord approvisionner le kérosène pour les avions et les voitures.
05:40Donc, ça, c'est un gros problème.
05:41Vu la situation d'urgence que vous êtes en train de nous décrire, on pourrait presque trouver ça miraculeux de
05:45ne voir pas encore les conséquences davantage,
05:48que ce soit en magasin sur les prix ou même sur le matériel disponible dans les hôpitaux.
05:53Comment ça se fait ? Parce que pour le moment, on a tapé dans les stocks ?
05:55Tout à fait, parce qu'en fait, vous avez fait de la matière première déjà, qui était déjà, on va
05:59dire, présente aussi,
06:00qui permet de fabriquer des produits, on va dire, à des tarifs relativement normaux.
06:06Il y avait effectivement les stocks aussi auprès des fabricants et les stocks aussi auprès des distributeurs ou effectivement du
06:11centre commercial.
06:12Là, actuellement, on a par exemple des industriels qui fabriquent des produits pour la rentrée scolaire, les protèges-cahiers, tout
06:18ça.
06:19Donc, ça, c'est bon.
06:20Pour la rentrée de 2026, il n'y aura aucun souci.
06:23C'est déjà livré, c'est déjà fait.
06:24Par contre, ils doivent recommencer la production fin 2026, début 2027 et là, ils commencent déjà à s'inquiéter parce
06:30qu'effectivement,
06:30ils auront peut-être aussi la crise dure, on aura des problématiques qui risquent d'arriver.
06:34Donc, là, pour l'instant, on va dire, on le voit peu, même si on voit quand même une augmentation
06:38des prix qui est quand même réelle.
06:39Là, on voit quand même une augmentation arriver.
06:40Mais en termes, on va dire, de disparition de produits dans les rayons, on est encore sur des stocks.
06:45Mais à un moment ou à un autre, vous allez voir, il y aura des produits catégorie par catégorie qui
06:48vont commencer à disparaître.
06:50Quel volume de stock ? Enfin, ça dépend, j'imagine, des produits.
06:54Oui, quel est l'avance si on prend les sacs poubelles, par exemple, pour être très concret pour nos auditeurs
07:00?
07:00C'est que globalement, on peut dire, si demain, la production, la livraison, on va dire, de polyéthylène, on va
07:04dire, s'arrête,
07:05ils ont à peu près un mois, un mois et demi, en général, on va dire, de stock de livraison.
07:09Si vraiment, il n'y a plus rien qui arrive, effectivement.
07:11Et actuellement, il n'y a plus rien en polyéthylène qui arrive en bateau,
07:14parce que c'était les anciens bateaux au courant mars, on va dire, qui étaient déjà en circulation, qui arrivaient.
07:19Donc, on a pu être livrés.
07:20Les Américains aussi ont réussi un petit peu à nous dépanner en polymère également,
07:24pendant le courant mars et avril, mais même eux, ils sont maintenant en tension également de leur côté.
07:28Et de toute façon, ils nous répercutent le prix de l'assurance du bateau.
07:31Même s'il vient des Etats-Unis, il y a une assurance qui est quand même augmentée en prix,
07:34parce que c'est un peu mutualisé.
07:36Et le prix du carburant du bateau aussi a augmenté, et le prix des containers.
07:39Et on va d'ailleurs, et je tiens d'ailleurs à le souligner, je pense que ce sera la première
07:41fois dont j'en parle,
07:44mais on aura un problème de containers.
07:45C'est-à-dire, on a un manque de containers qui risque d'arriver d'ici deux à trois mois.
07:49Parce que vous avez les trois mille bateaux qui sont actuellement bloqués sur Hormuz à peu près.
07:53Tous les containers, c'est des objets qui sont censés circuler, qui ne sont pas censés être fabriqués tous les
07:58jours.
07:59Et donc, à un moment donné, on nous prédit, on va dire, à peu près d'ici deux, trois mois,
08:03une grosse crise logistique, si effectivement, on n'a pas assez de containers également mis en circulation,
08:08et qui nécessitent de l'acier.
08:09Et or, l'acier aujourd'hui, c'est du gaz, et le gaz, ça coûte extrêmement cher également.
08:13C'est toute une chaîne, en fait.
08:14C'est un cercle vicieux, là.
08:16Question d'un auditeur, est-ce que l'utilisation des stocks stratégiques de pétrole a commencé ?
08:21Alors en fait, ils l'utilisent non pas pour faire du plastique, en tous les cas.
08:24Les stocks stratégiques, l'État l'utilise pour le militaire, pour les déplacements, pour le kérosène.
08:31J'ai envie de dire, le nafta qui est nécessaire, qui est issu de la distillation du pétrole,
08:35j'ai envie de dire, c'est un peu le parent pauvre.
08:36C'est la dernière chose, on va dire, dont on va s'occuper par rapport à ça.
08:40Or, le médical, je vais me faire un peu l'avocat du diable et le porte-parole des écologistes.
08:45Vous parliez du protège-caillère, on peut remettre...
08:47Donc les écologistes, c'est le diable, c'est ce que vous voulez dire.
08:49Non, non, pas du tout. Ne me faites pas dire ça.
08:51Ne me cherchez pas, Joseph, sur ce sujet.
08:53Ne me cherchez pas.
08:54Non, non, parce que vous parliez du protège-caillère, on peut en mettre un en papier.
09:00Oui, il y a des alternatives au plastique.
09:02Transparence.
09:03Est-ce que pour chaque problème, il y a des alternatives maintenant au plastique ?
09:08Est-ce que la science a fait des avancées ?
09:10Et est-ce que dans plein de domaines, on peut remplacer le sac poubelle par un carton
09:15et on met nos ordures dans un carton ?
09:18Ce n'est pas un énorme problème. Vous comprenez ce que je veux dire ?
09:20Tout à fait.
09:21Je vous ai dit que je...
09:22Tout à fait.
09:22Non, mais c'est une vraie question.
09:24On peut mettre dans un carton, on peut trouver à chaque chose...
09:28Oui, mais par exemple, juste une petite parenthèse, les pailles, par exemple, c'est une catastrophe.
09:32Tout à fait. Alors, en l'occurrence, on a supprimé les pailles en plastique,
09:35on a laissé les pailles en papier.
09:36La question, c'est est-ce qu'on avait besoin même des pailles en papier en tant que telle ?
09:40Oui.
09:40Est-ce que le produit lui-même était utile en lui-même ?
09:43Et c'est vrai que la paille en plastique avait moins de goût quand même que le papier.
09:46Mais pour revenir à ce que vous dites, il y a plusieurs choses.
09:49Déjà, en termes, on va dire, d'alternatives qui soient à coût équivalent.
09:52Il n'y a rien de moins cher que le plastique.
09:53Ça veut dire qu'aujourd'hui, les prix du plastique, effectivement, augmentent.
09:57Mais tout ce qui est vert, le vert, nécessite du gaz.
09:59Or, le gaz, aujourd'hui, il flambe aussi.
10:01Les prix des verreries, effectivement, augmentent.
10:03Le papier carton, pour sécher la pâte à papier, il faut du gaz.
10:06Il faut beaucoup de chaleur.
10:07Je ne parle même pas de la consommation d'eau, 500 litres d'eau pour faire un kilo de papier,
10:11de litre d'eau pour faire un kilo de plastique.
10:12La métallurgie, c'est également beaucoup d'énergie.
10:15Donc, d'un point de vue coût, et c'est ce qui explique aussi le succès du plastique,
10:17d'une manière générale, depuis, on va dire, les 50-70 dernières années,
10:20c'est que ça demande peu d'énergie pour être fabriqué.
10:22Ensuite, vous avez les propriétés.
10:24Si vous mettez quelque chose d'humide dans un carton, ça va passer à travers.
10:27Donc, pour pouvoir, on va dire, le protéger, éventuellement,
10:30vous allez remettre une couche de plastique,
10:32comme les fameux gobelets, actuellement, dans lesquels vous avez une couche de plastique,
10:35pour empêcher.
10:36Donc, au final, même le carton, s'il a envie d'avoir les mêmes propriétés que le plastique,
10:39il aura besoin du plastique pour pouvoir le faire.
10:41Alors, on va revenir sur, aussi, on va parler du plastique,
10:45et avec la question de Gilles, est-ce qu'il y a des alternatives au plastique ?
10:49Vous dites, je crois que c'est dans votre livre,
10:51celui qui maîtrise le plastique dominera le monde.
10:53On va y revenir dans un instant.
10:550826-300-300, si vous avez des questions,
10:57si vous aviez réfléchi à cette question du plastique,
11:00est-ce que vous, vous avez changé aussi vos habitudes de consommation ?
11:05On en parle dans un instant.
11:13C'est quoi le problème ?
11:15Eh bien, le problème, c'est qu'avec la crise et le blocage,
11:19la crise au Moyen-Orient, le blocage du Détroit, d'Ormouz,
11:22il y a un produit de notre quotidien qui pourrait bien voir ses prix flamber
11:26et voir carrément disparaître des rayons,
11:29c'est le plastique, c'est tout ce qui est en plastique.
11:31Alors, on parle des sacs poubelles,
11:33mais vous évoquiez tout ce qui est médical,
11:36Félix Mathieu, les poches de transfusion
11:40et beaucoup d'autres produits.
11:43On en parle avec Joseph Taillefait,
11:44secrétaire général de Plast Alliance.
11:470826-300-300, si vous voulez réagir,
11:50poser des questions à Joseph Taillefait qui est avec nous.
11:53Alain est en ligne.
11:54Bonjour Alain.
11:55Bonjour.
11:56Bonjour.
11:56Qu'est-ce que vous vouliez nous dire ?
11:59Sans plastique, bien sûr qu'il y en a beaucoup trop.
12:03Mais maintenant, il y a des entreprises qui fabriquent des plastiques
12:06qui deviennent de plus en plus biodégradables,
12:08qui deviennent vraiment écologiques.
12:10Et personne n'en parle.
12:11Par exemple, en Arabie Saoudite, vous avez Sabic.
12:13Sabic, c'est la plus grosse entreprise chimique d'Arabie
12:16qui fabrique un plastique totalement biodégradable
12:20qui disparaît complètement.
12:22Et personne n'en parle.
12:23Il y a la guerre qui est arrivée,
12:25donc que ça soit leur commercialisation pour le moment
12:26est complètement en sang-de-sous-dessous.
12:28Et ils ont un gros problème pour faire connaître leurs produits
12:31parce qu'entre autres, c'est fabriqué en Arabie Saoudite.
12:35Alors, Joseph va pouvoir vous répondre.
12:36C'était effectivement ma question.
12:37Est-ce qu'il y a des plastiques écolo ?
12:40Qu'est-ce que ça a un sens de parler de plastique écologique ?
12:45Le plastique, pour moi, est écologique.
12:47Mais après, on peut toujours en débattre dessus.
12:49Mais effectivement, sur la partie dont vous parlez,
12:50vous avez des plastiques qui sont d'origine biosourcée,
12:53qui ne sont pas faites à base de pétrole.
12:54Parce qu'en fait, d'ailleurs, les premiers plastiques étaient faits à base de cellulose.
12:58On peut faire du plastique à base de pommes de terre,
13:00à base de canne à sucre, de bambou.
13:01On peut faire beaucoup de choses.
13:02Et vous avez certains plastiques qui peuvent être compostables ou biodégradables.
13:06Alors, comme vous l'avez mentionné,
13:07c'est quand même, on va dire, l'étranger.
13:09La France, malheureusement, et l'Europe en général,
13:12n'est pas, on va dire, très très leader sur la partie bioplastique.
13:15L'Asie, notamment, domine ce sujet.
13:16Donc, il faut bien faire attention de se dire
13:18que si on doit promouvoir une nouvelle technologie,
13:20il ne faut pas refaire la même erreur qu'avec les voitures électriques
13:23et de donner la main, on va dire, à d'autres qui seraient meilleurs que nous.
13:27Et Sabi, qu'effectivement, d'ailleurs, s'ils nous écoutent,
13:30ils ont retiré tous leurs investissements au niveau européen.
13:32En janvier dernier, ils avaient indiqué qu'ils ne voulaient plus garder leurs usines
13:35et qu'ils voulaient donc se concentrer sur le Moyen-Orient.
13:38Donc, vu les événements actuels,
13:39on pourrait peut-être se poser la question si c'était vraiment le bon choix.
13:41Parce qu'on pourrait dire ce qu'on veut de l'Europe,
13:43mais c'est quand même l'endroit, d'un point de vue, on va dire, géopolitique,
13:46qui est quand même le plus stable.
13:47Et aujourd'hui, je pense que ça n'a pas de prix pour pouvoir travailler.
13:50Mais le plastique écologique, ça a un sens ?
13:52Il y a un autre auditeur qui me dit, Stéphane, quel est le ratio de recyclage ?
13:56On nous bassine toute la journée à recycler,
13:58mais si c'est inutile, à quoi ça sert ?
13:59Alors, au niveau de la France, comme on en discutait un peu hors antenne,
14:02mais on est l'avant-dernier européen dans le recyclage des emballages plastiques.
14:05Donc, 25% des emballages plastiques sont recyclés.
14:08Il y a à peu près, on va dire, les 25% entre 25 et 30 qui sont mis en
14:12enfouissement
14:12et le reste qui est brûlé.
14:14Non, mais c'est dingue.
14:15C'est dingue en sachant que la Belgique, c'est 60.
14:17La Slovaquie a atteint aussi les 60.
14:19Vous avez l'Allemagne qui est à 50.
14:20Pourquoi ?
14:20La moyenne européenne, c'est 42.
14:22Parce qu'en France, en fait, il est beaucoup plus rentable
14:25pour ceux qui en gèrent, on va dire, la fin de vie de ces déchets,
14:28parce que ce ne sont pas ceux qui fabriquent les produits,
14:30mais ce sont ceux qui sont chargés de la gestion des déchets,
14:32d'incinérer ou d'enfouir.
14:33Or, par exemple, l'enfouissement des emballages plastiques
14:36n'existe plus en Belgique, elle n'existe plus en Suisse,
14:38elle n'existe plus en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, en Norvège.
14:41C'est quand même dingue d'avoir encore, on va dire,
14:43une part d'enfouissement extrêmement élevée en France.
14:46Ça veut dire qu'il y a un lobbying financier ?
14:48Bien sûr, il y a même, d'ailleurs, un groupement de lobbies européens
14:51qui s'est créé, le lobby européen de l'enfouissement.
14:54Donc, c'est compliqué à défendre,
14:56mais ils défendent effectivement leur position,
14:58parce que l'Union européenne veut interdire à terme
15:00l'enfouissement dans toute l'Union européenne
15:02et veut mettre notamment une taxation supplémentaire
15:05sur l'incinération qui est extrêmement rentable.
15:07Je dis, pour incinérer, ça demande beaucoup moins de personnel
15:09qu'un centre de recyclage où il faut des personnes pour trier,
15:12pour gérer, etc.
15:13Mais qui décide ?
15:15Il faut des politiques publiques.
15:17Il faut que l'État, il faut que les élus, les politiques,
15:19se disent, aujourd'hui, on veut inciter au recyclage
15:22et donc, il faut dissuader les autres familles des échecs.
15:25C'est émouissant ce que vous dites.
15:25C'est-à-dire que, pardon, je vais reprendre le terme
15:27pour être correct de notre auditeur,
15:28on nous bassine avec l'écologie, le recyclage, les efforts, etc.
15:34Et, en gros, on ne recycle qu'à 25% en France
15:38alors que d'autres pays sont à 50 voire 60.
15:42Donc, c'est schizophrénique, non ?
15:44C'est schizophrénique et, d'une certaine manière,
15:47c'est un peu se moquer, effectivement, des consommateurs.
15:50Mais ce qu'il faut garder à l'esprit,
15:51c'est que le plastique que vous mettez dans votre poubelle jaune,
15:53vous lui donnez, on va dire, une chance plus importante
15:56d'être recyclée que si vous la mettiez dans une poubelle grise.
15:58Mais il faut aussi être honnête,
16:00parce que, jusqu'à présent, beaucoup ont dit autre chose.
16:03Il peut ne pas être recyclé, il faut le dire.
16:05Quand il y a eu la période, en 2023, sur les retraites,
16:08c'était les incinérateurs qui étaient en grève
16:09et les poubelles n'étaient plus ramassées.
16:11Donc, ce qui montre bien qu'à Paris,
16:13une bonne partie, quand même, des poubelles
16:14finit en incinération.
16:16La faute à qui, c'est un choix délibéré
16:18de l'État, des collectivités locales ?
16:20Qui est responsable de ce que vous nous décrivez là ?
16:24C'est-à-dire du fait qu'on recycle beaucoup moins que nos voisins ?
16:26Vous savez, je dis le recyclage,
16:28c'est une gestion de déchets.
16:29Donc, à un moment donné, c'est un métier, la gestion des déchets.
16:31Vous avez des entreprises qui font de la gestion des déchets.
16:34Et on parle toujours du lobby pétrolier, du lobby des plastiques.
16:36Mais il faut aussi parler du lobby des gestionnaires de déchets
16:39qui sont extrêmement influents,
16:41notamment auprès des collectivités
16:42et qui, au final, arrivent, en fin de compte,
16:44par exemple, pour des incinérateurs,
16:46à faire des contrats d'incinération en disant
16:47vous devez nous livrer tant de tonnes de déchets à incinérer.
16:50Si on en a moins, à ce moment-là,
16:52vous devez nous payer une pénalité.
16:54Mais le plastique, vous dites que c'est écologique.
16:56Alors, pourquoi vous êtes contre l'enfouissement ?
16:59Parce que ça n'a aucun intérêt
17:01de ce point de vue-là.
17:02Ça ne génère rien.
17:03Ça ne génère...
17:03En recyclage, au moins, vous évitez, on va dire,
17:05d'importer, par exemple, du pétrole.
17:06Les déchets, c'est un peu notre pétrole à nous.
17:08Donc, quand vous recyclez un produit,
17:09vous utilisez moins de matière vierge.
17:11L'incinération, je ne dis pas qu'il faut l'interdire, en l'occurrence,
17:13mais qu'il faut, en tous les cas,
17:14la limiter à vraiment des choses
17:16qu'on ne peut vraiment, vraiment pas recycler.
17:18Ça peut arriver qu'il y ait des choses
17:19comme, par exemple, le médical.
17:20La plupart des blouses ou des gants
17:23ou des choses comme ça du médical
17:24ne sont pas recyclées en général
17:25ou finissent à l'incinération
17:27quand ce sont des déchets dangereux.
17:28Et donc là, l'incinération est intéressante
17:30et ça peut donner de la chaleur et de l'énergie.
17:32Mais l'enfouissement,
17:32pourquoi vous êtes contre l'enfouissement ?
17:36Ça ne se recycle pas quand on enfouit ?
17:38En l'occurrence, si c'est un plastique,
17:39on va dire déjà d'origine pétro-sourcée,
17:42si vous le mettez sous terre,
17:43dans 100 ans, il sera toujours là.
17:45Donc, le plastique n'est pas recyclable ?
17:47La recyclabilité n'est pas la biodégradation.
17:49La recyclabilité, c'est que tout simplement,
17:51vous refaites, on va en compte,
17:52un autre plastique à partir du même produit.
17:54La biodégradation, c'est que votre produit va vraiment se biodégrader.
17:56C'est ce que votre auditeur a parlé.
17:58Mais ça, c'est encore dans des conditions très particulières.
18:00Il y a des plastiques biodégradables
18:01que vous pouvez mettre sous le sol pendant des années.
18:03Vous les rouvrez, vous les retrouverez toujours.
18:05On comprend bien que la vie sans plastique
18:07est presque impossible sur cette terre.
18:09On va se projeter.
18:10Dans 50 ans, on dit qu'il n'y aura plus de pétrole
18:12et qu'on sera à court de tout le pétrole.
18:15On fait quoi ?
18:16Alors justement, la partie innovation,
18:19autant le plastique, on va dire, c'est une propriété.
18:21C'est une propriété d'un matériau,
18:22c'est-à-dire ce qui peut prendre la forme qu'il souhaite.
18:24Et en fait, quand vous regardez l'histoire de l'industrie plastique
18:26depuis, on va dire, les 200 dernières années,
18:29on ne fait plus les plastiques aujourd'hui
18:30avec les mêmes polymères qu'on pouvait les faire avant.
18:32Même les bouteilles en plastique, les bouteilles d'eau,
18:35elles étaient faites en PVC il y a à peu près 40 ans.
18:37Et aujourd'hui, elles sont faites en PET.
18:39Si demain, effectivement, on peut passer à d'autres types de polymères,
18:42ce sera toujours un polymère.
18:43Mais peut-être qu'il ne sera pas d'origine pétrolière,
18:45il ne sera peut-être pas d'origine fossile,
18:47peut-être d'origine biosourcée.
18:48Mais pour ça, il faut avoir vraiment les industriels en Europe
18:51pour pouvoir le faire.
18:52Parce que si c'est pour que ce soit du biosourcée chinois,
18:55on n'aura rien gagné.
18:55Il faut le faire dès maintenant.
18:57Ah, il faut attaquer dès maintenant.
18:58Et en attendant, le fait qu'on recycle moins
19:00que la plupart de nos voisins européens,
19:01ça veut dire qu'on va davantage être touchés
19:03par la flambée des prix du pétrole
19:05que nos voisins qui vont mieux s'en sortir au niveau du plastique
19:08grâce au fait que, vu qu'ils recyclent,
19:10ils seront moins à court certainement que nous ?
19:12Tout à fait. Sur la partie emballage, c'est une évidence.
19:14Parce qu'aujourd'hui, d'ailleurs, on le voit,
19:16par exemple, pour la partie eau minérale en France,
19:18c'est là où on recycle un peu mieux, on va dire.
19:20Et ils arrivent à contenir encore les prix.
19:22Je ne sais pas jusqu'à quand, mais en tous les cas,
19:24ils arrivent encore un peu à contenir les prix
19:25parce qu'on arrive à très bien recycler les bouteilles d'eau.
19:27Mais sur d'autres produits, les pots de yaourt aujourd'hui,
19:29qui, je rappelle, sont envoyés en Belgique actuellement
19:31et en Espagne pour être recyclés,
19:33parce que nous, en France, on n'a pas...
19:35Voilà, les infrastructures pour l'instant
19:36ont aussi développé que ça pour pouvoir le faire.
19:38Et bien, effectivement, il peut y avoir des coûts.
19:40Aujourd'hui, je rappelle que nous payons 1,6 milliard d'euros,
19:43c'est-à-dire en amende à l'Union Européenne
19:46pour l'absence de recyclage correct, on va dire,
19:48des emballages plastiques.
19:49On paye plus que l'Allemagne,
19:51qui produit deux fois plus de plastique que nous.
19:53On paye 1 milliard d'euros d'amende ?
19:55Oui, tout à fait.
19:56Vous avez une taxe,
19:58taxe ou amende, vous pouvez l'appeler comme vous voulez,
19:59mais c'est 800 euros la tonne
20:01sur les emballages plastiques non recyclés.
20:03Et combien coûte une usine de recyclage ?
20:06C'est plusieurs, quelques dizaines de milliers d'euros.
20:08C'est plus d'un milliard ?
20:08Non, non, non, quelques dizaines de millions d'euros.
20:10Donc on ferait mieux de construire des usines
20:12plutôt que de payer 1 milliard à l'euros ?
20:13Tout à fait, mais le problème,
20:14c'est que pour construire des usines,
20:15il faut de la visibilité.
20:16Et en France, il faut te rappeler quand même
20:17qu'on a AGEQ qui prévoit qu'en 2040,
20:19fin des emballages plastiques à usage unique,
20:21ça n'arrivera pas.
20:22Sauf que d'un point de vue business,
20:24personne ne va s'investir dans un contexte
20:25où on vous dit que votre business
20:26va s'arrêter dans 15 ans.
20:27Et donc, juste pour revenir à notre question de départ,
20:32vous tirez vraiment la sonnette d'alarme
20:33en disant, attention, dans quelques semaines,
20:36d'ici un mois, si la guerre ne s'arrête pas,
20:38si le détroit d'Ormousse continue à être bloqué,
20:40il pourrait y avoir une crise très profonde,
20:44manquée de tout ce qui est matière plastique,
20:46sac plastique, et puis on pense à l'hôpital.
20:49Tout à fait.
20:49Voilà, merci à vous, Joseph Taïfait,
20:52d'avoir été avec nous, secrétaire général de Plastalliance,
20:54et je rappelle votre livre,
20:55« Halte au plastique bashing ».
20:57Merci à vous, on se retrouve nous dans un instant,
21:00on va débattre et commenter l'actualité,
21:02on va parler de ce qui se passe dans le monde de l'édition,
21:05chez Grasset en particulier, à tout de suite.
Commentaires

Recommandations