00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Patrick Roger.
00:04Il est 7h13, c'est à la une, la sécurité au passage à un niveau.
00:10Il y en a, je vous le disais, 15 000 en France, franchis chaque jour par 16 millions de véhicules.
00:17Il y a des accidents chaque année, une vingtaine de morts et des blessés graves aussi.
00:24Les mères vivent la peur du drame aussi, les solutions ne sont pas simples.
00:27Nous sommes avec deux mères justement, au nord et au sud.
00:31Avec Philippe Raphneau, qui est maire de Doucins, c'est dans l'Aude, entre Carcassonne et Narbonne.
00:37Bonjour Philippe Raphneau.
00:39Bonjour.
00:40Merci d'être avec nous ce matin.
00:42Et puis François Thiers, qui est maire de Pavilly, lui c'est beaucoup plus haut en Normandie.
00:46Bonjour François Thiers.
00:48Bonjour.
00:49Merci, c'est intéressant de vous avoir parce que vous êtes en première ligne, évidemment, confronté en fait à cela.
00:55Parce que vous, Philippe Raphneau, il y a eu un accident il y a deux ans, vous ne pouvez pas
01:00supprimer le passage à niveau.
01:02Il y a des problèmes de panne de barrière.
01:05François Thiers, vous voudriez supprimer le passage à niveau parce qu'il y a eu deux accidents ces dernières années.
01:12Pourquoi, Philippe Raphneau, je vais commencer par vous, pourquoi ça reste en fait un problème, les passages à niveau ?
01:18Qui sont souvent une source de stress également pour les personnes qui y passent.
01:25Oui, mais ça reste un problème parce qu'effectivement, comme vous l'avez dit, c'est une zone, un carrefour
01:30très accidentogène.
01:32Nous, nous avons vécu le même accident qu'il y a eu hier à Béthune il y a quelques années.
01:37Miraculeusement, le chauffeur du poids lourd, dont la cabine a été éjectée à plus de 20 mètres de l'impact,
01:44est sorti miraculeusement indemne de l'accident.
01:47Et le conducteur du train aussi.
01:49Mais c'est une frayeur, bien entendu, pour l'ensemble de ceux qui empruntent ce passage à niveau.
01:56Parce qu'à tout moment, il peut y avoir un accident, un dysfonctionnement.
02:00Et aujourd'hui, effectivement, je pense que toutes les mesures ne sont pas prises et considérées par la SNCF
02:08pour sécuriser au maximum ces nombreux passages à niveau, comme vous l'avez dit, qui sont à plus de 15
02:13000 en France.
02:14Oui, vous retournez effectivement l'argument de la sécurité à la SNCF.
02:18Est-ce que c'est vraiment la SNCF qui est responsable en fait de ça ?
02:22Philippe Raphneau, et puis après je donne la parole à François Thiers.
02:26Écoutez, c'est quand même la SNCF qui gère donc ces passages à niveau.
02:30Alors, il y a plusieurs systèmes aujourd'hui qui empêchent le franchissement des voies SNCF.
02:37Ça peut être donc des barrières.
02:39Donc, c'est ce qui est le plus fréquent et que l'on rencontre le plus fréquemment sur nos territoires.
02:45Aujourd'hui, je crois qu'il faut peut-être passer un peu à la vitesse supérieure,
02:49installer des systèmes de détection beaucoup plus performants.
02:53Nous avons l'intelligence artificielle qui peut donc rentrer également en jeu.
02:58des communications entre les véhicules et les infrastructures.
03:01Enfin, il y a de nouvelles technologies innovantes pour améliorer la sécurité de ces passages à niveau.
03:06Mais je crois que c'est une prise de conscience générale dont on a besoin aujourd'hui.
03:11Oui, c'est ça.
03:11François Thiers, vous, à Pavie, en Normandie, vous avez rencontré justement Jean Castex,
03:16le patron de la SNCF la semaine dernière.
03:19Qu'est-ce qu'il vous a dit alors ?
03:21Alors, donc, j'ai rencontré Jean Castex, pas spécialement pour ce passage à niveau,
03:27mais j'en ai profité que de sa présence pour lui évoquer le problème du passage à niveau.
03:32C'était un passage à niveau qui est répertorié dangereux par la préfecture depuis le 1er janvier 2017.
03:40Donc, il y a eu quelques accidents.
03:41Enfin, quand je dis quelques accidents, le dernier, c'était en décembre 2025.
03:46Mais ça, c'était juste une barrière qui était cassée, pas de dégâts humains ni matériels, mis à part la
03:52barrière.
03:52Et il y a eu un autre accident grave, par contre, en avril 2019.
03:55Donc, depuis, des aménagements ont été faits.
03:57Alors, des aménagements qui coûtent toujours de l'argent, bien sûr.
04:01Il y a un damier qui a été mis pour que les véhicules ne se grappent pas près de les
04:05barrières.
04:06Sur les barrières, ils ont inscrit « barrière cassable ».
04:08Il y a une aire de dégagement qui a été mise en place derrière la barrière
04:12pour qu'une fois qu'on a cassé la barrière, on puisse aller sur cette aire de dégagement.
04:17Il y a des caméras qui ont été installées.
04:19On a un feu rouge à 200-300 mètres de ce passage à niveau.
04:23Et on a mis un anti-remontée de fil.
04:26C'est-à-dire que quand il y a une remontée de fil pour ne pas arriver au passage à
04:29niveau,
04:29ça déclenche le feu au vert et donc ça permet aux véhicules de dégager.
04:33C'est quoi une remontée de fil ?
04:34Alors, c'est-à-dire que quand vous avez un feu qui se situe à 200 ou 300 mètres du
04:38passage à niveau,
04:39aux heures de pointe, il peut y avoir, quand le feu est rouge,
04:42une remontée de fil en direction du passage à niveau.
04:45Mais vous savez que les gens s'arrêtent parfois sur le passage à niveau
04:48et la barrière peut se fermer.
04:50Donc, on a mis un système qui permet...
04:52Ah, ça s'arrête sur le passage à niveau ? Non, mais c'est complètement inconscient.
04:55Ah ben, les gens, vous savez, quand les voitures se suivent le soir à 18h,
04:58les voitures arrivent et les gens se suivent
05:00et puis tout d'un coup, ils se trouvent bloqués sur le passage à niveau.
05:03Donc, ce feu, on a mis un détecteur de remontée de fil,
05:07c'est-à-dire qu'à 100 mètres au-dessus du feu,
05:09quand il y a une voiture qui est détectée,
05:11le feu passe au vert, ce qui permet de dégager
05:13et que tout le monde puisse circuler facilement.
05:16Il y a 92 trains par jour qui passent sur cette ligne.
05:19C'est la ligne Le Havre-Paris.
05:20Le Havre-Paris, 92 trains,
05:22il y a 8100 voitures qui passent,
05:24ce qui fait qu'il y a 745 000 possibilités de collision à cet endroit-là.
05:29Donc, depuis des années, on se bat pour essayer de supprimer ce passage à niveau.
05:34Mais après, le nerf de la guerre, c'est l'argent.
05:36C'est ce que disait mon collègue tout à l'heure.
05:38Parce qu'on peut faire des ponts, des souterrains, etc.
05:41Mais évidemment, ça coûte très cher.
05:43On fait ce qu'on veut, c'est-à-dire qu'on fait un pont ou un souterrain.
05:45Oui, mais ça coûte combien, François Thiers ?
05:49Alors, on avait fait une étude il y a quelques années
05:50parce qu'on a aussi la chance d'avoir deux gares
05:52qui sont distantes l'une de l'autre de 2 ou 3 kilomètres.
05:56Et avec mon collègue, le maire d'à côté,
05:59on avait proposé de faire qu'une seule gare
06:02et de profiter en ne faisant qu'une seule gare au lieu de deux gares
06:04de pouvoir faire un passage souterrain.
06:07Donc, j'ai vu des plans.
06:08Alors, ça, c'était en 2012.
06:09J'ai vu des plans en 2012.
06:11Et puis là, aujourd'hui, on se retrouve toujours au même point.
06:14C'est-à-dire qu'il y a toujours ce passage à niveau.
06:16Il y a du transport scolaire qui passe chaque jour.
06:18Il y a une piscine qui est juste de l'autre côté du passage à niveau
06:21dont les gamins vont à la piscine en bus.
06:23Il y a 240 poids lourds qui passent par jour.
06:26Mais voilà, tant qu'il n'y a pas d'accident grave,
06:28c'est milliers dans le nord.
06:29Ça coûtait à peu près combien ?
06:31Alors, la gare et le souterrain,
06:35ça coûtait entre 15 et 20 millions.
06:37Oui, entre 15 et 20 millions.
06:38Mais c'était l'aménagement de la gare et le souterrain.
06:40J'ai aucune idée du prix du souterrain.
06:44Non, non, mais c'est vrai.
06:45Donc, il existe quand même, vous l'avez dit,
06:48des solutions à la fois techniques et à l'intelligence artificielle
06:51qui devraient peut-être nous aider pour ça.
06:53En tout cas, merci à tous les deux.
06:54Philippe Rapneau, François Thiers.
06:56Vous ne vous connaissiez probablement pas.
06:59Vous vous êtes rencontrés à travers, en fait, la radio.
07:01Vous avez la même problématique.
07:02Vous pourrez échanger peut-être avec d'autres maires
07:04qui sont concernés et souvent en première ligne
07:07avec ces passages à niveau.
07:09Et puis, surtout, vigilance, vous aussi,
07:11qui êtes conducteur quand vous passez
07:13à ces passages à niveau.
07:15Merci d'avoir été avec nous ce matin
07:17en direct sur Sud Radio.
07:18Sous-titrage Société Radio-Canada
07:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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