00:01Tout pour investir, le coffre-fort.
00:07Je suis très très content parce qu'on va parler d'un truc absolument fascinant.
00:11Donc Frédéric Lappert d'Interancher, bonjour.
00:13Bonjour Antoine.
00:14Je vais vous faire part de mon expérience personnelle parce qu'il n'y a pas de mal à ça.
00:17Je vois que vous avez une smartwatch.
00:19Je me souviens que les premiers modèles de Samsung, et j'en ai eu un, qui s'appelait Galaxy Gear,
00:25ils avaient un petit truc qui était absolument génial.
00:27Ils avaient sur le bracelet, là, un petit objectif.
00:30On faisait, tac, tac, on prenait une photo.
00:35Je l'ai eu 90% du temps.
00:38Certains s'en servaient pour répondre aux appels, pour trifouiller.
00:40Je m'en fichais, je voulais prendre des photos.
00:42Je trouvais ça trop bien, c'était trop accessible.
00:44Les photos allaient directement sur le portable, etc.
00:47Ils ont arrêté.
00:48Pourquoi ?
00:50Règle de confidentialité, réglementation, données personnelles, machin,
00:54un appareil photo sur une montre.
00:56Non, non, non, ça, c'est plus possible.
00:58Donc, ça ne se fait plus, à l'exception de quelques modèles en Chine,
01:01mais qui sont très peu accessibles.
01:03Mais vous, vous nous avez amené les ancêtres de l'espionnage photographique en plateau.
01:08Et c'est des objets absolument dingues.
01:11Alors, est-ce qu'on peut les présenter, Frédéric Lappert ?
01:13Absolument.
01:13Je vous emmène dans un cabinet de curiosité.
01:16Mais oui, mais c'est ça.
01:17J'ai commencé là-dessus tout à l'heure.
01:19J'ai dit, c'est vraiment le cabinet de curiosité typique.
01:21Exactement.
01:22Donc, vous avez ici, par exemple, une cravate qui a un petit, un faux bijou orné d'un fer à
01:31cheval.
01:31Évidemment, c'est un objectif 25 mm que vous aviez forcément ici au niveau de devant vous.
01:40Oui, façon épingle à cravate.
01:41Donc, ça reste discret.
01:42Absolument.
01:43D'ailleurs, ça a été repris par Max la Menace.
01:45Si on reprend les séries des années 60, ça reprend ça.
01:49Et donc, vous avez une petite poire à activer sous le veston.
01:53Ça se déclenche avec une poire.
01:55Lorsque vous serriez la main de quelqu'un, vous pouviez lui prendre le portrait, lui tirer le portrait en même
01:59temps.
02:00Ça, ça date de la fin du 19e siècle.
02:03C'est très Jules Vernesque.
02:05Absolument.
02:07Si on est un petit peu plus dans l'aristocratie, on se baladait avec une canne.
02:11Toujours.
02:12Comme celle-ci.
02:13Alors, elle a la particularité, elle, de renfermer cinq bobines à l'intérieur.
02:19Vous pouviez même changer de bobines en plein jour.
02:22Donc, extraordinaire, avec des temps de pause courts ou longs, donc instantanés, etc.
02:26Bon, très bien, à côté du micro, voilà.
02:28Juste comme ça, c'est très bien.
02:30Très, très bien.
02:31On voit bien comme ça, oui.
02:33Et donc, une grande capacité en termes de prise.
02:37Je dirais qu'avec cette canne, on pouvait presque couvrir un festival.
02:40Génial.
02:41Voilà, donc évidemment, avec l'objectif ici devant, tout à fait discrètement.
02:47Et puis, ce qui a été repris, d'ailleurs, Hollywood n'a, entre guillemets, rien inventé.
02:52Parce que les originaux sont ici et les James Bond et autres n'ont fait que copier certaines idées,
02:58comme dans les années GoldenEye, par exemple, où tuer n'est pas joué.
03:03Eh bien, vous avez des étui-à-cigarette qui se transforment en jumelles.
03:08Eh bien, ici, c'est pareil.
03:09Vous avez des jumelles.
03:10Alors, il manque la plaque ici.
03:11Mais donc, vous avez à la fois de quoi viser et de quoi tirer.
03:17Incroyable.
03:17C'est incroyable.
03:18Ça, c'est fin du 19e siècle.
03:21C'est très étonnant.
03:22Alors, c'est une collection d'à peu près un millier de lots qui a été réunie par un opticien
03:27qui était passionné de photographie.
03:31Et donc, c'est une vente à suivre qui est organisée par la maison de vente Arthus Encher, en Paris.
03:36Donc, vous pouvez voir cette vente sur inter-encherre.com.
03:40Je dis que c'est un...
03:41Donc, c'est le 8 et 9 juin.
03:42Je dis que c'est un passionné parce que le catalogue que j'ai ici, on se rend compte que
03:47ce n'est pas un catalogue de vente.
03:48C'est presque un catalogue, un livre d'art, un livre de musée.
03:53Oui, un inventaire d'œuvres d'art.
03:54Tout à fait, parce que c'est quelqu'un qui souhaitait partager sa passion.
03:58Ce n'était pas un collectionneur qui était dans son coin, au fond de son atelier.
04:03Et donc, il a documenté.
04:04C'est un opticien.
04:05Et ça, il a mis le focus sur chacun de ces objets.
04:09Il a documenté, tracé tout ça.
04:11Il en a fait une collection.
04:12Et maintenant, la famille souhaite disperser sa collection.
04:15Alors, dans cette collection, il y a effectivement ces objets d'espionnage.
04:20Il y a aussi, parmi les premiers appareils photo personnels de l'histoire, des grosses boîtes en bois.
04:27Moi, je m'en souviens, avec de la visserie en cuivre, des choses totalement jules Verne,
04:33fin du 19e siècle.
04:35Et je crois que c'est des choses que beaucoup de gens peuvent retrouver de manière très ordinaire et très
04:42courante,
04:45dans des greniers, dans des choses comme ça.
04:47Et c'est des objets qui peuvent receler une valeur folle.
04:51Tout à fait.
04:52Il y a dans cette collection, alors notamment, ce qui incarne bien, ce qui illustre bien ça,
04:58c'est une lettre de Daguerre, qui était l'un des fondateurs de la photographie.
05:02Ça me touche, j'habite rue Daguerre.
05:04Alors, voilà.
05:06C'est pas un hasard.
05:06Très jolie rue.
05:07Donc, une lettre de 1839 au duc de Nebourg, qui était son mécène et qui a aidé donc à développer
05:12son prototype.
05:14Voilà.
05:15Il y a plein, effectivement, il y a des daguerre-topes, il y a des appareils, comme vous dites, très
05:21très anciens.
05:21Il y a aussi des lots qui sont plus récents.
05:25On voit aussi la naissance de la photographie et des industriels de la photographie.
05:29Puis, il y a des Laïka.
05:30Vous savez, Laïka, ça rejoint un petit peu le concept de l'appareil photo espion.
05:34Ça me rappelle, c'est exactement ça, parce que que ce soit sur le moindre smartphone maintenant,
05:40on exige des optiques de marque, des Carl Zeiss.
05:44Moi, je vois des marques comme ça ressurgir.
05:47Laïka, je me souviens de marques diverses qui venaient d'Allemagne de l'Est à l'époque,
05:54qui étaient vraiment spécialisées sur les optiques de qualité.
05:58C'est des choses qui parlent encore, ça,
06:00et qui, justement, réalimentent le marché des vieux appareils.
06:04Tout à fait.
06:05Ce qui est très intéressant à suivre, c'est la Gen Z.
06:09La Gen Z, c'est la génération Z, donc les jeunes,
06:12qui aujourd'hui sont en train de, pour ce qui est du visuel,
06:16à l'heure où on a Instagram, TikTok, Snapchat,
06:19qui font la prime à l'instantanéité et au volume,
06:23eh bien, de plus en plus, ces jeunes se portent vers moins mitraillés,
06:27mais plus composés, c'est-à-dire adopter, justement, de l'argentique,
06:32et donc, finalement, adopter des appareils qui, en fait, étaient présents
06:36avant la naissance de leurs parents.
06:38De la même manière qu'à côté des Spotify, machin et tout,
06:41ils se remettent à acheter des vinyles.
06:42Absolument.
06:43Voilà, on veut l'objet, on veut la technicité à portée de main.
06:47Tout à fait.
06:48Et donc, il y a un retour à l'argentique.
06:50Il y a des marques, comme Kodak, par exemple,
06:52qui ont loupé le wagon du numérique,
06:54qui voilà une opportunité de se racheter, entre guillemets,
06:57qui ont réouvert des lignes de production de pellicules.
07:00Pentax a sorti, il y a deux ans, un nouvel appareil argentique.
07:03Incroyable.
07:04Dans les grandes villes, on a des laboratoires de développement à l'ancienne
07:07qui se développent, c'est le cas de le dire.
07:09Donc, vraiment, il y a un regain et un retour à quelque chose
07:16qui est de l'ordre du temps long.
07:17Oui.
07:18De l'ordre de...
07:19On profite, on prend le temps.
07:20Slow food, slow life.
07:22Exactement.
07:22Et je dirais, par exemple, des appareils très récents,
07:27très récents, qui datent des années 70-80,
07:30je pense aux marques japonaises, les Minolta,
07:32ça peut aussi être de très belles pièces pour les collectionneurs.
07:38Absolument, tout à fait.
07:39C'est un beau placement,
07:40parce que c'est quelque chose qui ne perd pas de la valeur,
07:42contrairement à un smartphone qui perd 30 à 50 % de sa valeur
07:45dès que vous avez ouvert la boîte.
07:46Là, l'argentique, il ne perdra jamais de valeur.
07:48Il ne perdra jamais de valeur.
07:49Vous avez un Leica 1932 qui s'est vendu à 600 euros
07:52en bon état de fonctionnement.
07:53Pour Rennes, il y a deux mois,
07:54hôtel des ventes Giraudot,
07:56il ne perdra pas de la valeur.
07:58Voilà.
07:58Et il n'y a pas d'office de l'essence programmée.
08:00Ah ben non.
08:01Une fois qu'on sait bien le réparer et bien s'en servir, ça...
08:04Voilà.
08:05Et donc, c'est un beau placement,
08:06et c'est aussi un beau placement sur un étagère,
08:07parce que ce sont des objets magnifiques.
08:09Des objets magnifiques.
08:12C'est la vente qui est organisée par la maison d'ante Arthus Enchères,
08:16le 8 et 9 juin à Paris,
08:18et donc disponible sur Interenchères.
08:20Extraordinaire.
08:20Merci beaucoup d'avoir apporté tous ces objets absolument exceptionnels.
08:24Vous étiez un peu notre cue de James Bond, là.
08:27Absolument.
08:28Au gadget, il ne manquait plus que la Rolex qui prend des photos.
08:30Il y en avait une, hein.
08:31Tout à fait.
08:31Je m'en souviens.
08:32Dans un des premiers, c'était celle de Sean Connery.
08:34Merci infiniment d'avoir été à l'écoute de Tout pour investir.
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